Le Mali Se Communautarise

Quand un Etat est incapable d’assurer la sécurité pour tous ses citoyens, cet Etat laisse un vide qu’il faut combler d’une manière ou d’une autre.

C’est ce qui se passe depuis l’avènement de la rébellion touarègue au Nord du Mali.

Nous assistons chaque jour à la création d’une association, d’un mouvement ou d’un groupe d’autodéfense, sous le regard passif des autorités qui ne font qu’acter.

Depuis hier 21 Mai 2017, la communauté de culture Songhay vient ajouter à la longue kyrielle de mouvements communautaires, «Ir Ganda », qui veut dire « Notre terre ».

La naissance de ce énième mouvement, qui ne sera pas le dernier, est diversement interprétée dans l’opinion nationale malienne.

Les populations meurtries, victimes des attaques quasi quotidiennes, voient en « Ir Ganda », un espoir de protection, en l’absence d’un Etat défaillant, qui de toutes les façons ne maitrisent plus son destin avec la présence des forces étrangères sur son sol.

Les autres mouvements communautaires et groupes armés existants, voient en « Ir Ganda », un ennemi déclaré qui viendra rebattre les cartes géopolitiques de la région.

Quant à l’Etat, il est pris entre l’étau et l’enclume. Même incapable d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens dans les zones de conflits, l’Etat ne pourrait applaudir la naissance d’un énième mouvement communautaire. Et comme il n’a jamais levé le petit doigt contre la création des mouvements déjà existants, il ne peut pas combattre aussi la naissance de nouveaux mouvements, comme c’est le cas de « Ir Ganda ».

Aujourd’hui au Mali, il y a toutes sortes de mouvements communautaires et de groupes armés : Nous avons des associations culturelles régionalistes, ethniques au sein de presque toutes les communautés du Mali.

Face à cette communautarisation du Mali, que faire ? Rien, sinon que de constater. Ce qui pourrait nous conduire à une division du Mali en plusieurs morceaux. Si aujourd’hui, les communautés les plus en vue dans cette communautarisation, sont celles des régions du Nord et une partie du centre, demain, ca pourrait toucher les communautés de l’Ouest, du sud. Les communautés ne faisant plus confiance à l’Etat central, n’hésiteront plus à tenter de se prendre en charge, ou de faire pression sur l’Etat.

Nous avons vu, comment les communautés de Kayes avaient fait pression sur l’Etat pour obtenir la construction d’un deuxième pont à Kayes.

L’unique remède contre la communautarisation du pays est selon moi, un Etat fort, fondé sur une justice sociale équitable pour tous, avec des dirigeants intègres et exemplaires. Un état fort se construit dans le temps avec des hommes et femmes convaincus. Le Mali que nous avons connu a cessé d’exister, Il nous faut le refonder pas à pas, mais déjà il urge de rétablir la justice sociale, pierre angulaire de toute coexistence pacifique intercommunautaire.

Difficile de ne pas accepter la naissance de « Ir Ganda », même si, ni «Ir ganda», ni CMA, ni Gatia, j’en passe, ne sont des solutions pérennes à l’existence de l’Etat malien.

L’état malien, doit reprendre sa place laissée aux mouvements communautaires, mais pour ce faire, il lui faut reconstruire une Armée forte et républicaine, car un état sans armée, est un état voué à disparaitre.

Yachim MAIGA


Ce régime a été averti pourtant. On ne peut que se préparer pour l’inévitable.

Des fois il n’y a pas de remède à la stupidité humaine.

Amadou O. Wane


Merci yachim pour ton analyse objective de la situation. Si les gouvernants ne se ressaissent pas, le peuple s’assumera comme d’habitude. Vivement l’operationalisation des communautés de culture Songhoi” Irganda”.

Abdoulwahidou Maiga


“L’unique remède contre la communautarisation du pays est selon moi, un Etat fort, fondé sur une justice sociale équitable pour tous, avec des dirigeants intègres et exemplaires.”__Y. Maiga

That is not going to happen with this man and his mafia in power.

Amadou Wane


Grand merci, “Yachim du Congo”;

Pour cette belle et opportune analyse du fait de la “ganda-isation”
(communautarisation) qui survient bien après l'”azawadisation-gatia
-isation” et autre “narcotrafiquisation mauresque”, la
“clanisation-tribalisation” qui donnerait lieu, si ce phénomène n’est
pas endigué, à la prolifération des gangs qui vont se battre comme
les clans mafieux siciliens et corses pour mettre en lambeaux le Nord
du Mali.

Sincèrement,

M. AG HAMATY


C’est le passage obligé. Le retour aux entités précédant l’arrivée des
colons occidentaux.

Tieman Diarra


Bonjour Yachim

Malilink, au moins, nous est témoin, que l’état, le gouvernement malien ainsi que les maliens ont été informés et mis en garde contre la dangerosité de l’attitude dans laquelle nos propres gouvernements se sont complus. C’est à dire la promotion de la communautarisation du pays au moins dans sa partie nord. Avant 2012, avant la signature de l’accord, lors de la signature de l’accord de 2015 et après.

La vérité c’est que cette promotion à été faite au profil de certaines communautés et au détriment d’autres.

La vérité c’est que l’accord de 2015 a communautarisé le pays. Il est fait au profil des acteurs à qui la force des armes a un droit sur les autres. Le gouvernement malien était censée faire de l’inclusivité la colonne dorsale de la mise en œuvre de l’accord malheureusement, comme nous l’avions prévu dans les années 2012, 2013 et 2014, au résultat les groupes armés ont pu imposer leur position au gouvernement qui a validé leurs choix. Des Choix qui comme tout le monde le sais sont totalement défavorables à certaines communautés et largement favorables à d’autres.

Cette initiative ci, qui est en cours, L’état malien, à travers le gouverneur de la Region de Gao, a tenté de la saboter. Comme en juillet 2016 ou sa responsabilité dans le Cours des événements pourra difficilement être écartée. À mon avis. Il a échoué pour le moment. Pour le moment !

Des représentants des autres communautés locales aussi ont tenté. Pour le moment ils ont aussi échoué.

Je serai comme toi très partisan d’une solution alternative qui nous éloigne de la balkanisation de notre cher pays. Mais alors, C’est quoi l’offre actuellement, face à la détresse des gens ? Face à leurs questionnements justifiés et justes.

Au contraire, chaque fois qu’il y a une décision à prendre, les gens se sentent livrer pieds et mains liés à ceux là qui n’ont d’autre but que de nier note existence et notre appartenance à ce que nous croyons. Bah tout ça !

Encore une fois merci. Ton texte plus simple résume la problématique malienne.

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Bonjour Fahad mon frère

Rien de mieux. Que la loi soit celle de tous les maliens; à égalité.

Mais L’autorité du gouvernement ? Elle est où ? Vous et moi et tous les maliens l’avions attendu depuis 2013.

Je ne l’ai vu s’exercer que contre des citoyens sans armes qui manifestaient pacifiquement. Je ne vois pas le gouvernement et l’état faire respectée la loi. Nulle part que sur les plus faibles. Ceux qui se sentent les plus lésés et qui veulent s’organiser contre l’arbitraire.

Oui donc je souhaite que le gouvernement exerce son autorité. Mais alors de façon impartiale et républicaine.

Dans le cas contraire il ne pourra que créer d’autres mécontents. Peut être qui deviendront aussi violents que les autres. À leur manière.

Pour les personnes qui ont initier (au moins), il y a un besoin très fort de s’organiser autrement que ce qui nous est dicté par le gouvernement malien.

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Salam
voilà qui face à la marginalisation delibéree du gouvernement et CI contre les majorites non armées proposent de soutenir les groupes armés contre l’Etat. A trop coincer une chèvre, elle finira par mordre.

Mohamed Ag Mohamed Elmoctar Balata on met toujours cette histoire de “majorité” sur la table, alors qu’elle ne se pose même pas dans ce contexte. À l’heure actuelle ce sont les plus minoritaires qui dirigent et cela parce qu’ils constituent une force politico-militaire incontestable. Ce qu’on peut faire c’est de trouver un consensus contre l’état pour s’insérer en profitant de cet avantage acquis grâce à cette minorité qui a lutté pour arriver à cela pendant que la majorité condamnait cette révolution.

Salutations meilleures

Balata


Je suis d’accord avec toi, Yachim. Les dirigeants doivent s’affirmer avec plus d’autorite et de justice pour que tous les maliens croient aux valeurs de la republique. Le communautarisme est une illusion qui ne reglera pas grand chose.
Merci.
Fad


To the learned colleagues –

Question de grammaire:

“Ir ganda“. Au Mali, on doit l’écrire “Ir gandaa”.

Le nom simple est “ganda“ et le possessif “ir” exige la forme définie.

Et peut-être de sémantique:

Traduire “Ir gandaa” par “Notre terre” n’est ni faux ni exact.

Littéralement, ”Notre terre” serait “Ir laboo” (labu) ou “Ir dawoo” (daw). (En orthographe zarma, “Ir laabo”)

”Ganda” couvre un champ sémantique très large. “Gande”, poitrine/étreinte/port; donc partir de l’intime vers l’extérieur plus ou moins lointain.
Ganda, “espace” dans ce sens souple peut signifier un lopin, un terrain, une propriété (foncière), une zone, région, jusqu’à toute une aire géographique, un imaginaire.

Dans ce sens, le couple binaire “ganda/ganji” (village/brousse; terroir et monde au-delà; chez soi et ailleurs), peut alimenter un riche colloque sur le concept de l’autre et du soi et pourquoi pas le “presque-soi”.

En forme adverbiale, “dessous”, “en bas”. Ganda,” comme dans “Balle à terre!”; comme demandait quelqu’un. On y est.

Pour le reste, on verra ce qu’on verra. Mais, je ne vois pas comment le “foyer amélioré” [Ir kul gandaa] ajoute plus qu’une pincée de nervosité supplémentaire à la chose. Pour dire que la chose et la spéculation fébrile qu’elle alimente en disent long sur l’état de panique morale dans lequel nous nous enfonçons allègrement.

Mohomodou


Salam voilà qui face à la marginalisation delibéree du gouvernement et CI
contre les majorites non armées proposent de soutenir les groupes armés
contre l’Etat. A trop coincer une chèvre, elle finira par mordre.
Mohamed Ag Mohamed Elmoctar Balata onmet toujours cette histoire de
“majorité” sur la table, alors qu’ellene se pose même pas dans ce contexte.
À l’heure actuelle ce sont les plusminoritaires qui dirigent et cela parce
qu’ils constituent une forcepolitico-militaire incontestable. Ce qu’on peut
faire c’est de trouver unconsensus contre l’état pour s’insérer en profitant
de cet avantage acquisgrâce à cette minorité qui a lutté pour arriver à cela
pendant que la majoritécondamnait cette révolution.

Salutations meilleures

Balata


Ce que Mohamed Ag Mohamed Elmoctar dit à Balata, c’est ce que
Moustapha Ould Dahi dit de la création de IR-GANDA pour rien; à savoir
que les Songhoï, qui se tapent la poitrine du simple fait majoritaire
numérique, selon eux, dans la région de Gao, profitent des
acquis-fruits de la guéguerre que des rebelles arabo-touaregs qui ont
“mouillé le maillot” ont généré pour toutes les communautés du Nord du
Mali ont pu arracher au GRM .

Rien moins que de dire que les Songhoï, qui n’ont pas “mouillé le
maillot”, ne reconnaissent pas à leurs voisins le bien être acquis
grâce à leur combat et pis, les Songhoï voudraient même les combattre!

En tout état de cause, je suis d’accord avec les analyses de Moustapha
Ould Dahi et de Mohamed Ag Mohamed Elmoctar que Balta et Chouaïbou
tentent de ne pas devoir comprendre, alors que c’est si simple à
comprendre.

Sincèrement,

M. AG HAMATY


es Songhoï, qui se tapent la poitrine du simple fait majoritaire numérique, selon eux, dans la région de Gao, profitent des
acquis-fruits de la guéguerre que des rebelles arabo-touaregs qui ont “mouillé le maillot” ont généré pour toutes les communautés du Nord du Mali ont pu arracher au GRM_Ag Hamaty

es tu sur que les rebelles arabo touaregs ont mouillé le maillot et ont generé pour toutes les communautés du nord?

Je ne pense pas et je pense que les autres du nord peuvent bien se révolter. On peut aimer quelqu’un plus la personne. Tout ce qui est fait sans l’aval ni son consentement est contre la personne. Les arabes ou touareg ont ils mandat de faire et d’engager une rébellion contre l’Etat ou autre au nom des Somghay sans leur demander ni leur concerter. Sont ils encore des gamins pour ne pas pouvoir reconnaitre ce qu’ils veulent et le reclamer sans le concours? Je trouve ce type de discours comme raciste, humiliant car c’est une infantilisation d’un peuple.

Salutations meilleures

Balata


Racism follows the same pattern everywhere. We beat you, we humiliate you, we enslave you FOR YOUR OWN GOOD. So be grateful!

Amadou Wane


Racism follows the same pattern everywhere. We beat you, we humiliate you, we enslave you FOR YOUR OWN GOOD. So be grateful!_Wane.

Tidit, Gonga, Cumi. le meme refrain, racisme est le meme partout. la forme peut changer mais le fonds reste intact.

