Prime à la Rébellion

Mohamed mon cher frère bonjour,

Il n’y avait pas de problème entre les communautés avant la crise de 1990. Depuis cette date, chaque fois que des illuminés disent se soulever contre l’état c’était d’abord pour aller commettre des crimes chez les paisibles citoyens ou sur des militaires qui fuient le combat pourtant.

Ces militaires là certains ont été recherchés lors de la crise de 2012 jusque dans le maisons à Gao alors même qu’ils ne combattaient plus et se sont convertis en civils.

Les crise successives et les exactions qui en ont découlée (de part et d’autre) et surtout celles de 2012 ont creusé un large et profond fossé entre les communautés. Parce que les gens dans la zone du fleuve là où les crimes ont été commis de 2012 à nos jours voient les touaregs parce que ceux qui ont commis les crimes les ont commis au nom des touaregs. Les “peaux claires” disent que c’est l’armée malienne qu’elles accusent. Vous le savez comme moi, tout ça.

Réconcilier les gens veut dire qu’il faut aussi chercher à dissiper ces peurs et peut être aussi les malentendus. Nina et consorts sont au moins dans cette catégorie.

Réconcilier les gens c’est rendre justice à ceux qui sont victimes de crimes et d’exactions.

Sauf à vouloir imposer aux victimes et à tous les maliens, il est insensé de mettre Nina Wallet Intallou devant eux, pour parler de réconciliation alors même que celle là dans l’imaginaire des gens fait partie du problème; en tout cas depuis 2012.

L’état malien ne peux pas ignorer cette situation.

Cordialement
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Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


A toutes fins utiles, je donne, comme il suit, mes sentiments sur le
thème en débat.

1) Commentaires de Mohamed AG HAMATY, alias AG AZAMANE sur Malijet de
ce matin: “S’agissant des membres de la Commission Vérité, Justice et
Réconciliation, je note que les quotas ethno-régionalistes et
politiques sont respectés et je donne mon avis sur quelques membres
que je connais personnellement:
– Ousmane Oumarou SIDIBE, le président de la commission, est un peulh
“sonraïsé” (de culture) de Diré, région de Tombouctou;
– Nina wallet-INTALOU, la vice-présidente, est une u’Tamachèque de
Kidal “mondialisée” (mariage et enfants avec le neveu de feu le
Président Houphouet Boigny) qui avait brigué le poste de maire à Kidal
en 2004 et en ce moment “conseillère régionale au Haut Conseil des
Collectivités Territoriales”; la participation de Nina, la battante, à
la rébellion touarègue ne fait pas de ma cousine hyper nationaliste
cependant hyper identitaire TOUAREG une malienne apatride; le cas de
Nina se rapprochant de celui de Zahabi qui fut un rebelle et qui est,
en ce moment, ministre de la Réconciliation au sein du GRM;
– Sikaye AG EKAWELL est un u’Tamacheq de Gao, professeur promo à
l’ENSUP de Adam Ba Konaré et AOK; mon ainé Sikaye a bourlingué dans
les administrations et les projets des régions du Nord; il a managé,
avec brio, le projet le plus structurant de Kidal dans les années de
braises 1990-1996; son dernier poste étant DGA de l’Opération Riz de
Mopti;
– Oumar AG TELFI est un u’Tamacheq “noir” descendant de son ancêtre
“bella libéré ” (Eghawel, en Tamacheq) de notre Chef de Tribu Kel
Antessar&Acherifen de Goundam des années 1950; fils du chef de village
d’Essakane (lac Kamango); mon frère et ami Oumar ag-TELFI est un
ingénieur statisticien qui a dirigé des services régionaux de la
Statistique et a “botté en touche” (retraite) au poste de DG de la
Statistique; il est en ce moment “conseiller spécial” du Président du
Haut Conseil des Collectivités Territoriales. Je ne connais pas
personnellement les autres membres de la CVJR.

