Où se Trouve le Nord du Mali?

Je note, avec une satisfaction mi figue, mi raisin – je suis un vieux
cadre du Nord -, qu’il y a eu “une inflation” des gens du Nord au
nouveau GRM du non moins Nordiste PM qui a:

1) reconduit trois ministres inamovibles “Gardiens du Temple
azawad”: AG ERLAF (Idnan de Tessalit), Mohamed Almoktar (arabe lemhar
du Tilemsi de Gao) et Nina (kidalo-ivoiro-mauritanienne);

2) maintenu un jeune ministre targui de Goundam (Mohamed Ali
ag-Ibrahim) qui est le plus “intégré” des touaregs au Maliba;

3) nommé deux nouveaux ministres qui ne sont pas des inconnus dans la
mesure où ce sont des Nordistes qui affichent leur citoyenneté
malienne et leur sérieux dans les domaines publics dont ils
s’occupaient depuis des décennies:
– Ben Khadra, un syndicaliste (métisse arabe-sonraï de Tombouctou),
– Alhassane ag-Mohamed Mossa, un financier (targui Daouçahak de Ménaka).

J’aurai souhaité que Niéna Coulibaly, ancien Ambassadeur aux USA, soit
nommé au poste de Ministre des Affaires Etrangères et que Hubert
Coulibaly soit remis au Ministère de la Défense.

Sincèrement,

Mohamed AG HAMATY


Bonjour Mohamed Ag Hamaty et chers tous

Je retiens dans un vos mails antérieurs que vous avez comme objectif de faire connaître la culture targui que certains diabolisent sur malilink.

Je crois que vous pouvez le réussir si vous tenez compte que les autres communautés non targui aussi ont finalement besoin de s’affirmer. Par la faute de cette frange de touaregs qui sont sur pieds depuis bientôt 50 ans quand même en train de nous tympaniser à coup de recherche de pays indépendant.

Justement à ce propos je rappelle que depuis ces temps là personne au Mali n’a tenu compte que les autres communautés non targui pouvaient ne pas partager la demande des touaregs.

Les gouvernements maliens se contentaient d’aller en Algérie et de conclure avec un petit groupe des “accords” qui faisaient que les autres communautés et même les autres membres de la communauté Kel Tamachek devenaient des spectateurs de la destruction de leur terroir par l’état et par les touaregs revendicateurs.

Depuis les années 90, lorsque ces messieurs que vous nous dites combattre ont recommencé leur combat, ils ne parlent pas de nord du Mali comme entité revendiquée. Non!
C’est le gouvernement et nous autres qui appelions l’espace que eux revendiquent comme nord du Mali. C’est à dire que nous mêmes et notre gouvernement avions accepté qu’il y a une entité qui devait être appelé nord du Mali. Nous et nos gouvernements successifs leur avions facilité la tâche en acceptant cela.

Or de mon point de vue en plus des revendicateurs, la vérité est plusieurs personnes des régions de Gao et l’actuelle Menaka ne se considèrent pas au Nord du Mali. Si ce terme revêt un sens géographique bien sûre. Il s’agit plutôt de l’Est géographique du Mali. Pas le nord. Non.

Quand je dis plusieurs personnes, je dois ajourer que la carte du Mali aussi suggère que ces régions soient l’est géographique du Mali. Pourquoi tenions nous a les appeler le Nord du Mali, y compris dans des documents d’accord.

Que les gens du nord du Mali et les autres maliens appèlent le nord nord du Mali, me semble être correcte. Ce qui n’a de sens pour moi que géographique, même pas culturel. Mais de là à faire ENCORE ET TOUJOURS l’amalgame entre les gens jusqu’à encrer mentalement cette entité dans la tête des gens, est loin la réalité et des aspirations des gens de ces contrées.

La chose s’est bizarrement invité même dans les écrits de certains de nos éminents auteurs, par exemple Mohomodou qui titre quelque part “les gens du nord”.

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Quand Chouaïbou dit, je le cite: “La chose s’est bizarrement invité
même dans les écrits de certains de nos éminents auteurs, par exemple
Mohomodou qui titre quelque part “les gens du nord”.”, je lui demande,
humblement, de nous laisser, nous – moi (l’identitaire U-Tamacheq) et
mon homo Houssouba (l’identitaire songhoï-peul) – assumer et crier sur
tous les toits, que nous sommes du Grand Nord du Mali et non de
l’Azawad comme certains ici veulent que nous soyons pour nous canarder
comme des moineaux “quelia-quelia” venant du Nord.

En tout état de cause, nous n’empêchons pas Chouaibou MAIGA d’être un
“Malien Tout Court”, tout en l’assurant qu’assumer nôtre identitaire
“pays” (région, territoire socio-ethnique) ne fait pas de nous des
maliens à part; chaque homme a le droit à la différence, comme le
droit à la vie!

Sincèrement,

Mohamed AG HAMATY


En attendant de te répondre en détail, cher Chouaibou, que préconises-tu comme référent/qualificatif/épithète… à la place des gens du nord (pas “nordistes”)?

Au plaisir de lire la suite dans les idées.

Bien à toi et tous,
Mohomodou


Bonjour,
Est ce vrai que géographiquement, le nord du Mali géographiquement est l’est du Mali. D’où vient cette erreur?. Pourquoi même à l’école et dans les documents officiels, on appelle le nord du Mali et non l’est du Mli.
Si cela se confirme que le nord est geógraphiquement l’est, donc tonton ag hamaty est de la partie orientale du mali et non septentrionale du Mali.

Merci

Salutations meilleures

Balata


Dixit Balata Sidibe: “Si cela se confirme que le nord est
geógraphiquement l’est, donc tonton ag hamaty est de la partie
orientale du mali et non septentrionale du Mali”; tu fais de la
gymnastique intellectuelle en pinaillant-spéculant sur les points
cardinaux au Mali.

La terminologie “Nord du Mali” qui est moins affreuse que la
terminologie “Azawad”, date des années 1960 quand, à la suite la
révolte des jeunes Alfalagas Ifoghas de l’Adghagh (Adrar des Iforas),
les fonctionnaires du “Grand Sud du Mali” furent réticents aux
affectations dans “le Grand Nord” qui fut la région de Gao qui
couvrait, à l’époque, les 5 actuelles régions du Nord du Mali. Alors,
le “Grand Nord” fut synonyme de “pays perdu” où les “gens du Sud” font
tout pour ne pas y aller.

Autrement, moi qui suis “géographe” de formation, je m’assume natif du
Nord-Ouest du Mali, dans les régions de Taoudéni et de Tombouctou;,
les confins Mali-Mauritanie-Maroc cartographiés “Aklé-Azawad”, la
40ième zone agro-écologique du Mali selon l’Inventaire des Ressources
Terrestres du mali de 1988 dont je fais partie des auteurs;
l’Adghagh-Timetrine (Kidal) est dans les confins Nord-Est du Mali

Stricto sensu, géographiquement, ce sont les régions de Ménaka et de
Gao (“émaïnag”, en tamacheq) qui sont dans l’Est du Mali; le Gourma
étant plus dans le centre, en prolongation du delta intérieur du
Niger appelé le Macina.

Sincèrement,

Mohamed AG HAMATY


Bonsoir Mohomodou et chers tous

La lecture dans les idées !
Oui je te reviens sur ce point.

C’est que géographiquement :
– les “gens de Gao” ne sont pas du Nord du Mali ;
– les gens de Menaka (plus au sud mais à l’est de Gao) ne sont pas du Nord du Mali ;
– les gens du Gourma (ouest, centre et est) ne sont pas du nord du Mali.

Politiquement (la position des séparatistes et celle psychologiquement acceptée par la plupart des gouvernements successifs du Mali en tout cas depuis le Pacte National), il se conçoit de plus en plus une entité qui est appelée “Nord du Mali” et récemment même “Nord Mali” carrément. Je soutiens que nous tous sommes en train d’utiliser ce terme (consciemment ou inconsciemment) dans sa version “politique”. Il en est de même de la chose (Sud du Mali) que soutiens le Professeur Ouattara. C’est politiquement que les personnes qui emploient ces expressions les pensent.

Or ces positions soutenues par ces personnes là ne sont pas partagées par tous. Ce qui est compris par “nord du Mali” par certaines personnes n’est pas ce que pensent d’autres.

Je soutiens que si c’est politiquement que les gens conçoivent nord du Mali, je ne peux pas me reconnaître de cette entité là. Pas plus que ce nom que défendent becs et ongles les séparatistes, qui eux aussi ne parlent pas de “nord du Mali”.

Lorsque l’avion la compagnie algérienne est tombée au Mali au sud de la localité de Gossi, vers la frontière avec le Burkina, des journaux ont parlé de “nord du Mali”. Tous ces messieurs doivent comprendre que géographiquement le point de l’accident n’est pas au nord du Mali, si ils regardent une carte du Mali. Sauf si le nord du Burkina Faso constitue lui aussi le Nord du Mali.

Ceci étant dit, lorsqu’on regarde les choses du point de vue géographique je crois que mon terroir de naissance est à l’est du Mali, pas au nord. Comme la majeur partie de la Region de Gao pour ne pas dire toute.

Il ne faut donc pas que les gens “nous” confondent dans cette entité du Nord (pas nordiste comme le réclame Mohamed ag Hamaty et comme nous en affublent d’autres compatriotes qui pensent que tout ce qui va au delà de Mopti est constitué du Nord du Mali).

“Que préconises-tu comme référent/qualificatif/épithète… à la place des gens du nord (pas “nordistes”)?”_Mohomodou.

Pour ce qui est de l’œuvre littéraire, il n’y a rien à aller chercher comme changement.
Je dois peut-être relire ton texte, mais enfin puis-je savoir dans quel sens utilises-tu l’expression les “gens du Nord” ?

Mon point c’est que cette affaire de Nord du Mali revêt maintenant une compréhension politique et désormais séparatiste même. Le danger c’est que les acteurs principaux tentent de rendre cette entité comme unique pour l’ensemble des gens de l’espace identifié par certains comme étant le “Nord du Mali”.

Quand je me situe dans la position qui est la mienne, c’est à dire un refus de considérer qu’il y a une entité qui s’appelle “Nord du Mali” ou qui pourrait s’appeler comme telle, parce que des hommes et des femmes veulent que cette entité existe, je me dis qu’il n’y a pas de gens du “nord” sous entendu “gens du nord du Mali”. Il y a des communautés de cultures différentes dans l’espace en question. Exemple : les arabo-berberes ne s’identifient pas dans les Zimmaw, ni dans marutjirèye, ni dans le harikoye, etc.

Si cette construction politique devait exister, il y a alors des nords, pas un seul. Sinon nous sommes de l’est (géographiquement).

Historiquement également, je pense qu’on ne peux pas “nous” appeler comme étant d’une entité politique qui s’appelait nord de quelque chose ou sud, est, ouest. Mais ça c’est une autre chose.

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Cher Chouaibou,

Merci pour la mise au point. À la fin, c’est dans l’échange que nous améliorons notre compréhension des «choses mêlées» dans la chose. Ceci dit, je comprends ta position. Je garde un seuil de tolérance variable selon les expressions que j’utilise tous d’ailleurs selon les contextes, avec ou sans ironie.

Laisser le nord à ceux qui l’utilisent pour en faire un pays à part ne me paraît pas stratégiquement pertinent.

Les mots prennent des acceptions bien sûr et le contexte sociopolitique actuelle colore nos sensibilités.

Si on creuse dans la sémantique de mots comme hawsa, gurma, dandi et dangay, les quatre points cardinaux en songhay, on ne manquera pas de surprise en trouvant que dans la même, selon que l’on soit à Gao ou Djougou (Bénin), un terme désigne un point différent. En termes linguistiques, il n’y a pas de valeur sémantique unique ou fixe. C’est un jeu de positionnement sans fin. Sans parler des postures politiques.

Je dois terminer sur le fait qu’on décortique avec raison ces complexités dans les langues étrangères. Je me demande parfois quel sens nous leurs donnons ou donnerons dans nos langues. Des langues qui restent les grandes absentes de nos exégèses.

Je suis désolé mais je suis parti plus long que j’aurais aimé sur le sujet. Mais cette question de langue est pour moi fondamentale dans la réflexion, alors qu’elle est totalement ignorée. Pour moi, la plus grande vigilance est là je vois la grande faiblesse des élites songhay qui ont élu domicile à Bamako et ailleurs. Des familles entières qui ne parlent pas un mot songhay dans la journée, toute une génération qui te regarde avec consternation quand tu parles dans la langue de leurs parents présents devant eux. Ne pas nommer le nord ferait-il partie de ce paquet (pacte d’intégration nihiliste). Un pied dans le plat, mais je pense qu’il est temps de penser des choses sérieuses, d’un nord qui a existé (au moins) et qui semble scruter son crépuscule, même à Gao d’ailleurs.

Mohomodou


“Quand je dis plusieurs personnes, je dois ajourer que la carte du Mali aussi suggère que ces régions soient l’est géographique du Mali. Pourquoi tenions nous a les appeler le Nord du Mali, y compris dans des documents d’accord.”__Chouaibou Maiga

Tu as raison Chouibou. Nous devons tous corriger notre vocabulaire dans ce conflit. Kidal c’est Nord-Est du Mali. Je mettra Tombouctou au centre.

Le langage est une arme dans tout conflit.

Amadou O. Wane


Chers amis à vos rangs et qualités tout protocole et région d origine respecte , puisque la boite de pandora est ouverte let face le diable , nordiste ou ressortissant du Nord à partir de quand on cesse de l être, ou on le devient, un Maiga dont les parents sont nés à Bamako et lui même à Bamako est il ressortissant du Nord , A Han donc c est une question de Nom once black all way black..

AgMai


Dixit mon homo, le caustique AgMaï: “…nordiste ou ressortissant du
Nord à partir de quand on cesse de l’être, ou on le devient, un Maiga,
dont les parents sont nés à Bamako et lui-même à Bamako, est il
ressortissant du Nord?”

Je l’affirme que les lieux de naissance des fonctionnaires maliens
jouent des tours pendables à ceux des administrateurs et politiciens
maliens qui tentaient, dans les années 80-90, sous la gouvernance
généralissime GMT, de réaliser des équilibres de ratios d’encadrement
dans la couverture zonale “fonctionnariale” des régions du Nord du
Mali – et du “Septentrion du Mali” de Houssouba ou de Balata – pour
mitiger les déséquilibres régionaux, les régions du Centre, du Sud et
de l’Ouest étant plus pourvues que celles de mon “Grand Nord”; comme
il suit, je te donne le cas avéré, le plus significatif des loupages
de cibles: “mon directeur national des eaux et forêts de l’époque, un
sénoufo bon teint, demande à son ministre khassonké bon teint,
d’intercéder auprès de GMT pour que l’on puisse affecter des
ressortissants-natifs du Nord du Mali chez eux pour que le ratio
d’encadrement s’équilibre; qu’à cela ne tienne, GMT instruit au
ministre de faire le relevé de tous les agents forestiers nés dans la
région de Gao qui couvrait, à l’époque, les 5 régions actuelles, et
les affecter-dispatcher, manu militari,dans leur région de naissance ,
les forestiers étant des paramilitaires comme les douaniers et
policiers; le chef du personnel des eaux et forêts établit la liste
qui comprend plus de 50 Traoré, Diallo, Dakouo, Coulibaly, Guindo et
Sanogo, fils de militaires en mission nés à Tessalit, Kidal, Gao et
Tombouctou ; c’est après que les intéressés, qui se trouvaient en
service dans des zones sécurisées (Kayes, Sikasso, Bamako), furent
arrivés sur sites au Nord que les administrateurs et politiciens
locaux du Nord ont crié à la supercherie parce que les nouveaux
arrivants ne voulaient pas aller sur le terrain “miné” d’après eux,et
l’on fit faire un autre inventaire des vrais natifs du Nord pour les
contraindre à aller chez eux, une opération qui avait, lamentablement,
échoué parce qu’à l’époque la magouille politicienne avait démarré,
les braves agents forestiers natifs du Nord avaient payé leurs place
au Sud.”

Plus prêt, en 2009, en plein boom des affaires à Kidal, des projets à
gogo, les politiciens de Kidal, emmenés par Ambéry ag-Rhissa, l’actuel
“Gardien du Temple MNLA” à Kidal, décrètent que seuls les
ressortissants-natifs de Kidal sont éligibles aux postes des projets
des ONG dont Kidal refoulait le surplus financier non consommé par
“incapacité d’absorption”, les jeunes touaregs diplômés de la région
de Tombouctou sont allés vers cet eldorado et déchantèrent dès leur
arrivée; mon fils “bio”, un mécano de Centre Père Michel de
Quinzambougou est débouté du poste d’entretien des moteurs EDM pour
cause que son acte de naissance le fait naître à Sikasso, ce qui est
vrai; j’ai fait de spieds et des mains pour faire dire à mon ainé
Ambéri qui filtre les recrutements, que bien mon garçon soit né à
Sikasso où j’étais en poste, il n’en demeure pas moins qu’il est le
15ième descendant de Mossane ag-AÏTA, né à Essouk (Tadamakat) à 60km
de Kidal, ancêtre en partage des miens kel Ghazaf du Faguibine et des
Ifoghas de Kidal; les bureaux du projet de santé MDM de Kidal dont
mon neveu (né à Sévaré) était le directeur recruté à Bamako fut
caillassé par des jeunes de Kidal “soulevés” par Ambéiri au motif que
mon neveu, en absence de logisticien qualifié à Kidal, a recruté son
cousin né à Gossi; ironie du sort, le papa de mon neveu médecin fut le
professeur de Ambéri au collège de Diré, établissement d’enseignement
que mon chef de tribu kel Antesser des années 1950 avait acquis des
colons de Dakar pour tous les enfants des touaregs du Soudan français.

Sincèrement,

Mohamed AG HAMATY


Merci ag hamaty pour ces histoires tirées du vécu et de l’expérience. Sauf que depuis ce matin, par ton expertise en géographie couplée à la foresterie, je considère Gao comme l’est du Mali et non nord du Mali. Donc, je suis oriental comme le fut dia el yemen, fondateur de la dynastie des Dia.

Salutations meilleures

Balata


Ha ha grand frère tu vas me tuer, du coup je perd mon songay Et mon bambara , heureusement que je comprends deux Tamacheqs ya Macina !au fait que veut dire ” des vrais natifs du Nord ?”
Les premiers envoyés sont nés au Nord étant des coulou ou bien ce sont des faux natifs du Nord ?

AgMai


Mon cher Balata nous sommes tous de l orient si j ai compris ! Okey sauf que dans l histoire désormais je choisi la version qui me convient, vue la situation de Yémen aujourd’hui, moi je choisi la version de Boubou Hama qui veut que mon ancêtre a construit les pyramides d égyptien, plutôt a fait construire c était lui l ingénieur sinon le pharaon en personne, oui ensuite il a inventé les trois religions monothéistes ,puis il a émigré vers GAO actuel , well étant partisan du Mande comme berceau du Mali , je peine à faire ce lien

AgMai


Même si “…Le langage est une arme dans tout conflit”, en tant
“militaire” et “géographe” qui connais les “Nord géographique et
magnétique” sur la mappe monde sur laquelle le Mali est allongé du
Nord au Sud, je me refuse de corriger mon vocabulaire scientifique
dans ce conflit qui ne modifiera pas les points cardinaux posés,
advitam aeternum.

En tout état de cause, je persiste et signe que Kidal est,
effectivement, dans la zone géographique “extrême” Nord-Est du Mali.
Je maintiens que Tombouctou est dans l’extrême Nord et non au centre
du Mali; Gao est dans l’Est du Mali, Sikasso est le Sud, Kayes dans
l’Ouest, la bande qui longe le fleuve Niger, d’orientation-inclinaison
Nord-Est, de Bamako à Gossi, en passant par Mopti, est dans le centre
du Mali; point, barre!

Sincèrement,

Mohamed AG HAMATY, géographe-aménagiste du territoire et des terroirs au Mali


En tout état de cause, je persiste et signe que Kidal est, effectivement, dans la zone géographique “extrême” Nord-Est du Mali.
Je maintiens que Tombouctou est dans l’extrême Nord et non au centre du Mali; Gao est dans l’Est du Mali, Sikasso est le Sud, Kayes dans l’Ouest, la bande qui longe le fleuve Niger, d’orientation-inclinaison Nord-Est, de Bamako à Gossi, en passant par Mopti, est dans le centre du Mali; point, barre! ag hamaty.
Gao est dans l’est du Mali. Bon appeler desormais les enfants du mythique Gao les orientaux et plus jamais nous appeler nordistes. On est oriental comme dia el yemen, l’ancetre des songhay et il est reconnu que les peuls venaient de l’Ethiopie donc l’est de l’Afrique, les tamasheq et arabes viendraient tous de l’orient (asie). On assume alors notre orientalisme malien*:) Heureux

Bonne journée

Salutations meilleures

Balata


En fin de journée, un mot sur un point qui a été, entre-temps, bien visité.

Comme mentionné, j’utilise les “gens du nord” et cela depuis les années 1980. C’est à dire bien avant la rébellion de 1990-96. Il y a un détail plutôt musical. J’ai entendu Enrico Macias chanter sa chanton “Les Gens du Nord”. On avait toute sa collection ou presque. Un autre contexte, mais une métaphore pour fixer mon point de départ sur la carte des imaginaires maliens. Je n’ai pas encore trouvé de raison pour piquer une querelle avec ce terme.

A la fin des années 1990, j’ai tenu une rubrique avec une série “Les gens du nord”.

