Visite Controversée du PM Moussa Mara à Kidal en Mai 2014

Bonjour les amis

Comme vous le savez je suis sur le réseau et observe donc les échanges

Je n’interviens pas souvent mais, quelques fois, cela s’avère nécessaire, comme dans le cas présent au sujet des débats sur Kidal et mon déplacement dans cette région

Je ne souhaite pas polémiquer avec qui que ce soit mais je me dois, au-delà des positions politiques et partisanes, d’essayer d’éclairer si cela était encore nécessaire, les personnes de bonne foi qui sont sans doute majoritaires sur le réseau.

1. Pendant notre séjour à Kidal, nous n’avons jamais demandé ou bénéficié de protection de SERVAL et nous n’avons jamais eu à faire à eux, deux de leurs hélicoptères étaient constamment dans le ciel de la ville, sans aucun rapport avec nous. Sur le sol, j’ai refusé le véhicule blindé de la MINUSMA pour emprunter la PRADO du Gouverneur avec ce dernier, pendant tous les trajets, y compris à notre entrée dans le Gouvernorat sous le feu des groupes armés. J’ai refusé de passer la nuit dans le camp de la MINUSMA quand cette dernière nous l’a proposé et, avec les Ministres et le reste de la délégation, nous avons passé cette nuit du 17 au 18 dans le camp 1 sous la protection des forces maliennes. À un moment donné, vers minuit, quelques forces de la MINUSMA, sans que nous l’ayons demandé encore une fois, sont venues se poster aux alentours du camp de l’armée malienne. Le matin, nous avons quitté le camp de l’armée malienne, sous escorte des forces maliennes et de celles de la MINUSMA pour aller prendre l’hélicoptère et venir à GAO. De nombreux témoins existent et peuvent attester ce que je viens d’écrire.

2. Quant à la visite proprement parlée et de ce qui a suivi

a. Le principe de ce déplacement a été soutenu par tout le pays, je rappelle que le député Mody Ndiaye de l’opposition a été parmi les premiers à me demander à l’assemblée nationale quand est ce que je partirais à Kidal, c’était à l’occasion du débat sur la déclaration de politique générale à la fin du mois d’avril 2014,

b. Le but principal de notre déplacement, je le rappelle, n’avait rien à voir avec le processus politique ou les négociations, mais était, comme on l’a fait à Sikasso ou Tombouctou, de nous entretenir avec les administrateurs et les agents de l’État, pour nous enquérir de leur situation, apprécier les moyens dont ils ont besoin pour travailler toujours mieux au service des kidalois qui sont des maliens comme les autres

c. Nous avons prévenu tout le monde de ce déplacement mais ce que je me suis refusé à faire et que je ne ferais pas, c’est de demander la permission de me déplacer à qui que ce soit, en tant que Premier ministre agissant sur instructions du Chef de l’État, sur une partie du territoire national reconnue comme telle par tous, notamment les groupes armés qui avaient signé les accords de Ouagadougou, accepté les élections présidentielles à Kidal et participé, certains d’entre eux, aux élections législatives de 2013

d. Deux semaines avant notre arrivée le Chef d’État-major général des armées avait fait un déplacement dans toute la région, y compris à Kidal, et n’avait rencontré aucun problème ; personne parmi ceux qui ont eu la charge de préparer notre visite ne nous ont pas informés de menaces armées sur notre visite (je l’ai dit plusieurs fois à l’assemblée et sur les ondes, sans jamais être démenti) et les risques rapportés (envahissement de la piste d’atterrissage, jets de pierre, insultes) ont été gérés par des attitudes prudentes pendant notre visite (on est arrivé par hélicoptère, on a évité d’entrer dans la ville pour éviter les femmes et les enfants et donc les risques de confrontation avec eux…)

e. Les hostilités ont été ouvertes par les Groupes armés présents à Kidal qui ont attaqué le Gouvernorat pendant que nous y étions, ont poursuivi leurs attaques au moment et après notre départ, ont pénétré dans l’enceinte du bâtiment, tué froidement des administrateurs et des civils présents et fait des otages en maintenant le gouvernorat sous leur contrôle

f. Les forces armées maliennes ont tenté dès le 17 mai de reprendre le Gouvernorat, ont ressayé encore le 21 mai et ont échoué dans cette tentative, entrainant un fort recul dans leur occupation territoriale au nord avec des pertes en vies humaines. Je comprends et je soutiens l’initiative des forces armées pour récupérer le symbole de souveraineté qu’est le Gouvernorat. Je trouve tout à fait normal qu’elles agissent de la sorte en tant que soutien principal de l’État et défenseur de son intégrité et de sa souveraineté. Elles ont perdu, certes mais c’est la réalité des conflits, on gagne ou on perd. Si elles avaient gagné ce jour-là, beaucoup de discussions faites après auraient sans doute changé de sens.

3. J’ai toujours compatis à la douleur de ceux qui ont perdu un proche ce jour-là ou qui ont été blessés. J’ai prié et je prie pour le repos de l’âme des disparus pour la cause du Mali, de véritables martyrs comme ceux d’Aguel hoc, de Menaka….ou encore d’aujourd’hui Gao, Hombory….Mourir pour son pays, en le défendant ou en l’aidant est l’une des plus belles morts qui puissent être. Je ne me suis pas contenté de déplorer les morts et les blessés, j’ai engagé et je continue de le faire de nombreuses actions de soutien aux familles, dans la discrétion, comme je le fais depuis plus de 15 ans au bénéfice de nos compatriotes vivant difficilement. Cela n’est pas un motif de fierté mais simplement un devoir de citoyen que je me donne.

4. Je ne me suis jamais excusé de quoi que ce soit dans ce dossier et je ne le ferais pas. Je ne me reproche pas de fautes pour m’excuser. Là également, ce n’est pas une bravade ou une indécence comme le dirait quelqu’un, mais simplement une attitude logique. J’ai fait mon devoir de responsable public en mission pour les populations et travaillant selon des principes républicains. Si je devais le refaire, je le referais évidement, sans provoquer qui que ce soit, mais en agissant avec détermination pour ce que j’estime être l’intérêt du pays et son honneur.

5. Je ne suis pas un va-t’en guerre comme on a voulu m’étiqueter, je ne suis pas contre une partie de la population malienne non plus comme certains ont voulu me classer. Ceux qui suivent mes écrits depuis une dizaine d’années (contrairement à beaucoup, j’écris et donc mes idées sont souvent connues) peuvent situer ma position et ma ligne en ce qui concerne notre pays et qui se traduit largement dans les accords de paix et de réconciliation d’Alger : un pays servi par un État qui s’adapte aux diversités humaines et territoriales, qui sert les citoyens de manière équitable et qui donne sa place à chaque individu quel que soit la couleur de sa peau, ses croyances, son genre, son ethnie ; un pays servi par un État bien géré par des responsables exemplaires. Je me bat pour cela et je continuerais à le faire sans sourciller. Ceux qui persistent à m’attaquer sur la question de Kidal l’ont bien compris et leur extrémisme dans les propos traduit en réalité leur désarroi.