2) Commentaires de Mohamed AG HAMATY, alias AG AZAMANE sur Malijet et
maliactu sur l’article de presse malienne intitulé « Mali :
Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) et Plateforme :
COMMUNIQUÉ CONJOINT.» par Maliactu du 15 octobre 2015: “Tous ces
engagements pris aux faux noms des communautés sahariennes
instrumentalisées par les mouvements dits “politiques armés” touaregs
et arabes du “Triangle de la Cocaïne et autres trafics sahariens”
seront “de l’eau versée sur une dune de sable qui absorbera le
liquide, celui-ci s’asséchant trois heures après” si la mise en place
d’une Commission conjointe chargée d’identifier et de régler tous les
conflits inter communautaires qui hypothèquent notablement la paix
dans le septentrion malien n’est pas opérationnalisée et comprendre de
vrais représentants des communautés au nom desquelles on dit faire
ceci et cela.
En tout état de cause, il faut que la CMA et la Plateforme tiennent
des rencontres , en plus de celles programmées pour juguler les
questions pendantes d’Inkhalil et de Zarho, celles occultées jusqu’à
date, à savoir les dissensions et les méfiances existant entre
différentes communautés touarègues et mauresques et les communautés
bellaes, peulhes et sonraïes suite aux déprédations-turpitudes des
bandits armés touaregs et arabes qui n’avaient pas caché leur
appartenance au tandem pilleur-brigand MNLA-MAA, les deux principales
composantes de la CMA :
– Bérabichhes VS kel Inagozmi à Ber;
– Imouchagh-Imghad VS Sonraîs à Gourma-Rharous;
– Maures VS Peulhs; Imghad VS Bellas à Bambara-Maoudé.

Spécifiquement, il s’agira, pour les chefs des mouvements politiques
armés “rebelles” et “patriotes” d’effacer les traces des effets
collatéraux de leur révolte en procédant à des séances de demande de
pardon au cours de palabres villageoises à tenir, respectivement à Ras
el Mâ et à Echel Horo pour vaincre:
1) la méfiance engendrée par des pillages et des assassinats de
paisibles touaregs kel Antesser&Acherifen à Edjar , Zouéra et Farach
par des bandits armés maures Tormozes-Bérabiches-Ousras;
2) la méfiance engendrée par des bandits armés maures
Tormozes-Bérabiches-Ousras et des bandits armés touaregs “kel-kel” aux
paisibles communautés sonraïes, peulhes et bellaes des pourtours des
lacs Faguibine et Horo.”

Sincèrement,

Mohamed AG HAMATY


Mohamed bonjour,

Continuons alors les Échanges.

Primo :
Vous traitez d’une partie seulement des cas d’exactions. Vous vous apesantussez essentiellement sur les cas de Bamba/Zarho – Gourma centre Nord et Horo/Goundam.

Il y a eu des exactions aussi à l’est, au centre zone fleuve et dans le Gourma centre sud et Gourma Est et Ouest. Partout, dans des zones plus meurtries les unes que les autres.

Secondo :
Vous ne pouvez pas noyer le cas de Nina Wallet dans les cas de Zahabi, Zeydane et autres. Ces derniers ont fini de faire comprendre aux maliens (même si c’est apparemment et ça c’est important) qu’ils ne sont pas partie prenante de la crise actuelle depuis 2012. Pour le cas présent qui justifie la création de la CVJR, Nina quant à elle est une actrice active et qui revendique son action de responsable de l’organisation que beaucoup de citoyens des zones concernées accusent.

Nina est une partie du problème actuel. Elle ne sera pas en posture de servir honnêtement et efficacement la CVJR si l’objectif réel est une réconciliation véritable; elle ne sera même pas écoutée dans certains endroits où sa présence même pourrait occasionner des émeutes.

De toutes les façons elle est nommée par le
Gouvernement malien (Zahabi apparemment); on verra ce que ça va donner pour la réconciliation.

C’est comme cet accord de façon général : bancal.

