Le Pillage par la Chine des Dernières Forêts du Sénégal

Je suis certain que le même phénomène se reproduit au Mali avec nos autres ressources naturelles. Quand nos politiciens se réveilleront, le pillage sera complet. Nous devons comprendre que la Chine est un monstre affame de ressources naturelles. Ils ne s’ arrêterons que lorsqu’il n’ y a plus rien.

Video: http://goo.gl/wQSsYm
Source: Lemonde.fr


Amadou O. Wane


Il faut la même chose au Mali depuis des lustres vers Kita et Keniéba. Nos menuisiers s’en plaingnent mais rien n’y fait

Sira-Missa Doumbia


Et notre gouvernement reste muet parce qu’ils ont la bouche trop pleine des “dons” chinois.

Amadou O. Wane


Cette même espèce d’arbre (Pterocarpus erinaceus – le “vène” en français, “ngwani” en bamanankan) exploitée par les chinois en Sénégambie figure sur la liste des espèces officiellement protégées au Mali, ce qui ne fait qu’élever le prix payé par les paysans qui les abattent. Son bois est très recherché par les menuisiers et artisans villageois dans les régions de Kayes, Koulikoro, et Sikasso. Quand la Chine aura dénué le Sénégal et la Gambie de leurs Pterocarpus, c’est probable qu’ils viendront les chercher au Mali.

La demande vient-elle de la Chine ou d’ailleurs ? On peut se demander si les acheteurs ultimes des produits chinois fabriqués avec ce bois se trouvent dans les pays occidentaux.

Bruce Whitehouse


Quand Bruce Whitehouse dit “… Quand la Chine aura dénudé le Sénégal
et la Gambie de leurs Pterocarpus, c’est probable qu’ils viendront les
chercher au Mali.”, je l’informe que le Mali avait fait l’objet de la
“razzia chinoise du Vène” en 2008.

En effet, les administrateurs corrompus à la tête du service forestier
du Mali avait octroyé, en 2008, sous l’injonction du Ministre de
tutelle disant que c’est une recommandation du Président de la
République de l’époque, un contrat faramineux à une société chinoise
portant sur l’exploitation du bois du Pterocarpus érinaséus (vène),
un arbre majestueux de la brousse villageoise et des forêts de la
savane guinéenne dans des massifs se trouvant dans le Sud du cercle de
Kita, à la frontière de la Guinée.

Venant juste d’être nommé Point Focal National du Mali pour le suivi
de la Convention Internationale sur la Biodiversité (CBD) lorsque le
contrat des chinois commençait, j’ai pu, en douce, susciter des
réactions des villageois de la zone pour décrier le contrat qui les
spolie de cette ressource naturelle qu’on leur interdit d’exploiter
parce que classée.

L’arnaque fit un grand bruit dans la ville de Kita tel qu’un
correspondant de la Radio Deutsch Wele de la RFA réalisa un “micro
trottoir” pour la Radio allemande; le député du coin, interrogé, fit
un grand bruit à Bamako, bruit que les maliens corrompus par les
chinois n’ont pas écouté, le massacre de la forêt par les
tronçonneuses chinoises s’est poursuivi, le bois embarqué par
conteneurs à Kita pour son transport de Kita à Dakar, par train.

C’est en Octobre 2008, lors de la Conférence des Parties à la CBD,
tenue à Bonn (RFA), que Koffi, un journaliste de Deutsch Wele, a
approché mon ministre qui était là, pour l’interviewer sur le cas du
bois de vène exploité par les chinois dans le cercle de Kita. Dès que
le journaliste a ouvert son enregistreur et posé la première question
à mon ministre, j’ai demandé l’interruption de l’enregistrement, pour
que je puisse conseiller à mon ministre, qui connait bien le sujet que
son prédécesseur avait traité, ce qu’il doit dire sur cette fâcheuse
affaire qui risque d’indexer le Mali. Grâce à cette pause, j’ai
conseillé au Ministre, accompagné de son conseiller et du Directeur
des Eaux et Forêts, d’annoncer, au micro de la Deutsch Wele qui a son
siège à Bonn, la suspension du contrat des chinois; des dispositions
idoines seront prises à notre retour au Mali.

Ainsi, c’est grâce à la vigilance “écologique” d’un journaliste que
les vènes du Mali furent sauvés, momentanément, puisqu’il me revient
qu’en 2015, une autre tentative des chinois a échoué grâce à la
dénonciation de l’affaire par des forestiers qui ont intercepté, à la
gare ferroviaire de Kayes, des conteneurs .bourrés de bois de vène en
partance sur Dakar;

Sincèrement,

Mohamed AG HAMATY


Ceci est tout simplement un crime perpétré par tous les acteurs impliqués, rien qu’en pensant aux effets du changement climatqiue dans le Sahel. Et oui, le phénomène suivra certainement au Mali l’abattage sauvage des ânes. Quel désastre, à prévenir…

Diadié Alpha


Voici un article de l’Essor du 7 Avril 2016 sur le sujet. Il y’ a une petite erreur dans l’article. L’ONG est Forest Trends pas Forest Tends.

