Bilan des Realisations du Ministere de l’Economie Numerique

J’ai été nommé ministre de l’Economie Numérique et de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, par Décret n°2016-0510/P-RM du 07 juillet 2016portant nomination des membres du Gouvernement. J’ai occupé ce poste jusqu’au 11 avril 2017, date du dernier remaniement ministériel. Conformément à l’article 18 du Décret n°2016-0844/P-RM du 03 novembre 2016 fixant les attributions spécifiques des membres du Gouvernement, j’ai préparé et mis en œuvre la politique nationale dans les domaines des Technologies de l’Information, de la Communication ainsi que dans les domaines de la Poste, des Télécommunications, de la publicité et de la Communication du Gouvernement.

La présente note porte sur les réalisations dans ces différents domaines sur la période concernée.

I. AU TITRE DU RENFORCEMENT DU DIALOGUE SOCIAL

Dans le but d’instaurer un climat social apaisé tous les syndicats relevant du département ont soit été reçus soit reçu la visite du ministre.

Les difficultés rencontrées ont pu ainsi être gérées au fur et à mesure. Il est évident que tous les problèmes ne peuvent être définitivement réglés. Mais ceux susceptibles d’engendrer des conflits sociaux ont été traités dans un esprit partenarial et de responsabilité. C’est ainsi que :

1- A ce jour aucune grève n’a été observée ni aucun préavis de grèvedéposé ;

2- Il existe un climat social apaisé voire convivial avec les divers syndicats ;

3- La satisfaction de la doléance du syndicat de l’AMAP sur l’intégrité du siège de l’Agence est une réalité ;

4- Les revendications salariales du syndicat de la SOTELMA ont été satisfaites ;

5- L’établissement des titres d’actionnaires au profit des travailleurs est en cours ;

6- Une avance sur les dividendes du premier semestre 2015 a été versée aux travailleurs ;

7- Les doléances du Syndicat de l’ORTM ont été réalisées ou sont en cours de réalisation avec des délais convenus d’accord parties ;

8- Les problèmes salariaux posés par le syndicat de LA POSTE ont été résolus ;

Des problèmes demeurent bien évidemment. Mais force est de saluer l’esprit de responsabilité des leaders syndicaux et des travailleurs du département.

II. AU TITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES ADOPTES OU DANS LE CIRCUIT D’ADOPTION

Une intense activité législative et règlementaire a permis l’adoption ou la transmission dans le circuit d’adoption d’une vingtaine de textes en neuf (9) mois.

Ainsi :

1. Au titre des Technologies de l’Information et de la Communication :

En vue de doter le Mali d’un cadre juridique adapté aux réalités et aux mutations du secteur aux plans national, sous régional, régional et international, les projets de loi ci-après ont été adoptés par le Conseil des ministres :

– le projet de loi sur la Société de l’Information ;

– le projet de loi sur la cybercriminalité.

2. Au titre des Télécommunications :

– le décret déterminant les conditions d’application de l’itinérance nationale ;

– le décret déterminant la procédure d’octroi, de retrait et de transfert de licence ainsi que les dispositions relatives à leur durée et à leur modification ;

– le décret sur la procédure pour l’octroi, le retrait et de modification relative à l’Autorisation générale ;

– le décret sur la procédure à suivre pour déclarer les services soumis à déclaration ;

– le décret relatif à l’interconnexion et à l’accès des réseaux et services de télécommunications/TIC ouverts au public ;

– le décret déterminant les profils et la procédure de sélection des membres du conseil de l’AMRTP.

3. Au titre de la Poste :

– le projet de loi postale a été adopté par le Conseil des ministres du 30 novembre 2016 après près de deux décennies d’attente;

– la communication écrite relative à la relance de la Poste a été examinée par le Conseil des ministres du 17 février 2017 ;

4. Au titre de l’ANCD :

L’adoption de la Politique Nationale de la Communication pour le Développement (PNCD) qui était en attente depuis 1993.

5- Au titre de médias

– le projet de décret portant institution de la carte de presse a été transmis au Secrétariat Général du Gouvernement ;

– le projet de loi instituant la redevance pour le développement de l’audiovisuel et du numérique a également été transmis au Secrétariat Général du Gouvernement ;

– le projet de loi portant régime de la presse et délit de presse a été transmis au Ministère de la Justice pour observations. Ce texte dépénalise les délits de presse ;

– la création de la Direction Nationale de l’Economie numérique est en attente de vote de l’Assemblée Nationale ;

– la relecture des textes de création de l’AGETIC est achevée. Elle est prête pour transmission au Secrétariat Général du Gouvernement ;

– L’adoption du projet de loi fixant le régime de la publicité qui était également longuement attendue a été vivement saluée par la profession.