Salutations meilleures

Balata


Je crois que dans la même logique (penchée à tomber), les gangsters peuvent décrier l’inconséquence et l’ingratitude des résidents du quartier qui profitent de leurs deals et fusillades quotidiennes qui, même s’ils sèment un peu de pagaille et pourrissent la vie aux gens font entrer pas mal de fric dans le quartier déshérité.

La qualité de la vie ou sa disparition et les rapports abîmés entre les gens qui se regardent en chiens de faïence peuvent passer pour pertes et profits – les profits liquides étant toujours plus précieux que les petits inconforts.

Donc, à chacun sa lecture. Mais il y a une question de fond, d’ordre éthique et moral qu’on ne peut noyer ici par complaisance. La rébellion et ses réincarnations dans le nord malien n’ont rien de révolutionnaire. S’ils profitent, c’est à quelques uns et surtout toujours les mêmes. Il n’y a rien à partager avec la majorité ou les majorités.

Insinuer que les rebelles et autres groupes armés sont les champions de l’émancipaton des gens du nord face au gouvernement reproduit la posture prétentieuse et fallacieusement révisionniste que tiennent les FORES et tous ceux qui assimilent volontiers les populations du nord à des profiteurs passifs du chaos dans lequel ils sont jetés. J’ai entendu pas mal de gens intelligents me dire la même chose à Bamako et même en Europe.

Ce n’est ni historiquement vrai, ni moralement soutenable, si on doit se dire une seule vérité. Sinon les populations ne se seraient pas sacrifiées pour tenir tête aux groupes armés au prix de leurs libertés, intégrité physique ou vies.

Mohomodou


Bonjour ou bonsoir chers forumistes

Je n’ai pas eu la chance de vous suivre dans ce débat qui semble être plus passionnel que passionnant, mais j’ai juste eu le temps de lire en diagonales les réactions des uns et des autres. Je me confesse d’emblées, que je me sens encore plus mal que quand j’écrivais hier cette tribune, qui a servi de prétextes aux échanges.

Je me sens mal, car le mal que nous voulons combattre c’est à dire la communautarisation du pays, donc, la haine, est en train de gagner du terrain au sein même de ce que j’appelle pudiquement: les intellos de Malilink.

Comme Mohomodou, je continue à croire que nous pouvons et devons vivre avec nos différences sans nier l’existence de l’autre.

Je trouve cynique de parler dans ce débat, de “dividendes ” gracieusement offertes par les victorieux d’une rébellion.

Toute la question est de savoir si les victorieux de la rébellion peuvent ou doivent imposer

Leur diktat aux autres communautés qui ne partagent pas leur vision?

Les communautés qui subissent les exactions quotidiennes d’individus armés dans leurs villages, sont condamnées à se défendre, car ils n’ont plus le choix : soit ils se défendent ils meurent, soit ils ne se défendent pas, ils sont tués. Les auteurs des attaques et crimes ne leurs donnent qu’un seul choix : se défendre.

Et comme l’Etat censé, défendre les personnes et leurs biens sur son territoire, est défaillant, elles se tournent vers les milices, les groupes armes et les mouvements communautaires. Ce qui n’est hélas pas la solution.

La seule solution qui vaille et que nous devrions encourager sur ce forum, est la coexistence pacifique. Le vivre cote a cote a défaut du vivre ensemble.

Nous sommes condamnés, car le songhaï d’Ansongo n’a nulle part où se réinstaller, tout comme le Daousahak de Tallataye n’a nulle part où se réinstaller.

Personne ne peut chasser personne nulle part ni au Nord ni au Sud.

Certes, les victorieux de la rébellion ont la possibilité de continuer à vouloir dicter la loi des armes, mais ça n’aboutira a rien et tôt ou tard on finira autour d’une table ou sous un arbre.

Nous qui avons la chance d’utiliser l’arme qu’est la plume, ou du moins le clavier, sacrifions nous a utiliser l’arme de la raison. Recollons les morceaux au lieu de les casser en petits morceaux.

Sortons le débat des caniveaux et proposons des solutions qui nous éloigneraient des armes et des morts bêtes et évitables. Les montants exorbitants que nous engloutissons dans les achats des armes, utilisons ces montants pour donner de l’eau potable à tous.

L’arme qu’est la plume peut être plus dangereuse et meurtrière que la kalachnikov et autres roquettes.

Si nous sur Malilink ne parvenons pas à nous comprendre comment voulez-vous que le berger de Ras-El mas et le pécheur de Isaber puissent se comprendre.

Toutes les communautés du Nord comme du Sud n’aspirent qu’à vivre en paix.

Même le détenteur de l’arme ne peut dormir sur ses deux oreilles sachant qu’il y a son voisin « soumis » qui lui en veut.

Alors il n’y a et n’y aura aucune solution autre que la coexistence pacifique qui passe par le respect mutuel et l’acceptation de l’autre dans sa différence.

Yachim MAIGA
Kinshasa, République Démocratique du Congo


Les Fausses Rumeurs de Riz en Plastique Créent une Hystérie Sans Fondement

BAMAKO –  17 Mai 2017 | par Amadou O. Wane –Depuis quelques jours, la presse malienne circule des rumeurs comme quoi du riz plastique se vend sur le marché. Ce « faux news » se propage dans le monde entier depuis un certain temps. Le terme « faux news » désigne une information erronée déguisée en véritables nouvelles avec un objectif spécifique à l’esprit. La prolifération des « faux news » a été amplifiée avec les médias sociaux.Depuis début 2011, les rumeurs sur le riz en plastique en provenance de Chine circulent dans le monde des réseaux sociaux. En février 2011, le magazine Raw Story et The Mary Sue ont publié des articles sur la prétendue controverse. Les deux articles ont conclu que les allégations n’étaient pas vraies. Entre 2011 et 2016, la rumeur apparaissait de temps en temps sur Internet. En octobre 2016, elle est apparue sur Facebook et a inspiré de nouveaux articles de presse.

Economiquement, le riz en plastique n’a pas de sens car il est plus coûteux de faire du riz en plastique que de récolter du riz naturel. Plusieurs vidéos présumées représentant la fabrication de faux riz dans les usines sont partagées sur Internet.

En mai 2015, la rumeur du riz en plastique est devenue virale en Indonésie. Un journal a écrit un article sur l’hystérie. Il a conclu que les tests avaient révélé que la rumeur était fausse. En outre, le gouvernement indonésien a annoncé qu’une série de tests effectués par le ministère du Commerce et le ministère de l’Agriculture n’avaient trouvé aucune substance plastique dans les échantillons de riz soupçonnés d’être importés de Chine.

En octobre 2016, la panique du riz en plastique était toujours forte à l’intérieur et à l’extérieur des États-Unis. Il convient de noter que ce genre de rumeur n’est pas nouveau. Les premières rumeurs remontent jusqu’à la fin des années 1850. Depuis la réapparition des rumeurs de riz en plastique en 2011, il a été impossible de confirmer que quelqu’un a réussi à substituer le riz en plastique pour le riz naturel.

En décembre 2016, CNN et BBC avaient signalé que les importations de riz en plastique étaient saisies par la douane nigériane. Cependant, le 24 décembre 2016, le ministère de la Santé du Nigéria a annoncé que les tests sur le « riz en plastique » avaient révélé que le riz n’était en fait pas en plastique.

Les autorités maliennes doivent informer rapidement le public et dissiper la fausse rumeur de riz en plastique. La propagation de ces fausses rumeurs peut avoir des effets négatifs sur l’économie et la confiance de la population.

Les Tripatouillages Budgétaires de 2010

BAMAKO – 15 Mai 2017 | par  Amadou O. Wane -Le gouvernement malien avait prévu qu’en 2010 les revenues de l’Etat augmenteraient de 9,6% par rapport à 2009 soit 1 101 milliards de F CFA. Cela s’explique en grande partie par les améliorations prévues dans la collecte des impôts et des douanes, y compris la création et la maintenance de bases de données fiscales et douanières informatisées ainsi que la création d’un nouveau bureau pour les moyennes entreprises. En plus de l’augmentation des recettes fiscales, la privatisation en 2009 de la société de télécommunication parastatale SOTELMA et le maintien des engagements de financement des donateurs internationaux ont stimulé les caisses publiques. Les promesses des donateurs qui fournissent un soutien budgétaire direct à l’Etat devraient atteindre 354,73 milliards de F CFA, soit 33% du budget. Selon le représentant du FMI au Mali, l’augmentation des recettes prévue par le GdM est raisonnable en tenant compte du fait que la croissance du PIB en 2010 était prévue à 4,3% et l’inflation à 2,5%. Le représentant nota, cependant, qu’il existait des risques pour ces projections. L’augmentation des revenus dépendrait, en partie, du gouvernement, suite à certains engagements politiquement contentieux. Cela comprend une réduction des subventions gouvernementales pour les produits pétroliers, qui avait atteint un sommet en 2008. Ces subventions avaient pour but de réduire le fardeau de la hausse des prix des aliments et des carburants pour les consommateurs maliens. Le deuxième engagement était une réduction de l’impôt sur le revenu des sociétés. Plutôt que de réduire l’impôt de 35% à 25%, comme le gouvernement l’avait prévu, le FMI a suggéré que le taux devrait être réduit à 30%.

Les allocations de financement du GdM reflètent les objectifs de la stratégie de réduction de la pauvreté et de la croissance économique, traduit dans le programme de Développement Économique et Social (PDES). Le PDES comprenait six objectifs : amélioration des services publics ; augmentation de la production agricole ; soutient au secteur privé ; réduction du taux de chômage chez les jeunes et les femmes ; développement du secteur social et réforme de la société. En 2010, le GdM décida de n’utiliser que 25 milliards de F CFA des 180 milliards reçu de la vente de la SOTELMA. Beaucoup de parlementaires et des donateurs internationaux considérèrent cette décision comme peu orthodoxe. Bien que la vente ait été achevée en 2009, le GdM comptabilisa le revenu de façon fragmentaire. Les fonds non utilisés pour le budget de 2010 furent déposés dans un compte de la BCEAO pour être utilisé en 2011 et 2012.

Afin d’assurer la transparence, le gouvernement envisagea d’allouer le reste des revenues de la SOTELMA dans le budget général. Les partis politiques de l’Opposition aussi bien que la communauté internationale étaient préoccupées du fait que le gouvernement avait réservé la majorité des fonds provenant de la plus grande privatisation du Mali pour l’élection présidentielle de 2012. En plus des inquiétudes concernant la manipulation du budget à des fins politiques, l’argent n’était pas utilisé pour financer des projets pour le développement économique tel que demandé par les donateurs bilatéraux et multilatéraux. En l’absence de subventions externes, de prêts concessionnels et de l’utilisation des recettes de privatisation de la SOTELMA, le déficit budgétaire global en 2010 devrait atteindre 39%. Le Mali manqua certains objectifs macroéconomiques convenus sous le programme de la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance (FRPC) du FMI.

Sous pression, le gouvernement promis de limiter les emprunts avec les banques nationales et régionales à 1% du PIB afin d’assurer la viabilité de la dette publique. Cette viabilité reposait sur des hypothèses optimistes concernant la production d’or. Une balance des paiements favorable dépendait du prix élevé de l’or sur le marché mondial.

En outre, le Mali reste très vulnérable aux fluctuations des marchés des produits de base, comme en témoigne en 2008 l’augmentation des prix des denrées alimentaires et des carburants. Et en raison du manque de diversification de l’économie, une baisse des envois de fonds et des recettes du tourisme, aurait de forts effets néfastes sur l’économie.

Un Crime de Guerre à Alphaou Taraba

BAMAKO – 12 Mai 2017 | par Amadou O. Wane – Taraba est un petit village à l’ouest de Tombouctou entre Goundam et Bintagoungou. La majorité des habitants sont du groupe ethnique songhaï. Avec un taux de chômage élevé, les jeunes quittent souvent le village pour aller chercher un emploi ailleurs au Mali ou à l’étranger. Dans la tradition locale, lorsqu’un jeune émigre, ses parents et ses amis organisent une fête d’adieu pour lui. Dans la soirée du 16 avril 2017, le village d’Alphaou Taraba organisa une telle fête pour l’un de leurs jeunes hommes. La fête commença bien, les jeunes mangeaient, dansaient et riaient.

Mais, vers 20 heures, un véhicule et une moto se sont approchés du village. Les occupants étaient, des hommes armés avec des armes automatiques. Arrivés au village, ils ont tiré cinq coups de feu dans l’air. La foule se dispersa dans toutes les directions. Certains villageois sont allés se réfugier dans une maison à proximité. Les terroristes ont ouvert la porte avec des tirs sur la serrure. Ils ont volé des téléphones cellulaires et des vêtements, obligé les jeunes hommes à se déshabiller complètement, puis ils ont ligoté leurs pieds et mains. Ils choisissaient deux filles à chaque fois et les amenaient dans une pièce voisine où elles subissaient un viol collectif. Au total, 10 filles ont été agressées sexuellement. La plus jeune victime avait seulement 12 ans. Selon ses parents, il y avait du sang sur ses vêtements quand elle est rentrée chez elle. Le viol est une expérience très stigmatisante dans cette société conservatrice. C’est une grande humiliation pour la victime et sa famille, qui peut durer plusieurs générations. Beaucoup préfèrent simplement nier publiquement qu’elles ont été violées. Mais, la jeune fille et ses parents ont eu le courage de raconter leur histoire. Au fur et à mesure qu’elle parlait de son épreuve, les larmes coulaient le long de ses joues. Elle était tellement submergée par les émotions qu’elle ne pouvait pas continuer. Ses parents étaient également éperdus.

