Démocratie 3

Notre pays vit la crise la plus profonde de son existence dont les causes remontent au 19 Novembre 1968 lorsque le régime populaire du Président Modibo Keita, qui voulait le bonheur de tous les maliens, a été renversé par un groupe de sous-officiers. 45 ans plus tard, beaucoup de maliens se posent les questions suivantes : que serait le Mali d’aujourd’hui s’il n’y avait pas eu le 19 novembre 1968 ? L’autre question est : quelle différence l’avènement de la démocratie a-t-elle apportée au quotidien du Malien ?
Si les motifs du coup d’état de 1968 tels que les ont présentés les auteurs, ont changé au fil des ans, les évènements qui ont conduit au 26 Mars sont les conséquences directes des déviations et des dérapages qui ont suivi l’acte du 19 Novembre 1968. De même, la crise profonde que nous vivons aujourd’hui et qui menace l’existence même du Mali en tant que nation, n’est que la conséquence directe des déviations et des dérapages qui ont suivi l’acte du 26 Mars 1991. Et le pire reste à venir si nous n’y prenons garde.

Nous proposons un changement paisible (par le vote), mais radical par rapport à tous ce que le Mali a connu depuis l’indépendance. Ce changement est nécessaire pour éviter un autre 26 Mars en plus grand et 100 fois plus sanglant. Car le moment venu, Malien lambda ne fera pas la différence entre la dictature de Moussa Traoré et la démocratie d’Alpha Konaré. Ce changement est nécessaire pour éviter l’implosion de la nation malienne.
Le changement proposé ne peut aboutir que si nous changeons notre manière de choisir et d’élire le président de la république. La méthode classique consiste à suivre le candidat qu’on espère, pourra résoudre nos problèmes personnels du moment, qui va signer notre entrée dans le clan, dans la classe, dans le grin ou dans la famille. C’est tout ce que le Mali a connu comme mode de gestion depuis la chute de la Première République le 19 Novembre 1968.

Par la même occasion, nous voulons nous départir de l’attitude de presque tous les maliens à vouloir et pouvoir résoudre l’ensemble des problèmes du pays à partir de leur salon, du grin ou à l’ombre de l’arbre au coin de la rue. Pour ce faire, nous demandons au peuple malien de se joindre à nous afin qu’ensemble nous puissions écrire l’histoire de notre pays.

Il ne s’agit pas de visées subversives ni d’incitation à la violence. Le but est de prévenir l’orage qui pointe à l’horizon et qui n’est pas porteur d’espoir pour le peuple malien. Nos dirigeants actuels devront comprendre que lorsque nous aurons atteint le seuil du tolérable, les chauffeurs de tricycles, de pousse-pousse, les diplômés sans emplois et autres qui, faute de mieux, n’ont plus que le thé comme occupation principale, les « retraités » sans emplois, les orpailleurs qui ne peuvent plus répondre aux appels désespérés de la famille, ceux dont le quotidien dépend de leurs camelotes qui ne rapportent plus, n’hésiteront pas puisqu’ils n’auront plus rien à perdre. Les conséquences iront au-delà de tout ce qu’on peut imaginer aujourd’hui.

Ce document porte sur la création d’un parti politique de type nouveau, une autre manière de choisir un projet de société, de choisir un président de la république et les membres de son gouvernement. Par ailleurs, le document propose des changements structurels dont certains douteront de l’utilité, mais dont nous sommes sûrs de l’efficacité pour assainir les rapports entre nos institutions, entre les hommes politiques, dans l’administration et entre le peuple et les gouvernants.

