Bonjour tout le monde,
Je profite de ce message pour souhaiter un mois
de Ramadan de Paix à tous les musulmans de la
terre!
Pour ce retour de NetCulture dans le Forum, je
vous présente un roman exceptionnel écrit avec
intélligence et talent: "Mariage, on copie" de
Aicha Fofana, sorti chez Jamana en 1994, 88
pages.
Fille de feu Dr Bénitiéni Fofana, ex-ministre de
la Santé (auquel l'oeuvre est dédicacée), Aïcha
Aminata Laila Fofana est née en 1957 à Bamako.
Elle a fréquenté l'école primaire à Bordeaux.
Après des études secondaires au Lycée Notre-Dame
du Niger (section philo langues), elle a
poursuivi ses études de Langues Etrangères
Appliquées à la Sorbonne(Paris IV), à
l'Université de Manneheim (ex RFA) et à Oxford,
en Angleterre. Elle était traductrice et
interprète bilingue anglais-allemand et
consacrait le meilleur de ses loisirs à
l'écriture. Auteur de trois romans et de
plusieurs pièces de théâtre, elle avait monté
plusieurs spectacles en étroite collaboration
avec la metteur en scène Victoria Diawara. Vous
avez constaté que je parle au passé puisque
malheureusement Aicha Fofana nous a quitté il y a
tout juste deux mois et une semaine. Elle est
décédée la nuit du samedi 16 aout 2003 à Bamako
après un malaise qu'elle aurait ressenti le jour
d'avant. Elle n'avait que 46 ans. Paix à son ame!
Amen!
En 1996 fut sorti "La Fourmilière" son deuxième
roman. Elle avait aussi écrit pour le théâtre et
sa pièce "Excellence on fait le ménage" a été
jouée au Centre Culturel de Bamako les 10 et 11
avril 1997 dans une mise en scène de Victoria
Diawara. Suivra sa seconde pièce "L'Africaine de
Paris n.2" qui a été jouée au CCF de Bamako les 4
et 5 juin 1998. Une année plus tard elle écrit
une Nouvelle "Coupable, non coupable ou légitime
démence" en 1999.
Dans "L'avocat du diable" son troisième roman
sorti en 2002, on ne pénètre pas seulement dans
l'antre du diable, mais aussi dans un système
formaté pour servir une classe de privilégiés où
ceux qui sont chargés d'appliquer les lois, de
défendre les droits, sont l'interface entre cette
classe et le monde des affaires, de la politique.
"Mariage, on copie" est un chassé-croisé entre
les images qui défilent sur un téléviseur dans le
studio de Diakité (...) La caméra poursuit sa
navette incessante, expose au premier plan les
gestes, la beauté des visages, la richesse des
toilettes... En arrière-plan, la vie avec ses
problèmes économiques et ses contradictions
sociales sur fond de discours politiques, se
déroule en faisant fi des états d'âmes et de
l'apparence...
Le début du roman:
<<Le vent soufflant à présent avec moins
d'intensité, les arbres recomposent leur
feuillage aux branches déchiquetées, entremêlées
par la tempête qui a fait rage toute la nuit. Les
plus frêles se redressent péniblement. Même les
manguiers, en apparence plus résistants, n'ont
pas été épargnés. Un poids de trop, sur leurs
branches déjà surchargées, les a entièrement
dépouillés de leurs fruits. A présent le vent
réduit à un simple souffle, achève de chasser les
derniers nuages qui, pendant un certain temps,
ont assombri le ciel. [...]
La crainte que cette cérémonie de mariage soit
gâchée s'est alors estompée. On a refermé les
parapluies, retiré châles et foulards et chacun
arbore sa jolie coiffure.>>
Je vous présente ici l'entretien que Aïcha
Fofana, romancière et femme de théâtre avait eu
avec Jean-Marie Volet de "The University of
Western Australia".
(Cet échange avait eu lieu à Bamako en Juillet
1999)
Jean-Marie Volet:
Votre roman "Mariage, on copie" est très visuel,
il rappelle le cinéma. Vous avez aussi écrit pour
le théâtre. Tous les genres semblent vous
intéresser.