Lorsque les autorités ont été informées de l’incident, une équipe médicale a été dépêchée de Goundam pour administrer les premiers soins aux victimes. Mais, aucune police n’a enquêté sur le crime. Les jeunes victimes ont besoin d’une aide médicale et psychologique à long terme. Au moment de la rédaction de cet article, elles n’avaient toujours pas reçu de telles aides. Le lendemain, un autre groupe armé est venu dans le village pour informer les habitants qu’ils enquêtaient sur l’incident qui a eu lieu la veille. Mais, ils ne sont pas venus aider. Au contraire, ils ont volé les biens et l’argent des habitants.

Selon les villageois, c’est la troisième fois que leur village a été la cible de groupes armés. Ils ont refusé d’identifier leurs assaillants par crainte de représailles. Le gouvernement est complètement absent de la région et l’état de droit n’existe plus. La population civile est à la merci des terroristes et des groupes armés. Des crimes semblables se déroulent régulièrement au nord et au nord-est du Mali. Ils ne sont pas signalés en raison de l’absence de toute forme de gouvernement. Ce qui s’est passé à Alphaou Taraba était un crime de guerre. Un crime de guerre est commis lorsque les règles internationales de la guerre sont violées. Le viol en tant qu’instrument de guerre est considéré comme un crime de guerre.

Malgré la présence d’une armada internationale, le nord et le nord-est du Mali sont encore en proie à des groupes armés et à des terroristes. L’insécurité détruit le tissu social et sème la discorde entre les groupes ethniques. Si la tendance n’est pas inversée rapidement, le Mali pourrait devenir un état défaillant dans tous les sens du terme.


Je remercie beaucoup Wane pour cet article sur ces viols qui ont eu lieu dans ce village de Tombouctou. Je tiens a préciser qu’aucune structure qui fait de la protection ou basée sur les violences basées sur le jour n’a porté assistance a ces filles malgré l’appel que nous avons lancé sur les réseaux sociaux.
Quand j’ai contacté la charge des VBG de la Minusma , elle m’a redirige vers la section droit de l’homme. Le fait que cette section ne soit même pas au courant ou se dise pas informée m’a fait comprendre que je perdrai mon temps.
Seule l’ONG locale a envoyé une monitrice (qui n’est pas qualifiée pour la prise en charge psychologique des viols).

Fatouma Harber


Bonsoir chers tous

Il y’a une volonté claire d’humilier des hommes sans armes. L’intention est tellement cruelle et inhumaine.

La leçon qui est la même depuis 2012 : avec une arme on peux tout se permettre.

– Un village en majorité sonrai du cercle de Goundam ou des citoyens festoient pour le départ en exode d’un des leurs ;
– des assaillants armés attaquent cette joyeuse assemblée
– obligent les hommes à se mettre en tenue d’Adam et les ligotent pieds et mains
– violent une dizaine de personnes de sexe féminin dont une jeune fille de 12 ans
– les autorités sont informées
– une équipe médicale a été dépêchée de Goundam pour administrer les premiers soins aux victimes
– aucun autre type de secours aux gens en détresse

– Le lendemain, un autre groupe armé est venu dans le village pour informer les habitants qu’ils enquêtaient sur l’incident qui a eu lieu la veille. Mais [en fait], ils ne sont pas venus aider. Au contraire, ils ont volé les biens et l’argent des habitants..

Chouaibou Maiga


Bilan des Realisations du Ministere de l’Economie Numerique

J’ai été nommé ministre de l’Economie Numérique et de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, par Décret n°2016-0510/P-RM du 07 juillet 2016portant nomination des membres du Gouvernement. J’ai occupé ce poste jusqu’au 11 avril 2017, date du dernier remaniement ministériel. Conformément à l’article 18 du Décret n°2016-0844/P-RM du 03 novembre 2016 fixant les attributions spécifiques des membres du Gouvernement, j’ai préparé et mis en œuvre la politique nationale dans les domaines des Technologies de l’Information, de la Communication ainsi que dans les domaines de la Poste, des Télécommunications, de la publicité et de la Communication du Gouvernement.

La présente note porte sur les réalisations dans ces différents domaines sur la période concernée.

I. AU TITRE DU RENFORCEMENT DU DIALOGUE SOCIAL

Dans le but d’instaurer un climat social apaisé tous les syndicats relevant du département ont soit été reçus soit reçu la visite du ministre.

Les difficultés rencontrées ont pu ainsi être gérées au fur et à mesure. Il est évident que tous les problèmes ne peuvent être définitivement réglés. Mais ceux susceptibles d’engendrer des conflits sociaux ont été traités dans un esprit partenarial et de responsabilité. C’est ainsi que :

1- A ce jour aucune grève n’a été observée ni aucun préavis de grèvedéposé ;

2- Il existe un climat social apaisé voire convivial avec les divers syndicats ;

3- La satisfaction de la doléance du syndicat de l’AMAP sur l’intégrité du siège de l’Agence est une réalité ;

4- Les revendications salariales du syndicat de la SOTELMA ont été satisfaites ;

5- L’établissement des titres d’actionnaires au profit des travailleurs est en cours ;

6- Une avance sur les dividendes du premier semestre 2015 a été versée aux travailleurs ;

7- Les doléances du Syndicat de l’ORTM ont été réalisées ou sont en cours de réalisation avec des délais convenus d’accord parties ;

8- Les problèmes salariaux posés par le syndicat de LA POSTE ont été résolus ;

Des problèmes demeurent bien évidemment. Mais force est de saluer l’esprit de responsabilité des leaders syndicaux et des travailleurs du département.

II. AU TITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES ADOPTES OU DANS LE CIRCUIT D’ADOPTION

Une intense activité législative et règlementaire a permis l’adoption ou la transmission dans le circuit d’adoption d’une vingtaine de textes en neuf (9) mois.

Ainsi :

1. Au titre des Technologies de l’Information et de la Communication :

En vue de doter le Mali d’un cadre juridique adapté aux réalités et aux mutations du secteur aux plans national, sous régional, régional et international, les projets de loi ci-après ont été adoptés par le Conseil des ministres :

– le projet de loi sur la Société de l’Information ;

– le projet de loi sur la cybercriminalité.

2. Au titre des Télécommunications :

– le décret déterminant les conditions d’application de l’itinérance nationale ;

– le décret déterminant la procédure d’octroi, de retrait et de transfert de licence ainsi que les dispositions relatives à leur durée et à leur modification ;

– le décret sur la procédure pour l’octroi, le retrait et de modification relative à l’Autorisation générale ;

– le décret sur la procédure à suivre pour déclarer les services soumis à déclaration ;

– le décret relatif à l’interconnexion et à l’accès des réseaux et services de télécommunications/TIC ouverts au public ;

– le décret déterminant les profils et la procédure de sélection des membres du conseil de l’AMRTP.

3. Au titre de la Poste :

– le projet de loi postale a été adopté par le Conseil des ministres du 30 novembre 2016 après près de deux décennies d’attente;

– la communication écrite relative à la relance de la Poste a été examinée par le Conseil des ministres du 17 février 2017 ;

4. Au titre de l’ANCD :

L’adoption de la Politique Nationale de la Communication pour le Développement (PNCD) qui était en attente depuis 1993.

5- Au titre de médias

– le projet de décret portant institution de la carte de presse a été transmis au Secrétariat Général du Gouvernement ;

– le projet de loi instituant la redevance pour le développement de l’audiovisuel et du numérique a également été transmis au Secrétariat Général du Gouvernement ;

– le projet de loi portant régime de la presse et délit de presse a été transmis au Ministère de la Justice pour observations. Ce texte dépénalise les délits de presse ;

– la création de la Direction Nationale de l’Economie numérique est en attente de vote de l’Assemblée Nationale ;

– la relecture des textes de création de l’AGETIC est achevée. Elle est prête pour transmission au Secrétariat Général du Gouvernement ;

– L’adoption du projet de loi fixant le régime de la publicité qui était également longuement attendue a été vivement saluée par la profession.

III. AUTRES MESURES ET ACTIONS CONCRETES :

1. Le lancement du processus de l’attribution de la 4èmeLicence de téléphonie ;

Le Conseil de Cabinet du 23 mars 2017 a autorisé le ministre chargé de l’Economie numérique à lancer le processus d’attribution de la 4ème licence. Le Conseil des ministres doit valider cette décision.

2. Le début de la Relance effective de la Poste est visible sur le terrain.

3. Le lancement effectif de l’itinérance gratuite (Free roaming) :

Depuis le 11 avril 2017 le processus a effectivement commencé entre les pays suivants : le Burkina, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Sénégal et le Togo. L’itinérance gratuite permettra aux Maliens et aux ressortissants de tous ces pays en déplacement dans l’un de ces pays, de recevoir gratuitement les appels et sms et d’effectuer les appels aux tarifs locaux. D’autres pays seront très prochainement concernés.

4. L’Opérationnalisation de la SMTD :

La Société Malienne de Transmission et de Diffusion a été effectivement créée et a entamé ses activités. Les organes de gouvernance se mettent progressivement en place. Dans le cadre de la restructuration de l’Office de Radiodiffusion Télévision du Mali (Ex-ORTM), deux entités existent désormais : l’Office de Radio et Télévision du Mali (ORTM) et la Société Malienne de Transmission et de Diffusion (SMTD-SA). La séparation des patrimoines et le processus de mise en place des organes d’administration et de gestion des deux entités sont achevés.

5. La Nouvelle grille de l’ORTM:

La nouvelle grille des programmes de l’ORTM adoptée par le Conseil d’Administration du 14 mars 2017 est devenue une réalité. Entre autres innovations majeures il peut être constaté :

– L’allongement des heures d’émission de la Télévision nationale ;

– L’instauration de débats contradictoires y compris avec l’opposition politique et la société civile ;

– La réduction du temps du Journal Télévisé de 20 Heures ramenés à 40 minutes maximum ;

– Une stricte ponctualité en respect des auditeurs et téléspectateurs ;

– L’utilisation des Ecritels pour coller à l’actualité nationale brûlante avec comme objectif de faire de l’ORTM la première source d’information sur le Mali ;

– Introduction du langage des malentendants pour les principales émissions ;

– Des changements de décors pour certaines émissions ;

– L’introduction d’émissions en anglais et en arabe et le renforcement des émissions en langues nationales….

6.L’accroissement de l’aide publique à la Presse :

Le montant de l’aide publique à la presse a connu une augmentation allant du simple au triple (300%).

7. La création de la Cellule d’Information et de Communication :

Le ministre porte-parole du Gouvernement ne disposait que d’un chargé de communication pour assumer sa difficile et délicate mission. Par Décret N° 2017-030/P-RM du 29 mars 2017la Cellule d’Information et de Communication a été créée. Le porte-parole du Gouvernement dispose désormais d’un outil pour la communication gouvernementale

8. Identification des abonnés :

Le processus d’identification des abonnés des deux (2) opérateurs téléphoniques a été mené à son terme. Une ultime prorogation allant jusqu’au 10 décembre 2016 a été accordée aux opérateurs par Arrêté n°2016- 3349/MENC-SG du 20 septembre 2016. Le rapport final de mise en œuvre de l’identification est disponible.

9. L’acquisition d’une nouvelle imprimerie par l’AMAPP :

Une nouvelle imprimerie et ses accessoires sont acquis sur financement du budget national. Le bâtiment devant l’abriter est achevé.

Le Journal l’ESSOR sera complètement relooké.

10. Lancement du site Internet de l’Agence de Presse du Mali

en lieu et place du vieux papier journal qui existait.

11. La couverture médiatique et internet du Sommet Afrique – France :

Les structures relevant du ministère de l’Economie numérique, qui n’ont reçu aucun soutien à cet effet ont brillamment tenu leur rôle lors de ce grand challenge pour notre pays. L’ORTM en tant que télédiffuseur hôte a fait un sans-faute. L’ESSOR a assuré une excellente couverture.

L’AGETIC a sorti « le grand jeu » avec internet gratuit sur différents sites du sommet et dans la zone ACI.

Orange Mali, Malitel et Huawei ont parfaitement tenu leur rôle.

12. La couverture internet de la Conférence d’entente nationale par l’AGETIC

et la mise à disposition d’une salle de presse équipée tout au long des travaux.

13. La transition vers le numérique est engagée et avancée.

De nombreuses propositions financières et techniques, da qualités diverses sont disponibles. Certaines incluent la construction du nouveau siège de l’ORTM qui doit accueillir de nombreux matériels. Il reste à faire un choix conforme aux intérêts nationaux dans le respect de la souveraineté de notre pays.

14. La fin des travaux du Centre des données :

La sensibilité de ce centre n’autorise aucun commentaire.

15. Le Porte-parole :

Mon équipe et moi-même avons veillé à restituer et à valoriser l’action gouvernementale sans jamais tomber dans la dithyrambe, l’invective inutile ou le « one man show ».

Sans être exhaustif, nous avons tenu dans un esprit républicain et de redevabilité à faire le point de ce que nous avons pu réaliser dans le cadre de la mission que les plus hautes autorités ont bien voulu nous confier.

Ces résultats, quel que soit l’appréciation que l’on puisse en faire, sont le fruit du travail d’une équipe que je tiens à remercier et à saluer : gardiens, techniciens de surface, plantons et coursiers, chauffeurs, reprographes, secrétaires, agents du Secrétariat général et de la DFM, Directeurs et assimilés des différents services, Secrétariat particuliers, agents de sécurité, Haut Fonctionnaire de Défense, Attaché de Cabinets, Chargés de missions, Conseillers Techniques et assimilés et enfin Chef de Cabinet et Secrétaire Général.

