Définition du Pouvoir

Le défi majeur des chercheurs est de définir ce pouvoir, suivant des grilles non occidentales, sous la direction des ethno-psychologues africains ou africanistes, en Afrique. ” _ Konaté

La question du pouvoir n’est pas de même nature que la question de la république.
Que ce soit le pouvoir du roi, de l’empereur, du chef de famille, du chef d’entreprise ou du chef d’une ONG, le pouvoir est le même partout sous les cieux.
Pour l’exercer, il faut une légitimité (autonomie d’action, conférée juridiquement), des moyens d’action (possibilités financières, crédit), de la crédibilité (niveau de confiance, jugement de l’opinion, appartenir à un réseau) et des compétences (savoir faire technique).
Vous citez les possibilités financières mais ce n’est qu’un des piliers.
Il faut aussi de la légitimité ( on voit comment dans certains pays on essaie d’empêcher juridiquement la légitimité de l’aspiration au pouvoir à certaines personnes)
Il faut aussi de la crédibilité (avoir pour soi le jugement de l’opinion)
Last and least, il faut aussi de la compétence (c’est le moins important si l’on est avisé: on peut acheter la compétence).
Cette structure du pouvoir est nécessaire pour pouvoir l’exercer. Sin on n’a pas au mois deux des pieds, on ne peut exercer le pouvoir sans difficulté. Avec un seul pied, c’est intenable. Avec deux, il faut rapidement faire pousser le troisième pied autrement on en tient pas. Avec trois pieds on peut l’exercer mais pas confortablement. Il faut les quatre pieds pour l’exercer confortablement.
Il n’y a pas de grilles occidentales ou orientales ou méridionales. Il y a une grille structurelle.
Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


De mon avis, M. Traoré, vous nous déroutez encore vers des discussions trop théoriques qui ne collent pas aux plaintes concernant le quotidien du Citoyen Lambda et de la constatation que la politique ne se fait pas correctement, mais dirigé seulement par les intérêts individuels et là aussi sur base d’ irrégularités de toute sortes.

Ceci n’a rien à avoir avec définition du pouvoir. Le pouvoir est bien défini dans la Constitution, mais cette définition/cette Constitution

n’ est pas appliquée….

M. Diagayété


“Que ce soit le pouvoir du roi, de l’empereur, du chef de famille, du chef d’entreprise ou du chef d’une ONG, le pouvoir est le même partout sous les cieux.”_Mamadou Traoré

Exact Mr. Traoré. On ne peut être plus clair. Tout chef de famille peut comprendre ceci, qu’il soit paysan ou président, alphabétisé ou non. Tout chef d’entreprise peut le comprendre, que l’entreprise soit la culture d’un champ, la pêche quotidienne à la pirogue, une usine de fabrication de fusée ou une multinationale en intelligence artificielle. Toute personne ayant vécu une position de leadership a vécu ce que vous dites ci-dessous.

Pour ma part, il a fallu que cela soit dit depuis quelques jours pour que je m’en rende compte dans ma propre situation, que ce soit dans le business ou dans l’enseignement. En effet, quand on est enseignant, on est le leader dans la salle de classe dans la production de capital humain. Et il faut les quatre piliers du pouvoir pour transmettre les connaissances confortablement dans cette salle de classe:
1- Légitimité (statut donné par l’université);
2- Moyens d’action (ressources pour donner mon cours – salle, tableau, projecteur, livres, etc.);
3- Crédibilité (confiance de l’administration, de mes collègues, de mes étudiants);
4- Compétences (je dois connaître ma matière, ce qui a été possible en suivant une formation).

Ceci est applicable pour un paysan propriétaire d’un champ au Mali et qui y fait travailler des cultivateurs, que ceux-ci soit des membres de sa famille ou des personnes employés à l’extérieur de la famille:
1- Légitimité (statut donné par la communauté);
2- Moyens d’action (champ, semences, engrais, etc.);
3- Crédibilité (confiance de la communauté);
4- Compétences (savoir comment cultiver un champ).

Les populations pensent ne pas comprendre ce que vivent leurs dirigeants. En fait, il suffit de regarder soi-même. Lorsqu’on penser que tout ceci est une abstraction, c’est parce qu’on ne s’est pas suffisamment (ou pas du tout) regarder soi-même.

