Réunions annuelles BM/FMI à Lima

De retour de Lima, je voudrais partager quelques réflexions. D’abord, un principe. Avant de dénoncer très justement les torts des puissances étrangères ou ce qu’on appelle la communauté internationale au Mali, il faudrait d’abord dénoncer l’inertie malienne, la démission de ses élites dans la dénonciation des dérives incroyables dans la gestion de leur pays, et leur inaction à prendre l’initiative du changement. Il faut dépasser les excuses de la victimisation pour s’assumer. Même Dieu qu’on aime tellement invoquer au Mali n’aide que ceux qui sont débout. Il y a certes quelques individus ou organisations qui font de leur mieux vu les circonstances, mais il faut plus encore que la grande masse insatisfaite s’exprime plus ouvertement, et il faudra que cette expression soit plus politisée.

Cela étant dit, la plupart des pays en développement sont confrontés aux mêmes défis de croissance et de souveraineté que le Mali, mais une différence entre pays est l’attitude des nationaux eux-mêmes. Ailleurs, les gens sont debout et déterminés à assumer leurs destins. Chez-nous, la plupart des gens se disant éclairés sont passifs ou couchés, et leur premier et souvent seul réflexe est de couler toute initiative de changement venant des autres. Il nous faudra sans doute vaincre l’inertie et refuser le nivellement par le bas. Les paysans du Pérou que j’ai vus sont debout. Ils partagent beaucoup de nos problèmes mais ils ont pu relever plusieurs de leurs défis. Ils ont relevé la semaine dernière le défi d’inviter le monde entier à venir discuter chez eux des vues et conceptions des uns et des autres sur ce qu’on appelle le développement. Ce faisant ils ont fait un acte de géant en révélant au monde entier, par leur capacité d’organisation qui elle-même reflète leur réussite économique, ce qu’ils ont fait de leur temps et de leurs opportunités. Ils ont pris l’initiative de changer un environnement colonisé et arriéré en ce qu’on appelle un pays émergent dans tous les sens du terme. Tout nouvel investissement au Pérou doit donc compter avec les conditions imposées par le travail des péruviens sur le terrain.

Jugeons le cas du Mali non pas par la situation trop calamiteuse sur le terrain, mais simplement par deux discussions récentes sur ce réseau, à savoir “Bradage du patrimoine de l’État” et “Le Mali ou la Mafia?” que j’ai pu lire rapidement à mon retour aujourd’hui. La leçon à tirer du bradage immobilier à un aventurier est que n’importe quel étranger avec ses moyens, ou n’importe qui prétextant cet étranger, dicte et plie les institutions du pays à sa volonté. La leçon à tirer des gens qui ne s’écoutent pas et se lancent des slogans est que cela éloigne d’autant de développer l’expertise de mettre les forces ensemble pour vaincre les défis.

Ci-dessous quelques points saillants des discussions à Lima lors des assemblées annuelles de la Bm et du Fmi, afin de susciter des échanges autour du thé à la menthe avec ceux qui le souhaitent. Prière le faire en off, pour préserver l’utilité de ceux-ci.

– Objectifs du développement durable – Agenda d’action d’Addis Abéba
– Financement du changement climatique – Sommet sur le climat à Paris en fin 2015
– Baisse de la croissance en Chine
– Baisse des prix des principales matières premières
– Réduction des projections du Fmi de la croissance mondiale
– Dangers de la baisse des investissements en éducation, santé et programmes sociaux.
– Eradication de la pauvreté extrême en 2030
– Dangers des inégalités
– Nécessaire réduction des inégalités.
– Politique d’aide des pauvres

Ces thèmes sont aussi développés pour différentes régions (Afrique, Amérique latine, etc.). Et quelques réflexions finales. Une bonne politique d’aide aux pauvres doit avoir des conditions, par ex., obliger les enfants à aller à l’école car la fréquentation scolaire aide non seulement les pauvres mais toute l’économie… Comment changer les conditions actuelles dans les pays? Les jeunes doivent s’investir dans la politique pour changer les choses. Par exemple, le Guatemala a forcé son ancien président Otto Pérez Molina à démissionner à cause d’un scandale de corruption. Comme pour dire que l’économie est plus que se focaliser sur la croissance du Pib.

Ce texte est déjà long et il faudra encore se rappeler qu’énoncer des opinions est une invite et non un défi, et si cela pouvait aider, se rappeler toujours la symbolique du thé à la menthe.

Diadié Alpha