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[Suite et fin]
Les Tirailleurs s?n?galais au combat.
Le 5 avril 1940, retour au front, le 24? RTS rejoint la 4? DIC en
Alsace (secteur de la ligne Maginot), o? il est employ? ?
l'organisation des positions de combat, ? la construction de blockhaus,
et au creusement de foss?s antichars.
Le 10 mai, les allemands percent le front fran?ais ? Sedan, lan?ant ?
pleine puissance leurs forces m?canis?es. La 4? DIC est d?plac?e en
train dans la Somme, pour arr?ter l'avanc?e ennemie vers la mer. Ce
n'est que le 20 mai, apr?s avoir essuy? plusieurs bombardements a?riens
et perdu, lors d'un d?raillement pr?s de 200 hommes, que les ?l?ments
pr?curseurs de la 4? DIC rejoignent la banlieue d'Amiens. Le 24? RTS
rejoint en ordre dispers?, l'?tat-major, la compagnie de commandement
et la CRE arrivent le 20 mai, les trois bataillons ne rejoindront par
la route que le lendemain au mieux, voire le surlendemain pour faire
leur jonction avec les unit?s amies. La 4? DIC couvre ? elle seule un
front de pr?s de 20 kilom?tres, soutenue ? l'Est par la 7? Division
Nord-Africaine (DINA), a l'Ouest en direction d'Abbeville par la 5? DIC
(dont fait partie le 44? RICMS). Cinq divisions d'infanterie
m?tropolitaine (16? et 24? DI ? l'Ouest, 19?, 29?, 47? DI ? l'Est) et
une autre division coloniale (7? DIC ? l'Ouest) viennent compl?ter ce
dispositif.
Du 20 mai au 4 juin, les coloniaux contiendront l'avance allemande
au-del? de la Somme, sans toutefois r?duire les t?tes de pont
d'Abbeville et d'Amiens.
Du 5 juin au 10 juin, les allemands lancent leur offensive g?n?rale de
la Meuse ? la baie de Somme, soit pr?s de 10 divisions (2000 chars
d'assaut, une aviation sup?rieure, omnipr?sente, et un million de
fantassins), contre 9 divisions fran?aises dont deux l?g?res blind?es.
Le 24? RTS occupe la position centrale du syst?me d?fensif de la 4?
DIC, ?paul? ? l'est, secteur de Corbie par le 16? RTS, et ? l'ouest,
secteur de Longueau, par le 2? RIC. C'est ? partir de Bois l'Abb?, que
le 1/24? RTS re?oit pour mission de reprendre le village d'Aubigny,
t?te de pont de l'avanc?e allemande sur la Somme. Le village d'Aubigny
sera pris apr?s de violents combats au corps ? corps le 24 mai,
abandonn? sous un d?luge de bombes pour ?tre en partie reconquis le 28
mai. L'attaque ?chouera faute d'un appui s?rieux de l'artillerie et de
la compagnie de chars mise ? la disposition des tirailleurs. Au cours
des combats du 24 mai, les soldats de la Wehrmacht, rendus furieux par
leurs tr?s lourdes pertes, achev?rent les s?n?galais bless?s qui
n'avaient pu ?tre ?vacu?s, ou qui n'avaient pu regagner leurs lignes.
Au soir du 24 mai, le 1/24? RTS comptait 4 officiers tu?s, 6 bless?s,
40% des tirailleurs qui formaient le 1/24? RTS ont ?t? tu?s ou port?s
disparus, 50% des grad?s sont hors de combat. Les pertes ?taient telles
que lors de l'attaque du 28 mai un bataillon mixte dut ?tre constitu?
avec une compagnie prise sur l'effectif de chaque bataillon, 3? Cie du
1/24? RTS, 5? Cie du 2/24? RTS et 10? Cie du 3/24? RTS.
