L’etat Malien: Ni Juste, Ni Serieux

Dans un entretien exclusif qu’il nous a accordé le 9 février dernier au carrefour des Jeunes de Bamako, le Secrétaire Général de l’Union Régionale des Travailleurs de Kidal, non moins Vice-président de la Coordination des victimes de la crise malienne, Mody Samba Touré, ne cache pas sa colère contre l’Etat malien qui n’est ni juste ni sérieux à ses yeux.

Il porte encore et pour toujours les séquelles de l’attaque du gouvernorat de Kidal survenue le 17 mai 2014, par les groupes armés, après le retrait du Premier ministre, Moussa Mara, qui effectuait une visite dans la capitale de la huitième région administrative du pays. Ce jour, Mody Samba Touré, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a pris plusieurs balles qui lui ont valu plusieurs mois d’immobilisation. Certains de ses camarades infortunés du 17 mai 2014 n’ont pas survécu aux balles assassines des groupes armés. Le Secrétaire Général de l’Union Régionale des Travailleurs (URT) de Kidal, qui vient d’être désigné Vice-président de la Coordination des Victimes de la crise malienne, marche encore avec deux béquilles. Dans un entretien exclusif au Carrefour des Jeunes de Bamako, ce rescapé ne cache pas sa colère contre « l’Etat malien qui n’est ni juste ni sérieux. J’ai vécu la visite du Premier ministre Moussa Mara. Je suis dans la merde aujourd’hui », nous a-t-il confié.
« Tous ceux que vous voyez là ont été pris en otage lors de la visite du Premier ministre, Moussa Mara. Ce jour, nous avons perdu tous nos biens. On a envoyé des correspondances à la Primature et à toutes les autorités sans succès », a déclaré Mody Samba Touré. Il ne comprend pas l’abandon de ces serviteurs, dont certains ont payé de leur vie, à leur triste sort par l’Etat malien. Il maintient la position de l’Union Régionale des Travailleurs de Kidal sur le non retour des agents de l’administration à Kidal sans l’Etat.

C’est imprudent !!!
Selon Mody Samba Touré, « l’administration ne peut pas retourner à Kidal sans l’Etat ». Pour lui, « la première condition pour tout travailleur est la sécurité ». Le Gouvernement de la République absent de Kidal, n’est pas en mesure d’assurer la sécurité des travailleurs. « Nous avons un Etat qui est dépassé par les événements», a-t-il souligné.
A en croire le patron des travailleurs de Kidal, le Ministère de l’Education Nationale est à pied d’œuvre pour convaincre les enseignants de retourner à Kidal en leur proposant des primes. Si certains enseignants ont donné leur accord et décidé de rejoindre rapidement la capitale de l’Adar des Ifoghas pour le démarrage effectif des cours, d’autres déjà sur place à Kidal ont fait part de leur désaccord pour la reprise des cours.
« Quoi qu’il advienne, nous allons plaider la cause des travailleurs. Un syndicat ne peut pas empêcher un agent de travailler. Aller enseigner à Kidal dans ces conditions est très dangereux. Là où l’Etat n’est pas présent, est-ce qu’on peut envoyer des enseignants. Comment un Ministère de l’éducation peut se hasarder à ouvrir les écoles dans ces conditions. C’est imprudent », a expliqué Mody Samba Touré. Il appelle le Gouvernement à revoir son traitement des agents de l’administration, notamment ceux de Kidal.

Chiaka Doumbia


C’ est frustrant !

Faty : “je me demande si quelqu’un réfléchit à quelque chose sur ce plan.” peut-être que si, mais rien qui puisse faire avancer leur propre “Accord de Paix” n’ arrive.

Voilà une idée qui me semble continuer les patrouilles mixes.

– La CMA est déjà à Kidal;

– La Plateforme, en la composante du GATIA, est arrivée à Kidal;

– Le gouvernement n’ a qu’ à préparer activement l’ arrivée des FAMas à Kidal;

pour que les patrouilles mixes prévues par “l’ Accord” puissent tout de suite commencer.

Lorsque la situation sera stable et prouvée comme telle, les services sociaux et l’ administration pourront retourner.

Mais je suis sûr que IBK et le gouvernement laisseront cette occasion aussi inexploitée comme toutes les autres déjà passées.

Bien cordialement
M. Diagayété


On envoie pas des civiles dans une zone de guerre sans la protection militaire. C est irresponsible et lâche de la part d’un gouvernement.

