Sénégal: Le Pouvoir Dit « oui » au Référendum Sur la Constitution

Ce référendum au SENEGAL est à la fois incohérent et inconsistant dès lors qu’il n’aboutit guère à atteindre le double objectif initialement visé er attendu des Senegalais, de réduire le mandat et de voir l’appliquer à celui qui occupe le poste.

La saisine du conseil constitutionnel était en définitive une manœuvre politique, voire politicienne, juste pour rattraper une offre politique qui se révèle désastreuse par la suite. Le PR du SENEGAL a dû regretter sa promesse de réduire la durée du mandant. De ce point de vue, l’avis du conseil constitutionnel est pertinent puisqu’il assimile en définitive la réduction du mandant et son extension et affirme le caractère intangible du mandant et inviolable de la disposition.

Mais alors, qu’est ce qui empêcherait le PR d’exercer son droit de démissionner et de se représenter. Personne ne lui aurait denier ce droit, pas même le conseil constitutionnel.

Persister dans l’idée d’organiser un référendum sur un sujet désormais dénué de sens et de substance fait prendre au PR, un risque démesuré et incalculé. Serait il en place encore sur le “non” l’emportait ?

Maitre Mamadou I. Konaté


“Mais alors, qu’est ce qui empêcherait le PR d’exercer son droit de démissionner et de se représenter. Personne ne lui aurait denier ce droit, pas même le conseil constitutionnel.”_Me Konaté

Entre une promesse électorale et le respect de la constitution qu’est qui prime ?
Je crois que le Pdt Sall s’est enfermé en effet dans un piège mais ceux qui veulent l’obliger à démissionner ne sont pas cohérents. Une promesse électorale n’est pas au dessus de la constitution.
Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


Monsieur l’Ambassadeur,

Il ne s’agit nullement, ni aucunement de pousser quiconque à la démission et surtout pas pousser à violer une disposition de nature constitutionnelle.

Mais cohérence pour cohérence, vous reconnaissez bien que le PR « s’est enfermé dans un piège » pour lui reconnaitre ensuite une porte de sortie fermée.

Non, je pense que l’offre politique du PR était de bon aloi et procédait d’un bon esprit, celui de ramener la durée du mandat de sept à cinq ans. Maintenant que la possibilité de se l’appliquer qui était le principal objectif visé n’est plus possible, du fait de l’avis du conseil constitutionnel, il ne reste plus au PR de démissionner.

Mamadou I. Konaté


Bonjour chers tous,

J’en conclus donc que pour éviter ce piège, il ne devait tout simplement pas faire cette promesse. Ceci dit, lorsqu’il l’avait faite, l’objectif n’était pas le Sénégal et ses institutions… l’objectif était de gagner les élections – de battre Abdoulaye Wade. Maintenant qu’il a gagné, eh bien il se retrouve avec le Sénégal face à lui.

Le piège semble inhérent à la démocratie libérale.

Ndack


Bonsoir Ndack et chers tous

“Le piège semble inhérent à la démocratie libérale”_Ndack Kane.

Oui ! Mai il a promis au moment des élections de réduire la durée du mandat présidentiel de 7 à 5 ans. Le respect de son électorat (surtout de ceux qui ont voté pour lui) aurait voulu qu’il respecte sa parole.

Aller vers le conseil constitutionnel pour requérir son avis et se faire dire par cette institution que l’opération est impossible, après avoir fait la promesse aux sénégalais, laisse penser à un regret du PR sénégalais.

Pour moi, il ne se coince nullement, comme tous les “bons” PR “africains”, il a ce qu’il cherche à travers cette décision du CC. C’est pourquoi your expression “5 ans c’était pour battre Wade aux élections; ce temps est passé”, correspond plus à son cas.

Cordialement
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Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


N’Dack,

Non, il n’est pas inhérent à la démocratie mais à la fausseté des hommes encore capable de promettre le ciel sans la terre a un peuple prêt à tout avaler sans coup férir …les marchés sont aussi bondés de vendeurs ambulants ou à la sauvette qui vendent des choses de qualités inouïes, sauf que le lendemain, ils ne sont plus les mêmes et s’évanouissent dans la nature

Mamadou I. Konaté


L’eau versee ne peut pas etre ramassee.
Macky Sall aurait pu engager une reforme de la Constitution y compris application directe, accelerer le vote et la promesse serait tenue et constitutionnellement correcte.
1. Je demande si Macky Sall n’a pas de conseillers appropries
2. Certainement aussi sans strategie pour la promesse si celle-la etait franche.
Bien cordialement
M. Diagayete


« Je demande si Macky Sall n’a pas de conseillers appropries »_Malobbo

« Non, il n’est pas inhérent à la démocratie mais à la fausseté des hommes encore capable de promettre le ciel sans la terre a un peuple prêt à tout avaler sans coup férir … »_Maître Konaté

En fait, ce n’est pas uniquement une question de rationalité. Dans une démocratie libérale, représentative, l’on peut avoir le conseiller approprié dans un domaine précis (par exemple un conseiller économique) mais la décision à prendre au final est l’aboutissement d’une analyse multifactorielle et pluridisciplinaire.