Malgr? les panzers, les bombardements incessants de l'aviation et de
l'artillerie ennemie, le 24? RTS organis? en points d'appuis bien
espac?s, maintient ses positions jusqu'au 8 juin, infligeant aux
colonnes blind?es de tr?s lourdes pertes avec son artillerie
r?gimentaire (400 chars ennemis sont d?clar?s d?truits sur le front de
la Somme).
Combats pour l'Honneur.
Le 8 juin au matin, l'ordre de retraite g?n?rale est notifi? au
lieutenant-colonel Fabre qui remplace le colonel Alexandre ? la t?te du
24? RTS. "Une vague de m?contentement se manifeste parmi les hommes qui
ne comprennent pas qu'on ait exig? d'eux un travail surhumain pour la
mise en ?tat de d?fense les positions (transport de tous les
approvisionnements en vivres et munitions), d'avoir jusqu'? 1 heure du
matin mis la main aux derniers d?tails, et brusquement, l'ordre de tout
quitter, de tout abandonner, alors que chacun s'?tait fait ? l'id?e de
se sacrifier s'il le fallait sur place, et tous attendaient l'attaque
avec une grande confiance" (rapport du lieutenant-colonel Fabre
commandant le 24? RTS). Mais de part et d'autre de la 4? DIC, le front
craque, la 7? DINA est d?bord?e par l'est. Plus loin vers Abbeville, la
5? DIC et les catalans du 44? RICMS sont d?sint?gr?s lors des combats
des 5 et 6 juin, les deux divisions d'infanterie qui devaient assurer
la liaison entre la 4? et la 5? DIC n'existent plus, ou ont d?croch?
pr?matur?ment, laissant des trous b?ants dans les dispositifs de
d?fense.
Le 2? RIC sacrifie une partie de ses bataillons en retardant l'avance
ennemie, ou en se portant au secours d'unit?s amies, puis s'est au tour
du 24? RTS d'assurer le repli, ? pied de la 4? DIC, ou de ce qu'il en
reste. La progression s'effectue ? travers champs, par unit?s
constitu?es, par groupes, sous-groupes, ou colonnes h?t?roclites. Les
routes quant ? elles sont encombr?es de toutes sortes de v?hicules, de
convois hippomobiles de cinq divisions, ainsi que de nombreux civils
qui cherchent dans la fuite un hypoth?tique salut. C'est une mission
d'arri?re garde et de sacrifice, qui m?nera le r?giment des bords de la
Somme ? ceux de l'Oise, o? attaques, contre-attaques et charges ? la
ba?onnette se succ?deront jusqu'? ?puisement des munitions. Castel,
Merville aux Bois, Mailly-Raineval, Ravenel, L?glantier, Angivillers,
Lieuvillers, Erquinvillers, et Cressonsacq, autant de lieux de combats,
de souffrances et de sacrifices jalonn?s par les tombes des tirailleurs.
Beaucoup d'hommes seront tu?s au combat, d'autres faits prisonniers et
un certain nombre purement et simplement fusill?s du simple fait qu'ils
?taient noirs. C'est ainsi que le 9 juin, les d?bris des 24? et 16 ?
RTS, du 2? RIC et d'autres formations n'appartenant pas ? la division
(10? r?giment de tirailleurs marocains, 610? Pionniers, 78? r?giment
d'infanterie) sont encercl?s dans le secteur compris entre Angivillers
et Erquinvillers (Oise). Les hommes sont ? bout de force apr?s 15 jours
de combats incessants, et une retraite ? pied de plus de 50 kilom?tres.
