Les Accords de Défense entre la France et les Pays Africains

BAMAKO –  30 Janvier 2016 |MIRG| par Amadou O. Wane— Les Accords de Défense entre la France et les pays africains. Le 28 février 2008, Sarkozy annonça plusieurs aspects de la politique africaine de la France dans son discours au Cap. L’intention de la France était de renégocier les huit Accords de défense avec les pays africains.

Dans son discours Sarkozy déclara : « L’Afrique doit prendre en charge ses problèmes de sécurité … La présence militaire de la France en Afrique repose toujours sur les accords conclus au lendemain de la colonisation, il y a plus de 50 ans … Il ne s’agit pas de la France de se désengager militairement de l’Afrique, mais plutôt que la sécurité de l’Afrique est avant tout, naturellement, l’affaire des africains. Ces accords devraient être adaptés aux réalités actuelles … Contrairement à la pratique passée, les accords renégociés seront entièrement publics ».

Depuis 2008, les responsables français faisaient entendre que les huit accords de défense étaient simplement obsolètes. Ces accords sont conclus avec la Côte d’Ivoire (1960), la République centrafricaine (1960), Djibouti (1977), Gabon (1960), Sénégal (1960, révisé en 1974), Cameroun (1960, révisée en 1974), Comores (1973, révisée en 1978) et Togo (1963).
Les conseillers présidentiels Serman et Remi Marechaux affirmèrent que les accords contenaient des dispositions de défense mutuelles qui n’étaient plus réalistes. Serman posa la question rhétorique : « Si la France est attaquée, est-ce que nous allons vraiment nous attendre, et encore moins compter sur le Togo à aller en guerre avec quiconque nous attaque ?». Ce qui est encore plus inquiétant est l’obligation imposée à la France de défendre ses partenaires conventionnels. Serman était très mal à l’aise avec la possibilité que Djibouti invoquerait son accord avec la France et exigerait que la France vienne à sa défense lors de l’escarmouche frontalière entre Djibouti et l’Érythrée en 2008. Le diplomate français indiqua que son pays était prompt à apporter un soutien logistique significatif à Djibouti afin d’éviter une demande djiboutienne de combattre conformément à l’Accord.

Un autre aspect aussi troublant est la présence de certaines dispositions secrètes dans certains des Accords. Selon Rémi Marechaux, les accords de défense avec le Cameroun et le Gabon contiennent par exemple des dispositions « absurdes » obligeant la France, sur demande, à assurer la sécurité en cas de troubles internes dans ces pays. « Nous n’allons pas agir comme une police de sécurité intérieure à la demande d’un régime en difficulté », dit-il.

Selon Serman, certains des Accords contiennent des clauses “secrètes” donnant à la France le monopole des droits d’exploitation des ressources naturelles dans les pays concernés.
« C’est si ridicule aujourd’hui que nous ne pouvons que rire à ce sujet. Pouvez-vous nous imaginer invoquer notre accord avec le Togo et ordonner au Togo de dire à la Chine de quitter le pays ?» ajouta-t-il.
Les responsables français affirment que les Accords renégociés seront dépouillés de ces dispositions désuètes. Tout sera ouvert et transparent. Les Accords révisés reflétant les réalités actuelles et les priorités des deux parties en termes d’intérêts communs.

L’accent mis sur les nouveaux accords de coopération militaire est la formation et le professionnalisme. La Direction de la coopération militaire et de défense soutient un personnel d’environ 300 personnes permanentes en Afrique qui sont intégrées dans les forces armées africaines, portant parfois l’uniforme de l’armée nationale. Le personnel militaire africain fréquente 35 écoles militaires en France et il y a aussi plusieurs écoles militaires réparties dans l’Afrique francophone.
En disant qu’il réformerait la politique africaine de la France, Sarkozy assumait une grande tâche. La Françafrique et les vieilles habitudes sont difficiles à changer. Avec l’usage commun de la langue française et les histoires entrelacées entre la France et ses anciennes colonies, certaines parties de la Françafrique subsisteront encore bien longtemps.

En résumé, les objectifs militaires français en Afrique sont parallèles aux aspects non militaires de la politique africaine de Sarkozy en termes de renforcement des capacités africaines, réduire la dépendance de l’Afrique à l’égard de la France et promouvoir la transparence.

Accord de Réadmission UE-Mali

Je suis convaincu maintenant que le Mali s’est engagé dans un processus (accord, engagement, etc.) pour faire réadmettre en son sein ses fils qui sont situations irrégulières en Europe. Le fameux démenti est plus clair que le communiqué initial. Au contraire, dans le « fameux démenti », il n’y a pas de passage qui fait allusion que le communiqué initial de l’EU était faux.

