Ce Qui a été Promis aux Religieux

2000px-Star_and_CrescentCoat_of_arms_of_Mali
En 2013, IBK a reçu un soutien inconditionnel des religieux de tout bord; le journal Le Sphinx révèle un mémorandum que le candidat avait signé alors pour bénéficier de leur soutien; ça va de la médicalisation de excision à la censure des médias, en passant par l’interdiction des “habits indécents”; lisez plutôt.

Les religieux ne sont pas un groupe homogène; le groupe Sabati 2012 ne fait certes pas l’unanimité. Et dans bien de choses. Cherif Madani Haidara a révélé récemment que lorsque les Maliens avaient décidé de donner de l’argent pour supporter l’armée dans les opérations au Nord, il a donné une large somme mais n’a pas pu convaincre ses collègues du HCI à en faire autant. La raison avancée par ces derniers? Donner de l’argent à l’armée revient à une levée de fonds pour lutter contre les islamistes qui sont des frères en religion. Haidara dit avoir été peiné par ces propos mais n’a pas donné le nom de celui qui l’a tenu.

Aux prochaines élections il faut s’attendre à des positions encore plus tranchées.

A. Karim Sylla

_____________________________

CE PAR QUOI LES ISLAMISTES TIENNENT IBK : Le deal de la honte
24 Janvier 2016 | Le Sphinx | Batomah Sissoko

«Parmi les critères à l’origine de notre choix relatif au soutien de la candidature d’IBK, figure son acceptation de notre mémorandum». Ainsi s’exprimait le Président du mouvement «Sabati 2012», Moussa Boubacar Bah, le vendredi 19 juillet 2013, dans les locaux de la Zawiya du Chérif de Nioro. Et le piège se referma ! Ce qui se passe aujourd’hui n’est, en fait, que la résultante des faits datant de cette période et de… ce deal.

A la faveur de la cérémonie en question, le Cherif de Nioro a, pour sa part, précisé ceci, parlant de l’option IBK : «Je fais ce choix pour le Mali et pour le bien des Maliens. La situation dans laquelle se trouve notre pays appelle un homme d’Etat qui défend les intérêts du Mali et de son peuple. Il est le candidat qui respecte les valeurs de notre pays. Nous devons barrer la route à ceux qui ont mis notre pays dans cette situation».

Reprenant la parole, le président du Mouvement Sabati 2012, renchérira: «On avait 4 candidats entre lesquels on devait choisir. Ce sont Cheick Modibo Diarra, Choguel Kokala Maïga, Moussa Mara et Mountaga Tall, auxquels IBK est venu s’ajouter. Parmi les critères qui ont amené au choix d’IBK, son poids politique, son audience auprès des populations, le fait qu’il incarne l’autorité de l’Etat, l’acceptation de notre mémorandum».

Le mémorandum de la honte

Mais que dit donc ce fameux mémorandum accepté par le candidat devenu président de la République? Il s’agit, en clair, de la remise en cause de la laïcité de la République. En voici quelques passages:

«La relecture du Code de la famille non plus par l’administration et l’Etat, mais cette fois-ci par un groupe de travail sous l’égide du Haut Conseil Islamique du Mali.

– Interdiction des débits de boisson, boites de nuit et maisons closes.

– Interdiction des films pornographiques et érotiques.

– Réorganisation de la censure notamment pour l’audio-visuelle (ORTM) et les médias privés.

– Interdiction totale des jeux de hasard.

– Aménagement des lieux de prière dans les ministères et les administrations publiques au frais de l’Etat avec une participation des musulmans.

– Aménagement d’une mosquée dans les aéroports et les hôpitaux.

– Réaffirmation par décret du caractère sacré du mois de Ramadan avec interdiction des festivités et fermeture des débits de boissons, des boites de nuit et des centres de loisirs.

– Médicalisation de l’excision et non pas suppression de cette pratique.

– La prise en charge des imams des mosquées de vendredi et leurs adjoints par un salaire net d’impôts de 300.000 F CFA pour les premiers et 200.000 F CFA pour les seconds ainsi que l’instauration d’une alloca­tion annuelle à allouer aux mosquées de vendredi.

– Interdiction du port d’habits indécents dans les ministères, adminis­trations, institutions et organismes publics et semi-publics.

– La création de tribunaux islamiques de conciliation dans les quartiers et les communes.

– La création d’un ministère des Affaires religieuses…»

Ce sont bien là les termes du mémorandum accepté par IBK. Si certains de ses points s’avèrent pertinents (Médicalisation de l’excision, création d’un ministère des Affaires religieuses, etc.», d’autres sont tout simplement liberticides et anticonstitutionnels et par conséquent, impossibles à mettre en œuvre dans une République laïque. Pourquoi diantre alors un «Homme d’Etat» a-t-il accepté pareil deal ?