Amadou O. Wane


Pire ils se cachent derrière des speudo-groupes armés pro-gouvernement pour tenter un retour à Kidal.
Personne n’ira mettre sa vie en jeu pour “cette fonction publique-la” et surtout pour des gens qui ne cachent pas leur haine et n’hésiteront pas à liquider des civils ” maliens”.
c’est fort desolant! Mais je n’arrive pas à comprendre la politique sécuritaire des autorités maliennes. Je me demande si quelqu’un réfléchit à quelque chose sur ce plan.

Fatouma Harber


Le président de la République a déclaré avec fanfare qu’ “aucune fanfaronnade politique ne le fera aller à Kidal” sans que personne du paysage politique ou de la société civile n’y voit une démission de son devoir de Chef d’Etat, une rupture de son contrat social et encore moins une insulte aux autres citoyens que l’Etat a envoyés vivre au quotidien à Kidal avec leurs familles, sans oublier ceux qui y vivent tout naturellement et alors tout naïvement fiers d’être maliens.

On continue encore de nos jours à tirer les oreilles de l’ex-premier ministre Mr Mara pour avoir tenu à aller à Kidal. Comme quoi un Etat failli c’est aussi des mentalités faillies.

Rappelons que c’est pareille attitude de désengagement et de contentement imbécile de soi-même du président ATT qui forçat l’armée à prendre ses responsabilités.

Alors, on en vient à douter que ce pays puisse encore produire, à ses hauts sommets, des hommes intègres, capables et dévoués. Avec IBK, nous avons lavé les excréments avec de l’urine.

Sabu Nyuman


Bonjour chers tous

“On envoie pas des civiles dans une zone de guerre sans la protection militaire”_Amadou Wane.

C’est à croire que nous (notre gouvernement) refusons d’apprendre de nos erreurs n’est ce pas ?

Pendant que le Chef de l’Etat malien réclame le retour de Kidal dans le Mali (ce qui veut dire que ce n’est pas le cas) le gouvernement malien veut encore envoyer des civils dans une zone de guerre sans aucune protection ni espoir d’être protégé.

Bon après on dira quoi, si il y a un problème avec ces civils là-bas ? Que l’armée n’ira pas ? Tant pis pour eux d’avoir accepté de partir ?

Je ne comprends plus rien de la logique de nos gouvernants.

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Le président de la République a déclaré avec fanfare qu’ “aucune fanfaronnade politique ne le fera aller à Kidal” sans que personne du paysage politique ou de la société civile n’y voit une démission de son devoir de Chef d’Etat, une rupture de son contrat social et encore moins une insulte aux autres citoyens que l’Etat a envoyés vivre au quotidien à Kidal avec leurs familles, sans oublier ceux qui y vivent tout naturellement et alors tout naïvement fiers d’être maliens.

On continue encore de nos jours à tirer les oreilles de l’ex-premier ministre Mr Mara pour avoir tenu à aller à Kidal. Comme quoi un Etat failli c’est aussi des mentalités faillies.

Rappelons que c’est pareille attitude de désengagement et de contentement imbécile de soi-même du président ATT qui forçat l’armée à prendre ses responsabilités.

Alors, on en vient à douter que ce pays puisse encore produire, à ses hauts sommets, des hommes intègres, capables et dévoués. Avec IBK, nous avons lavé les excréments avec de l’urine.

Sabu Nyuman


M. Keita,

je vous donne raison.

Moussa Mara , ses partisans et ceux qui croyaient que sa visite à Kidal était “normale” devraient au moins s’ excuser auprès des victimes et de leurs familles. Et dire qu’ ils ne s’ attendaient pas à de telles conséquences graves. J’ étais de ceux qui pensaient que la visite est “normale”, car le primier ministre du Mali devrait pouvoir se rendre partout sur le territoire malien.

Au lieu d’ excuse et de reconnaissance de l’ erruer après effets, Mara et ses partisans continuent à réagir en défiance et de taire les souffrances des familles victimes. Moussa Mara disait dans un interview que même demain lui y ira et repeterai la même visite (sic). Je pense personnelement que c’ est enfantin. c’ est exactement comme ça que les soi-disant braves parlent dans les grins et les rues. Nous sommes tous Maliens, nous le savons.

A vous aussi j’ adresse la question à savoir, pensez vous à saisir la Cour Constitutionnelle, ne reste que symboliquement, au sujet du constitutionalisme des Accords de Ouagadougou et Alger ainsi que du traité de coopération militaire entre le Mali et la France.