Cependant, toute entreprise humaine compte ses soutiens et ses opposants. Dans le cas présent, entre un simple opposant et un ennemi mortel, il n’y aucun pas à franchir. Les ennemis de notre entreprise ne manqueront pas d’occasion pour mener des campagnes de dénigrement ou de nous prêter des intentions égoïstes. Il n’est rien. Ce que nous voulons pour le peuple malien est un tout qui est là, clair et net ! Comme vous le constaterez par vous-mêmes, aucun parti politique, aucun homme politique ayant réussi son ascension jusqu’à la tête d’un parti politique, n’offrira au peuple malien ce que nous lui proposons et nous sommes convaincus que chaque malien trouvera dans notre offre une ou plusieurs propositions qui le pousseront irrésistiblement à soutenir notre programme, pourvu qu’il soit convaincu que « On ne peut pas » n’est plus une option pour le Mali, mais comment y arriver ? » («An ti sé ! Mali tèmèna o yoro kan, an bà a da goun chogo di?!»).

Cependant, nous demandons une seule chose au peuple, une fois que vous aurez décidé de vous approprier ce qui vous est proposé, que rien ne vous fasse changer d’avis, ni la corruption, ni l’argent facile et immédiat, ni la démagogie. Mieux, si les dirigeants de l’organisation sont les cibles d’intimidations, de brutalités ou même d’assassinats politiques, accrochez-vous à votre bulletin de vote. Si, compte tenu des enjeux, une guerre civile éclate, ce n’est pas souhaitable, mettez vos bulletins de vote entre les dents. Car au final, c’est lui et lui seul qui vous assurera la victoire. Seul votre bulletin de vote vous donnera ce que vous voulez et tout ce que vous voulez, rien d’autre.
Dans notre programme, nous demandons aux maliens de déplacer la colline de Koulouba et tous ses fondements et soutiens, rien qu’avec le bulletin de vote. Si le maliens se montrent incapables de faire l’unanimité ou la majorité autour de cette idée, alors nous en ferons notre testament et l’histoire sera notre témoin.

Le Prochain chapitre traite de ce que le peuple ne veut pas et ce que nous voulons pour le peuple. La version finale de ce chapitre constituera l’essentiel de notre Projet de Société et des critères du choix du candidat aux élections.

D’ici là, nous vous invitons à réfléchir sur cette citation de Modibo Keita. Nous y reviendrons largement : « Lorsque les vrais propriétaires deviennent des spectateurs, c’est le festival des brigands ». En Bambara nous dirons : «ni ko tigiw yèrè kèra tègèrè fo law yé, binkannikèlaw dé ka sugu bè diya »