Le président du Mouvement Sabati 2012 l’a bien précisé : IBK s’avérait le cinquième candidat sur leur liste, après Cheick Modibo Diarra, Choguel Kokala Maïga, Moussa Mara et Mountaga Tall. Ces derniers ont, selon toute évidence, choisi de bien réfléchir avant d’accepter les critères à eux soumis. C’est donc IBK qui s’est engagé. Le vin étant alors désormais tiré, il faudra le boire.

Aux yeux des cercles islamiques, le désormais président de la République doit tenir ses engagements, comme par exemple, créer des tribunaux islamiques dans les quartiers et communes, procéder aux censures des medias, etc.

Le syndrome algérien

Bien entendu, puisque sa seule volonté présidentielle ne suffirait pour franchir ce Rubicon, alors, il faut sacrifier des magistrats à l’image de Daniel Tessougué afin de contenter la partie contractuelle; obtenir la libération de présumés jihadistes au nom de l’accord de paix; accentuer la pression sur les médias (en tentant par exemple de réduire au silence ceux-là présumés opposants et entretenir les partisans)…

A l’heure actuelle, les groupes religieux et islamiques en particulier, au regard du deal contracté avec le président élu, estiment être dans leurs droits lorsqu’ils s’opposent aux décisions émanant des plus hautes autorités du pays ou, plus grave, lorsqu’ils exigent que les troupes étrangères quittent leurs «terres». C’est bien ce que réclament Ançar-dine et ses partisans (le FLM d’Amadou Koufa), très proches d’Al-Qaïda et ayant désormais des antennes et cellules dormantes partout sur l’étendue du territoire national.

Le scenario n’est pas loin des cas algérien et égyptien. Dans les années 90, un parti islamique algérien, le FIS (Front Islamique pour le Salut) fut autorisé à briguer la magistrature suprême du pays. Il remporta le scrutin. Mais au regard du péril qu’il représentait, les militaires durent faire irruption sur la scène politique. Ce fut presque le même cas en Egypte avec le Président Morsi plus récemment.

C’est dire combien la cohabitation avec certaines forces peuvent s’avérer périlleuse. C’est seulement aujourd’hui qu’il en mesure les conséquences. Les mesure-t-il vraiment ? Si oui, il ne dispose hélas, d’aucun remède pour conjurer le mal.

Mais si Moussa Mara a cru bon de lui emboiter le pas pour hériter de ce deal avec les milieux islamiques du pays, il doit être prêt à assumer l’envers du décor. C’est bon de parcourir les mosquées pour y faire des prières afin de se faire passer pour le meilleur ami des mollahs du pays. Mais attention : voler un tam-tam, c’est facile ! Mais où le jouer sans être découvert reste un problème entier. A bon entendeur…


Ce genre de texte crée de la confusion et n’a rien à voir avec la réalité.
En plus on profite à chaque fois pour faire les éloges de ce Kassogue et par ricochet s’attaquer à Mara.
Pourriez vous me citer un seul acte de bravour que Kassogue a posé pour défendre la justice dans ce pays à l’égard d’un certain Hameye Foune sous le régime de GMT ou du jeune magistrat qui avait démissionné.
IBK a besoin de l’ensemble du peuple malien uni et solidaire pour réussir.
Hélas tout le monde a baisser les bras et on reste sur des déclarations vaines sans actes concrets . C’est très facile de critiquer mais les actes ça demande plus de courage et d’honnêteté intellectuelle.

Warda Belem


Bonsoir Belem,

De quel KASSOGUE s’agit il? J’ai beau relire la chaîne de messages, je m’y perds. Je suppose que vous vous êtes trompé de message, ou bien j’ai raté quelque chose.

Cordialement

Jean Kodio


Excusez moi c’est plutôt Tessougue.
Tessougue, Kassogue c’est kif kif (rires )

Warda Belem


Au Mali, l’on peut dire, sans risque de se tromper, que n’importe quelle personnalite politique qui sera elue apres IBK devra faire face a cette question. Il est donc important d’y reflechir des maintenant sans tomber dans les attaques personnelles. Le plus tot la reflexion commence, le mieux nous en saisirons les contours dans l’interet de notre pays. Fort heureusement, beaucoup de personnes ont deja commence cette reflexion et cela est une bonne chose. Ainsi, je voulais proposer cette conversation autour du the a la menthe, entre les 1er et 2e verres (pas question de 3e), et voir quelles lecons nous pourrions en tirer.