Que tous reçoivent ici l’expression de mon infinie gratitude !

Mes remerciements vont à Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement sortant Modibo Keïta et à Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat Ibrahim Boubacar KEÏTA dont la confiance m’ont permis de travailler sur le devenir de mon pays à travers le développement du numérique et sur l’image du Mali.

J’ai bénéficié du respect, de la considération et de la solidarité de tous les ministres : ma reconnaissance à eux tous !

Bonne chance à la nouvelle équipe gouvernementale !

Puisse Allah SWT étendre sa miséricorde sur notre cher Mali !

Bamako, le 23 avril 2017

Ancien Ministre de l’Economie Numérique

et de la Communication, Porte-parole du Gouvernement,

Me Mountaga TALL


“1- A ce jour aucune grève n’a été observée ni aucun préavis de grève déposé ;
2- Il existe un climat social apaisé voire convivial avec les divers syndicats ;”__Communiqué

Tout est rose in IBKLand. Donc les 70 jours de gréves des enseignants au nord ne compte pas?

Faty, ils vous ont oublié 🙂

Amadou Wane


Oui, me Tall parle de son département. SInon hunnnnnnn….

Tieman Diarra


Cher Wane,

Au ReCAM, nous ne considerons point ces responsables de l’echec du mouvemement democratique. Mountaga est l’un de ces responsables qui doivent du compte au peuple malien.

Quoi qu’il fasse de bon ne vaut absolument rien par rapport a ce que lui et ses amis brigands, voleurs, menteurs, malhonnetes, ….ont donne comme coups de tete a la republique de Modibo. Par leurs jeux d’interets et de connivence, ils ont transforme ce pays, jadis grand de valeurs, en un objet de pitie et meconnaissable a tous les niveaux, sur tous les plans,..

Ils sont tous sur le banc des accuses de l’histoire. C’est juste une question de temps avant qu’ils ne soient juges et enfermes pour haute trahison a commencer par Alpha Oumar Konare, Mountaga Tall, Boubeye Maiga, Pr Ali Nouhoum Diallo, Ousmane Sy, Mme Sy Kadiatou Sow,..

Youssouf Maiga du ReCAM depuis Dar-el-Salam Bamako.


L’analphabétisme ne doit plus selon moi exprimer notre retard, d’autant plus qu’on peut ne pas être à l’école et être conscient. C’est cette ignorance caractérisée qui nous met en retard. Bien aussi à savoir que ces intellos qui se servent de ce qu’il y’a dans leur crâne pour nuire le pays sont des ignorants caractérisés. Leur connaissance manque de bonne moralité._Moussa Sangare du Mouvement des Jeunes Leaders du Mali

Sidy Danioko


Bonsoir à toutes et à tous,

Je suis resté sur ma fin en lisant le bilan du Ministre Me TALL.

Rien n’est dit sur la couverture nationale en termes de téléphonie et d’internet alors qu’on sait même à quelques pas de Bamako, certaines localités de moyenne à grande taille n’ont pas accès à ces service. La situation est pire à l’intérieur du pays où certains chef-lieu de commune n’ont ni réseau téléphonique ni internet en ce 21° sèche.

Quelles dispositions l’Etat du Mali envisage prendre avec les opérateurs de téléphonie mobile pour corriger cette grave lacune?

Si des chefs-lieux de commune n’ont pas de réseau téléphonique, que dira-t-on des milliers de villages, fractions et hameaux isolés du reste du pays du point téléphonie mobile et internet?

Bonne suite de semaine à toutes et à tous.

Youssouf SANOGO


Chers tous,

En lisant le bilan, je note plusieurs avancées potentielles, notamment concernant l’ORTM [III*5]

1. “L’instauration de débats contradictoires y compris avec l’opposition politique et la société civile”
2. “Introduction du langage des malentendants pour les principales émissions”
3. “L’introduction d’émissions en anglais et en arabe et le renforcement des émissions en langues nationales….”
4. “Le lancement effectif de l’itinérance gratuite (Free roaming)”, comprenant le Burkina, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Sénégal et le Togo [III*3]

Pour le reste, mes questionnements:

1. La Poste [II*1]: ayant raté la transition du mandat aux services bancaires modernes, partant sa transition numérique, quel avenir a encore cette institution? Si oui, quel effort peut-on consentir pour la relancer, par ex, lancer une banque postale? D’autres services postaux (transport local et régional, communications, transfert de fonds et gestion de patrimoine, prestations publicitaires, philatélie numérique sur demande*) sous d’autres cieux, lorsque la Poste a dû se trouver une nouvelle mission ou périr?

Si non, il n’en reste qu’une coquille vide qui n’a d’ailleurs plus aucune fonction sur une grande partie du territoire. Les cars privés transportent même le colis et courrier moyennant compensation. Les enfants de là-bas ne connaissent pas un timbre postal malien.

2. Technologies de l’information et de la communication
C’est étonnant que le Plan Mali numérique 2020 n’est même pas mentionné. Le programme national date de 2011. Il représente l’articulation la plus cohérente d’une vision de progrès dans le domaine pour notre pays. On peut comprendre qu’il a été malmené par l’éclatement de la rébellion de 2012 et la mise en veille de programmes comme le maillage du territoire par fibre optique.

Mais le ministre Mahamadou Camara l’a ressuscité et après un atelier préparatoire important, le MN2020 est adopté en fin novembre 2014. Autour de la conférence de la Journée nationale du Sommet mondial sur la société de l’information, le 17 mai 2015, le successeur de M. Camara, Choguel Kokalla Maïga, a parlé de l’adoption imminente du programme national par le gouvernement. Ce qui serait effectif au Conseil de ministres suivant (publié le 21 mai 2015).

Depuis on parle d’un décret qui doit finaliser la mise en place de MN2020. Vous voyez que de 2011 à 2017, nous avons passé 6 ans de passage à vide, quels que soient les obstacles rencontrés. Dans le domaine du numérique, c’est une époque entière ratée. Pas de surprise si le Mali n’est pas dans le peloton de tête des pays compétitifs dans ce domaine.

L’absence de référence à Mali numérique 2020 doit nous interpeller dans la mesure où les changements multiples à la tête de ce département stratégique a fait perdre le fil au sommet. MN2020 est devenu quoi alors?

Donc, c’est peut-être là que le nouveau ministre est attendu. Même s’il est difficile de voir un scénario miracle. Il est le 4e chef du département depuis 2014. Le nom de ministère a changé plusieurs fois (Communications et Nouvelles technologies, Communication, Information et Economie numérique, Communication et Economie numérique). Mais, au fond, nous avons encore à faire à un ministère de la Communication, avec l’AMAP au cœur du dispositif. Sans MN2020, le versant économie numérique reste décoratif pour le moment. Vraiment dommage.

3. Télescopage: l’annonce de l’adoption de l’Agence de gestion du Fonds d’accès universel (AGEFAU) est intéressante. Il existe déjà un département Service universel au niveau de l’AMRTP, une agence dont l’administration reste sujette à confusion et polémique.

Quel sera le lien entre ces deux? S’agit-il de structures parallèles ou de la substitution de l’une par l’autre?

En tout cas, le premier bénéfice pour le citoyen ordinaire en termes d’accès universel (aux ressources numériques) reste la qualité de la téléphonie et de la connexion internet. Celle-ci s’est largement dégradée, au point que dans certaines zones autrefois occupées, on annonce une qualité de réception plus dégradée les deux dernières années. Celui qui appelle régulièrement vers ces zones le sait.

Donc, le risque est grand qu’on continue à multiplier des structures initiées sous un ministre qui passe la main dans quelques mois et celles-ci finiront par végéter après son départ. C’est ainsi que j’appréhende le désastre du Plan Mali numérique depuis le départ de M. Camara.

Je l’ai dit sur de programmes similaires, c’est plutôt une agence spécialisée avec une administration autonome qui est indiquée pour un tel programme. Tant qu’il reste dans les couloirs d’un département dont l’occupant a des priorités et prérogatives politiques avant tout, il ne sortira pas de l’ornière.

Voilà, dit à chaud, mais les bonnes surprises ne nous déplairont certainement pas.

Bonne suite dans les idées et un weekend agréable à tous.

Mohomodou Houssouba
* ex: https://postcardsfromtimbuktu.com/


Démocratie 3

Notre pays vit la crise la plus profonde de son existence dont les causes remontent au 19 Novembre 1968 lorsque le régime populaire du Président Modibo Keita, qui voulait le bonheur de tous les maliens, a été renversé par un groupe de sous-officiers. 45 ans plus tard, beaucoup de maliens se posent les questions suivantes : que serait le Mali d’aujourd’hui s’il n’y avait pas eu le 19 novembre 1968 ? L’autre question est : quelle différence l’avènement de la démocratie a-t-elle apportée au quotidien du Malien ?
Si les motifs du coup d’état de 1968 tels que les ont présentés les auteurs, ont changé au fil des ans, les évènements qui ont conduit au 26 Mars sont les conséquences directes des déviations et des dérapages qui ont suivi l’acte du 19 Novembre 1968. De même, la crise profonde que nous vivons aujourd’hui et qui menace l’existence même du Mali en tant que nation, n’est que la conséquence directe des déviations et des dérapages qui ont suivi l’acte du 26 Mars 1991. Et le pire reste à venir si nous n’y prenons garde.

Nous proposons un changement paisible (par le vote), mais radical par rapport à tous ce que le Mali a connu depuis l’indépendance. Ce changement est nécessaire pour éviter un autre 26 Mars en plus grand et 100 fois plus sanglant. Car le moment venu, Malien lambda ne fera pas la différence entre la dictature de Moussa Traoré et la démocratie d’Alpha Konaré. Ce changement est nécessaire pour éviter l’implosion de la nation malienne.
Le changement proposé ne peut aboutir que si nous changeons notre manière de choisir et d’élire le président de la république. La méthode classique consiste à suivre le candidat qu’on espère, pourra résoudre nos problèmes personnels du moment, qui va signer notre entrée dans le clan, dans la classe, dans le grin ou dans la famille. C’est tout ce que le Mali a connu comme mode de gestion depuis la chute de la Première République le 19 Novembre 1968.

Par la même occasion, nous voulons nous départir de l’attitude de presque tous les maliens à vouloir et pouvoir résoudre l’ensemble des problèmes du pays à partir de leur salon, du grin ou à l’ombre de l’arbre au coin de la rue. Pour ce faire, nous demandons au peuple malien de se joindre à nous afin qu’ensemble nous puissions écrire l’histoire de notre pays.

Il ne s’agit pas de visées subversives ni d’incitation à la violence. Le but est de prévenir l’orage qui pointe à l’horizon et qui n’est pas porteur d’espoir pour le peuple malien. Nos dirigeants actuels devront comprendre que lorsque nous aurons atteint le seuil du tolérable, les chauffeurs de tricycles, de pousse-pousse, les diplômés sans emplois et autres qui, faute de mieux, n’ont plus que le thé comme occupation principale, les « retraités » sans emplois, les orpailleurs qui ne peuvent plus répondre aux appels désespérés de la famille, ceux dont le quotidien dépend de leurs camelotes qui ne rapportent plus, n’hésiteront pas puisqu’ils n’auront plus rien à perdre. Les conséquences iront au-delà de tout ce qu’on peut imaginer aujourd’hui.

Ce document porte sur la création d’un parti politique de type nouveau, une autre manière de choisir un projet de société, de choisir un président de la république et les membres de son gouvernement. Par ailleurs, le document propose des changements structurels dont certains douteront de l’utilité, mais dont nous sommes sûrs de l’efficacité pour assainir les rapports entre nos institutions, entre les hommes politiques, dans l’administration et entre le peuple et les gouvernants.

Cependant, toute entreprise humaine compte ses soutiens et ses opposants. Dans le cas présent, entre un simple opposant et un ennemi mortel, il n’y aucun pas à franchir. Les ennemis de notre entreprise ne manqueront pas d’occasion pour mener des campagnes de dénigrement ou de nous prêter des intentions égoïstes. Il n’est rien. Ce que nous voulons pour le peuple malien est un tout qui est là, clair et net ! Comme vous le constaterez par vous-mêmes, aucun parti politique, aucun homme politique ayant réussi son ascension jusqu’à la tête d’un parti politique, n’offrira au peuple malien ce que nous lui proposons et nous sommes convaincus que chaque malien trouvera dans notre offre une ou plusieurs propositions qui le pousseront irrésistiblement à soutenir notre programme, pourvu qu’il soit convaincu que « On ne peut pas » n’est plus une option pour le Mali, mais comment y arriver ? » («An ti sé ! Mali tèmèna o yoro kan, an bà a da goun chogo di?!»).

Cependant, nous demandons une seule chose au peuple, une fois que vous aurez décidé de vous approprier ce qui vous est proposé, que rien ne vous fasse changer d’avis, ni la corruption, ni l’argent facile et immédiat, ni la démagogie. Mieux, si les dirigeants de l’organisation sont les cibles d’intimidations, de brutalités ou même d’assassinats politiques, accrochez-vous à votre bulletin de vote. Si, compte tenu des enjeux, une guerre civile éclate, ce n’est pas souhaitable, mettez vos bulletins de vote entre les dents. Car au final, c’est lui et lui seul qui vous assurera la victoire. Seul votre bulletin de vote vous donnera ce que vous voulez et tout ce que vous voulez, rien d’autre.
Dans notre programme, nous demandons aux maliens de déplacer la colline de Koulouba et tous ses fondements et soutiens, rien qu’avec le bulletin de vote. Si le maliens se montrent incapables de faire l’unanimité ou la majorité autour de cette idée, alors nous en ferons notre testament et l’histoire sera notre témoin.