Mama Makéu Traoré
co-auteur


Ne soyons pas l’esclave du passé. Le régime de Modibo a déjà porté des résultats à hauteur de souhait, d’où la grogne chez certaines catégorie socioprofessionnelles. Dans l’ouvrage de capitaine soungalo, il décrivait un mauvais traitement chez les militaires. Ils étaient mal habillés, mal considéré comparé aux milices. Les témoins du régime de Modibo peuvent. Je me dis que le mali était mal parti depuis l’échec de la fédération du Mali, avec la complicité des représentants de Gaulle et ses affidés chez nos voisins immediats, Senghor et Houphouët-Boigny. Rappelons de la phrase de Houphouët-Boigny (pauvre+pauvre =/= riche) et que la rci ne sera pas la vache à lait de notre zone.
On aurait du chercher à fédérer avec la guinée de Sekou Touré, la bête du raciste de Gaulle (héros français mais qui doit il pour nous francophones d’Afrique, n’est pas t il à la base de notre morcellement en refusant le maintien de l’Empire français comme étant indépendant par exple). L’éducation coloniale qui consistait à mépriser nos valeurs, notre culture locale au profit de la française. Regardez juste la différence entre deux frères dont est parti à l’école coloniale, l’autre resté à la maison ou à l’école arabe. Vous vous demandez si ce sont des frères tout les oppose. Le colonisé mental a une sorte de mépris pour son frère, sa culture et est comme un étranger à sa culture de naissance. Rien ne semble les lire en dehors de la couleur, ses amis d’enfance non scolarisés seront oublies car ne partageant plus rien avec eux, ce qui n’est pas le cas chez l’arabisant.
L’école coloniale africaine nous rend étrangère à nous mêmes. Je suis étonné souvent quand un vieux souvent même lettré en arabe tu demande quelque chose, il ne se gène pas à te dire qu’on ne sait rien, on vous écoute. L’homme colonisé n’a plus confiance en lui. Il est agi pour paraphraser fanon.
Si Modibo était resté aussi longtemps, le système impérialiste allait trouver d’autres moyens pour lui ’empecher d’atteindre ses objectifs en asphyxiant l’économie malienne. Et comme les maliens vivent de paix et de riz, ils se soulèveront pour faire bouillir la marmite et améliorer leur qualité de vie.
Souvent, je me demande si les assassins de Modibo, olympio, Lumumba, sankara, bref tous les réels patriotes et nationalistes post 1960, ne leur ont rendu service en évitant une révolte populaire contre eux. Ils ont anticipé ces plausible révoltes en les martyrisant voire mystifier. La France de Gaulle avait compris qu’une Afrique indépendante avec des patriotes et nationalistes conduirai à une réduction de sa puissance. En 1945, que valait la France sans ses colonies? Que seraient total, areva et toute son industrie exportation sans les pays africain francophones ? L’indépendance des colonies n’arrangeait pas de Gaulle qui s’est rendu héros en semant les graines du désordre dans les pays qui lui ont aidé à conquérir son autonomie face à l’Allemagne nazie. Nous africains francophone, notre Hitler c’est de Gaulle et ses amis complices dont Houphouët-Boigny.
Il nous faut une décolonisation mentale et un ressourcement à nos valeurs positives africaines avec ouverture sur le monde. Ainsi, je pense que l’élection de le pen pourra être une catastrophe pour la France mais une chance et une opportunité d’émancipation de nos états francophones d’Afrique vis à vis de l’impérialisme français. Marine va chasser les étrangers qui seront obliges de rentrer au pays et le développer politiquement, économiquement ainsi va debuter notre développement.

Cordialement,
Balata Ahamadou


Mon cher Balata,

Humm, je vois que vous passé à côté de l’essentiel ou peut-être vous devez beaucoup vous renseigner, et très certainement en profondeur. Je ne dis pas que Modibo n’a pas fait d’erreur car même en cherchant d’atteindre le bien de son peuple par une voie, et quelle que soit la voie, on peut faire des erreurs. Le système Communiste Chinois, (que Modibo avait choisi pour son peuple) et à l’opposé le système capitaliste Américain, tous les deux systèmes ont fait leurs victimes ou même continue d’en faire. Si on demande l’avis de ces victimes, certaines que ce ne serait pas les mêmes que ceux qui sont les mieux logés du système. Toute la question serait alors la majorité de qui ? Mao a conduit sa Chine dans la limite de ses moyens et de ses idées avec des hauts et des bas, y compris des exécutions, des limitations de naissance, des préférences sociales pour le bébé sexe masculin (élimination de bébé de sexe féminin), etc, etc pour qu’enfin il y’ait cette Chine aujourd’hui. et les chinois qui l’ont succédé, ont compris quand le système était arrivé à sa limite et ils l’ont corrigé sans chercher à mettre Mao dans la poubelle. La même chose n’était pas arrivé à DeGaule de la France en 1968 ! C’est ce “transcendage” que malheureusement, les africains n’arrivent pas à effectuer et passer de l’avant, et se laissent manipuler par tout ce qui est écrit.

Premièrement, Modibo ne voulais pas la mort du Mali ou un Mali ridiculisé parmi les autres pays. Il voulait juste un système de fonctionnement pour son pays auquel son peuple croit et y adhère et qui n’est pas très loin ou différent du fonctionnement social de ce même peuple. C’était toute la problématique et assez simple, surtout juste après l’indépendance. Et ce système pour lui était le Communisme, à tords ou à raisons. Il s’est dit si cela est entrain de marcher en Chine à l’époque, pourquoi pas au Mali ?