Par contre, je n’utilise pas le mot “nordiste”/”nordistes” – un barbarisme insoutenable selon l’appréciation subjective que j’en fais. Le “-iste” sonne comme une appartenance religieuse ou adhésion idéologique. Venir d’un terroir, n’en est pas tel.

Les imaginaires ne se querellent pas, aime dire Tierno Monénembo. Les terroirs non plus. Ce n’est pas le terroir “Azawad” exactement décrit par Mohamed Ag Hamaty qui est le repoussoir actuel. Mais plutôt son idéologisation (sincère ou opportuniste) et sa transformation en fond de commerce médiatique, diplomatique et géostratétique. Là, nul n’est dupe sauf qui le veut. Ceux qui veulent faire de nous des “nordistes” ressortissants de l'”Azawad” savent ce qu’ils font ; et nous aussi savons ce que nous faisons en traçant la ligne dans le sable.

Ceci étant dit, si Taoudéni ou Kidal (candidat naturel ou par affinités électives) décide de d’appeler Azawad, ça ne me gêne pas. Peut-être qu’un jour, on doit aussi trancher la propriété de l’AOC Azawad (appellation d’origine contrôlée) qui pourrait bien être lucrative… Tant mieux. C’est de meilleure guerre, mais pas la mienne.

Mohomodou


Je note, avec une satisfaction mi figue, mi raisin – je suis un vieux cadre du Nord -, qu’il y a eu “une inflation” des gens du Nord au
nouveau GRM du non moins Nordiste PM_Ag Hamaty.

Je pense que cette vision régionaliste de l’analyse politique (de l’action publique) ne contribue pas au renforcement de la république. Je pense que l’on doit plaider pour la nomination d’un ministre pour ses compétences, sa probité morale.

Je suis personnellement de la composition de ce gouvernement, je m’y attendais à une prise en compte de la situation sociale, de la dégradation de la sécuritaire vs arrogance de la cma. Pour cela, j’avais pensé que l’on allait avoir un gouvernement réduit (15 ministres) pour faire de l’épargne sur les dépenses des ministères avec des résultats visibles à atteindre dans le court et moyen terme. Les pauvres meurent faute de soin mais comme palliatif on sort un gouvernement de 35 membres dont on peut se demander de la pertinence.

Je n’ai pas espoir avec ce gouvernement et je crois que nous allons crescendo dans l’abime, jesus ou Muhammad PSL n’y peuvent rien car tous les deux n’aident pas les injustes.

Trop c’est Trop. Nous assistons tous à la deliquescence du pays. On est tous complice devant l’histoire.

Salutations meilleures

Balata


_ Pour cela, j’avais pensé que l’on allait avoir un gouvernement réduit (15 ministres) pour faire de l’épargne sur les dépenses des ministères avec des résultats visibles à atteindre dans le court et moyen terme. _ Balata

C’est aussi arbitraire que tout autre chiffre, mais c’est le nombre “idéal” auquel je pense depuis un certain temps pour un gouvernement malien. Entre 12 et 15 ministre, pas plus. Beaucoup de gens respectables ne seront pas ministres mais joueront un rôle moteur et durable dans des agences et directions qui structurent davantage le fonctionnement efficace des institutions publiques.
La réflexion continue.

Mohomodou


A Balata qui met en exergue ma satisfaction de voir plus de Nordistes
dans le nouveau GRM du PM Nordiste, pour l’amoindrir, voire la
condamner, je lui réponds, comme je l’ai fait à Chouaïbou, que comme
il le dit lui-même “les maliens sont en compétition pour des postes au
GRM”; c’est la bataille pour la survie politique (“struggle for life”,
comme pour les êtres vivants de la chaîne trophique) pour figurer au
GRM.

Si Balata, mon frère du Nord, est idéaliste pour croire que le Mali a
atteint le stade de développement politique qui permet des
gouvernements de 17 membres, comme en Europe qui devance le Mali de 5
siècles dans le domaine de la gestion démocratique du pouvoir
politique, il se met le doigt dans l’oeil.

Moi qui suis réaliste parce que d’un certain âge, j’avais connu des
GRM de plus de 20 membres qui ne comptaient que 1 à 2 Nordistes (un
songhoï et un targui ou un arabe),, je remercie Allah et je bombe mon
torse nordiste à la vue d’un GRM de 35 membres qui compte au moins 10
Nordistes dont 6 de mes parents, même si 3 sont des quotas pour les
rebelles, donc non productifs pour le Nord.

Sincèrement,

Mohamed AG HAMATY


L’excision au Mali

Communiqué de Me. Mamadou Ismaël Konaté, ministre de la justice, suite à la déclaration du président du haut Conseil Islamique

Lors de sa prise de parole à l’occasion d’un meeting à Bamako, le 26 février 2017, le Président du Haut Conseil Islamique (HCI) nous aurait prêté des propos relayés par « Afrikinfos », indiquant qu’une loi contre «l’excision» serait prise par nos soins, au plus tard le « 31décembre 2017», dans notre pays. Il aurait poursuivi en affirmant que ce n’est qu’en face de la virulence de sa réaction que nous nous serions précipité à apporter un «démenti» de notre «propre déclaration » auprès du Groupement des leaders religieux. Il aurait soutenu que nous cherchons à diviser les structures et corporations religieuses.

Si ces affirmations émanent vraiment de lui, c’est que la teneur de notre déclaration sur les conséquences dramatiques des violences conjugales en République du Mali aura, de bonne foi sans doute, échappé à la vigilance habituelle de Monsieur le Président du Haut Conseil Islamique que nous rencontrons souvent pour échanger sur ces sujets et bien d’autres, sans discorde ni dissension, et dans le strict respect de nos fonctions réciproques.

Nous l’avons déjà entretenu du sujet des violences conjugales. À ces occasions, nous n’avons essuyé aucune réprobation de sa part. Bien au contraire, nous avons compris que les prescriptions religieuses étaient en faveur de la «protection » de l’épouse. Les statistiques insupportables sur les violences conjugales indiquent qu’au moins une dizaine d’épouses ont été tuées ces deux dernières années au sein de leur foyer. Les époux des défuntes sont fortement soupçonnés des meurtres commis. Face à ce drame, aucun être ne saurait rester insensible.

Au sein du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, nous avons instruit à tous les Juges de Paix à Compétence Etendue, à tous les Procureurs de la République et Procureurs Généraux d’être particulièrement attentifs aux violences conjugales, notamment lorsque des blessures graves et des morts d’hommes surviennent. Qui plus est, le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme a déjà saisi certains départements ministériels d’une Note Technique faisant l’état du sujet et recommandant le renforcement de la sanction légale. C’est dans ce cadre qu’un projet visant à modifier les dispositions du Code pénal est à l’étude pour réprimer davantage les violences conjugales.

Il n’est nullement question d’excision, contrairement aux affirmations prêtées à Monsieur le Président du Haut Conseil Islamique par certains médias. Il est plutôt question de violences conjugales. Lorsque nous avons été alerté par diverses associations religieuses sur la rumeur persistante de l’adoption d’une «loi contre l’excision», nous nous sommes rendu au siège du Haut Conseil Islamique et chez son Président pour donner la bonne information. Si le Président nous avait invités à nouveau à échanger, cela aurait évité certains malentendus et les propos peu amènes tenus à notre encontre au cours d’un meeting. Nous n’entendons entamer ni poursuivre aucune polémique de nature à affaiblir les nombreuses bonnes initiatives prises par les uns et les autres, y compris par le Haut Conseil Islamique et son Président, visant à consolider la paix, la concorde et l’unité nationale, seuls gages de la stabilité du Mali.

Bamako, le 27 février 2017

Me. Mamadou Ismaël Konaté

Ministre de la justice et des Droits de l’homme, Garde des Sceaux


Je pense que c’est l’interview du Ministre lui même qui a semé la panique. J’ai vu l’interview où il dit que l’interdiction de l’excision était une priorité pour le Mali et qu’il y aura bientôt un projet de loi.

Quand on sème le vent, on récolte la tempête.

Je vais essayer de retrouver la vidéo.

Comme toujours, le gouvernement joue toujours au sapeur pompier au lieu de communiquer et anticiper les crises.

Un autre exemple… on entend même plus parler des travaux sur la révision constitutionnelle. Un beau matin ils vont balancer au visage du peuple quelque chose qui va créer une autre crise. Donnez des comptes rendus au peuple. Impliquez le peuple.

Amadou O. Wane


Vous savez que ce gouvernement établit ses priorités en fonction des priorités de la France ou des ONG de la France.

Bien sûr qu’ il faut sensibliser et continuer à lutter contre les injustices dûes au genre – surtout si ces inhustices n’ ont rien á voir avec l’ Islam, car même dans les tours d’ or de l’ Islam (Arabe Séoudite et Téhéran) cela n’ existe pas.

Me Konaté et le gouvernement essayent de dévier de la vraie priorité du gouvernement: l’ existence de la République du Mali qui est sérieusement menacée. Le gouvernement fait semblant d’ être aveugle alors qu’ il n’a le contrôle effectif sur presque aucune parcelle du territoire national – peut-être Bamako.

Le ministre Me Konaté doit aussi se rendre compte: tout acte judiciaire au Mali se mesurera dorévananant par rapport aux mandats d’ arrêt internationaux de l’ ancien procureur Daniel Tessougué. En un mot il attraper les gros poissons qui sont le responsables politiques et militaires de la crise malienne. Ils ont pour noms Bilal Ag Achérif, Alghabass Ag Intalla, etc. etc. Ils se trouvent tous concentrés à Kidal.

Tout ce qui éviterait cet ordre du jour est secondaire.

Bien cordialement

M. Diagayété


Je viens d’écouter d’autres propos du ministre et du président de l’AN sur ce sujet.

D’abord je tiens à dire qu’un ministre et un président de l’AN doit minutieusement peser leurs mots en publique. Je constate qu’on a mélanger deux choses dans le projet de loi. L’excision semble avoir été inclue comme part de la violence contre la femme.

Le gouvernement s’est fait pigé par les forces externes en adoptant cette stratégie de criminaliser l’excision.

Ils auraient du:

1) Dissocier l’excision du projet de loi contre la violence contre les femmes. Je pense qu’il aurait peut de résistance sur ce point.

2) L’excision est un problème culturel. C’est avec l’éducation et la patience qu’on peut le combattre progressivement.

Le gouvernement aurait même put utiliser la sensibilité religieuse à son avantage. L’excision n’est pas un précepte islamique. Ce n’est pas pratiquée en Arabie Saoudite.

On est dans l’age de l’information. Les combats se font premièrement avec l’information.

Amadou Wane


Oui, c’ est grave !

Le ministre dément dans son interview ce qu’ on peut entendre de sa part dans la vidéo ….

“Le gouvernement aurait même put utiliser la sensibilité religieuse à son avantage. L’excision n’est pas un précepte islamique. Ce n’est pas pratiquée en Arabie Saoudite.”

La manière de communiquer de IBK et de ses gouvernements/ministres a toujours été comme si ils ne vivent sur cette terre. Catastrophique !!! Les espoirs s’ estompent régulièrement.

Bien cordialement

M. Diagayété


L’irruption de ces chefs religieux (réactionnaires et rétrogrades) dans la sphère politique est quelque chose de désolant, pour ne pas dire dangereux. Ils doivent clarifier une bonne fois pour toute s’ils sont des interlocuteurs spirituels et religieux ou s’ils sont des acteurs politiques au même titre que les autres partis ou associations.

Mais comme on dit en Bambara : Oulou no tè, fo moko mounoun bé tougou ou ko (ce n’est pas tant leur faute que celle de leurs suiveurs, qui apparemment leur donnent des milliards…).

Make no mistake, en plus de la gestion chaotique du nord, il s’agit ici également d’une erreur que le Mali (dans l’ensemble) ne tardera pas à payer au prix fort.

Stephane Bombote


Cher homo chers tous,
En 2016 j’ai parcourru de Niono à Yelimané pour une evaluation ex post d’un projet de 10 ans en plusieurs phases information sensibilisation et accompagnement sur l’exision.En conclusion, ces populations ont d’autres problemes plus serieux que l’excision…. Mais on( etat et ong) veut en faire un probleme…. Sinon rien.

Envoyé par mon iPhone
Amadou ABATHINA


Il faut l’Etat et les ONG crient aux drames pour que les bailleurs leur donnent de l’argent. Puisque le personnel de l’Etat est incapable de concevoir un projet innovant sans passer les ONG ou autres bailleurs. L’excision comme le sida nourrissent beaucoup de bouches. Il faut aussi ajouter la rébellion. De pauvres inconnus, on devient célèbre et riche et arrogant. Ne demandez plus à Djéri de revenir prendre la craie pour enseigner sinon c’est la 3ème guerre mondiale sur les sables du sahel.

Salutations meilleures

Balata


“Il faut l’Etat et les ONG crient aux drames pour que les bailleurs leur donnent de l’argent”_Balata.

Rien à ajouter !

M. Diagayété


Voici l’interview dont je parlais. A chacun de juger.

Amadou O. Wane


L’excision est barbare, et criminel; il n’y a pas d’autres qualificatifs. Le ministre a eu les mots justes pour décrire la pratique; et il ne saurait se dérober (et ne doit pas); mais il faut dire que tenir ce qui apparaît comme un double langage est regrettable. Quand on est convaincu d’une chose il faut s’assumer.

Ceci dit le problème est qu’on ne peut pas criminaliser 80% d’une population non plus; il faut avoir une clarté d’esprit à ce propos; mais il faut forcer la main des religieux même s’il faut faire intervenir des érudits et autres docteurs (Maliens et étrangers) pour contrer les charlatans et les imams confus — faites les débattre sur l’ORTM. Les insuffisances apparaîtront aussitôt.

______________________
A. Karim Sylla


Ne ten fais pas.
si on les invite a debattre a la radio ou a la tele, ils ne viendront pas….je nai meme pas jette de cauris..
Mais, c’est parceque les gens leur laisse croire que cest eux qui decident pour eux…meme aller au paradis..
Un pretre ou un imam naidera personne a aller au paradis ou a y echapper…..
Si nous suivons ce que font nos leaders religieux…personne ne suivrait persone…
C’est pourquoi on doit cesser de mettre la chose religieuse au dessus de tout…le faire equivaut a de la discrimination

*********************
Dramane Emmanuel DEMBELE
dit DED


Bsr
Je partage l’approche pédagogique prônée par Karim car ne perdons pas de vue que nous ne pouvons pas forcer ” le bonheur” pour quelqu’un.
Personne nous a force nous autres du nord du mali à ne pas pratiquer l’excision par exemple.
Quant aux autres communautés maliennes qui la pratiquent il faut continuer a privilégier la sensibilisation pour aboutir à un changement d comportement.
D’ailleurs quel sens aura une loi qui va à l’encontre de près de 90 % de la population?
Une tradition ne s’efface pas par une loi
Combien d lois avons nous vote qui ne sont ni connues ni appliquées?
C n’est pas parce que une chose est loi qu’elle est juste mais parce que elle est juste qu’elle est loi écrivait Montesquieu .
S’agissant de l’irruption du religieux dans l’arène politique , il faut l’assumer et le considérer comme tel.
Pour se faire élire le religieusement est courtisé et adulé , pour toutes nos obligations sociales : mariage , naissance , décès, entrée ou maintien au gouvernement. Mais quand le religieux se mue en citoyen qui veut s’intéresser de la vie dans la cité, nous les chassons comme des citoyens de seconde zone, nous les traitons de tous les maux du Mali.
Voyions conséquents , s’il faut combattre le religieux , combattons le de manière élégante sur le terrain des idées .
Dicko du HCI n’est pas moins citoyen que moi ou le Ministre.
Sous d’autres cieux le président jure sur le livre saint de sa religion on trouve cela normal , mais quand le religieux malien défend une position de la société qu’il représente on crie haro sur le baudet.
Je fus le premier initiateur avec l’appui de l’honorable Lahaou Touré en 2002 de la loi sur les pratiques néfastes à la femme et à la fille. Donc pour ceux qui ne le savent la loi existe déjà mais il n’y a jamais eu de décrets d’application
Hélas c’est toujours l’éternel recommencement au Mali. Ou est la continuité de l’état, j’ai été choqué et surpris de voir le show médiatique à la télé sur la nécessité de légiférer sur les violences fautes aux femmes.
J’invite le Ministre en charge des droits de l’homme de dépoussiérer la dite loi promulguée en 2002 relative aux pratiques néfastes à la femme et à l’enfant.
Enfin le religieux citoyen ne doit pas être stigmatisé mais combattu par les argumentaires .
L’excision est une question de société avant tout , elle doit être appréhendée comme telle.
Arrêtons de diviser les maliens en bons et en méchants.
Méchants ou bons maliens , le mali nous appartient tous.

Yachim Y. Maiga


“Enfin le religieux citoyen ne doit pas être stigmatisé mais combattu par les argumentaires . “__Yachim Maiga

Je suis tout à d’accord avec toi sur ce point.

Amadou O. Wane


L’excision est pratiquée par certaines communautés du cercle de niafunke. Plusieurs amis me l’ont dit.

Cordialement,
Balata Ahamadou


C’est carrément regrettable que l’echos des blancs dans la bouche des assimilés se fasse entendre encore. Personne ne pourra nous perturber dans notre société telle qu’elle est conçue par le Tout Puissant.
Je pense qu’il n’y a pas plus intime pour un Homme que le mariage, le décès, la naissance. Si les assimiles pensent qu’ils peuvent vivre ces intimités sans les religieux alors qu’ils jouissent pleinement de leur liberté et laissent tranquilles ce qui veulent partager leur intimité, dans toute sa profondeur, avec les religieux. Aujourd’hui, celui qui refuse de prendre le chemin de la majorité des Maliens qu’il aille s’installer où il veut. La terre est si vaste, où les places sont illimitées et ce, dans l’espace et dans le temps.

Seidyna Oumarou HAIDARA


Waouuuh…. on croirait rêver de lire certaines choses “Aujourd’hui, celui qui refuse de prendre le chemin de la majorité des Maliens qu’il aille s’installer où il veut. La terre est si vaste, où les places sont illimitées et ce, dans l’espace et dans le temps.” Seydina Diarra.

Oui, l’espace est aussi si vaste … j’espère que ce cousin si minoritaire (sur tous les plans) sur la terre saura s’exiler vers d’autres planètes.

Plus sérieusement, on doit se réserver décrire certaines choses, par respect pour soi même.

Jean Kodio


L’excision au Mali, Entre tradition et santé VERSION COMPLETE, un film de Sékou Doucouré : https://www.youtube.com/watch?v=RWaE1FCk2_s

La route est longue…

Stephane Bombote


Ce documentaire est vraiment à voir si la question de l’excision vous intéresse et si vous avez une heure de votre temps à y consacrer.

Il est vraiment très bien fait et fourmille d’avis et témoignages très intéressants : femmes excisées, citoyens ordinaires, médecins, juristes, responsables d’associations et religieux (maximum respect au Maitre Coranique Seydou Bagayoko – il devrait donner des leçons de tolérance, en tout cas d’humanité et d’islam, aux soi-disant chefs religieux très en cours en ce moment).

Certains villages et communes ont déjà pris la voie de la criminalisation de l’excision même s’il n’existe pas de loi à proprement parler au niveau national. Ils ont unilatéralement décrété l’excision hors-la-loi et prennent des sanctions de diverses formes contre les contrevenants !

La criminalisation est loin d’être une absurdité. Comme dans toute action publique, il faut bien sûr beaucoup de volonté politique (leadership) et moins de complaisance de la part des élites…

Stephane Bombote


Bonsoir Stéphane

Il y a que la connexion est très lente au Mali.
J’ai changé de provider : de OrangeMali je suis chez AfriboneMali maintenant.

J’avoue que la qualité de service est nettement meilleure. Mais la vitesse est très lente en journée et jusqu’à 23h quelques fois. Assez fluide tard dans la nuit.

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Oui Stephane. Ce documentaire est à voir. J’ai regardé que 5 mn et je suis ébahi par les préjugées contre la femme, les raisonnements fallacieuses, et l’ignorance prévalente dans la société malienne.

On n’éduque pas, on n’informe pas. On préfère regarder les séries brésiliennes, Nollywood à longueur de journée.

Le trajet est très très long pour nous.

Amadou O. Wane


Bonjour Sylla,
Bonjour à tous,
Je vous trouve très gentil envers notre ami Ministre Konaté en trouvant “regrettable” sa farce ridicule. Avec ses mensonges, contradictions, reniements et volte face, il contribue hélas à discréditer et embrouiller un combat que l’on mène depuis longtemps. On pouvait compter sur lui pour faire réfléchir à la bonne stratégie, aux méthodes et moyens idoines pour aborder ce sujet effectivement sensibles. Il a péché par sensationnalisme et effets de manches et s’est ridiculisé par manque de courage et de sérieux. Quel fantoche ! Quelle déception !
Espérons que cela ne va pas trop nuire à l’action de ceux et celles qui se battent pour que notre société, dans le respect des uns et des autres (mais avec courage, application et abnégation)comprenne que ces pratiques doivent cesser.
Bon courage à tous

Issa Diawara


Chers Karim, Wane, Balata, Sidi, Malobbo, Amadou Abathina, Stephane et autres,
Bonjour,

A mon avis, peut-être ce serait beaucoup mieux d’essayer de comprendre ce phénomène ou ce problème de l’excision au Mali; et cela pourrait aider peut-être à mieux le contrôler. C’est mon point de vue et le plus humble sur la question, car très souvent nous pensons connaître les problèmes pendant que nous passons à côté.