Le Prochain chapitre traite de ce que le peuple ne veut pas et ce que nous voulons pour le peuple. La version finale de ce chapitre constituera l’essentiel de notre Projet de Société et des critères du choix du candidat aux élections.

D’ici là, nous vous invitons à réfléchir sur cette citation de Modibo Keita. Nous y reviendrons largement : « Lorsque les vrais propriétaires deviennent des spectateurs, c’est le festival des brigands ». En Bambara nous dirons : «ni ko tigiw yèrè kèra tègèrè fo law yé, binkannikèlaw dé ka sugu bè diya »

Mama Makéu Traoré
co-auteur


Ne soyons pas l’esclave du passé. Le régime de Modibo a déjà porté des résultats à hauteur de souhait, d’où la grogne chez certaines catégorie socioprofessionnelles. Dans l’ouvrage de capitaine soungalo, il décrivait un mauvais traitement chez les militaires. Ils étaient mal habillés, mal considéré comparé aux milices. Les témoins du régime de Modibo peuvent. Je me dis que le mali était mal parti depuis l’échec de la fédération du Mali, avec la complicité des représentants de Gaulle et ses affidés chez nos voisins immediats, Senghor et Houphouët-Boigny. Rappelons de la phrase de Houphouët-Boigny (pauvre+pauvre =/= riche) et que la rci ne sera pas la vache à lait de notre zone.
On aurait du chercher à fédérer avec la guinée de Sekou Touré, la bête du raciste de Gaulle (héros français mais qui doit il pour nous francophones d’Afrique, n’est pas t il à la base de notre morcellement en refusant le maintien de l’Empire français comme étant indépendant par exple). L’éducation coloniale qui consistait à mépriser nos valeurs, notre culture locale au profit de la française. Regardez juste la différence entre deux frères dont est parti à l’école coloniale, l’autre resté à la maison ou à l’école arabe. Vous vous demandez si ce sont des frères tout les oppose. Le colonisé mental a une sorte de mépris pour son frère, sa culture et est comme un étranger à sa culture de naissance. Rien ne semble les lire en dehors de la couleur, ses amis d’enfance non scolarisés seront oublies car ne partageant plus rien avec eux, ce qui n’est pas le cas chez l’arabisant.
L’école coloniale africaine nous rend étrangère à nous mêmes. Je suis étonné souvent quand un vieux souvent même lettré en arabe tu demande quelque chose, il ne se gène pas à te dire qu’on ne sait rien, on vous écoute. L’homme colonisé n’a plus confiance en lui. Il est agi pour paraphraser fanon.
Si Modibo était resté aussi longtemps, le système impérialiste allait trouver d’autres moyens pour lui ’empecher d’atteindre ses objectifs en asphyxiant l’économie malienne. Et comme les maliens vivent de paix et de riz, ils se soulèveront pour faire bouillir la marmite et améliorer leur qualité de vie.
Souvent, je me demande si les assassins de Modibo, olympio, Lumumba, sankara, bref tous les réels patriotes et nationalistes post 1960, ne leur ont rendu service en évitant une révolte populaire contre eux. Ils ont anticipé ces plausible révoltes en les martyrisant voire mystifier. La France de Gaulle avait compris qu’une Afrique indépendante avec des patriotes et nationalistes conduirai à une réduction de sa puissance. En 1945, que valait la France sans ses colonies? Que seraient total, areva et toute son industrie exportation sans les pays africain francophones ? L’indépendance des colonies n’arrangeait pas de Gaulle qui s’est rendu héros en semant les graines du désordre dans les pays qui lui ont aidé à conquérir son autonomie face à l’Allemagne nazie. Nous africains francophone, notre Hitler c’est de Gaulle et ses amis complices dont Houphouët-Boigny.
Il nous faut une décolonisation mentale et un ressourcement à nos valeurs positives africaines avec ouverture sur le monde. Ainsi, je pense que l’élection de le pen pourra être une catastrophe pour la France mais une chance et une opportunité d’émancipation de nos états francophones d’Afrique vis à vis de l’impérialisme français. Marine va chasser les étrangers qui seront obliges de rentrer au pays et le développer politiquement, économiquement ainsi va debuter notre développement.

Cordialement,
Balata Ahamadou


Mon cher Balata,

Humm, je vois que vous passé à côté de l’essentiel ou peut-être vous devez beaucoup vous renseigner, et très certainement en profondeur. Je ne dis pas que Modibo n’a pas fait d’erreur car même en cherchant d’atteindre le bien de son peuple par une voie, et quelle que soit la voie, on peut faire des erreurs. Le système Communiste Chinois, (que Modibo avait choisi pour son peuple) et à l’opposé le système capitaliste Américain, tous les deux systèmes ont fait leurs victimes ou même continue d’en faire. Si on demande l’avis de ces victimes, certaines que ce ne serait pas les mêmes que ceux qui sont les mieux logés du système. Toute la question serait alors la majorité de qui ? Mao a conduit sa Chine dans la limite de ses moyens et de ses idées avec des hauts et des bas, y compris des exécutions, des limitations de naissance, des préférences sociales pour le bébé sexe masculin (élimination de bébé de sexe féminin), etc, etc pour qu’enfin il y’ait cette Chine aujourd’hui. et les chinois qui l’ont succédé, ont compris quand le système était arrivé à sa limite et ils l’ont corrigé sans chercher à mettre Mao dans la poubelle. La même chose n’était pas arrivé à DeGaule de la France en 1968 ! C’est ce “transcendage” que malheureusement, les africains n’arrivent pas à effectuer et passer de l’avant, et se laissent manipuler par tout ce qui est écrit.

Premièrement, Modibo ne voulais pas la mort du Mali ou un Mali ridiculisé parmi les autres pays. Il voulait juste un système de fonctionnement pour son pays auquel son peuple croit et y adhère et qui n’est pas très loin ou différent du fonctionnement social de ce même peuple. C’était toute la problématique et assez simple, surtout juste après l’indépendance. Et ce système pour lui était le Communisme, à tords ou à raisons. Il s’est dit si cela est entrain de marcher en Chine à l’époque, pourquoi pas au Mali ?

Qui a parlé du militaire mal payé par Modibo ? n’était-il pas un militaire, ce Capitaine Soungalo ? En homme avisé d’analyse, même sans le motif salarial, on peut bien comprendre que les militaires ne pouvaient pas apprécié ou accepté l’apparition d’un autre corps paramilitaire, c’est-à-dire la Milice populaire. Et ça, il faut le comprendre. Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est avec cette milice populaire qu’on arrivait plus à maltraiter les femmes dans la société. Les hommes n’arrivaient plus à maltraiter leurs femmes, ou les femmes de façon générale dans les foyers, bien sûr avec souvent des dérapages. Il y’avait une autre image de la femme malienne qui émergeait. Sinon quel était le salaire du malien, d’un député de l’époque comparé à la sous-région. Tous les militaires ne vivaient-ils pas dans les casernes ou camps militaires ? et le Mali n’avait-il pas sa monnaie ? Modibo n’était pas resté dans la zone francs pour la stabilité de la monnaie malienne ? Comme on aime bien le dire chez nous, la meilleur place pour garder en sécurité les biens, n’est-elle pas chez le voleur lui-même ?

Deuxièmement, et pour information, Modibo a bien essayer la fédération avec la Guinée et le Ghana et cela s’appelait Ghana, Guinée, Mali ou Ghana, Mali, Sénégal. Mais Nkrumah a trahi à la dernière minute malgré tout ce qu’on veut faire croire à son panafricanisme, et Sékou Touré aussi. Pourquoi, Dieu seul sait ainsi que les acteurs eux-mêmes. C’est ensuite que Modibo se tourna vers le Sénégal, avec des amis Sénégalais comme Mamadou Dia, de fervents panafricanistes, que Senghor a mis en prison quelques mois après l’éclatement de la fédération du Mali et ne l’a libéré qu’en 1974. Mais malgré l’éclatement de la fédération du Mali, les 2 pays ont laissé deux symboles aux générations futures : les mêmes couleurs nationales (le Vert, le Jaune, le Rouge) et la devise nationale (Un Peuple, Un but Une foi).

L’engouement pour le socialisme et le communisme a aidé le Mali de Modibo a passé d’un taux d’alphabétisé de moins de 10% aux environs de 60% seulement en quelques, et ainsi dépassé tous les pays de sous-région. L’instruction du peuple au centre en mettant l’accent sur les mathématiques et les sciences. C’est ainsi que l’Ecole Normale Supérieure a vu le jour avec le retour des premiers mathématiciens formés en Europe. Oui, le système des Nations Unies a félicité les progrès du Mali réalisé en un si laps de temps, mais qui ne pouvait pas être apprécié par la France vu la situation en retard dans ses protectorats comme au Sénégal et en Côte d’Ivoire, voisins du Mali. Pensez-vous que la France pouvait facilement accepter que le Mali en quelques années seulement s’était doté d’infrastructures industrielles aussi importantes que variées, et avec des créations d’emplois, que des pays comme le Sénégal ou la Côte d’Ivoire ne pouvaient pas avoir à l’époque ?

C’est vrai, il faut le reconnaitre, la survie dans le Communisme est très dure et demande beaucoup de sacrifices individuelles et collectives ; et cela qui fait que la Chine est là elle est aujourd’hui. Mais, c’est cela qu’on continue de reprocher à Modibo, d’avoir fait souffrir son peuple dans le but de leur apprendre à bâtir un avenir meilleur pour eux-mêmes. Mais sans oublier qu’à l’opposé aussi, la survie dans l’Amérique Capitaliste, n’était pas un cadeau offert sur un plateau d’argent. Cela a demandé aussi des sacrifices individuelles et collectives pour que l’Amérique soit où ils sont aujourd’hui.

Cordialement,

Soumaila

Le Premier Parti Musulman du Mali et Ses Difficultés

BAMAKO – 24 Avril 2017 | par  Amadou O. Wane -Sans élus et presque sans ressources, l’Union Nationale Pour la Renaissance (UNPR) aurait été indiscernable d’une centaine d’autres partis au Mali si ce n’était son président, Modibo Sangaré connu pour son franc-parler. En 2002, Sangaré était l’un des 24 candidats présidentiels qui cherchaient à remplacer l’ancien président Alpha Oumar Konaré. Bien qu’il n’ait gagné que 11 600 des 1,5 million de voix, il a fait mieux que d’autres avec plus de ressources. Il tenta de se présenter aux élections présidentielles de 2007, mais il n’a pu rassembler la caution de 15 millions FCFA.

En 2007 et 2008, Sangaré aida à organiser des manifestations par des groupes musulmans contre l’effort du président Amadou Toumani Touré d’abolir la peine de mort et de réviser le Code de la famille afin de donner plus de droits aux femmes. En novembre 2008, les forces de sécurité utilisèrent des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants de l’UNPR. En plus de son opposition à l’abolition de la peine de mort, au droit d’héritage pour les femmes, et à l’interdiction de la pratique de l’excision, Sangaré préconisait ouvertement de transformer l’État malien laïque en une république islamique. Il voulait aussi l’incorporation de certains aspects de la charia dans la société.

Les idées de Sangaré sur la laïcité et la charia le distinguèrent de manière significative des autres dirigeants sunnites comme Mahmoud Dicko, le président du Haut Conseil Islamique du Mali. Bien que Dicko et d’autres dirigeants musulmans, souhaitaient voir plus d’instruction religieuse dans les écoles maliennes, ils n’avaient aucun intérêt à modifier la nature laïque de l’État ou du système juridique malien.

L’opposition de l’UNPR à la nature laïque de l’Etat malien semblait également placer le parti et Sangaré du mauvais côté de la Constitution qui oblige les partis politiques à respecter les principes de la souveraineté nationale, de la démocratie, de l’intégrité territoriale, de l’unité nationale et de la laïcité. Une loi de 2005 interdit tout parti politique fondé sur une base religieuse.

Sangaré déclara, « si cela dépendait de moi, le Mali serait un pays islamique, mais ouvert à l’Ouest ». Il préconisait la création d’une république islamique et démocratique, qui serait régie par la charia tout en respectant les droits de l’Homme tels qu’indiqués par les Nations Unies. « La base de chacun de ces droits se trouve également dans le Coran » ajouta-t-il. Il soutint son argument en affirmant que le Mali a essayé le socialisme de 1960 à 1968, une économie planifiée et la dictature militaire de 1968 à 1991, et la démocratie de 1991 à ce jour, tous sans succès. Son plan de transformation du Mali en République islamique semblait donc être en partie dû à l’élimination des autres méthodes de gouvernance déjà essayées, et un peu de conviction religieuse.

Le manque manifeste de représentation de l’UNPR à tous les niveaux de l’Etat, pourrait expliquer pourquoi les responsables maliens n’ont pas poursuivi Sangaré et l’UNPR pour avoir violé la loi sur la laïcité des partis politiques. La poursuite de l’UNPR pour ses péchés politiques aurait pu hausser la cote de popularité de Sangaré. Le parti n’avait pas d’argent pour s’organiser ou soutenir des campagnes politiques. Selon Sangaré, l’UNPR a reçu 2 millions de FCFA du gouvernement pour les campagnes présidentielles et législatives de 2007 et il a dépensé 1,5 million de FCFA provenant des contributions des membres du parti.