Que les hommes politiques cherchent a approcher les religieux n’est pas un probleme a mon avis; ce n’est pas nouveau non plus. Apres tout, toute personnalite politique cherche a multiplier les voix qui soutiennent son projet de societe. Cela se passe directement ou indirectement dans tous les pays du monde (ou presque). Au Mali, comme dans des pays voisins a lui, nous assistons regulierement aux injonctions (directes ou directes) de personnes portant les casquettes de leaders religieux, de chefs de confreries et ou de sectes, etc. Les leaders religieux, eux non plus, ne sont pas blamer dans ce cas car leur role c’est bien(en substance) d’accroitre leur base religieuse, si non quelle serait leur mission? Ainsi, le fait de “vouloir multiplier les voix qui soutiennent leurs projets de societe”[pour les femmes/hommes politiques] et celui de chercher a “accroitre leur base religieuse”(d’ou leur forte representativite dont nous avons parle ici meme sur Malilink) [pour les religieux] cree cette dialectique Hegelienne (in Phenomenology of the Spirit)ou chacune des 2 parties, tout en rejetant l’autre par moments, a pourtant besoin de ce meme autre pour son existence/sa survie. Ce qui cree un processus de rejection (par moments) mais aussi de dependance. Dans ce processus de dependance mutuelle, chacune des parties essaie de transformer/de faconner l’autre a sa guise. C’est a ce stade qu’un vrai leadership est necessaire pour bemoliser la situation afin de la decanter…
D’autres part, gardons aussi a l’oeil le fait qu’il est arrive que certains candidats (affilies a d’autres religions ou sectes du Mali ou d’ailleurs)le fassent sous une forme deguisee (ONG, Fondations, etc).
Enfin, un regard a l’echelle mondiale devrait aussi nous etre instructif. Aux USA (par exemple)depuis que j’y suis, je n’ai jamais assiste a une campagne presidentielle ou locale ou l’on a pas vu des candidat(e)s en appeler aux religieux, soit en rencontrant des pasteurs, etc, soit en ajustant leurs messages a cette fin. Les Mike Huckabee, Rick Santorum, Ted Cruz, Hilary Clinton dans une certaine mesure(pour ne citer que ceux-ci) sont dans cette categorie. Dans l’etat de Utah ou je reside, (et certainement dans d’autres), en dehors de la ville de Salt Lake City et banlieue, les choses semblent tres flagrantes par rapport au poids des religieux dans les elections… Enfin, le fait que, en plus des “birthers” (qui continuent a vouloir croire que le Presi Obama serait ne au Kenya), beaucoup d’autres, a leur tour, continuent a dire qu’il serait musulman indexe une certaine presence du religieux sur la sphere politique de ce grand pays. Mais je reconnais que par rapport au Presi Obama, tous ces 2 derniers groupes sont largement minoritaires, et que ces non-sens ont aussi quelque chose a voir avec sa race. Enfin, je ne cite pas ces exemples pour dire forcement que c’est ce chemin que le Mali doit prendre, mais je les cite pour dire que tout dependra de la capacite de nos futurs Presidents elus (et de l’actuel, IBK) a anticiper et a se laisser guider (avec fermete) par les principes qui suivent:
Que faire?
A mon avis, la question, doit etre examinee de facon macroscopique dans un contexte de creation d’emplois pour les jeunes et moins jeunes, de renovation du contenu de nos programmes d’enseignement(y compris ce qu’on enseigne et comment on evalue), la reduction de la corruption par la simplification des procedures et leur transparence, le maintien et le renforcement de la laicite de notre etat, l’egalite de tous devant la loi et son application ferme, la prise en compte serieuse des preoccupations de toutes les populations pour limiter les frustrations, etc. L’extremisme religieux (de toutes les religions, meme si dans le cas du Mali, il s’agit bien des extremistes musulmans) se nourit de ces maux-ci, et c’est bien la que nos Presidents/dirigeants elus devront, avec anticipation, les attaquer. Et sur ces points, parlant d’anticipation, (en attendant de voir pour les autres femmes/hommes politiques) il me semble que Moussa Mara, a travers son document sur sa vision de la laicite publie ici et ailleurs, ses descentes regulieres sur le terrain pour s’enquerir des preoccupations des populations, son engagement pour la lutte contre la corruption,(pour ne citer que des exemples !) mesure bien la dimension des attentes et des defis.
Bonne soiree a tou(te)s !

Talatou A. Maiga
University of Utah


Merci Mr Diawara,

s’il est facile pour certains de tout absorber afin de s’adapter a tout, d’autres sont par ailleurs allergiques aux mensonges, aux manipulations, aux tricheries, aux vols, …. qui d’ailleurs caracterisent le regime Nul et de NULLARDS d’IBK.

Comme Dr Etienne l’a si bien dit lors du dernier debat de dimanche, le mali est une function
a plusieurs variables plus une constante c ie

Mali = f(x,y,z) + c ou x,y,z sont les variables qui correspondent aux premiers ministres, aux ministres, aux conseillers,…. et la constante c est le president lui.

Selon Etienne, nous avions change a maintes reprises les variables sans autant de solutions. Essayons donc la constante c qui est pour nous le president IBK.

L’echec d’IBK n’a rien a voir avec celui du Mali. Le Mali ne s’indentifie pas en lui. S’il le faut donc, nous prions qu’il parte.

CM