Je partage avec vous ces maigres travaux sur le sujet de l’excision au Mali de 1995 à 2012. Faites vos propres jugements et tirer vos conclusion. Pour ma part, je n’ai pas de jugement car le problème est plus complexe qu’on ne le pense et je cherche à comprendre sans être spécialiste du domaine de l’excision non plus même si je suis cité co-auteur dans certaines de ces publications.

Pour votre information, la carte avec les chiffres que Wane a posté sur la prévalence de l’excision dans les différents pays africains, proviennent d’ici!

Cordialement et bonne lecture à tous,

Soumaila


https://fr.wikipedia.org/wiki/Excision

De nombreux traités internationaux évoquent l’interdiction de l’excision et des mutilations sexuelles féminines en général, il s’agit notamment :

de la convention internationale sur les droits de l’enfant (CIDE) ;
de la convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination envers les femmes (CEDEF) ;
de la charte africaine sur les droits et le bien-être de l’enfant ;
de la charte africaine sur les droits humains et ceux des populations ;
du protocole additionnel sur les droits des femmes dit protocole de Maputo.

En 2002, lors d’une Assemblée générale des Nations unies, la totalité des représentants se sont engagés à mettre fin aux mutilations sexuelles et à l’excision d’ici à 2010. Cette date est plutôt ambitieuse, malgré les récentes annonces (novembre 2005) faites en Afrique, où plusieurs exciseuses ont déposé leurs instruments (des lames et des couteaux, parfois rouillés).

Selon l’UNICEF, 13 pays africains disposent de lois réprimant les mutilations sexuelles féminines et autres types de violences faites aux femmes.

Notamment :

Bénin

Burkina Faso

Cote d’Ivoire

Djibouti

Egypte

Ghana

Guinée

République Centrafricaine

Sénégal

Tanzanie

Togo

Stephane Bombote


Mon cher Stephane,

Vous pouvez être d’accord ou non avec ce que je dis, c’est normal et cela ne prouve pas que l’on comprend le problème ou on l’a bien compris. Toutes ces lois, traités internationaux et autres références, dont vous faites mention sont des décisions politiques prises sur la base de ce que disent d’autres groupes. Au moins, ces traités et lois se réfèrent à ce que nous publions sur le phénomène pour émettre des décisions.

Ci-joint deux photos de deux évènements d’excision il y’a seulement quelques mois (fin des vacances scolaires) dans deux quartiers différents dans un pays de la liste que vous mentionné, et cela malgré la loi l’interdisant et que vous mentionnez.

Le Burkina Faso a échoué en promulguant des lois ; la Guinée aussi et beaucoup d’autres pays. Savez-vous que parfois, la loi réduit au silence ou à la révolte passive, plutôt que d’amener les gens à adhérer à la cause ? Pour le cas du Burkina Faso, Sous Thomas Sankara, avec le mouvement révolutionnaire et populaire, il y’avait eu un peu de résultats vers la réduction de la pratique de l’excision. Cependant, la révolution et le pouvoir/justice populaire est-elle une bonne chose, démocratique ? Le Mali l’a essayé avec Modibo Keita, mais a échoué. Le Burkina Faso avec Thomas Sankara a aussi échoué.

Cordialement,

Soumaila


Je crois que même lorsqu’on échoué on doit persévérer. Non ? C’est la justesse de la cause, ou du moins les convictions, qui doivent guider l’action publique et non les perspectives de “victoire” facile.

Les lois contre le vol, le meurtre, le trafic de drogue et autres sont incapables à elles seules d’éradiquer ces fléaux dans tous les pays de la planète. Doit-on s’en débarrasser ?

Stephane Bombote


Stephane,

Je ne comprends pas bien ce que vous dites. Aussi, je n’ai jamais dit que l’excision ne doit pas être combattu, sinon on allait jamais injecter des millions de dollars pour la comprendre et la combattre. Je ne pense pas, non plu avoir dit aussi qu’il ne faut pas de lois contre l’excision. Mais, si vous mettez l’excision dans le même panier que le vol, le meurtre, le trafic de la drogue pour ainsi la combattre, cela dépasse ma compréhension. L’excision est une “pratique sociale” et non “individuelle” !

Merci,

Soumaila


Je ne mets pas l’excision sur le même plan que le vol et le meurtre, je mets les lois anti-excision sur le même plan que les lois anti-vol et anti-meurtre. Dans tous ces cas il s’agit d’interdire et de combattre des pratiques jugées nocives pour la société (quelles soient individuelles ou “sociales”) même si ces lois ne suffisent pas à interdire ces comportements. Je ne fais que répondre au constat “d’échec” des lois contre l’excision que vous avez fait.

Si vous n’avez jamais dit que l’excision de doit pas être combattu, alors tant mieux. Peut-être que nous avons des divergences sur le niveau du combat à mener. Je fais tout simplement partie de ceux qui pensent qu’après des années, voire des décennies, de “sensibilisation”, il est temps de passer à la vitesse supérieure et de sanctionner cette pratique qui ne nous apporte rien de bon.

Stephane Bombote


Stephane,

J’ai dit qu’il est faut la comprendre, cette pratique de l’excision. Mais si vous estimez que vous la connaissez déjà bien, tant mieux, mais moi je ne la connait pas encore bien. Et du moment où c’est une pratique sociale et non individuelle, ça devient très compliqué. Un individuel peut se lever pour aller commettre l’acte individuel de voler, tuer ou vendre de la drogue, comme vous le dites mais un individu ne se lève pas pour aller se couper son propre organe, c’est-à-dire s’exciser soi-même. Pour un seul acte d’excision, il y’a toute une organisation sociale autour pour conduire l’acte, que certains considèrent comme criminel ou pas, accepté ou pas, valeur sociale ou pas, etc.

Donc les lois au sujet de l’excision comme un acte social ont également des implications et des enjeux différents comparés aux lois réprimandant les actes individuels comme le vol, le viol, le meurtre, la drogue, etc. C’est pour cela que j’ai paraphrasé pour vous et pour que votre bonne compréhension, en disant que : “Savez-vous que parfois, la loi réduit au silence ou à la révolte passive, plutôt que d’amener les gens à adhérer à la cause ?”, et surtout lorsqu’il s’agit des pratiques sociales ou communautaires.

Cordialement,

Soumaila


Chers Stephane et autres,

Deux autres thèmes sur l’autonomie de la femme et ainsi que la violence domestique au Mali, thèmes pas très indépendants de la pratique de l’excision.

Cordialement,

Soumaila


Mon cher Stephane,

Oui, et c’est la réalité de ce que les gens pensent du fait de battre sa femme. Et pourquoi cela ? Alors, je pense que vous comprenez maintenant le dilemme ou l’inconsistance dans lequel on se trouve face à la société ou aux sociétés maliennes. Nous pensons bien nous connaitre nous-mêmes, alors que ce n’est pas si sûr. C’est pour cela que personnellement, je n’ai pas de jugement sur une pratique ou comportement sociale, comme l’excision. Je pense que vous serez d’accord avec moi, que cette croyance de battre la femme, aussi accepté par les femmes elles-mêmes que par les hommes, n’est pas très indépendante de l’excision. Le chemin est encore très long. Savez-vous que les lois sur l’excision ont conduit plutôt à la pratique de l’excision transfrontalière ? C’est-à-dire, les burkinabé envoient leurs filles au Mali, au Togo pour les faire exciser dans la toute discrétion, puis les faire retourner au Burkina ? Et vis-versa, les familles au Mali procèdent de la même manière vers le Burkina, la Guinée, etc..

Merci,

Soumaila


Quel que soit le niveau de connaissance (ou d’ignorance), chaque citoyen a le droit de se faire son opinion sur n’importe quel aspect de sa société. De toute façon, on n’est jamais trop informé sur un sujet et on apprend tous les jours sur tous les sujets. Je ne pense pas qu’il faille accepter tout passivement, ou au simple motif que serait une pratique sociale légitimée par notre culture ou nos traditions.

La culture est quelque chose qui bouge afin de répondre aux besoins des humains, évitons d’en faire quelque chose qui enferme, ou pire quelque chose qui mutile…

En résumé (et au risque de me répéter, je m’en excuse), je suis d’avis que la sensibilisation seule ne suffira pas pour venir à bout de ces pratiques qui ne nous apportent rien. Je suis 100% pour l’interdiction (criminalisation ou pénalisation) de la pratique de l’excision.

Stephane Bombote


Bonsoir chers tous,

Je comprends la réserve de Soumaïla car il est statisticien, je fais quotidiennement face aux mêmes problématiques en tant qu’économiste. Nous sommes formés pour analyser les faits et trouver les voies et moyens pour améliorer le bien-être des gens sans faire de jugement de valeurs morales.

Mais en faisant ma thèse, j’avais fini par comprendre que j’avais le droit, face à une situation, de me définir de façons multiples. Et si “Ndack l’économiste” ne fait pas de jugement de valeurs, Ndack la citoyenne, la femme, l’africaine, peut être vigoureusement contre la polygamie, l’excision, etc. et dire haut et fort que certaines pratiques traditionnelles africaines sont humiliantes, féodales, arriérées, en ce 21ème siècle.

Et gare à “Ndack la mère” hein lol, si quelqu’un touche à un brin de cheveu de ma fille, il va courir lui-même se réfugier au cachot avant que je ne l’attrape !

Bien des choses,

Ndack


Bonjour Ndack,

Je crois que vous avez compris toute la ligne. Lorsqu’on indique et démontre à un gouvernement ou à une simple personne que la fistule, une maladie grave, aussi bien que les risques de mortalité liés à la grossesse et à l’accouchement, sont tributaires à l’excision, c’est au gouvernement ou à la personne d’apprécier et de décider. Mais comme je l’ai dit, donnons-nous le temps de bien connaitre ce phénomène au Mali pour enfin le contrôler. Sinon, qui est plus dangereux entre le fanatique – Jihadiste comme Boko-Haram, qui, avec très peu de connaissance de la religion, font des hécatombes à travers le monde, et le profane comme le Président Trump qui fait l’amalgame et incite à l’islamophobie ? Ce qui est sûr, n’est-il pas vrai que tous les deux types ont des connaissances limitées sur la chose ?

Je ne sais pas comment le Sénégal est arrivé à contrôler ce phénomène de l’excision, mais on peut estimer que cela ne date pas d’aujourd’hui, ni un travail de quelques années ; sinon le Burkina Faso allait réussir. C’est une juste une critique personnelle !

Cordialement,

Soumaila


Cher Soumaïla,

Ces questions sont assez complexes en effet et si ce n’était que cela: ce sont des combats qui ne sont jamais gagnés pour de bon, il y a toujours possibilité de régression (comme quand Mr. Traoré dit que le combat pour la République est permanent).

Et croyez-le ou non, les personnes qui me fâchent le plus sur ces problématiques sont souvent des femmes, comme ces deux là, Christine et Isabelle, dans les échanges ci-dessous sur Facebook, qui sont toutes deux tombées sur l’ami Philippe et d’autres hommes pour défendre… Trump !! J’avais voulu ajouter mon grain de sel mais j’étais déchirée entre la pitié et la colère, des émotions donc. Et comme “Ndack l’économiste” était très occupée, j’ai passé mon chemin. Mais c’est assez bizarre, les féministes avec qui je m’entends ici sont généralement… des hommes !

Cela fait une demi-douzaine d’années que je dis que le monde occidental vit une crise de valeurs – mais différente de la nôtre. Nous, nous cherchons encore à avancer mais ici, c’est comme si on avait avancé trop vite par rapport à ce que l’humain est capable d’absorber, qu’on a frappé un mur et que, par réaction physique donc, on recule… Je vois les Occidentaux se battre contre leurs propres valeurs.

En général, les femmes en Afrique ne voient pas encore ce que je vois, les femmes en Occident ne voient plus ce que je vois. Et moi je navigue incomprise entre ces deux civilisations.

Ndack


C’est spécial n’est-ce pas ? Comme me disait une amie avec sagesse: “Les acquis ne sont jamais totalement acquis !”

Et je me souviens de kilomètres d’échange sur les pages FB d’amis masculins sénégalais qui défendaient la jeune étudiante dans l’affaire Yérim Seck (celui-ci fut condamné pour viol) pendant que les femmes expliquaient les unes après les autres que: “c’est bien fait pour elle”, “qu’est-ce qu’elle faisait là ?”, “elle l’a cherché, c’est sûr”, “tu vas seul dans un hôtel pour discuter avec homme alors tu n’as que ce que tu mérites”, etc.

Alors, comme avec ces dames plus bas, je n’arrivais pas à intervenir… ce sont des réactions qui me dépassent complètement !

Ndack


Bonsoir à toutes et à tous,

J’ai personnellement regardé ce documentaire dans son intégralité et je peux sincèrement vous dire, que je manque de mots devant l’ignorance absolue de bon nombres de mes concitoyens, instruits comme illettrés, hommes et femmes, jeunes et vieux. Il y a un vrai travail de prise de conscience collective à faire.

Et je peux vous assurer, qu’en temps que psychologue, les séquelles psychologiques de ces victimes sont quasiment irrévocables (dégoût de son corps, faible estime de soi, manque d’ambition, fragilité psychologique, victimisation, repli sur soi, tendances suicidaires, manque de désir sexuel, crises d’angoisses avant l’acte sexuel, etc…). Durant mon récent séjour professionnel au Mali, j’ai eu en entretiens psychologiques plusieurs patientes qui souffrent au plus profond d’elles-mêmes. C’est honteux!!!

Tout citoyen de ce bas monde doit regarder ce documentaire, bien avant que ça ne soit diffusé à l’ORTM et je ne suis pas sûr que nos autorités aient un minimum de courage pour autoriser la diffusion prochaine.

Réfléchissons au message que nous véhiculons dans nos familles et à l’éducation que nous transmettons à nos progénitures, garçons et filles.

C’est en cela que notre pays sera débarrassé partiellement de ses souillures.

Le Mali mérite mieux et j’y contribuerai en ma façon personnelle et professionnelle.

Bonne soirée/journée à vous tous

Bien à tous

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Dr Ibrahim HAÏDARA
Psychologue
Docteur en Sciences sociales
MSc. Psychology
(Strasbourg, France)


Bonsoir chers Malilinkers,
En 2013 (je crois), j’ai assisté à une conférence-débat organisée en Ile de France par Bafing Kul, artiste malien, engagé sur la question de la pratique de l’excision, avec comme intervenant majeur, le docteur Foldès, inventeur, en 1984, d’une technique de «réparation» chirurgicale des femmes excisées.
En 2004, le Dr Foldès a obtenu le remboursement de l’opération par la Sécurité sociale française.

Quel choc n’a pas été le mien quand j’ai vu des amies maliennes (d’une quarantaine d’années) prendre le micro pour raconter leur excision, pratiquée au Mali lors d’un séjour, à l’insu de leurs propres papa et maman qui avaient toujours refusé la pratique sur leurs petites, et surtout quand elles ont ajouté qu’elles ne leur avaient pas dit au retour, sinon la nouvelle les aurait tués.

Ma stupéfaction a atteint son paroxysme quand le président d’une grosse association de Maliens en Ile de France a expliqué qu’ils avaient quasiment obtenu l’arrêt complet de la pratique dans leurs familles au pays, après qu’ils les aient averties que s’ils constataient qu’une de leurs fillettes au pays avait été coupées, ils couperaient les Western Union …..

Très cordialement
Françoise


J’ai suivi plusieurs interventions sur l’excision et aussi les travaux du Dr. Foldès. Il faut être vraiment insensible à la douleur pour défendre bec et ongle cette pratique.

Excision et circoncision sont loin d’être des pratiques similaires.

A ceux qui s’accrochent encore, de grâce, sauvons notre civilisation qui va droit dans l’animosité et le manque d’humanisme à plusieurs niveaux.

Cherchons à comprendre les bienfaits d’une pratique, surtout sur le plan médical.

Bien à tous

*****************************

Dr Ibrahim HAÏDARA
Psychologue
Docteur en Sciences sociales
MSc. Psychology
(Strasbourg, France)


Une Vidéo Saoudienne Devenue Virale Dans le Monde

Essentiellement, la chanson dit que les hommes saoudien sont fous dans leur oppression des femmes. La vidéo montre beaucoup de messages subtiles contre le système; elle a été visionnées par plus de 7 millions d’internautes.


Amadou O. Wane


Bonjour,
Les Saoudiens auront le temps de decouvrir la soi-disante émancipation des femmes à leur depend.
Je n’ai rien de particulier contre les femmes, mais n’importe quel problème où un homme se retrouve, c’est une femme qui le met là-bas, à commencer par notre ancêtre commun.
Il fut un moment où je devais faire des choix et j’ai suivi des conseils des femmes. Aujourd’hui le resultat est que je fais parti des plus pauvres de ma promotion.
Nous devons du respect aux femmes en tant qu’épouses, mères, etc; mais reconnaissons néanmoins que les femmes ont leur limite dans la vie sociale.
cordialement

Aliou Moussa


Alfa Aliou
Quand même ce serait injuste de blâmer les femmes comme cela.

Tu dois bien savoir que les femmes jouèrent et jouent encore un role positif de conseillères et leaders aux côtés des hommes. D’ailleurs au Mali, il nous faut donner le leadership aux femmes. Je suis sure qu’elles apporteront la paix tant espérée et même l’ordre et la justice.
Aujourd’hui je me sens et je suis Ami Kane.

ABOUBACRINE Ahmed Ag


Bonjour Moussa Aliou,

Je crois qu’on peut changer de profession n’importe quand (“On ne peut changer de destination du jour au lendemain mais on peut changer de direction quand l’on veut”). Est-ce que vous etes pret a prendre les risques qui vont avec? Le fait pourrait etre que vous soyez le plus pauvre (financierement) de votre promotion aujourd’hui. Mais la question qui demeure posee est “est-ce que vous acceptez cet etat de fait?”; car vous etes toujours vivant, en bonne sante, jouissez pleinement de votre capacite mentale, et donc capable de renverser le rang socio-economique vis-à-vis de vos promotionnaires d’ici les cinq prochaines annees “si vous y croyiez fermement et si vous le desiriez ardamment”. Est-ce que vous etes en mesure de vous sacrifier temporairement afin de devenir la personne que vous devriez devenir pour attirer le degre souhaite’ de confort financier? Le changement commence interieurement. Si vous acceptez votre condition actuelle, et ben le monde vous acceptera ainsi; le monde finira par vous accepter toujours comme vous voudriez qu’il vous accepte. Toutefois, a partir du moment ou vous pointez quelqu’un d’autre du doigt pour votre situation et acceptez indefiniment la situation en question, Dieu meme se sentira obliger de vous laisser adminer cet etat dans lequel vous prenez de l’habitude. Sinon, comment comprendre que vous lisiez quotidiennement des personnes aussi nanties que Amadou Ouane, AgMai, Adoul et Bakary Sylla, Malobo, j’en passe, et que vous ne soyez pas de leur categorie? Peut-etre qu’il faudra souvent soulever des debats outre que ceux lies a la chose politique; car “nous devenons ceux a quoi nous pensons le plus souvent”. Quand vos manieres plaisent Dieu, il se sentira obliger de vous mettre en la compagnie de personnes ressources et en la possession de choses utiles a l’atteignement de votre objectif; encore faudra-t-il que cet objectif soit bien defini …. Les saoudiens ont bien defini leur objectif et arrive a l’atteindre malgre ce que dit le monde. Et les femmes saoudiennes qui en ont ras le bol finissent par trouver une solution. Bon debut de semaine!

Kakotan “Bako” Sanogo
Executive Consultant
Ambit Energy (Japan & USA)
www.bako.energygoldrush.com
Mentoring and Coaching Ambitious People on How to Take Advantage of Energy Deregulation in Japan & the USA.
Virginia’s Top Producer


Wow!! Bako, that’s pep talk on steroids!! 🙂

Stephane Bombote


Sinon, comment comprendre que vous lisiez quotidiennement des personnes aussi ” nanties “que Amadou Ouane, AgMai, Adoul et Bakary Sylla, Malobo, j’en passe, et que vous ne soyez pas de leur catégorie? I didn’t get that one, c est vrai que je ne suis plus fanfaron neither aigri social depuis que des amis des amis sont au pouvoir..,

AgMai


Bonjour à tous,
Ceux qui ont réussi dans la vie ont leur explication. Ceux qui ont échoué également ont leur explication. La vérité est tellement souple et élastique.
J’ai fait ce que je pouvais. J’ai étudié en tant que talibé, puis l’école française. Ensuite j’ai fait un peu de chômage. J’ai même perdu presque 10 années de ma vie chez un Cheickh dont je ne citerai pas le nom. Pendant 10 ans j’ai espéré qu’il allait m’ouvrir les portes de la réussite financière. Il y’a constamment plus de 200 personnes qui habitent chez lui dans l’espoir d’un avenir meilleur, certains sont chez le vieux depuis plus de 40 ans.
Le jour où le Cheickh m’a appelé pour me dire que j’allais avoir 2 ou 3 milliards (je ne me rapelle plus trop du montant) demain, j’ai été dans une joie totale. Toute l’entourage me regardait avec envie, car certains me disaient “tu as de la chance Moussa, nous sommes ici depuis 25 ans et notre tour n’est pas encore arrivé”. Il m’a demandé d’aller enterrer une bague au niveau du chemin de fer et le lendemain j’allais avoir les 3 milliards. J’étais tellement content que j’ai presque perdu la raison. Je regardais les autres disciples avec un air hautain, car pour moi desormais nous ne faisions plus partie de la même classe sociale. Quand j’ai quitté la cour du vieux j’ai appelé mes oncles au village pour leur demander de venir immédiatement à Bamako et qu’on retournera ensemble au nord avec un cortège de 6 voitures 4×4. Ils ne m’ont pas cru, donc ils ne sont pas venus. Moi j’ai enterré la bague et j’ai pris une sotrama pour aller vers la malienne de l’automobile. Arrivé au niveau de la malienne de l’automobile, j’ai demandé au gardien le prix des voitures. Il a regardé mes chaussures baby et a rigolé; néanmoins il m’a donné les prix. Je l’ai dit que demain j’allais revenir payer une demi douzaine de ses voitures. Il a souri.
Le lendemain je suis allé chercher ma bague tout souriant. Et quand j’ai recreusé, il n’y avait rien dedans. Tout tremblant je suis allé raconter ma mésaventure au vieux Cheickh. Il m’a dit “Tu as des ennemis au pouvoir surnaturels très puissants. C’est eux qui ont volé ta bague à distance. Je suis désolé, sans la bague tu ne pourras pas voir les milliards”
Je suis ressorti le coeur meurtri. Après cela, je me suis converti au wahabisme, puis au soufisme. Ensuite j’ai commencé à fréquenter même les féticheurs. Après je suis revenu à la raison. C’est une femme qui m’a conseillé de voir le vieux Cheickh.
Aussi pendant des années, j’ai subi le martyre sous les ordres d’une femme. Elle m’a insulté, elle m’a humilié, elle m’a vraiment pas fait de cadeau.
Dans les mairies et les administrations publiques, les femmes passent leur temps à se moquer de mon accent bambara et de mon habillement en boubou.
Voilà pourquoi Yaya Jameh a demandé au femmes de se couvrir (pas voiler) dans les administrations publiques. Quand tu met un homme sous le commandement d’une femme elle va humilier ce dernier jusqu’à lui ôter sa masculinité. Mais un jour viendra où Dieu vengera les victimes Inchallah!
Même notre agence de communications en gestation “Agence al Nour Communication”, ce sont les femmes de la mairie et des impôts qui ont amené des taxes impossibles à payer en nous menant tout droit à la faillite.
Bon je suis fatigué de tout cela.
Bonne journée à tous!