6. J’ai enfin dit que je suis un justiciable comme n’importe lequel d’entre nous, je reste disponible pour répondre devant n’importe quelle juridiction au sujet de ce dossier.

Bien à tous et bonne journée

Moussa MARA


Cher Moussa,

Ces éclaircissements sont utiles et nécessaires. La clarté devrait être la règle dans la gestion publique quelque soit son prix, car l’action publique doit être assumée par les politiques et comprise par le peuple. C’est le minimum.
Mais je dirai que cette clarté est utile même pour toutes les personnes quelque soit la foi et les intentions.
Je pense que d’autres sujets comme Kidal ont besoin de ce genre de clarifications.

Merci donc pour ces explications, c’est essentiel pour un homme politique d’assumer ses actes.

Dr Cheikh Oumar Bagayoko, MD, PhD


Merci M. Mara pour avoir réagi après un long silence et l’ observation passive méditative des débats qui se déroulent.

Je dois dire que les explications que vous avez apportées l’ avaient été soit par vous-même directement ou par des articles de journaux qui vous ont cité.

A présent je ne suis pas d’ accord avec si vous repétez: “Si je devais le refaire, je le referais évidement, sans provoquer qui que ce soit, mais en agissant avec détermination pour ce que j’estime être l’intérêt du pays et son honneur.”

Vous voyez bien et vous le reconnaissez que les conséquences de cette visite n’ ont pas été dans l’ intérêt du pays et son honneur, encore moins dans l’ intérêt des familles victimes.

Si vous ne conditionner pas “votre visite à refaire” aux diverses leçons à tirer des conséquences de votre visite du 17 mai 2016, je dirais encore que vous faites de la bravade (brave -ade = bravour au bout des lèvres dénudées d’ analyses profondes), donc une réaction de défiance qu’ un ancien PM, prétendant à la Présidence (d’ après des articles publiés par ci, par là) ne devrait pas faire. C’ est plutôt propre aux plaisanteries dans les grins. Là il faut vraiment polémiquer, car une réaction de défiance est une polémique per se.

Je vous rappelle que IBK, SBM et le succeseur de ce dernier se sont tus sur les victimes et font certainement quelque chose pour les familles, même si celles-ci pensent que c’ est insuffisant. En plus ils (IBK et Tiéman Coulibaly) sont dit que les FAMas se retrouveront plus jamais dans cette situation – autrement dit IBK ne mettra les FAMas plus jamais dans cette situation. Je le critique très souvent sur ce forum, mais je pense que cette leçon tirée est très bonne. Sur ce point précis il faut vraiment éviter la bravade.

@Talatou. Je pense qu’ il ne faut pas conditionner un pardon de M. Mara au pardon d’ autres. Cette question morale ne peut pas se traiter séquentiellement, comme on le dirai en informatique: 1ère ligne remplie par X, 2ème ligne remplie par Y … et ennième ligne remplie par Mara. Comme Mara dit qu’ il a engagé discrètement des actions en faveur des familles concernées, je le crois, et en tire implicitement le pardon que j’ ai recommandé de faire.

@Djiguba Kéita. Du point de vue de l’ analyse politique nous sommes d’ accord. Je voudrais tout simplement rappeler que c’ est Sabu Nyuman qui a constaté :”Nous avons eu à clarifier ici que ce n’est pas la visite de Mr. Mara qui a causé les pertes de vie dont vous parlez”.

D’ ailleurs je ne suis pas d’ accord avec une telle clarification qui aurait eu lieu.

Bien cordialement

M. Diagayété


Cher Dr. Diagayete,
Vous etiez parmi les fervents supporteurs de la visite du Premier Ministre Mara a Kidal. Quand ce dernier envoyait des messages depuis le Gouvernorat sous siege a Kidal, vous et beaucoup de membres du reseau l’ont felicite et ont prie pour lui (y compris moi meme). Seul M. Lahyero Ag Ali a eu le courage de dire que c’etait une mauvaise idee et presque tous les membres de ce reseau ont crime haro sur lui et l’ont accuse de tous les maux – chose facile vue certains le consideraient deja comme membre des groupes rebelles, rien que sur la base de son nom “Ag”.

Donc, de grace, trouver autre chose a dire sur Mara, qui est juste une victime collaterale de la defaite de l’armee a Kidal. Ne dit-on pas que la defaite est toujours orpheline.

Par ailleurs, il y a eu une enquete parlementaire sur la visite et la defaite de Kidal, que nous voudrons bien vouloir voir publier.

Enfin, tout ceci ne contribuera pas a la prise en charge des victimes. Nous devons pour ce faire interpeller le Gouvernement et surtout les instances en charge des victimes, notamment le Ministre en charge de la solidarite, de l’action humanitaire et de la reconstruction du Nord (No 2 du Gouvernement). C’est vers lui et vers son homologue de la defense et de l’adminstration Territoriale que les familles des victimes doivent se retourner. C’est aussi eux et IBK que nous devons interpeller. Sinon IBK dira qu’il n’etait pas au courant comme il l’a fait face aux populations de San.

Cordialement,

Ahmed Ag


“Donc, de grace, trouver autre chose a dire sur Mara, qui est juste une victime collaterale de la defaite de l’armee a Kidal. Ne dit-on pas que la defaite est toujours orpheline.”__Ahmed Ag

Absolument. C’est triste de voir de gens se donner a des gymnastiques de raisonnement intenables. Je me rappelle très bien du support presque unanime de ce voyage. Mara est devenue un autre agneau sacrificiel de IBK.

Let’s not rewrite history for political reasons.

Amadou O. Wane


Oui Aboubacrine, j’ ai dit que je trouvais tout à fait normal qu’ un PM du Mali aille à Kidal, capitale de la 8ème région du Mali. Je l’ ai repeté tout au long des discussions.

Je vous demande toutes fois de lire et s’ il y a lieu de commentez aussi ce passage de mon message:

“Si vous (Mara) ne conditionnez pas “votre visite à refaire” aux diverses leçons à tirer des conséquences de votre visite du 17 mai 2016, je dirais encore que vous faites de la bravade (brave -ade = bravour au bout des lèvres dénudées d’ analyses profondes), donc une réaction de défiance qu’ un ancien PM, prétendant à la Présidence (d’ après des articles publiés par ci, par là) ne devrait pas faire. C’ est plutôt propre aux plaisanteries dans les grins. Là il faut vraiment polémiquer, car une réaction de défiance est une polémique per se”. (Voir dans mon message que vous reprenez en bas).

