De Quoi Souffre l’Armée Aujourd’hui ?

220px-Malian_Soldiers

Une interview de Boubeye — beaucoup de choses intéressantes; ce qui est
étonnant c’est qu’il est conscient des maux (et les solutions) mais n’a pas
pu (ou su) régler le problème de l’armée pendant qu’il était aux affaires.
Il essaie aussi de justifier la question des surfacturations; lisez plutôt.

______________________
A. Karim Sylla
_____________
Mali : S. Boubèye Maïga : « Il faut que nous ayons une armée qui incarne
l’identité du pays »
Sahélien.com
Aissata Ahamadou, Sory Kondo
November 18, 2015

Il a été à la tête des services de renseignements, de 1993 à 2000, ministre
de la Défense d’Alpha Oumar Konaré, chef de la diplomatie sous Amadou
Toumani Touré. De septembre 2013 à mai 2014, Soumeylou Boubèye Maïga, est
revenu à la tête du ministère de la Défense et des Anciens combattants. Dans
une interview accordée à sahelien.com, l’expert des questions sécuritaires
au Sahel, revient sur les évènements qui ont marqué son passage au ministère
de la Défense, les maux dont souffre, l’armée malienne et les solutions pour
la remettre sur pied, l’acquisition des équipements militaires, le trafic de
drogue et la crise sécuritaire, etc.

Sahelien.com : Vous revenez du forum sur la paix et la sécurité à Dakar,
quelles sont les résolutions de ce forum ?

Soumeylou Boubèye Maïga : Le forum a fait l’état des lieux de la sécurité
dans le Sahel, d’une manière générale. On a parlé du terrorisme et de ses
multiples formes, et aussi du financement des actions de lutte contre le
terrorisme, notamment Boko Haram. On a fait le point sur les efforts qui
sont faits au niveau du continent, pour voir si ce sont des efforts adéquats
et adaptés. Mais l’idée générale du forum est, que les Africains puissent
s’approprier la réflexion stratégique sur les questions de sécurité sur le
continent, pour que ça ne soit pas seulement, l’apanage des structures et
des personnes étrangères au continent. Le forum a fait des recommandations
dont la première, est de mutualiser les capacités des pays qui sont
concernés par la même menace, ensuite le développement par ces pays d’un
certain nombre d’efforts spécifiques, surtout sur le renforcement de leurs
capacités à se renseigner et, à gérer la menace sur laquelle ils s’appuient.
Et enfin, plus de coopération internationale, mais une coopération dans
laquelle les Africains devraient progressivement occuper, une place de plus
en plus intéressante, puisque c’est chez eux qu’il y a le théâtre des
opérations.

Sahelien.com : Selon l’accord de paix et de réconciliation, il est prévu que
l’armée malienne retourne progressivement dans toutes les localités du pays.
Pensez-vous qu’elle puisse désormais collaborer avec les ex-rebelles ?

Soumeylou Boubèye Maïga : Dès lors que nous avons signé un accord, nous
sommes partenaires, il faut que les différentes parties puissent agir dans
un esprit de partenariat. Dans tous les cas, ce sont des Maliens. Il y en a
parmi eux qui ont un savoir-faire certain, dont l’Etat ne devrait pas se
passer. Maintenant, il faut que tout cela se passe dans un esprit de
confiance réciproque et, se mettre dans la tête, que forcément ça va se
faire sur la durée. Vous savez, quand les gens se sont combattus surtout
d’une certaine manière et, que nous ne sommes pas à la première expérience,
on peut avoir des problèmes de confiance, mais ça devrait marcher sur la
durée.

Sahelien.com : De quoi souffre l’armée malienne aujourd’hui ?

Soumeylou Boubèye Maïga: Le premier problème que l’armée a eu, c’est que
depuis les années 89-90, que la rébellion a éclaté de nouveau, nous sommes
rentrés dans un processus de négociation, discussion. Les différents accords
s’étaient traduits par un allégement progressif des dispositifs de l’Etat
dans le nord, surtout son dispositif sécuritaire. L’Etat était amené à
abandonner certains de ses postes qu’il occupait, lesquels postes ont été
aussitôt investis par les groupes armés, ça a laissé un vide dont ils ont
profité. Aussi, l’armée s’est trouvée déployée dans des zones où, l’Etat
n’avait pas la capacité de l’entretenir et de la faire fonctionner. On avait
des unités totalement isolées ici et là. Dans un contexte de paix, ça peut
se comprendre, mais dans un contexte de conflit, ça pose de gros problèmes.
Par exemple, vous pouviez trouver une unité de cinq à dix personnes, qui
sont sous-équipées et démotivées. Nous avions une présence qui ne nous
permettait pas de faire face militairement. Au fil des ans, l’Etat a reculé
progressivement jusqu’à avoir une présence militaire qui n’en était pas une
en réalité. Et nous voilà présentement à la case départ où, il faut encore
reprendre le processus de réoccupation, mais dans un contexte de rapport de
force, qui n’est pas totalement maitrisé et n’est pas favorable à l’Etat.