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Je ne peux m’appesantir, essentiellement, que sur les cas avérés des
turpitudes des bandits armés MAURES et KEL TAMACHEQ qui se sont
passées dans mon “pays”, le pourtour des ls acHoro, Kamango et
Faguibine et, généralement, dans les cercles de Goundam, Diré,
Tombouctou et Gourma-Rharous.

Je ne polémiquerais et ne spéculerais pas sur le cas de Nina au grand
risque que j’attire sur moi les foudres de certains forumistes qui
m’avaient traité ici de raciste et esclavagiste.

Ceci rappelé, j’estime honnêtement que Nina, au delà des paroles (ne
dit-on pas que les paroles s’en vont…?) n’a pas posé un acte aussi
répréhensible socialement que celui de Zahabi qui, au paroxysme de la
rébellion des années 90, avait donné, dans une assemblée villageoise,
une gifle magistrale au chef du village de Fafa, un ARMA enturbanné de
son litham ALACHO, comme un AMENOKAL Imouchagh ou kel Assouk, ses
voisins touaregs. Zahabi était, à cette époque, le chef
politico-militaire du FIAA, à l’opposé de ma brave cousine Nina qui ne
tenait que le “git et le couvert” pour ses cousins Idnans du MNLA à
Nouakchott et qui, je peux jurer, n’est pas la Reine Guerrière
Touarègue, la Kahena/Tinhinan du Moyen-Age Saharien du côté du Hoggar
algérien.

Sincèrement,

Mohamed AG HAMATY


Bien noté Mohamed,

Et on se comprends alors, s’agissant des pourtours de ton “pays”.

Encore deux choses pour ça aussi.
Les turpitudes des maures et kel tamasheks de l’ouest ne peuvent pas être endossées par Mohamed par exemple. Par contre les messieurs qui sont connus comme activistes et acteurs de cette calamité de “rébellion” en fait de bandits doivent être concernés.

Nina en est une ; elle est connue et se réclame d’ailleurs de cette catégorie. Je mettrai hors de cause pour les cas présents (crise de 2012 à maintenant), jusqu’à preuve du contraire, Zahabi et similaires qui relèvent comme vous savez des années d’avant antérieures. Je répète que pour la présente crise qui nous intéresse Zahabi et similaires se sont démarqués publiquement des agissements des illuminés. Même AG Erlaf l’a fait.

A moins que la réconciliation – vérité ne concerne les périodes depuis 1960, auquel cas aussi Nina ne peut pas être exclue.

Crois moi Mohamed Nina et tout ce qui est MNLA c’est une calamité pour certains citoyens de la zone du fleuve; pire que le MUJAO, pire que AQMI et autres.

Pour l’occasion, que pouvez-vous me dire sur les ententes entre “tribus” de Anefiss ? Je ne vois pas de signature entre la “tribus” de Djéri/CMA et la Plateforme/Imghads-Gamou!

Je sais pourtant que des sédentaires étaient présents à Anefiss du côté de la Plateforme. Mais la Plateforme a décidé de signer par une seule personne (selon Ould Dahi); tandis que du côté de la CMA les “tribus” ont demandé à signer séparément.

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Voici ce que je dis, sous pseudo ” Le Vieux de la Vieille Garde
Saharienne” sur les ententes entre “tribus” deAnefiss; je n’ai pas pu
copier les facsimilés des signatures entre la “tribu” de Djéri/CMA et
la Plateforme/Imghads-Gamou!

“Mali : Les groupes armés rivaux se réconcilient” MaliActu – 12 octobre 2015

D’importantes tractations se déroulent actuellement au nord du Mali en
vue de réconcilier les différentes tribus touareg et arabes déchirées
par les conflits communautaires nés de la crise de 2012.

En attendant la réconciliation nationale, c’est une réconciliation
partielle primordiale qui est en train d’être scellée à Anéfis. Les
tribus touaregs et arabes que la guerre insensée déclenchée en 2012
avait opposées sont sur le point d’acter une entente historique entre
elles dans cette localité qui a tant vu le sang de nos compatriotes
coulé.