Je reclame que Mara se repentisse aprés avoir vu les conséquences de sa visite (par ex.: Oui, c’ étairt une erreur que je ne pouvais pas prévoir”), mais pas de reágir en défiance: “Si je devais le refaire, je le referais évidement, sans provoquer qui que ce soit, mais en agissant avec détermination pour ce que j’estime être l’intérêt du pays et son honneur”_Mara.

Alors j’ attends ce que vous dites sur mon passage, ci-dessus.

Bien cordialement

M. Diagayété


Cher Dr. Diagayete,
Je constate que vous avez votre point de vue et le PM a le sien qu’il assume.

Je n’ai donc aucun commentaire sauf que je constate que vous vous trompez de cible si l’objectif est d’aider les victimes et leurs familles. Suivez mon regard et lisez mon message jusqu’a la fin.

Cordialement,
Ahmed Ag


Bonjour mon cher premier Ministre Mara et chers forumistes

Reprendre le débat du pourquoi et du comment de votre visite a Kidal, revient à pinailler sur des peccadilles, car vous aviez eu, si vous l’aviez voulu, en son temps, toute la latitude de vous expliquer devant nos représentants, c’est à dire l’assemblée nationale.
Je respecte votre parole sur le sujet, mais souffrez que j’aie un autre son de cloche que j’ai d’ailleurs clairement fait entendre en son temps dans une tribune intitulée: le maudit avion de 20 milliards et l’amateurisme de Mara.

Une Commission d’enquête parlementaire sur ces évènements douloureux de Kidal qui vous colleront, mon cher premier ministre, toute votre vie, avait été mise en place. On attend toujours le rapport qui ne sortira, de toutes les façons, jamais. Pourquoi ? Le pauvre citoyen malien lambda ne saurait vous répondre, vous peut être oui !

Aucune explication ni émotionnelle ni rationnelle, ne ramènera à la vie, les fonctionnaires maliens morts que vous avez laissés derrière vous au gouvernorat de Kidal. Qui ne se rappelle pas encore de vos premiers mots prononcés à Gao, une fois sorti des entrailles de l’enfer de Kidal. Laissons le temps au temps pour juger votre acte de vous rendre à Kidal, malgré toutes les consignes et notifications sécuritaires.

Personne n’est dupe et à chacun son opinion, sans se voir étiqueté de mauvaise foi, comme vous le décréter. Il n’y a pas de bons maliens et de méchants maliens. Il y a juste des maliens à différents niveaux de responsabilité à un moment donné de la vie de la nation.

J’aurai aimé échanger avec vous, monsieur le PM de vive voix, et j’avais l’occasion lors de votre passage programmé du weekend passé à Kinshasa, mais encore une fois, vous saviez déjà qui vous devriez rencontrer. Prochainement c’est moi qui vous inviterai autour d’un « fakouhoye » et « gnougouna » congolais au restaurant Limoncello de Kinshasa pour parler de la vie de notre chère patrie, le Mali , à qui je dois tout et tout, et pour lequel, je me battrai sans relâche a mon niveau de citoyen lambda.

Merci de votre compréhension et bonne journée

Yachim Maiga


Bonjour chers tous

“Je comprends et je soutiens l’initiative des forces armées pour récupérer le symbole de souveraineté qu’est le Gouvernorat. Je trouve tout à fait normal qu’elles agissent de la sorte en tant que soutien principal de l’État et défenseur de son intégrité et de sa souveraineté. Elles ont perdu, certes mais c’est la réalité des conflits, on gagne ou on perd. Si elles avaient gagné ce jour-là, beaucoup de discussions faites après auraient sans doute changé de sens”_Moussa Mara.

Je soutiens que cette position est la mienne et celle de beaucoup d’autres maliens que je connais.

j’en profite pour rappeler que la CMA, ses bandits et ses djihadistes ont occupé Kidal par la force, la Plateforme y est rentré à cause de la force. Ils y sont tous parvenus sans l’usage d’hélicoptères, d’avions de combats, ni de missiles intercontinentaux, que sais-je encore.

Le gouvernement malien va attendre d’être fort pour y entrer. Mais fort de quoi ? De sa volonté et de celle de certains citoyens ?

Kidal et mai 2014 ont vécu. Il faut se préparer à y aller. Et pas en quémandeur ! Mais bien avec les armes. Sinon le Mali ne sera pas le Mali là-bas. Il ne sera rien du tout.

Nous devons accepter cela ou abandonner cette partie du territoire. Le pouvoir et la souveraineté ne se donnent pas par charité. Ils s’acquièrent et se conservent par la force et la volonté.

Bien Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Le principe de ce déplacement a été soutenu par tout le pays, je rappelle que le député Mody Ndiaye de l’opposition a été parmi les premiers à me demander à l’assemblée nationale quand est ce que je partirais à Kidal, c’était à l’occasion du débat sur la déclaration de politique générale à la fin du mois d’avril 2014_Mara

Pendant notre séjour à Kidal, nous n’avons jamais demandé ou bénéficié de protection de SERVAL et nous n’avons jamais eu à faire à eux, deux de leurs hélicoptères étaient constamment dans le ciel de la ville, sans aucun rapport avec nous. Sur le sol, j’ai refusé le véhicule blindé de la MINUSMA pour emprunter la PRADO du Gouverneur avec ce dernier, pendant tous les trajets, y compris à notre entrée dans le Gouvernorat sous le feu des groupes armés. J’ai refusé de passer la nuit dans le camp de la MINUSMA quand cette dernière nous l’a proposé et, avec les Ministres et le reste de la délégation, nous avons passé cette nuit du 17 au 18 dans le camp 1 sous la protection des forces maliennes. À un moment donné, vers minuit, quelques forces de la MINUSMA, sans que nous l’ayons demandé encore une fois, sont venues se poster aux alentours du camp de l’armée malienne. Le matin, nous avons quitté le camp de l’armée malienne, sous escorte des forces maliennes et de celles de la MINUSMA pour aller prendre l’hélicoptère et venir à GAO. De nombreux témoins existent et peuvent attester ce que je viens d’écrire_Mara

Les hostilités ont été ouvertes par les Groupes armés présents à Kidal qui ont attaqué le Gouvernorat pendant que nous y étions, ont poursuivi leurs attaques au moment et après notre départ, ont pénétré dans l’enceinte du bâtiment, tué froidement des administrateurs et des civils présents et fait des otages en maintenant le gouvernorat sous leur contrôle_ Mara.

Hélas, le Mali a l’expérience dans la récompense des bandits et criminels tout acabit.