Ndack


Monsieur l’Amabassadeur,

Bien évidemment que le concept de pouvoir est différent de celui de la république, je ne me méprendrais pas là-dessus.

Par contre, lorsque vous soutenez que « le pouvoir est le même partout et sous tous les cieux », je ne suis plus si sur dans la mesure où vous en faites vous-mêmes une présentation si diverse que vous faites allusion au pouvoir incarné par le « roi », « l’empereur » le « chef de famille » le « chef d’entreprise » ou le « chef d’une ONG ».

Ces pouvoirs sont différents non seulement dans leurs fondements mais également dans les vocations et objectifs qu’ils poursuivent.

Bien évidemment qu’il faut, pour exercer les pouvoirs, des attributs nécessaires comme ceux que vous avez identités et rappelés. Pour ce qui est de ces attributs, vous vous rendrez compte que s’agissant la légitimité pour exercer le pouvoir à certains endroits et sous certains cieux s’acquiert encore par le sang. Or, l’exercice du pouvoir par le sang n’est pas ce qui est le plus recommandé en démocratie par exemple.

Monsieur l’Ambassadeur, il y a forcément une grille occidentale du pouvoir. Cette grille prend en compte un principe définitivement accepté en occident : l’égalité de tous les citoyens devant la loi.

Ce principe, bien que affirmé sous nos toits n’est pas le mieux appréhendé aujourd’hui.

Il est rappelé à certains leurs origines sociales au point que celle-ci constitue une barrière absolue pouvant les empêcher de se mettre en course pour le pouvoir.

Combien de fois on a rappelé d’un tel qu’il est « ethniquement peu compatible » pour prétendre à tel ou tel niveau de pouvoir.

La grille structurelle, je la cherche encore Monsieur l’Ambassadeur …

Bien à vous

Mamadou I. Konaté


“Combien de fois on a rappelé d’un tel qu’il est « ethniquement peu compatible » pour prétendre à tel ou tel niveau de pouvoir.” _ Konaté

Cela veut simplement dire que la personne n’est pas acceptée… Il lui manquera un pied à sa capacité à gouverner et cela sous entend que la légitimité n’est pas de son crédit aussi … Il y a alors problème avec deux pieds qui manque …..
“La grille structurelle, je la cherche encore Monsieur l’Ambassadeur …”_ Konaté
Chercher … Elle existe …
Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


Mr Traoé et Mè Konaté,

Alors comment, shématisez-vous le cas de “DaMonzon Diarra”, quand il a pris le pouvoir à Ségou, alors qu’on lui avait signifié qu’il était un “Dion”, qu’il lui était incompatible de prétendre ou de prendre le pouvoir à Ségou, qui appartenait aux Coulibaly. Certainement, comme vous le dites, peut être qu’il lui manquait un pied à “Da”, ou même les deux pieds; donc il n’était pas accepté. Mais cela me renvoie alors, qu’est-ce être accepté veut dire? Se faire accepter ou se laisser accepter? L’un ou l’autre ne fait-il pas allusion à la force, domination, dominant, qu’elle soit physique, morale, émotionnellle, intellectuelle, etc? Que cette force ou dominant soit exercée par celui qui veut se faire accepter, ou qu’elle soit exercée par ceux à qui on se laisse faire accepter?

Du peu que je sais en sciences sociales, toutes ces segmentations sociales ne sont que des produits forgés par les humains dans leur recherche de domination; en fonction de leurs besoins, en fonction du moment de leur vécu, etc; et qui peuvent changer dans le temps avec l’apparition de nouveaux attributs ou de changement d’attributs. Certainement en l’an 3000 ou 4000, le rapport au pouvoir ne se déffinira pas comme vous le faites aujourd’hui, et comme il ne l’a jamais été d’ailleurs en tout temps, et ni à l’origine de l’être humain, avec Adama et Eve. Certainement que nous serions là en tant que temoins de leur histoire, l’histoire des humains de cette époque (l’an 3000 ou 4000), mais sous d’autres formes de cellules vivantes.

