Le Cambriolage Qui N’a Pas eu Lieu

cambriolage

28 Mars 2016 | MIRG | Amadou O. Wane

Selon trois articles publiés le 01, 09, et 15 Mars dernier, la résidence de la ministre de la culture N’Diaye Ramatoulaye Diallo a été cambriolée dans la nuit du 25 au 26 Février. Les articles soulèvent plus de questions que de réponses sur les circonstances autour de ce présumé cambriolage.

L’article du 01 Mars est du journal Le Matinal. Les narrations semblent contredire les faits.
«Au domicile de Mme le ministre de la culture, Ramatoulaye Diallo, on déplore un spectaculaire vol, survenu dans la nuit du jeudi au vendredi dernier, où des intrus s’y sont infiltrés en emportant bagages et objets personnels de grande valeur marchandise. Du coup, le gouvernement envisage de prendre de mesures sécuritaires adéquates pour parer à toute éventualité concernant les ministres et leurs biens.» déclare l’article.
En fait, le gouvernement n’a fait aucune déclaration concernant le soi-disant cambriolage ou manifesté quelconque intention d’accroitre le dispositif sécuritaire des ministres.

L’article continue: «Les assaillants ont dû utiliser des produits sophistiqués à l’intérieur de la maison des époux N’Diaye pour y pénétrer, pendant que les occupants étaient en plein sommeil réparateur , histoire d’empêcher tout mouvement.»
Quels produits sophistiqués permettent à un voleur d’entrer dans une maison et d’immobiliser les occupants à la fois? L’auteur veut peut-être faire allusion à la légende urbaine qui circule dans la capital depuis fort longtemps: des voleurs utilisent des gaz pour endormir les occupants d’une maison avant de s’emparer de leurs biens. De tels rumeurs circulaient aussi en Angleterre. Finalement en 2014, le “Royal College of Anesthesists” à Londres a déclaré que ce genre de coup est presque impossible. Il faudra un camion pour pomper autant de gaz dans une maison et faire endormir les occupants. Et puis le coût pour obtenir la quantité nécessaire serait exorbitant.

«C’est donc de cette manière que les voleurs ont pu se rendre maitres des lieux et procéder, pendant de longues heures de fouille, au pillage complet de la maison. », selon l’article.
Mais si les occupants dormaient «en plein sommeil réparateur» comment savons nous que les voleurs sont restés des heures dans la résidence? Qu’est-ce les voleurs ont emporté précisément? L’article est vague sur ce point.
Le second article sur le cambriolage fut publié une semaine après dans LeBamakois.com. L’auteur pose une question hypothétique qui révèle le fait que la maison était bien gardée: «Comment comprendre que des voleurs puissent passer à l’insu des agents de sécurité postés devant et peut-être même à l’intérieur de la grande résidence où vivent M. et Mme N’Diaye à Faladié ?»

Le troisième article fut publié une semaine après le second par le journal Le Témoin. L’idée principale des récits est que les ministres sont en danger; le gouvernement doit leur fournir plus de protection.
La chronologie des publications et leurs contenus suggèrent une orchestration médiatique autour du supposé cambriolage pour ainsi manipuler l’opinion publique.
Selon une source désirant garder l’anonymat, la résidence du ministre était protégée par 3 agents de sécurité. Deux de ces agents sont fournis par le Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile (MSPC). Le troisième est un vigile privé, employé par la ministre. Le MSPC a mener une enquête; selon les faits concordants, le supposé cambriolage n’a pas eu lieu. Les agents de sécurité ont témoigné n’avoir vue aucuns cambrioleurs ce soir là. Evidemment Il est difficile de croire qu’une maison protégée par 3 agents peut être dévalisée de la sorte sans que personne n’ait soupçonné quoi que se soit. Si un vol il y’a eu, ça doit être par quelqu’un de l’entourage de la famille.

L’appareil étatique ne doit pas faire objet de manipulation pour des raisons personnelles. Si la ministre désirait plus de sécurité, elle pouvait suivre la voie légale ou employer plus de vigiles privés. Le Premier ministre ne doit tolérer de tels agissements d’un ministre au sein de son cabinet. La justice doit jouer son rôle et mener une enquête sur cette affaire.
Comme dirait, Mamadou Traoré, ancien ambassadeur: «C’est à la justice qu’il appartient en république de procéder à la manifestation de la vérité.» Le peuple malien a droit à la vérité.

Amadou O. Wane
Chroniqueur
www.amadouwane.ml
@amadouwane
Malilink Investigative Reporting Group