J’en discutais la dernière fois sur ma page FB (voir ci-dessous, surtout le dernier paragraphe). C’est ce qui fait de la politique un art – donc de la science plus quelque chose en plus (dixit Mr. Traoré).

En fait, je relisais des échanges sur Malilink entre Ameno Traoré, Amadou Wane et Mamadou Traoré, qui datent d’il y a trois ans je crois et soudain, j’ai allumé ! C’est exactement en fait de ce dont Mankiw parle dans le manuel d’introduction à l’économie que j’utilise pour mes étudiants en gestion.

Juste pour dire que les Sénégalais sont en plein débat pour savoir si on fait des élections en 2017 ou en 2019. Mais l’idéal démocratique, est-ce un moyen ou une fin ?

Si nous étions rationnels, nous regarderions ce qu’il y a à gagner à parler d’élections pendant les 3 prochaines années versus ce qu’on y perd… Puisque nous savons que lorsque le président pense aux élections… il ne pense plus uniquement à ce qui est théoriquement le mieux pour le Sénégal. Et c’est la démocratie libérale qui fait cela, au Sénégal comme partout où elle est en oeuvre (y compris aux USA comme l’explique Mankiw).

On en revient aux prisons du pouvoir.

Ndack


Je crois sincèrement que démissionner pour se représenter est une attitude plus compatible avec le moyen age chevaleresque qu’avec l’ère moderne mais cela reste une option.
Ceci dit, la parole d’un homme politique n’est pas parole d’évangile ni parole d’un chercheur de vérité. C’est parole d’un chercheur de pouvoir. Elle est à géométrie variable, étant la somme vectorielle de l’intention et du pouvoir d’agir: l’action. C’est un risque politique que le politicien prend chaque fois qu’il fait notamment une promesse. Regardons comment il gère le risque pris…….
Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


Le symbole de la démocratie demeure le suffrage qui seul, confère la légitimité à l’élu. Sen départir pour acquérir plus de légitimité ou la renouveler est la meilleure traduction de la vivacité. N’encourageons guère la légèreté des propos, y compris politique et en politique. C’est la base du dégoût de l’électeur, de l’immobilisation et de l’impunité

Mamadou I. Konaté


Merci Me Konaté,

Raison pour laquelle on ne croit plus aux politiques et le systeme democratique. C’est dommage que des intellectuels ne denoncent pas ce language à variables multiples des politiques. Ensuite, on essaye de faire des theses sur des raisons de l’echec de nos systemes politiques alors qu’on est à la base de cet echec.

Barou Sam


Chaque acteur a sa rationalité. Il y a plusieurs points de vue en fonction de la chaise que l’on occupe. Chacun a son problème.
Cela ne sert à rien de parler de la chaise de quelqu’un d’autre. On parle de sa chaise et on s’en tient là autrement, c’est un exercice de sagacité qui ne sert à rien s’il n’est pas exercé, à la demande, dans un cadre bien défini.
La raison de l’échec n’est elle pas que chacun pense pouvoir impunément ne pas être à sa place ?
Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


Monsieur l’Ambassadeur, soyons moins abstraits et plus concrètement proches de ce que nous sommes entrain de décrire. S’il s’agissait de développer une thèse, le sujet en serait : le mensonge en politique et les limites acceptables ou tolérables

Mamadou I. Konaté


Cela a toujours été clair Malobbo. Ce n’est pas que je n’ai pas comprise tes questions, c’est que tu n’as compris ma réponse: ce que je veux dire par “ce que les Sénégalais veulent”, c’est en termes d’objectifs. Que sont la démocratie, la Constitution, les lois ? Des voies et moyens (pour reprendre tes termes) pour atteindre un ou des objectifs. Ces objectifs sont à déterminer par les populations sénégalaises elles-mêmes: il s’agit de “ce qu’elles veulent” (atteindre).

Or, ces objectifs là ne sont pas clairs.

La Constitution d’un pays doit servir le pays (ce n’est pas l’inverse, ce n’est pas le pays qui doit servir une Constitution). Mais elle doit la servir à quelle fin ? Quel est la fin, l’objectif des Sénégalais ? Personne ne sait ! Parce que j’espère que le seul objectif politique des Sénégalais n’est pas de se lever et de voter pour choisir un président. Donc qu’importe la stratégie, le politique, en tant que capitaine du navire, aura toujours de la difficulté à naviguer si la destination n’est pas définie.

C’était cela ma réponse.