Qui a parlé du militaire mal payé par Modibo ? n’était-il pas un militaire, ce Capitaine Soungalo ? En homme avisé d’analyse, même sans le motif salarial, on peut bien comprendre que les militaires ne pouvaient pas apprécié ou accepté l’apparition d’un autre corps paramilitaire, c’est-à-dire la Milice populaire. Et ça, il faut le comprendre. Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est avec cette milice populaire qu’on arrivait plus à maltraiter les femmes dans la société. Les hommes n’arrivaient plus à maltraiter leurs femmes, ou les femmes de façon générale dans les foyers, bien sûr avec souvent des dérapages. Il y’avait une autre image de la femme malienne qui émergeait. Sinon quel était le salaire du malien, d’un député de l’époque comparé à la sous-région. Tous les militaires ne vivaient-ils pas dans les casernes ou camps militaires ? et le Mali n’avait-il pas sa monnaie ? Modibo n’était pas resté dans la zone francs pour la stabilité de la monnaie malienne ? Comme on aime bien le dire chez nous, la meilleur place pour garder en sécurité les biens, n’est-elle pas chez le voleur lui-même ?

Deuxièmement, et pour information, Modibo a bien essayer la fédération avec la Guinée et le Ghana et cela s’appelait Ghana, Guinée, Mali ou Ghana, Mali, Sénégal. Mais Nkrumah a trahi à la dernière minute malgré tout ce qu’on veut faire croire à son panafricanisme, et Sékou Touré aussi. Pourquoi, Dieu seul sait ainsi que les acteurs eux-mêmes. C’est ensuite que Modibo se tourna vers le Sénégal, avec des amis Sénégalais comme Mamadou Dia, de fervents panafricanistes, que Senghor a mis en prison quelques mois après l’éclatement de la fédération du Mali et ne l’a libéré qu’en 1974. Mais malgré l’éclatement de la fédération du Mali, les 2 pays ont laissé deux symboles aux générations futures : les mêmes couleurs nationales (le Vert, le Jaune, le Rouge) et la devise nationale (Un Peuple, Un but Une foi).

L’engouement pour le socialisme et le communisme a aidé le Mali de Modibo a passé d’un taux d’alphabétisé de moins de 10% aux environs de 60% seulement en quelques, et ainsi dépassé tous les pays de sous-région. L’instruction du peuple au centre en mettant l’accent sur les mathématiques et les sciences. C’est ainsi que l’Ecole Normale Supérieure a vu le jour avec le retour des premiers mathématiciens formés en Europe. Oui, le système des Nations Unies a félicité les progrès du Mali réalisé en un si laps de temps, mais qui ne pouvait pas être apprécié par la France vu la situation en retard dans ses protectorats comme au Sénégal et en Côte d’Ivoire, voisins du Mali. Pensez-vous que la France pouvait facilement accepter que le Mali en quelques années seulement s’était doté d’infrastructures industrielles aussi importantes que variées, et avec des créations d’emplois, que des pays comme le Sénégal ou la Côte d’Ivoire ne pouvaient pas avoir à l’époque ?

C’est vrai, il faut le reconnaitre, la survie dans le Communisme est très dure et demande beaucoup de sacrifices individuelles et collectives ; et cela qui fait que la Chine est là elle est aujourd’hui. Mais, c’est cela qu’on continue de reprocher à Modibo, d’avoir fait souffrir son peuple dans le but de leur apprendre à bâtir un avenir meilleur pour eux-mêmes. Mais sans oublier qu’à l’opposé aussi, la survie dans l’Amérique Capitaliste, n’était pas un cadeau offert sur un plateau d’argent. Cela a demandé aussi des sacrifices individuelles et collectives pour que l’Amérique soit où ils sont aujourd’hui.

Cordialement,

Soumaila