III. AUTRES MESURES ET ACTIONS CONCRETES :

1. Le lancement du processus de l’attribution de la 4èmeLicence de téléphonie ;

Le Conseil de Cabinet du 23 mars 2017 a autorisé le ministre chargé de l’Economie numérique à lancer le processus d’attribution de la 4ème licence. Le Conseil des ministres doit valider cette décision.

2. Le début de la Relance effective de la Poste est visible sur le terrain.

3. Le lancement effectif de l’itinérance gratuite (Free roaming) :

Depuis le 11 avril 2017 le processus a effectivement commencé entre les pays suivants : le Burkina, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Sénégal et le Togo. L’itinérance gratuite permettra aux Maliens et aux ressortissants de tous ces pays en déplacement dans l’un de ces pays, de recevoir gratuitement les appels et sms et d’effectuer les appels aux tarifs locaux. D’autres pays seront très prochainement concernés.

4. L’Opérationnalisation de la SMTD :

La Société Malienne de Transmission et de Diffusion a été effectivement créée et a entamé ses activités. Les organes de gouvernance se mettent progressivement en place. Dans le cadre de la restructuration de l’Office de Radiodiffusion Télévision du Mali (Ex-ORTM), deux entités existent désormais : l’Office de Radio et Télévision du Mali (ORTM) et la Société Malienne de Transmission et de Diffusion (SMTD-SA). La séparation des patrimoines et le processus de mise en place des organes d’administration et de gestion des deux entités sont achevés.

5. La Nouvelle grille de l’ORTM:

La nouvelle grille des programmes de l’ORTM adoptée par le Conseil d’Administration du 14 mars 2017 est devenue une réalité. Entre autres innovations majeures il peut être constaté :

– L’allongement des heures d’émission de la Télévision nationale ;

– L’instauration de débats contradictoires y compris avec l’opposition politique et la société civile ;

– La réduction du temps du Journal Télévisé de 20 Heures ramenés à 40 minutes maximum ;

– Une stricte ponctualité en respect des auditeurs et téléspectateurs ;

– L’utilisation des Ecritels pour coller à l’actualité nationale brûlante avec comme objectif de faire de l’ORTM la première source d’information sur le Mali ;

– Introduction du langage des malentendants pour les principales émissions ;

– Des changements de décors pour certaines émissions ;

– L’introduction d’émissions en anglais et en arabe et le renforcement des émissions en langues nationales….

6.L’accroissement de l’aide publique à la Presse :

Le montant de l’aide publique à la presse a connu une augmentation allant du simple au triple (300%).

7. La création de la Cellule d’Information et de Communication :

Le ministre porte-parole du Gouvernement ne disposait que d’un chargé de communication pour assumer sa difficile et délicate mission. Par Décret N° 2017-030/P-RM du 29 mars 2017la Cellule d’Information et de Communication a été créée. Le porte-parole du Gouvernement dispose désormais d’un outil pour la communication gouvernementale

8. Identification des abonnés :

Le processus d’identification des abonnés des deux (2) opérateurs téléphoniques a été mené à son terme. Une ultime prorogation allant jusqu’au 10 décembre 2016 a été accordée aux opérateurs par Arrêté n°2016- 3349/MENC-SG du 20 septembre 2016. Le rapport final de mise en œuvre de l’identification est disponible.

9. L’acquisition d’une nouvelle imprimerie par l’AMAPP :

Une nouvelle imprimerie et ses accessoires sont acquis sur financement du budget national. Le bâtiment devant l’abriter est achevé.

Le Journal l’ESSOR sera complètement relooké.

10. Lancement du site Internet de l’Agence de Presse du Mali

en lieu et place du vieux papier journal qui existait.

11. La couverture médiatique et internet du Sommet Afrique – France :

Les structures relevant du ministère de l’Economie numérique, qui n’ont reçu aucun soutien à cet effet ont brillamment tenu leur rôle lors de ce grand challenge pour notre pays. L’ORTM en tant que télédiffuseur hôte a fait un sans-faute. L’ESSOR a assuré une excellente couverture.

L’AGETIC a sorti « le grand jeu » avec internet gratuit sur différents sites du sommet et dans la zone ACI.

Orange Mali, Malitel et Huawei ont parfaitement tenu leur rôle.

12. La couverture internet de la Conférence d’entente nationale par l’AGETIC

et la mise à disposition d’une salle de presse équipée tout au long des travaux.

13. La transition vers le numérique est engagée et avancée.

De nombreuses propositions financières et techniques, da qualités diverses sont disponibles. Certaines incluent la construction du nouveau siège de l’ORTM qui doit accueillir de nombreux matériels. Il reste à faire un choix conforme aux intérêts nationaux dans le respect de la souveraineté de notre pays.