Aliou Moussa


Bonjour Moussa et à tous,
Votre témoignage m’a tellement fait rire …Je me suis simplement dit que vous vous êtes fait avoir par un marchand d’illusion. Ce n’est point la femme qui est en cause, en tout cas pas ici mais plutôt d’autres réalités culturelles ambiantes de notre société, qui renvoient aussi à notre cosmogonie que nous mélangions souvent avec la religion. Fort heureusement que vous êtes revenu à la raison aujourd’hui, donc sur terre comme on le dit.
J’ai beaucoup rit aussi car votre histoire m’a rappeler 2 expériences que j’ai vécu il y a 4 ou 5 ans je pense. la première ma valu l’envoi de 800.000 FCFA à un inconnu ( c’était vraiment un piège savamment préparé dans lequel je suis tombé) mais je pense avoir donné une bonne leçon au second instigateur qui m’a contacté avec l’identité d’un Cheick.
En fait, il m’a appelé sous le nom du grand chérif d’un village dont j’ai vraiment oublié le nom . Il me laissa entendre que le fait qu’il ai pu obtenir mon numéro est le véritable signe que je suis un enfant béni de ma génération.Poursuivant, il m’informa que le but de son appel était de m’annoncer que je gagnerai 1 Milliard de FCFA le lendemain tôt, puisqu’il était 20H. Pour que cela soit, il me demanda d’aller acheter 4 kilos de sucre et de le rappeler dès que je m’exécuterai. Franchement, j’ai vite compris que c’était un arnaqueur mais pour l’avoir, je lui ai donné l’impression de suivre son jeu.15 mns après je lui ai rappelé pour lui dire que j’avais le sucre avec moi et que j’attendais l’instruction suivante. Il me demanda de prononcer tous ce qui me préoccupaient dans la vie sur le sucre , le garder dans la voiture et que le lendemain je le retrouverai transformé en milliard que j’aurai le plaisir d’empocher . Pour finir, la clé de réussite de ce miracle qui, selon ses termes, n’est destiné qu’à moi seul, enfant béni de ma génération, était de l’envoyer le code d’une carte orange de 5000 FCFA. Je me suis précipité de lui dire que je l’enverrai dans 2 petites minutes. J’ai observé 10 mns sans réaction, le Cheick m’a rappelé pour me demander si c’était pas encore ok. je lui ai dit que je tardais à voir les vendeurs de crédits mais que dans 30 mns ça devait aller. Je suis resté environ 45 mns muet. le Cheick ma rappelé une seconde fois je n’ai pas décroché. une troisième fois je n’ai pas décroché . A la quatrième reprise je lui dit que je venais juste de me procurer une carte en fin mais comme je suis en circulation je l’enverrai dans 30 mns. Je suis encore resté 1 heure muet. le Cheick ma appelé 5 fois à la sixième fois j’ai décroché et je lui dit que je venais juste d’arriver à la maison et que le temps de m’installer , dans 15 mns je l’enverrai sa carte. je suis resté encore 30 mns. Quand il m’a rappelé je me suis précipité de lui dire ” Cheick ! coupe-coupe je t’envoie tout de suite le code et je lui envoyé un code imaginaire de 14 chiffre. 5 mns après il me rappel : le code n’était pas bon. je lui ai demandé de se concentrer et de bien voir. Il m’a rappeler dans les 5 mns pour me dire qu’il est formel et qu’il ne sait pas trompé. Je lui ai dis que je vais vérifié et lui renvoyé le bon code et j’ai éteint mon phone. Le lendemain j’ai vu 15 appels en absence du Cheick. Ce fût l’arroseur arrosé pour lui.
Bonn, j’espère que ça vous ferra un peu marrer aussi.

Fabou Kante


Bonjour Moussa Aliou.
Ton histoire est bien interessante. Mais on ne peut accuser les femmes de tous ses malheurs. La femme t’a conseille de voir le Cheikh; mais elle ne t’a pas force. Tu y es alle surtout pour les milliards. Dans tous les cas, ce n’est pas une raison d’etre contre toutes les femmes. Surtout que tu es revenu a la raison.
Cdmt.
Fad


Bonjour,

@ Moussa Aliou, je suis desolé pour la bague! Il ne faut pas te decourager peut-etre un membre de Malinet retrouvera la bague a ta place et se fera acheter les 4×4 et les villas! Au moins tu peux te rejouir sachant que peut-etre un jour, grace a toi, quelqu’un d’autre sera nanti!!

La femme en question est animée de bonne volonté; elle ne voulait que ton bonheur. Il faudra plutot remercier toute personne qui manifeste une bonne intention a ton egard. Moi-meme je remercie beaucoup Bako de Richmond pour ses bonnes intentions a mon egard:-) Je connais des gouvernements mechants qui brisent l’espoir des tounkarankew.

Moi aussi j’ai recu un coup de fil du Mali de quelqu’un qui se dit etre un Cherif! Il m’a dit qu’une diablesse lui a parlé de moi (Amen!). La diablesse aurait predit un avenir radieux pour moi –Amen–!! Peut-etre Bako de Richmond faisait allusion a ca quand il m’a mit sur la liste des ‘nantis’:-)

L’appetit venant en mangeant j’etais intrigué pourquoi cette ange diablesse ne m’a pas contacté directement:-) Au debut de la conversation j’avais beaucoup d’espoir mais les choses ont commencé a mal tourné quand le Cherif m’a dit que pour commencer je dois acheter un kg de sucre dans les fulu-fula manani (les sachets de sucre en plastique). C’est a ce moment que j’ai su que j’ai raté ma chance puisqu’il n ya pas de fula-fula-manani aux USA ou j’habite!!!!!!! Ceux qui sont aux USA si jamais vous rencontrez les marchands de sucre dans les fula-fula-manani il faut penser a moi!! Vous n’allez pas regretter votre geste:-)

Il est vraiment temps pour les faiseurs de milliardaires (en euro ou en dollars puisque l’avenir du FCFA est incertain?) de penser a d’autres manieres telles que les nasiji et les incantations electroniques!! C’est plus facile a delivrer. On aura qu’a les imprimer et les laisser dissoudre dans un verre d’eau qu’on va siroter, bonne idée non???

Merci,

Bakary Sylla


Bonjour Moussa et tous,

En fait, j’ai un petit probleme avec votre premiere phrase qui insinue que votre vie est finie alors que vous nous ecriviez avec l’air de quelqu’un qui est encore vivant (peut-etre que Amadou Ouane pourra nous edifier si ce n’est pas un robot qui utilise votre ordinateur). Tant que vous etes conscients que vous respirez, il y a de l’espoir; et ce quel que soit l’avis des autres. D’ailleurs, ne dit-on pas souvent que l’enfer c’est les autres? En leadership, nous enseignons de ne jamais laisser l’opinion negative de quelqu’un d’autre sur vous devenir votre realite. Mon cher Moussa, vous etes plus riche que vous ne le saviez. A travers vos experiences enumerees, vous avez appris deux choses qui s’enseignent et s’apprennent difficilement dans cette vie et qui font partie des elements qui composent la cle de toute reussite: la patience et la perseverance. Un proverbe Bambara dit que la chose a beau dure dans le trou, elle finira par sortir et trouver devant lui la personne qui n’a rien d’autre a faire de son temps ( “Wo konoh fin mai o mai, a be boh ka ci tai ‘na sohroh a nia”). Ce n’est pas par hasard que j’ai mentionne cinq ans dans mon message precedant. Par manque de temps je serai bref, mais sachez que rien n’est encore perdu; mais il faudra que vous acceptiez cet etat d’esprit. Comment l’adopter est aussi simple (que vous me croyiez ou non) que de repeter quelques fois le matin au reveil et le soir avant de vous coucher que “Moi, Moussa Aliou, suis riche et ca va se manisfester bientot (dans 2 ans? 1 ans?) par la grace de Dieu” pendant 21 jours d’affile (pour que ca devienne une habitude). L’objectif est de soumettre votre subconscient afin qu’il accepte cet etat d’esprit. Il est demontre dans tous les livres saints que les mots qui sortent de votre bouche sont comme des graines que vous semez. Tachez donc de semer de bonnes paroles car vous recolterez exactement ce que vous auriez seme. En disant (meme a voix basse de sorte que vous soyiez le seul a l’entendre) que vous etes pauvre; vous conditionnez votre subconscient a accepter cet etat d’esprit et la manifestation naturelle est que vous eviterez tout ce qui est en rapport avec l’abondance; a telle enseigne que vous pouviez naitre et vivre dans le pays de l’homme le plus riche ayant vecu (Mansa Moussa) et ne jamais voir l’or de votre oeil nu. Dans son livre La Magie de Croire (The Magic of Believing) Claude Bristol mentionne un medecin francais du 18ieme ou 19ieme siecle (ca fait plus de 10 ans que je n’ai pas relu ce livre mais je le met en fichier-joint pour toi, en anglais) qui soignait tous ses patients juste en leur faisant croire qu’ils etaient guerris (notre ami psychologue Dr. Ibrahim Haidara connait bien ce domaine). En passant, mon chapitre prefere du livre est le chapitre 5 (La technique du mirroir); une technique que j’applique depuis l’age de 7 ans (involontairement d’abord et ensuite volontairement depuis 2005). Aujourd’hui pourra etre le pire du reste de votre vie si vous le decidiez et que vos manieres plaisent a Dieu (Meme Kamano croit en Dieu, ne serait-ce que d’une croyance spontanee — le Senoufo ne peut pas prononcer trois bonnes phrases sans evoquer le nom de Dieu).

La majorite de ceux qui gagnent a la lotterie finisse par devenir plus pauvre qu’il n’etait juste par ce qu’il n’ont pas pris la peine de changer leur blueprint financier (Le livre de T. Harv Ecker “Secrets of the Millionaire Mind” en parle avec details). “Aies pitie de la personne qui gagne un million de dollars mais qui ne devient pas millionaire en dollars” (Bako Sylla nous conseille de parler en terme de dollars ou d’Euro). Je soulignerais le fait que vous etes encore jeune meme si l’esperance de vie au Mali est de 50 ans pour les hommes (n’acceptez pas cet etat d’esprit et vous allez vivre 50 ans de plus). IBK est devenu president a 69 ans (vous avez l’air de quelqu’un qui n’a pas encore 69 ans et donc le temps joue en votre faveur si “vous l’acceptiez”); Mandjou Simpara, Amadou Djigue, j’en passe, ont tous eu une enfance aussi dure sinon moins envieuse que la votre. Mais ils n’ont jamais accepte mentalement la defaite financiere. L’independance financiere est un sujet tabou dans notre societe et meme aux USA. Mais il est imperatif d’en debattre regulierement, ne serait-ce qu’avec l’auteur ou les auteurs des livres qui sont a votre portee (en lisant un livre, l’auteur vous donne l’occasion de debattre silencieusement avec lui – donc pas besoin d’avoir un groupe d’amis avec qui debattre). Mon frère Fabou, merci de partager vos aventures! Bonne semaine!

Kakotan “Bako” Sanogo
Executive Consultant

Lettre du Mali (2016)

En pensant au Mali en ce moment, je me rappelle la description de V. S. Naipaul qui parle de l’Inde comme une civilisation blessée. Le troisième volume de sa trilogie indienne est sorti il y a quarante ans, largement inspiré de l’imposition de l’état d’urgence par la Première ministre Indira Gandhi (1975-77). L’épisode demeure une tâche indélébile sur l’image de la démocratie indienne – aussi bien qu’une source intarissable de controverse idéologique et politique.

Mais, en cette fin d’année, c’est la notion de blessure collective qui m’intrigue davantage, notamment en référence à une entité si diverse, même informe que l’état-nation pluriethnique, multiconfessionnel, plurilingue – qu’il s’agisse de l’Inde ou du Mali, toutes proportions gardées. Bien évidemment, l’Inde n’est pas le Mali, vice versa. Pourtant, dans les deux cas, nous avons de jeunes nations bâties sur d’anciens soubassements, comme de plaques tectoniques mal alignées, qui évoquent un vague filon transversal sans dissiper les lignes de disjonction qui servent de leviers à de forces centrifuges diffuses ; des lignes de fuite infinies, pour ainsi dire.

Vous le voyez, j’ai du mal à résister à cette image de blessure civilisationnelle, qui est comme la tâche ou la plaie que traîne le personnage du chef d’œuvre de Malick Fall, qui s’il était mieux connu, aurait fait un magnifique tandem avec celui de Cheikh Hamidou Kane ou un mélange à trois ou plus avec d’autres grands romans africains. Pour revenir à la civilisation, notion contestée sous toutes les latitudes, du moins suspecte même sur les langues les plus dignes de foi (Lincoln invoquant la civilisation américaine comme pour conjurer les démons qui ont mis le feu à la maison « divisée contre elle-même », durant la guerre civile étatsunienne de 1861-65), il ne s’agit pas de dire que tout le Mali partage un unique ancêtre biologique ou spirituel, que « Kurukanfuga » représente une référence sans ambiguïté ou équivoque pour chaque descendant de l’ancien Mandé ou du Mali contemporain. Mais, plutôt, de constater que dans l’énorme usure historique que représente plus d’un millier d’années de contact, de conflit et de réconciliation entre les différentes communautés qui vivent sur le territoire national actuel, il y a toujours la parenté et l’étrangeté qui se côtoient au gré des événements heureux ou douloureux.

La plaie, disons la déchirure, est évidente, mais la manière d’en parler exige le plus grand soin, qui semble encore manquer, dans les propos qui se veulent les plus lucides sur ce qu’on appelle depuis un moment la « crise malienne ». Qu’on la prenne sous l’angle ethnique, religieux ou institutionnel, nous ne semblons pas avoir trouvé les mots pour la cerner, la décrire et la mettre en récit.

La critique de la démocratie ou du « modèle démocratique malien » comme vitrine brisée par un double pavé – rébellion et putsch de 2012 – s’applique à ressasser la même litanie de l’élite qui a trahi le peuple, en pratiquant la corruption, le clientélisme et autre vénalité antipatriotique. Au fond il n’y a rien de faux dans cette sentence, on peut même la garnir avec de bonnes portions de « pire » ; mais en fin de compte, la seule dénonciation des élites scélérates ou « apatrides » ne nous a pas fait avancer d’un iota. Certains qui ont pratiqué ce discours à outrance ont ainsi justifié leur adhésion au non-projet d’une junte chaotique et inapte à l’exercice minimal du redressement de l’Etat, sans parler de la démocratie. Ils l’ont fait et continuent de le faire même si nombre d’entre eux ont exercé le pouvoir avec les régimes passés ou récents, donc en se rendant comptables, à des degrés variables, des bilans qu’ils dénoncent avec véhémence, parfois à coups d’injures insolites.

La dénonciation de l’irruption du religieux est une pratique à laquelle je ne suis pas étranger. Pour moi qui ai gagné conscience de mon environnement social au milieu de la grande sécheresse de 1972-73 et l’avènement d’un intégrisme religieux particulièrement offensif à Gao, le replacement, au fil des cinquante dernières années, du fait religieux au cœur du jeu politique local ou national, est un changement de paradigme qui, comme beaucoup de glissements souterrains à la périphérie, nous a fatalement échappé au moment crucial du déroulé. Donc, lorsque je consacrais trois chapitres à ce sujet en 2003, alors que les premières cellules (katiba) du GSPC étaient encore des curiosités d’hommes hirsutes ayant pris goût à la cohabitation avec les scorpions dans les cavernes sahariennes du nord malien, moi aussi je pensais plus aux conflits vécus durant mon enfance entre la société musulmane traditionnelle et les communautés wahhabites qui se constituaient le long de la Boucle du Niger. Aujourd’hui encore, alors que le fait religieux semble évident en soi, qu’on le considère naturel dans l’ordre des choses ou comme un chamboulement périlleux pour le vivre en commun, la survie des institutions publiques en place ou même la « banale » survie quotidienne du citoyen ordinaire dans un climat d’insécurité généralisée, les analyses s’enchaînent et se ressemblent par leur caractère globalement lapidaire et ennuyeux.

Quant aux racines ethniques du conflit, il ne s’agit pas de divergence notoire sur le fond. Seulement, chaque camp a sa lecture qui dénonce le régionalisme, tribalisme ou clanisme de l’autre. Même la rébellion séparatiste se veut foncièrement révolutionnaire et inclusive. Son « nationalisme » relèverait d’une revendication authentique, qui dépasserait tout irrédentisme identitaire. Le mouvement « national » qui l’anime met volontiers en avant ses meneurs non-arabo-berbères qui illustrent cette largesse de vue. C’est bien sûr un postulat courageux si on sait l’aversion bileuse que le token suscite au sein de la majorité des populations – songhay, pour ne pas les nommer – dont se réclament cette poignée de leaders de la rébellion.

Cependant, la dénonciation de la rhétorique de la rébellion par certains partis politiques « patriotiques » ne peut que me laisser perplexe dans la répétitivité abrutissante des charges ressassées : il ne s’agit que d’une bande raciste, esclavagiste, criminelle. Je ne dis pas qu’il n’y a pas tous ces préjugés chez les uns et les autres, mais une telle formulation nous condamne à tourner en rond, comme s’il n’y a rien d’autre à dire, donc aucun débat sérieux à engager avec les protagonistes ainsi étiquetés.

En effet, lorsqu’un mouvement revendiquant la défense des intérêts lésés des gens du sud donne de la voix, les couleurs qu’il affiche sont même plus effrayantes que la rhétorique manipulatrice de la rébellion. Peut-être en connaissance de son statut de défenseur de la majorité, sans besoin de coalition opportuniste, les rhétoriciens du front du sud ne daignent même plus s’encombrer de nuances. Toutes les populations du nord sont des militants séparatistes, quelle que soit leur ethnie ou lieu de résidence. Donc, le cercle est bien bouclé – au nord et au sud, la rhétorique séparatiste s’affiche décomplexée, orgueilleuse même. Mais, au-delà des mots et de la mise en scène, les fissures continuent à parcourir les ensembles du nord et du sud, d’innombrables foyers de petites guerres locales dans la grande guerre nationale. Comme quoi, « il n’y a pas de petites querelles » (Amadou Hampâté Bâ). Parce que la petite querelle, comme le petit mot, enfante sa mère, non pas son enfant.

Ceci étant dit, le conflit qui secoue le Mali, qui s’appelle « crise malienne » et invite des douzaines d’analyses perspicaces et, je le redis, inévitablement fades, est encore une petite affaire, qui est loin d’avoir totalement exploité son « potentiel ». La désarticulation est bien là, pour certains, le Mali a même cessé d’exister. Peut-être. Du moins, ce dont je suis le moins sûr est la capacité de disparition des vieux pays. L’automutilation semble plutôt être leur disposition de prédilection. Naipaul parlait du « millier d’insurrections » quotidiennes en Inde dans les années 1970 ; c’est une figure littéraire pour un paysage sociopolitique qui évoque les pustules innombrables que la lèpre inflige au corps gravement atteint. Le Mali aussi est un « grand corps malade » avec des sentiers minés, des roquettes sauvages lancées à tout vent, des enlèvements et meurtres au quotidien. Certains s’en vantent, d’autres s’en défendent, mais les deals sous-jacents rapprochent et servent les uns et les autres – les uns des autres. Le grand corps maladroit gesticule sur une scène ténébreuse et murmure un monologue digne d’un fier théâtre de l’absurde.

