[malilink] en principe

From: Mohomodou Houssouba (mhousso@freesurf.ch)
Date: Tue Jan 21 2003 - 16:36:49 EST


Poli Sci for Dummies (and Ladies and Gentlemen, IT WORKS)
To shout to say nothing.....

Sambi Touré nous offre généreusement un cours de rattrapage en
sciences po--et ça ne peut faire que du bien à nous autres qui avons
somnolé à travers les marmottages du professeur docteur (...) et
(temps de confesser) à grand frais au trésor public. Le cours
magistral sur les "principes."

Et tout finit bien qui finit par un bel adage de la Fontaine, le
vieux fourre-tout, il n'aurait jamais dû mourir. Heureusement le
clonage....

Mais, les paysans de Gao ont un petit dicton: "Haya kan° boro g'a har
ni feera dogo ra, ma har ni hawa dogo ra." [Ce qu'on dira au moment
d'être détaché, mieux vaut le dire avant d'être attaché.]

C'est peut être plus valable pour le capitaine Compaoré que pour le
général Touré aujourd'hui, mais ça sonne tout vrai. Ça ne coûte rien
de dire qu'on n'a pas dit ce qu'on n'a pas dit.

Je vois les copains de Sambi Touré qui ont pris les bonnes notes sur
les "principes" (silence doré etc.) à l'oeuvre comme médiateur de la
CEDEAO, nos honorables et industrieux et ingénieux diplomates, et on
sait qu'ils regorgent de la Fontaine mais se noient allégrèment dans
les bêtises.

Retour aux choses sérieuses, deux à noter:

  (1) qu'aucune réaction du gouvernement n'a été enregistrée lorsque
Mariko et le Sadi on dénoncé Gbagbo et son régime au vitriol plus
concentré d'ailleurs. Le Sadi ne participait pas au gouvernement;
(2) le principe fallacieux du silence doré ne tient pas lorsque les
médias internationaux ont repris les propos de Mariko comme celui du
"leader" d'un parti au gouvernement. Et bien sûr les nuances que
Sambi Touré connaît de fond en comble ont de bonnes chances d'êtres
parfaitement ignorées à Abidjan ou ailleurs. Dans une saison de
méfiance et de soupçon mieux vaut.... "come clean and do it fast,
maaaan." Même au risque d'attirer la foudre du meilleur élève de
professeur docteur (...) des "principes" à Sciences Po.

MH

+En bas l'un des articles de l'AFP: le titre suffit pour déclencher
le hotline: "on n'a pas dit... ça!" et je supporte le gouvernement à
100% pour avoir tiré la sonnette.

Le secrétaire général d'un parti du gouvernement malien réclame la
démission de Gbagbo

BAMAKO, 8 jan (AFP) - 23h48 - Le secrétaire général du parti de la
Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance (SADI),
représenté dans le gouvernement malien, a réclamé mercredi à Bamako
la démission du président ivoirien Laurent Gbagbo.

M. Gbagbo "est la source de tous les maux dont souffre la Côte
d'Ivoire", a déclaré à l'AFP Oumar Mariko, numéro deux du SADI, parti
dont le président est Cheick Oumar Sissoko, ministre de la Culture
dans le gouvernement du président Amadou Toumani Touré. Le SADI a
également six députés à l'Assemblée nationale.

"Il faut que Gbagbo parte. Il n'est plus l'homme de la situation", a
poursuivi M. Mariko, en reprochant notamment au président ivoirien
d'avoir "amplifié la théorie de +l'ivoirité+, arrêté des opposants".

"La France doit arrêter de supporter un régime impopulaire, qui
encourage l'existence d'escadrons de la mort", a encore déclaré M.
Mariko, ancien leader estudiantin et candidat à la présidentielle
malienne d'avril 2002.

Interrogé sur le fait que ses déclarations pourraient crisper les
relations entre les gouvernements malien et ivoirien, M. Mariko a
répondu: "il faut qu'on aille à l'incident diplomatique au moment où
les étrangers, dont des Maliens, sont massacrés par le gouvernement
ivoirien".

"Il y a eu trop d'injustice dans ce pays, trop d'abus, le président
Laurent Gbagbo est responsable de tout ce qui se passe", a-t-il
insisté.

http://www.info-matin.com
REPLIQUE DU GOUVERNEMENT AU DR MARIKO
Quand le Gouvernement de la RÈpublique rate une occasion de se taire...

