TractorGate

Opération 1000 tracteurs en faveur des paysans : Les contre-vérités du PARENA de Tiébilé Dramé

Le PARENA de Tiébilé Dramé est fidèle à son habitude de harcèlement politique, pour se donner une existence, qui n’en est pas une, parce que le parti du bélier blanc n’existe qu’à coups de communiqués de presse et de déclarations.

C’est dans cette optique qu’il a pondu une déclaration sur les 1000 tracteurs subventionnés par l’Etat à hauteur de 50%. Dans sa précipitation à inventer, coûte que coûte, ce qu’il appelle un «nouveau scandale», le PARENA est passé complètement à côté de la plaque, en mentant au peuple, en le désinformant et en diffamant, comme d’habitude, le pouvoir.

Nous avons enquêté, à la fois auprès du ministère de l’Economie et des Finances, du ministère du Développement Rural, des sociétés Toguna et Mali tracteurs et du pool bancaire qui a soutenu l’opération 1000 tracteurs. Les résultats de nos investigations nous autorisent à soutenir que le PARENA n’a raconté que des contre-vérités.

Tout d’abord, le PARENA se trompe quand il parle «d’un marché de gré à gré déguisé entre l’Etat et un fournisseur sélectionné, sans appel d’offres, ni consultation restreinte».

Et pour cause : le 30 avril 2015, un appel d’offres international restreint pour la fourniture de 1000 tracteurs et accessoires, pour le compte du ministère du Développement Rural, en quatre lots, a été bel et bien lancé. Il a été approuvé par la Direction générale des marchés publics et des délégations de service public par lettre N°01361 / MEF – DGMP – DSP du 4 mai 2015.

Une commission de dépouillement et de jugement des offres a été créée par Décision n°2015-000000313 – MDR-SG du 18 mai 2015. L’ouverture des plis a eu lieu le vendredi 22 mai 2015 à 10h, dans la salle de conférence du ministère du Développement Rural, suivant avis de réunion n°0077 / MDR – DFM du 19 mai 2015.

Sur les 17 sociétés consultées, 13 ont postulé. Après examen des dossiers, la commission a proposé comme attributaires provisoires pour le lot 1 (450 tracteurs de 50cv et accessoires) TOGUNA SARL, pour un montant de 5 456 250 000 FCFA hors taxes et un délai d’exécution de 45 jours.

Le lot 2 (350 tracteurs de 60cv et accessoires) a également été attribué à TOGUNA SARL pour un montant de 4 698 750 000 FCFA hors taxes, pour un délai d’exécution de 45 jours. Les lots 3 (100 tracteurs de 80cv et accessoires) et 4 (100 tracteurs de 90cv et accessoires) ont été attribués à Mali Tracteurs, pour respectivement 1 643 198 623 et 1 863 049 217 FCFA hors taxes, pour un délai d’exécution de 60 jours.

La Direction des marchés publics et des délégations des services publics a donné le 3 juin son avis de non objection. Les soumissionnaires non retenus et les adjudicataires provisoires en ont été informés par écrit. Le ministre du Développement Rural a approuvé le rapport de dépouillement le 5 juin 2015 et son homologue des Finances le 20 juillet de la même année.

En dernier ressort, le Conseil des ministres a approuvé le rapport de dépouillement et de jugement des offres le 6 août 2015. En clair, on est très loin d’un gré à gré, qui n’existe manifestement que dans la tête du PARENA.

Ensuite suivent des spéculations basées sur l’existence de ce supposé gré à gré, ce qui est infondé et met à terre tout le reste du raisonnement. Venons-y. Le PARENA se demande «Pourquoi avoir attribué le marché à un fournisseur d’engrais qui ne pouvait qu’importer des tracteurs? Pourquoi n’a-t-on passé le marché des 1000 tracteurs à Mali tracteurs, une entreprise où l’Etat est actionnaire, qui emploie de la main d’œuvre locale et paie des impôts?».

Le parti de Tiébilé Dramé ignore certainement que le groupe TOGUNA est constitué de plusieurs sociétés ayant de multiples activités: la production et la distribution d’engrais, la distribution des produits phytosanitaires, l’assemblage et la distribution de tracteurs agricoles, la distribution de camions remorques et citernes… Le PARENA oublie aussi que TOGUNA est une société privée malienne à 100%.