C’est le sort d’un vieux qui a recouvré un semblant de l’énergie subversive de l’adolescence. Il semble parti pour divertir le voisinage pendant un bout de temps. Combien de temps est-ce censé durer, je ne pourrais vous le dire. Néanmoins, si je suis tenté d’avancer sur le terrain glissant de la prédiction, c’est pour dire, le temps que nous aurons donné à la joie et à la jouissance d’une « folie passagère ». Dans ce vocable peu charmant, j’avoue, je mets l’illusion des séparatistes qui, il y a cinq ans, nous pointaient du doigt le Soudan du Sud, qui, après le Timor Leste, illustrait que le show allait continuer. Demain le Kurdistan, le Targuistan, ainsi de suite. Aujourd’hui, pour le meilleur ou pour le pire, le monde semble se ressaisir ; du moins les riches et puissants se résignent au fait qu’ils ont les nerfs pour défaire de vieux pays, mais pas les reins pour construire de nouveaux Etats. Le Timor a eu des leaders qui, devant l’embrasement post-libération, ont pu leur éviter le sort d’un Soudan du Sud. Les guerres internes du nord malien ont désormais la carrière d’autres longues querelles qui se sont résolues par la force (Sri Lanka) ou l’épuisement, l’amenuisement de l’esprit du combat (Colombie). Sans exclure les phases intermédiaires de morcellement durable (Somalie, Congo Kinshasa). Je n’ai pas promis de recettes alléchantes, mais encore une fois, le jeu est le nôtre. Pas uniquement, il est vrai, ce qui invite à moins de lamentations (« Dieu sauve le Mali » est la profession de foi la plus entendue dans les cris de cœurs des intellectuels maliens, qu’on peut imaginer proférée les mains jetées haut en l’air). Un pays qui a des milliers de soldats étrangers sur son sol a une donne particulière. Un peaceland, appelons-le, est exposé aux guerres d’usure et violences de faible et moyenne intensités que les casques bleus circonscrivent sans pouvoir éteindre. C’est la règle première. La deuxième est que le maintien de la paix porte en lui les graines de la désaffection, qui en fait vite l’alibi du régime tenu en laisse, l’opprobre de la population « occupée » et le passe-passe entre « communauté internationale », puissances tutélaires et armées contributrices en forces d’interposition.

Le Mali est encore dans cette phase où chaque grand acteur semble trouver son compte dans le désordre moyennement contrôlé et largement imprévisible sur l’ensemble du territoire. En tant que citoyen, je m’intéresse davantage au rôle du pouvoir élu en août 2013 et la trame du discours qui devrait appuyer la fermeture de la parenthèse actuelle. Par discours, je veux dire la parole qui porte l’action politique. Et par politique, ce qu’on appelait dans les manuels de rhétorique, « l’art du possible ». Dans notre cas et en cette saison favorable aux vœux, comment être dans l’agir pour arrêter de subir le rouleau compresseur d’un présent si pesant et hallucinant, des influences, ingérences et crocs-en-jambe, des intérêts aussi bien que de la lassitude et de l’apathie grandissantes face à une crise qui perd sa jeunesse ou qui devient une naine au pied d’autres géantes, plus impressionnantes. Oui un fait divers saharien face au grand spectacle dans le berceau de la civilisation écrite et peinte – entre Tigre et Euphrate.

Je crois qu’il nous revient de faire la bonne appréciation de notre propre situation. Où voulons-nous aller d’ici, ou mieux où voudrions nous arriver ? Peut-être par déformation professionnelle, je vais insister sur la parole – une parole politique structurée et audible et surtout porteuse de volonté ; ce que je persiste à appeler une « ambition de souveraineté. » Bien sûr, il ne s’agit pas de se bomber le torse en disant qu’on est souverain et maître chez soi. On ne l’est pas à ce jour ; il vaut mieux admettre la réalité et penser les scénarios qui peuvent nous sortir des mauvaises passes actuelles et futures. Penser avec rigueur au lieu de se lamenter ou de blâmer les autres auxquels on ne doit pas reprocher d’avoir des intérêts ou même des calculs hostiles aux nôtres.

Je crois que le « peuple » adhère à un projet qui lui est expliqué avec candeur, transparence et discernement. Il s’agit d’une parole intègre qui s’adresse à la conscience collective, qui nous défie tous au plus profond de nous mêmes, à faire chacune, chacun son propre examen de conscience, à lancer un débat ouvert qui fait l’économie des facilités, tabous et idées préconçues. Il faudrait du courage politique et une grande créativité pour sortir de la routine administrative (le vocable « accompagnement » suit tous les actes de nos jours), oser l’imprévisible et l’étonnant – l’agir non accompagné. Si les courtisans ne vont pas adorer une telle démarche, ce n’est que de bonne guerre. Mais, la gouvernance est autant la gestion au quotidien qui fait même d’un grand fonctionnaire le « dieux des petites choses » qu’un effort de transcendance périodique. La recherche de la grâce qui élève l’acteur au-dessus de sa tâche et de la routine générale.

Cela nécessite une parole qui prend les choses par le bon bout, en persuadant l’audience nationale que le gouvernant sait de quoi il parle, parce qu’il sait, même approximativement, de quoi le citoyen ordinaire souffre, ce qui le préoccupe, lui coupe le sommeil, lui tient à cœur. La parole n’a aucun effet si elle donne ou renforce l’impression que le gouvernant parle pour calmer le jeu ou placer un alibi ponctuel. C’est ce qui passe mal, la perception du cynisme des élites dirigeantes, la source de l’apathie dont l’explosion périodique en fait un chaudron mortel pour l’esprit et le bien communs.

En écrivant ces mots, je me suis rappelé l’allocution du 3 octobre 1863 dans laquelle Abraham Lincoln proclame « Thanksgiving Day » comme journée de réflexion, de pénitence et de gratitude. Rendre grâce pour l’abondance dont le Tout-Puissant vient de couvrir son pays malgré les turpitudes des êtres ; pour cette même raison implorer sa clémence face aux errements et vicissitudes qui ont conduit à la tragédie nationale d’où le président tente de sortir le pays depuis son élection deux années auparavant. Garry Wills, l’auteur de Lincoln at Gettysburg parle de la foi de Lincoln et de beaucoup d’intellectuels de son temps comme une « religion civile », qui peut se traduire en oxymore : une religion séculaire. L’inspiration viendrait plus de l’âge classique de la Grèce antique que du spectacle désolant de l’Europe contemporaine en proie à ses guerres atroces, menées au cœur même de la chrétienté, autour de schismes volcaniques, largement inexplicables, quasiment absurdes. Et pourtant, c’est à l’Europe des lumières que les fondateurs de la république américaine et leurs successeurs, dont Lincoln, vont emprunter leurs boîtes à outils pour créer un système politique qui s’est distingué plus par sa capacité de synthèse de ses contradictions inhérentes que par sa perfection innée.

Lincoln rend grâce pour l’abondance des récoltes et l’embellie de la production industrielle, alors les deux moteurs de l’économie d’un pays en guerre – dont la bonne tenue dépasse désormais le mode de survie d’une économie de guerre. L’éclatement de la fédération est en voie d’être stoppé et l’armée unioniste une fois annoncée au bord de l’effondrement retrouve son équilibre et s’apprête à entamer la phase de la reconquête. Il lui faudra pourtant deux bonnes années de suite pour y parvenir. La première inauguration de Lincoln le 4 mars 1861 a été suivie par l’attaque rebelle sur Fort Sumter qui déclenche la guerre civile le 12 avril. La deuxième fois qu’il prête serment, le 4 mars 1865, ce qu’il appelle la « principale armée insurrectionnelle » est cernée de toutes parts. Dans la tradition orale de la guerre, Lincoln aurait reçu un message cryptique de son généralissime Ulysses S. Grant en ces termes : Si la chose est poussée, je pense que Lee se rendra. (If the thing be pressed, I think Lee will surrender.) Auquel le président, aurait répondu : Que la chose soit poussée. (Let the thing be pressed.) En effet, la pression va se faire sentir et le 9 avril 1865, le mythique général des armées de la Confédération, Robert E. Lee, signe la reddition dans la Cour de justice d’Appotomax, à l’issue de l’ultime confrontation avec l’armée de l’Union. Le 11 avril, Lincoln prononce son dernier discours public à la Maison Blanche, parlant surtout des énormes difficultés qui attendent son gouvernement et son pays. La reconstruction du pays, mais surtout la réconciliation et les compromis déplaisants à faire, domineront cet avenir proche. L’orateur finit sur cette phrase : Dans la « situation » actuelle, comme on le dit, il serait mon devoir d’adresser une nouvelle annonce aux gens du Sud. Je suis entrain de réfléchir et ne manquerai pas d’agir, quand je suis satisfait que l’action sera appropriée. (In the present “situation,” as the phrase goes, it may be my duty to make a new announcement to the people of the South. I am considering, and shall not fail to act, when satisfied that action will be proper.)

Trois jours plus tard (14 avril), Lincoln est assassiné dans un théâtre de Washington. Toute sa présidence aura été absorbée par la guerre civile, au point que le destin du personnage demeure intimement lié au cours d’une guerre existentielle et formatrice pour son pays. Il dit avoir tout fait pour l’éviter, mais une fois qu’elle a été déclarée à l’Union, il a tout fait pour la gagner et ressouder la fédération ébranlée. Il aurait peut-être voyagé plus loin que le perron de la Maison Blanche et quelques champs de bataille s’il avait pu exercer effectivement son second mandat, à la fin de la guerre et avec l’ascension internationale des Etats-Unis après une telle épreuve. Pour le temps qui lui a été imparti, il a utilisé toute son intelligence et les astuces de ses meilleurs conseillers pour éviter l’immixtion des puissances étrangères – car le leadership sécessionniste n’a pas caché son désir d’entraîner la Grande Bretagne, ancienne puissance coloniale dans la guerre, en jouant sur le ressentiment de l’issue de la guerre de libération, pour reprendre pied sur le continent, une fois que le Sud se sera « libéré » et établi comme Etat souverain. Dans un épisode des moments sombres où son armée essuie des défaites successives, on rapporte qu’un navire de la marine britannique suspecté de soutenir les rebelles a été capturé par la marine unioniste et les chefs militaires auraient bien voulu en faire un cas d’école. Mais, informé, Lincoln qui anticipe les conséquences désastreuses pour l’effort militaire globale ordonne de lâcher le navire de l’Empire britannique. Un ennemi à la fois pour le moment, aurait-il laissé entendre. Il n’a pas manqué de blesser l’orgueil de beaucoup de gens qui le critiquent sévèrement, en privé ou en public, le tournent même en dérision. Finalement, il a pu prendre ses marques, trouver des officiers supérieurs loyaux et non imbus de leur propre personnalité, placer à la tête de l’administration des fonctionnaires compétents, jouant parfois à la limite de la censure sans pourtant museler la presse critique ou même satirique. Les bonnes et mauvaises nouvelles se sont alternées, mais le pays a tenu à son système démocratique, tout en reconnaissant ses insuffisances qui ne sont pas étrangères à la crise structurelle qui menace de l’anéantir.

En cette fin d’année où beaucoup d’Américains ont dit haut et fort qu’il ne reste plus rien pour justifier un « Thanksgiving Day », quand la providence et la destinée manifeste qu’elle aurait prévue pour l’Amérique paraissent happées par les ténèbres, Lincoln semble être un père fondateur (de deuxième génération) sans héritier ni dans son pays, ni ailleurs sur cette bonne terre occupée par un fier assortiment d’états-nations bigarrés. Mais, parler ainsi serait comme la comparaison défavorable que l’on fait entre habituellement entre la solidité d’un système politique comme son legs d’une Amérique au moins juridiquement post-esclavagiste comme démocratie représentative en perpétuel perfectionnement et la fragilité congénitale de nos « proto-nations » postcoloniales qui n’arrivent pas à dépasser leurs contradictions les plus rustiques. Sans parler de l’absence des personnalités de la stature des premiers et seconds « pères fondateurs. » Tout cela est vrai, mais d’une vérité partielle.

Lincoln reste pour moi un mystère insondable, de son ascension dans la politique locale de l’Illinois jusqu’à son élection à la présidence des Etats-Unis dont l’horizon se fissurerait en toute évidence sous ses yeux. Il a été sous-estimé et non sans raison. Il a eu la chance de prendre plus au sérieux le défi de son serment que sa propre personne. Il a gouverné avec la plume (belle) et la parole (même si d’aucuns disent de sa voix un désagrément légendaire à son auditoire) à une époque où l’information existe et circule mais sans commune mesure avec notre temps présent. Comment a-t-il pu tenir face aux incertitudes et à l’enchaînement des défaites des deux premières années, en s’arc-boutant sur son écritoire, produisant de sa propre main ses discours brefs ou longs, apparemment, et en nombre important ses correspondances et messages divers envoyés au Congrès, au front d’une guerre mécanisée, complexe et meurtrière, aux parents de soldats tombés, aux leaders de la communauté noire divisée entre hommes libres, affranchis et esclaves, aux mères des soldats déserteurs, à tous ceux qui sollicitent son intercession pour une cause ou une autre ?

Ayant passé une décennie dans l’Illinois dont le surnom officiel est « Pays de Lincoln » (Land of Lincoln), je suis sensible à la dynamique de la mythologie séculaire qui aurait inspiré le personnage même, de par son adhésion à la vision des pères fondateurs, à ses yeux infaillibles dans leur capacité à penser par anticipation le meilleur système pour assurer la survie du gouvernement par le peuple et pour le peuple qu’il ont voulu léguer à leurs descendants. Dans le panthéon de la démocratie américaine, il trône au meilleur endroit, en tant que sauveur de l’expérience ; c’est à dire, celui auquel la postérité doit la transmission du sceptre à ses successeurs, jusqu’au prochain qui prêtera serment le 20 janvier 2017. La lecture des textes de Lincoln reste un acte de bienfaisance personnelle pour toute personne qui s’y met. Même les prises de position les plus critiques sur ses pratiques ne peuvent ternir totalement son image ou le capital de sympathie extraordinaire dont il bénéficie de par le monde et depuis plus d’un siècle et demi.

Tout de même, il ne nous sert pas de déifier un homme aux capacités surnaturelles, mais plutôt de voir comment une personne normale (ou même moins) parmi ses contemporains a pu surmonter ses handicaps avérés ou supposés, en écoutant tout le monde pour pendre des décisions qu’il assume toujours jusqu’à la fin, sans reculade ou subterfuge. C’est ainsi un enchevêtrement de défauts et avantages perçus, mais peut-être aussi un grand voile sur le fond de son être, la trempe de son caractère.

Donc, il m’a fallu aussi plus de quinze ans d’éloignement des terres sur lesquelles l’imaginaire est si profondément imprégné de sa présence tutélaire – que l’on soit libéral, conservateur, anarchiste ou libertaire pour oser relire Lincoln en pensant aux questions qui se posent au Mali et à l’Afrique. Je crois qu’il ne faut surtout pas s’engager dans un exercice de comparaison qui n’a aucune chance de nous éclaircir les sentiers ténébreux, même en Amérique post-électorale. Je pense que l’intérêt – du moins pour moi – est plutôt le jeu entre la largesse de vue de celui qui croit en une abstraction universelle, transcendantale et l’étroitesse de la mission qu’il s’assigne : travailler chaque jour pour ne pas échouer face au défi, un échec que les meilleurs observateurs du moment ne peuvent que prévoir, même prédire. En s’improvisant chef de guerre, il va s’inspirer de modèles incongrus tirés de ses connaissances en philosophie, littérature, politique, mais surtout de la pratique quotidienne et du bon sens. On dirait aujourd’hui, faire feu de tout bois. Mais, au fond, la « vraie » politique ne peut être autrement. Et si elle se pratique en temps de déchirement existentiel, le bricolage, disons l’improvisation créative, sont la meilleure recette pour éviter de fâcher trop de gens et même réussir à charmer un nombre de plus en plus conséquent. C’est avec cette matière impure, ou moins profondément hétérogène, hybride et sujette à controverse que Lincoln forgera son destin personnel et celui de son peuple, en élevant les deux d’un cran après un autre.
26 décembre 2016

Mohomodou Houssouba

V. S. Naipaul, India: A Wounded Civilization (Knopf 1977)
Great Speeches: Abraham Lincoln (Dover 1991)

La Charte de Kurukan Fougan

Chers Malilinkers,
AMAROM présidée par notre ami malinker, Francis Simonis, vient de publier Le Roman vrai de Tabi. Francis m’en a parlé.

Un administrateur colonial au Pays des Dogons en 1920
Robert Arnaud ne faisait de cadeau à personne. Il posait un œil cassant sur tous, les dominants et les dominés. Il écrivait ce qu’il pensait, sans langue de bois.
https://www.maliweb.net/histoi re-politique/administrateur-co lonial-pays-dogons-1920-185228 2.html

Très cordialement
Françoise


Merci Françoise !

“Conscients que le prix de vente est beaucoup trop élevé pour qu’il y soit accessible, Francis et André cherchent actuellement un éditeur malien à qui ils donneront l’ensemble de leurs fichiers. Il n’aura plus qu’à imprimer l’ouvrage rapidement, et le vendre à un prix réduit, afin qu’il puisse être acheté par le plus grand nombre.”

Une posibilité serait “Editions les Cauris” ou “Jamana” sans connaitre exactement quels sont leurs contacts.

Peut-être quelqu’ un/e du forum peut prendre la relève, le relais pour pouvoir explorer le terrain d’ éditeurs au Mali.

Moi, je voudrais acheter le livre – aussi vite que possible ou bien attendre l’ éditeur malien ?

Bien cordialement
M. Diagayété


Un verre de thé à la menthe pour l’article. Francis Simonis a lui-même annoncé ici la nouvelle de ce livre ici il y a une dizaine de jours sous le titre de discussion “Un livre sur les Dogon, dix ans avant Griaule”. Je lui ai naturellement offert le verre de l’hospitalité et parcouru le site de son association dont il a fait la publicité. J’y avais noté avec surprise et curiosité son assertion que la Charte du Kouroukan Fouga << n'a aucune consistance historique et résulte d'une série de confusions et de manipulations >>. Il est resté silencieux. J’espère qu’il ne s’en tenait pas seulement à la publicité. Car on aime discuter avec les amis qui ont le courage d’échanger autour du thé à la menthe. Avec une pensée et une prière pour feu Youssouf Tata Cissé !

Diadié Alpha


Diadié,

Tu trouveras en pièce jointe l’article que Francis Simonis avait écrit au sujet de la charte l’an passé et qu’il avait bien voulu partager.

“J’affirme simplement, et je crois le démontrer, que la charte du Manden n’a aucun fondement historique et est une invention récente dont on peut suivre le processus de création à précision ….” – Pr. Francis Simonis

Stephane Bombote


On discute quand vous voulez, Alpha ! Et si j’ai le plus grand respect pour la mémoire de Youssouf Tata Cissé (j’étais présent à Bamako lors des cérémonies organisées par sa famille au moment de son décès), sur ce point précis, je n’étais pas d’accord avec lui, et je maintiens ma position.

Francis


Merci Francis pour cette disponibilité avec, en sus, un bon verre de thé à la menthe ! Noter que ce verre est autant pour son usage d’hospitalité que de prévenance contre la méfiance propre aux discussions en ligne (je l’essaie avec des résultats mitigés !). Je n’avais pas vu auparavant une réfutation de la narration autour de Kurukan Fuga par feu YT Cissé et d’autres, et j’étais curieux de connaitre l’argumentation utilisée. Vu la célébrité de cette narration et son intérêt pour beaucoup, y compris nombre de maliens qui en tirent fierté, j’ai pensé satisfaire ma curiosité en vous invitant à l’argumenter brièvement. Occasion manquée la première fois, mais offerte cette fois-ci, merci encore. A vrai dire je voulais surtout savoir si la réfutation était basée sur une commune critique de l’oralité ou sur quelque autre argument original. Un malilinker m’a fait suivre l’article idoine (discuté ici parait-il) que je me propose de lire. Evidemment je serais bien honoré de savoir cela directement de l’auteur que de sa lecture.

Diadié Alpha


En fait, je n’ai aucune prévention particulière contre l’oralité, puisque je consacre moi-même tout un cours à l’histoire de l’empire du Mali et du segu fanga à l’université d’Aix-Marseille. Mais dans le cas précis de la charte, il me semble avoir démontré dans mon article qu’il s’agit en fait d’une création contemporaine que l’on a projeté dans le passé. Le plus simple pour moi serait que vous réfutiez ceux de mes arguments qui ne vous sembleraient peu convaincants, et bien évidemment, je me défendrai !

Francis Simonis


Merci M. Simonis, pour votre intégrité intellectuelle. Je disais ici, il y a peut-être un an ou deux que la charte du kurukan fuga était une histoire à faire dormir debout et que j’y reviendrais quand j’aurai le temps.

Je pense même qu’il faut être d’une crédulité particulière ou manquer totalement de rigueur intellectuelle pour valider cette charte. L’ONU est une organisation politique et seul cela justifie sa reconnaissance du kurukan fuga et aussi des dits “mausolées de Tombouctou”.
Pour qui connait un minimum du fonctionnement de la mémoire humaine, accepter qu’après plusieurs siècles une charte ait persité dans les mémoires est simplement ridicule et ridiculisant. Si on peut encore accepter que l’évènement eût lieu, la persistance de ses édictions serait impossible, même si les personnes présentes avaient été prévenues par Dieu lui-même de leur importance.
C’est comme reciter dans 10 ou 100 ans le premier discours d’Amadou Haya Sanogo à la Nation, ou disons d’ATT quand il fut chuter GMT, pour être fair.