"Le 9 juin ? 21h00 le lieutenant-colonel de Negreval, officier le plus
ancien dans le grade, commandant le 2? RIC, r?unit tous les officiers
des formations pr?sentes dans le secteur. Ordre est donn? de forcer le
passage vers le sud. Tout le mat?riel est d?truit, les archives
br?l?es. Les bataillons doivent se fractionner en groupes de 30 ? 50
hommes, avec pour chaque groupe un officier et un sous-officier
europ?en, les s?n?galais ne devant ?tre abandonn?s en aucun cas" (
Rapport du chef de bataillon Cotten commandant le 3/24? RTS). A 22
heures, les d?parts s'effectuent dans l'ordre suivant 2? RIC, 16? RTS,
24? RTS et ?l?ments divers. Vers minuit, les premiers ?l?ments du 24?
RTS (3? bataillon) quittent Angivillers sous le feu ennemi.
Le lieutenant-colonel Fabre restera dans Angivillers, organisant les
positions de d?fense avec pr?s de 300 hommes qui ne pouvaient suivre,
il sera captur? le matin du 10 juin apr?s de brefs mais durs combats.
Dans la nuit du 9 au 10 juin, le capitaine B?bel, adjudant-major au
3/24? RTS, originaire de la Guadeloupe, et ses 60 tirailleurs, prend la
t?te d'une contre attaque d?sesp?r?e ? la ba?onnette, il ne d?passera
pas Erquinvillers. Bless?, la jambe fracass?e, il sera abattu le 10
juin. A bout de forces, sans ravitaillement depuis plusieurs jours, et
? court de munitions, les d?fenseurs d'Erquinvillers, qui n'avaient pu
forcer les lignes allemandes, se rendront. Ils seront fusill?s
syst?matiquement (plus de 40 cas sur les 130 morts recens?s dans le
cimeti?re). "Les allemands occupent maintenant Lieuvillers et
Erquinvillers (les combats auront dur? de 1h00 ? 5h00), il ne reste
plus qu'? nettoyer, une ? une les maisons dans lesquelles les soldats
se sont retranch?s. Beaucoup de ces soldats ont p?ri dans les maisons
incendi?es. Le nettoyage est fait sans piti?, dans les rues du village
et dans les r?coltes, c'est une vraie chasse ? l'homme. Les maisons
dont les d?fenseurs refusent de se rendre sont incendi?es. La plupart
des soldats captur?s sont fusill?s sur place. Bien souvent les
allemands les obligent ? creuser eux m?mes leur tombe". (R?cit de
Monsieur Durossoy, Maire de Lieuvillers de 1945 ? 1977).
Les ordres sont respect?s, les ?l?ments constituant la 4? DIC se sont
scind?s en groupes plus ou moins importants. On se bat ? Noroy,
Cugni?res, Valescourts, St Remy en l'Eau, Lamecourt... Le Lieutenant
M?chet du 2/16? RTS est abattu avec ses 7 tirailleurs ? Bailleuil le
Soc, le m?me sort attend l'adjudant Clanet du 24? RTS et ses 9
tirailleurs ? Remecourt. Plus loin sur la commune de Cressonsacq, au
lieu-dit bois d'Eraines, des actes identiques furent perp?tr?s le 11
juin, les officiers qui tentaient de s'interposer subirent le m?me
sort. C'est ainsi que seront abattus d'une balle dans la t?te, le chef
de bataillon Bouquet (2/24? RTS), le capitaine Speckel et le lieutenant
Brocart (16? RTS), le capitaine Ris, les lieutenants Roux, Erminy,
Rotelle et Planchon tous du 24? RTS (ces officiers appartenant tous
vraisemblablement au 2/24? RTS), ainsi que de nombreux sous-officiers
et tirailleurs. Leur seul "crime", ?tait d'avoir command? et d?fendu
leurs troupes noires, face ? la haine raciale de leurs adversaires.
Certains officiers dont le lieutenant-colonel Fabre ? Angivillers, le
m?decin-lieutenant Hollecker ? L?glantiers parvinrent ? sauver leurs
hommes, mais seuls quelques 90 isol?s parvinrent ? passer au travers
des lignes allemandes, et ? franchir l'Oise. De la 4? DIC, il ne
restait que la valeur d'un bataillon d'infanterie : 200 hommes du 2?