Ndack


N’Dack,

Je me suis autorisé à aller regarder le mot ” décentrer” :

décentrer [desɑ̃tʀe] verbe transitif
(de centre)
■ Déplacer le centre de. ➙ excentrer.Décentrer un objectif, pour que son axe ne soit pas au centre du cliché.
Je veux bien aller au delà de mon précepte de base pour évoquer autre chose, tout en essayant d’être encore dans le sujet. Je veux bien relativiser, me convaincre qu’il s’agit d’une matière neuve, complexe et inaccessible et qui n’est pas de maniement facile. Je veux bien croire également que je fais là, un jugement de valeur qui ne devrait point rimer avec les excès habituels. Sauf que vous conviendrez avec moi que les actes, les gestes, les attitudes et les comportements de tous ceux-là qui concourent aux suffrages des hommes pour s’orienter vers les directions de l’Etat ne peuvent plus se draper derrière des couvertures de protection.Par exemple, la vie privée d’un homme “ordinaire” n’est pas perçue sous les mêmes prismes que lorsqu’il s’agit d’un homme public, politique de surcroît.

Au demeurant, le mensonge politique et le mensonge en politique heurtent puisque cela va au-delà de l’ordinaire et est déterminant d’un engagement. Le PR a dû gagner des suffrages rien que parce qu’il a promis quelque chose de tellement déterminant que son adversaire n’avait pas promis mais n’a même pas répliqué contre la promesse : la révision à la baisse du nombre du mandat présidentiel, de 7 à 5. Sur cette seule promesse, il a sans doute engrangé des suffrages et, par la suite, qu’il se résigne à honorer cet engagement devrait le conduire ( auteur de l’offre politique) à remette son mandat en jeu. Ceci est conforme à la morale nécessaire pour faire des hommes politiques des hommes d’Etat. Il faut que de par leurs paroles, leurs pratiques et leurs faits et gestes, ceux qui aspirent à diriger au premier niveau, les leadership politiques expriment leurs opinions et soient évalués sur la base de leurs mise en œuvre. En disant cela, je ne suis guère dupe. Il y a des promesses mal pensées qui sont impossibles d’être mises en œuvre. L’électeur doit être à même d’évaluer, de jauger et de juger l’homme politique et son offre politique.

On ne peut pas se contenter de dire que l’on fait, puis de ne pas faire et ne pas être capable de s’expliquer objectivement et décemment. La démocratie, de mon point de vue, c’est aussi des engagements expliqués au bout. L’obligation de faire et de rendre compte.

Mamadou I. Konate


Maître Konaté,

Il ne s’agit pas ici de “décentrer” un objectif. Mais de se décentrer soi-même. Il s’agit de se mettre dans les souliers de l’autre et d’analyser la situation selon sa perspective. Vous savez mieux que moi que toute pensée en sciences sociales part d’une position donnée (sociale, géographique, idéologique, etc.). Pour comprendre l’autre (qui est dans une position différente de soi), il faut donc se décentrer.

En d’autres termes, beaucoup de ceux qui critiquent les hommes de pouvoir dans les démocraties ne seront jamais capables d’accéder eux-mêmes au pouvoir s’ils suivent leurs propres valeurs. Parce que la crise de valeurs ne s’appliquent pas uniquement aux hommes de pouvoir mais également à ceux qui les élisent.

Ndack


Ndack,

Je ne suis pas du tout dans la position décrite, des discussions sous les formes dans ce texte. J’en suis juste à ramener le comportement d’un homme, doté de pouvoirs et qui connaît une certaine dérive dans l’exercice du pouvoir. Pour cette raison, je ne suis pas du tout tenté de me substituer à lui, de le comprendre autrement qu’il ne m’apparaît. Voyez-vous, il s’agit de l’homme en situation de responsabilités, face à ses mandants. Imaginez la figure d’un enfant face à un père ou une mère, qui lui promet l’objet de son désir, à la condition qu’il s’arrête de pleurer. Si cette offre n’est pas satisfaite, l’enfant n’a pas d’autre possibilité que de pleurer alors qu’il n’aura aucune raison véritable de pleurer à nouveau, plusieurs heures d’accalmie après.

La promesse politique non tenue ( mensonge politique) échappe à la sanction.

Pour faire un parallèle en droit et pour m’avancer vers des cieux que je perçois nettement mieux, la promesse de vente vaut vente. Et aussi bien l’acheteur que le vendeur qui venait à violer leurs engagements supporteront la sanction. Le principe est que la promesse de vente vaut vente. Je suis tenté de faire le parallèle avec ka politique. Il se passe du temps entre la promesse et jugement dernier. Et, le plus souvent, celui qui doit sanctionner, oublie la faute et se voit repasser la couche pour un long et gros sommeil.

Dans les pays de grand contrôle citoyen, on rappelle au menteur son mensonge politique. J’ai dit que je réduirais le mandat, je ne l’ai pas fait, nonobstant l’avis du conseil constitutionnel. Tant que je ne réalise pas cet objectif et que je ne démissionne pas, je suis et demeure un menteur politique. En tant que tel, totalement indigne de suffrage.

Mamadou I. Konaté