La Conférence d’Entente Nationale

L’opposition malienne ne participera pas à la Conférence d’entente nationale

24 Mars 2017 | Journal Nord Sud

Un autre coup dur pour le gouvernement malien. Après la CMA et la Plate-Forme, c’est au tour de l’opposition malienne d’annoncer qu’elle ne participera pas à la conférence d’entente prévue ce 27 mars 2017 à Bamako. « L’opposition a décidé ce soir de ne pas participer à la conférence d’entente nationale », annonce cadre de l’opposition malienne àNord Sud Journal. Visiblement, le gouvernement malien avait fermé les portes aux suggestions de différentes parties qui devront prendre part à cette conférence d’entente nationale. L’opposition politique avait suggéré la prise en compte de plusieurs éléments dans la rédaction finale des TDR pour « promouvoir une véritable entente nationale ».

Appropriation nationale

Leur prise en compte permettrait, selon l’opposition, une participation large et inclusive de toutes les forces vives du pays et contribuerait au succès de la conférence d’entente. Ainsi, l’opposition politique a proposé la participation, à la conférence, des groupes nés de la scission des regroupements initiaux signataires, CMFPR2, CPA, CJA, MSA, de l’Accord, des mouvements de résistance civile de Gao comme les Patrouilleurs et les principales associations d’agriculteurs, de chasseurs et d’éleveurs du Delta central et les Maliens de l’extérieur. L’opposition politique a, aussi, proposé que la conférence soit « l’occasion d’une appropriation nationale de l’Accord d’Alger. » Autre proposition de l’opposition : inviter les protagonistes de la crise du Centre pour débattre avec toutes les forces vives des moyens de restaurer la sécurité, la paix et la concorde dans cette zone charnière du Mali. L’opposition demande que les travaux de la commission d’experts chargés de la révision constitutionnelle de 1992 présente ses travaux à la conférence d’entente aux fins de recevoir observations et propositions d’amendements. Pour l’adoption d’une charte de la paix et la réconciliation nationale, les partis de l’opposition ont proposé la prise en compte des préoccupations majeures du peuple malien dont : l’armée et les forces de sécurité, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption, les élections transparentes et crédibles et le foncier.

Nord Sud Journal


Qui y sera donc?

Je me demande si le gouvernement n’a pas sciemment empêché le succès de la conférence. Le GRM n’a jamais voulu qu’on fasse un déballage même si c’est le prix à payer pour que le pays redémarre. Avec cette “rencontre”, il pourrait se dédouaner en disant à la communauté internationale “on a tenu la conference, foutez nous la paix”.
Imaginez-vous le GRM tenir un forum où il sera sur le banc des accusés, fustigé par tout le monde, avec des images et sons retransmis par l’ORTM?

Le risque est assez grand. Donc, je pense au sabotage.

Il faut saluer le courage de l’opposition; il est difficile de parler du futur de ce pays sans évoquer les points que l’opposition voulait inclure dans les débats. Apparemment les organisateurs voulaient que ces points soient étudiés après la conférence. L’opposition aurait simplement servi de faire-valoir.

Le pays brûle mais il ne faut pas en parler.

Karim Sylla


Malgré cette non participation de l’opposition, et des groupes armés annoncés, il semble que le Gouvernement tient à son Forum pour dilapider le reliquat des ressources déjà mobilisés pour cela au lieu de les employer à des dépenses plus utiles

Kalifa Gadiaga


#Mali: Ce qui se passe dans le #CentreDuMali est facile à comprendre: l’armée s’appuie sur les chasseurs traditionnels Donzos qu’elle utilise souvent comme éclaireurs ou pour tendre des embuscades aux groupes terroristes (Cf. CentreDuMali: Enjeux et Dangers d’une crise négligée). Ces milices Donzos contribuent ainsi à lutter contre le terrorisme.

Cela, les hommes d’Amadou Kouffa l’ont compris et n’hésitent plus à s’en prendre aux #Donzos à travers des assassinats. Et comme les hommes d’Amadou Kouffa seraient majoritairement peulhs, les #Donzos n’hésitent pas à s’adonner à des actes de vengeance entraînant plus souvent la mort d’innocents civils.