Alors pourquoi cette plaidoirie pour Mali Tracteurs, dont 51% appartient aux Indiens? Cette société fait le même travail que Toguna. Il s’agit d’assemblage. De plus, Toguna emploie plus de main d’œuvre que Mali tracteurs. Plus de 900 personnes sont employées par le groupe Toguna, qui paye aussi des impôts. De plus, Toguna était moins cher que Mali tracteurs. Sans compter ce qu’on appelle la «préférence nationale».

Ce qui nous amène à aborder le prix imaginaire du tracteur annoncé par le PARENA. En effet, celui-ci, dans sa déclaration, soutient que, livré à Bamako, un tracteur de 50cv avec accessoires coûte en tout 5,9 millions de FCFA. C’est une grossière erreur. Tiébilé Dramé aurait pu chercher tout simplement sur Internet «Tracteur Foton» pour avoir une idée du prix usine ou rendu pays. Il varie selon les accessoires et le nombre de CV. Ensuite, il suffit de faire un tour au marché de Bamako pour connaitre la réalité des prix locaux.

La société Mali Tracteurs, que le parti du bélier semble défendre, vend un tracteur 39cv et accessoires à 11,690 millions de FCFA ; pour 50cv, ce sont 12,690 millions de FCFA; pour une puissance de 60cv le montant est de 14,050 millions de FCFA; avec 70cv le prix monte à 15,050 millions de FCFA et avec 80cv de puissance et formule 4×4 (4WD), le tracteur coûte 19,5 millions de FCFA. Les ventes sont garanties, avec 12 mois d’assistance technique et de maintenance dès la date de livraison du tracteur.

Le tracteur de 50cv avec accessoires vendu sur le marché entre 12,690 millions et 14,5 millions de FCFA a été cédé par le groupe TOGUNA 12,125 millions. Alors, où sont les tracteurs de 50CV coûtant chacun 5,9 millions? Il va certainement falloir faire un tour au siège du PARENA pour en trouver.

Enfin, le parti de Tiébilé Dramé, comme à son habitude, essaye de tourner en dérision le régime, qui, selon lui, multiplie les scandales, en parlant de «montage financier grossier et opaque». Que non! Le montage a été très transparent, avec une équipe pluridisciplinaire issue des départements des Finances, du Développement Rural et d’un pool bancaire.

L’accord de financement est très clair: 50% pour l’Etat, 30% financés par les banques et les 20% par les paysans (par apport personnel). Des centaines de dossiers sont déjà déposés par les intéressés. Il n’y a pas d’arnaque. Tout est bien transparent. Le PARENA s’est donc lourdement planté en voulant créer un scandale qui n’en est pas un.

A suivre.

Chahana Takiou

Source: 22 Septembre


Bonjour,
L’affaire devient très intéressante.
Puisqu’il y a contradiction, serait-il possible d’organiser une confrontation entre le Gouvernement et le Parena afin que chacun apporte ses preuves et ses arguments ? Car par la presse interposée on ne s’en sortira jamais. Pour celui qui connaît certains journalistes maliens, on est parti pour vendre le margouillat comme le petit du caïman. Il sera donc difficile de dépatouiller tout çà. C”est facile pour des journalistes de nous servir des textes de décret et autres lettres administratives qui ne suffisent pas pour justifier leur respect: car malgré l’existence de lois, plein de gens sont en prison.
De même, le Parena ne peut nous balancer de telles accusations sans nous montrer des preuves valables. Ce qui semble agacer certains journalistes et même des citoyens qui n’arrivent pas à croire de tels faits tant c’est gros.
Alors pour une fois, que le problème soit traité avec la plus grande rigueur, pour la vérité et la transparence. Permettre à tous d’être informés par la bouche des “protagonistes”. Souvent, c’est mieux que des filtres-médias.
Je ne sais pas quelle forme pourrait prendre cette confrontation, publique telle qu’on peut en voir dans certains de nos pays d’accueil: France, USA etc.
C’est sérieux, cette affaire.

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Mahamadou Cissé Paris


Ça c’est une idée géniale — un débat entre les protagonistes (Téréta/Toguna et le Parena). Ou tout simplement confier l’affaire au Vegal. Si personne n’a rien à se reprocher alors il ne doit pas y avoir de probleme.