14. La fin des travaux du Centre des données :

La sensibilité de ce centre n’autorise aucun commentaire.

15. Le Porte-parole :

Mon équipe et moi-même avons veillé à restituer et à valoriser l’action gouvernementale sans jamais tomber dans la dithyrambe, l’invective inutile ou le « one man show ».

Sans être exhaustif, nous avons tenu dans un esprit républicain et de redevabilité à faire le point de ce que nous avons pu réaliser dans le cadre de la mission que les plus hautes autorités ont bien voulu nous confier.

Ces résultats, quel que soit l’appréciation que l’on puisse en faire, sont le fruit du travail d’une équipe que je tiens à remercier et à saluer : gardiens, techniciens de surface, plantons et coursiers, chauffeurs, reprographes, secrétaires, agents du Secrétariat général et de la DFM, Directeurs et assimilés des différents services, Secrétariat particuliers, agents de sécurité, Haut Fonctionnaire de Défense, Attaché de Cabinets, Chargés de missions, Conseillers Techniques et assimilés et enfin Chef de Cabinet et Secrétaire Général.

Que tous reçoivent ici l’expression de mon infinie gratitude !

Mes remerciements vont à Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement sortant Modibo Keïta et à Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat Ibrahim Boubacar KEÏTA dont la confiance m’ont permis de travailler sur le devenir de mon pays à travers le développement du numérique et sur l’image du Mali.

J’ai bénéficié du respect, de la considération et de la solidarité de tous les ministres : ma reconnaissance à eux tous !

Bonne chance à la nouvelle équipe gouvernementale !

Puisse Allah SWT étendre sa miséricorde sur notre cher Mali !

Bamako, le 23 avril 2017

Ancien Ministre de l’Economie Numérique

et de la Communication, Porte-parole du Gouvernement,

Me Mountaga TALL


“1- A ce jour aucune grève n’a été observée ni aucun préavis de grève déposé ;
2- Il existe un climat social apaisé voire convivial avec les divers syndicats ;”__Communiqué

Tout est rose in IBKLand. Donc les 70 jours de gréves des enseignants au nord ne compte pas?

Faty, ils vous ont oublié 🙂

Amadou Wane


Oui, me Tall parle de son département. SInon hunnnnnnn….

Tieman Diarra


Cher Wane,

Au ReCAM, nous ne considerons point ces responsables de l’echec du mouvemement democratique. Mountaga est l’un de ces responsables qui doivent du compte au peuple malien.

Quoi qu’il fasse de bon ne vaut absolument rien par rapport a ce que lui et ses amis brigands, voleurs, menteurs, malhonnetes, ….ont donne comme coups de tete a la republique de Modibo. Par leurs jeux d’interets et de connivence, ils ont transforme ce pays, jadis grand de valeurs, en un objet de pitie et meconnaissable a tous les niveaux, sur tous les plans,..

Ils sont tous sur le banc des accuses de l’histoire. C’est juste une question de temps avant qu’ils ne soient juges et enfermes pour haute trahison a commencer par Alpha Oumar Konare, Mountaga Tall, Boubeye Maiga, Pr Ali Nouhoum Diallo, Ousmane Sy, Mme Sy Kadiatou Sow,..

Youssouf Maiga du ReCAM depuis Dar-el-Salam Bamako.


L’analphabétisme ne doit plus selon moi exprimer notre retard, d’autant plus qu’on peut ne pas être à l’école et être conscient. C’est cette ignorance caractérisée qui nous met en retard. Bien aussi à savoir que ces intellos qui se servent de ce qu’il y’a dans leur crâne pour nuire le pays sont des ignorants caractérisés. Leur connaissance manque de bonne moralité._Moussa Sangare du Mouvement des Jeunes Leaders du Mali

Sidy Danioko


Bonsoir à toutes et à tous,

Je suis resté sur ma fin en lisant le bilan du Ministre Me TALL.

Rien n’est dit sur la couverture nationale en termes de téléphonie et d’internet alors qu’on sait même à quelques pas de Bamako, certaines localités de moyenne à grande taille n’ont pas accès à ces service. La situation est pire à l’intérieur du pays où certains chef-lieu de commune n’ont ni réseau téléphonique ni internet en ce 21° sèche.

Quelles dispositions l’Etat du Mali envisage prendre avec les opérateurs de téléphonie mobile pour corriger cette grave lacune?

Si des chefs-lieux de commune n’ont pas de réseau téléphonique, que dira-t-on des milliers de villages, fractions et hameaux isolés du reste du pays du point téléphonie mobile et internet?

Bonne suite de semaine à toutes et à tous.