Aicha Fofana:
Mon violon d'ingres c'est l'écriture, je me
destinais au journalisme et c'est vrai que le
cinéma m'intéresse aussi beaucoup. Il est
d'ailleurs en plein essor au Mali où d'excellents
cinéastes nous ont propulsés sur la scène
internationale. En ce qui me concerne, j'ai fait
des études de langues, ce qui m'a conduite à
devenir traductrice interprète. Dans mes moments
perdus, je me suis mise à écrire. Le livre dont
vous parlez remonte à quinze ou vingt ans. A
l'époque, nous étions trois amies. On se
rencontrait souvent pendant les vacances et on
avait chacune des opinions différentes. L'une
d'entre nous avait étudié en Union Soviétique,
moi en France et la troisième était restée ici.
Chacune voyait l'itinéraire de l'autre sous un
angle différent, en admirant l'une ou en
plaignant l'autre. On n'arrivait jamais à se
mettre d'accord. C'est ce qui m'a donné l'idée
d'écrire un livre mettant en relief les
divergences de point de vue de plusieurs femmes.
L'une est très traditionaliste, l'autre très
moderne et la narratrice, au milieu, essaie de
trouver des compromis. C'est ce qui a fourni la
trame de mon histoire: des femmes qui se confient
les unes aux autres.
Jean-Marie Volet:
Votre roman décrit donc des destins de femmes du
Mali?
Aicha Fofana:
Oui, du Mali et de la sous-région. Les Afriques
sont multiples mais le genre de problèmes
rencontrés par mes personnages sont valables pour
tous les pays sahéliens.
Jean-Marie Volet:
Un de ces problèmes semble-t-il est celui de la
modernité qui se heurte souvent à la tradition.
Si l'on prend par exemple votre personnage qui
est avocate et très moderne, on pourrait penser
que forte de sa scolarisation, toutes les portes
lui seront ouvertes, cependant vous écrivez à un
moment donné: "même si elle est avocate, une
griote reste une griote"
Aicha Fofana:
Ce que j'ai voulu dire, c'est qu'un peu partout
les femmes sont souvent considérées comme des
mères, des reproductrices, des épouses d'abord.
Mes personnages qui sont placés dans un contexte
africain sont bien sûr victimes des carcans de
notre société. C'est pourquoi mon personnage
d'Amina a de la peine à se libérer de ce poids
malgré ses diplômes. Notre société malienne est
très castée, tout comme la société sénégalaise et
bien d'autres. On ne s'affranchit pas comme ça
des anciennes hiérarchies. Elles restent
suspendues comme une espèce d'épée de Damoclès
sur la tête de nos intellectuels. Dans le
contexte africain, quel que soit leur niveau
intellectuel, on leur rappelle toujours leur
origine. Ça peut être forgeron, ça peut être
griot, etc. Je ne dirais pas que dans le contexte
d'aujourd'hui c'est vécu comme une tare, mais
plutôt comme une sorte de complexe. Voyez par
exemple les ouvrages de mes aînés, le personnage
qui est griote dans Les Gardiens du Temple de
Cheik Amidou Kane ou encore les romans de Massa
Makan Diabaté, qui est lui-même un griot et qui
fait un pied de nez à sa caste car, héritier de
la parole, il a su maîtriser l'écriture aussi
bien que l'oralité.
Jean-Marie Volet:
Est-ce là un signe d'une certaine évolution des
valeurs traditionnelles?
Aicha Fofana:
Tout évolue, certes, et la société est sans cesse
remodelée, mais les choses changent lentement.
Aujourd'hui, la seule chose qui semble à même de
gommer cette appartenance à une caste, par
ailleurs de manière fort superficielle, c'est
l'argent. Bien des gens mènent un train de vie
ostentatoire pour compenser, pour faire oublier
la discrimination dont ils souffrent. Mais la
société n'évolue que très lentement et reste très
hiérarchisée. Une femme comme Amina doit en tenir
compte.
Jean-Marie Volet:
Le problème de Koumassé est différent.