Sahelien.com : Que proposez-vous pour remettre l’armée sur pied ?

Soumeylou Boubèye Maïga : Il faut que nous ayons une armée, qui de manière
consciente, incarne l’identité du pays, sa volonté. Une armée au sein de
laquelle, la dimension citoyenne et patriotique est une partie importante de
la formation psychologique des gens. Il faut que nous ayons une armée qui
s’entraîne. Les coûts de fonctionnement de l’armée sont tels que, nous avons
des soldats qui ne s’entraînent pas toujours, parce qu’un soldat doit tirer
quand même 200 à 300 cartouches dans l’année. Les artilleurs, il leur faut
s’exercer. Il faut savoir qu’un obus BM-21, coûte un million et demi de
francs CFA. Normalement, il faut que ceux qui sont chargés de l’artillerie,
puissent balancer une dizaine d’obus dans l’année, pour se faire la main,
être dans les conditions. Et si, vous avez plusieurs unités, tout cela à un
coût. Malheureusement sur l’ensemble de ces actions ou activités, nous avons
souvent des militaires qui vont sur le terrain, sans avoir eu à s’exercer,
sans avoir eu à bien maitriser leurs outils et à intégrer l’utilisation de
ces outils, dans une sorte de doctrine militaire sur le terrain. Nous devons
renforcer le niveau de l’encadrement des soldats surtout, ce qu’on appelle
la hiérarchie de contact, c’est-à-dire les sous-officiers, les officiers
subalternes, parce que souvent sur le terrain, ça pose des grands problèmes.
Et ce qui est valable pour les soldats, l’est aussi pour les officiers,
parce que nous avons beaucoup d’officiers, quand ils sortent de l’EMIA
(Ecole militaire interarmes, ndlr) de Koulikoro, ils n’ont pas l’occasion de
se spécialiser dans les branches dans lesquelles, ils doivent servir :
l’infanterie, les blindés, l’artillerie, etc. Ils se retrouvent dans des
situations, où ils n’ont pas la connaissance pratique suffisante pour
pouvoir maîtriser à la fois, les équipements et intégrer ces équipements
dans une doctrine d’ensemble. Ce déficit-là, affaiblit leur capacité à
commander les hommes, parce que si les hommes se rendent compte que leur
encadrement ne maitrise pas techniquement l’outil de travail, ça pose
problème. Il y a un ensemble de déficit, qu’il faut corriger et avoir une
armée qui se professionnalise, où c’est vraiment un métier. Il faut que le
métier de militaire devienne un vrai métier et, que nous ayons des
militaires ou une armée qui, sur le plan strictement professionnel a une
grande maîtrise. La dimension patriotique dont j’ai parlé, même si on a
l’impression qu’elle fait défaut, c’est dû au manque de formation. C’est
dans la formation qu’on cultive l’endurance, la résistance, un certain état
d’esprit.

Sahelien.com : Un soldat a besoin de combien de temps pour se former ?

Soumeylou Boubèye Maïga : Théoriquement, quand les soldats sont recrutés,
ils ont entre 4 et 6 mois de formation commune de base et, puis après ils se
spécialisent. Le problème, c’est que si vous n’avez pas les ressources qu’il
faut, vous avez des soldats qui peuvent faire une bonne partie de leur
carrière, ils n’ont jamais tiré un coup de fusil.

Sahelien.com : Qu’en est-il de l’acquisition des équipements militaires dont
le Bureau du vérificateur général vous accusait à l’époque ?