Ces assassins seront promus et félicités pour leur crime contre la république du Mali et réclament un remaniement gouvernemental. Un de leur chantre (Nina) siège dans le CVJR et sera protégé de son crime contre l’Etat. J’ai entendu Djéri quelques jours à Gao dire qu’il est venu à Gao (sous protection du gouverneur et forces internationales) présenter les résultats de son combats pour Gao lors de la crise (il s’agit de l’accord d’alger) et s’excuser pour ses erreurs. qu’un criminel soit protégé par les forces publiques victimes de son crime, il faut etre le Mali d’IBK et de la démocratie (ventrocratie) pour le voir. Des jeunes de Gao se sont opposés à sa venue dans la cité des askia.

Les forces armées maliennes ont tenté dès le 17 mai de reprendre le Gouvernorat, ont ressayé encore le 21 mai et ont échoué dans cette tentative, entrainant un fort recul dans leur occupation territoriale au nord avec des pertes en vies humaines. Je comprends et je soutiens l’initiative des forces armées pour récupérer le symbole de souveraineté qu’est le Gouvernorat. Je trouve tout à fait normal qu’elles agissent de la sorte en tant que soutien principal de l’État et défenseur de son intégrité et de sa souveraineté. Elles ont perdu, certes mais c’est la réalité des conflits, on gagne ou on perd. Si elles avaient gagné ce jour-là, beaucoup de discussions faites après auraient sans doute changé de sens_Mara.

Ce que nous déplorons c’est votre mutisme sur cet éventement sachant que le peuple et la famille a besoin et droit à la vraie et bonne information. Là où l’info manque, la rumeur prend la relève.

Nous avons prévenu tout le monde de ce déplacement mais ce que je me suis refusé à faire et que je ne ferais pas, c’est de demander la permission de me déplacer à qui que ce soit, en tant que Premier ministre agissant sur instructions du Chef de l’État, sur une partie du territoire national reconnue comme telle par tous, notamment les groupes armés qui avaient signé les accords de Ouagadougou, accepté les élections présidentielles à Kidal et participé, certains d’entre eux, aux élections législatives de 2013_Mara.

Barkhane, Serval disent ne pas etre informés de la visite. quelqu’un des 3 acteurs ne dit pas vrai. Je concède et suis d’accord que dès que l’intégrité territoriale soit reconnue, le PM n’a pas à recevoir un ordre de la part d’un tiers de voyager/de s’y rendre.

Si Kidal a été récupéré, la guerre serait en partie finie, Serval retournera pour distiller ses urines ailleurs ou créer un autre cas Mali (maybe BF avec Blaise comme vu par Bigot) et la minusma n’aura plus sa raison d’être. ce qui manquait ce fut un leadership assumé, un président qui nie son propre discours après la défaite. Qui n’a pas applaudi quand on a appris la récupération du Gouvernorat Kidal et le SOS de venir en aide du terroriste ag attaher sur RFI et réseaux sociaux?

Merci de continuer à nous informer sur ce qui est réellement. on se construit pas un pays avec la rumeur et les humeurs.
Quand on gagne ou perd, on l’assume et tire les lecons pour capitaliser pour transformer les faiblesses en opportunité de force.
Vive le Mali

Balata Sidibé


Je salue ici la brave parole dite par Amadou O. Wane qu’un bon griot
peulh aurait crier “n’gon-ga’ (la vérité) après moi, je cite Monsieur
Wane: “Donc, de grâce, trouver autre chose a dire sur Mara, qui est
juste une victime collatérale de la défaite de l’armée a Kidal. Ne
dit-on pas que la défaite est toujours orpheline.”, en paraphrasant
Aboubacrine ag-Ahmed; le peulh et le touareg que je ne connaisn, ni
d’Adam ni d’Eve, qui forcent mon estime et le peulh d’en rajouter je
cite :

“Absolument. C’est triste de voir de gens se donner a des
gymnastiques de raisonnement intenables. Je me rappelle très bien du
support presque unanime de ce voyage. Mara est devenue un autre agneau
sacrificiel de IBK.

Let’s not rewrite history for political reasons.

Mohamed Ag Hamaty


Merci Mohamed AG HAMATY pour cette belle conclusion tiree.
En esperant que les politiciens qui veulent re-ecrire l’histoire se rendent compte de l’impossibilite de leur mission face a la vigilance constante du peuple et de la memoire collective.
Bonne soiree a toi et a tous !

Talatou


Mara n’est aucunement pas une victime. Il ne se presente pas comme telle. Il ne doit pas etre presente comme telle. Il n’a fait que ce que la tres grande majorite des Maliens voulaient (affirmer l’autorite du Mali sur une partie du sol malien). Les terroristes qui ont massacre des fonctionnaires maliens a Kidal, n’avaient pas attendu la visite de Mara pour commencer a piller, violer et assassiner des maliens. Mettre leur barbarie au compte de Mara c’est faire preuve d’une mauvaise foi notoire puisque malgre la politique politicienne dans la gestion du terrorisme au Mali, la saga meurtriere avait commence avant et continue apres Mara.

Amadou Niang


Bonsoir Talatou et chers tous

Mara a pris sa plume pour dire de façon claire ce qu’il voulait dire.

Je soutiens ce que j’avais déjà dit antérieurement concernant Kidal. Ici je parlerai surtout de Kidal pendant mai 2014, un peu avant et peut être après.

D’abord comme il se doit, dans toutes les situations similaires (mort d’homme), il est important de compatir sincèrement à la douleur des parents et des proches des victimes.

1. La motivation du voyage de Mara : c’était connu depuis lors que c’était un besoin exprimé par les citoyens maliens et par les hommes qui sont à la tête de ce pays dont Mara.

2. Les activités des représentants de l’état à Kidal : rien. Les préfets et les sous préfets ne pouvaient pas aller au delà de Kidal. Ca se savait. Pour moi ces gens ont été envoyés depuis 2013 à la boucherie. Ils ne voulaient pas eux mêmes aller dans ce cafarnum. On les y a obligés.
C’est un crime que de les avoirs envoyer là, en les ayant obligé à partir. Il est extrêmement important (en responsable) de ne pas jeter dans l’eau cette partie de l’histoire.

Parce que j’estime que les auteurs ont mentir aux maliens à cette époque en les faisant croire que les conditions étaient réunies pour envoyer les représentants de l’état là-bas alors que la zone était une zone de guerre. On (les dirigeants de l’état malien de l’époque) est même arrivé à convaincre tout le monde que des élections transparentes et crédibles pouvaient se tenir là-bas. Et bien on a vu à quoi ça ressemble ! Des partis politiques et des candidats conscients de la situation se sont vites ravisés que les conditions d’élections même n’étaient pas réunies pour aller à des élections dans cette partie du territoire national.
Hep ! J’ai dit national ! Je crois que ça commence à brûler les lèvres désormais.
Il ne fallait nullement envoyer des innocents sur un terrain de guerre pour faire semblant de plaire à Dioncounda ou à nos amis français qui se disaient “intraitables” sur la question des élections.

