Comment Moussa Traoré Fit Face aux Principaux Défis de la Nation

BAMAKO – 10 Avril 2017 | par Amadou O. Wane -Le président Moussa Traoré déclarait souvent qu’il allait se débarrasser des hauts fonctionnaires corrompus. Ses intentions se sont concrétisées le 19 octobre 1978. Trois anciens membres du cabinet et 40 personnages ont été jugés pour tentative de coup d’Etat perpétré le 28 février 1978. Trois jours de témoignages publics ont été marqués par des accusations et des contre-accusations impliquant des fonctionnaires encore en fonction. Il y a eu vingt-neuf condamnations, y compris des condamnations à mort pour Kissima Doukara, ancien ministre de la Défense, et Tiécoro Bagayoko, ancien Directeur des services de sécurité.

Les procès judiciaires de ces hommes ont fait leur impression. Le public était ravi de voir condamner Doukara et Bagayoko, car les deux étaient connus pour leurs méthodes répressives et leur implication dans la corruption. L’attention de la justice se tourna sur d’autres hauts fonctionnaires dont la réputation avait été souillée pendant le procès. Les noms du Colonel Amadou Baba Diarra, ministre des Finances et le Colonel Youssouf Traoré, ministre de l’Education nationale, furent mentionnés. Le nom du ministre de la Justice, le Colonel Mamadou Sanogo, fut également évoqué comme étant sous enquête judiciaire. Comme promis, le président continua la réforme de l’Administration. Il invita les chefs de départements à dénoncer la corruption et les malversations. Une telle franchise a apparemment joué un rôle dans l’arrestation en janvier 1979 d’un autre membre du CMLN, Joseph Mara, alors maire de Kati, ancien ministre de la Justice et président de la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite. A la suite de cette arrestation des rumeurs d’un coup d’état circulaient dans Bamako.

La plupart de ceux qui étaient déjà incarcérés depuis février 1978 furent soudainement transférés dans des centres de détention à Tombouctou, loin de Bamako. Les éléments des forces armées, furent perturbés par ce qui les semblait être une perte de leur pouvoir accumulé durant une décennie. Moussa Traoré donna l’assurance à l’armée de terre et à l’armée de l’air que leur rôle dans la vie de la nation ne serait pas diminué. Mais cette déclaration était peu rassurante.

Il y avait aussi un mécontentement parmi les fonctionnaires civils. Les salaires étaient en retard, et les enquêtes sur les malversations mirent de nombreux responsables en garde. Néanmoins, les absences prolongées du président en dehors de Bamako suggérèrent qu’il pensait que la situation était sous contrôle. L’engagement de Moussa Traoré dans les affaires du pays continua de s’intensifier. La moitié de son temps en janvier et février 1979 fut allouée aux visites dans les régions du Mali. L’une des raisons de ces nombreux voyages était de populariser le nouveau parti politique, l’Union Démocratique du Peuple Malien (UDPM).

Traoré décida de s’identifier clairement avec le nouveau mouvement politique. Dans ses longues visites à l’est du Mali, il exhorta le public à voir l’UDPM comme le forum approprié pour se faire entendre, accélérer la croissance économique et réformer un gouvernement corrompu et inefficace. Traoré eut beaucoup à gagner en surveillant la création d’un mouvement UDPM articulé et influent, séparé des groupes d’intérêts avec des loyautés douteuses.

Près de 20 ans après l’indépendance, le Mali était fondamentalement francophone dans sa structure militaire, dans son administration nationale et dans son système scolaire. Cependant, l’insatisfaction avec le système éducatif a été constante. Ce qui nécessita une réévaluation de l’usage du français. Malgré un budget pour l’éducation comprenant près de 30% des dépenses nationales annuelles, le taux d’alphabétisation n’a augmenté que de 1% chaque 3 ans durant la période de 1968 à 1979. Néanmoins, le président promit des changements radicaux dans le système éducatif.