Aicha Fofana:
Oui, elle n'est pas une fille de caste, mais elle
vit aussi à la frontière de deux mondes. C'est
une jeune fille qui est semi-scolarisée. Elle a
dû quitter son village et représente toutes les
femmes qui ont dû prendre le chemin de l'exode
pour des raisons économiques. Elle se trouve à
cheval entre le monde rural et le monde urbain,
mais elle est très lucide. Elle connaît ses
atouts et elle sait ce qui lui manque. C'est une
personne qui veut maîtriser son destin et qui y
parvient relativement bien. En cela, elle est à
l'opposé de Niélé...
Jean-Marie Volet:
... pour qui, affirme-t-elle: "il est difficile
de vivre [dans la capitale] sans un minimum de
connaissances, non pas les connaissances des
vieux du village, mais ce nouveau savoir, acquis
notamment par les jeunes"
Aicha Fofana:
C'est ça, mais paradoxalement elle souffre plus
de la tradition que de la modernité. Niélé
soulève par exemple le problème du lévirat...
Jean-Marie Volet:
Du lévirat?
Aicha Fofana:
Oui, dans certaines ethnies, la veuve demeure la
propriété de la famille du mari après la mort de
ce dernier. Après les quatre mois et dix jours de
son veuvage, la veuve est donnée automatiquement
en mariage à son beau-frère. Ça peut choquer un
regard occidental, mais si on se met à la place
des sociétés qui respectent cette pratique, on
voit qu'il s'agit d'abord de protéger l'héritage
familial. On se dit que si la femme part dans un
autre foyer, une partie des acquis risque d'être
dilapidé. C'est aussi une sécurité matérielle
pour les enfants car on se dit qu'il y aura
toujours quelqu'un pour s'occuper de leur
éducation. D'un autre côté ces pratiques excluent
tout sentiment. On ne tient absolument pas compte
de l'avis de la femme et ses propres intérêts
sont tout-à-fait ignorés. C'est ce que Niélé
représente: une femme qui est contrainte à subir
une de nos coutumes qui devrait évoluer.
Jean-Marie Volet:
Et il y a Jocelyne...
Aicha Fofana:
... qui est une étrangère, mais qui est prise
dans le même filet que les autres du moment
qu'elle vit dans la société malienne et qu'elle a
épousé un ressortissant de ce pays. Comme les
autres, elle ne reste pas là à subir sa condition
et c'est l'un des aspects positifs du roman,
toutes mes héroïnes se révoltent chacune à sa
manière.
Jean-Marie Volet:
Vous faites en quelque sorte un close-up de la
condition féminine sous divers angles?
Aicha Fofana:
Certainement, mais il ne faudrait toutefois pas
limiter l'ouvrage à cela. Le mariage et les
personnages qui occupent le centre de la scène
sont aussi prétexte à soulever d'autres
problèmes.
Jean-Marie Volet:
Par exemple?
Aicha Fofana:
Celui de l'exode et des régions qui sont de plus
en plus défavorisées à cause d'un système de
production qui pousse les gens à quitter leur
village comme Koumassé. Actuellement, je pense
que c'est tout le drame de nos sociétés, les
systèmes de production et cette histoire de dette
qu'on brandit comme un épouvantail. La société
investit dans des cultures de rente et les
revenus engendrés par ces dernières ne servent
finalement qu'à importer d'autres produits,
produit ailleurs. C'est un engrenage, un cercle
vicieux qui, à la longue, détruit le pays et nous
transforme en simples consommateurs. A ce propos,
il y a un autre aspect que je voudrais relever,
un aspect que je souligne d'ailleurs dans le
titre du roman en utilisant le mots "mariage on
copie". C'est un clin d'oeil au lecteur. Je
trouve que non contents de devenir des
consommateurs, nous nous acharnons à vouloir
recopier inlassablement ce que l'Occident nous
offre. Avec mon roman, j'essaie un peu de tirer
la sonnette d'alarme. A un moment donné mon
cameraman dit qu'on recopie tout jusqu'à nos
systèmes démocratiques et c'est vrai que dans
tous les domaines on fait une espèce de placage
de ce qui nous vient d'ailleurs sans faire de
tri, sans réfléchir à ce qu'il y a à prendre et à
laisser.
Jean-Marie Volet:
Est-ce là un thème que vous reprenez dans votre
deuxième roman "La fourmilière"?