Le jeudi dernier, le gouvernement de la RÈpublique a cru bon de
rÈagir trËs officiellement, ý
travers une dÈclaration trËs officielle, ý la ´ dÈclaration faite le
08 janvier 2003 sur une
station de radio internationale par un des responsables díun parti
politique malien, sur la
situation en CÙte díIvoire ª.

En prenant sur lui la responsabilitÈ de rÈagir sans les nommer (la
radio et le responsable
politique malien), le gouvernement de la RÈpublique verse dans la
polÈmique mesquine, crÈe le
malaise sur líeffectivitÈ des principes sacro-saints de libertÈ quíil
rappelle et rÈaffirme.

Lorsquíon reconnaÓt ý quelquíun la libertÈ díexpression, on lui
laisse líentiËre responsabilitÈ de
ses propos surtout lorsque ceux-ci níont pas ÈtÈ tenus par
procuration ou en vertu díun mandat.
DËs lors, la pertinence de cette rÈplique dÈguisÈe, pour níavoir pas
eu le mÈrite díaller jusquíau
bout de la logique contradictoire ou de ´ dÈsaveu ª, se pose.

En effet, quand on síinterdit de nommer les choses et les gens, on
níouvre pas le dÈbat sur les
principes. Toute autre dÈmarche est vaine polÈmique. Et la polÈmique
pour le gouvernement de la
RÈpublique, cíest de se dÈsolidariser díune dÈclaration qui níest pas
tenu par un de ses membres
encore moins en son nom. Que le Dr Oumar Mariko, ex-candidat ý la
prÈsidentielle de 2002,
secrÈtaire gÈnÈral de SADI (SolidaritÈ Africaine pour la DÈmocratie
et líIntÈgration) soit
responsable díun parti politique malien, que son parti ait son
PrÈsident qui siËge au
gouvernement, quíil ait des dÈputÈs ý líAssemblÈe nationaleÖ en quoi
cela engage-t-il le
gouvernement du Mali ? De quoi síen mÍle-t-il donc ? Voilý un pays
souverain qui se rabaisse au
niveau díun individu pour le rÈpondre en usant díun communiquÈ
laconique, lequel est muet sur
líidentitÈ de la personnalitÈ en cause. Quelle publicitÈ gratuite
pour le leader Sadi.

Dans une dÈmocratie, mÍme monocratique, qui dit consacrÈ la libertÈ
díexpression, le gouvernement
de la RÈpublique a-t-il ý se mÍler de tous les dÈbats ? Comme lía dit
Feu le prÈsident Mitterrand,
aprËs tout ´ la dÈmocratie, cíest aussi le droit institutionnel de
dire des bÍtises ª. Peut-Ítre
que le SG de SADI a dit une bÍtise. Mais, il revenait ý son parti, et
non au gouvernement de la
RÈpublique, de le dÈsavouer ý travers une dÈclaration de la sorte (ce
qui signifie quíil y a une
crise interne au SADI), ou de rester solidaire avec la dÈclaration
faite sur RFI en demandant ý
son prÈsident de ministre de dÈmissionner du gouvernement (ce qui
ouvre une premiËre brËche dans
líarchitecture gouvernementale díAg Hamani).

Mais voilý, il est bon de rappeler avec force les principes, mais ý
quoi cela sert-il si le
gouvernement nía pas le courage suffisant de veiller ý leur mise en
úuvre et ý leur effectivitÈ ?
A moins que le gouvernement de la RÈpublique ait particuliËrement
quelque chose contre líusage,
fait par le Dr Oumar Mariko de la libertÈ díexpression, sinon avant
lui son reprÈsentant de
PrÈsident, ministre du gouvernement, a fait une belle claque ý la
solidaritÈ gouvernementale sans
que cela ne donne lieu ý une quelconque trËs officielle ´ dÈclaration
du gouvernement de la
RÈpublique du Mali ª. Líusage de la libertÈ díexpression, sous le
magistËre ÈclairÈ du GÈnÈral, le
guide unanimement bien aimÈ, comme on peut le voir, cíest selon la
formule de La Fontaine : selon
que vous soyez du bon cÙtÈ ou du mauvais cÙtÈÖ, on vous laisse parler
ou on vous rabat le caquet.

Par Sambi TOURE

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