La jeunesse aussi était agitée. Les étudiants au niveau secondaire ont été perturbés par deux développements : de longs retards dans le paiement de leurs bourses et l’abolition de la pratique de garantir un emploi à chaque diplômé. Les rumeurs de coup d’État, les arrestations et les agitations dans les forces armées n’ont pas empêché le président d’entreprendre des voyages prolongés au fin fond du pays. Ces voyages lui ont permis d’entendre les griefs de la population et de se rendre compte que son appel à l’activisme politique n’était guère l’une de leur priorité.


ce récit es truffé de contre vérité au lieu de raconter du n’importe quoi pourquoi ne pas aller chercher la vérité là ou il faut

de grâce nous voulons être informer pas désinformer.
et je te défie a un débat contradictoire si tu en es capable

Moussa Bagayoko


Je suis, aussi, de l’avis que ce récit déforme plusieurs faits historiques.
Mr Wane peut-il indiquer sa source?
Bien à tous.

Dramé


Amadou, je pense que ce serait mieux si tu mettais une petite phrase au début de ces articles pour expliquer que tu traduis les rapports de l’ambassade américaine de Bamako. Les écrits ne viennent pas de toi, mais comment les américains percevait la situation au Mali.
Je sais que tu l’avais annoncé, mais certaines personnes n’ont sûrement pas vu ce message initial. Merci pour l’effort de traduction de ces documents.

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A. Karim Sylla


Bonne idée Karim.

Pour rafraîchir les mémoires voici l’article de présentation de la rubrique Cablegate apparu dans le journal InfoSept.

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Bientôt une nouvelle rubrique dans InfoSept: “Cablegate, les Murmures de l’Oncle Sam” de Amadou WANE

Cheres Lecteurs et Lectrices d’InfoSept,

Nous avons l’immense plaisir de vous annoncer l’ouverture très prochaine d’une nouvelle rubrique intitulée, “Cablegate, ou les Murmures de l’Oncle SAM”. La rubrique sera animée depuis les États Unis par notre compatriote Amadou WANE, un malien américain, professionnel dans les technologies de l’information depuis plus de 20 ans. C’est un citoyen engagé qui est par ailleurs celui qui, avec le Malilink Investigative Reporting Group (MIRG), suit de très près la situation socio-politique du Mali et surtout l’utilisation des dépenses publiques dont entre autres les nombreuses missions du président de la République. Leur réseau, le MIRG, nous promet du reste un grand coup au 100ième voyage du président IBK dont le compteur est à présent à 96 missions.

La rédaction de InfoSept est donc ravie de recevoir dans son équipe ce nouveau talent journalistique comme collaborateur externe, parce que nous savons que Wane apportera à nos lecteurs de nouvelles perspectives avec ses analyses pointues sur les technologies de l’information, la société américaine et tant d’autres sujets brûlants.

Le choix du journal InfoSept dont il apprécie depuis les États Unis le sérieux est dû en grande partie à votre soutien qui nous a permis en moins de deux ans d’existence de gagner le pari de la régularité mais surtout de la qualité au point que par le travail et l’envie de mieux vous servir, votre journal est plébiscité par certains de ses lecteurs comme faisant partie des meilleurs de la place en ce moment. Pour les plus illustres nous savons tenir la plume. Mais rassurez-vous rien de tout cela ne nous monte à la tête. c’est juste bon de le savoir et d’entendre des lecteurs faire de telles observations. C’est donc cet étiquette de sérieux à tort ou à raison que vous nous avez collé, qui vaut à votre journal ce choix dont nous sommes si fier aujourd’hui. Et voici l’introduction que l’intéressé, Amadou WANE, fait lui même de sa nouvelle rubrique qu’il veut en partenariat exclusif avec votre InfoSept :

Le 28 Novembre 2010, Wikileaks.org, le fameux site dédié aux fuites massives, publia sur Internet plus de 250 000 télégrammes secrets provenant des ambassades américaines situées à travers le monde. Les télégrammes contiennent les dépêches diplomatiques envoyées régulièrement au siège du Département d’État des États-Unis à Washington, mais aussi des directives envoyées aux missions diplomatiques américaines de par le monde.

