Reactions à la Lettre de Prof Adam Bâ Konaré au Président Macron

Lettre ouverte à Emmanuel Macron, par Professeur Adame Ba Konaré

Le dimanche 7 mai, à 20 h précises, le visage du nouveau président français apparaît sur les écrans de télévision et ce visage est celui d’un homme jeune de moins de quarante ans, le plus jeune président de l’histoire de la France, depuis Napoléon.

Un président qui n’a jamais brigué un poste électif avant les présidentielles, quasi inconnu des Français jusqu’à son passage comme secrétaire général adjoint de l’Élysée puis comme ministre des Finances de François Hollande. Un président parti de presque rien, si ce n’est de ce mouvement En marche qu’il a fondé il y a à peine une année.

La récompense de l’audace, qui n’est pas loin du yes we can de Barack Obama ? Oui, assurément !

Ce président, auquel on ne s’attendait pas, qui vient faire un pied-de-nez à la galaxie clivée des partis traditionnels, de droite comme de gauche, aux ténors usés sous le harnais de plus de trois décennies de luttes étripées les uns contre les autres va, s’enthousiasme t-on, « réinventer la France », apporter un baume rafraîchissant dans les cœurs et les esprits.

On dit que la France va « redevenir le centre du monde, renouer avec ses valeurs. »

« De l’air frais », nous laissent entendre certains commentateurs. Sur CNews, dans une émission du 8 mai, un débatteur affirmera que ce nouveau président a de la chance et que cette chance – là, il va la reporter sur la France. Très africain comme analyse. Très africain comme croyance : on dit là-bas que la chance d’un pays est dans le bonnet de son chef.

Il va, croit-on également, combler « le vide émotionnel » causé par le régicide dont a été coupable le peuple français au XVIIIe siècle, en réincarnant cette figure royale qui manque tant à la France. Le rêve fantasmagorique !

Il est donc là, ce nouveau président, jeune et beau. Beau comme un Dieu grec, ou comme une star de cinéma. Mais ça, c’est une autre histoire…

Rassembler est le mot d’ordre, le projet politique d’En Marche, son mouvement. Prendre un peu à droite, un peu à gauche, un peu au centre, sa stratégie.

C’est à ce président que j’adresse cette lettre ouverte en tant que citoyenne de l’Afrique.

En Marche ! Une opportunité historique

Monsieur le Président, vous avez pointé du doigt le désarroi français L’une de vos exigences, avez-vous dit, est de « rendre aux Français cette confiance en eux depuis longtemps affaiblie parce que depuis des décennies, la France doute d’elle-même ».

Désarroi, oui, puisque, comme pour appuyer vos propos, le PS aura enregistré son plus faible score depuis cinquante ans, et la droite se sera disqualifiée pour la première fois.

Vous avez renouvelé les règles du jeu. Il est symptomatique qu’il vous ait suffi d’une toute petite année, d’avril 2016 à avril 2017, pour créer et mettre en marche votre mouvement En Marche ! Vous avez renvoyé dos à dos les traditionnelles Gauche et Droite. Vous les avez endiguées dans une espèce de fusion qui n’est pas loin d’une certaine forme de consensus.

Certainement, en Europe, vous allez faire des émules !

En Afrique, cette voie a été déjà expérimentée. Au Mali, mon pays, dans les années 1990, elle a été prônée pour faire face aux situations quasi-anarchiques consécutives à la fin du régime à parti unique et a l’avènement de la démocratie.

Elle est aussi recommandée depuis des années par la communauté internationale pour stabiliser les pays fracturés, telle que la république démocratique du Congo, ou pour juguler des crises menaçant la paix.

Voyez-vous, monsieur le Président, ce qui semble être une expérience inédite pour la France, est une réalité pour Afrique qui en tire déjà les leçons et en signale les dangers.

Les présidents ayant opté pour cette alternative sont accusés de « débauchage et de volonté de casser les partis politiques », partis sans lesquels, l’on ne saurait parler de démocratie.

Cette situation est perçue aujourd’hui comme la confiscation du pouvoir par une minorité d’hommes politiques qui font de leur pays un gâteau à partager. Quant aux personnalités de la société civile cooptées, elles apparaissent comme des « opportunistes » qui, sans participer aux combats politiques, profitent d’un cadeau obtenu sans effort.