Dans le texte de Chahana Takiou, je relève ceci:

“Le tracteur de 50cv avec accessoires vendu sur le marché entre 12,690 millions et 14,5 millions de FCFA a été cédé par le groupe TOGUNA 12,125 millions.”

Le tracteur sur le marché à Bamako est dédouané; est-ce que celui de Toguna l’est? Si oui, il faudrait simplement apporter les preuves que l’Etat malien a effectivement empoché les droits de douane.

Il y a eu (selon Takiou) 13 postulants — il faudra publier le nom de ces entreprises. C’est vraiment très simple. Vous savez, pour l’avion, le PR et le PM (de l’époque) ont tous juré la main sur le coeur et le Coran que tout était normal. Au finish on sait ce que ça a été. Au Mali, quand c’est une affaire de milliards alors rien n’est clair.

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A. Karim Sylla


Moi qui croyais que la trouvaille du PARENA n’est qu’un pet d’un serval desertique de l’Azaoua qui ne provoquerait que des vaguelettes sur le calme marigot des 3 Caimans du Djoliba Ibktreta, djaka-djaka , je me suis bien gouré !

C’est un Tsunami dénommé “Belier Blanc” qui se profile et qui risque de faire des vagues de 30m sous le pont des Martyrs qui emporteraient le Somono Treta, le pêcheur bon nageur qui a évité la tempête des engrais frelatés .

Sincèrement
Mohamed Ag Hamaty


Oui Karim, vivement une des 2 options (debat ou Vegal) pour eclaircir les lanternes des malien/ne/s. En tout cas, moi je commence deja a me perdre dans les acronymes: La societe Toguna ou TOGUNA SARL, n’etait-elle pas deja pas impliquee dans la question des engrais frelates?
Bonne journee a tous !

Talatou


Bonjour chers tous,

Le PARENA a demandé une rencontre médiatique avec le Ministre du Développement Rural. Il revient à celui-ci de répondre.

J’attire seulement l’attention des uns et des autres sur le fait que les magouilles se font souvent à des étages plus basses que celle du ministre, même si la responsabilité finale du dossier leur revient. Les niveaux DAF, Cabinets, Directions Nationales, organismes de gestion sont les intermédiaires également fortement impliquées dans les processus de corruption et de prédation. Si quelqu’un veut réellement lutter contre cette corruption et les sur facturations, il convient également de taper à ces différents niveaux.

Le système est tellement pourri que je crains que la lutte au niveau politique seule ne puisse suffire. Elle permettra de mettre le President de la république ou les ministres dans des positions inconfortables (mais seulement parce qu’on voit que ces derniers d’en foutent de ce que la société civile s’indigne ou que l’opposition dénonce). Ça pourrait compromettre leur chance de briguer un mandat supplémentaire (encore que).

A mon avis il faut à présent passer à ou ajouter un autre outil de lutte : l’implication des populations par leur sensibilisation à ce fléau. Parce qu’il ne me semble pas que les maliens lamda soient clairement conscients que c’est leur implications fortes qui permettra de lutter contre ces injustices. Les partis politiques de l’opposition (je note bien) et ceux d’avant garde doivent réfléchir et trouver les voies appropriées pour arriver à mobiliser les maliens pour cette lutte (de façon civilisée).

Cordialement
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Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Bonjour chers tous,

Toguna sa qui n’est pas accusée directement par le PARENA, ni n’a reçu aucune invitation à débattre, s’explique sur l’affaire des tracteurs.

Elle affirme que les informations avancées par le PARENA sont fausses et surtout de nature à ternir l’image de la société au Mali et dans la sous-région.

Elle menace : “A l’avenir, nous nous réservons la possibilité d’user de tous les moyens de droit pour sauvegarder et notre image et ces nombreux emplois”. En un mot “soutenez vos affirmations d’un point de vue juridique ou taisez vous à jamais sur ce dossier”.

En somme la bonne vieille méthode utilisée par les “commis de l’état”.

Si Toguna sa arrivait même juridiquement à se défendre, au niveau politique, il restera toujours le sentiment chez les maliens que les fonctionnaires de l’état en ne voulant pas répondre aux accusations portées par la PARENA, fuit le débat parce qu’il cacherait quelque chose.

Il y a tellement de cas similaires de sur facturations et de prédations dont sont accusés des politiques en relation avec des opérateurs que la balance sera toujours en faveur du type d’accusations portées par le PARENA sur cette affaire. Surtout que les affaires précédentes (tonitruantes) n’ont pas encore été élucidées.