La situation malienne en 2013 était gravissime en ce sens que nous étions en train de vouloir éviter la guerre qui s’imposait si on tient encore à ce territoire de Kidal et du “nord” en général dans lequel on voulait faire des élections.
Non, au lieu de s’assumer nos bons dirigeants de l’époque ont décidé que “L’ACCORD INTÉRIMAIRE DE OUAGADOUGOU”, le papier suffisait pour calmer les “rebelles” et suffisait pour organiser des élections transparentes là-bas dans le “nord”.

Mal nous en a pris, parce que les élections ne peuvent pas être qualifiées de crédibles dans cette partie ou transparentes.

La représentation de l’état dans la zone était inexistante parce qu’il n’y avait à ce moment aucune structure pour sécuriser les représentants. Le gouverneur Kamissoko ? encerclé dans son gouvernorat par des MNLA qui le narguait avec leur “chose”.
La MINUSMA a toujours dit qu’elle était venue au Mali pour rétablir l’autorité et l’intégrité de l’état autrement que par les armes. Même si on sait que son action a été permanement emprunte de soutien tacite au MNLA.

En un mot c’était une mise en scène théâtrale cette affaire d’élection à Kidal et dans le nord en 2013. La légèreté avec laquelle la décision avait été prise d’inclure les régions du “nord” est consécutive à la gêne du President de l’époque et de son PM d’alors de tenir des élections générales dans cette partie du pays. Alors, il fallait juste faire semblant de faire. Et pour le faire il fallait un semblant de faire valoir ; d’où l’acharnement à envoyer des préfets et des sous préfets dans la zone en guerre. Même la plupart des maires avaient fuis leurs contrées là où c’était dangereux. Alors on a décrété que la zone est safe et que la république du Mali existait bel bien là-bas avec sa souveraineté s’exerçait sur Kidal, etc.

Mais non ! Nous avons fait comme la bonne autruche. La souveraineté ne s’exerçait pas à Kidal et une partie du nord du Mali en 2013. En tout cas pas au moment et avant les élections présidentielles et législatives. Ce n’est pas discutable. Jamais nous n’aurions du faire cette mise en scène théâtrale.

2. La décision du PR IBK : je pense sincèrement qu’il aurait dû s’assumer et dire clairement que c’est lui Ibrim qui a autorisé la reprise du gouvernorat de Kidal. Les discussions qui sont en cours ici n’auraient pris cette longueur.

Qui plus est je lui reconnais la légitimité de décider de mettre le pays en guerre. C’est lui seul qui aurait pu mettre un terme à cette discussion que d’aucuns pensent stérile peut être.

Il y avait des signaux clairs et peut être des certitudes qui ont été certainement donnés au chef de l’état et au gouvernement de Mara qui ont motivé encore plus cette décision prise par IBK (je le dis parce que pour moi personne d’autre ne peut engager le pays dans une guerre à part lui).

Il fallait aller à Kidal. Je soutiens que nous ne pouvions laisser des administrateurs et des maliens souffrir là-bas et juste continuer à nous égosiller que ces représentants de l’état ne pouvaient faire leur travail. Alors où on les fait rentrer à la maison (ce qui était leur souhait d’ailleurs) où on trouve les moyens pour que la présence de l’état soit reconnue par tous à travers leurs personnes. Si j’étais à la place des décideurs je les aurais fait quitter les endroits où les hostilités à l’état malien sont connues et vives. Et j’aurai fait bouger l’armée malienne d’abord, avant d’amener des Représentants de l’état dans cette zone en guerre.

Est ce que Ouagadougou a interdit à tout PM malien de fouler la terre de Kidal ? Non ! Je suppose alors que ce n’est pas l’arrivée de Mara à Kidal qui est contestée par certains d’entre nous. Malobbo a parlé de son cas, mais les autres aussi je suppose disent la même chose.

Le contraire me surprendrait d’avantage parce qu’il n’est pas pensable de croire que des élections peuvent se tenir là et dire que les représentants de l’état malien n’y sont pas admis. Ce sera comme pour confirmer la
mise en scène théâtrale dont je parlai.

Alors si vous décidez que vous devez rester à Kidal, vous devez représenter quelque chose; un pouvoir. Si vous ne pouvez pas l’assurer vous n’avez aucune raison de rester là. Dans une situation de crise du genre le pouvoir appartient au plus fort. Que vous le vouliez ou non. Les semblants de ruses n’y feront rien. Les papiers de Ouagadougou à Alger n’y changeront rien.

C’est la raison principale pourquoi après Ouagadougou les groupes armés ont gardés leurs armes même pendant les élections. Et bien après. Allons voir les clauses de Ouagadougou et faisons un bilan.

C’est le Mali de Dioncounda qui a accepté de négocier en position de faiblesse et à sceller le calendrier en décidant dans l’accord intérimaire ce qui devait se faire après les élections.

3. Quelques faits : Jamais la France n’a voulu au fond que les FAMA soient présents à Kidal. Jamais la MINUSMA n’a voulu que les FAMA soient présents à Kidal.

Il y eu un moment pendant lequel, après les hésitations le Mali a été autorisé à envoyer une centaine d’hommes à Kidal. La suite on sait qu’ils étaient eux cantonnés et les groupes armés libres de vaquer à leur banditisme partout dans ce nord.

Il y eu un moment quand la MINUSMA se moquait du Mali en disant que la sécurisation du Mali revenait au Mali pas à la MINUSMA qui n’avait ni les moyens suffisants, ni le la faut selon elle.

Alors vous faites quoi, face à ces différentes situations avec un papier de Ouaga qui dans la pratique ne peux rien du tout imposer aux groupes armés. L’accord vaut par la volonté des signataires. Un côté ne veut pas et dans ses manœuvres il se trouve être très bien soutenu par la France, la Suisse et les chefs français de la MINUSMA et de l’ONU.

Vous faites quoi quand il y a un papier qui vous dis que vous êtes le Maitre des lieux et que dans les faits ceux qui devraient rendre justice ne le font pas au contraire ils vous combattent à leur façon.

Alors ou bien vous quittez les lieux comme le souhaitent ces forces malhonnêtes et ils auront eu ce qu’ils cherchent c’est à dire que vous mêmes aviez abandonné comme par le passé en 2012 le territoire. Et Kidal deviendra “c’est chez eux”, cette expression bien française prononcée par l’un des plus autorisés de ce pays “amis”.

Vous restez à Kidal sous la pression de vos concitoyens.

Deux cas me semblent possible : (i) rester dans l’humiliation programmée par MINUSMA et la France avec une présence de quelques administrateurs sans aucun pouvoir et sans possibilité de jouer leur rôle; c’est à dire continuer le folklore (ii) ou fort des assurances à vous données par ceux qui sont autorisés à vous conseiller, vous décidez que les choses doivent changer.