Soumeylou Boubèye Maïga : Je pense qu’au fil du temps, tout le monde a vu
qu’il y avait beaucoup d’affirmations gratuites, d’accusations infondées
dans ce qui a été dit. Le problème de l’équipement de l’armée, de sa
dotation en matériels conséquents se pose toujours. Quand nous venions aux
affaires en septembre 2013, c’était dans le contexte d’une armée qui avait
perdu la quasi-totalité de son équipement dans le nord, donc il fallait tout
reprendre et, dans un contexte où l’armée était toujours en opération,
jusqu’à présent d’ailleurs, c’est-à-dire qu’on a un théâtre qui va de Nara à
Tessalit, de Tenenkou à Tombouctou. C’est un théâtre de plus de 60% du
territoire, sur lequel il faut déployer des hommes, les transporter, leur
donner à boire, à manger, les habiller. Je ne parle pas de l’équipement
strictement militaire, rien que la logistique, c’est quand même 70% environ
des charges que l’Etat doit supporter parce que c’est en plus dans des zones
où il n’y a pas d’infrastructure, il n’y a absolument rien. Je vous donne un
exemple : comme nous avions à peu près 9000 hommes sur le terrain, même si
vous devez donner un litre d’eau par jour et par hommes, il faut aller les
chercher, il faut être capable de transporter de l’eau, faire des forages
ainsi de suite, donc tout ce problème se pose toujours. Et je suis persuadé
que le Mali, comme tout Etat qui se respecte, devrait consacrer une partie
substantielle de ses ressources propres à entretenir son armée, ce qui est
le pilier central de l’Etat, parce qu’un Etat qui n’a pas d’armée n’est pas
viable. Vous avez vu en 2012, en une demi-journée, tout l’Etat est tombé,
parce qu’on n’avait pas de force de sécurité et de défense. C’est un peu
cela, et puis on était dans un contexte où les gens ont voulu mélanger
beaucoup de problèmes.

Sahelien.com : Comment s’est passée la commande des matériels?

Soumeylou Boubèye Maïga : On a identifié les équipements dont nous avions
besoin. Il se trouvait que l’Etat n’avait pas les ressources pour y faire
face alors que c’était des équipements qu’il fallait impérativement avoir.
Soit les entreprises auprès desquelles on devait s’équiper, nous les
donnaient à crédit, soit on trouvait les financements par d’autres voies
mais toujours à crédit. Il se trouve que les entreprises françaises auprès
desquelles, on devait s’équiper ne pouvaient pas nous faire des crédits
au-delà de 18 mois. Il fallait trouver une formule par laquelle, l’Etat
pouvait régler mais sur deux ou trois budgets à peu près. C’est là, que les
relations du président ont permis de trouver, quelqu’un qui pouvait
mobiliser auprès d’une banque ou d’un consortium de banques, des ressources
nécessaires, régler les fournisseurs à notre place et puis, se faire
rembourser sur deux ou trois ans. Bien naturellement, cet effort financier a
un coût, parce que si vous vous endettez à la banque, il y a des frais et
aussi la marge de l’intéressé. Donc c’était ça, je crois que les gens
étaient allés vite en besogne et, ont parlé de beaucoup de choses, en
comparant par exemple, les prix carreaux usines comme on le dit, et puis les
prix de cession par l’intermédiaire. Je ne connais nulle part, un article
que vous pouvez avoir au même prix quand vous l’achetez à l’usine et quand
vous l’acheter au marché, par exemple, surtout, si vous vous endettez pour
l’acheter. Je pense que sur ces différentes questions, nous avons donné des
explications sur lesquelles nous n’avons pas eu à ma connaissance, des
réponses qui mettaient en cause les explications que nous avons fournies.

Sahelien.com : Quel rôle joue le trafic de drogue dans la crise sécuritaire
au nord du Mali ?