S’ adresser à la Cour Constitutionnelle ne veut pas dire être contre ces accords/traité. C’ est agir en conformément avec la Constitution du Mali, appliquer les principes de la démocratie puis que nous pensons que notre Constitution a permis d’ instaurer la démocratie et exige l’ exercice de l’ État de Droit.

Vous avez certainement suivi la suite de messages que Françoise Wasservogel a introduite et que Claude Bésençon a enrichie avec les articles de la Constitution suivants et la question qui s’ en résulte.

Voilà les articles dont-il s’ agit et la question de Claude Besençon.

Article 90: Les engagements internationaux prévus aux articles 114 à 116 doivent être déférés avant leur ratification à la Cour Constitutionnelle, soit par le Président de la République, soit par le Premier Ministre, soit par le Président de l’Assemblée Nationale ou par un dixième des députés, soit par le Président du Haut Conseil des Collectivités ou par un dixième des Conseillers Nationaux. La Cour Constitutionnelle vérifie, dans un délai d’un mois si ces engagements comportent une clause contraire à la constitution. Toutefois, à la demande du Gouvernement, s’il y a urgence, ce délai est ramené à huit jours. Dans l’affirmative ces engagements ne peuvent être ratifiés.

Article 114: Le Président de la République négocie et ratifie les traités. Il est informé de toute négociation tendant à la conclusion d’un accord international non soumis à ratification.

Article 115 : Les traités de paix, de commerce, les traités ou accords relatifs aux organisations internationales ceux qui engagent les finances de l’Etat, ceux qui sont relatifs à l’état des personnes, ceux qui comportent cession, échange ou adjonction de territoire, ne peuvent être approuvés ou ratifiés qu’en vertu de la loi. Ils ne prennent effet qu’après avoir été approuvés ou ratifiés. Nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire n’est valable sans le consentement du peuple.

Et question pertinente de Claude Bezençon:

Ceci signifie qu’il existe une loi concernant les traités de paix. Là, mes compétences s’arrêtent, mais il y aura certainement qqn sur le réseau qui pourra nous éclairer sur le sujet. La question est: le traité de coopération militaire France/Mali, l’accord d’Alger 2015, les accords de Ouagadougou sont-ils légaux du point de vue du droit malien?

Bien cordialement

M. Diagayété


MM kéita et Diagayété,

Nous avons eu à clarifier ici que ce n’est pas la visite de Mr. Mara qui a causé les pertes de vie dont vous parlez. C’est la replique baclée et franchement puérile de l’Armée Malienne au mauvais accueil qui lui a été reservé qui fit un désastre. Nous ne savons d’ailleurs toujours pas qui a donné l’ordre de l’attaque.

Je conseillerait à Mr. Mara d’écrire un livre aussitôt que possible sur le déroulement des faits. Et le plus tôt serait le mieux.
L’histoire n’est jamais clémente aux perdants et elle est entrain d’être réécrite à la barbe des contemporains.

C’est vrai que si Mr Mara ne s’était rendu à Kidal rien de tout cela ne serait arrivé. Mais c’est autant vrai que si l’Armée Malienne avait passé l’éponge sur les massacres d’Aguel-Hoc, elle n’aurait pas été déroutée et chassée du Nord, Kona n’aurait jamais été la frontière au Nord du Mali etc. etc.

IBK peut penser ne jamais aller à Kidal pour plusieurs raisons. Mais aller le crier sur les toits en se tapant la poitrine est une trahison de ses fonctions.
Le régime IBk au Mali correspond au régime de Vichy de la France des années 1941. Si Pétain avait plus de quatre-vingts et méritait toutes les excuses, notre IBK est encore cinq-cinq et j’espère qu’il répondra de son abdication pompeuse un jour.

Mais bien sûr que les opinions seront toujours partagées. De Gaule n’a-t-il pas perdu les élections après avoir écarté Pétain et sauvé la France?

Pour information, je ne suis pas un partisan de Mr. Mara et je devrais chercher sur google le nom de son parti pour l’écrire ici.

Sabu Nyuman


Tu sais, moi je ne discute pas “en République” sur le rôle d’ un moyen de défense qui est sous l’ ordre de son chef suprême.

De deux, par respect à ceux qui donne leur vie pour le pays, je ne m’ en prendrais pas aussi aux FAMas.

De trois, des sources bien informées sur place et en relation directe parentale avec ceux de Kidal, ont peu savoir que c’ était une coalition de visibles (MNLA, HCUA, MAA) et invisibles, du moins bienveillante, qui a “détruit” le déchatement des FAMas le 21 mai 2014 à Kidal. Tu peux le croire ou non – les observateurs avertis le savent.