Sabu Nyuman


Bonjour Sabu Nyuman,
Bonjour à tous,
Toujours dans la dentelle et un tantinet irrespectueux pour d’autres thèses et conceptions; avec des termes et expressions dont on pourrait se passer dans un échange intellectuel sérieux : “histoire à dormir debout”, “crédulité particulière ou manque de rigueur intellectuelle”, “Pour qui connait un minimum du fonctionnement de la mémoire humaine… est simplement ridicule et ridiculisant”…
Des chercheurs, historiens, anthropologues… sérieux comme vous et Francis Simonis défendent d’autres thèses concernant kurukan fuga, tout aussi respectables comme le dit d’ailleurs Francis Simonis en parlant de feu Y.T. Cissé
Je crains que vos qualificatifs excessifs ne nuisent à la qualité des débats. Des arguments, des démonstrations, des preuves scientifiques, des fruits de recherches… Voilà ce dont a besoin je crois. Pas d’anathèmes. Des convictions, des opinions, oui; des certitudes absolus…
Pardon pour cette remarque.
Merci et bon courage à tous.

Issa Diawara


Je n’emploierais pas, en effet, le même vocabulaire que Sabu Nyuman. Je partage cependant une partie de son analyse. La charte est un texte à vocation politique qui a été reconnu par un organisme politique dans un but politique sans qu’il ne soit procédé à aucune analyse historique de la question. Le dossier qui a été monté par le gouvernement malien à l’époque ne comportait même pas le texte de la dite charte ! L’ONU a donc authentifié une charte sans même en avoir lu le texte qui est une création contemporaine. Pour tout cela, encore une fois, je ne peux que renvoyer à mon article disponible en ligne :

Bien cordialement,

Francis Simonis


Cher Francis, je viens relancer notre conversation autour du thé à la menthe que je pense assez attendue. Le temps a été ample mais peu productif d’opinions pertinentes. Même vous en tant qu’interpellé avez choisi l’inversion du « je vais me défendre » devant ma simple demande de résumer pour notre discussion votre désaccord de l’enregistrement à l’Unesco du Mande Kalikan ou la charte du Mandé à Kouroukan Fouga (KF). Je ne regrette pas d’avoir lu votre article ce weekend qui m’a révélé d’autres originalités n’ayant pas fait l’objet de publicité. Je me suis mis aujourd’hui à vous faire suite et elle été longue car elle m’a pris toute l’après-midi. À long article, cher Francis, et autant d’intentions, longue réponse. Pensez à m’en donner court la prochaine fois pour des échanges plus brefs.

Rassurez-vous je n’ai même pas à attaquer votre position qui reste une simple assertion devant un acte majeur homologué par la communauté internationale de la reconnaissance pour les peuples mandé d’une partie de leur histoire et de ses significations. Une mise au point cependant pour ne pas donner dans les commentaires hâtifs entendus, je dois saluer d’abord vos efforts de recherches sur un sujet et un pays qui n’attirent pas que des amis. Je maintiens toutes mes offres passées de thé au titre des amis du Mali dans la difficile passe où il se trouve actuellement. En attendant que la pierre que vous jetez ne roule assez pour émousser sinon éclabousser cet acquis d’historicité, cette homologation reste donc pour vous, au lieu de furtives postures de défenses, l’obstacle ardu pour relativiser voire censurer cet acquis qui rend aux africains un peu de leur histoire. Pour le moment, les griots peuvent encore dire « kulu ba non na gon de be ta ni segi na ».

Dans l’attente d’inverser ce cours, je dois aussi saluer la tradition universitaire qui vous fait pousser dans ses derniers retranchements toute ivraie historique pour en ressortir la blancheur historique. Mais cette pureté existe-t-elle en dehors de la volonté et diversité des peuples qui lui donnent sa signification ? Est-il suspect d’avoir une posture politique ? La posture politique enlève-t-elle la légitimité historique ? Je dis tranquillement non ! Et je dis que toute posture intellectuelle est d’abord politique. Les gravures rupestres, les tableaux des batailles napoléoniennes, les pyramides, le Taj Mahal, bref, nous pouvons en discuter si vous voulez.

Le vrai message de votre article me semble-t-il est implicite. Ce qui est explicite dans l’article concerne les contradictions entre griots, les querelles de chapelle guinéenne et malienne pour l’héritage mandé et l’impossible démocratie africaine. Or, les variations dans les déclamations des griots est une des conditions même de l’invariance du message et le gage de la fiabilité de la tradition orale. Aussi, les rivalités entre nations postcoloniales en partage du même peuple mandé est une création artificielle de qui l’on sait. Je disais donc que le message réel de votre article est implicite, comme suggéré par votre embarras de me dire brièvement votre position, et de ne lâcher que plus tard, dans la perception du portage de votre pensée par d’autres, que africains que seulement après dans la sécurité perçue.

La charte du Mandén-KF ne mérite pas l’Unesco dites-vous parce que ses sponsors avaient une motivation politique, parce que les témoignages des griots qui en étaient la fondation étaient contradictoires. En jouant Sosso Bala et Niagassola et Kouyaté contre Kita et Kéla, Dakadjalan et Kangaba et Diabaté, les valeurs essentielles portées par ces catégories sont trivialisées mais leurs manières de les convier sont montées en épingle. Ainsi, en fondamentalisant la contingence et l’accessoire, la signification profonde de la charte du Mandé-KF, ses acteurs, etc., est amoindrie et préparée à la mise au musée de l’histoire. Or, l’histoire de ces gens-là, est un musée vivant où la geste ancienne vient nourrir les vivants. Les griots de Niagassola ou de Kita en exécutant leur fonction ancestrale de livrer la vision du Mandé à leur société, y tirent comme hier de quoi améliorer leur existence précaire.

C’était la vision du Mandén de donner une sinécure à chacune de ses composantes sociales, contrairement à la société moderne actuelle qui n’en donne qu’à certains, quitte même à empêcher ceux qui n’en ont pas de s’exprimer, à plus forte raison de se libérer. Au nom de la bonne manière d’écrire l’histoire, l’historien vient les médire, éconduisant voire intimant à leurs jeunesses, au nom de la Science, de rester sous la gravité de ses lois, c’est-à-dire de rester passivement à la merci du destin qui leur a été imposé. A force de nous cajoler à maintenir nos pensées sur l’anodin des besoins de gagner leur vie par la parole, on nous endort à ne pas reconnaître le sublime de libérer l’homme des oppressions et des subdivisions. La trivialisation de son histoire ne viendra pas secourir du ridicule la tirade que l’Africain, en l’occurrence, l’homme mandé n’est pas suffisamment entré dans l’histoire.

Car voyez-vous, à trop tirer sur le relativisme culturel, soi-disant que nous sommes tous particuliers à notre manière, on assoit bien une idéologie libérale qui sous la couleur de liberté individuelle et de pluralisme démocratique s’accommode d’une société à deux ou plusieurs vitesses. Ce respect de la différence pourrait n’être qu’un alibi pour justifier les inégalités sociales en Europe et dans le reste du monde, une rupture entre un Nord repu qui s’amuserait ensuite des contes à dormir debout d’un Sud empêtré dans ses marasmes, comme le griot gardien des valeurs à l’instar du pape pour l’occident, diplomatise la parole primordiale dans sa quête de pitance, c’est-à-dire pour se moderniser. Ainsi nous dit-on, jamais le Mali ne s’était démocratisé que sous la pression des bailleurs de fonds quand il tentera « ka mara la segin so ». Vraiment ? Même pas au village ou à l’époque du Mandé de cette charte ? A ce rythme, toute tentative originale de démocratisation sera naturellement dévaluée car ses auteurs sont incapables et l’original occidental ne serait même plus exportable et les droits de l’homme seraient un luxe inaccessible aux trois-quarts de l’humanité !

La boucle est bouclée, le Mali ne pourra se prévaloir du principe fondateur du glorieux empire éponyme car des historiens en mission lui refuseraient de s’auréoler d’une ancienneté imaginaire. Pourtant le triangle Soundiata, Nana Triban et Soumaoro Kanté a scellé une bataille célèbre tout comme celui de Zeus, Héra et Poseidon, il est vrai à un inceste près ! La force de la parole reconnue à Cicéron, Danton, Napoléon, ou l’appel à la première croisade, pourra aussi être reconnue à ceux de Niagassola, de Kita ou de Kela ! Je n’ai même pas besoin de m’attarder sur les nonsenses concernant Y.T. Cissé, D.T. Niane et C.H. Kane (des trois, c’est ce dernier que je connais). Ai-je besoin de dire plus pour montrer l’impasse où mènent de telles analyses ?

C’est bien que l’ethnologie prône la diversité culturelle et nous faire respecter la culture des autres, mais en se focalisant sur ce qui nous différencie des autres elle évacue ce qui nous rapproche. Elle nous égare sur les fausses pistes de la reconnaissance et refuse le dialogue sur le terrain de l’universalité. Ainsi les Mandéinkas ne sont pas permis de puiser dans l’universalité de la charte du Mandén-KF et d’en faire bénéficier le monde car la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme s’en charge déjà ! Le décompte mesquin des défauts de ces africains revendicateurs montre une omnibulation avec la différence. Les frères ennemis de l’eurocentrime et l’afrocentrisme se renvoient la différence pour mieux se dissimuler les enjeux que recouvrent leurs rapports de forces. L’autre doit se considérer comme incapable et dominé « par nature » puisqu’ il a le tort de n’être pas né en occident. Le griot « dont la bouche est son champ » m’a rappelé Bourdieu et je dirais qu’il n’y a pas de lutte à propos de l’histoire qui n’ait aussi pour enjeu l’imposition de l’histoire d’une manière particulière de vivre !

Comme on en est aux contes, pourquoi ne pas évoquer ceux d’Amadou Koumba où « quand la mémoire va ramasser du bois mort, elle rapporte le fagot qu’il lui plait ». Non pas le bois mort de l’histoire des écrits figés. Mais le bois crépitant du feu des soirs de contes pour l’histoire. Dans un feu de bois, il faut se garder d’éteindre toutes les bûches qui fument. Chez les grands peuples comme dans la loi des grands nombres, les différents fagots de bois mort rapportés esquissent fatalement la tendance centrale des épopées et des gestes. Kouroukan Fuga ou Dakadialan ou ailleurs, peu importe ! D’abord, pourvu qu’ils soient tous au Mandé. Ensuite le lieu ne fait pas l’histoire mais les hommes en ce lieu. Les hommes du Mandén sont aussi des chasseurs dans ces lieux. La Charte du serment et le Serment de la charte, c’est du pareil au même et la boucle du Mandé est bouclée. Sorti de son contexte le témoignage oral se décompose et meurt comme le poisson hors de l’eau. Il ne faut donc pas déraciner l’oralité. Comme dans la triade homérienne, l’avenir prend racine dans la mémoire du passé. C’est un témoignage vivant qui nous vient du lointain d’un monde révolu transmis par des vivants et dits par des griots, tantôt avec ruse et truculence, tantôt avec gravité et verve, mais toujours dans l’humour et le sacrifice populaires. La connaissance du passé doit donner des raisons de vivre et de mieux vivre aujourd’hui et demain. Au son du balafon. Au goût du thé à la menthe. Nya ta yoro min na, nya bla yen.

Diadié Alpha


Dixit Diadié Alpha: “La connaissance du passé doit donner des raisons
de vivre et de mieux vivre aujourd’hui et demain.”, pour ma part,
n’étant pas un historien, je me fie à la thèse de Francis Simonis
validée par Sabu Niyuman, relativement à la Charte du Mandé KF.

En effet, en enregistrant la Charte du Mandé KF et les Mausolées de
Tombouctou dans le Patrimoine mémoriel mondial immatériel pour le
premier et mémoriel matériel pour le second, l’Unesco n’avait pas
procédé aux recherches historiques pour renseigner la “fiche
technique” (La connaissance du passé) comme elle vient de le faire, en
ignorant, superbement, l’histoire de Jérusalem dont elle enregistre la
Mosquée d’Omar-Al Aqsa pour le compte de la Palestine au détriment
d’Israël qui revendique, à juste titre historique (La connaissance du
Passé!), le Mont des Oliviers sur lequel trône les vestiges du Temple
de David et de Salomon dont il ne reste plus que le Mur des
Lamentations qui supporte les fondations de la Mosquée d’Omar-Al Aqsa
– reconnue, de moins humble point de vue, fâcheusement – patrimoine
mémoriel matériel de la Palestine qui n’est reconnue que par l’Unesco
alors qu’Israël est est reconnu par les Nations Unies qui l’avaient
créé en 1945.

Moralité: autre lieu, autre histoire!

Sincèrement,

Mohamed AG HAMATY


Cher Ag Hamaty,

Si vous permettez, il me semble qu’il ne faut pas confondre 2 choses :
1. la démarche de l’Unesco mise en cause par Francis ( par ailleurs discutable)
2. le caractère historique de KF et la prise en compte d’autres sources, notamment orales pour l’écriture ou la réécriture de l’histoire.
Les deux sont sans douté liés, mais ne peuvent être confondus et doivent être dissociés pour une meilleure compréhension des choses.
telle est ma compréhension des choses.
Cordialement

Issa Diawara


Bonjour,

Ce n’est pas trop tard de réunir, tous les protagonistes relatifs à la Charte du Mandé KF, dans le cadre d’un symposium pendant que beaucoup soient encore en vie. Apporter des arguments pour ou contre le caractère contemporain ou historique de ladite charte reste un devoir de chercheurs, d’historiens devant user de tous les approches et moyens objectifs pour faire établir la “vérité” .

Bon courage

Adama Mariko


Je vois que tu restes “sélectif” – et c’est ton bon droit! – sur la
démarche de l’Unesco sur la Charte du KF mise en cause –
historiquement – par Francis Simonis (et Sabu Niyuman) , position
d’un enseignant-chercheur- historien que tu juges “par ailleurs
discutable”.

Je déplore que tu n’aies pas jugé “par ailleurs discutable” la façon
dont l’Unesco vient de classer la Mosquée d’Omar pour le compte de la
Palestine – inexistante juridiquement, au regard des bons principes
qui fondent un Etat constitué – au détriment d’Israël – Etat reconnu
membre des Nations Unies – dont le Mont des Oliviers est reconnu,
depuis 3000 ans, comme étant le lieu de la symbolique historique
mémorielle des Juifs – c’est écrit sur des papyrus, sur des peaux et
sur des pierres bien conservés – dont les Rois David et Salomon
avaient érigé le Temple détruit, d’abord par les Chrétiens Croisés
venus de l’Europe des Papes romains et, ensuite les Arabes jihadistes,
Conquérants Colons venus du Désert Arabique de Hajaz, du côté de
Médine et de la Mecque.

En tout état de cause, dans les faits historiques majeurs, il ne doit
pas y avoir le “deux poids, deux mesures”, il faut dire la vérité
historique, rien que la vérité historique écrite de mémoire d’homme et
non relatée oralement et colportée par des contes et légendes des
grand’mères bons pour endormir les enfants.

Sincèrement,

Mohamed AG HAMATY


Je crois que je ne me fais pas bien comprendre. Toutes mes excuses.
Il ne s’agit pas pour moi de me prononcer sur la démarche de l’Unesco pour prendre telle ou telle décision de classement ou de classification d’œuvres, de monuments… Je dis que cela est un débat à part. Et là-dessus je dis aussi que les débats sont ouverts avec des arguments recevables (certains de ceux qu’avance par exemple Francis) et d’autres discutables. C’est la prudence et l’incertitude du chercheur qui m’imposent cela. Par ailleurs, je n’ai pas les éléments pour juger “la façon dont l’Unesco vient de classer la Mosquée d’Omar pour le compte de la Palestine”. C’est pour cela que je n’en dis rien. Et non par “esprit sélectif”. Mais ce débat ne doit pas “cannibaliser” celui concernant la prise en compte d’autres sources par les chercheurs, les historiens. C’est peut-être une déformation professionnelle. M’occupant d’une formation d’archivistes, je me suis rendu compte de l’importance des archives orales et parallèlement (corolairement ?!!!)de leur négligence ou mépris “coupable” par certains chercheurs.
Je n’oppose rien à rien. Je plaide simplement une cause : celle de la revalorisation de l’oral, de son rôle très important surtout dans les “sociétés sans écriture”.
Franchement la démarche et les décisions de l’Unesco relèvent d’un autre débat. Même si les 2 débats ne sont pas antinomiques.
En espérant avoir été un peu plus clair cette fois-ci.
Cordialement.

Issa Diawara


Voilà ce que moi j’ avais envoyé, comme mon feedback à l’ article du Prof.Simonis (fichier). Je prends position sur chaque chapitre, pour conclure:

Ma conclusion

“La charte du Mandé” comme adoptée par l’ UNESCO est un serment des chasseurs, une association professionnelle qui a ses règles éthiques comme d’ autres de part le monde. J’ ai cité le serment de Hyppocrates pour le médecins. Il y en a d’ autres qui sont constituées en statuts d’ associations professionnelles, termes plus modernes et non suspects.

Les griots existent et chacun sait ce qu’ ils sont. Voir aussi le 5ème chapitre avec le réflexions de professeurs Simonis que je partage.

En tout état de cause, il vaut mieux adopter, comme patrimoine culturel universel, les statuts d’ une association professionnelle que des déclamations de griots, autrement dits de flatteurs, sachant bien que “tout flatteur vit au dépens de celui qui l’ écoute” et flatte celui qui l’ écoute.

D’ ailleurs si Prof. Simonis suspecte les Kouyaté de vouloir dominer les autres, alors il devrait conséquemment favoriser le serment de l’ association professionnelle des chasseurs érigé en “Charte du Mandé”.

Que le lieu de la déclaration soit plutôt à Dakadjalan (Y T Cissé), première capitale du Mandé et non à Kouroukan Fougan (Tamsir Niane et Siriman Kouyaté), oui, est une question que l’ UNESCO aurait dû étudiée de près. C’ est pour moi le seul argent valable de Prof. Simonis quand il doute du titre qui inclut “Kouroukan Fougan”

Faisons un compromis: Dakadjalan était la première capitale du Mandé, puis ce fut Niani plus connue; la grande rencontre à la suite de la victoire de Soundiata fut à Kouroukan Fougan. Faisons

l’ honneur à la première capitale, dans le sens du caractère fédératif de l’ Empire du Mali …

M. Diagayété (Malobbo)


Bonsoir, tous.

Je me permets, encore une fois quelques mensonges qui peuvent prêter à sourire sur le sujet très pertinent de Kurukanfuga avec la Charte du Mandé.

La première fois, c’était à la faveur du colloque international sur l’Empire du Mali, au Centre islamique de Hamdallaye, en 1992, peu avant l’élection du président Alpha Oumar KONARE à la tête de notre pays. Son épouse, Mme Adame BA KONARE, a participé à ce colloque en sa qualité d’historienne et spécialiste de renom de cette époque.

Pour ce qui me concerne, j’y étais à double titre : ma passion pour les traditions de mon pays et, surtout, le reportage pour le compte d’un journal/mensuel d’analyse et d’informations générales, YEREWOLO, dont j’étais à la fois le Directeur de publication et le rédacteur en chef. Pour la petite histoire, je suis le premier journaliste-reporter à faire cas de l’alphabet N’Ko dans la presse malienne, que je venais de découvrir moi-même.

Cependant, à l’école supérieure, mon professeur de linguistique (M. Abdoul Wahab TOURE) nous avait parlé d’un alphabet malien, MASABA, inventé par un certain Woyi COULIBALY, un Massasi du Kaarta (dans le cercle de Nioro du Sahel), peu avant la colonisation française. Mais, son usage était resté restreint, parce que réservé à quelques initiés.

C’est à cette occasion que j’ai également appris que le premier colloque international sur l’Empire du Mali avait été organisé en…Israël.

Un autre fait a beaucoup retenu mon attention : une Américaine a présenté une communication sur « la sensibilité féminine dans la société malinké », sans parler la langue malinké, ni avoir jamais séjourné auparavant dans aucun pays malinké, simplement à partir de « la littérature » d’auteurs malinké comme Amadou KOUROUMA.

Pour revenir au sujet, plusieurs documents écrits en N’Ko (grammaire, botanique, sociologie, théologie, etc.) étaient exposés dans la cour du Centre islamique, dont un qui portait sur la Charte de Kurukanfuga ou la Charte du Mandé, dont l’auteur n’est autre que l’inventeur dudit alphabet, feu Souleymane KANTE.

Ce jour-là, les exposants nous ont fait savoir que Karamoko Souleymane KANTE a écrit une centaine de livres, dont un dictionnaire contenant 34 mille mots dont on peut mesurer le travail titanesque si l’on sait, par ailleurs, que le premier dictionnaire du français était riche seulement de 7 à 8 mille mots.

Cependant, le Savant est considéré dans le milieu universitaire français, spécialiste du Mali, comme quelqu’un qui prenait pour un « illuminé », sans doute avec ironie.

La seconde fois que j’ai entendu parler de la Charte de Kurukanfuga ou Charte du Mandé, c’était à la suite d’une visite à deux amis médecins (Moussa Mintou KONE et Bakari Moumine DEMBELE) que j’ai effectuée, en 1997, à Kangaba, où j’ai eu l’honneur et le privilège, en compagnie du Dr DEMBELE, de rencontrer feu Kéla Balla DIABATE, à l’époque Patriarche du maudit clan DIABATE et chef des griots du Mandé. Il m’a entretenu sur le peuplement du Mandé et la migration des populations, singulièrement celle des Dogon qui continuaient, selon lui, à venir s’approvisionner en semences au Mandé pendant plusieurs décennies avant d’en constituer pour eux-mêmes.

Après Kéla, j’ai accompagné le Dr KONE à Baraza, le village où repose Tiramagan, le plus grand païen de tous les temps du Mandé et le guerrier le plus poltron de l’Armée de Sunjata, avant de faire un tour sur le site de Kurukanfuga avec un guide qui nous a expliqué l’importance de cette place dans la grande Histoire du Mandé.