Youssouf SANOGO


Chers tous,

En lisant le bilan, je note plusieurs avancées potentielles, notamment concernant l’ORTM [III*5]

1. “L’instauration de débats contradictoires y compris avec l’opposition politique et la société civile”
2. “Introduction du langage des malentendants pour les principales émissions”
3. “L’introduction d’émissions en anglais et en arabe et le renforcement des émissions en langues nationales….”
4. “Le lancement effectif de l’itinérance gratuite (Free roaming)”, comprenant le Burkina, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Sénégal et le Togo [III*3]

Pour le reste, mes questionnements:

1. La Poste [II*1]: ayant raté la transition du mandat aux services bancaires modernes, partant sa transition numérique, quel avenir a encore cette institution? Si oui, quel effort peut-on consentir pour la relancer, par ex, lancer une banque postale? D’autres services postaux (transport local et régional, communications, transfert de fonds et gestion de patrimoine, prestations publicitaires, philatélie numérique sur demande*) sous d’autres cieux, lorsque la Poste a dû se trouver une nouvelle mission ou périr?

Si non, il n’en reste qu’une coquille vide qui n’a d’ailleurs plus aucune fonction sur une grande partie du territoire. Les cars privés transportent même le colis et courrier moyennant compensation. Les enfants de là-bas ne connaissent pas un timbre postal malien.

2. Technologies de l’information et de la communication
C’est étonnant que le Plan Mali numérique 2020 n’est même pas mentionné. Le programme national date de 2011. Il représente l’articulation la plus cohérente d’une vision de progrès dans le domaine pour notre pays. On peut comprendre qu’il a été malmené par l’éclatement de la rébellion de 2012 et la mise en veille de programmes comme le maillage du territoire par fibre optique.

Mais le ministre Mahamadou Camara l’a ressuscité et après un atelier préparatoire important, le MN2020 est adopté en fin novembre 2014. Autour de la conférence de la Journée nationale du Sommet mondial sur la société de l’information, le 17 mai 2015, le successeur de M. Camara, Choguel Kokalla Maïga, a parlé de l’adoption imminente du programme national par le gouvernement. Ce qui serait effectif au Conseil de ministres suivant (publié le 21 mai 2015).

Depuis on parle d’un décret qui doit finaliser la mise en place de MN2020. Vous voyez que de 2011 à 2017, nous avons passé 6 ans de passage à vide, quels que soient les obstacles rencontrés. Dans le domaine du numérique, c’est une époque entière ratée. Pas de surprise si le Mali n’est pas dans le peloton de tête des pays compétitifs dans ce domaine.

L’absence de référence à Mali numérique 2020 doit nous interpeller dans la mesure où les changements multiples à la tête de ce département stratégique a fait perdre le fil au sommet. MN2020 est devenu quoi alors?

Donc, c’est peut-être là que le nouveau ministre est attendu. Même s’il est difficile de voir un scénario miracle. Il est le 4e chef du département depuis 2014. Le nom de ministère a changé plusieurs fois (Communications et Nouvelles technologies, Communication, Information et Economie numérique, Communication et Economie numérique). Mais, au fond, nous avons encore à faire à un ministère de la Communication, avec l’AMAP au cœur du dispositif. Sans MN2020, le versant économie numérique reste décoratif pour le moment. Vraiment dommage.

3. Télescopage: l’annonce de l’adoption de l’Agence de gestion du Fonds d’accès universel (AGEFAU) est intéressante. Il existe déjà un département Service universel au niveau de l’AMRTP, une agence dont l’administration reste sujette à confusion et polémique.

Quel sera le lien entre ces deux? S’agit-il de structures parallèles ou de la substitution de l’une par l’autre?

En tout cas, le premier bénéfice pour le citoyen ordinaire en termes d’accès universel (aux ressources numériques) reste la qualité de la téléphonie et de la connexion internet. Celle-ci s’est largement dégradée, au point que dans certaines zones autrefois occupées, on annonce une qualité de réception plus dégradée les deux dernières années. Celui qui appelle régulièrement vers ces zones le sait.

Donc, le risque est grand qu’on continue à multiplier des structures initiées sous un ministre qui passe la main dans quelques mois et celles-ci finiront par végéter après son départ. C’est ainsi que j’appréhende le désastre du Plan Mali numérique depuis le départ de M. Camara.

Je l’ai dit sur de programmes similaires, c’est plutôt une agence spécialisée avec une administration autonome qui est indiquée pour un tel programme. Tant qu’il reste dans les couloirs d’un département dont l’occupant a des priorités et prérogatives politiques avant tout, il ne sortira pas de l’ornière.

Voilà, dit à chaud, mais les bonnes surprises ne nous déplairont certainement pas.

Bonne suite dans les idées et un weekend agréable à tous.

Mohomodou Houssouba
* ex: https://postcardsfromtimbuktu.com/