Concernant les relations internationales, Sangaré pensait que les États-Unis méritaient des éloges pour son respect des libertés religieuses, et pour avoir des lois contrôlant la consommation d’alcool en public. Il déclara qu’il croyait que les États-Unis défendaient les droits des musulmans plus que tout autre pays. « Les Américains », dit Sangaré, « sont des gens tolérants, un peuple qui respecte l’islam ». En comparant les États-Unis à la France, il nota que les femmes musulmanes aux États-Unis pouvaient se voiler sans crainte de harcèlement ou de rétribution. Néanmoins, il pensait que certains aspects de la politique américaine au Moyen-Orient, était un peu « schizophrénique ».

A propos d’AQMI, il déclara qu’il rejetait toutes les formes de terrorisme. La forme du salafisme pratiquée par AQMI selon lui, était contraire à la culture, aux traditions, à la tolérance et aux valeurs maliennes. Sangaré a également parlé de ses interminables querelles avec le Haut Conseil Islamique du Mali (HCIM) et son président, Imam Mahmoud Dicko. En 2008 il refusa d’accepter l’élection de celui-ci, affirmant que Dicko et d’autres membres de HCIM avaient violé les règlements de l’institution. La poursuite judiciaire entamée par Sangaré et son refus de reconnaître Dicko comme président du HCIM, contribua à la division entre son groupe et le reste de la communauté musulmane du Mali.

Bien que Sangaré s’opposait au Code de la famille, supportait l’excision et voulait une République islamique, il vénérait le respect traditionnel des maliens pour la tolérance et la modération. La forme tempérée de l’islam politique de Sangaré, et le peu de popularité de l’UNPR, indiquèrent que ni son parti politique, ni lui-même ne menaçaient ces traditions maliennes.

Où se Trouve le Nord du Mali?

Je note, avec une satisfaction mi figue, mi raisin – je suis un vieux
cadre du Nord -, qu’il y a eu “une inflation” des gens du Nord au
nouveau GRM du non moins Nordiste PM qui a:

1) reconduit trois ministres inamovibles “Gardiens du Temple
azawad”: AG ERLAF (Idnan de Tessalit), Mohamed Almoktar (arabe lemhar
du Tilemsi de Gao) et Nina (kidalo-ivoiro-mauritanienne);

2) maintenu un jeune ministre targui de Goundam (Mohamed Ali
ag-Ibrahim) qui est le plus “intégré” des touaregs au Maliba;

3) nommé deux nouveaux ministres qui ne sont pas des inconnus dans la
mesure où ce sont des Nordistes qui affichent leur citoyenneté
malienne et leur sérieux dans les domaines publics dont ils
s’occupaient depuis des décennies:
– Ben Khadra, un syndicaliste (métisse arabe-sonraï de Tombouctou),
– Alhassane ag-Mohamed Mossa, un financier (targui Daouçahak de Ménaka).

J’aurai souhaité que Niéna Coulibaly, ancien Ambassadeur aux USA, soit
nommé au poste de Ministre des Affaires Etrangères et que Hubert
Coulibaly soit remis au Ministère de la Défense.

Sincèrement,

Mohamed AG HAMATY


Bonjour Mohamed Ag Hamaty et chers tous

Je retiens dans un vos mails antérieurs que vous avez comme objectif de faire connaître la culture targui que certains diabolisent sur malilink.

Je crois que vous pouvez le réussir si vous tenez compte que les autres communautés non targui aussi ont finalement besoin de s’affirmer. Par la faute de cette frange de touaregs qui sont sur pieds depuis bientôt 50 ans quand même en train de nous tympaniser à coup de recherche de pays indépendant.

Justement à ce propos je rappelle que depuis ces temps là personne au Mali n’a tenu compte que les autres communautés non targui pouvaient ne pas partager la demande des touaregs.

Les gouvernements maliens se contentaient d’aller en Algérie et de conclure avec un petit groupe des “accords” qui faisaient que les autres communautés et même les autres membres de la communauté Kel Tamachek devenaient des spectateurs de la destruction de leur terroir par l’état et par les touaregs revendicateurs.

Depuis les années 90, lorsque ces messieurs que vous nous dites combattre ont recommencé leur combat, ils ne parlent pas de nord du Mali comme entité revendiquée. Non!
C’est le gouvernement et nous autres qui appelions l’espace que eux revendiquent comme nord du Mali. C’est à dire que nous mêmes et notre gouvernement avions accepté qu’il y a une entité qui devait être appelé nord du Mali. Nous et nos gouvernements successifs leur avions facilité la tâche en acceptant cela.

Or de mon point de vue en plus des revendicateurs, la vérité est plusieurs personnes des régions de Gao et l’actuelle Menaka ne se considèrent pas au Nord du Mali. Si ce terme revêt un sens géographique bien sûre. Il s’agit plutôt de l’Est géographique du Mali. Pas le nord. Non.

Quand je dis plusieurs personnes, je dois ajourer que la carte du Mali aussi suggère que ces régions soient l’est géographique du Mali. Pourquoi tenions nous a les appeler le Nord du Mali, y compris dans des documents d’accord.

Que les gens du nord du Mali et les autres maliens appèlent le nord nord du Mali, me semble être correcte. Ce qui n’a de sens pour moi que géographique, même pas culturel. Mais de là à faire ENCORE ET TOUJOURS l’amalgame entre les gens jusqu’à encrer mentalement cette entité dans la tête des gens, est loin la réalité et des aspirations des gens de ces contrées.

La chose s’est bizarrement invité même dans les écrits de certains de nos éminents auteurs, par exemple Mohomodou qui titre quelque part “les gens du nord”.

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Quand Chouaïbou dit, je le cite: “La chose s’est bizarrement invité
même dans les écrits de certains de nos éminents auteurs, par exemple
Mohomodou qui titre quelque part “les gens du nord”.”, je lui demande,
humblement, de nous laisser, nous – moi (l’identitaire U-Tamacheq) et
mon homo Houssouba (l’identitaire songhoï-peul) – assumer et crier sur
tous les toits, que nous sommes du Grand Nord du Mali et non de
l’Azawad comme certains ici veulent que nous soyons pour nous canarder
comme des moineaux “quelia-quelia” venant du Nord.

En tout état de cause, nous n’empêchons pas Chouaibou MAIGA d’être un
“Malien Tout Court”, tout en l’assurant qu’assumer nôtre identitaire
“pays” (région, territoire socio-ethnique) ne fait pas de nous des
maliens à part; chaque homme a le droit à la différence, comme le
droit à la vie!

Sincèrement,

Mohamed AG HAMATY


En attendant de te répondre en détail, cher Chouaibou, que préconises-tu comme référent/qualificatif/épithète… à la place des gens du nord (pas “nordistes”)?

Au plaisir de lire la suite dans les idées.

Bien à toi et tous,
Mohomodou


Bonjour,
Est ce vrai que géographiquement, le nord du Mali géographiquement est l’est du Mali. D’où vient cette erreur?. Pourquoi même à l’école et dans les documents officiels, on appelle le nord du Mali et non l’est du Mli.
Si cela se confirme que le nord est geógraphiquement l’est, donc tonton ag hamaty est de la partie orientale du mali et non septentrionale du Mali.

Merci

Salutations meilleures

Balata


Dixit Balata Sidibe: “Si cela se confirme que le nord est
geógraphiquement l’est, donc tonton ag hamaty est de la partie
orientale du mali et non septentrionale du Mali”; tu fais de la
gymnastique intellectuelle en pinaillant-spéculant sur les points
cardinaux au Mali.

La terminologie “Nord du Mali” qui est moins affreuse que la
terminologie “Azawad”, date des années 1960 quand, à la suite la
révolte des jeunes Alfalagas Ifoghas de l’Adghagh (Adrar des Iforas),
les fonctionnaires du “Grand Sud du Mali” furent réticents aux
affectations dans “le Grand Nord” qui fut la région de Gao qui
couvrait, à l’époque, les 5 actuelles régions du Nord du Mali. Alors,
le “Grand Nord” fut synonyme de “pays perdu” où les “gens du Sud” font
tout pour ne pas y aller.

Autrement, moi qui suis “géographe” de formation, je m’assume natif du
Nord-Ouest du Mali, dans les régions de Taoudéni et de Tombouctou;,
les confins Mali-Mauritanie-Maroc cartographiés “Aklé-Azawad”, la
40ième zone agro-écologique du Mali selon l’Inventaire des Ressources
Terrestres du mali de 1988 dont je fais partie des auteurs;
l’Adghagh-Timetrine (Kidal) est dans les confins Nord-Est du Mali

Stricto sensu, géographiquement, ce sont les régions de Ménaka et de
Gao (“émaïnag”, en tamacheq) qui sont dans l’Est du Mali; le Gourma
étant plus dans le centre, en prolongation du delta intérieur du
Niger appelé le Macina.

Sincèrement,

Mohamed AG HAMATY


Bonsoir Mohomodou et chers tous

La lecture dans les idées !
Oui je te reviens sur ce point.

C’est que géographiquement :
– les “gens de Gao” ne sont pas du Nord du Mali ;
– les gens de Menaka (plus au sud mais à l’est de Gao) ne sont pas du Nord du Mali ;
– les gens du Gourma (ouest, centre et est) ne sont pas du nord du Mali.

Politiquement (la position des séparatistes et celle psychologiquement acceptée par la plupart des gouvernements successifs du Mali en tout cas depuis le Pacte National), il se conçoit de plus en plus une entité qui est appelée “Nord du Mali” et récemment même “Nord Mali” carrément. Je soutiens que nous tous sommes en train d’utiliser ce terme (consciemment ou inconsciemment) dans sa version “politique”. Il en est de même de la chose (Sud du Mali) que soutiens le Professeur Ouattara. C’est politiquement que les personnes qui emploient ces expressions les pensent.

Or ces positions soutenues par ces personnes là ne sont pas partagées par tous. Ce qui est compris par “nord du Mali” par certaines personnes n’est pas ce que pensent d’autres.

Je soutiens que si c’est politiquement que les gens conçoivent nord du Mali, je ne peux pas me reconnaître de cette entité là. Pas plus que ce nom que défendent becs et ongles les séparatistes, qui eux aussi ne parlent pas de “nord du Mali”.

Lorsque l’avion la compagnie algérienne est tombée au Mali au sud de la localité de Gossi, vers la frontière avec le Burkina, des journaux ont parlé de “nord du Mali”. Tous ces messieurs doivent comprendre que géographiquement le point de l’accident n’est pas au nord du Mali, si ils regardent une carte du Mali. Sauf si le nord du Burkina Faso constitue lui aussi le Nord du Mali.

Ceci étant dit, lorsqu’on regarde les choses du point de vue géographique je crois que mon terroir de naissance est à l’est du Mali, pas au nord. Comme la majeur partie de la Region de Gao pour ne pas dire toute.

Il ne faut donc pas que les gens “nous” confondent dans cette entité du Nord (pas nordiste comme le réclame Mohamed ag Hamaty et comme nous en affublent d’autres compatriotes qui pensent que tout ce qui va au delà de Mopti est constitué du Nord du Mali).

“Que préconises-tu comme référent/qualificatif/épithète… à la place des gens du nord (pas “nordistes”)?”_Mohomodou.

Pour ce qui est de l’œuvre littéraire, il n’y a rien à aller chercher comme changement.
Je dois peut-être relire ton texte, mais enfin puis-je savoir dans quel sens utilises-tu l’expression les “gens du Nord” ?

Mon point c’est que cette affaire de Nord du Mali revêt maintenant une compréhension politique et désormais séparatiste même. Le danger c’est que les acteurs principaux tentent de rendre cette entité comme unique pour l’ensemble des gens de l’espace identifié par certains comme étant le “Nord du Mali”.

Quand je me situe dans la position qui est la mienne, c’est à dire un refus de considérer qu’il y a une entité qui s’appelle “Nord du Mali” ou qui pourrait s’appeler comme telle, parce que des hommes et des femmes veulent que cette entité existe, je me dis qu’il n’y a pas de gens du “nord” sous entendu “gens du nord du Mali”. Il y a des communautés de cultures différentes dans l’espace en question. Exemple : les arabo-berberes ne s’identifient pas dans les Zimmaw, ni dans marutjirèye, ni dans le harikoye, etc.

Si cette construction politique devait exister, il y a alors des nords, pas un seul. Sinon nous sommes de l’est (géographiquement).

Historiquement également, je pense qu’on ne peux pas “nous” appeler comme étant d’une entité politique qui s’appelait nord de quelque chose ou sud, est, ouest. Mais ça c’est une autre chose.

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Cher Chouaibou,

Merci pour la mise au point. À la fin, c’est dans l’échange que nous améliorons notre compréhension des «choses mêlées» dans la chose. Ceci dit, je comprends ta position. Je garde un seuil de tolérance variable selon les expressions que j’utilise tous d’ailleurs selon les contextes, avec ou sans ironie.

Laisser le nord à ceux qui l’utilisent pour en faire un pays à part ne me paraît pas stratégiquement pertinent.

Les mots prennent des acceptions bien sûr et le contexte sociopolitique actuelle colore nos sensibilités.