Dans ces conditions, comment opérer la convergence entre votre innovation et l’expérience africaine ? Quels enrichissements en tirer de part et d’autre ?

Je m’interroge : que vont devenir les ersatz africains des partis politiques français, ceux se disant de gauche comme de droite ? ou encore centriste, centre-gauche, centre-droite… ? Ces partis traditionnels sont surtout bousculés par d’autres formations, qui n’utilisent pas le nom de partis politiques mais qui sont là, partie prenante du jeu politique, et très actives sur le terrain. Ce sont toutes ces associations corporatistes ou islamiques.

Je n’entends pas être Cassandre mais ne faut-il pas euthanasier l’ensemble des partis politiques en les remplaçant par quelque chose de plus extensible et qui va au-delà de leurs énoncés aux bases sclérosées ?

A l’évidence, est révolu le temps des grandes idéologies univoques dominatrices et à prétention universelle.

En Marche ! Pour une visite au Mali

Le 19 mai, monsieur le Président, en votre qualité de Chef suprême des Armées vos premiers pas sur le sol africain vous ont conduit au Mali, pour visiter la force Barkhane engagée dans la guerre du Sahel.

Vous êtes directement allé à Gao, où sont concentrées les troupes de la force Barkhane. Les images font revivre ce qui semble déjà être votre style : démarche solennelle et lente lorsque vous passiez les troupes en revue, sans tapis rouge, comme lorsque vous traversiez la cour de l’Elysée le soir de votre élection. Puis, inversion de tableau, où à la cantine, votre plateau-repas en mains, vous vous êtes installé, très décontracté, vous leur Chef suprême, côte à côte avec vos soldats pour partager leur repas, presque en osmose avec eux. Vous les avez rassurés et exprimé votre détermination : « exigent, lucide, toujours présent » tout en évitant d’exposer leurs vies. Par delà la France et vous-même, fervent Pro-européen, vous avez exprimé votre souhait pour plus de coopération de l’Europe et de l’Allemagne, particulièrement, en interpelant nommément madame Merkel.

Vous y avez affirmé l’engagement militaire de la France pour la sécurisation des territoires face aux groupes jihadistes jusqu’à l’éradication complète du jihadisme.

Devant le président malien, vous avez souhaité que « l’engagement militaire soit accompagné d’une stratégie de développement. »

On a noté ce qui pourrait être une mise en garde dans votre entretien téléphonique avec le président algérien lorsque vous survoliez son territoire : « je n’enverrai pas nos soldats se faire tuer si tous les gouvernements responsables de la situation localement ne prennent pas l’intégralité de leur responsabilité. »

Vous avez dit continuer avec le dossier du Nord Mali tel que l’a enclenché le président François Hollande.

Votre discours, pareillement, s’inscrit en droite ligne de celui de votre prédécesseur et de ses anciens ministres, notamment Laurent Fabius et de Jean-Yves Le Drian, par exemple lorsque vous dites « on ne peut pas manifester quelque faiblesse que ce soit à l’égard de mouvements terroristes (…) et mot pour mot : « nous serons intraitables. » « Nous avons besoin de poursuivre et d’accroître notre engagement (…) Il restera de haute intensité ici au Sahel… »

Et pourtant, votre champ de bataille, le Sahel, est miné, tant au propre qu’au figuré, monsieur le Président. Les populations du Nord Mali le savent. Ne vous laissez pas emporter par la seule fougue guerrière. N’exaltez pas la seule solution militaire.

Osez trancher le nœud gordien, Monsieur le Président, dans vos procédés discursifs en direction de l’Afrique comme vous l’avez fait avec la France et l’Europe.

Elargissez votre champ d’analyse tant pour cette question précise que pour toutes les autres questions concernant les destinées communes de l’Afrique et de l’Europe. Toute solution envisagée devra être partagée, avec méthode et discernement, en rompant avec les recettes unipolaires et usées.

En Marche ! Avec des mots forts

Vous avez dit, monsieur le Président, que « nous sommes à l’orée d’une extraordinaire renaissance », et déclaré vouloir « mettre l’innovation au cœur de votre action. » Deux déclarations fortes. Alors faites en sorte, monsieur le Président, d’innover aussi dans les relations de la France avec l’Afrique afin que nous soyons vraiment à l’orée d’une « extraordinaire renaissance. »

Vous projetez de “corriger les excès du cours du monde.” Dans cette entreprise, pensez à l’Afrique, monsieur le Président.