Aicha Fofana:
Dans une certaine mesure. La fourmilière parle
des pesanteurs de la société et de la famille, la
grande famille malienne. J'y soulève la question
du refus mais aussi de la nécessité de s'adapter;
le cadre du roman c'est ça... la vie d'une grande
famille que je compare à celle d'une fourmilière
car j'ai remarqué que les deux types de sociétés
offrent plus d'une similarité: il y a les
soldats, les fourmis ouvrières qui chez nous sont
nos bonnes qui font tout pour leur reine, qui
triment dur pour quelques privilégiés. Le thème
que j'aborde est surtout économique.
Jean-Marie Volet:
Et l'intrigue?
Aicha Fofana:
Sans la dévoiler complètement, je peux vous dire
que c'est l'histoire du grand Commerçant qui
règne sur cette vaste famille. Il ne fait rien
pour s'adapter à l'évolution du monde. Il mène
ses affaires de manière empirique, sans aucune
règle de comptabilité. A force de mener une vie
ostentatoire, à force de laisser sa famille
proliférer sans aucun contrôle, son commerce fait
faillite. Il fait alors appel à son fils aîné
afin de redresser la situation. Ce dernier a
étudié à l'extérieur et il introduit un autre
système de gestion qui est basé sur la rigueur et
le calcul. J'oppose ces deux façons de percevoir
l'idée du commerce et des échanges. Un griot
représentant la tradition va s'opposer au fils
qui revient et le rappeler à l'ordre. "Nous on a
toujours été généreux, on a toujours donné", lui
dit-il. En fin de compte, il va être obligé de
faire des concessions, mais le griot exprime la
puissance de tout ce monde traditionnel qui
entend bien rester fidèle à certaine vision des
choses.
Jean-Marie Volet:
Une vision qui n'est d'ailleurs pas uniquement
négative?
Aicha Fofana:
Non, et c'est pourquoi le fils ne va pas arriver
au bout de son projet de modernisation. Il y a
des choses qu'il faut à tout prix conserver. Par
exemple cette solidarité qui fait que quel que
soit l'échec d'une personne, il y a toujours
quelqu'un pour la récupérer. Ce sens du partage
aussi. Bon, et puis ce respect qu'on a des
anciens. Personnellement, je pense que l'Occident
a perdu tout ça et que du haut de sa technique,
il se déshumanise. Certaines valeurs exprimées
dans la tradition africaine représentent quelque
chose de très précieux. Cela dit, tout n'est pas
idyllique, et il faut reconnaître que sans
gestion, on ne s'en sort pas non plus; les
richesses ne sont pas inépuisables et on ne peut
plus vivre sans se préoccuper de l'avenir. Il est
aussi certain que plus le niveau d'instruction
sera élevé, plus les gens vont être à même de
trouver leurs propres solutions sans avoir à les
copier sur l'Europe. A nous de trouver une
troisième voie...
Jean-Marie Volet:
oui...
Aicha Fofana:
... oui, une troisième voie qui permettrait à
chacun d'échapper à la pression sociale et de
gagner son autonomie. Tenez, c'est d'ailleurs un
thème que je soulève aussi dans La fourmilière.
Vous verrez par exemple dans le roman que lorsque
le personnage principal veut tout simplement
déménager, quitter la grande famille pour
s'installer dans une villa vu qu'il en a les
moyens, il se retrouve avec toute sa famille sur
le dos. Tout le monde vit entassé les uns sur les
autres et à la remorque les uns des autres, et le
désir de se tenir un peu à l'écart pour mieux
s'épanouir ne signifie pas pour autant tomber
dans l'individualisme occidental. Il y a des
excès à corriger.
Jean-Marie Volet:
Vous avez écrit des romans mais aussi des pièces
de théâtre. Qu'est-ce qui vous a conduit au
théâtre?
Aicha Fofana:
Bon, c'est un peu le hasard. J'avais suivi un
stage sur le théâtre à Lomé et ça m'a fourni
l'occasion de m'initier à la dramaturgie. Dans
nos pays, si vous écrivez un roman, il faut
attendre longtemps pour être publié, et une fois
le livre sorti, tout le monde n'y a pas accès: il
coûte très cher et tout le monde ne sais pas
lire. Au contraire, le théâtre c'est spontané,
direct, accessible à tous. L'approbation ou la
désapprobation du public est immédiate. Je me
suis dit: "Tant qu'à faire c'est un raccourci
pour faire passer un message, alors, on y va!"
