La Lutte Contre l’Esclavage au Mali (1ère Partie)

BAMAKO – 11 Septembre 2017 | par  Amadou O. Wane -En 2008, Temedt, l’organisation anti-esclavage au Mali, a aidé deux victimes d’esclavage à déposer des plaintes auprès des autorités judiciaires dans la région nord de Gao. Selon ag Akeratane, Président de Temedt, il s’agissait des premiers procès impliquant des allégations d’esclavage au Mali depuis au moins les années 1970, sinon depuis l’indépendance. Les deux victimes bénéficièrent du soutien d’un avocat, basé à Mopti, engagé avec des fonds de Temedt et de l’ONG Anti-slavery International. Chaque victime appartenait à la communauté des Tamacheks noirs, également appelée “Bellahs”. Les Tamacheks noirs parlent la même langue Tamachek que les Touaregs blancs et sont différenciés en grande partie par le lignage familial.La première plainte accusa Ahmed Iknane ag Bakka d’esclavage et du meurtre d’un Tamachek noir en 2005, nommé Ekadaye ag Abdoulaye. La plainte a été déposée par Tatche, la sœur d’Ag Abdoulaye. Elle attira l’attention de Temedt en janvier 2007, lorsque Ag Akeratane et d’autres fondateurs de Temedt visita la ville de Ménaka, avec les américains pour documenter les cas d’esclavage. Tatche et Ag Abdoulaye avaient précédemment « échappés » à leur maître traditionnel ag Bakka. Mais, comme beaucoup d’anciens esclaves, ils retournèrent travailler pour lui afin d’éviter les rétributions. En août 2003, selon la plainte, Ag Bakka, armé, enleva cinq enfants de la famille de Tatche. Plusieurs mois après que Tatche et Ag Abdoulaye informèrent les autorités des enlèvements, une source conduit la police de Ménaka à Ag Bakka et les cinq enfants disparus. Les responsables maliens réussirent à sauver seulement trois des enfants.

Le 28 décembre 2004, arme en main, Ag Bakka essaya de récupérer ses anciens esclaves et les trois enfants. Il tira dans la jambe d’Ag Abdoulaye. Celui-ci fut transporté à la clinique locale de Ménaka, puis à l’hôpital régional de Gao où les médecins amputèrent sa jambe. Quelque temps plus tard, la blessure fut infectée et Ag Abdoulaye mourut le 21 janvier 2005.

Le délai de prescription pour meurtre est de dix ans au Mali. Tatche soutient qu’en 2005, elle déposa des accusations de meurtre auprès des autorités de Ménaka suite au décès de son frère. Les fonctionnaires de Ménaka prétendirent qu’aucune plainte n’a été reçue. Donc, aucune accusation n’a été portée contre Ag Bakka avant la fin de 2007 lorsque Temedt est intervenue. La plainte devant le tribunal de Ménaka accusa Ag Bakka d’assassiner Ag Abdoulaye et exigea la libération des deux enfants enlevés en 2003, toujours en captivité.

Un deuxième cas, déposé en mars 2008 avec le soutien de Temedt et Anti-slavery International, concernait un Tamachek noir appelé Iddar Ag Ogazide qui s’est enfui en février 2008. Il vivait dans la région d’Ansongo. La plainte exigea une indemnisation pour les dommages infligés sur l’espace de 35 ans par le prétendu maître. En plus de la compensation, Ag Ogazide réclama la libération de sa sœur de 13 ans et de son frère de 15 ans toujours détenu par Ag Bayes.

Selon Temedt, Ag Ogazide s’échappa avec sa femme, après avoir passé toute sa vie dans la servitude de la famille Ag Bayes. Plusieurs des frères d’ag Ogazide se sont échappés au Niger et en Algérie. Après s’être enfui à Ansongo, Ag Ogazide s’est rendu à Gao où Temedt l’aida à obtenir, pour la première fois de sa vie, une carte d’identité nationale. Ag Bayes poursuivit Ogazide à Gao et essaya de le forcer à retourner en utilisant son fils de trois ans, Mohamed Ag Iddar comme pression. L’enfant était toujours à la garde d’Ag Bayes. En mars 2008, selon le Président de Temedt, Ag Akeratane, Baye donna l’enfant à un autre noble comme cadeau de mariage. Temedt réussit à libérer Mohamed de ce nouveau maître et à le réunir avec ses parents quelques semaines plus tard.