Le chef de l’état malien IBK a choisi cette dernière option.

4. Après la débâcle :
A la place de IBK, fort de la leçon apprise avec le papier de Ouagadougou (même si ca a permis de me faire passer aux élections et de me donner une légitimité), je ne négocierais jamais sans que le papier signé par le Mali n’est pas d’abord respecté par ceux là à qui il a profité aussi. La frange qui a été élargie (pas de poursuites pour eux) pour se présenter aux élections législatives pour passer comme un avion, a pu représenter leurs groupes respectifs au parlement malien bien que ces messieurs se réclament de “Gangara”. De malien il ne sont là que d’ombre croyez le.

Il y avait encore à cette époque et il y en a toujours des citoyens maliens qui sont d’accord avec cette position initialement prise par le chef de l’état malien et son gouvernement.

Jusqu’à ce dernier niveau je suis convaincu que IBK jouait correctement son rôle de chef de l’état.

Les affaires ont affaibli sa position. D’abord les français avec Tomi qui le font taire sur tout ce qui concerne Kidal.
Et puis les avions, l’implication de ses proches dans les surfacturations.

Je dis et je le redis c’est plus cela qui a affaibli le chef de l’état et le Mali (dans sa position harcelé de toutes parts, il était obligé de céder là où ça lui faisait peut être le plus mal : les dictées de la France) que cette décision souveraine prise en mai 2014 par rapport à Kidal.

Le Mali et les maliens ont perdu à cause des affaires pas à cause d’une décision prise souverainement et pour laquelle s’assumer était à la portée du chef de l’état et de son PM. Celui-là l’a fait et je l’en remercie.

Cordialement
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Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Bonjour mon cher frere Mohamed
Je ne suis pas sur que vous faites du bien a Mara en ravivant la polémique là, ou elle n’en valait pas la peine.
C’est plus facile et aisé de parler en son nom propre que d’embarquer tous.
Oui vous avez d’un cote ceux ou celles qui soutiennent sans regret la visite de Kidal, celles ou ceux qui dénoncent l’amateurisme de ce voyage qui a endeuillé hélas des familles et celles ou ceux qui pensent que Mara se devait de demander pardon ne serait-ce qu’aux familles endeuillées.
Contrairement a vous, je pense que notre forum est un forum d’intellectuels d’hommes et de femmes avec des opinions différentes sur tous les thèmes, y compris sur les sujets politiques.
C’est pas parce que je ne partage pas votre vision ou opinion sur Mara que je suis intellectuel aigri. loin s’en faut, par le passé nous avons converge sur bien des sujets.
C’est pourquoi nous devrions faire attention a ne pas raviver une tension fortuite.
Mara n’est pas en campagne sur ce réseau, il est venu apporter des clarifications sur un evenement, qui sera de toutes les façons, enseigne dans l’histoire de notre pays aux generations futures. Est ce que Mara sera t-il jeté dans la poubelle de l’histoire ou dans la corbeille de l’histoire? L’histoire du Mali le dira et l’histoire c’est nous qui l’écrivons avec notre sensibilité et notre penchant pour l’homme.
Ici nous donnons nos opinions , personne parmi nous, fussent les intellectuels non aigris ne détiennent la vérité sur ce sujet.
Comme s’est dit dans le livre sacre le coran: a toi ta religion , a moi la mienne et Voltaire disait: je ne suis pas d’accord avec vous mais je me battrai pour que vous puissiez le dire.
Nous avons d’autres thèmes plus importants sur le Mali et continuons a nous battre pour le Mali chacun avec ses armes.
Bonne journée

Yachim MAIGA
Kinshasa, République Démocratique du Congo
Compte twitter: @Yachimmaiga


Communiqué du Gouvernement du Mali sur la situation à Kidal

Le Gouvernement informe l’opinion publique nationale et internationale que des affrontements ont eu lieu aujourd’hui, 21 mai 2014, dans la ville de Kidal, entre les Forces armées maliennes et les groupes armés, occasionnant plusieurs blessés et des pertes en vies humaines de part et d’autre.

Après quelques heures de combat qui ont permis aux FAMA de reprendre un temps le Gouvernorat de Kidal, nos forces de défense, affaiblies par des problèmes de coordination, de renseignement, ont du se replier sous le feu nourri des groupes rebelles appuyés par les terroristes d’AQMI et les narcotrafiquants.

Des enquêtes en cours permettront de fixer les responsabilités et d’en tirer toutes les conséquences.
L’armée est en train de se réorganiser, la situation est suivie de près par les plus hautes autorités du pays.

Toutefois, le Président de la République, dans son message à la Nation du 19 mai 2014, a indiqué que notre priorité est le dialogue. En vertu de cela, et conformément aux souhaits du Secrétaire Général des Nations Unies, au nom de la communauté internationale, il a instruit un cessez-le-feu immédiat.

Tout en regrettant la perte de vies humaines, le Mali reste inflexible sur la nécessité que s’établisse la souveraineté de l’Etat sur l’ensemble de son territoire national, y compris à Kidal. Cela a été encore une fois affirmé par le Conseil de Sécurité des Nations Unies dans son communiqué du 20 mai 2014.

Devant la gravité de la situation, toute la nation doit rester mobilisée derrière les autorités nationales pour atteindre cet objectif.
Le Gouvernement demande à chaque malienne et à chaque malien de faire preuve de calme, de sérénité, et d’un sens élevé de la responsabilité, pour éviter tout amalgame ou toute stigmatisation pouvant entamer la cohésion nationale, et nuire à la qualité des relations avec les partenaires du Mali.

La Minusma, la force Serval et les représentants de la communauté internationale ne doivent pas être inquiétés. Ils ne sont pas nos ennemis.

Nos ennemis communs sont les terroristes et les narcotrafiquants. Notre combat commun est celui de la restauration de la souveraineté nationale sur l’ensemble du territoire. Et nous le gagnerons !

Le Gouvernement communiquera régulièrement sur l’évolution de la situation, et des consultations seront prochainement organisées avec l’ensemble des forces vives de la Nation.

Bamako le 21 mai 2014
Le Porte-parole du Gouvernement
Mahamane BABY


RESOLUTION
Sur les graves évènements survenus à Kidal les 17 et 18 mai 2014.