Cordialement
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Chouaibou
Twitter : @chbmaiga

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http://www.maliweb.net/communique/communique-de-presse-le-groupe-toguna-refute-totalement-les-allegations-du-parena-2-1184822.html

Communiqué de presse : Le Groupe Toguna réfute totalement les allégations du PARENA


Ne serait-il pas très simple si Toguna allait directement en justice pour attaquer le PARENA pour diffamation? Si l’entreprise se dit blanc comme neige, c’est le meilleur moyen de se disculper. Ou bien tout simplement partager les communications qu’elle a eu avec les gens du ministère — depuis le début.

Pour le gouvernement, l’idéal serait de saisir le VEGAL; il y a tellement de milliards de CFA en jeu et de reputations à défendre qu’il serait plus simple d’apporter le dossier chez le VEGAL; TOGUNA sera contrainte d’ouvrir ses livres. Ça pourrait être très informatif.

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A. Karim Sylla


Il semble que la presse internationale continue à se pencher sur cette nouvelle affaire de corruption, vol, et triche dont IBK et son gang nous ont habitué. L’article est en anglais. More to come.

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9 October 2015 • Vol 56 – N° 20 • Africa Confidential
Mali – IBK ploughs into trouble
The President’s ‘gift’ to farmers of 1,000 tractors is not all it seems. It isn’t the first public procurement problem to crop up

President Ibrahim Boubacar Keïta is in the midst of another big public spending row after making a supposedly personal gift of 1,000 tractors to rural communities, just in time for the next farming season. Although this was presented as presidential charity, the tractors were bought with public money. There is disquiet about the deal.

Originally announced in May and officially approved by ministers on 29 July, the tractor deal is due to be implemented over the coming months. Only 200 of the tractors are being acquired from MaliTracteurs, an Indian-led joint-ventureassembly plant at Samanko, near Bamako.

The rest are being bought from Toguna Agro-Industries, a company whose main activity hitherto has been the supply of agricultural inputs such as seeds and fertiliser. Toguna, however, is run by the influential entrepreneur Seydou Nantoumé. Toguna is importing 800 Chinese 50-horsepower Foton tractors. The deal not only appears to undermine the very logic of Mali assembling tractors but some observers believe the Fotons are also unsuited to Malian conditions. Mali-Tracteurs, 49% state-owned, has been assembling tractors in the country for several years from kits supplied by India’s Angelique International. It employs local people, knows local conditions well and has a service network. Toguna, on the other hand, is a newcomer to supplying plant.

Fresh questions over major public expenditure come only a year after Mali endured the humiliation of seeing its International Monetary Fund programme suspended because of the failure to follow proper procurement rules for the acquisition of a presidential jet and military uniforms. The programme was restored only months later, after the contentious deals had been audited, on the orders of the then Finance Minister, Bouaré Fily Sissoko. The enquiry found that while the presidential jet, the executive version of the Boeing-737 medium-range airliner, had been purchased at a fair price, the uniform deal had been rushed through and marred by questionable over-invoicing.

Then in January, both Sissoko and Prime Minister Moussa Mara were sacked. Mara was seen as paying the price for his ill-judged excursion the previous May to Kidal in the Saharan north, which had triggered a military counter-offensive by the Tuareg separatist Mouvement national de libération de l’Azawad and the Haut conseil pour l’unité de l’Azawad, a major setback for the national army (AC Vol 56 No 13). Mara had also lost a battle within government to improve transparency and financial management. Since his dismissal, family networks have become increasingly dominant in the government machine. Presidential son Karim Keïta is highly influential.

Delicate moment
Donors have already expressed concern about the state’s ability properly to manage and use the 3.3 billion euros (US$3.72 bn.) in aid that was pledged in 2013 in the aftermath of the French-African military intervention. On 22 October, the Paris-based Organisation for Economic Cooperation and Development will host a conference in the French capital on economic recovery and development in Mali. The scrutiny does not appear to be deterring influence-peddlers and corrupt officials, especially some close to the President.