Si on creuse dans la sémantique de mots comme hawsa, gurma, dandi et dangay, les quatre points cardinaux en songhay, on ne manquera pas de surprise en trouvant que dans la même, selon que l’on soit à Gao ou Djougou (Bénin), un terme désigne un point différent. En termes linguistiques, il n’y a pas de valeur sémantique unique ou fixe. C’est un jeu de positionnement sans fin. Sans parler des postures politiques.

Je dois terminer sur le fait qu’on décortique avec raison ces complexités dans les langues étrangères. Je me demande parfois quel sens nous leurs donnons ou donnerons dans nos langues. Des langues qui restent les grandes absentes de nos exégèses.

Je suis désolé mais je suis parti plus long que j’aurais aimé sur le sujet. Mais cette question de langue est pour moi fondamentale dans la réflexion, alors qu’elle est totalement ignorée. Pour moi, la plus grande vigilance est là je vois la grande faiblesse des élites songhay qui ont élu domicile à Bamako et ailleurs. Des familles entières qui ne parlent pas un mot songhay dans la journée, toute une génération qui te regarde avec consternation quand tu parles dans la langue de leurs parents présents devant eux. Ne pas nommer le nord ferait-il partie de ce paquet (pacte d’intégration nihiliste). Un pied dans le plat, mais je pense qu’il est temps de penser des choses sérieuses, d’un nord qui a existé (au moins) et qui semble scruter son crépuscule, même à Gao d’ailleurs.

Mohomodou


“Quand je dis plusieurs personnes, je dois ajourer que la carte du Mali aussi suggère que ces régions soient l’est géographique du Mali. Pourquoi tenions nous a les appeler le Nord du Mali, y compris dans des documents d’accord.”__Chouaibou Maiga

Tu as raison Chouibou. Nous devons tous corriger notre vocabulaire dans ce conflit. Kidal c’est Nord-Est du Mali. Je mettra Tombouctou au centre.

Le langage est une arme dans tout conflit.

Amadou O. Wane


Chers amis à vos rangs et qualités tout protocole et région d origine respecte , puisque la boite de pandora est ouverte let face le diable , nordiste ou ressortissant du Nord à partir de quand on cesse de l être, ou on le devient, un Maiga dont les parents sont nés à Bamako et lui même à Bamako est il ressortissant du Nord , A Han donc c est une question de Nom once black all way black..

AgMai


Dixit mon homo, le caustique AgMaï: “…nordiste ou ressortissant du
Nord à partir de quand on cesse de l’être, ou on le devient, un Maiga,
dont les parents sont nés à Bamako et lui-même à Bamako, est il
ressortissant du Nord?”

Je l’affirme que les lieux de naissance des fonctionnaires maliens
jouent des tours pendables à ceux des administrateurs et politiciens
maliens qui tentaient, dans les années 80-90, sous la gouvernance
généralissime GMT, de réaliser des équilibres de ratios d’encadrement
dans la couverture zonale “fonctionnariale” des régions du Nord du
Mali – et du “Septentrion du Mali” de Houssouba ou de Balata – pour
mitiger les déséquilibres régionaux, les régions du Centre, du Sud et
de l’Ouest étant plus pourvues que celles de mon “Grand Nord”; comme
il suit, je te donne le cas avéré, le plus significatif des loupages
de cibles: “mon directeur national des eaux et forêts de l’époque, un
sénoufo bon teint, demande à son ministre khassonké bon teint,
d’intercéder auprès de GMT pour que l’on puisse affecter des
ressortissants-natifs du Nord du Mali chez eux pour que le ratio
d’encadrement s’équilibre; qu’à cela ne tienne, GMT instruit au
ministre de faire le relevé de tous les agents forestiers nés dans la
région de Gao qui couvrait, à l’époque, les 5 régions actuelles, et
les affecter-dispatcher, manu militari,dans leur région de naissance ,
les forestiers étant des paramilitaires comme les douaniers et
policiers; le chef du personnel des eaux et forêts établit la liste
qui comprend plus de 50 Traoré, Diallo, Dakouo, Coulibaly, Guindo et
Sanogo, fils de militaires en mission nés à Tessalit, Kidal, Gao et
Tombouctou ; c’est après que les intéressés, qui se trouvaient en
service dans des zones sécurisées (Kayes, Sikasso, Bamako), furent
arrivés sur sites au Nord que les administrateurs et politiciens
locaux du Nord ont crié à la supercherie parce que les nouveaux
arrivants ne voulaient pas aller sur le terrain “miné” d’après eux,et
l’on fit faire un autre inventaire des vrais natifs du Nord pour les
contraindre à aller chez eux, une opération qui avait, lamentablement,
échoué parce qu’à l’époque la magouille politicienne avait démarré,
les braves agents forestiers natifs du Nord avaient payé leurs place
au Sud.”

Plus prêt, en 2009, en plein boom des affaires à Kidal, des projets à
gogo, les politiciens de Kidal, emmenés par Ambéry ag-Rhissa, l’actuel
“Gardien du Temple MNLA” à Kidal, décrètent que seuls les
ressortissants-natifs de Kidal sont éligibles aux postes des projets
des ONG dont Kidal refoulait le surplus financier non consommé par
“incapacité d’absorption”, les jeunes touaregs diplômés de la région
de Tombouctou sont allés vers cet eldorado et déchantèrent dès leur
arrivée; mon fils “bio”, un mécano de Centre Père Michel de
Quinzambougou est débouté du poste d’entretien des moteurs EDM pour
cause que son acte de naissance le fait naître à Sikasso, ce qui est
vrai; j’ai fait de spieds et des mains pour faire dire à mon ainé
Ambéri qui filtre les recrutements, que bien mon garçon soit né à
Sikasso où j’étais en poste, il n’en demeure pas moins qu’il est le
15ième descendant de Mossane ag-AÏTA, né à Essouk (Tadamakat) à 60km
de Kidal, ancêtre en partage des miens kel Ghazaf du Faguibine et des
Ifoghas de Kidal; les bureaux du projet de santé MDM de Kidal dont
mon neveu (né à Sévaré) était le directeur recruté à Bamako fut
caillassé par des jeunes de Kidal “soulevés” par Ambéiri au motif que
mon neveu, en absence de logisticien qualifié à Kidal, a recruté son
cousin né à Gossi; ironie du sort, le papa de mon neveu médecin fut le
professeur de Ambéri au collège de Diré, établissement d’enseignement
que mon chef de tribu kel Antesser des années 1950 avait acquis des
colons de Dakar pour tous les enfants des touaregs du Soudan français.

Sincèrement,

Mohamed AG HAMATY


Merci ag hamaty pour ces histoires tirées du vécu et de l’expérience. Sauf que depuis ce matin, par ton expertise en géographie couplée à la foresterie, je considère Gao comme l’est du Mali et non nord du Mali. Donc, je suis oriental comme le fut dia el yemen, fondateur de la dynastie des Dia.

Salutations meilleures

Balata


Ha ha grand frère tu vas me tuer, du coup je perd mon songay Et mon bambara , heureusement que je comprends deux Tamacheqs ya Macina !au fait que veut dire ” des vrais natifs du Nord ?”
Les premiers envoyés sont nés au Nord étant des coulou ou bien ce sont des faux natifs du Nord ?

AgMai


Mon cher Balata nous sommes tous de l orient si j ai compris ! Okey sauf que dans l histoire désormais je choisi la version qui me convient, vue la situation de Yémen aujourd’hui, moi je choisi la version de Boubou Hama qui veut que mon ancêtre a construit les pyramides d égyptien, plutôt a fait construire c était lui l ingénieur sinon le pharaon en personne, oui ensuite il a inventé les trois religions monothéistes ,puis il a émigré vers GAO actuel , well étant partisan du Mande comme berceau du Mali , je peine à faire ce lien

AgMai


Même si “…Le langage est une arme dans tout conflit”, en tant
“militaire” et “géographe” qui connais les “Nord géographique et
magnétique” sur la mappe monde sur laquelle le Mali est allongé du
Nord au Sud, je me refuse de corriger mon vocabulaire scientifique
dans ce conflit qui ne modifiera pas les points cardinaux posés,
advitam aeternum.

En tout état de cause, je persiste et signe que Kidal est,
effectivement, dans la zone géographique “extrême” Nord-Est du Mali.
Je maintiens que Tombouctou est dans l’extrême Nord et non au centre
du Mali; Gao est dans l’Est du Mali, Sikasso est le Sud, Kayes dans
l’Ouest, la bande qui longe le fleuve Niger, d’orientation-inclinaison
Nord-Est, de Bamako à Gossi, en passant par Mopti, est dans le centre
du Mali; point, barre!

Sincèrement,

Mohamed AG HAMATY, géographe-aménagiste du territoire et des terroirs au Mali


En tout état de cause, je persiste et signe que Kidal est, effectivement, dans la zone géographique “extrême” Nord-Est du Mali.
Je maintiens que Tombouctou est dans l’extrême Nord et non au centre du Mali; Gao est dans l’Est du Mali, Sikasso est le Sud, Kayes dans l’Ouest, la bande qui longe le fleuve Niger, d’orientation-inclinaison Nord-Est, de Bamako à Gossi, en passant par Mopti, est dans le centre du Mali; point, barre! ag hamaty.
Gao est dans l’est du Mali. Bon appeler desormais les enfants du mythique Gao les orientaux et plus jamais nous appeler nordistes. On est oriental comme dia el yemen, l’ancetre des songhay et il est reconnu que les peuls venaient de l’Ethiopie donc l’est de l’Afrique, les tamasheq et arabes viendraient tous de l’orient (asie). On assume alors notre orientalisme malien*:) Heureux

Bonne journée

Salutations meilleures

Balata


En fin de journée, un mot sur un point qui a été, entre-temps, bien visité.

Comme mentionné, j’utilise les “gens du nord” et cela depuis les années 1980. C’est à dire bien avant la rébellion de 1990-96. Il y a un détail plutôt musical. J’ai entendu Enrico Macias chanter sa chanton “Les Gens du Nord”. On avait toute sa collection ou presque. Un autre contexte, mais une métaphore pour fixer mon point de départ sur la carte des imaginaires maliens. Je n’ai pas encore trouvé de raison pour piquer une querelle avec ce terme.

A la fin des années 1990, j’ai tenu une rubrique avec une série “Les gens du nord”.

Par contre, je n’utilise pas le mot “nordiste”/”nordistes” – un barbarisme insoutenable selon l’appréciation subjective que j’en fais. Le “-iste” sonne comme une appartenance religieuse ou adhésion idéologique. Venir d’un terroir, n’en est pas tel.

Les imaginaires ne se querellent pas, aime dire Tierno Monénembo. Les terroirs non plus. Ce n’est pas le terroir “Azawad” exactement décrit par Mohamed Ag Hamaty qui est le repoussoir actuel. Mais plutôt son idéologisation (sincère ou opportuniste) et sa transformation en fond de commerce médiatique, diplomatique et géostratétique. Là, nul n’est dupe sauf qui le veut. Ceux qui veulent faire de nous des “nordistes” ressortissants de l'”Azawad” savent ce qu’ils font ; et nous aussi savons ce que nous faisons en traçant la ligne dans le sable.

Ceci étant dit, si Taoudéni ou Kidal (candidat naturel ou par affinités électives) décide de d’appeler Azawad, ça ne me gêne pas. Peut-être qu’un jour, on doit aussi trancher la propriété de l’AOC Azawad (appellation d’origine contrôlée) qui pourrait bien être lucrative… Tant mieux. C’est de meilleure guerre, mais pas la mienne.

Mohomodou


Je note, avec une satisfaction mi figue, mi raisin – je suis un vieux cadre du Nord -, qu’il y a eu “une inflation” des gens du Nord au
nouveau GRM du non moins Nordiste PM_Ag Hamaty.

Je pense que cette vision régionaliste de l’analyse politique (de l’action publique) ne contribue pas au renforcement de la république. Je pense que l’on doit plaider pour la nomination d’un ministre pour ses compétences, sa probité morale.

Je suis personnellement de la composition de ce gouvernement, je m’y attendais à une prise en compte de la situation sociale, de la dégradation de la sécuritaire vs arrogance de la cma. Pour cela, j’avais pensé que l’on allait avoir un gouvernement réduit (15 ministres) pour faire de l’épargne sur les dépenses des ministères avec des résultats visibles à atteindre dans le court et moyen terme. Les pauvres meurent faute de soin mais comme palliatif on sort un gouvernement de 35 membres dont on peut se demander de la pertinence.

Je n’ai pas espoir avec ce gouvernement et je crois que nous allons crescendo dans l’abime, jesus ou Muhammad PSL n’y peuvent rien car tous les deux n’aident pas les injustes.

Trop c’est Trop. Nous assistons tous à la deliquescence du pays. On est tous complice devant l’histoire.

Salutations meilleures

Balata


_ Pour cela, j’avais pensé que l’on allait avoir un gouvernement réduit (15 ministres) pour faire de l’épargne sur les dépenses des ministères avec des résultats visibles à atteindre dans le court et moyen terme. _ Balata

C’est aussi arbitraire que tout autre chiffre, mais c’est le nombre “idéal” auquel je pense depuis un certain temps pour un gouvernement malien. Entre 12 et 15 ministre, pas plus. Beaucoup de gens respectables ne seront pas ministres mais joueront un rôle moteur et durable dans des agences et directions qui structurent davantage le fonctionnement efficace des institutions publiques.
La réflexion continue.