« Je veux l’unité de notre peuple », avez-vous dit. Vous proclamez que vous voulez « une France qui sache inventer l’avenir ». Fort de cette détermination, préemptez l’espace franco-africain, monsieur le Président, dans la verticalité, pour « inventer l’avenir » avec cet espace.

Union, rassemblement, amour… voici des mots que vous avez martelés, des mots pleins d’empathie, face à ces défis, si caractéristiques des temps de crise. Les grandes nations savent que ce sont là des mots magiques à même de concocter des recettes idoines pour sortir des périodes de déconfiture.

Votre arrivée devrait être une opportunité pour l’Afrique et le monde, monsieur le Président. Elle correspond à l’un de ces moments de chambardement et de rupture radicale qui portent les germes de nouveaux départs, et dont seule l’histoire a le secret. Chaque pays, chaque nation, avant de dompter les forces de rééquilibrage, connaît des périodes de fracture où tous les voyants affichent le rouge.

« Présider autrement, c’est maintenant », avez-vous dit à la mairie de Paris aux côtés d’Anne Hidalgo, maire de Paris, le jour de votre investiture.

À Berlin, auprès de la Chancelière Angela Merkel, vous avez annoncé votre volonté de « refondation historique de l’Europe ». Vous avez affirmé que vous seriez « un partenaire franc, direct et loyal ».

Imprégnée de vos mots, je vous demande, Monsieur le Président, d’être pour l’Afrique ce partenaire franc, direct et loyal qui saura préserver la dignité de ce continent berceau de l’humanité mais qui porte toujours en lui les meurtrissures causées par l’esclavage, la traite et la colonisation que l’Europe lui a fait subir.

Le défi africain du président Macron

« L’Europe et le monde nous regardent », avez-vous affirmé. J’entends fort bien, monsieur le Président même si j’aurais aimé que vous ayez une phrase pour l’Afrique, que vous citiez nommément l’Afrique, car ce qui va se jouer en Europe ne peut pas se définir en dehors de l’Afrique.

L’Europe n’a pas de devenir sans l’Afrique. Son avenir n’est-il pas plutôt à la fois européen et africain, ne serait-ce qu’à cause des problèmes d’immigration, de terrorisme ou d’écologie ?

L’Europe pourra – t-elle survivre dans son confort à quelques encablures d’un continent de très grande pauvreté ? Sûrement non et c’est pour cette raison que l’avenir des deux continents doit être aménagé en commun.

On vous dit agile, plein d’intelligence et de virtuosité, monsieur le Président. Déployez une partie de ces talents sur l’Afrique ! Osez aborder avec nous et de façon franche, les problèmes qui engagent nos destinées communes.

Nous pensons déjà, monsieur le Président, que vous devriez inscrire l’Afrique dans le projet dont vous rêvez pour la France, pour l’Europe et pour le monde.

Il vous revient une tâche bien délicate mais oh combien noble, qui mette au pilori tous les vieux poncifs coloniaux et néo-coloniaux tenaces dans votre pays et en Europe : celle de définir et de mettre en oeuvre une stratégie globale pour l’Afrique, une stratégie ambitieuse et courageuse que vous partagerez et accomplirez avec l’Afrique.

Monsieur le Président, repensez la politique africaine de la France ! Quelle politique française pour l’Afrique ? C’est un débat de fond qu’il faut engager. Osez assumer votre fougue ! Permettez à votre intelligence d’être au service du défi à relever.

Oui, monsieur le Président, votre défi sera de repenser les relations franco-africaines, de les mettre en mouvement, de les normaliser, c’est-à-dire de les rendre plus égalitaires, mutuellement avantageuses, en mettant fin à la politique des réseaux et du « copain-copain » à l’endroit des chefs d’État africains.

Pour y parvenir, inscrivez-vous dans une dynamique de collaboration sans arrogance ni paternalisme, sans triomphalisme, en sachant que ce continent a encore besoin d’aide.

Décomplexez les relations franco-africaines en apportant vision neuve et comportements nouveaux. Condescendant, le discours de la France peut l’être, tant elle apparaît toujours aux Africains comme une puissance coloniale. Or elle est souvent bien trop frileuse dans ses déclarations. Quand elle hausse le ton, on la dit arrogante, et pour éviter ce faible risque, elle adopte des précautions de langage tellement surfaites qu’elles versent dans la démagogie. N’a-t-on pas trop entendu des formules comme « mon frère et mon ami », « j’aime les Africains », etc. là où un langage franc, direct, mais respectueux et loyal eut été de mise ?