In June, the government claimed that the tractor purchase had been subject to a normal competitive tender and that the Financing and Equipment Directorate of the Rural Affairs Ministry had been flooded with bids from would-be suppliers. So the surprise announcement that 80% of the order would go to Toguna was met with anger. Now the opposition Parti pour la renaissance nationale (Parena) has claimed that the 800 tractors from Toguna were in fact delivered to the customs processing centre in Kati, near Bamako, as early as 29 July – yet it was only on that day that ministers officially approved the purchase. Moreover, the terms they approved were for the 10.16 bn. CFA francs ($17.45 million) acquisition of 800 tractors for delivery within 45 days. So why were the tractors already in Kati on 29 July?

Parena has pointed out that, contrary to normal government procedure, the cabinet statement did not specify whether the deal had been subject to an open tender, a restricted range of bids or a simple direct agreement with one supplier. The government publicity machine has claimed the tractors will be sold to farmers at a price of CFA6 mn. each, which supposedly represents a 50% subsidy. However, Parena points out that the Foton 50 HP model that Toguna is supplying is in fact normally sold with attachments for $10,000, equivalent to CFA5 mn. Allowing for the cost of delivery to Bamako, the price would be approximately CFA5.9 mn. That would imply that the CFA6 mn. price entails no subsidy at all. Yet Bamako media have reported that the tractors are being sold to the government for CFA13.6 mn. each, which is why the retail price to farmers would represent a 50% state subsidy. Parena alleges that if the price really is CFA13.6 mn., this represents massive over-pricing.

The opposition party also questions why the deal needed to be implemented so hastily, given the realities of the farming calendar. The main agricultural season is in its closing phase and the next season for ploughing and other land preparation will be in May-June next year, in time for the annual planting at the start of the three-month rainy season.

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A. Karim Sylla


Peut-être que la presse internationale s’intéresse à la question; celle-ci se plante dès le début en parlant de don personnel du Président. Ensuite, elle ne semble répéter ce qu’elle a “piqué” dans la presse malienne; résultat je ne suis pas intéressé à lire cet article de bout en bout.
Merci pour le partage anyway.

Salihou Guiro


Salihou,

J’ai tendance à être en accord avec toi sur le contenu de cet article qui ne fouille pas plus que les infirmations qui ont été porté à la connaissance du public, sis aux révélations du PARENA. Karim est pris dans les dédales de son aversion IBK et Gouvernement IBK…mais il faut regarder par deux fois souvent pour disposer de bases objectives avant de frapper. Et quand il y en a, il faut frapper.

Pour revenir sur le dossier 1000 Charrues :

A la suite du communiqué de TOGUNA paru dans la presse, un troisième protagoniste est apparu dans le dossier, en plus du PARENA qui a mis en cause le Gouvernement.

PPR a réagi au communiqué TOGUNA en indiquant qu’il s’attendait à voir le gouvernement réagir à sa mise en cause plutôt que TOGUNA. Mais il est vrai que TOGUNA avait été mis en cause également.

A la suite de tout cela, une série de questions revient :

– l’acquisition des mille charrues a t-elle été faite par entente directe ou par appel à la concurrence ?

– quel est le prix unitaire bord usine (Chine) ?

– s’agit-il d’un engin à deux roues ou à quatre roues ;

– quelle est la puissance de cet engin ?

– quels sont les coûts d’approche (transports, douane…) ?

– quel est le montant subventionné par l’Etat ?

– TOGUNA est elle une entreprise intervenant dans la commercialisation des machines agricoles oui ou non ?

– au moment de la commande des charrues, étaient elles déjà disponibles au Mali et en quantités indiquées ?

– quels sont les 16 autres candidats qui ont postulé pour la fourniture des 1000 charrues ?

Et bien d’autres questions sans doute…

Bien avant d’envisager quoi que ce soit, il y a lieu de trouver des réponses à ces questions et les réponses sont susceptibles de donner lieu à polémique, à poursuite où à la mise en cause de toutes les personnes qui seront susceptibles d’être impliquées. Ce dossier-ci peut être au moins l’objet d’une enquête indépendante…qui peut être mise en place à partir de notre réseau…
Mamadou I. Konaté


Croyez-moi, mon intention n’était pas de dire que l’article en question allait gagné au Pulitzer. Il ne reprend que ce que la presse malienne a déjà dit/écrit.

Ce que j’ai dit c’est que la presse internationale se penche là-dessus. Au moment où, on envois nos ministres venir quémander de l’argent, on vole impunément. Le monde a le droit de savoir et le monde parle anglais.