RÉUNIE EN SÉANCE PLÉNIÈRE DANS LA SALLE MODIBO KEITA, CE JOUR 20 MAI 2014,
VU LA CONSTITUTION DU 25 FÉVRIER 1992 ;
VU LE RÈGLEMENT INTÉRIEUR ;

L’ASSEMBLEE NATIONALE DU MALI,

– Considérant la connivence de plus en plus étroite entre le MNLA et les mouvements terroristes (Ançardine, AQMI, Boko-Haram, MUJAO etc…) ;
– Considérant les actes inqualifiables de violence et d’agression perpétrés par le MNLA et ses alliés narco-djihadistes les 17 et 18 mai 2014 à Kidal contre la délégation du Premier ministre, l’administration, les forces de défense et de sécurité ainsi que les populations civiles ;
– Considérant le lâche assassinat par le MNLA et ses alliés de préfets et sous-préfets, de civils et de membres des forces de défense et de sécurité ;
– Rappelant les actes barbares et inhumains perpétrés par le MNLA et ses alliées terroristes à Aguel Hoc sur les forces de défense et de sécurité en janvier 2012 ;
– Rappelant l’adoption par l’Assemblée nationale de la Résolution n° 13-03/AN-RM du 6 juin 2013 relative aux exactions à caractère raciste et ségrégationniste perpétrées les 1er, 2 et 3 juin 2013 contre les populations noires de Kidal par le MNLA ;
– Rappelant les différentes résolutions 2056, 2071, 2085 de même que la Résolution 2100 par laquelle le Conseil de Sécurité des Nations Unies a créé la MINUSMA afin d’aider les autorités maliennes à stabiliser et recouvrer l’intégrité territoriale du Mali ;
– Considérant la volonté affichée par les hautes autorités maliennes de privilégier le dialogue pour la résolution de la crise du Nord, à travers notamment la nomination d’un Haut Représentant du Président de la République pour le dialogue inclusif, la création d’un ministère de la réconciliation nationale ; d’un ministère en charge de la reconstruction du Nord ; ainsi que la création d’une commission vérité, justice et réconciliation ;
– Considérant les conclusions de la 3ème Conférence des donateurs « Ensemble pour le renouveau du Mali » le 15 mai 2014 à Bamako, tenue sous la coprésidence de l’Union Européenne, de la France et du Mali ;
– Considérant la violation flagrante de l’accord préliminaire de Ouagadougou du 18 Juin 2013 par le MNLA ;
– Considérant que le MNLA jouit d’une certaine audience auprès de pays dit « amis » du Mali sur le plan médiatique, consulaire et diplomatique ;
– Considérant la déclaration du Premier ministre devant l’Assemblée nationale ce jour ;
Après en avoir délibéré,
– Déplore l’attitude inacceptable et incompréhensible des forces de la MINUSMA et de SERVAL pendant la journée meurtrière du 17 mai 2014 à Kidal ;
– Apporte son soutien total et indéfectible aux forces de défense et de sécurité, au Gouvernement et au Président de la République dans leurs efforts pour la sauvegarde de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale du Mali ;
– Condamne avec la dernière vigueur les attaques, enlèvements et assassinats perpétrés par le MNLA et ses alliés terroristes ;
– S’incline devant la mémoire des victimes tombées sur le champ d’honneur, présente ses condoléances sincères et attristées à leurs familles et souhaite prompt rétablissement aux blessés ;
– Exhorte le Gouvernement et la communauté internationale à prendre toutes les mesures appropriées en vue de traduire les auteurs de ces actes odieux et barbares devant les juridictions nationales et internationales compétentes ;
– Invite la communauté internationale à s’impliquer davantage dans le désarmement des groupes armés, la lutte contre l’impunité et à soutenir les forces armées et de sécurité du Mali dans la lutte contre le terrorisme international et pour la stabilisation du Nord du Mali ;
– Invite les pays amis à suspendre toute assistance médiatique, consulaire et diplomatique au MNLA ;
– Invite le gouvernement à exercer sa souveraineté totale et entière sur Kidal dans les meilleurs délais;
– Invite le peuple malien à la retenue et à ne point faire d’amalgame entre les terroristes et les paisibles citoyens ;
– Se réserve le droit de créer une commission d’enquête parlementaire sur les atrocités commises par le MNLA et ses acolytes ;
– Charge Monsieur le Président de l’Assemblée nationale de transmettre la présente Résolution à Monsieur le Premier ministre conformément aux dispositions du Règlement Intérieur.

Fait et délibéré en séance plénière
Bamako, le 20 mai 2014

Le Secrétaire de séance
Le Président


Je mettrai ma main au feu que personne sur notre forum n’est
Naïve et que chacune et chacun de nous sait que les moyens de l’état ne se décrètent pas Kin dans une plénière à l’assemblée nationale ni à Koulouba .
Acceptons l’inacceptable: nous sommes tombés trop bas et nous n’avons pas les moyens de nos discours .
En lieu et place des discours , nous ferons mieux de nous mettre au travail car tout est à refonder au Mali, notamment notre Armée.
Refondons d’abord nos forces armées en silence et cela prendra min une décennie . En attendant nous devrions ouvrir les yeux et accepter la triste réalité: notre destin hélas ne dépend pas de nous , mais des autres.
Un vrai général gagne un combat sans bataille. On ne fait pas la guerre avec des discours mais avec des moyens , et le 21 mai à Kidal là pour nous le rappeler.
IBK et son PM d’alors Mara l’ont appris à leurs dépens.
Un citoyen peut exprimer ses émotions mais pas un chef.
Pour une fois apprenons de nos échecs et de nos états d’âmes surdimensionnés.
Le jour où nous aurons les moyens nous recouvrerons tout le territoire mais en attendant, souffrons en silence que le CMA et Gatia gèrent Kidal sous la barbe et le nez du Gouverneur de Kidal.
Yachim Maiga


J’en conclu que nous avons perdu du temps précieux, des efforts énormes. Un gâchis qui aurait pu être évité en partie si nous avions accepté assez tôt de penser et redéfinir ce que nous voulons pour notre Mali. Parce que c’est de cela aussi qu’il s’agit en quelque sorte dans cette réponse de YYM.
10 ans d’attente. C’est suffisant pour envisager des options toutes différentes les unes des autres. Il faudra en choisir une. Le plus tôt ce sera le mieux pour nous tous.

Alors allons y avant que ça ne se complique d’avantage. Ramenons le débat là où ça devrait l’être : avec les citoyens maliens. Au moins ça aurait l’avantage énorme de partager ce que les “intellectuels” tournent dans leurs têtes depuis trop longtemps maintenant.

Nous devrions tout redéfinir je suis de cet avis. Et surtout, c’est le plus important, accepter que nos nouvelles règles soient respectées par tous les citoyens de la nouvelle république “malienne?”.

Bien cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Pour completer la leçon d’histoire — voici deux mails du PM Mara sur le sujet; le premier envoyé juste après les évènements du 17 Mai (en réaction à un posting qui relatait un communiqué du MNLA) et le second le 19 Mai, avant donc l’attaque qui a conduit à la déroute de l’AMA.