RIC, 300 hommes du 16? RTS, 90 hommes du 24? RTS, le II/12? RAC, la 16?
batterie du V/212? RAC, le VI? groupe du 212? RAC, ainsi que les 90% du
74? GRDI (!). Ces ?l?ments furent toutefois maintenus en ligne au nord
de Paris, puis sur Ris-Orangis, Malesherbes, et enfin La Loire en amont
de Brioude. "Les ?l?ments du 24? RTS qui ont ainsi rejoint Montauban
comptaient 5 officiers (commandant Seguin, capitaine Lambert,
sous-lieutenant Debois, aspirants Chabrier et Mercier), 5 europ?ens
(adjudant-chef Sahonnet, sergent Gheysens et 3 hommes de troupe) et 15
africains" (T?moignage du capitaine Lambert 3? Cie du 1/24? RTS). Ils
furent dirig?s sur Perpignan le 8 juillet o? les attendait depuis
plusieurs jours la colonne auto avec sa vingtaine de v?hicules, et le
drapeau du r?giment. Les 1/16? RTS et 2/16? RTS ne passeront pas les
premi?res lignes de d?fense allemandes. Les villages de
Sains-Morainville, Magnelay, Ravenel, La Neuville au Roy, Lieuvillers,
sont le th??tre de violents combats qui dureront toute la nuit du 9 au
10 juin. Seul le 3/16? RTS parviendra jusqu'? la Loire o? il
dispara?tra ? son tour. L'?tat des pertes ?tait tel, qu'en 1964 il
?tait toujours impossible, vu l'incroyable nombre des disparus de
donner un chiffre pr?cis des pertes du 24? RTS.
Des faits analogues se produisirent dans le secteur de la 5? DIC. Cette
division comprenait l'autre r?giment catalan, le 44? RICMS, appuy? par
le 53? RICMS et deux r?giments d'artillerie. Il manquait ? cette
division un r?giment d'infanterie, le 22? RIC, d?tach? aupr?s d'une
division l?g?re blind?e.
Les 5 et 6 juin, pr?s de Picquigny, entre Abbeville et Amiens, seuls 30
hommes du 1/44? RICMS r?ussirent ? forcer l'?tau allemand. Les autres
furent soit tu?s au combat, soit fait prisonniers. A Hangest pr?s de
Cond?e Folie, certains tirailleurs du m?me r?giment furent
imm?diatement abattus apr?s leur capture (t?moignage du sergent-chef
Chaminant). Les combats furent si violents que la presse allemande
(Pommersche Zeitung) cita les combats avec les coloniaux en ces termes
: "les Fran?ais combattirent avec acharnement, les noirs utilisaient
jusqu'au bout chaque possibilit? de d?fense, chaque maison ?tait
d?fendue. Pour briser cette r?sistance, il fallut mettre en action les
lance-flammes, et pour venir ? bout des derniers s?n?galais, les tuer
un ? un." Le 53? RICMS, quant ? lui, avait face ? ses positions la
division Rommel, soit pr?s de 8000 hommes et 250 chars. Il v?cut lors
des journ?es des 5 et 6 juin, les m?mes trag?dies que celle de Cond?
Folie o? les tirailleurs combattants ou prisonniers furent carbonis?s,
et les m?mes horreurs qu'? Hangest. Enfin ? Airaines, le 7 juin, apr?s
deux jours de corps ? corps, le capitaine N'Chor?r? (l'un des rares
officiers "indig?ne"), originaire du Gabon, et les survivants de la 7?
compagnie du 2/53? RICMS furent fusill?s par les hommes de Rommel.
Le 25 juin 1940, en application des accords d'armistice, tous les
r?giments africains seront dissous, y compris ceux de la 9? DIC (27?