Cordialement,

Soumaila Mariko


Le pouvoir n’est pas quelque chose de physique que l’on peut prendre dans ses mains.
C’est toujours le pouvoir de faire faire. C’est à dire qu’il s’exerce toujours à travers un système d’actions concret et clairement délimité dont l’énergie est contenue dans une structure.
Da était Dion mais il y avait les Ton Dion à Ségou ( U ti gnouman kè !) pour faire asseoir un djon.
Bien sûr que cela ne lui donne pas la légitimité. C’est ce pied qui manquait à son pouvoir. Avec trois pieds on peut exercer le pouvoir et travailler à l’exercer confortablement notamment par des conquêtes militaires dans ce cas.
Quand les français ont pris Ségou, le premier reflexe a été d’aller chercher un Coulibaly chez les Massassi avant de passer à l’administration directe.
Tiéba a été djon aussi dans son enfance quand sa mère a été faite esclave à la suite d’une défaite de Daoula au cours d’une bataille. A t’il réussit à le faire oublier ? C’est pas sûr.
Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


Ok, je vois un peu votre perception. Mais peut-être que je me trompe! Moi, je suis plus liberal et pour moi, ces segmentations sociales sont relatives, c’est à dire qu’elles n’ont pas été comme ça en tout temps! Elles ont occupés l’espace et le temps pour des raisons bien définies, même dans le cas où les français ont fait appel aux Massasy Coulibaly lorsqu’ils ont pris Segou. Ceci étant, tous mes respects sont aux Coulibaly. Nou sommes plus que des cousins à plaisenterie. Il y’a des diaux entre nous.

Dès lors raisons qui étaient à l’origine ne se prévalent plus, les segments sociaux, sont simplement dans la conscience des gens, que Mr Wane a appelé “Conscience collective” que plutôt dans les faits ou vécus réels. Lorsque quélqu’un est de père et de mère d’ethnie différente, quelle ethnie est-il, lui l’enfant? Je ne suis pas sûre que les ethnies sont arythmétiques!

Aussi, dans le Baniko (Bambara du Baniko) jusque dans le Wassoulou, la fonction ou caste de griot n’existe pas. Il y’a des Diabaté, ou autres noms de familles griot pour d’autres zones au Mali, mais qui ne sont pas griots. Ils sont nobles et Bambara comme les autres noms de familles Samaké, Mariko, Togola, etc. Ont-ils émigré des zones où ils étaient considérés comme des hommes de caste, pour s’afranchis en allant s’installer avec les Bambara derrière le Bani ou dans le Wassoulou? Peut-être, mais je n’ai aucune idée. Mais le résultats est que cette ethinicisation est beaucoup faible dans le Baniko et le Wassoulou. On est tous “animistes” le plus, qu’on soit Bambara ou Peulh, ont fait tous le “Kama-lé Goni” et on est tous cultivateurs et tous éleveurs à la fois. Les gens se marient tous entre eux, qu’ils soient Samaké, Mariko, Togola, Fané, Doumbia, Diabaté, etc. Ce sont ces attributs qui font la difference fondamentale entre les Bambara de Ségou et les Bambara du Baniko.

Cordialement,

Soumaila Mariko


Soumaila, merci beaucoup pour tes informations sur une partie de la culture malienne, en l’ occurrence sur les Bamanan du Baniko et du Wassoulou.

Pour ce qui est de la désignation de “frères maliens” en l’ endroit des gens du MNLA, je comprends qu’ un président ne puisse pas parler comme le citoyen politisé et surtout pas devant ses compères sur la sc`ne internationale.

Toute fois:

1. Le zéle de IBK devrait être mesuré quand il parle du MNLA. Ce qui n’ est pas le cas. On se souvient de comment il a réçu Mahamadou Djéri Maïga et combien il s’ estimait heureux (“la journée la plus heureuse de ma vie”) le jour de la signature par la CMA/le MNLA de l’ accord – encore que signer ne veut pas dire appliquer.

2. D’ autre part, on connais les actes posés par IBK et ses gouvernements contre l’ attente de l’ opinion nationale: les libérations délibérées, la possibilité de prendre la nationalité malienne à des gens en fait pas Maliens et venus au Mali pour commettre les crimes que nous connaissons, etc., etc.