Soumeylou Boubèye Maïga : Le trafic de drogue est un des facteurs qui ont
contribué à consolider dans les régions du nord du pays, l’influence d’un
certain nombre d’acteurs. Il faut toujours avoir en tête que les zones
sahéliennes et sahélo-sahéliennes, dans la plupart des pays, d’ailleurs. La
Mauritanie, le Mali, le Niger, le Tchad, l’Algérie, sont des zones qui ont
des économies parallèles. Ce sont des zones qui ont toujours eu des
économies qui se sont développées, en dehors des cycles officiels qui ont
été donc des trafics. Avant, c’était des produits alimentaires, après il y
avait la cigarette, et présentement il y a la drogue. Et la drogue fait
partie de ce qu’on appelle l’économie criminelle, parce que là, c’est
vraiment des réseaux mafieux, qui désiraient exclure toute institution
étatique dans ces régions, pour pouvoir continuer leur activité. Donc, on a
assisté à une sorte de collusion entre le réseau de la drogue et le réseau
de la rébellion, les deux se renforçaient mutuellement. Aujourd’hui, je
pense que la mainmise des acteurs de la drogue sur le processus politique
social et, même militaire dans cette zone, est un facteur important, qu’il
faut voir. C’est même un facteur qui empêche toute évolution positive, parce
que tant qu’il n’y a pas cette confusion, c’est un trafic qui ne peut pas
continuer, or c’est un trafic qui génère énormément de ressources. Le Sahel
est aussi une zone cruciale, dans le développement du trafic parce que,
c’est la zone de transit entre différentes régions. Par exemple, quand les
gens veulent passer de l’Amérique centrale en Europe en contournant les
différentes barrières, c’est la zone la plus facile pour eux.

Sahelien.com : L’Etat avait-il abandonné ces zones aux mains des trafiquants
?

Soumeylou Boubèye Maïga : Il y a eu progressivement une sous-administration,
c’est-à-dire un repli progressif de l’Etat de ces zones. On ne peut pas dire
que c’était une volonté de l’Etat de les abandonner, mais il y a des
facteurs objectifs. Les trois régions du nord, sont caractérisées par la
grande distorsion qui est entre la taille du territoire, la taille de la
population et, la taille des ressources avérées ou exploitées. C’est 62% du
territoire, mais moins de 10% de la population. Donc le premier point, c’est
comment assurer une couverture administrative adéquate d’un espace vide ?
Deuxièmement, sur un certain nombre d’investissements et d’équipements,
l’Etat s’est trouvé confronté depuis, les années 80 à la mise en avant des
critères démographiques, comme critères d’intervention. On vous dit par
exemple, il faut 3000 à 5000, personnes pour faire une école, ou un centre
de santé etc. Or, il se trouve que dans ces zones c’est rare de trouver des
endroits qui dépassent tous mille personnes. Si bien qu’il y a des parties
entières de ces endroits de par leur non occupation, sont aussi abandonnées
par l’Etat.

Sahelien.com : La gestion au sommet de l’Etat n’est-elle pas à la base de ce
dépeuplement ?

Soumeylou Boubèye Maïga : Le sous-développement des zones, le manque
d’activités économiques formelles, ont aussi contribué à ce dépeuplement.
Vous prenez, les trois régions du nord, en particulier les régions de Kidal
et de Gao, les seules activités qui procurent un salaire régulier, c’est
l’administration publique. Donc on a assisté à une situation où c’est comme
si on a deux territoires, un contrôlé par l’Etat et l’autre par les
trafiquants.

Sahelien.com : Pourquoi n’étiez-vous pas dans la délégation, lors de la
visite du Premier ministre Moussa Mara le 17 mai 2014 à Kidal ?

Soumeylou Boubèye Maïga : J’avais des problèmes de santé, c’est tout. Je
crois que le Premier ministre, lui-même s’était largement expliqué sur la
question. Je n’aime pas parler de mes problèmes de santé, mais je suis
quelqu’un d’hypotendu. Quand on est arrivé à Gao, je faisais une tension de
neuf et demi. La délégation même y compris, le Premier ministre a estimé
qu’il fallait que je rentre à Bamako, parce que je ne supportais pas. On
avait fait le trajet Bamako-Goundam-Tombouctou à bord d’un hélicoptère russe
qui n’est pas pressurisé et, cela m’avait posé beaucoup de problèmes. On
devait aller sur Kidal et, on était effectivement jusqu’à Kidal, on n’a pas
pu atterrir. C’est là qu’on est venu à Gao. Je ne pense pas qu’au Mali,
quelqu’un puisse mettre en doute mon courage (Rires).

Sahelien.com : Qui a donné l’ordre d’attaquer le gouvernorat quatre jours
plus tard?

Soumeylou Boubèye Maïga : Normalement, le rapport de la commission
parlementaire devrait nous édifier, mais c’est évident que ce n’est pas le
ministère de la Défense, c’est très clair.

Sahelien.com : Disposez-vous du rapport sur le massacre d’Aguelhoc et sur
l’attaque du gouvernorat de Kidal ?