RICMS au camp de Souge et 28? RICMS au camp de Rivesaltes) en cours de
formation. Seuls subsisteront en m?tropole comme Troupes Coloniales le
2? RIC ? Perpignan et le 21? RIC ? Fr?jus. Pour Vichy, la pr?sence des
troupes noires dans l'arm?e m?tropolitaine d'armistice est absolument
exclue, et ce malgr? la pr?sence d'un fort contingent de tirailleurs
dans les Centres de Transit des Troupes Coloniales Indig?nes de
Rivesaltes et Fr?jus (CTTIC). Seule, l'Afrique Noire, l'Afrique du Nord
et le Levant (Syrie et Liban) accueillent les tirailleurs s?n?galais.
Hasard de l'organisation et de la num?rotation des r?giments, en 1939
le 24? R?giment de Marche d'Infanterie Coloniale du Levant (RMICL) est
cr?e ? Damas avec certains ?l?ments du 2/24? RTS, tout droit issus du
24? RIC stationn? ? Perpignan de 1902 ? 1923, dont il reprend les
traditions et le drapeau. Un de ses bataillons stationn? ? Chypre,
rejoindra d?s juin 1940 la France Libre pour former le Bataillon
d'Infanterie de Marine qui s'illustrera plus tard ? Bir-Hakeim. Le
drapeau du 24? RMICL sera ramen? ? Perpignan, apr?s les combats
fratricides de Syrie en 1941, rejoignant dans la salle d'honneur du 2?
RIC (tour Charles Quint de la citadelle de Perpignan) celui du 24? RTS
sauv? un an plus t?t.
Le 24? aura ainsi combattu partout jusqu'au bout.
Aujourd'hui, ? l'heure o? certains remettent en cause en Allemagne
l'existence de tels actes, ou que d'autres voudraient r??crire
l'Histoire en l'expurgeant de ses c?t?s d?plaisants, qui se souvient
des Tirailleurs S?n?galais? A Perpignan, il ne reste d'eux qu'un
superbe monument aux morts, place Jean Moulin sur la fa?ade de la
caserne Joffre (co?ncidence c'est ce m?me h?ros de la R?sistance
Fran?aise, qui le 17 juin 1940, alors sous pr?fet de Chartres refusa de
justifier les exactions des troupes allemandes ? l'encontre des
tirailleurs s?n?galais, allant dans son refus jusqu'? se trancher la
gorge). Mais rien ne rappelle les souffrances endur?es et l'effroyable
fin de ces hommes que la France avait appel?s pour la d?fendre. Ces
Bambaras du Mali, Ouolofs du S?n?gal, Malink?s de Guin?e, Mossis de
Haute Volta et Sombas du Dahomey, avaient pour devise "Marche Sempre
Ma? Morirem" (devise Catalane : marchons toujours, jamais nous ne
mourrons). Pour les habitants d'Aubigny et d'Erquinvillers, leur
m?moire est toujours vivante eux qui ont baptis? une de leurs rues "rue
du 24? RTS", et "rue de Tirailleurs S?n?galais", car il n'y a de
v?ritable mort que dans l'oubli.
Epilogue:
En juillet 1985 d?c?dait ? Estr?es Saint Denis, Picardie, Jean Nouatin
de son vrai nom Houmsou Nouatin, n? 68 ans plus t?t pr?s de Porto Novo
colonie du Dahomey. Matricule 52 au 24? RTS, il fut bless? lors de la
sortie d'Erquinvillers le 10 juin 1940. Il parvint toutefois ? se
cacher, et aid? par la population de Grandvillers, fut soustrait aux
autorit?s allemandes, et ? la Gestapo qui l'interrogea ? plusieurs
reprises. Il v?cut sa vie durant en terre Picarde, celle l? m?me qui
vit tomber nombre de ses fr?res.
Par: Raymond Mouragues et Jean-Francois Mouragues, Anciens du 24e RIC
et du 24e RIMa.
Cf. Site Non-officiel des Troupes de Marine: www.troupesdemarine.org
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