Car, nous a-t-il confié, c’est ici qu’a été proclamée la fameuse Charte du Mandé ou la Charte éponyme de Kurukanfuga.

L’Almamy Samory TOURE y est également passé, nous a-t-il révélé en nous montrant une petite élévation monolithique sous forme d’escabeau où se serait assis l’Imam guerrier en face de son interlocuteur du Mandé.

Ma conclusion, c’est que si une version de la Charte de Kurukanfuga ou du Mandé existe effectivement en N’Ko sous la plume de Souleymane KANTE qui est décédé plusieurs décennies avant le débat maliano-guinéen sur la paternité de ladite Charte, c’est que la thèse de notre ami Francis mérite un bémol, celle qui lie la « défense et illustration de la Charte du Mandé » à une propagande politique via l’ONU/UNESCO, « sans aucun fondement historique » ou sociologique.

Comme quoi, c’est encore raté pour l’Afrique de vouloir renter dans l’Histoire par la grande porte de la Charte du Mandé, en voulant surtout rivaliser avec la Magna Carta ou renvoyer la grande Déclaration universelle des droits de l’Homme au rang de “lampion droit-de-l’hommiste”.

J’avoue, dans le sillage de Dadié, que c’est « très subtil ».

Sarko avait déjà apprécié en prenant son verre de thé à la menthe sur la Terranga…

SOD


Témoignage bien instructif et riche que celui de Sod. Ceux qui se chargent de définer pour elle l’Afrique et lui assigner une histoire viennent d’un long chemin. Il fut un temps où on ne reconnaissait aucune dynamique interne à l’Afrique et la notion même d’histoire serait étrangère à sa mentalité. Puis on ne nia plus l’existence de l’histoire africaine, mais sa vitalité lui vient de l’extéreiur, par examples des hamites, des juifs, phéniciens, arabes et autres libyens, etc. Enfin, les plus accommodants admettent une histoire africaine mais on ne la connait pas et ne la connaitrions-nous certainement jamais à cause de la rareté ou la prétendue absence de documents écrits. Ce dernier lot est le commun de nombre d’amis contemporains de l’Afrique. Donc, pas de documents, pas d’histoire africaine ! Mais, l’Afrique n’est pas sans écriture comme on le généralise trop hâtivement… En attendant peut-être d’en parler une autre fois, y compris manuscrits de Tombouctou et autres Djenné Djéno, notons au passage que c’est suite à une insulte sur les langues africaines que Souleymane Kanté dit Solomana a décidé de créer le Nko. Notons aussi que tels historiens le moquent parce que son oeuvre ne fut jamais traduit en français pour établir ‘sa’ science… Apparemment Sarko, comme le nomme Sod, n’a pas fini d’apprendre le bon usage de la prise du thé à la menthe sur la Téranga : Se fiant trop aux sources écrites et trop peu à leurs écueils, il a décidé d’écrire pour l’histoire un livre “La France pour la vie” où il évoque la campagne “violente” entre George Bush et Barack Obama…. Barack a succédé à George mais une campagne n’a jamais eu lieu entre eux, comme l’a souligné à la France et au monde Mathieu Foulkes un journaliste politique de l’Afp. Comme quoi il ne faut pas se précipiter pour dire les autres, il faut les embrasser et boire amicalement le thé à la menthe. Merci encore à Sod et bonne santé au nouveau membre de la famille !

Diadié Alpha


Le Doyen Amadou Seydou TRAORE dit Amadou Djicoroni n’est plus!

Chers tous,
Le Mali vient de perdre (Ce jour vers 11 heures au point G) un autre de ses valeureux et dignes fils à la personne de Amadou Seydou TRAORE dit Amadou Djicoroni.
Le premier bibliothécaire public de la République du Mali , l’enseignent, le chercheur et l’éducateur que fut l’homme, a pleinement accompli sa mission d’éveil des consciences et de garde fou contre les falsifications avouées et inavouées de l’histoire du Mali.
Véritable gardien des idéaux et valeurs qui ont conduit à la création de l’US RDA et la naissance de la République du Mali, Panafricaniste engagé, défenseur du socialisme à la Malienne, homme de culture et humaniste condensant les valeurs du “MAYA” , Amadou Djicoroni est sans nul doute l’une des rares icônes de la pensée politique , sociologique et culturelle des temps modernes que le Mali, l’Afrique et le monde vient de perdre.
Ma mémoire égrène encore les derniers échanges que j’ai eu avec lui il y a juste quelques jours , échanges au cour desquels il m’a exhibé le pantalon qu’il as porté pendant une dizaine d’années dans une prison à Kidal….
La voie du combat pour la justice sociale, l’instauration de la vrai république et de la vraie démocratie que tu as tracé restera notre chemin à suivre.
Dors en paix camarade !
Mission pleinement accomplie pour toi, départ sans retour ici bas honorable aussi pour toi. C’est l’essentiel!
Bien à vous

Fabou KANTE


Dieu est grand. C’est une grande perte pour le Mali. Que Allah l’accueille dans son paradis.

Voici quelques photos que j’avais pris lors de notre rencontre en Juillet.

Amadou Wane

  • Amadou Seydou Traore

Bonsoir Excellence

Merci d’avance pour le partage Excellence.

Il y a un an, je me suis fait dédicacé son gros livre (1034 pages) sur les discours et interventions du President Modibo KEITA, Edution du centenaire de la naissance du President (4 juin 1915).

Je n’ai pas fini de le lire encore.

Je serai tout heureux de mieux connaitre l’homme. Dommage que ce soit si tard.

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Oui mon ami Talatou, Amadou Seydou Traore, alias Amadou Djicoroni, Amadou PAI(Parti africain pour l independce),….. vient de s en aller pour un voyage eternel et sans retour.

Ce grand, et l avant dernier du Bureau Politique Du Grand US RDA, l eleve de Konate, l amoureux de Madeira, l instructreur de Dramane Dembele de la prison de Kidal, le battant contre l accord du desaccord, ….vient de finir sa mission, d ailleurs pleinement remplie.

Mes condoleances les plus sinceres et les plus etendues, qui n ont de limites que ses merites, a toute sa famille et a tous ceux qui l ont connu de pres ou de loin.

Veuillez donc passer le Message au Lieutenant Moussa Traore, que son prisonnier politique, celui la meme qu il a envoye a kidal pour vivre dans des conditions plus que barbares et sauvages lui a devance pour ce voyage de la verite absolue et eternnelle que chacun de nous empruntera un jour.

Veuillez dire du restant des sous officiers de 68( moussa traore, youssouf traore, missa kone) que la personne qu ils ont maltraitee est partie pour ne plus revenir.

Cher Doyen, vous aviez eu raison de partir avant que le pays pour le quel vous vous etes tjrs ne commence sa partition, comme programmee par le torchon d accord d alger…

Sidy Danioko


Sidy,

Tu as raison. Pour quelqu’un de son age j’ étais très impressionné par sa connaissance des outils informatiques.

Il aimait toujours apprendre de nouvelles choses et partager sa connaissance avec la jeunesse.

Amadou Wane


Une bonne référence pour les Patriotes s’en est allée! Repose en paix Combattant!
Ses funérailles sont prévues mardi 6 septembre ã 16 H, chez lui, près du siège du Parena
PPR


Chers tous,
Les mots ne suffiront certainement pas pour qualifier le parcours du combattant que fut Amadou Djikoroni. Il me vient encore l’esprit les mots d’encouragement et les bénédictions dont a bénéficié le groupuscle que dirigeait feu Dialla Konaté (que la terre lui soit légère, amen!). Ce groupuscule était allé lui demander conseil la meilleure conduite à tenir face à la situation de chaos qui prévalait aux heures chaudes du coup d’état d’Amadou Aya.

Il n’est pas exagéré de dire qu’avec la mort de l’homme disparait l’un des valeureux fils du Mali contemporain. L’exemple de son courage politique et son crédo à défendre la dignité du Mali et des maliens sont parmi tant d’autres de ses valeurs que la génération actuelle doit suivre et cultiver.

Dors en paix cher Doyen. Amen

Abdoulaye Dabo


Ainsi Amadou Seydou Traoré dit Amadou Djicoroni, nous a-t-il dit à plusieurs reprises qu’en aucun cas il ne fallait qu’on accepte qu’il soit decoré à titre posthume, puisque, vivant, il ne l’avait jamais accepté. Et il nous confié la mission d’informer qui de droit qu’il ne souhaite aucune cérémonie de clairon.
Aussi vous prions-nous, Monsieur le President de la République de bien vouloir accepter de respecter cette volonté de votre père, de votre tonton Amadou Djicoroni, ce dont nous vous serions infinement reconnaissant. Respecter sa volonté serait lui rendre un service sans limite.

KEBE TAMAGUIDÉ


Abdoul Niang
Nous prions le président IBK de respecter la mémoire de Camarade Amadou Djikoroni en nel’importunant pas avec des décorations peu sincères à ses funérailles conformément à ses voeux et consignes fermes laissés à sa famille et proches. Toute réfraction à cette consigne sera regrettable. Nous ne laisserons personne insulter la mémoire de ce vieillard respectable.

Sidy Danioko


Reactions de Sidy Danioko:

Je demandais un boycott de la presence du president et de n importe quel membre du gouvernement. Car, nous avions tous vu ici comment ce regime et les valets du pouvoir ont traite le Doyen Amadou avaient traite Amadou quand il demontrait scientifiquement comment l accord du desaccord serait entraine la partition du pays.

Nous avions tout vu et tout entendu. Les faits sont et tetus. Et Aujourdhui, ce sont ces memes gens qui jouent a la demagogie et au mensonge.

Le Doyen Amadou ne s est jamais senti respecte par ce regime de demagogies.

Architecte d une reoubluque de demagogies, le President IBK pretend agir comme si Amadou repesentait qq chose pour lui. Saurait ete le cas, il allait juste demander les conseils de ce grand commaisseur du Mali avant d engager le pays dont il s est mis nu pour, dans une negotiation d un accord suicidaire. Par contre, ils l ont reduit au Neant!!!!

Aujourdhui, nous les voyons dans la meme demagogie

Sidy Danioko


Chers tous, assez absent ces derniers temps pour cause de voyages et manque de temps, le devoir m’interpelle cependant, une fois n’est pas coutume, en cette triste occasion du décès et de l’enterrement du doyen et bienveillant Amadou Djikoroni. Un illustre et digne fils du Mali et de l’Afrique s’en est allé, cela va sans dire… Il y a quelques semaines cet août, il m’a fait l’honneur d’un généreux entretien tout l’après midi à discuter des dérives de notre pays. Nous parlions essentiellement de deux choses. D’abord nous déplorions la confusion dans la classe politique où des politiciens s’illusionnent et trompent en se proposant comme chefs alors que les problèmes du pays exigent non des individus, encore moins auto-proclamés, mais des actions collectives où les gens dans leur sagesse se choisissent les chefs de leurs conditions et de de leurs souffrances. En effet, que peut une personne sans les gens? Et que ne peuvent les gens avec leur libre choix? Le regretté doyen et moi convenions ensuite que c’est par l’action politique saine où les gens se constituent et militent en masse à se battre et à s’éduquer qu’émergeront des leaders capables de guider et non la situation actuelle où ceux qui volent et détournent les biens publics s’engagent en politique pour blanchir leur butin et s’immuniser des poursuites. Evidemment il y a foule de gens y compris honnêtes ne demandant qu’à se légitimer dans la défense des intérêts de leurs concitoyens. Le salut du Mali aux prochaines élections et au delà viendra de l’action de ces dignes filles et fils dont l’un des plus illustres et plus dignes vient de nous quitter. Je ne résiste pas à citer une formule toute d’essence Amadou Dikoroni: <>. Je lui ai demandé d’ajouter à cette mission de faire se joindre jeunes et moins jeunes pour sauver et bâtir la patrie. Il m’en a cité quelques uns que je me ferai le devoir de joindre en privé dès aperçus ou dès que possible. Je finis cette petite note du devoir sur les propos de ma dernière conversation avec lui il y a seulement quelques jours où il me disait ses efforts récents pour consolider sa santé. Nous dévisions aussi sur l’éclatement de la fédération du Mali avec des informations inédites glanées lors de son récent séjour français et qu’il promettait de m’envoyer par email. J’ai compris qu’il se préparait à s’en aller car je n’avais pas reçu sa prompte réponse habituelle. Un rare example de courage. Dors en paix doyen bien aimé car ton combat est porté par des millions.

Diadié Alpha


Honte à tous ceux qui de près ou de loin ont manigancé cette honteuse décoration, de cérémonie de clairon, le refus de faire mes adieux au nom de l’ensemble de nos camarades et amis sincère comme prévu sur la dépouille de notre maître Amadou Djicoroni.

Ils ont refusé nos hommages au profit de celui d’un parti que notre maître n’a jamais reconnu comme la continuité de l’US-RDA.

HONTE À VOUS TOUS !

Les gens qui ont détesté notre maître Amadou Djicoroni vivant n’ont aucune raison de le décorer mort.

Enfin, cette décoration apporte quoi ???

Nous allons défendre la mémoire de notre maître sans tergiversation. Car nous continuons ses efforts. Tout le monde le sait, c’est la mort qui pouvait l’arrêter.

KEBE TAMAGUIDÉ.


Sommaire des Problemes du Mali


Cette video donne des larmes aux yeux. Je ne sais plus où on va.

Si seulement IBK et chaque ministre pouvaient entendre ce cri avant qu’il ne soit trop tard.

Amadou Wane


C’est véridique et émouvant. Mais ils n’ entendrons pas.

Et ça risque d’ être trop tard, soit pour eux ( plus souhaitable) ou soit trop tard pour la Mali (Que le bon Dieu nous en prévienne).

Chouaibou l’ a dit, combien le danger est grand parce que les populations se sentent abandonnées, mais ne veulent plus subir l’ injustice qui a tjrs caractérisė “les résolutions” des rébellions.

M. Diagayété


On comprend la frustration du monsieur dans la vidéo et il voit juste quand il dit que le pays ne semble pas être en guerre, en tout cas pas Bamako. Mais les Haïdara n’ont pas et ne devraient pas avoir de contrôle sur l’ORTM ou la direction du pays. Nous ne sommes pas encore en théocratie. Il faut tenir le gouvernement responsable et peut-être courir dans l’autre sens, en s’eloignant des mollah!

Sabu Nyuman


Il y a aussi un aspect important soulevé. C’est l’aspect culturel en ce qu’il a de “holistic” entre la philosophie et le vécu personnel.
Il y a un fossé énorme entre la perception qu’on les maliens d’eux même et ce qu’ils sont en réalité de par leur comportement au quotidien.
Je crois que c’est en cela que cette vidéo est d’un grand apport pour comprendre la cassure culturelle du Mali.
Ce n’est pas par la gouvernance seulement que nous avons perdu la Mali. C’est aussi par la culture que nous l’avons perdu. Je dis bien perdu parce que nous l’avons pas échangé en autre chose. Il n’y a rien d’émergent sinon une perte totale de repères. C’est je crois ce que dit la vidéo et je suis de cet avis.
Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


Panafricanisme?

20160809-Aliko

Que fait UA pendant ce temps?
This is where the rubber meets the road. Empty rhetoric won’t do.

Amadou O. Wane


This is half-truth.

C’est vrai que le détenteur d’un passeport américain (le 4ème passeport le plus accepté au monde) a accès à plus de pays africains qu’un nigérian (29 pays contre 27), cela dit l’américain a tout de même besoin de plus de visas sur le continent : Dangote peut se promener dans 17 pays sans visa (cela inclut le sien) alors qu’un américain ne peut faire cela que dans 11 pays.

Stephane Bombote


In practice I will say visa on arrival is almost like no visa.

Amadou O. Wane


Stéphane,
Il ne faut pas oublier que ce sont les perceptions qui comptent.
Il faut peut être trois fois plus d’énergie pour obtenir un visa de Lagos (pour un Nigerian) que de Washington pour un américain.
Il n’y a pas longtemps nous avons vécu avec Fatoumata Harber ses tribulations pour avoir un visa pour la Tanzanie!
Dangote a mille fois raison.
Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


Arrivé des USA, un ami ayant la double nationalité avait voulu un jour ouvrir une start-up à Dakar. On lui a demandé de prouver qu’il était sénégalais. Il lui fallait mettre à jour ses papiers mais cela prenait beaucoup trop de temps à ses yeux, habitué qu’il était aux normes administratives américaines. Fatigué de se rendre à droite et à gauche et d’attendre l’achèvement de telle ou telle procédure bureaucratique, il a finalement dit qu’il était américain et présenta son passeport. On lui déroula alors le tapis rouge et en quelques jours la start-up était enregistrée !

Ndack


Lol Sidy. C’est pourquoi, dorénavant, quand l’on me dit: « Il faut rentrer avec tes diplômes pour aider nos pays ! », je réponds: « Mes diplômes ne peuvent pas aider nos pays: nos problèmes ne sont pas d’ordre économique ! ».

Sabu avait écrit un texte là-dessus sur le forum, intitulé “Mentalité de colons”. Le titre dit tout.

Ndack


En tous les cas, le complexe est l une des pires prisons. Cet emprisonnement de l africain est a tous les niveaux.

Par exple, une compatriote malienne me dit un jour qu elle venait juste de rencontrer un ministre d ATT dans une famille a NY. Pendant qu elle etait avec eux, Tv5 diffusa une reaction d” Edouard Balladur sur sur TV5. Content comme s il venait de ramasser un kilo d or par terre, le ministre malien sauta en criant le nom de Balladur. Innocente qu elle soit en politique, la pauvre dame demanda, qui Balladur etait? Le ministre repondit, oooh wooow, tu ne connais pas Balladur? La pauvre repondit “non pas du tout”. Le ministre lanca “ces gens la sont les grands du monde. Et pourtant, il y a un costume qui porte son nom”.

A la sortie, elle me narra le scenario au telephone. Comme tu peux l imaginer, j etais sans mots. Le coeur plein d eau, je demande a ma compatriote s il elle pensait que ce ministre allait gagner face a Balladur s ils arrivaient a tous les deux a defendre les interets de leur pays. Sans finir, la pauvre dame me coupa la parole avec “fo ka djien wili”.

Bref, les complexes sont partout et a tous les niveaux chez nous.

Sidy Danioko


Pour les Amateurs du Karaté

Diaspora africaine aux USA/AMADOU NIANG (MAITRE DU SHOTOKAN:Un ambassadeur qui se distingue dans la communauté malienne – L’Impartial – Notre Credo, La Neutralité

http://goo.gl/PnV7fR


Houusss SENSEI,
Ça fait plaisir de découvrir les talents des frères et sœurs dans les différents domaines de la vie.

Le Style KARATE ( Shotokan- Wado-ryu- Gojo-Ryu et Shito-Ryu) est organisé et géré au Mali par la Fédération Malienne de KARATE et disciplines affiliées (FEMAKA). Cette fédération compte à son sein aujourd’hui , en plus du SHOTOKAN styles JKA et SKI , des styles comme le Shiron Ji Ryu le Samboudo-KI KAI etc.

Comme dans presque toutes les associations Maliennes, la défense des intérêts personnels et partisans, associée à la quête des privilèges, ont complètement “Foutu” le karaté Malien. la Fédération est prise en otage par un groupuscule qui s’est octroyé tous les privilèges et qui les octroie aussi à ceux qui qui les soutiennent dans leurs œuvres et manœuvres. Les passages de grades sont organisés pour remplir les caisses et les poches des instructeurs, les bons techniciens sont exclus de la direction technique au profit des médiocres, les grades de complaisance sont octroyés par ci par là pendant que la qualité de la formation est nauséabonde.

Il y a très peu de compétitions au niveau national et rarement de participation à celles internationales. les quelques fois que la fédération envoi des athlètes se battre à l’extérieur (KATA-KUMITE) , ses derniers reviennent généralement bredouilles et même souvent humiliés à quelques exceptions près.

En 1998 , ceux qui voulaient combattre ses faits suscités et qui voulaient mettre l’accent sur le travail comme seul gage de progression dans le KARATE, ont crée une association au sein de laquelle ils se sont regroupés: l’Association Malienne de SHOTOKAN KARATE-DO (AMSHOKA) dont je fus d’ailleurs le tout premier Secrétaire Général pendant que j’étais encore étudiant..En 2 ans seulement après notre création, nous avons vraiment démontré nos preuves. Des compétions communales et nationales, des stages internationales animés par des experts internationaux venus d’Afrique, D’Europe et du Canada, suivis par des passages de grades etc vraiment c’étaient simplement formidable . Mais comme au Mali, la plupart des bonnes initiatives finissent aussi par échouer pour des questions personnelles, l’AMSHOKA , elle aussi est devenue ce qu’elle est après….

Cependant, malgré tout, elle demeure jusqu’ici la structure au sein de laquelle se trouvent les meilleurs karatékas en terme d’expertise et de capacité techniques aux normes internationales….Bref, c’était juste pour te raconter un peu l’état des lieux de ton sport dans ton pays pendant que tu faits des émules à l’extérieur.
REY
Fabou


Bonjour Diaoune et Sensei Kante,

en effet, Fabou parle d’un probleme assez serieux qui freine la marche du karate et de beaucoup d’autres disciplines sportives au Mali. Je suis tres bien impregne de ce probleme.

Fabou, les divisions et conflits de personalite et d’interet dont tu parles ont cause beaucoup de degats au karate malien bien avant l’avenement de l’ AMSHOKA. Les tensions existaient depuis le temps de maitre Bagayoko, un pionnier du karate malien (paix a son ame), qui fut d’ailleurs mon premier maitre au Stade Omnisport. C’etait a mon retour d’une premiere formation professionelle de quatre ans que j’avais repris le karate sous le tutelage de maitre Abdoul Wahab Traore (Bob), un autre pionnier du karate malien. A l’epoque maitre Bagayoko n’enseignait plus au Stade (je l’avais cherche sans succes). c’etait beaucoup plus tard que j’avais su que son dojo etait desormais situe au grand marche de Bamako. Meme la, il s’y faisait tres rare.

