Financement des Partis Politiques au Mali : Où est la Morale ?

Financement des partis politiques au Mali : Où est la morale ?

Dans un Mali déchiré, violenté et qui a la tête sous les eaux puantes du Djoliba, le partage de magot entre partis politiques est simplement de mon point de vue cynique, honteux et indécent.

A-t-on besoin de porter des lunettes à trois dimensions, pour comprendre que nous ne sommes pas dans un pays normal, depuis l’avènement de la rébellion au Nord du Mali. N’en déplaise aux professionnels de la politique, aucune élection organisée jusque-là n’a été une élection transparente et crédible.

La loi sur le financement des partis politiques rédigés précipitamment et hélas claques sur les lois de nos ancêtres, les « gaulois » ne reflètent pas la réalité du pays. Nos hommes de lois et nos honorables législateurs n’étaient que trop inspiré pour élaborer une loi favorable aux vainqueurs du moment : le parti politique au pouvoir, au détriment du contribuable malien.

Aussi n’est-il pas temps de revoir cette loi de financement des partis politiques ? Car, de mon point de vue, il est indécent de continuer à distribuer l’argent du contribuable malien à des partis politiques qui ne représentent que des groupuscules d’hommes et de femmes gravitant autour du pouvoir central à Bamako.

Ce n’est pas parce qu’une chose est loi qu’elle est juste, mais bien parce qu’elle est juste qu’elle doit être loi. On doit l’adapter cette loi qui ne profite qu’é certains et quel que soit la situation que vit le pays.

Le financement des partis peut-il se justifier dans la situation actuelle du Mali, c’est à dire une de guerre, une situation d’insécurité généralisée ? Le pouvoir demande d’un côté aux fonctionnaires de serrer la ceinture quand bien même le panier de la ménagère continue de se vider, et de l’autre côté, ne se gêne pas de distribuer des sommes colossales aux partis politiques. C’est une situation d’injustice sociale, car ce sont les mêmes personnes au pouvoir qui en bénéficient à travers leurs partis au financement occulte. Les critères de financement des partis politiques ne reflètent nullement la réalité du terrain.

Quel est aujourd’hui, le parti politique qui connaît le nombre de ses militants? Et combien de ces militants paient régulièrement leurs cotisations? Un Député élu avec six voix, peut-il se prévaloir le droit de bénéficier au compte de son parti un financement ? Au Mali de 1992 à nos jours, combien de députés ont été élus avec un collège électoral de moins de 20% de votants ? Dans de telles conditions, allons-nous continuer avec une loi désuète injuste qui avantage toujours le camp du parti présidentiel.

Il nous faut repenser la loi afin de la rendre plus conforme à la réalité, car un parti comme le Parena qui passe tout son temps à produire des réflexions, des recommandations et à former ses militants ne mériterait-il pas mieux dans le financement, même si ce dernier n’a pas de députés? Les critères de financement sont à revoir et les conditions d’application aussi.

Je serai favorable à l’introduction de critères tels que: la participation à la formation citoyenne ; un seuil de nombre de militants à jours de leurs cotisation; la production de recommandations sur les questions d’intérêt national. Je serai aussi partisan de l’introduction dans la loi de la suspension de financement en période exceptionnelle comme l’état d’urgence ou de siège, entre autre.

Dans notre situation actuelle, ceci nous aurait permis de rediriger le financement destine aux partis politiques vers par exemple la défense nationale en renflouant l’enveloppe réservée à l’armée qui est en pleine refondation. Ou pour la santé pendant les situations d’épidémie ou pour la relance d’une école de qualité.

En un mot, je suis pour que nous nous réappropriions notre réalité historique et géopolitique. Arrêtons de mimer les autres et redevenons nous-mêmes en comptant d’abord et toujours sur nous-mêmes.

Yachim MAIGA


Merci Monsieur Maiga,
Mes salutations à tous les membres de la plate forme.

Suite à votre proposition de tribune, je m’en vais vous apporter ma modeste contribution sur la question de la moralisation des partis politiques au Mali.

Mon interview d’hier sur la VOA concernait la distribution d’environ 2 milliards de FCFA entre une vingtaine ( d’autres évoquent 52) partis politiques maliens. En effet, tous les grands et moyens partis politiques maliens ont eu leur part du gâteau qu’ils soient de l’opposition ou de la mouvance présidentielle.
Je ne m’étends pas ici sur la dimension juridique de cette attribution, et je répète bien qu’elle a été bien votée dans la loi électorale malienne. De ce point de vue, aucune accusation juridique ne viendra faire vogue sinon de polémique stérile et injuste.
Passons donc sur d’autres dimensions, notamment celle de la moralité !
Et sur ce point je m’explique et pour cause….
Le Mali nous le savons bien est l’un des pays les plus pauvres de la planète; 76,30% de la population malienne a de 18 à 35 ans, 68% des jeunes Maliens n’occupent pas un emploi stable et formel, 1/3 des Maliens ne mange pas 3 fois/jour, 20% des Maliens n’ont pas accès à la santé (traitement de base) et 72% de Maliens n’ont pas accès à l’assurance santé (AMO), seulement 20% des Maliens sont instruits alors que 3 à 5% seulement de jeunes Maliens accèdent à l’emploi dans leur domaine après l’obtention d’un master: j’arrête avec les chiffres pour ne pas bouchonner mon explication.