Les derniers affrontements qui ont causé la mort de près de dix #Donzos en témoignent. Ces affrontements n’ont pas opposé #Bambara et #Peulhs. Ils ont plutôt opposé des hommes d’Amadou Kouffa aux #Donzos.

Voilà comment l’État, en utilisant encore une fois des milices comme lors des rébellions dans le nord du pays, contribue à cultiver le climat de violence dans les zones de de conflit.

V. Touré


Bonjour chers Malilinkers,
Voici le point de vue de Kamissa Camara, analyste politique affiliée au​ Centre​
d’études africaines de l’université de Harvard et au National Endowment for Democracy à Washington, et Mahamadou Konaté, professeur et analyste politique dans plusieurs écoles d’élite du Mali, notamment l’Ecole d’état-major nationale et l’Ecole de maintien de la paix Alioune Blondin Beye. Il est basé à Bamako.

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/03/21/au-mali-si-elle-est-baclee-la-conference-d-entente-nationale-sera-celle-de-la-mesentente_5098316_3212.html

​Très cordialement
Françoise


Karim,

L opposition doit sortir de ces simples refus. Ce regime est un vulnerable aux discours et aux simples boycotts.

Si l opposition est vraiment republucaine et qu elle reconnaisse que la republique soit vraiment en danger; elle a vraiment l obligation morale de faire qq pour barrer la route a cette conference banale et baclee.

Qu elle accepte d etre arretee, et puis nous viendrons les chercher. Nous voulons juste une catalyseur pour faciliter le declin de ce regime moribond, accroupi, mensonger…

Sans la force, ce regime continuera a violer tous les interdits de la republique pour venir nous dire apree que c etaient les seules solutions qui restaient pour le mali.

La constitution nous confere ce droit a la desobeissance, si la republique est en danger. Ou bien Stephane???

Sidy Danioko


Vieuxdoura, je regrette de vous contredire: les derniers affrontements étaient malheureusement bien entre “Dozos” et Peuls fatigués d’être massacrés par des “Dozos” à Maleyma, Diawaribougou, etc. où des maisons ont été incl diées avec leurs contenus humains y compris enfants, vieillards et femmes. Ne parlons même pas des bergers tués parce parle et du bétail détruit.
Les “Dozos”, soit-disants éclaireurs ne conduisent pas l’armée là où se trouvent les Jihadistes. D’ ailleurs l’ armée sait très bien là où se trouvent les Jihadistes, forêt de Wagadou par exemple.
À Dialloube aussi l’ armée savait que les Jihadistes étaient ä quelques encablures, mais elle s’ était attaquée à la population pour la pillier y compris des bijoux de femmes et arrêter arbitrairement des personnes innocentes qu’ on était obligé de libérer peu après.
À Ténenkou des éléments de l’ armée ont arrêté un homme, l’ ont battu, l’ enveloppé de cartons et l’ ont incendié. Il est maintenant en traitement de son torse à Ségou.
Des maires et notables Peuls ont êté assassinés par des Jihadistes partout au Centre, des écoles y ont été fermées en nombre incomptable.
Il y a des dizaines d’ exemples où les Peuls ont été victimes des Jihadistes et de l’ amalgame entretenu par l’ armée qui par miracle perd toute les bataille contre les Jihadistes et se font emporter leur équipement.
Les Jihadistes sont parmi toutes les ethnies, des Ag, Ould, Diallo, Kéita, Touré. Fait-il déclarer tous ceux qui portent ces patronymes et semblables Jihadistes et aller les massacrer et détruire leurs biens ?

La situation est de mon avis beaucoup plus dangéreuse qu’ au début de 2013. En ce temps le Nord et le centre n’ était pas totalement tribalisé, maintenant malheureusement si.
Le Mali est au fond du gouffre. Le manque total d’ autorité de l’ État malien, me fais penser qu’ il sera très très pénible, même au cas d’ un changement du régime, que la situation puisse être redressée comme en 1991/1992.

La situation est dramatique. Que Dieu sauve le Mali ! En tout cas le régime de IBK ne peut pas le faire.

Bien cordialement
M. Diagayété