Située dans la région de Kidal, Anéfis est une localité stratégique
qui a de tout temps été convoitée par les groupes armés. Au mois
d’août, de meurtriers combats y ont eu lieu entre la Coordination des
Mouvements de l’Azawad (CMA), la rébellion, et la Plateforme des
groupes d’autodéfense dont sont membres le GATIA (Groupe Armé Touareg
Imghad et alliés) et le MAA (Mouvement Arabe de l’Azawad).

« Les deux communautés s’engagent à s’entraider sur tous les
aspects sécuritaires et s’entraideront sur la gestion de leurs
intérêts partout où elles sont », tel est le point essentiel d’un
traité d’entente signé dimanche dernier par Alghabass Ag Intalla, pour
la tribu des Ifoghas, et le général Elhaj Gamou pour les Imghads.

A l’image de ces deux communautés qui se sont mortellement affrontés
il n’y a pas si longtemps de cela, d’autres tribus suivent la même
cadence. C’est le cas des tribus Chamanamas et Daousshagh de la CMA
qui ont également enterré la hache de guerre, et se sont réconciliées
avec les Imghads de la Plateforme.
Un premier pas crucial

D’autres négociations sont en cours en vue de faire adhérer la tribu
des Idnanes à cette marche vers, nous l’espérons, une paix définitive
au Mali. Le plus dur sera sans doute de réconcilier les frères ennemis
arabes qui se sont disloqués et partagés entre la CMA et la
Plateforme.

Regroupant tous les chefs militaires des groupes armés et notables des
tribus concernées, au regard de l’importance des rencontres d’Anéfis,
il est permis d’espérer que l’accord de paix ne souffrira plus des
querelles intestines entre mouvements armés rivaux. Ce, d’autant plus
qu’à la suite des ententes obtenues, les mouvements respectifs
auraient libéré tour à tour plusieurs prisonniers appartenant au camp
adverse.

Cependant, les défis restent encore énormes, notamment la démarcation
de ces groupes du trafic de drogue qui est souvent la source des
affrontements armés pour la conquête de localités stratégiques,
plaques tournantes du commerce illicite. A cela, il faut ajouter
l’incertitude qui entoure les groupes armés dissidents de la CMA et de
la Plateforme regroupés au sein d’une coalition dénommée COMPIS 15.
Leur présence au Comité de Suivi de l’Accord (CSA) est contestée par
leurs regroupements d’origines.

Mohamed Ag Hamaty


Merci Chouaibou pour ces perspectives. Juste un mot concernant la juxtaposition de l’article de Jacqueline Dupuis “Les groupes armés rivaux se réconcilient”, article équivoque et amalgameur, et le commentaire de notre compatriote que le clivage Nord / Sud, au niveau des vrais citoyens, n’existe que dans la tête des manipulateurs et diviseurs du Pays. L’intention du commentaire de notre frère est effectivement honnête et il y eut bien manipulation pour forcer un clivage nord-sud. Cependant, bien que groupuscules égarés et bandits, le Mnla et consorts, ont commis des crimes sans nom et utilisé une rhétorique nationaliste et fractionaliste qui a mis en exil des hordes d’errants et qui a ouvert des blessures béantes au sein de communautés ayant vécu séculairement ensemble. Qui plus est, vivre ensemble est toujours générateur de frictions qu’il faut de temps en temps calmer. Impunité zéro. Par ex., le sonhrai connait bien le touareg et le touareg connait bien le sonhrai, et leur conversation est nécessairement fructueuse. Un travail d’explication, de règlement des crimes et torts, et d’apaisement est bel et bien nécessaire au niveau des communautés pour se donner des garanties de vigilance contre des aventures similaires. Le problème introduit par les dirigeants maliens réside dans le fait d’ignorer ce travail devant se faire par les représentants légitimes des communautés et d’en faire l’otage d’une commission composée de parvenus avides de strapontins et de criminels recyclés. On peut fermer les yeux en savourant son thé à la menthe, mais on ne doit pas les fermer devant la réalité.

Diadié Alpha