De François Mitterrand à François Hollande, chacun de vos prédécesseurs a tracé ce qui semblait être sa feuille de route, avec plus ou moins de bonheur et de réussite mais aussi de ratés. On dit que le discours de La Baule de François Mitterrand a impacté les révolutions africaines, en débouchant sur la démocratie pluraliste ici et là en Afrique, avec les conférences nationales organisées au Congo-Brazzaville, au Togo, ou encore au Mali. Relativisons, le terrain était favorable, les contestations contre les dictatures déjà en marche.

Vos deux derniers prédécesseurs ont tous brandi leur volonté d’opérer une rupture radicale, manifestant leur ardeur d’en finir avec la France des réseaux parallèles et occultes, une volonté de rupture avec la « Françafrique ».

Pourtant, cette Françafrique existe toujours. Elle se manifeste à travers les sommets France-Afrique aux allures de « liturgies laïques », budgétivores dans leur organisation, néocoloniale d’une certaine façon dans leur conception actuelle, la France restant toujours la grande patronne. Ces sommets croulent sous le poids de discours lyriques, d’auto-satisfécits aux relents démagogiques et complaisants tandis qu’en arrière-fond subsistent ces vieilles peurs coloniales présentes chez les chefs d’État africains qui, hantés par la force de nuisance du maître de l’Élysée, redoutent, à tort ou à raison, sa capacité de les « faire » et surtout de les « défaire ».

Au-delà de tout ça, la Françafrique, c’est le business (parfois crapuleux), les réseaux mafieux, l’argent sale circulant entre l’Afrique et la France.

Les soutiens, la solidarité avec les chefs d’Etat africains s’étendent à d’autres sphères de fraternité et de reconnaissance mutuelles qui ne concernent que la cour « des Grands » : Franc-maçonneries, Rose Croix, Internationale Socialiste…

La majeure partie, sinon l’ensemble des présidents actuels de la bande sahélienne appartiennent à l’Internationale–socialiste : le Niger, le Mali, le Burkina Faso.

L’Internationale–socialiste a le vent en poupe !

L’Afrique ne se ramène pas à ses chefs d’Etat et à ses ministres, monsieur le Président, tout comme la France ne se ramène pas aux réseaux de la Françafrique : il y a ici et là une opinion publique – quand bien même elle est plurielle – il faut l’informer et l’éduquer ; la France doit s’adresser à elle, ici et là-bas, et les compétences pour ce faire ne manquent pas : ce sont les universitaires, les chercheurs, les spécialistes de l’Afrique, mais aussi les hommes et femmes de terrain. Les analyses de ces hommes et femmes vous seront plus utiles que celles qui jouent sur la peur ou sur les intérêts à courte vue. Leurs analyses vous seront aussi utiles sinon plus, que celles de Conseillers au profil plus politique que scientifique. Leurs analyses vous seront plus utiles que celles de célèbres « Messieurs Afrique », agissant dans l’ombre des services secrets et des circuits obscurs, tel que le fameux réseau Focard et ses émanations, des perles que l’on croit rares, mais qui sont aussi rares que sont nombreux les vrais spécialistes de l’Afrique.

Le repositionnement de l’Afrique

J’entends dire qu’il appartient aux Africains de prendre eux-mêmes leurs responsabilités pour sortir de cette dépendance dans l’indépendance, de prendre en mains leurs destinées, en mettant de l’ordre dans leur façon de gouverner, avec des dictateurs et pseudo-dictateurs et autres apprentis-sorciers ça et là. Sans réfuter ces prises des position, je dis que cela fait près d’un demi-siècle que nous rabâchons tous ces discours et plus nous les rabâchons, plus d’étau de l’ancienne puissance coloniale se resserre sur nous.

Je dirai que nous sommes dans l’interdépendance avec l’ancienne puissance coloniale.

Tout est tellement enchevêtré, les relations tellement multidimensuelles !