Et puis maître, je n’ai pas une aversion à IBK — j’ai une aversion au vol, à la triche et la fourberie. Te connaissant, je sais que tu partages aussi ces aversions.

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A. Karim Sylla


Le deuxième d’une série d’articles relatif aux 1000 tracteurs d’IBK.
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Qui perd gagne: la logique dans le Mali d’IBK

Les dirigeants du Mali se soucient peu du devenir du pays; l’incompétence et l’inaptitude ont généralement été la cause de ce laisser-aller qui proscrit tout décollage économique. Cependant ce qui se passe aujourd’hui est une attaque délibérée visant à ruiner la république. Le président IBK a réussi à créer une clique mafieuse autour de lui qui ne recule décidément devant rien; ces gens ont tout simplement perdu le sens de la décence et la mesure. Alors même que le désarroi et l’inquiétude de la nation sont au plus grand depuis 1960.

Le récent marché publique sur les 1000 tracteurs que le président IBK a présenté aux Maliens comme preuve de son engagement envers les agriculteurs du pays est le paroxysme du cynisme. On vend aux paysans des tracteurs dont l’adaptabilité aux conditions du Mali reste à prouver, mais pire, à un prix gonflé dépassant tout entendement. La cerise sur le gâteau est que tous les Maliens payent à cause de l’incidence budgétaire. À quoi sert cette triche? À tout sauf au bonheur des Maliens; ce slogan si cher au président pendant la campagne 2013.

Le marché des tracteurs était constitué de 4 lots, répartis selon la puissance des moteurs: 450 tracteurs de 50 CV, 350 de 60 CV, 100 de 80 CV et 100 de 90 CV.

Que s’est-il réellement passé lors du dépouillement des soumissions? Toutes les soumissions moins-disantes ont systématiquement été rejetées. Pour des raisons souvent très farfelues. Au finish, 3 soumissionnaires ont été retenus: Toguna, DTE et Mali-Tracteurs. Le graphique ci-dessous montre les soumissions des 3 entreprises qui ont été retenues. Comme vous pouvez le constater, Mali-Tracteurs est la moins-disante sur chacun des lots. Pourtant c’est Toguna qui a remporté les lots 1 et 2 — 800 des 1000 tracteurs. Une majoration de 1,3 milliards CFA sur ce qu’on aurait dû payer.

20151009-Soumissions

Comment cela est possible? Un des critères de sélection disait qu’une entreprise ne pouvait pas soumissionner pour une valeur supérieure à son chiffre d’affaire (en fait la moyenne sur les 3 années précédentes). Mali-Tracteurs, qui est partout la moins-disante a néanmoins un chiffre d’affaires de 2,1 Md CFA — ce qui l’élimine de fait des lots 1 et 2, pour lesquels elle proposait plus de 4 Md CFA. Dura lex sed lex — la loi est dure mais c’est la loi. Et si il y a des critères il faut les appliquer. L’application de cette provision fait qu’il ne reste que Toguna et DTE dans la course.

Et comme l’offre de Toguna est moindre que celle de DTE, il va s’en dire que Toguna doit logiquement remporter ce marché. Pas si vite. Il se trouve que la clause qui a éliminé Mali-Tracteurs devrait également éliminer Toguna pour le Lot 1 — son chiffre d’affaire étant de 5,32 Md CFA, moins que les 5,46 Md CFA représentant sa soumission. Le critère cette fois-ci à été mis de côté; comme si il n’existait que pour éliminer Mali-Tracteurs; le but étant que Toguna remporte le marché. Vaille que vaille.

Comment tous les autres soumissionnaires ont été rejetés — je parlais tantôt de raisons farfelues. C’est pire. Sur la base d’interviews, je peux affirmer sans me tromper que les raisons qui ont été avancées pour certains recalés ont été inventées de toute pièce. La commission de dépouillement a évoqué des documents manquants; ces documents ont été fournis mais étaient introuvables lors du dépouillement; ils ont été “perdus”. Perdus pour que Toguna remporte le marché. Nous reviendrons sur ces détails prochainement. Mais je peux vous affirmer que c’est un véritable feuilleton de mafia. Le titre pourrait même être Mafia-sur-le-Djoliba; le capo di tutti capi trônant fièrement à Koulouba.

More to come.

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A. Karim Sylla