Le cas d’Ag Ogazide reçut une forte couverture dans les journaux maliens. En juin 2008, Ogazide déclara à un journaliste malien qu’il n’avait « jamais été à l’école ni étudié le Coran. Tout ce que je sais, c’est être berger. J’ai toujours voulu m’échapper, mais les gens nous disent que si un esclave ne respecte pas son maître, l’esclave ne va pas au paradis après la mort. »


wane,
le drame est que ce cas d’esclavage se vit encore au nord et l’ouest du Mali devant le nez et les pieds des représentants de l’administration malienne ou des organisations dites des droits humains dont l’ONU.

Cordialement,
Balata Ahamadou


Les cas des filles dogons entre autres qui travaillent pour des muettes (20 a 40 dollars par mois) sans congés et parfois abusés sont d’autres formes d’esclavages a considérer par l’association Temedt.

Ag Mohamed Ali


La situation des femmes dogons, devenues domestiques à Kidal, n’est pas nouvelle. On la signale depuis au moins vingt ans.

Gervais Coppe


je ne pense pas que la situation des aides ménagères en ville à bko et ailleurs soit comparable au système d’esclavage combattu par temedt. les aides ménagères ont une liberté de refus et ne sont pas une propriété privée du patron, tout le contraire de l’esclavage pratiqué au nord et ouest du Mali. aucun patron n’a la folle idee de penser etre propriétaire de son aide ménagère encore moins penser hériter l’enfant de l’aide ménagère comme c’est le cas pour le bella, le haratin ou dimajo ou le bagna ou le kome en milieu soninké….
Il est clair les aides ménagère vivent dans des formes d’exploitation qui à mon avis sont incomparables à l’esclavage caractérise par la négation de l’humai et l’absence de liberté que certains justifient au travers de croyances magico religieuses. L’esclave est traité comme un sous humain et une propriété, un bien que l’on hérite comme on le fait pour le bétail.

Cordialement,
Balata Ahamadou


Merci, Balata, pour cette mise au point bien claire, qui dispense d’élucubrations confuses.

Gervais Coppe


Bien dit, Ag Mohamed Ali;

Si tous-toutes ceux-celles qui font la publicité à l’association de la
“bellataraï”/Bella Connexion” savent que les promoteurs de cette
supercherie sont de fieffés et fiers Touareg “noirs” qui ont pour
slogan “TEMEDH”, le “cordon ombilical” en Tamacheqh et non en langue
bellae qui n’existe pas encore, et que cette référence à ce qui lie
les fils-filles de la même mère, imagée “toumast”-identitaire touareg
global est le lien qui ne peut unir que ceux de la même culture
touarègue.

En tout état de cause, s’il y a rejet-ostracisme-racisme des Bellas,
c’est moins par les touareg “rouges” que les communautés noires
(essentiellement, songhoïs qui les a affublé de ce patronyme Bella) et
les bambaras dont les Anciens Esclaves des Touareg (Eklanes, en
Tamacheqh) sont issus, génétiquement et biologiquement, parlant.

En tout état de cause, comme on dit en Tamacheqh “chasser le héron sur
le dos du boeuf”, les promoteurs de “TEMEDH” tentent d’attirer
l’attention de ceux-là qui les refoulent (songhoï et bamabara) en
s’attaquant, de biais, aux descendants de leurs anciens maîtres; c’est
de bonne guerre!

Sincèrement,

Mohamed AG HAMATY


Je suis Bella depuis la moelle épinière et jusqu’à Gossi je les aime et je les adore, et ça m empêche pas de manger du Fakou Hoy au petit déjeuner

Eli-Diah AgMai