Soumeylou Boubèye Maïga : Honnêtement non. Je sais que quand il y avait eu
les évènements de Kidal et, tout ce qui s’en est suivi, les députés à
l’Assemblée ont sollicité, la mise en place d’une commission parlementaire
qui devait aider à donner des éclairages, sur ce qui s’est passé. J’ai été
auditionné comme d’autres, mais on attend toujours. J’entends ici et là
qu’ils auraient fini leur travail et, auraient déposé leur rapport.

Sahelien.com : Après votre démission en mai 2014, vous avez été interpellé
trois mois plus tard, à Paris dans l’enquête liée à l’homme d’affaires
Michel Tomi, qu’est-ce qu’on vous reprochait ?

Soumeylou Boubèye Maïga : La justice française a ouvert une information
judiciaire sur Tomi pour différentes choses et, comme l’avion présidentiel
est commandé par le ministère de la Défense, et j’étais le signataire du bon
de commande, j’ai fait deux jours d’interrogatoire sur différents aspects
relatifs à cette commande. Je n’ai pas été mis en cause.


Notre AMA soufre de plusieurs aspects:
1- écomiques car le budget de cette ama n’est jamais clairement dégagé
du politique!
2- les conflits internes génerationnels des intruisons et promotions
non méritèes!
3- la mauvaise coopération des populations d’avec cette ama, voire la
méconnaissance de cette action de nos citoyens!
4- l’absence titale d’une volonté politique réelle de faire de l’ama
une force republicaine, mais une force de protection du pouvoir et des
pouvoirs!
Bref! ces idées sont miennes, et les solutions sont possibles.
– L’autonomie financière et de gestion de l’ama,
– La non ingérance politique dans le milieu militaire,
– Le renouvellement des forces vieillissantes,
– Tolérance ZERO en milieu militaire,
– Valorisation du MERITE,
– Une mobilisation accrue des unités exustantes!!!

Aidons le Mali!

Dr BA Mamadou


On y mettrait tout notre budget qu’on n’aurait pas une armée répondant aux standards internationaux pour défendre ce vaste territoire…Et puis, mourir pour la patrie suppose qu’on est convaincu que ce n’est pas vain…et que d’autres ne se sucrent pas sur le dos du peuple en toute impunité. Cette conviction est la résultante de tout un programme.

Salihou Guiro, consultant


Salihou écoutes!

Que nous décidions par an de recruter 1000 jeunes par régions!
Que nous disions aux communes de coopérer sincèrement avec nos FAMA!
Que les jeunes sachent que l’AMA est la leur par la sensibilisation sociale poussée!
Que l’accent soit mis sur l’Instruction civique et morale dans les écoles!
Nous avons la solution de ton inquiétude!

Bonne journée!

Dr BA


Quelques rectifications :
“Les différents accords s’étaient traduits par un allégement progressif des dispositifs de l’Etat dans le nord” _ SBM
C’est Moussa Traoré qui avait commencé l’allègement du dispositif au Nord avant la rébellion et sur ce réseau l’explication nous avait été donné que c’était suite à des recommandation de la Banque Mondiale.
“Le sous-développement des zones, le manque d’activités économiques formelles, ont aussi contribué à ce dépeuplement” _SBM
L’Analyse du dernier recensement montre que le nord du Mali avait une croissance démographique plus du double de celle du Sud! Certaines communes du Nord ont eu une croissance de 11% sur la période.
………..

Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


Excellence, je viens de tirer ces chiffres du RPGH 2009 (page 45 du rapport) qui montre la croissance démographique par région (en pourcentage); la premiere colonne représente la croissance entre 1998 et 2009; la 2eme montre celle d’entre 1987 et 1998 et la 3eme entre 1976 et 1987. Dans la dernière décennie, la croissance est dans la meme fourchette qu’on soit au Nord ou au Sud, avec même un léger avantage pour les régions du sud. Mais quand on remonte le temps, il est clair que la croissance démographique au nord a été bien en dessous de la moyenne, avec même des chiffres négatifs. Certaines communes ont pu croitre rapidement, mais globalement c’est assez limité.