Okay, je vois que tu dis “si Mr Mara ne s’était rendu à Kidal rien de tout cela ne serait arrivé”. Pour les autres “si”, non seulement ce sont des killer argumets, mais Mara et le chef suprême des FAMas auraient dû tirer les leçons qui s’ imposent.

Une certaine leçon a été tirée après, car IBK et le ministre de la défense Tiéman Couliblay, ont plusieurs fois dit que les FAMas ne se trouveront plus jamais dans la situation comme le 21 mai 2104 à Kidal. Ils n’ ont pas précisé quelle était cette situation. En tout cas moi je parts du fait que les FAMas étaient sous l’ ordre de leur responsbale suprême. Celui-ci a indiscutablement la responsabilité politique et morale …

Je reviens: “si Mr Mara ne s’était rendu à Kidal rien de tout cela ne serait arrivé”. Alors pourquoi Mara n’a pas le courage de dire pardon aux familles des victimes au lieu de dire “même demain je ferai la même chose”. Comme ça il se moque inpuniment de ces familles encore en deuil. Et l’ État non plus ne s’ est pas excusé publiquement. Il n’ y a même pas de chiffres officiels quant aux pertes en vie des FAMas. Les familles disent ne pas être soutenues à hauteur du mérite de leurs proches disparus, en tout cas pas suffusamment pour une vie décente.

Tout ça “n’ est juste, ni sérieux”.

Bien cordialement
M. Diagayété


Je ne défends pas Monsieur Mara. Je n’en ai aucune raison. De plus Mr. Mara est beaucoup plus vocal que moi pour le faire lui-même. Je déteste cette déformation politicarde de l’histoire qui veut prendre la visite du premier ministre, pas en territoire étranger mais en territoire malien, comme point de départ des hostilités au Nord.

La meilleure façon pour ne pas avoir de victimes c’est de concéder Kidal. Alors pourquoi ne pas caommencer par là? Si non qui est responsable du décès récent des quatres soldats guinéens? Et des autres décès qui viendront?

Sabu Nyuman


En attendant les reponses du Ministre Keita, et aussi puisqu’on est dans la rubrique. Que dire du carnage d’Aguel Hoc, parce qu’il ne faudra pas non plus l’oublier de si tot? Nous en sommes, a peine, a un mois de son dernier anniversaire macabre. Serait-il logique que des personnes membres d’un gouvernement ayant ignore (ou presque) Aguel Hoc se reconvertissent spontanement en defenseurs des morts de Kidal? Le probleme, a mon avis, n’est point la defense des morts (Paix a leur ame et a l’ame de tous les morts), le probleme reside dans la selection des morts a defendre…
Serions nous deja rentres dans la necropolitique (A. Mbembe)? Je pense que non. Que Dieu nous en preserve !
Personnellement, j’ai toujours trouve (hier comme aujourd’hui) que la visite du PM Mara est bien justifiee et je partage l’avis de Sabu comme quoi, les causes des “pertes de vie” doivent etre situees ailleurs. Mais la encore, nous sommes au Mali, ou l’on a pris l’habitude, contrairement aux conseils des sages, de nous lamenter avec tambours et trompettes sur notre point de chute plutot que de nous attaquer a ce qui nous a fait trebucher.
Enfin, a mon avis, s’il y a une page d’excuses a ouvrir, les premieres lignes devraient bien etre offertes a ceux qui ont fait trebucher le Mali. A tout seigneur, tout honneur !
Bon weekend a tous !

Talatou


Sabu and Talatou,

On veut réécrire l’histoire. Ce sont l’opposition, la majorité et une partie de la société civile qui avaient demandé la présence des plus hautes autorités du Mali à Kidal en 2014. IBK avait dit dans jeune Afrique que le Premier ministre allait se rendre dans les plus brefs délais à Kidal. IBK a ordonné à Mara d’aller à Kidal. Des représentants maliens ont perdu leur vie à cause d’actes terroristes et le Premier ministre du Mali, d’alors, a failli perdre sa vie à cause de la mission que le chef suprême de l’arme lui avait confiée. Maintenant, on trouve le moyen de blâmer Mara. Peut être, on aurait voulu qu’il perde la vie a Kidal. La politique politicienne doit cesser, sinon le Mali ne fera aucun pas en avant. Le responsable de la déroute de Kidal est IBK, le Président de la République du Mali.
Agel hoc a été l’échec d’ATT. Kidal a été l’échec d’IBK.
Barou