Dressons ce tableau, posons-nous cette question, qui relève du seul truisme : que sera la France sans l’apport de ses anciennes colonies, sans l’apport des immigrés, tant sur le sol français, européen et africain même. Tablons sur le donnant-donnant, le gagnant-gagnant. Dans les rues de Paris, j’observe les courageux techniciens de surface, je vois de plus en plus de femmes baby sitters africaines avec des enfants « Blancs », dans les magasins on retrouve cette même main d’œuvre noire tant au niveau de la sécurité que de la manutention. Je ne comptabilise pas les étudiants, les chercheurs, les artistes, les sportifs, les créateurs et autres cadres, les relations amicales et parentales nées d’un long parcours commun, le partage de la langue française et que sais-je d’autre…

Si nous sommes tous d’accord pour dire que l’arrivée du Président Macron en France constitue un événement majeur, m’adressant à mes concitoyens africains, alors, je dis : cette opportunité-là, il nous faut la saisir. Marquons le nouveau président Français, scotchons-nous à lui, assiégeons son esprit, provoquons chez lui l’électrochoc capable de changer la donne.

Nous parlons de partenariat, de liens complémentaires ; alors, arrêtons d’hypostasier nos jugements sur une Afrique où tout va se régler par incantation.

Renouvelons nos discours, dans la clairvoyance et dans la lucidité. Saisissons le formidable renouvèlement du jeu politique en France pour nous réinventer. Inventons un autre paradigme avec des mots-clés, seulement des mots d’AMOUR : partenariat, solidarité, respect mutuel, empathie, humanisme, fraternité des cœurs, interdépendance, échanges réciproques, paix…

L’espoir en marche

Pourquoi tous ces développements, monsieur le Président ? Parce que j’ose espérer en vous, car :

– On a appris que, au sortir de l’ENA, vous aviez choisi de faire votre stage en Afrique, au Nigeria précisément, et non en Europe ou en Amérique.

– Pourquoi ne pas espérer en vous, monsieur le Président ? En pleine campagne électorale, vous avez pris le risque de vous aliéner une certaine frange de l’opinion française qui professe que la colonisation a eu des aspects positifs, en proclamant haut et fort et en assumant courageusement, lors de votre visite à Alger, que la colonisation était un crime contre l’humanité. Alors qu’un de vos devanciers avait évoqué des aspects positifs de la colonisation et qu’un autre disait de l’Afrique qu’elle n’était pas encore entrée dans l’histoire…

Permettez-moi, monsieur le Président de terminer sur ce vœu particulier : alors que sont certainement à saluer les efforts de parité de genre et la diversité de l’outil exécutif du gouvernement que vous venez de composer, on ne peut pas ne pas remarquer qu’il comporte deux départements consacrés à l’Europe : le ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères et le ministère des Relations avec l’Europe. Singulièrement, et quand bien même les approches et résultats étaient discutables, les ministères de la Coopération ou du Développement, où étaient domiciliées les Affaires africaines ont disparu.

Monsieur le Président, là aussi, pour bien marquer votre volonté de renouveau audacieux, un ministère des Affaires africaines aurait été le bienvenu.

Bon vent, Monsieur le Président !

Ce jour 24 mai 2017

Prof. Adame BA KONARÉ

Historienne

Ancienne Première Dame du #Mali.


Ah la fin de la momification des Konaré !

Amadou A. Touré


J’aurai aime aussi lire ou entendre la voix de l’ex Première Dame sur le Mali
Merci à Macron qui a pu sortir la famille Konare de sa longue hibernation politique.
Vivement AOK sur le devenir du Mali

Yachim Y. Maiga


Exactly,ce fameux couple a raté voire échoué sur tous les plans…

Amadou A. Touré


Cher Yachim,

Je pensais qu’Adam Ba n’etait au courant de rien de ce qui se passait au Mali.!
Quel manquement grave au devoir de reconnaissance de la part d’Adam Ba.

Hier a aujourdhui, une ingratitude sans commune mesure. Sous leur silence insolant, le pays continue aisementy dans sa chute apnee, d’ailleurs conditionne par leur mauvaise gestion.

Ce sont eux qui ont plante la graine de la chlochardisation du pays, jadis grand de taille et de valeurs.

Cher Yachime, veuillez passer ce texte(venant de moi il ya qqs annees de cela ) a Adam Ba pour, a son tour, le transmettre a son mari, le premier assassin du mouvement democratique et le sponsor de ces monstres politiques qui nous font pleurer aujourdhui.

