Humburi Senni Dictionary (Songhay – Hombori, Mali)

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Humburi Senni (Songhay – Hombori, Mali) – English | Français

LDH-Website
http://ldh.clld.org/2016/02/01/escidoc2249192/

PDF (254 pages)

Jeffrey Heath, University of Michigan
Language Description Heritage Library
(online, open source)
Max Planck Institute
2015


Cher Mahamadou,

Donc, au lieu du lien direct PDF, clique sur http://ldh.clld.org/2016/02/01/escidoc2249192/

Ensuite sur „PuRe Item“ avec le site Adobe, chez moi ça tourne moins d’une minute, puis le PDF est là. On peut ouvrir dans l’onglet et l’enregistrer. C’est quand même, 80 MB, donc selon les appareils

Niveau 2: tu as le bouton pour télécharger („Fulltext Public“):
http://pubman.mpdl.mpg.de/pubman/faces/viewItemOverviewPage.jsp?itemId=escidoc:2249192

J’espère que ceci aide. Sinon il y a d’autres qui trouveront meilleure astuce à partager.

Bien à toi et tous,
Mohomodou


Bjr Mohomodou,
je viens de réussir chez la fille à Frankfurt.

Ce qui m’ a frappé est qu’ il y a des accents en Songhay: aigus, graves , surconflexe comme en Français.
Je pensais qu’ en Songhay comme en Pulaar-Fulfulde aussi on avait décidé de ne pas employer des accents.

Exception en Pulaar (du Sénégal) le “gn” est écrit comme en espagnol. En Fulfulde du Mali au Tchad (si je ne me trompe pas) “gn” = “ny”. La forme espagnole aussi est permise.

Je viens de trouver par Google voilà les formes pour “gn”: ɲ (ny or ñ).

Apparemment là il y a des divergences. ACALAN FulCom a recommandé en 2010 à Bamako: ñ.

Bonne nuit!
M. Diagayété


Cher Mahamadou,

Tu fais une observation pertinente. La courte réponse: à ma connaissance, l’écriture officielle n’utilise pas d’accents (aigus, graves, et certainement le circonflexe banni en français n’a pas reçu l’asile orthographique en songhay, du moins au Mali).

L’auteur a utilisé sa propre écriture qui est plus de l’ordre de l’annotation linguistique/phonétique que de l’orthographe formelle. Ceci étant dit, il se réfère aux textes de référence élaborés par les instituts nationaux comme la DNAFLA. C’était le cas pour ses 3 dictionnaires songhay de 1998 (Djenné, Tombouctou et Gao). Les linguistes, disons dialectologues, sont davantage intéressés par les différences. même les plus infimes. Ce n’est pas nécessairement l’impératif des instituts de standardisation de langue. Dans les cas, il y a un mélange de bricolage et de frilosité – sans parler d’arbitraire.

Sur notre site, il y a une rubrique des guides d’écriture pour le Mali et le Niger:
www.songhay.org/index.php?Grammaire

Les unités songhay et songhay-zarma se consultent mais leurs règles diffèrent quand même. C’est une politique de l’Académie Africaine des Langues d’aider des structures appelées „Commissions de langues véhiculaires transfrontalières“ (CLVT) à harmoniser les orthographes sans nécessairement gommer les différences. Entre Gao (senni) et Niamey (sanni), le vocale même de „langue“ exhibe cette variation à respecter. Il s’agit plutôt d’arrêter une liste de signes communs. Pas un „ny“ par ici et un „ɲ“ par là pour la même consonne. L’ACALAN fait des propositions, mais surtout ces CVLT pourraient peut-être rendre les différentes parties plus conséquentes dans l’application de règles uniformes.

Il y a aussi les alphabets complets sur le site. Au Mali, on nasalize les a et o plus souvent que les autres voyelles:
hãa (demander), hõ (aujourd’hui)

Il y en a de rares sur e: hẽe (pleurer, souffler pour le vent), u et i. Franchement rarissimes et il y a des partisans pour l’abandon de ces „tilde“. Il s’agit de variantes dialectales parfois et le fait que l’orthographe reprend en partie certaines spécificités du parler de Gao multiplie les signes spéciaux. C’est le cas des consonnes š, ž:
ši / šii (ne… pas, pas de…) = si / sii
šiita (serré) = siita à Gabéro (et à l’ouest)
žiibi (sale) = ziibi à Gabéro (jiibi (Tombouctou). Toute la séquence donne ainsi: z / ž / j

Les gens de Gabéro étaient présents dans le travail de standardisation de l’orthographe. De spécialistes comme feu Youssouf Billo Maïga. Gabéro et Haoussa Foulane (Peul du Nord) ont une diction différente de celle de Gao. Il y avait une tendance à laisser tomber ces š et ž mais on a souvent les deux formes dans les derniers dictionnaires (DNAFLA 1992, Haïdara/Billo/Sangho 2010).

Moi aussi je les utilise, peut-être pour la même raison que Heath utilise des accents: pour marquer des variations dialectales qui posent des questions. Pourquoi les „Peul du Nord“ qui ont adopté le songhay n’ont pas adopté les š et ž? Ou avaient-il en fait adopté une forme sans š et ž? Je n’en sais rien. Si dans un siècle, un nivellement important les fait disparaître, ces marques permettront aux linguistes d’analyser l’évolution phonétique/phonémique d’une langue déjà très fragmentée.

Voilà plusieurs coups jetés au vent.
Mohomodou


Bonsoir à tous,

Cette question de la variation des règles d’écriture d’une langue transfrontalière est une préoccupation de l’ACALAN qui a organisé en 2010 je crois un atelier d’harmonisation des orthographes de trois langues transfrontalières d’Afrique de l’Ouest (bamanakan, fulfulde et songhoy). J’ai participé à cette rencontre, mais jusqu’ici il n’y a pas de changement. Peut-être parce que les spécialistes conviés à la rencontre ne sont pas aussi aux commandes : ils ne décident pas au niveau des pays. L’un dans l’autre, la fondation Karanta a entrepris il y a quelques mois un travail dans le même sens, sur plusieurs langues de l’espace Karanta.

Je suis actuellement en train de rédiger un document pour traiter de ces différences entre les règles d’écriture du songhay du Niger et du Mali. J’ai pensé à prendre en compte les dispositions du dendi du Bénin, mais j’ai estimé cela difficile. J’espère pouvoir très prochainement vous proposer un texte.

Fraternellement,

Hanafiou