L’Histoire pour Aller de l’Avant

Un extrait d’un récent post de Mr Houssouba ur la langue Songhaï

« Les intellectuels Touaregs qui prennent la parole en public dénoncent de plus en plus l’absence de leur récit de l’histoire nationale du Mali. Dans un essai critique envers la rébellion séparatiste qu’il blâme pour l’immense « gâchis » infligé à la communauté touareg,

Intagrist el Ansari remarque pour autant que le président malien, lors de la récente cérémonie de signature des Accords d’Alger, « a évoqué les trois empires fondateurs du Mali contemporain : les empires du Ghana, du Mali et le Songhaï… Mais il a oublié – comme c’est souvent le cas – de mentionner le royaume Sinhâja et l’empire almoravide dont les Touaregs descendent. »

Cette interpellation inspire une autre. Comment s’y prendre pour faire du passé de tous les peuplements successifs ou concomitants, avec ou sans royaumes ou empires anciens, une histoire de la communauté nationale malienne ? N’est-ce pas là le défi intellectuel fondamental ? C’est-à-dire, qu’au lieu de s’engager dans des surenchères mémorielles, en s’arrachant des pans de gloire impériale, l’effort collectif porterait plutôt sur l’inventaire du passé, les leçons utiles pour le présent et l’avenir. Ainsi le récit de Soundjata, fondateur de l’ancien Mali, ne sera pas réduit à son génie militaire même si ces qualités sont hautement attractives en temps d’insécurité physique et psychique. Réalité historique ou légende, son engagement à abolir l’esclavage dans le Mandé, promouvoir le mariage inter-clanique pour consolider le sens d’appartenance à une communauté élargie, prélever la part des générations futures sur la richesse que le royaume tire des mines d’or et soutenir les indigents et orphelins, peut servir de thèmes de débat. Ou comme modèle à comparer à Kankou Moussa dont la célébrité vient de ses dépenses légendaires, surtout pour promouvoir la culture islamique dans son empire au IVe siècle.

De Sonni Ali Ber à Firhoun Ag Alensar, on peut se demander si les lectures qu’on fait des figures du passé lointain ou récent, en les limitant aux prouesses guerrières, ne contribue pas à l’exaltation de la violence dominatrice et son cycle de destruction et reconstruction à l’infini. La construction d’une histoire des idées humaniste nous force à de telles interrogations. »
Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


Mamadou fait parler Houssouba pour engager la conversation. L’accord d’Alger a consacré la rhétorique Mnla d’un soit disant espace socioculturel et mémoriel. Les républiques maliennes ont consacré une panoplie de compatriotes touaregs les uns méritants les autres non (y inclus certains dilapidant les fonds destinés à l’équipement du nord du pays). Les chantres du passé ont consacré des épopées, les unes méritées d’autres non. Bref, la surenchère mémorielle est d’abord une surenchère et ensuite la mémoire n’est jamais parfaite. C’est pour dire que nous tenons là le mauvais bout. Il ne s’agit pas de chanter les louanges de tel ou tel, on en oublie toujours. Il ne s’agit pas d’énumérer les bons ou les mauvais, on en oublie toujours. Par contraste, rien ne peut remplacer l’expérience quotidienne, objective et concrète, qui condense le passé mais anticipe l’avenir, pour venir à bout des soucis politiques. Les populations qui vivent dans le nord du Mali (et dans les autres parties du Mali) portent en elles tous les enseignements pour exister et coexister. Les initiatives actuelles élaborées par les autorités maliennes et les discours de l’élite actuelle sont pour la plupart des distractions qui occultent la ‘centralité’ des populations concernées pour résoudre leurs problèmes collectifs. Ainsi, Mamadou Traoré, rien de tel qu’une sérieuse palabre autour di thé à la menthe pour mettre à la retraite takoubas et carquois. Demandez cela à moi-même et Mohamed ag Hamaty !

Diadié Alpha