” L’indifférence coupable, désolante et crapuleuse de nos anciens présidents face à la situation actuelle du pays pose leur interpellation. Il est vraiment inacceptable le silence manifesté par les premiers responsables de l’actuelle situation du Mali dans son existence et dans ses diversités. En tout cas, leurs absences dans la gestion de cette crise ne sont que rengaines pour bon nombre de citoyens maliens. Ceci se justifie par leurs gestions calamiteuses de la question du nord.”
http://www.maliweb.net/contributions/ou-sont-nos-anciens-presidents-92241.html

Sidy Danioko


La crise politique que le Mali connait semblait ne pas beaucoup intéresser certains acteurs passés – ou pas- de la vie politique malienne jusqu’à cette visite du tout nouveau président français Papa Macron ( pour conserver le respect dû au président de notre mère patrie colonisatrice).

Quelle surprise de voir Madame Ba attendre que les français élisent Macron à la présidence de notre pays de la France pour lui adresser une lettre ouverte, de plus.

Bien belle , la leçon, mais je la trouve bien en retard, et surtout à la mauvaise personne. mais bof! d’autres me diront que seuls les présidents surtout ont le pouvoir de sortir notre historienne de renom de sa retraite. Sa dernière réaction médiatique date de la visite du si bien nommé, Nicolas Sarkozy à Dakar, sur le « drame de l’Afrique » qui viendrait du fait que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire. […].

Nous autres maliens sommes passés par milles malheurs évènements du coup d’état du loufoque capitaine Sanogo à l’occupation de Kidal par le conglomérat de rebelles apatrides , de pseudo-djihadistes et de narcotrafiquants coupeurs de chemins.

Nous avons beaucoup encaissés, mais Madame Ba – et son mari, l’ancien président de la république du Mali Alpha Oumar Konaré – sont restés muets. A en croire que la vie politique du Mali, l’occupation du pays, ce président promeneur que les circonstances ont conduit au pouvoir ( et qui d’ailleurs semble l’avoir oublié) .

une lettre ouverte qui commence par des commentaires sur les conditions des élections en France, des éloges du tout jeune président que la France s’est trouvé , face à la menace la dame au discours nationaliste et xénophobe. » Il est donc là, ce nouveau président, jeune et beau. Beau comme un Dieu grec, ou comme une star de cinéma. Mais ça, c’est une autre histoire… », évoquant les états d’âmes du peuple français et les missions que Macron se proposait pour ce quinquennat au sommet de l’état français » rendre aux Français cette confiance en eux depuis rendre longtemps affaiblie parce que depuis des décennies, la France doute d’elle-même »…

je n’ai pu étouffer un rire de pleine gorge!!! les français!! les français!!!! la France !!!Macron!!! PS!! République!!!!

Mais diantre où mettez vous le Mali dans cette lettre madame Ba?

N’êtes vous pas malienne? la Mali ne vous préoccupe t-il pas plus que cette France???

Nous aurions aimé savoir ce que Madame Ba pensait de notre président ou de son enfant qui semble se préparer à hériter du pouvoir par le truchement d’un nouveau parti d’état!!!

« Et pourtant, votre champ de bataille, le Sahel, est miné, tant au propre qu’au figuré, monsieur le Président. Les populations du Nord Mali le savent. Ne vous laissez pas emporter par la seule fougue guerrière. N’exaltez pas la seule solution militaire. »
dites-vous pour évoquer le complexe problème sécuritaire que nous connaissons au Mali. c’est à croire que le Mali et tout le sahel sont un département de la France!!!

c’est vrai que c’est un champ de bataille, mais qui accueille d’autres combattants, notamment l’armée malienne et la MINUSMA qui ont autant de victimes que la force française dont vous parlez si bien dans cette lettre pas aussi ouverte que cela.