Jean-Marie Volet:
Le théâtre permet donc de traiter des thèmes
d'actualité?
Aicha Fofana:
De tous les thèmes, comme d'ailleurs les romans.
Mais j'ai effectivement choisi un contenu
politique lié à l'actualité pour ma première
pièce "Excellence on fait le ménage", ce qui a
d'ailleurs provoqué quelques remous.
Jean-Marie Volet:
Lors de sa sortie?
Aicha Fofana:
Non, déjà lors de sa mise en scène. Comme Madame
Diawara [ndr: metteur en scène] vous le dira,
certains comédiens ont été réticents et ont
hésité à accepter de jouer, disant avoir peur;
c'était après les événements... vous savez on a
connu notre révolution. Bref, il s'agissait d'une
critique de la corruption. Sous prétexte de
nettoyer un quartier résidentiel, deux balayeurs
donnaient leurs points de vue sur les campagnes
de propreté et de luttes contre l'insalubrité que
le gouvernement avait lancées. Le dialogue
fonctionnait à deux niveaux. L'un des balayeurs
comprenait la chose de manière terre à terre et
parlait du nettoyage des rues à cause du problème
des ordures qui proliféraient. Son acolyte
comprenait ce problème de nettoyage comme celui
des ordures étatiques. Alors de quiproquo en
quiproquo l'un des balayeurs se retrouve aux
mains des gardes du Palais...
Jean-Marie Volet:
Le succès de cette première pièce vous a conduite
à en écrire une seconde...
Aicha Fofana:
... deux autres: "L'Africaine de Paris" qui a
pour thème l'aliénation culturelle et la
troisième qui parle des grandes institutions
financières qui écrasent nos pays. "L'Africaine
de Paris" présente un homme qui est hybride. Il
balance entre le style de vie occidental et le
style de vie africain traditionnel. Il ne
voudrait renoncer ni à l'un ni à l'autre. Ses
deux épouses incarnent son dilemme. Alors qu'il
était en France, il a épousé une africaine qui
reflétait le contexte dans lequel il se trouvait
et quand il revient chez lui, tel un caméléon, il
replonge dans le contexte africain et se convainc
qu'il lui faut une épouse traditionnelle.
Lorsqu'on a monté la pièce, on a bien rigolé avec
le metteur en scène parce que pour traduire le
côté hybride de l'individu qui était tiraillé
entre deux cultures et deux modes de vie on a
habillé notre personnage à moitié comme un
occidental et à moitié comme un africain, vous
voyez le tableau...
Ma troisième pièce met en scène le fils de ce
personnage. Un fils qu'il a eu en Europe où il a
été élevé et où il a toujours vécu.. Il arrive au
Mali en qualité d'expert d'une institution
internationale. Tout ce qu'il dit reflète le
discours académique qu'on lui a inculqué en
Europe. J'oppose son néolibéralisme rigide au bon
sens de la personne qui l'accompagne, un guide
qui lui permet de retrouver les membres de sa
famille et qui lui montre que sa vision des
choses est trop carrée, trop rigide, qu'elle ne
cadre pas avec la réalité. On ne peut pas venir
comme ça, en prétendant nous développer à coup de
millions...
(silence)
Et finalement s'étonner que les choses ne bougent
pas....
Merci Madame Fofana
Jean-Marie Volet
The University of Western Australia
Je vous remercie pour votre temps et votre
patience pour la lecture de ce premier volet de
NetCulture!
Je vous donne rendez-vous le jeudi 30/10/03 pour
NetCulture-Musique!
Vive la Culture du Mali!
hadi ousmane
milano, italia
______________________________________________________________________
Yahoo! Mail: 6MB di spazio gratuito, 30MB per i tuoi allegati, l'antivirus, il filtro Anti-spam
http://it.yahoo.com/mail_it/foot/?http://it.mail.yahoo.com/
Copyright (c) mAliLink