3. Ce zèle effréné et repété de IBK fait purement et simplement fis des souffrances des victimes. Or ce sont les victimes qui doivent être au centre des préoccupations, même si cela ne se fait pas de manière ostentatoire. Le monde entier, en particulier l’ Afrique, connait les crimes causés par le MNLA et sa guerre, ne se reste que déclarer la guerre dans un des pays parmi les 10 plus pauvres du monde.

En un mot, IBK peut les appeler “frères” parce qu’ ils sont du même pays que lui. Ce qu’ il devrait chaque fois repeller. Comme ça on saurait pourquoi il les appelle “frères”, mais ne pas donner l’ impression qu’ il leur pardonne tout à la place des victimes. C’ est pour aussi le PM (“frères égarés” – expression meilleure à celle de IBK).

Pour terminer, pour moi et je pense pour les victimes et leurs familles, d’ ailleurs la majorité des Maliens politisés, ils les dirigeants du MNLA, sont et resteront des frères criminels.

Bien cordialement

M. Diagayété


Oui, Malobbo, les dirigeants du MNLA sont des frères qui seront ou qui pourront être jugés un jour pour des crimes pour lesquels ils sont accusés. Je mets le conditionnel car je me refère toujours à une decision de justice. S’ils sont reconnu coupables, alors ils recevront les peines prevues par la loi. Ce que je veux seulement dire, et suis entrain de soutenir, c’est que nous devons tous soutenir la justice, une bonne justice, forte et equitable pour tous les citoyens. Ce n’est pas facile, mais c’est le seul moyen, de rendre aux victimes leur droits, sans vangeance et revangeance et rerevangeance, etc, etc. Sinon sans justice, la raison est la loi du plus fort du moment. Et qui sera le plus fort demain? personne ne le sait. Alors donc, pourquoi pas une justice soutenue et renforcer ne pourra juger même un IBK un jour pour les fautes commises, ou des dirigeants du MNLA? Vous savez, Gbagbo en 2010, ne pouvait jamais s’imaginer qu’il serait un jour arrêté et jugé par un tribunal. La roue de l’histoire tourne, et personne ne sait exactement ce que sera demain! Prions seulement la paix au Mali et d’une armée malienne plus forte que de tout temps, une armée malienne, qui aidait à acquérir l’indépendance pour dá utres pays, à instaurer la paix dans d’autres régions du monde, en Algérie, en Tanzanie, en Indochine, etc.

Vous savez, lorsqu’on parle de la bravoure et de l’intégrité Mossi, moi cela me fait rire et je n’ai cessé de dire que les maliens d’aujourd’hui ont manqué au rendez-vous. Une partie de l’histoire du Mali nous apprend que losrque DaMonzo a appris que les mossi voulaient se revolter et les peulh du Macina grognaient également, il est parti défaire la révole mossi en passant par le Macina. En allant la petite histoire dit qu’il a fait savoir aux peulh du Macina qu’il va resoumettre les mossi et au retour, il voudrait que les peulhs lui expliquent ce qu’il y’avait. Effectivement, il a défait les mossi qui lui ont renouvellé leur soumission, mais au retour, il meurt la nuit, la veille à son retour en traversant Macina. Le cortège a ainsi traversé Macina jusqu’à Ségou. Samory a conquit jusqu’en Sierra Léone, jusqu’au Liberia, qu’il a vendu ensuite aux Anglais. Je ne parle pas de l’empire Songhaï, l’empire du Mali, ni celui du Ghana. Est-ce que IBK s’est déjà rendu à Tombouctou, à Gao, ou à Kidal? Pourtant, il ne fait que voyager à l’extérieur. A-il des soucis pour Tomboctou, Gao et Kidal ou pour le Mali en général? À quel niveau? Donc, le problème n’est pas le MNLA. On connait les limites d’IBK. Que des gens l’apprécient ou non, l’ancien PM Moussa Mara est parti à Kidal. Je suis entrain simplement d’attirer votre attention de ne pas confondre les limites d’IBK au fait que les gens du MNLA sont nos frères maliens, du Mali.

Cordialement,

Soumaila Mariko