Revenons aux partis politiques maliens avec l’attribution de 2 milliards de FCFA. Le problème qui se pose relève purement de la morale, à savoir comment ces partis politiques peuvent recevoir une telle somme pharaonique dans un tel pays se trouvant dans une telle situation. C’est cela que que je condamne justement.
Et tout ce que j’ai demandé, que je réclamerai toujours, c’est cette décence dans la politique. Et c’est pourquoi j’ai demandé qu’ensemble ils renoncent au moins une fois pour construire: une université, des écoles, des centres de santé ou équiper les hôpitaux, sinon de créer quelques entreprises d’Etat pour donner un peu d’emploi à ces milliers de jeunes qui trébuchent dans la boue du chômage et la déchéance du désespoir.
Voilà un geste simple qui prouvera que ces partis politiques (que je respecte au nom et pour la démocratie) sont là pour s’investir pour le peuple.
Et juste une dernière chose: il ne faut pas attendre d’être au pouvoir pour réaliser quelques projets de société pour le bonheur du Mali et des Maliens. Qu’on critique le régime de sa politique et de sa gestion puérile est une chose mais qu’on montre que l’on est digne de faire mieux quand son tours arrivera en est encore meilleur.
Et tant que la politique sera une carrière, tant que les partis politiques se confondent au comptoir familial pour nourrir quelques bouches, tant que les partis politiques se limitent à une manifestation sans fin de critiques et d’animosité sans propositions fiables accompagnées d’actions concrètes, tant qu’on devient politicien au Mali pour avoir des attributions de marchés, des passes droit, rouler dans des véhicules avec macaron ( mais non dédouanés, assurés et interdits de tout contrôle routier, ……).

Qu’on menace ou vilipende ceux qui dénoncent ces pratiques cadaverisantes et puériles est contraire à l’éthique du peuple malien qui aspire à une vraie démocratie et bonne gouvernance.

Il faut moraliser la politique au Mali. Cette moralisation passe par un véritable “soyez âpres” des hommes et des femmes qui détiennent les appareils politiques tenant le discours d’un Mali d’avenir.

C’est en cela que réside l’espoir et le devenir de notre Nation.

M. Clément DEMBELE


Merci mon tres Cher Yachime.

Ces chiffres montrent une realite plus qu’amere!!.

“Les partis sont des organismes publiquement, officiellement constitués de manière à tuer dans les âmes le sens de la vérité et de la justice”, Simone Weil, surtout certains partis politiques de chez nous.

Aucune morale derriere cette banque de la democratie!!! Cette banque est inlassablement utilisee pour empoisonner non seulement la vie du pauvre contribuable malien, mais aussi pour pourir sa democratie; d’ailleurs arrachee au prix du sang et de la vie de braves et dignes fils du Mali. Raison pour la quelle nos partis politiques sont discretises et ridiculises.

Dans cette foret de partis; Qui fait mieux? sur le quel esperer?

Avec cette inondation de partis politiques, tout le monde est noye y compris les experts en science politique qui ne savent meme plus comment definir une correspondance entre l’ideologie qu’ils defendent et celles reconnues comme universelles.

Bref, ils ne sont que des partis politiques entreprises.

L’etat du Mali et celui de sa classe politique nous demontrent que rien de bon n’a filtre de ce paysage politique dense et nuisible. Ces partis politiques, en majorite, caracterises par la pensee et les idees du president fondateur, ont montre leurs limites. Du coup, Il faut vraiment un filtrage rigoureux pour nous debarasser de tous ces partis lilluptiens qui brouillent et embrouillent nos concitoyens. Par faute d’ideologie et de programme de societe qui repondenr aux aspirations du peuple malien, ces micropartis , qui ne vivent d’ailleurs que de nom, ne sont capables que de s’implanter qu’a Bamako et/ou des des villes et/ou villages de leurs barrons.

On ne peut resoudre ce phenomene sans autant regarder sa dimension opportuniste forcant bon nombre eleve de ces partis vivre au gre de l’opportunite du moment.

Si, au dela de cette bataille des chiffres, on pouvait mettre un peu de morale et d’amour du peuple tant menti, tant arnaque, tant vole,tant viole,……

Sidy Danioko