Period 98-09 87-98 76-87
Kayes 3,4% 2,3 1,8
Koul. 4,0 2,5 2,3
Sik. 3,4 2,8 1,6
Ségou 3,1 2,1 2,0
Mopti 2,5 1,3 1,2
Tomb. 3,2 0,3 -0,6
Gao 2,9 0,3 0,2
Kidal 4,4 – –
Bamako 5,4 4,0 4,2

De plus le nord commence par une base beaucoup plus faible; toute la région de Kidal a moins d’habitants que le plus petit quartier de Bamako. Donc en terme réel (c-à-d en nombre d’individu ajouté), il me semble que le ministre Boubèye a tout à fait raison.

______________
A. Karim Sylla


On n’a pas les mêmes chiffres mais les graphiques du RGPH montrent un accroissement.
Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


Un extrait d’un ancien mémo:

Ces trois régions ont connus, ces quinze dernières années, un taux de croissance démographique que l’on peut qualifier de catastrophique.

Pour une moyenne nationale annuelle de 3,6% de croissance démographique, on a enregistré entre 1998 et 2009 des taux annuels de croissance pour les régions de :

v Région de Tombouctou :

Ø Cercle de Tombouctou :

§ Commune de Ber 8,6%

§ Commune de Salam 8,1%

Ø Cercle de Diré :

§ Commune de Bourem Sidi Amar 5,7%

§ Commune de Tinguererif 7%

Ø Cercle de Goundam :

§ Commune de Tilemsi 13%

§ Commune de Tin Aicha 11,4%

Ø Cercle de Gourma Rharous :

§ Commune de Gossi 9%

§ Commune de Hanzakoma 7,8%

v Région de Gao :

Ø Cercle de Gao :

§ Commune de N’Tillit 7,4%

§ Commune de Tilemci 18,9%

Ø Cercle d’Ansongo :

§ Commune de Tessit 8%

§ Commune de Tin Hama 10%

Ø Cercle de Bourem :

§ Commune de Tarkint 8,9%

v Région de Kidal :

Ø Cercle de Kidal :

§ Commune de Kidal 7,8%

§ Commune d’Essouk 8,1%

Ø Cercle d’Abeibara :

§ Commune de Tinzawatène 7,1%

Ici plus qu’ailleurs les besoins de financement en infrastructures publiques sont d’une grande acuité et les autorités maliennes ne semblent pas avoir pris la mesure de l’ampleur du phénomène de la croissance démographique dans les régions Nord du pays au cours de ces quinze dernières années et de son impact sur les populations, notamment, du sentiment d’abandon perçu par elles.

Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


En ce qui concerne ces pourcentages du RGPH, s’agit-il de la croissance par an, ou de la croissance entre deux recensements ?

Bruce Whitehouse


Il s’agit de la croissance annualisé (moyenne géométrique). On prend la difference pour la période de 10 ans et on trouve la moyenne annuelle.

______________
A. Karim Sylla


Les graphiques du recensement montrent un accroissement entre les deux recensements. C’était cela mon propos. Cela m’avait frappé car ça semblait contre intuitif et c’est en regardant commune par commune que je me suis rendu compte que les plus forts taux d’accroissement étaient au Nord du Mali.
Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


Excellence, il s’agit des même chiffres; il faut regarder les moyennes annuelles de croissance; dans vos documents tombouctou est à 3,3%, Gao à 3% et Kidal à 4,3% — la difference est surement due au rounding-off.

L’accroissement est là; mais tout est relatif — Kidal passe de 42.386 habitants à 67.638 en 10 ans soit une moyenne de 2500 âmes par an. Le ministre semble dire que la faible densité fait qu’il est difficile d’amener les services quand il n’y a pas beaucoup de gens. On peut mettre tout Kidal dans le stade du 26 mars!

Dans votre autre email, on voit que certaines communes ont des grosses croissances, mais en fait avec de faibles bases pour commencer. C’est sur cela que je voulais attirer l’attention.

______________
A. Karim Sylla


Le Tchad a un budget national moindre que celui du Mali; pourtant l’armée Tchadienne non seulement est capable de défendre son pays, mais contribue à défendre d’autres. Au Mali il y a beaucoup de choses à changer pour créer un système cohérent; et il n’y a pas besoin de mettre tout le budget de l’état dedans. Utilisons ce qu’on a de façon cohérente d’abord. Quand on commande pour 2 milliards CFA de matériel qu’on paye 10 milliards CFA, c’est clair que la tâche ne sera difficile; quand on dépense 100 milliards CFA pour acheter des habits et des chaussettes, c’est clair que l’intention n’y est pas.

______________________
A. Karim Sylla