Cette publication massive a permis au public de comprendre les rouages internes de la diplomatie américaine à une échelle sans précédent. Et en même temps, elle a propulsé le journalisme dans l’ère du numérique (le Data Journalism). La fuite fut la source d’innombrables articles dans les journaux du monde et contribua à exposer l’hypocrisie, et la corruption de certains gouvernements. Selon certains rapports, Mouammar Kadhafi de la Libye était irrité de voir ses secrets exposés au grand public par Wikileaks. La pression internationale était si forte qu’en 2003 il fut contraint de renoncer à son ambition de faire de la Libye une puissance nucléaire. Les câbles ont aussi été crédités d’avoir influencé directement la Révolution de Jasmin en Tunisie en fin 2010.

L’importance des ces télégrammes ne peut donc être sous-estimée. Parmi les 250 000 câbles, environ 3 400 concernent le Mali. Ces câbles datent de 1966 à 2010. Tous les sujets du pays y sont abordés de la mort de Modibo Keita, à la guerre entre le Mali et la Haute-Volta sans oublier les disputes diplomatiques entre la France et son ex-colonie. Mais jusqu’à présent, aucune analyse malienne n’a été faite sur ces documents diplomatiques, d’oú l’intérêt de cette nouvelle rubrique dans InfoSept depuis les États Unis. La diplomatie malienne et nos historiens ont en ces câbles une source importante d’information à leur disposition.

Une analyse approfondie permettra de comprendre la politique du Mali depuis son indépendance et d’éviter certaines erreurs stratégiques que nous commettons aujourd’hui. Le projet Cablegate de InfoSept, en collaboration avec Malilink Investigative Reporting Group (MIRG), consiste à traduire ces télégrammes, d’en faire une analyse journalistique pour les rendre accessible aux lecteurs maliens. Vue la quantité de ces documents, il est anticipé que le projet durera plusieurs années.

O’BAMBA
Editeur
InfoSept

Amadou wane


Je pense qu’au lieu de défier Wane, il faut lui envoyer ta version des faits. il le confrontera a celui de GMT et la vérité sortira. face au mutisme des temoins vivants du régime de CMLN, GMT a le loisir de parler de l’histoire en prenant du coté qui l’arrange. Moi, je n’ai rien connu de la période de GMT, juste que je voyais quand le commandant venait, on humiliait les chef de famille sous un soleil chaud pour ne pas n’avoir pas payé l’impot. je suis un produit 100% de l’ecole publique post GMT.

Salutations meilleures

Balata


Merci Balata,

C’est comme ca que la recherche de la verite doit se faire. Trop de manipulations autour de ce regime ruineux, anti developpement, nefaste, sanguinaire, tryrannique,….

D’une maniere ou d’une autre, Que wane ait raison ou pas, le regime CMLN/UDPM est la source des malheurs de ce pays. C’est sous lui que l’assassinat de ce pays a commence. S’opposer au regime CMLN/UDPM etait un acte de terrorisme. Il s’est maintenu par le biais des armes, des intimidations, des assassinats, tortures des intellectuels ( le cas d’ibrahima ly en est un exple).

Bref, c'[est a cause de l’echec du mouvement democratique qu’on parle meme de Moussa Traore; ce lieutenant et produit du Prytanee Militaire

Sidy Danioko


Mr. Bagayoko,

Je crois que c’est important d’éclairer les malilinkers sur votre intérêt personnel dans cette histoire.

Si je ne me trompe vous êtes le fils de Tiekoro Bagayoko, l’un des personnages mentionnés dans l’article. Donc votre réaction est un peu compréhensible.

Néanmoins, je vous suggérais d’écrire un livre et raconter votre version de l’histoire du Mali. Le peuple décidera qui croire. Vous avez droit à vos opinions, mais pas à vos propres faits historiques.

Regards,

Amadou O. Wane


Merci à vous tous. Amadou TU as été d’un calme olympien par rapport à la réaction de notre frère Bagayogo. Je lui suggère pour ma part aussi de dépassionner ce débat et de garder un ton courtois. Amadou n’a fait que traduire un document de l’ambassade américaine de l’époque. Ce n’est pas sa version. Entre nous intellectuels de bon niveau pour la plupart, faisons en sorte que ce Forum reflète notre maturité. Nous devons donner l’exemple à ceux qui nous lisent et servir de références.

Kalifa Gadiaga