Certains de ses eleves (mes aines) y enseignaient. Il y avait deja une tres grande tension entre le “camp Bagayoko” et le “camp Bob.” Moi j’etais tres incomfortablement pris dans cet engrenage puisque j’etais eleve des deux camps par la force du hasard. J’avais beaucoup de respect et continue d’avoir du respect pour mes deux maitres qui avaient malheureusement entretenu une competition malsaine. La campagne de denigrement mutuel qui s’etait installe entre ces deux pionniers est la meme campagne qui continue d’alimenter la division aujourd’hui.

L’AMSHOKA, a travers son promoteur et premier president, maitre Diakite, se reclame de l’ heritage de maitre Bagayoko puisque Diakite, comme moi, et beaucoup d’autres parmi les premiers responsables de son organisation furent de pres ou de loin associes a l’illustre maitre Bagayoko. je suis certains que des jeunes karatekas maliens qui ne savent rien de cette histoire continuent cette meme querelle de clocher simplement parcequ’ils s’y font l’echo sans comprendre ce qui se passe. Ceci est au detriment du karate malien parceque si nos karatekas etaient unis autour d’un meme objectif, notre karate pourrait se hisser tres haut.

L’ union du karate malien est tres facile puisque les deux poles sur lesquels la division est fondee ne sont pas aussi differents que certains acteurs veulent nous le faire croire. Maitre Bagayoko etait un technicien incontestable qui a laisse son empreinte sur le karate malien, n’en deplaisent a ses detracteurs. Les produits de son enseignements, comme Bakaridjan qui avait brille par son talent au Canada, et autres maitres au Mali et a travers le monde sont la pour l’attester.

Aussi, on peut ne pas aimer maitre Bob, mais personne ne peux lui nier le role tres important qu’il a joue dans la promotion du shotokan au Mali. L’homme est reste dans les tranchees pendant plus de 50 ans deja. Il a forme des centaines de ceintures noires qui ont fait leurs preuves tant au niveau national qu’au niveau international. Peut-on raisonnablement continuer a lui nier sa connaissance du karate? Qu’il ait “cherche a passer sa ceinture noire sous Bagayoko sans succes” n’y ferait aucune difference meme si cela s’averait.

je pense que le karate malien gagnerait a se ressaisir. Les jeunes ne peuvent pas continuer a denigrer et manquer de respect aux anciens qui ont largement mouille le kimono pour se former et former d’autres dans des conditions tres difficiles. De meme, les anciens ne doivent pas entraver le progres. Ils doivent, au contraire, mettre leurs experiences et leur sagesse a profit pour guider les jeunes dans la recherche de la connaissance dont nul ne saurait etre le seul detenteur. Nous devons ensemble honnir la mentalite qui nous fait penser que le bon se trouve de notre cote et le mauvais de l’autre.

C’est cette mentalite qui cree ces “cotes” qui n’ont pas du tout leur raison d’etre. On peut trouver du bon dans chaque mauvais que nous imaginons. Si nous nous evertuons a trouver ces bons de tous les cotes dans le karate malien et a les mettre ensemble, nous aideront notre karate a aller de l’avant. Les talents ne manquent pas au Mali, et ils pourraient bien gagner des medailles au niveau international. Encore faudrait-il que nous arretions des les tuer dans l’oeuf.

Depuis presque deux decennies, j’agonise devant le spectacle desolant de la deconfiture de notre karate. Je profite donc de ce forum pour reiterer mon appel a l’unite. Rien ne me fera plus plaisir que de voir plusieurs karatekas maliens sur mon ring quand je fais l’arbitrage d’une competition internationale. J’ai ressenti cette fierte quand un athlete Senegalais (El Hadji Gaye Ndour) s’etait presente devant moi et etait alle en final de l’ US Open 2013 contre l’actuel champion du monde Tom Scott (Las Vegas). Je donnerai tout pour voir un jeune karateka malien faire la meme chose.

Amadou Niang


Bonsoir à tous,
Chers amis de Malilink, je profite de cette belle occasion, donnée aux amateurs du Karaté Do pour s’exprimer sur l’unité dans ce sport. De prime à bords, je suis très étonné de retrouver mon camarade Fabou dans ce milieu. Je sais aussi qu’il sera de même.

En effet, je fais parti de la première promotion du championnat de Karaté organisé au Mali en 1994, où j’avais été vice champion de moins de 67Kg, dans le pavillon des sports.
Le problème que les uns et les autres évoquent ici ne date pas d’aujourd’hui. Pour avoir une grande famille des Karatekas, il a fallu arrêter avec la guerre des écoles. En ce moment, il y avait Maitre Bob en Shotokan, Niambélé et Cissé en Wado ryo et Maitre Maiga en Shiron Ji Ryu. Il a fallu beaucoup de volontés pour mettre les grands maitres ensemble. Il faut reconnaitre que nous qui étions de l’école de Wado Ryo nous avons changés pour revenir au Shotokan avec maitre Cissé en son temps à la BIAO. Bob et Cissé ont joué un grand rôle pour l’unité.

Je pensais que les jeunes étaient parvenus à mettre de l’ordre dans cette discipline, car maitre Dramane Touré me faisait le point et voulait que je les accompagne. Mais d’autres activités ont pris le dessus.
Alors il est temps que les bonnes graines se mettent ensemble pour sauver cette discipline.

Houss SENSEI
Mahamadou Namori KEITA
Ingénieur Agroéconomiste


Salut DIAOUNE,
Le Sénégal est très en avance sur le MALI , en tout cas en matière de KARATE..
Pour preuve, en 1998 , quand nous avons crée l’AMSHOKA , l’une des grandes difficultés à laquelle étaient confrontés les initiateurs ( dissidents de la Fédération ) était le fait que la FEMAKA avait mis en place un système de favoritisme qui ne permettait qu’à ceux qui étaient proches de ses dirigeants de participer aux formations , aux compétitions internationales et aux différents passage de grades.

Ceux qui voulaient le changement et qui étaient étiquetés comme des récalcitrants et opposants en étaient exclus. Ainsi, beaucoup de jeunes et moins jeunes étaient restés bloqués ceintures noires 2 ème Dan pendant une dizaine d’années ( dont mon propre maître) sans aucune évaluation , sans aucune prise en charge par la fédé en terme de formation. Mais je dois dire que pour le cas particulier de mon maître , il a très vite compris qu’il devait lui même se battre avec l’aide de ses élèves et de ses amis pour se perfectionner. C’est ainsi, que nous avons plusieurs fois cotiser , pour l’aider à participer à des stages internationaux de très hauts niveaux animés par des experts Européens, Japonais et Canadiens en Kata-Kumité-et Arbitrage. Il est aujourd’hui 5ème DAN, arbitre continental et une référence nationale en SHOTOHAN.

Pour revenir à l’année 1998 , date de création de notre association, le premier expert que nous avons invité pour venir animer à Bamako notre premier stage de haut niveau, fut un Sénégalais: Maître Alioune Badra DIAK , qui était Ceinture noire 5 ème DAN à l’époque et Directeur Technique de la Fédération nationale de Karaté du Sénégal. Diak est depuis quelques années Shihan (Expert ceinture noire 7ème DAN) .Après ledit stage , un passage de grade fut organisé qui permit ainsi aux jeunes maîtres ( Drissa BALLO, Amadou TOGOLA, Sadou Cherif HAIDARA , Bilal et plusieurs autres ) de passer 2 ème et 3 ème Dan après être restés 5 à 10 ans 1er et 2 ème Dan……L’histoire moderne du karaté Malien doit beaucoup au Sénégal .

Boonn, on ferme cette parenthèse qui est d’ailleurs douloureuse pour moi car l’AMSHOKA elle aussi, s’est égaré quelques années après sa création à cause justement des problèmes de personnes et d’intérêts comme dans la plupart des associations, syndicats, et formations politiques dans notre pays.Bien évidement , nous étions déjà partis et avions passé le relais à d’autres qui n’ont malheureusement pas pu relever les défis. Cette association existe encore, compte en son sein les meilleurs techniciens mais vivote.
Bonne journée.

Fabou


Namori,

j’etais organisateur du championnat dont tu parles. Ousmane Maiga (un autre eleve de maitre Maiga du Shōrin-ryū ) etait mon adjoint. Je connais tous les acteurs mentionnes par toi et Fabou. J’ai collabore avec certains d’entre eux a la Federation jusqu’en 1999. Quand tu dis:

“Il faut reconnaitre que nous qui étions de l’école de Wado Ryo nous avons changés pour revenir au Shotokan avec maitre Cissé en son temps à la BIAO. Bob et Cissé ont joué un grand rôle pour l’unité.”

Je ne suis nullement etonne par ton virement du wado au shotokan. Tu savais ou se trouvait la beaute et l’efficacite de l’art *:) happy. Voila, je l’ai dit. Le “bon” c’etait de mon cote et le “mauvais” etait du cote de Cisse. Nous nous taquinions dans ce sens, mais il n’y avait rien de mechant. Pas de jalousie morbide. Nous reconnaissions tous en Cisse un bon technicien. C’est pourquoi il etait a la direction technique de la FEMAKA. Maitre Cisse et maitre Bob ont en effet joue un tres grand role dans le rapprochement des karatekas dans les annees 90. J’etais a leur cote dans la federation. Les problemes avaient repris et s’etaient amplifies surtout l’or d’un renouvelement du bureau federal dans les annees 90. Le demon du nombrilisme avait repris le dessus et s’etait ensuite propage meme au niveau des associations et clubs. C’est ce qui explique le chaos dont Fabou parle.

Il y a deja une note d’espoir quand Fabou parle d’une “sceance de travail” entre vous deux. J’espere que vous allez resolument vous engager dans le travail de rapprochement des karatekas maliens au sein de la FEMAKA. Si vous decidez de le faire, vous aurez mon soutien inconditionnel. Vous pourrez commencer par aller aux anciens avec le respect qui leur est du.Je peux contribuer dans ce sens. S’ils embracent le projet, le succes sera assure.

Amadou Niang


Camarade Namory,
Ni surpris ni étonné mais plutôt très content.
Sensei NIAMBELE et Sensei Seydou SOW , les ténors du Wado Malien sont de très bons amis et frères. Ils sont aussi des références. Le premier a appris son art en Belgique et le second était une référence mondiale en arbitrage. Quand j’étais Ségal de l’AMSHOKA, NIAMBELE a beaucoup aidé notre organisation pour l’acquisition d’un tatami pour nous permettre de travailler dans des conditions meilleures…nous avions aussi crée ensemble en 2000, l’Association Internationale de Karété -Do (AIKADO) qui regroupait l’Association Malienne de Wado-ryu de Shiron ji Ryu avec sensei Cheick TELLY qui était aussi en conflit ouvert avec son maître Sensei MAIGA et enfin l’AMSHOKA.

C’est moi qui est tenu le PV de l’assemblée constitutive de l’AIKADO qui s’est tenu au centre culturel français Nous tenions quelques rencontres au cabinet médical de Boubacar NIAMBELE et la situation était très tendu entre ses 3 associations et la fédération. Par la suite, l’AIKADO aussi a éclaté, et de conflits internes sont nés au sein de chacune de ses associations. Tu dois avoir été victime de celui du Wado qui t’a fait basculé vers le shotokan. Toi aussi bien qu’Amadou sont mes aînés dans le karaté.. J’ai rapporté ma première et unique médaille d’or en compétition régionale en 2000 au pavillondes sports du stade omnisports.

Cependant j’ai eu la chance d’être très tôt en contact avec presque tous les maîtres et élèves des différents styles au Mali à l’époque. Pas vraiment maintenant..
J’espère avoir une séance de travail très prochainement avec toi.
Houss.

Fabou


Amadou,
Merci pour ses rappels historiques que je n’ai pas voulu sciemment abordé et qui sont utiles à intégrer dans la réflexion sur le Budo Malien.

Merci aussi d’avoir réellement joué ton rôle de sensei , ce titre honorable , qui au delà des connaissances techniques pures , demande et exige l’adhésion à certaines valeurs fortes dont toutes se retrouvent dans ce qu’on appelle “le bon model” traduction du terme Japonais d’ailleurs.

En effet, les parents doivent âtre des sensei pour les enfants car les premiers doivent être de bons modèles pour les seconds et les inspirer la voie du respect de l’autre, de l’humilité, de la maîtrise de soit , de la tolérance , du pardon, de la justice, du travail, de l’abnégation, de la bravoure , de l’intégrité.etc.

Je fais miens de tes propos sur les conséquences de l’antagonisme Bagayoko-Bob, visitables dans les anales de l’histoire du karaté Malien et qui ont eu des répercussions graves sur l’émergence de plusieurs jeunes athlètes qui auraient pu faire des émules sur la scène nationale et internationale mais Hélas!

Ta disponibilité à aider le karaté Malien à s’unir ne surprend donc pas et est salutaire. Pour ce qui est de ma modeste personne, je ne me suis jamais mêlé de ses querelles personnelles dont je suis très bien informé et pour avoir eu quelques séances d’entraînements et d’échanges avec Bob et Bagayoko, le dernier ayant été un des présidents d’honneur de l’AMSHOKA jusqu’à son décès.

Depuis une dizaine d’années, je fais mes courses avec mon KIMONO et à mon heure de sport, je guette une salle à proximité de là je me trouve et je m’y rend pour m’exercer. Il arrive que le chargé du cour , que je connais généralement, me confie la direction des entraînements que j’accepte ou refuse selon mon temps et mes dispositions physiques et mentales. A mon avis ce qui est important est que toutes les fois que je fais cette expérience, je termine par donner des conseils de 10 à 15 mns à toute la salle après les avoir interrogé sur le sens et la signification des concepts Dojo; Ki; Budo, Kimono; sensei etc.

A mon avis, si les apprenants que nous sommes comprenons les véritables significations de ses mots , peut-être qu’on oublierait nos personnes au profits des autres.

Mais franchement, quand je réfléchis sur les problèmes du karaté MALIEN je fini fréquemment par les questions suivantes auxquelles je n’ai pas encore eu de réponses:
1- Les sensei qui nous ont précédé ont-il été réellement à la hauteur de leurs responsabilités?
2-Pourquoi au Mali c’est toujours comme ça et partout?
Rey
Fabou


Bonsoir Fabou,

comme promis je reviens a tes questions.

Les sensei qui nous ont précédé ont-ils été réellement à la hauteur de leurs responsabilités?

Je dirais oui, puisqu’ils ont forme une releve. Ils se sont battus dans des conditions tres difficiles pour former les nouvelles generations. Le seul fait que nous jugeons necessaire d’engager ce debat aujourd’hui est la preuve que ces maitres nous ont laisse certaines valeurs du budo. Il nous revenait de nous en servir pour ne pas perpetuer le desordre que notre karate vit depuis des annees.

Ceci dit, Les maitres sont des humans. Ils ont leurs forces et leurs faiblesses. Ils est donc important que ceux qui les suivent fassent preuve de dicernement et le fassent dans le respect. Ceci a souvent manque. Les eleves suivent aveuglement leur maitre meme quand ils savent que ce dernier n’est pas sur un bon chemin. Ou au contraire, ils antagonisent le maitre quand il y a desaccord et des qu’ils se sentent capables de voler de leurs propres ailes. Nous devons savoir suivre mais aussi savoir amener le maitre a rester dans l’esprit du budo si cela s’avere necessaire. Ceci ne veut surtout pas dire qu’on doit se permettre de manquer de respect a son maitre. Il y’a toujours un temps et une facon appropries de dire une verite contraire a celle du maitre.

Les memes regles s’appliquent dans tous les domaines. Ils faut savoir dire la verite au leader, mais il faut aussi le faire en bonne et due forme. Il faut comprendre que personne ne detient le monopole de la verite, mais aussi que le leader n’est pas leader par le simple fait du hasard. Il doit bien posseder certains attributs qui l’amenent a etre leader a moins qu’on ne soit dans une monarchie. Voila pourquoi on devrait au moins lui donner le benefice du doute meme quand on pense detenir la verite. De toute facon, qui combat la verite sera vaincu, qu’il soit maitre ou eleve. Finalement, nous devons comprendre que tout le monde perd dans la quete effrenee du pouvoir. Le vrai pouvoir reside dans la maitraise de soi.

Amadou Niang


J’ai bien compris vos différentes analyses, il est claire que nous connaissons tous les problèmes du Karaté malien. Le suivisme dont parle Amadou est la plaie de la question. Car les maitres n’aiment pas la contestation et ils étaient tous en froid avec leurs meilleurs élève (Cissé et Mohamed à la BIAO; Bob et Bagayoko; Maiga et Cheick), seulement sow et son maitre Niambélé s’entendait à merveille. Il fallait être toujours là pour le maitre et être dans sa grâce. Qu’on ne dise surtout pas que tu es meilleur si non le maitre sera jaloux.
Le mal a commencé selon moi quand il y a eu l’arrivé de certains commerçants de la place dans nos salles. Les combats étaient dure et chaque samedi c’était chaud à la BIAO. Notre génération quand on tape on tape dure. C’était le bon vieux temps avec Diakité et Vieux Lalenta. Vous savez je rêve de ces périodes là.

De passage je dis à Niang que malgré que notre reconversion au shotokan, je demeure convaincu que le Wado a plus de fitness et surtout beaucoup de souplesse par rapport au shotokan.Vous connaissez mieux que moi l’histoire de la création du Wado.
Je suis disponible et je sais que d’autres amis vont se joindre à nous (Dramane Touré l’élève de notre Grand Seinsé Sylla).
Soit dit en passant, je suis actuellement au Japon pour deux mois de formation.
Bien de chose à vous tous

Mahamadou Namori KEITA
Ingénieur Agroéconomiste


Nous sommes d’accord sur l’essentiel, mais tout de meme un point de correction: maitre Bob n’etait pas un eleve de maitre Bagayoko. Ces deux ont evolue parallelement meme s’il est clair que maitre Bagayoko etait le plus grade pendant longtemps.Il etait deja 3e Dan quand je commencais a m’entrainer chez lui. C’etait l’annee ou maitre Kase etait venu faire un stage au Mali. Il etait ensuite aller faire un stage en Europe d’ou il etait revenu avec son 4e Dan.

Amadou Niang


Tout à fait Amadou,
Je pense que nous devons maintenant intégrer tous ses facteurs socio-historiques et psychologiques qui ont été évoqués de part et d’autre pour voir ce qui est encore possible de faire. J’essayerai de travailler avec Namory dès son retour du japon sur la question.
Franchement, j’avais complètement tourné la page du Karaté MALIEN depuis un peu longtemps car je n’ai pas à perdre mon temps , mon énergie et mon argent pour ce que j’ai toujours qualifié des futilités. Oui Amadou! futilités car pour moi, l’essentiel du karaté c’est être au Dojo, partager et recevoir avec les maîtres et élèves, dans la convivialité , le respect. et surtout l’unité. Si tout cela est remplacé par d’autres choses qui ne nous font point avancer et créent surtout des animosités gratuites entre les gens, sincèrement je préfère m’en détourner.
pour finir, je pense que MALILINK ( dont l’administrateur général Wane, m’a d’ailleurs joué un gros coup réussi à son dernier passage à Bamako à travers son appel téléphonique) qui doit être remercié pour nous avoir servi de découvrir une autre facette de nos vies qui permettra peut-être à notre pays de trouver un début de solution à une préoccupation nationale. Tout en vous remerciant tous pour la précision , la clarté et l’objectivité des éléments fournis , je lance aussi un appel aux frères et sœurs sur le réseau qui aiment le style KARATE et qui se soucient de son développement au Mali de se révéler afin que nous joignons nos efforts, chacun selon ce qu’il peut apporter.
Bien à vous tous.

Fabou


Entendu. Tourner le dos n’est pas une option. Je sais que certaines personnes au Mali (meme ceux souvent parmi les plus combattus) ont apporte beaucoup et pourrons continuer a contribuer plus au karate malien. Je t’assure que les discordes ne sont pas particulieres a notre karate. Je suis membre de la Federation Americaine de Karate et de son corps arbitral, je sais que tout n’est pas rose ici non plus. Nous vivons les consequences des memes conflits de personnalite ici aussi. L’essentiel est d’avoir des gens qui continuent a travailler assidument pour le renforcement de l’unite et le maintien d’au moins une masse critique necessaire au developpement du karate. Pratiquer dans l’isolement du dojo peut aider a l’epanouissement individuel, amis cela ne permet malheureusement pas de former des athletes d’elites capable de bien representer le pays. Nous devons travailler ensemble pour amorcer un essor reel. Pour que ce travail reussisse, nous devons nous defaire du complexe de superiote qui est a la base des conflits que notre karate vit.

Quand chacun cherche a voir le bon chez l’autre au lieux de se focaliser sur ce qu’on percoit comme “mauvais,” nous arriverons a construire et maintenir cette masse critique dont je parle. Il y va de la sante du karate malien. Faites moi signe quand vous commencerez les consultations. Surtout n’oublier pas ceux qui sont deja en train de travailler sur le terrain pour la promotion du karate. Quelque soit la perception que les uns et les autres peuvent avoir de ce ces gens, c’est bien tous ensemble que nous pourrons faire la difference. Je serai a votre disposition pour toute initiative allant dans le sens d’unir les karatekas maliens autour d’un projet pour la promotion de nos jeunes athletes.

Amadou Niang