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Une réunion de haut niveau sur le commerce international du bois s’est tenue du 29 au 31 mars dernier en Guinée Bissau. Organisée par l’Organisation non gouvernementale américaine Forest Tends, la rencontre avait pour thème : «Ptérocarpus erinaceus : Une opportunité pour combattre la pauvreté dans les régions des forêts sèches ». Le Ptérocarpus erinaceus est le nom latin du bois de vène.
La réunion qui s’est tenue à Bissau avait pour objectif de faire l’état des lieux de la commercialisation du bois de vène en Afrique de l’ouest et capitaliser les bonnes expériences pour la création de richesse et d’emplois dans la perspective du développement durable.

Notre pays était représenté par l’expert du gouvernement, Baïkoro Fofana, et le président directeur général de l’entreprise Générale Industrie du Bois, Aboubacrine Cissé.

Au cours de la rencontre, le Mali a présenté son expérience en matière d’exploitation du bois dans le cadre d’un partenariat public-privé entre l’entreprise Générale Industrie du Bois (GIB) et le gouvernement. L’exemple malien a été apprécié par les participants qui en ont fait un cas d’école pour le développement de l’industrie du bois et la protection de l’environnement en Afrique de l’ouest.

Avec ses 300 employés, l’entreprise GIB entend faire du partenariat public-privé un levier pour le développement. De nos jours, elle est la seule entreprise malienne qui produit, transforme et exporte le bois fini. Soucieuse de la protection de l’environnement, GIB a initié une stratégie de régénération du bois avec l’aide des services des eaux et forêts. Toujours dans le cadre du partenariat public-privé, elle a formé une centaine d’agents des eaux et forêts sur la législation de la protection de l’environnement.

L’expérience du GIB-gouvernement, unique en Afrique de l’ouest, a été vivement saluée par les représentants des autres pays et institutions internationales, présents à Bissau. C’est ainsi que plusieurs pays ont souhaité voir l’expérience de notre pays en matière de partenariat public-privé se concrétiser chez eux. Les représentants de l’Union africaine et de la Cedeao, chargé des questions forestières et environnementales ont apprécié l’expérience malienne.

Le bois de vène est une essence de valeur économique fortement convoitée au niveau national et international. Notre pays regorge d’immenses potentialités en bois de vène dans les régions de Kayes, Koulikoro et Sikasso. Malheureusement ces précieux arbres sont détruits par les défrichements et autres coupes anarchiques, les feux de brousse ou par certaines maladies nuisibles.

De même, la multiplication des comptoirs asiatiques sur l’exportation du bois de vène dans notre pays a créé une exploitation anarchique du bois.

Pour faire face à la situation les pouvoirs publics ont pris des mesures rigoureuses à travers l’Arrêté interministériel du 10 juillet 2014, afin d’interdire l’exportation du bois d’œuvre, du bois de service, du bois de chauffe et bien d’autres. Cette interdiction concerne aussi le bois écorcé et équarris.

La seconde mesure est l’application rigoureuse de l’instruction conjointe entre la douane et les eaux et forêts, relative aux procédures de contrôle de la circulation du bois et des produits forestiers non ligneux. C’est dans ce cadre que la Générale Industrie du Bois a noué un partenariat dynamique avec l’Etat pour apporter une valeur ajoutée au bois de vène dans le respect strict des textes.

B. COULIBALY
Source : L’Essor


C’ est à voir si ce que le représentant du Gouvernement a raconté correspond à la réalité – vu le degré de corruption et de la non-souscience répandue au Mali.

Spécialement ce passage indique qu’ il y a écart entre théorie/existence de lois/mesures et la réalité:

“Pour faire face à la situation les pouvoirs publics ont pris des mesures rigoureuses à travers l’Arrêté interministériel du 10 juillet 2014, afin d’interdire l’exportation du bois d’œuvre, du bois de service, du bois de chauffe et bien d’autres. Cette interdiction concerne aussi le bois écorcé et équarris.

La seconde mesure est l’application rigoureuse de l’instruction conjointe entre la douane et les eaux et forêts, relative aux procédures de contrôle de la circulation du bois et des produits forestiers non ligneux. C’est dans ce cadre que la Générale Industrie du Bois a noué un partenariat dynamique avec l’Etat pour apporter une valeur ajoutée au bois de vène dans le respect strict des textes.”

Nous savons tous la réalité de l’application des lois et mesures au Mali – même pas la Constitution n’ est pas respectée approximativement.

Du reste quand Ptérocarpus erinaceus s’ épuisera dans les zones soudanaises, les Chinois/la Chine (car État et privé en Chine c’ est kiff-kiff) ils se rabatteront sur le parent direct de cet arbre dans les zones sahéliennes, à savoir Ptérocarpus lucens (tchami en langue peule; je ne dispose pas, ici loin de chez moi, la désignation an langue Bamanankan).

Le problème est que la Chine ne connait pas de scrupules et il n’ y a pas d’ organisations civiles et syndicales pouvant mettre le gouvernement sous-pression. Rappel, la dévise économique de la Chine depuis Deng Tsiao Ping: “qu’ importe la couleur du chat, qu’ il soit gris ou noir. L’ essentiel est qu’ il attrape les souris”. Les conséquences sont connues, en Chine même.

la remarque de Bruce aussi est juste et met les acheteurs “ultimes” devant leurs responsabilités pareillement comme l’ ivoire des éléphants, autres organes des animaux, trafic d’ arts culturels, etc., etc.

Bien cordialement

M. Diagayété