Madame, vous semblez réduire la connaissance du problème sécuritaire du Mali aux populations du nord Mali du nord DU Mali , a y croire qu’ils sont les seuls à savoir que la solution militaire ne peut y apporter solution. Pourtant l’Etat français est bien situé dans cette histoire de rebellion cyclique que nous connaissons au nord dès les premières heures de l’indépendance malienne. Vous êtes historienne. Je ne pense pas vous l’apprendre!
Je ne pense pas vous apprendre non plus que l’accord de paix est imposée a ces populations qui n’ont d’autre issu que de l’accepter. Bien que des membres de société civile y aurait participé , nous avons qui et comment sont ces représentants.Les autorités intérimaires en sont la preuve. Le gouvernement malien s’est entendu avec les groupes armés pour distribuer la gestion des régions avec les membres des groupes armés, sans aucune considération pour la volonté ses populations. La communauté internationale est le garant d’un pacte international en faveur de ceux qui ont attaqué la république et l’ont mis en péril ! Ils font des campagnes de sensibilisation aux différentes structu5232e346reste à l’accord de paix , comme s’il s’agissait de ces compagnes de quelqu’un de sensibilisations que nous connaissons sur des problèmes de santé ou l’abandon de pratiques néfastes , alors que les meurtres, les vols, les viols, les braquages de villages entiers continuent dans le grand nord.
La voix de la paix et l’avis de la population pour avoir la paix n’a aucune valeur aux yeux de la France qui continue son lobbying.
Chère professeur, ce qui est en train d’être mis en œuvre est bien éloigné de la paix véritable et de la réconciliation des communautés qui ont été durement éprouvées par ce conflit ! Malheureusement, c’est du ramassé qui est encore une fois entrain d’être fait, avec un détachement désolant ! On ne pense encore qu’au profit !

Qaund on fait venir les anciens rebelles pour essayer de nous berner alors que la douleur et le ressenti de l’occupation, cette injustice qui semble entérinée sont un grand obstacle à la paix.
Madame. Merci pour votre lettre.
Merci de quitter ce mutisme des intellectuels que nous autres maliens lambdas ne comprenions pas.
Merci de rester une intellectuelle embourgeoisée !
Loin des problèmes réels du Mali, qui écrit une lettre ouverte au président français au lieu d’en écrire une au président promeneur que nous avons!
Merci de ne voir une solution au problème du Mali uniquement en France.
Merci !
Vraiment !
Madame.

Faty Harber


MDRrrr j allais plutôt appeler ça lettre fermée à notre ex PD , vous savez que je n ai jamais aimé les lettres ouvertes pourquoi ouvrir une lettre qui est destinée à une personne respectueuse ? Tu as déjà acheté l enveloppe alors notre chère Mme Ba fait un effort pour la fermer si Le destinateur veut il n à qu à la publier all over, et puis si vous continuer à ne pas fermer les lettres la gomme arabique connaîtra le me vente …
I Fo Fi Faty

AgMai


‘avais beaucoup de respect pour cette dame. Mais son mutisme et celui de son mari m’ont paru suspect. Pourtant seul Dieu sait ce que chacun de nous garde dans son for intérêt.
Ils avaient quand même un mot à dire dans notre tragédie

Ahmed Sanoussi


Quote of the night
En fervent musulman qui rêve du paradis et fait Le nafila cette citation m a mis debout KO
“Il n’y a pas à dire, Macron a de l’effet sur les dames d’un certain âge. Je suis sans doute un peu trop jeune pour succomber à l’irrésistible charme du bel Emmanuel, et d’ailleurs que Dieu m’en préserve…”

AgMai


Merci beaucoup, Fatouma, pour cette belle réponse à Madame Adam Ba Konaré, dernière victime d’un accès de macronite aigüe.

Madame Konaré, qu’on a connue plus inspirée dans ses interpellations des chefs d’états français, nous livre cette fois un long texte, confus et émaillé d’étranges injonctions :

“Marquons le nouveau président Français, scotchons-nous à lui, assiégeons son esprit, provoquons chez lui l’électrochoc capable de changer la donne.”

Scotchons-nous à Macron ? Les fans de Justin Bieber ne disent pas mieux. Cela dit, si ces fans ont l’excuse de l’adolescence (certains diront l’enfance), on est toutefois en droit d’attendre plus de circonspection de la part de Madame Adam Ba Konaré.

Il n’y a pas à dire, Macron a de l’effet sur les dames d’un certain âge. Je suis sans doute un peu trop jeune pour succomber à l’irrésistible charme du bel Emmanuel, et d’ailleurs que Dieu m’en préserve…

Pire, sur le finish, Madame Konaré oublie toute retenue et se lâche complètement :

“Monsieur le Président, là aussi, pour bien marquer votre volonté de renouveau audacieux, un ministère des Affaires africaines aurait été le bienvenu.”