Mohomodou


A Balata qui met en exergue ma satisfaction de voir plus de Nordistes
dans le nouveau GRM du PM Nordiste, pour l’amoindrir, voire la
condamner, je lui réponds, comme je l’ai fait à Chouaïbou, que comme
il le dit lui-même “les maliens sont en compétition pour des postes au
GRM”; c’est la bataille pour la survie politique (“struggle for life”,
comme pour les êtres vivants de la chaîne trophique) pour figurer au
GRM.

Si Balata, mon frère du Nord, est idéaliste pour croire que le Mali a
atteint le stade de développement politique qui permet des
gouvernements de 17 membres, comme en Europe qui devance le Mali de 5
siècles dans le domaine de la gestion démocratique du pouvoir
politique, il se met le doigt dans l’oeil.

Moi qui suis réaliste parce que d’un certain âge, j’avais connu des
GRM de plus de 20 membres qui ne comptaient que 1 à 2 Nordistes (un
songhoï et un targui ou un arabe),, je remercie Allah et je bombe mon
torse nordiste à la vue d’un GRM de 35 membres qui compte au moins 10
Nordistes dont 6 de mes parents, même si 3 sont des quotas pour les
rebelles, donc non productifs pour le Nord.

Sincèrement,

Mohamed AG HAMATY


Comment Moussa Traoré Fit Face aux Principaux Défis de la Nation

BAMAKO – 10 Avril 2017 | par Amadou O. Wane -Le président Moussa Traoré déclarait souvent qu’il allait se débarrasser des hauts fonctionnaires corrompus. Ses intentions se sont concrétisées le 19 octobre 1978. Trois anciens membres du cabinet et 40 personnages ont été jugés pour tentative de coup d’Etat perpétré le 28 février 1978. Trois jours de témoignages publics ont été marqués par des accusations et des contre-accusations impliquant des fonctionnaires encore en fonction. Il y a eu vingt-neuf condamnations, y compris des condamnations à mort pour Kissima Doukara, ancien ministre de la Défense, et Tiécoro Bagayoko, ancien Directeur des services de sécurité.

Les procès judiciaires de ces hommes ont fait leur impression. Le public était ravi de voir condamner Doukara et Bagayoko, car les deux étaient connus pour leurs méthodes répressives et leur implication dans la corruption. L’attention de la justice se tourna sur d’autres hauts fonctionnaires dont la réputation avait été souillée pendant le procès. Les noms du Colonel Amadou Baba Diarra, ministre des Finances et le Colonel Youssouf Traoré, ministre de l’Education nationale, furent mentionnés. Le nom du ministre de la Justice, le Colonel Mamadou Sanogo, fut également évoqué comme étant sous enquête judiciaire. Comme promis, le président continua la réforme de l’Administration. Il invita les chefs de départements à dénoncer la corruption et les malversations. Une telle franchise a apparemment joué un rôle dans l’arrestation en janvier 1979 d’un autre membre du CMLN, Joseph Mara, alors maire de Kati, ancien ministre de la Justice et président de la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite. A la suite de cette arrestation des rumeurs d’un coup d’état circulaient dans Bamako.

La plupart de ceux qui étaient déjà incarcérés depuis février 1978 furent soudainement transférés dans des centres de détention à Tombouctou, loin de Bamako. Les éléments des forces armées, furent perturbés par ce qui les semblait être une perte de leur pouvoir accumulé durant une décennie. Moussa Traoré donna l’assurance à l’armée de terre et à l’armée de l’air que leur rôle dans la vie de la nation ne serait pas diminué. Mais cette déclaration était peu rassurante.

Il y avait aussi un mécontentement parmi les fonctionnaires civils. Les salaires étaient en retard, et les enquêtes sur les malversations mirent de nombreux responsables en garde. Néanmoins, les absences prolongées du président en dehors de Bamako suggérèrent qu’il pensait que la situation était sous contrôle. L’engagement de Moussa Traoré dans les affaires du pays continua de s’intensifier. La moitié de son temps en janvier et février 1979 fut allouée aux visites dans les régions du Mali. L’une des raisons de ces nombreux voyages était de populariser le nouveau parti politique, l’Union Démocratique du Peuple Malien (UDPM).

Traoré décida de s’identifier clairement avec le nouveau mouvement politique. Dans ses longues visites à l’est du Mali, il exhorta le public à voir l’UDPM comme le forum approprié pour se faire entendre, accélérer la croissance économique et réformer un gouvernement corrompu et inefficace. Traoré eut beaucoup à gagner en surveillant la création d’un mouvement UDPM articulé et influent, séparé des groupes d’intérêts avec des loyautés douteuses.

Près de 20 ans après l’indépendance, le Mali était fondamentalement francophone dans sa structure militaire, dans son administration nationale et dans son système scolaire. Cependant, l’insatisfaction avec le système éducatif a été constante. Ce qui nécessita une réévaluation de l’usage du français. Malgré un budget pour l’éducation comprenant près de 30% des dépenses nationales annuelles, le taux d’alphabétisation n’a augmenté que de 1% chaque 3 ans durant la période de 1968 à 1979. Néanmoins, le président promit des changements radicaux dans le système éducatif.

La jeunesse aussi était agitée. Les étudiants au niveau secondaire ont été perturbés par deux développements : de longs retards dans le paiement de leurs bourses et l’abolition de la pratique de garantir un emploi à chaque diplômé. Les rumeurs de coup d’État, les arrestations et les agitations dans les forces armées n’ont pas empêché le président d’entreprendre des voyages prolongés au fin fond du pays. Ces voyages lui ont permis d’entendre les griefs de la population et de se rendre compte que son appel à l’activisme politique n’était guère l’une de leur priorité.


ce récit es truffé de contre vérité au lieu de raconter du n’importe quoi pourquoi ne pas aller chercher la vérité là ou il faut

de grâce nous voulons être informer pas désinformer.
et je te défie a un débat contradictoire si tu en es capable

Moussa Bagayoko


Je suis, aussi, de l’avis que ce récit déforme plusieurs faits historiques.
Mr Wane peut-il indiquer sa source?
Bien à tous.

Dramé


Amadou, je pense que ce serait mieux si tu mettais une petite phrase au début de ces articles pour expliquer que tu traduis les rapports de l’ambassade américaine de Bamako. Les écrits ne viennent pas de toi, mais comment les américains percevait la situation au Mali.
Je sais que tu l’avais annoncé, mais certaines personnes n’ont sûrement pas vu ce message initial. Merci pour l’effort de traduction de ces documents.

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A. Karim Sylla


Bonne idée Karim.

Pour rafraîchir les mémoires voici l’article de présentation de la rubrique Cablegate apparu dans le journal InfoSept.

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Bientôt une nouvelle rubrique dans InfoSept: “Cablegate, les Murmures de l’Oncle Sam” de Amadou WANE

Cheres Lecteurs et Lectrices d’InfoSept,

Nous avons l’immense plaisir de vous annoncer l’ouverture très prochaine d’une nouvelle rubrique intitulée, “Cablegate, ou les Murmures de l’Oncle SAM”. La rubrique sera animée depuis les États Unis par notre compatriote Amadou WANE, un malien américain, professionnel dans les technologies de l’information depuis plus de 20 ans. C’est un citoyen engagé qui est par ailleurs celui qui, avec le Malilink Investigative Reporting Group (MIRG), suit de très près la situation socio-politique du Mali et surtout l’utilisation des dépenses publiques dont entre autres les nombreuses missions du président de la République. Leur réseau, le MIRG, nous promet du reste un grand coup au 100ième voyage du président IBK dont le compteur est à présent à 96 missions.

La rédaction de InfoSept est donc ravie de recevoir dans son équipe ce nouveau talent journalistique comme collaborateur externe, parce que nous savons que Wane apportera à nos lecteurs de nouvelles perspectives avec ses analyses pointues sur les technologies de l’information, la société américaine et tant d’autres sujets brûlants.

Le choix du journal InfoSept dont il apprécie depuis les États Unis le sérieux est dû en grande partie à votre soutien qui nous a permis en moins de deux ans d’existence de gagner le pari de la régularité mais surtout de la qualité au point que par le travail et l’envie de mieux vous servir, votre journal est plébiscité par certains de ses lecteurs comme faisant partie des meilleurs de la place en ce moment. Pour les plus illustres nous savons tenir la plume. Mais rassurez-vous rien de tout cela ne nous monte à la tête. c’est juste bon de le savoir et d’entendre des lecteurs faire de telles observations. C’est donc cet étiquette de sérieux à tort ou à raison que vous nous avez collé, qui vaut à votre journal ce choix dont nous sommes si fier aujourd’hui. Et voici l’introduction que l’intéressé, Amadou WANE, fait lui même de sa nouvelle rubrique qu’il veut en partenariat exclusif avec votre InfoSept :

Le 28 Novembre 2010, Wikileaks.org, le fameux site dédié aux fuites massives, publia sur Internet plus de 250 000 télégrammes secrets provenant des ambassades américaines situées à travers le monde. Les télégrammes contiennent les dépêches diplomatiques envoyées régulièrement au siège du Département d’État des États-Unis à Washington, mais aussi des directives envoyées aux missions diplomatiques américaines de par le monde.

Cette publication massive a permis au public de comprendre les rouages internes de la diplomatie américaine à une échelle sans précédent. Et en même temps, elle a propulsé le journalisme dans l’ère du numérique (le Data Journalism). La fuite fut la source d’innombrables articles dans les journaux du monde et contribua à exposer l’hypocrisie, et la corruption de certains gouvernements. Selon certains rapports, Mouammar Kadhafi de la Libye était irrité de voir ses secrets exposés au grand public par Wikileaks. La pression internationale était si forte qu’en 2003 il fut contraint de renoncer à son ambition de faire de la Libye une puissance nucléaire. Les câbles ont aussi été crédités d’avoir influencé directement la Révolution de Jasmin en Tunisie en fin 2010.

L’importance des ces télégrammes ne peut donc être sous-estimée. Parmi les 250 000 câbles, environ 3 400 concernent le Mali. Ces câbles datent de 1966 à 2010. Tous les sujets du pays y sont abordés de la mort de Modibo Keita, à la guerre entre le Mali et la Haute-Volta sans oublier les disputes diplomatiques entre la France et son ex-colonie. Mais jusqu’à présent, aucune analyse malienne n’a été faite sur ces documents diplomatiques, d’oú l’intérêt de cette nouvelle rubrique dans InfoSept depuis les États Unis. La diplomatie malienne et nos historiens ont en ces câbles une source importante d’information à leur disposition.

Une analyse approfondie permettra de comprendre la politique du Mali depuis son indépendance et d’éviter certaines erreurs stratégiques que nous commettons aujourd’hui. Le projet Cablegate de InfoSept, en collaboration avec Malilink Investigative Reporting Group (MIRG), consiste à traduire ces télégrammes, d’en faire une analyse journalistique pour les rendre accessible aux lecteurs maliens. Vue la quantité de ces documents, il est anticipé que le projet durera plusieurs années.

O’BAMBA
Editeur
InfoSept

Amadou wane


Je pense qu’au lieu de défier Wane, il faut lui envoyer ta version des faits. il le confrontera a celui de GMT et la vérité sortira. face au mutisme des temoins vivants du régime de CMLN, GMT a le loisir de parler de l’histoire en prenant du coté qui l’arrange. Moi, je n’ai rien connu de la période de GMT, juste que je voyais quand le commandant venait, on humiliait les chef de famille sous un soleil chaud pour ne pas n’avoir pas payé l’impot. je suis un produit 100% de l’ecole publique post GMT.

Salutations meilleures

Balata


Merci Balata,

C’est comme ca que la recherche de la verite doit se faire. Trop de manipulations autour de ce regime ruineux, anti developpement, nefaste, sanguinaire, tryrannique,….

D’une maniere ou d’une autre, Que wane ait raison ou pas, le regime CMLN/UDPM est la source des malheurs de ce pays. C’est sous lui que l’assassinat de ce pays a commence. S’opposer au regime CMLN/UDPM etait un acte de terrorisme. Il s’est maintenu par le biais des armes, des intimidations, des assassinats, tortures des intellectuels ( le cas d’ibrahima ly en est un exple).

Bref, c'[est a cause de l’echec du mouvement democratique qu’on parle meme de Moussa Traore; ce lieutenant et produit du Prytanee Militaire

Sidy Danioko


Mr. Bagayoko,

Je crois que c’est important d’éclairer les malilinkers sur votre intérêt personnel dans cette histoire.

Si je ne me trompe vous êtes le fils de Tiekoro Bagayoko, l’un des personnages mentionnés dans l’article. Donc votre réaction est un peu compréhensible.

Néanmoins, je vous suggérais d’écrire un livre et raconter votre version de l’histoire du Mali. Le peuple décidera qui croire. Vous avez droit à vos opinions, mais pas à vos propres faits historiques.

Regards,

Amadou O. Wane


Merci à vous tous. Amadou TU as été d’un calme olympien par rapport à la réaction de notre frère Bagayogo. Je lui suggère pour ma part aussi de dépassionner ce débat et de garder un ton courtois. Amadou n’a fait que traduire un document de l’ambassade américaine de l’époque. Ce n’est pas sa version. Entre nous intellectuels de bon niveau pour la plupart, faisons en sorte que ce Forum reflète notre maturité. Nous devons donner l’exemple à ceux qui nous lisent et servir de références.

Kalifa Gadiaga