Le PM Mara a eu le support de bcp de gens — j’ai personnellement salué son voyage à Kidal, comme la plupart des messages qui sont passés sur le réseaux; mais il me semble aussi qu’un retour en arrière est plus que nécessaire; il y a eu 2 évènements à Kidal. Pas un seul. le PM dit ceci dans son message :

“Nous avons prévenu tout le monde de ce déplacement mais ce que je me suis refusé à faire et que je ne ferais pas, c’est de demander la permission de me déplacer à qui que ce soit, en tant que Premier ministre […] personne parmi ceux qui ont eu la charge de préparer notre visite ne nous ont pas informés de menaces armées sur notre visite (je l’ai dit plusieurs fois à l’assemblée et sur les ondes, sans jamais être démenti) et les risques rapportés (envahissement de la piste d’atterrissage, jets de pierre, insultes) ont été gérés par des attitudes prudentes pendant notre visite (on est arrivé par hélicoptère, on a évité d’entrer dans la ville pour éviter les femmes et les enfants et donc les risques de confrontation avec eux…)”

Le PM nous a habitué à lire entre les lignes — “Nous avons prévenu tout le monde”; de qui s’agissait-il? MINUSMA, MNLA, HCUA? Qui? Et quand ces gens-là ont été prévenus, qu’on-t-ils dit au PM? “viens” ou “ne viens pas”?

Le PM dit aussi personne ne lui a dit qu’il y avait des menaces à Kidal, mais il prend le soin de dire “parmi ceux qui” préparait sa visite; j’en conclus qu’il ne parle pas de la MINUSMA ni de SERVAL. Dans un pays où il y a des forces étrangères qui contrôlent de fait le territoire (et la ville de Kidal), n’aurait-il pas été plus judicieux de les écouter? Leur parler n’est pas demander la permission; mais c’est d’être pragmatique; quand le voisin nous paye le café le matin, alors on n’exige pas 2 morceaux de sucre.

Et le PM donne (à mon avis) des informations parcellaires.

Après le premier incident (lors de la visite), pourquoi a-t-on eu la déroute quelques jours plus tard? La réponse, il me semble, est dans le second email du PM (après la confirmation de l’exécution des administrateurs); le ton est de celui qui est décidé d’en découdre avec la rebellion à Kidal — une fois pour toute:

[…] Ce crime odieux est à condamner avec la plus grande vigueur et sera punie, soyez en surs
[…] Ils ont trop longtemps pris en otage KIDAL et les kidalois [.] Il est temps que cela s’arrête et ça s’arrêtera

Le MinDef Boubeye Maiga a affirmé ne pas être celui qui a donné l’ordre aux troupes d’engager les hostilités à Kidal. Le PM peut nous édifier — A-t-il oui ou non donné l’ordre aux militaires de lancer l’attaque qui a conduit à la déroute?

Karim Sylla

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From: Moussa Mara
To malilink@malilink.net
Date: 05/18/14 at 5:53 AM

Absolumment FAUX
Merci de relayer linformation
Les soit disants forces armees de lazawad composes de terroristes et de bandits de toutes sortes ont attaque le Gouvernorat
Jai anime une reunion avec ladministration sous leurs feux. A notre depart ils ont pu occuper le Gouvernorat quils ont incendie
Comment des gens qui se defendent peuvent bruler le Gouvernorat?
Cest une declaration de Guerre qui sera traitee comme telle
Moussa Mara

From: Djibril Kone Kone
Date: Sat, 17 May 2014 11:35:20 -0400
To: malilink@malilink.net
Subject: [malilink] Le debut de la fin de l’ insoumission a l’ Etat

Violents combats à Kidal entre les forces de Azawad et l’armée malienne. Samedi, 17 Mai 2014 12:30

Le MNLA informe l’opinion nationale de l’Azawad et l’opinion internationale que l’armée malienne a engagé très tot ce matin un assaut contre les mouvements de l’Azawad sur toutes les positions qu’ils occupent à Kidal.

Les forces combattantes de l’Azawad en position de legitime défense n’ont eu d’autre choix que de se défendre et défendre la population civile livrée à la barbarie de l’armée malienne en soif de vengeance.
Le Mouvement National de Liberation de l’Azawad prend à témoin la communauté internationale de la flagrante provocation du gouvernement malien et de son armée et invite les forces internationales en présence sur le terrain d’assumer toute leur responsabilité pour assurer la protection des populations civiles.

Les forces combattantes de l’Azawad tous mouvements confondus protegeront leurs positions et répondront à toute attaque de l’armée malienne et ce tant que l’Etat de belligérance persistera.

Kidal le 17 Mai 1014
Mossa Ag Attaher
Chargé de communication

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From: MOUSSA MARA <>
To: malilink
Date: 05/19/14 at 2:42 AM

Bonjour chers amis

La coalition de groupes armés (MNLA, HCUA, ansardine, AQMI, Mujuao, Boko haram…) qui a attaqué le Gouvernorat de Kidal pendant que j’y étais, a remis les corps de 8 de nos concitoyens dont 5 agents administratifs (2 préfets, 2 sous préfets et un agent du Gouvernorat de Kidal) qui figuraient parmi les otages. Ces personnes ont toutes été froidement abattues, la plupart d’une balle dans le cœur, pour faire des exemples face aux autres, encore détenues ce matin.

Ce crime odieux est à condamner avec la plus grande vigueur et sera punie, soyez en surs

Cette information est donnée pour ceux qui doutent encore, afin que tous sachent que le combat mené par ces gens n’est en rien un combat pour la liberté, mais en réalité un combat pour maintenir cette zone dans un état de non droit, continuer à bénéficier de tous les trafics et en même temps poursuivre à jouir de la rente de situation qu’ils se sont constitués depuis des décennies. Ils ont trop longtemps pris en otage KIDAL et les kidalois

Il est temps que cela s’arrête et ça s’arrêtera

Sincères condoléances à toutes les familles éplorées. Le sacrifice de ces compatriotes ne sera pas vain inch’allah

Moussa MARA


On Wednesday, February 17, 2016 5:25 PM, Moussa Mara wrote:

Bonsoir Mr SYLLA

Comme je vous ai habitués à lire entre les lignes, peut être que la réponse à votre question est entre les lignes!!!
Je vous informe néanmoins que le Premier ministre ne figure pas dans la chaîne de commandement formel de l’armée comme vous devez sans doute le savoir‎.

Bien cordialement

Moussa MARA


Mr le PM,
Vous parlez de “chaine de commandement formelle” dans un pays où un capitaine a dirigé l’armée et donnait des ordres à des colonels. Ma question était pourtant très simple; avez-vous oui ou non demandé que les militaires engagent le combat à Kidal? Le MinDef dit que c’est pas lui, que dites-vous?

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A. Karim Sylla