Saperlipopette ! Un ministère des affaires africaines ? A quoi Fatouma Harber rétorque :

“Pourquoi pas un ministère des nouvelles colonies pendant qu’on y est ?”

En effet, à quoi bon remettre les pendules à l’heure quant à l’entrée de l’Homme Africain dans l’Histoire si c’est pour réclamer un… ministère des affaires africaines auprès de l’ancien colonisateur ? Mon Dieu, et si Sarkozy lisait ça ? La honte…

Quant à Madame Konaré et sa macronite, nous ne pouvons que prier et espérer une rémission spontanée, ce qui ne saurait tarder, face à la dure épreuve des faits et des millions de chômeurs français qui attendent Macron au tournant. Leurs prétentions (être eux aussi scotchés à un CDI) sont loin d’être déraisonnables, mais bon, on peut toujours compter sur les “sans-dents” (formule attribuée au prédécesseur de Macron) pour gâcher la fête.

En attendant, les proches de Madame Konaré seraient bien inspirés de dissimuler tous les rouleaux de scotch autour d’elle. Les américains ne pardonnent pas à Jackie Kennedy d’avoir épousé ce parvenu d’Onassis, nous ne laisserons pas notre Première Dame adorée se scotcher à un bellâtre, fut-il président de la République Française. Le Mali, qui n’est plus à une humiliation près, ne survivrait pas à pareil affront.

Stephane Bombote


Perso, j’approuve le silence du couple Konaré sur la crise malienne. Je ne vois pas ce qu’ils diront sans être mal interprété de tous les cotes en somme. Si on a besoin de leur éclairage, il appartient au leadership de demander leur service pour aider la nation sans qu’une autre interprétation malhonnête ne soit collée ou à la limite les embastiller pour préparation de coup d’État et outres. Il appartient au leadership actuel de créer les conditions et les opportunités aux anciens présidents vivants pour nourrir la réflexion sur la sortie de crise. Je retiens de la lettre de Mme Konaré une existence réelle de la francafrique à travers réseau officieux qui guident et mettent la pression sur nos président de préfet de France.
Le couple Konaré est un couple politique et tout ce qu’il dit est forcément interprété comme immixtion ou tentative de déstabilisation du Mali. Rappelez vous que le président actuel n’a pas daigné les inviter à investiture et pourtant il en a fait venir plusieurs non africains.
Je pense pas que la crise actuelle manque de proposition de solutions surtout venant de l’opposition dont le parena. On connaît la suite. La cma est mieux appréciée du gouvernement que l’opposition. Ses injonctions sont systématiquement prises en compte même quand elles violent les lois de la république.
La presque ouverture envers ouverture c’est de leur ouvrir un moyen d’user dans le mangeoire publique en prenant en charge le cabinet de Soumaila Cisse. N’y a t il pas d’autres besoins préssents et idoines pour investir l’argent que la prise en charge d’un cabinet d’opposition dont on ne sent aucun impact dans l’animation de la vie publique, surtout en parlant de ce jour chef de file. Si un parti politique ne peut pas assurer son propre fonctionnement sans l’apport de l’argent et sans tenir de la gravite de la situation du pays. Et bien, eh bien, faudra t il attendre de cette opposition quelque de meilleure ?

Cordialement,
Balata Ahamadou


J’ai été vraiment déçu en lisant cette lettre. Ça illustre parfaitement l’état mental d’un bon nombre d’intellectuels africains.

Amadou O. Wane


Ces personnes profitent de leur statut d’intellectuels ou de politiciens qui s’enrichissent sur le dos du peuple

Faty H.


Je me scotche à Stéphane – à sa critique, je veux dire. Belle illustration de tes idées avec des citations bien représentatives de cette lettre ouverte que AgMaiga souhaiterait fermée – secret de lettre !!!

Et lorsque j’ ai découvert l’ image d’ “Une si longue lettre” de Mariama Ba, j’ allais mourrir de rire.

Un ministère français des Affaires Africaines proposé par un Africain, c’ est vraiment avouer et accepter que la France recolonise tous “ses territoires d’ Outre Mer”. Fatalisme exprimant que les Africains ne soient pas capables de réfléchir à la résolution de leurs problèmes.

Comment se fait-il que certains intellectuels africains ignorent que l’ Afrique Francophone, depuis plus de 50 ans “scotchée” à la France, est constituée des pays les plus pauvres du monde.

Bien cordialement

M. Diagayété