Dr Clement Dembele sur l’ Aide Publique aux Partis Politiques: Presque 2 Milliards FCFA

Hi all,
Veuillez ecouter l interview en langue bamanankan du Sieur Clement Dembele sur l aide publique aux partis politiques. En 2016 le gouvernement malien a alloue a peu pres deux milliards de francs cfa a 22 formations politiques. Doit on continuer sur cette lancee? Que font elles de cette somme astronique allouee annuellement face au manque criard des besoins de premiere necessite? Dr Dembele repond a ces questions en bamankan sans langue de bois.

https://www.voabambara.com/a/3884540.html

Modibo Dembele


Bonsoir,
Cherchons à savoir pour mieux juger. Et surtout pas d’amalgame, car tous les partis politiques maliens ne se ressemblent pas !
Ces arguments de M. Dembélé contre le financement public des partis politiques maliens me semblent très légers sinon subjectifs. Certes au Mali, les conditions d’utilisation des fonds doivent être transparentes et contrôlées. Cependant :

1- Monsieur Dembélé croit que c’est au parti politique de construire une université ou des écoles; y compris en renonçant au financement public. Il faut qu’il s’imprègne mieux de la mission, du rôle d’un parti politique dans la démocratie. Qui ne se limite pas à l’exercice du pouvoir par un parti.

2- Monsieur Dembelé ne connaît pas les productions des partis au Mali; encore moins leurs actions citoyennes au quotidien. Sinon, peut-être les reconnaître l’empêcherait d’être dans l’air du temps de la flagellation du politique “cause de tous les malheurs”.

3- Et pourtant, comme acteurs chargés de veiller sur la bonne gouvernance, certains partis politiques maliens n’ont eu de cesse d’informer les citoyens sur les dérives du pouvoir dès le 7ème mois de la Présidence IBK.

4- On aurait aimé voir autant de commentaires véhéments lorsqu’un Boeing présidentiel ou des équipements militaires ont été surfacturés. Ce dossier a été mis sur la place publique par un parti politique. Les sommes dérobées s’élèvaient à plusieurs fois le fond alloué aux partis politiques.

5- Plusieurs autres dossiers et activités majeures ont été produits par les partis maliens dont le Parena par exemple. Ce parti a même initié par le passé des formations d’aides-soignantes (plus d’une centaine). La dotation publique n’a pas suffit à renforcer les capacités du personnel de santé au Mali.

6- La démocratie coûte très cher. Toute action politique génère des coûts dans un pays où les militants n’ont pas les moyens de financer le fonctionnement de leur parti.

● Une conférence de presse au Mali revient à au moins 1 millions cfa.
● Une tournée auprès des maliens de l’intérieur coûte en logistique au minimum 5 millions. Etc.

Les grandes démocraties à travers le monde piétinent encore sur la question du financement de leurs partis politiques. Et au Mali certains partis politiques n’ont aucun complexe à accepter l’allocation de fonds publics, tant leur investissement quotidien pour le Mali dépasse largement cette ressource !

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Mahamadou Cissé Paris


Monsieur Mahamadou Cissé,
Ce n’est pas parce que vous êtes le neveu de Tienble Drame que vous devez vous sentir obliger de répliquer et de défendre l’indéfendable. A bien me lire, je ne condamne pas la légitimité des fonds alloués, loin de là car ce sont les partis politiques même qui votent ces lois. Mais quand vous demandez au peuple de vous suivre et de vous élire au pouvoir, il convient moralement de respecter le principe de prouver que vous êtes capables du “soyez âpres” et du “don de soi” qui sont sensés être la morale même de la politique et des affaires publiques.
Vous citez “charge” la formation de quelques aides-soignantes sur 3 millions et demi de chômeurs en plus de 10 ans d’existence de votre parti politique. A votre place je ne réagirais même pas pour éviter tout polémique quand on sait comment sont ces partis politiques et comment ils sont alimentés et entretenus…….
J’ai un immense respect pour l’homme que représente votre tonton Tienble Drame pour son courage et son engagement dans la vie démocratique du Mali depuis le temps de Moussa Traore ( je lui ai consacré un article “Le rebelle politique malien” dans le magazine Africa il y a deux mois. Cela dit, arrêtez de défendre le diable politique si vous estimez vraiment avoir de l’estime pour ce peuple meurtri. Le Mali a aujourd’hui besoin qu’on se disent la vérité et non d’entretenir les vieilles lunes des pratiques cadavrrisante.

Et pour finir, je connais très bien le Mali et je consacre toutes mes études sur les partis politiques maliennes.

En vous souhaitant bonne lecture, recevez mes salutations les plus respectueuses.

Dr. Clément DEMBÉLÉ, politologue, professeur des universités.


Dans un Mali déchire , violente, qui a la tête sous les eaux puantes du Djoliba, le partage de magots entre partis politiques est simplement de mon point de vue cynique et honteux.
Nous ne sommes pas dans un pays normal depuis l’avènement de la rébellion, et aucune élection organisée jusque là n’a été une élection transparente et crédible n’en déplaise les rapports élogieux. Nos textes ne reflètent pas la réalité du terrain.
Nous aimons calquer et faire du copier coller.
Avec tout le respect a mis hommes de lois , même notre loi mere est calquée.
C’est pourquoi il est indécent de continuer à distribuer de l’argent des contribuables à des partis politiques qui ne représentent pas la réalité.
Ce n’est pas parce que une chose est loin qu’elle est juste.
Le financement des partis peut il se justifier dans la situation actuelle du Mali? Situation de guerre, course des partis vers le parti présidentielle .
Le pouvoir demande d’un Côte aux fonctionnaires de serrer la ceinture et de l’autre côté distribue l’argent des mêmes contribuables aux partis politiques.
Y a til aujourd’hui un parti politique qui connaît le nombre de ses militants? Combien de militants paient régulièrement leurs cotisations ?
Dans un pays comme le notre ou un Depute a été élu en 1992 avec six voix, ou le parti présidentiel gagné toujours les législatives , il est injuste de continuer avec un texte disuet sur le financement des partis politiques . La loi du financement avantage toujours le parti présidentiel,
Il nous faut repenser le texte afin de le rendre plus conforme à la réalité. Un parti comme le Parena qui passe tout son temps à produire des réflexions recommandations et former les militants ne mériterait il pas mieux dans le financement?
Les critères de financement sont à revoir et les conditions d’application aussi.
Je serai favorable à ‘introduction de critères tels que: participation à la formation citoyenne ; Seuil nombre de militants à jours de leurs cotisation; production de recommandations sur les questions d’intérêt national
Je serai ausdi partisan de l’introduction dans la loi de la suspension de financement en période exceptionnelle comme état d’urgence de siège , entre autre. Ceci nous aurait permis de rediriger le financement vers par exemple l’enveloppe réservée à l’armée en situation , la santé en situation de grande épidémie ou vers l’école .
En conclusion je suis pour que nous nous réapproprions de notre réalité historique et géopolitique . Arrêtons de mimer les autres et redevenons nous mêmes en comptant sur d’abord sur nous mêmes.
Comme disait l’autre “le mali d’abord”

Yachim Maiga