LE MALI D'AUJOURD'HUI
Koulouba
ATT, un an après...
Qu'a t-il réalisé ? Que reste-il à faire ?
Les attentes des Maliens ?
Regard sur un parcours
Que retenir globalement de l'an I de Amadou Toumani Touré à Koulouba ? A priori, il semble positif. Le pays a su sauvegarder ce qui est essentiel : la stabilité tant politique que sociale. Reste à consolider les acquis.
Un an sans affrontements (physiques et verbaux) entre le pouvoir et des opposants. Un an sans manifestations scolaires violentes de rue. Un an sans troubles sociaux majeurs dans tout le pays. Un an sans accrochages entre la classe politique et un Président indépendant. Un an sans crises notables au sommet de l'Etat... C'est là la situation de notre pays depuis l'accession à la Magistrature suprême de Amadou Toumani Touré, le 8 juin 2002.
D'où ce constat de notre confrère Francis Kpantindé de J/A l'intelligent, à propos du Mali :"voici un pays où règne un calme plat. Pas d'empoignade, pas de grèves, pas de prisonniers politiques, du moins selon le dernier rapport d'Amnesty international. Pas de crises majeures non plus, encore moins de rebellions ou de guerres civiles.
Rien, vraiment, qui puisse exciter la curiosité du journaliste en quête de sensationnel. Dans une Afrique de l'ouest ébranlée par la guerre civile en Côte d'Ivoire et sur laquelle planent bien d'incertitudes..." Ce constat émane d'un observateur avisé. Il est à l'honneur de ATT qui comme par magie a su réunir autour de lui toute la classe politique. Du coup, le pays a retrouvé le calme (trop plat ?) et la stabilité. Toutes choses qui sont devenues une denrée rare sur le continent. Le Mali au plan politique constitue une exception.
Un pays où la classe politique s'est mise au "garde à vous" devant le président de la République. Pour combien de temps encore ? La question est essentielle pour le reste du mandat de ATT, il l'est surtout pour l'avenir immédiat du pays. Pour l'heure, Amadou Toumani Touré est resté constant dans ses discours, au sujet de la réconciliation. Il s'agit surtout de réconcilier la classe politique malienne avec elle-même.
Aujourd'hui, l'on constate la présence dans le gouvernement et autour du président de la République de la presque totalité des formations politiques. L'Usrda qui côtoie le MPR (Mouvement patriotique pour le renouveau). Le second ne fait pas mystère de son héritage "moussaïste". Le premier se réclame des idéaux de Modibo Keïta, renversé par.. Moussa Traoré. Autour de ATT, l'on note également la présence de l'Adéma et des différents partis nés de ses scissions (RPM-MIRIA-URD).
Cette union sacrée procède-t-elle de la volonté de ATT ou de celle de la classe politique malienne ? Elle tient en grande partie à la démarche du président ATT et à son aura personnelle. Dans sa "lettre aux Maliens", lettre par laquelle il a officiellement annoncé sa candidature à la présidence de la République, en mars 2002, Amadou Toumani Touré écrivait : "depuis la lutte pour l'émancipation de notre pays et la proclamation de l'indépendance nationale en 1960, presque tous les grands évènements que le Mali a vécus, ont été source d'exclusion systématique d'une partie importante de Soudanais, puis de Maliens, au lieu de constituer un élément d'union, face à un destin commun. Ma vision de l'avenir du Mali, que je vous propose de partager avec moi, est celle d'un pays réconcilié avec lui-même, uni et démocratique..."
A Koulouba la démarche n'a pas varié. Le résultat est là. Pourtant, au lieu de réjouir tout le monde, cet unanimisme autour de Amadou Toumani Touré provoque des inquiétudes. Un homme politique sous le sceau de l'anonymat, nous confiait "le consensus actuel autour de ATT n'est que de façade. Jusqu'à quand, il va résister ?". Plus critique, un autre ajouta à propos de la situation d'ensemble du pays : " les espérances n'ont pas à l'attente des Maliens. Ce n'est pas la faute à ATT.
Il faut surtout chercher les responsabilité du côté de la classe politique qui a contribué par son immobilisme à tout ramener à la seule personne du président de la République". Notre interlocuteur estime que le calme régnant sur le pays contraste avec les nombreux problèmes "qui, poursuit-t-il, demandent des solutions énergiques". Et il conclut : si ATT veut reuissir le reste de son mandat, il doit s'attaquer aux vrais problèmes de ce pays : corruption, santé, justice et surtout l'amélioration des conditions de vie des populations.
Le message est on ne peut plus clair. Il semble refléter les sentiments de la majorité des Maliens qui ont porté leur choix sur le Général. Eux tous ont le regard rivé sur Koulouba. Et pour cause..
C.H. Sylla
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