Le communiqué du fameux démenti précise que c’est un processus qui a débuté depuis avril 2016 et que la partie « Union Européenne » est satisfaite de certains résultats et s’engage à donner des fonds au Mali ! En contrepartie, le Mali s’engage à lutter et à respecter certaines mesures notamment la réadmission de ses fils en situation irrégulière dans les pays européens.

Les deux parties (l’UE et le Mali) ont décidé d’évaluer les progrès enregistrés (en fonction de leur accord ou engagement) en septembre 2017.

En résumé, l’EU donnera des fonds au Mali, et ce dernier prendra des mesures pour lutter contre la migration irrégulière et acceptera « officiellement » le refoulement des Maliens en situation irrégulière en Europe.

C’est vraiment pathétique. Un gouvernement peut être faible, mais il ne faut pas qu’il se mette à plat ventre devant n’importe quelle pression.

Barou Sam


Bonsoir,
Ce que moi je ne comprend pas pourquoi les gens veulent rester dans les pays d’autrui sans autorisation? Ils bafouent de la sorte l’image du malien en vivant comme des gens sans patrie, dans des conditions humiliantes.
Rentrez à la maison en toute dignité. La pauvreté vaut mieux que le manque de dignité. Même le charbonier est maître chez lui.
Je ne comprend pas non plus que des intellectuels defendent l’idée de ”non-rapatriement” des migrants illégaux. Peut-être qu’il y’a quelque chose que je ne comprend pas.
Bonne soirée à tous!

Aliou Moussa


Bonsoir Moussa Aliou !

Moi je trouve ta question légitime. Il faut la discuter, mais en dépassant les subjectivités comme “dignité”, “image”, etc.

Il y a déjà presque une semaine que la discussion se mène. J’ ai donné mes réflexions.Peut-être que tu les a pas lues. Je les reprends ci-dessous en donnant ma réponse à deux messages citant littéralement le communiqué, les accords. La désignation importe peu. Dans tous les cas, l’ EU forte comme elle est vis-à-vis des pays africains, en l’ occurrence vis-à-vis du Mali, fera appliquer le contenu que l’ on discute exactement comme elle l’ entend.

Je m’ excuse déjà de te demander un long message.

Bien cordialement

M. Diagayété


They have no shame!

Cette fois-ci les maliens ne seront pas les dindons de la farce. On verra bien quand les premiers refoulés atterrirons à Senou.

Tôt ou tard la vérité les rattrapera.

We shall see…

Amadou O. Wane


Bonjour chers Malilinkers,

Voici la publication d’avril 2016 sur le site de l’Ambassade du Royaume des Pays Bas :

1) Extrait : “Ces derniers jours, Bert Koenders a conclu au nom de l’UE des accords avec le Mali, le Ghana et la Côte d’Ivoire concernant la migration. Il est convenu avec des représentants de ces trois pays de mesures qui devront cette année encore mener à des résultats concrets en matière de migration illégale en provenance d’Afrique occidentale. « Toutes ces rencontres ont été constructives », a déclaré Bert Koenders. « Nous nous inquiétons tous du sort de ces nombreux jeunes qui tentent la traversée du désert ou de la mer au risque de leur vie. Nos accords scellent le principe de réadmission des personnes en séjour irrégulier dans leur pays d’origine. »

2) Pour lire la publication complète du 18 avril 2016 : “Les accords entre divers pays d’Afrique occidentale et l’UE doivent aboutir cette année encore à des résultats” :
http://lemali.nlambassade.org/…/les-accords-entre-divers-pa…

3) Pour lire le communiqué conjoint UE / Côte d’ivoire 17 avril 2016 : https://www.eu2016.nl/…/publ…/2016/04/17/communique-conjoint
​Très cordialement

Françoise​


À Bamako, les radios parlent sans arrêt de cet accord et/ou communiqué entre le Mali et l’Union Européenne. Le gouvernement n’a ménagé aucun effort pour défendre sa position: il n’y a pas eu d’accord; on a juste signé un simple communiqué.

Les ministres Diop, Sylla et Tall n’ont pas arrêté d’expliquer l’inexplicable. Le PR lui même est monté au créneau; il a assisté à la célébration du Maouloud organisé par Haidara et y a évoqué cette situation: on n’a rien signé. Il faut dire que les gens ont été très remontés par cette histoire — l’accord, dit-on, disait qu’IBK lui même allait envoyer des policiers maliens aller en Europe pour cueillir les migrants en situation irrégulière. En tout cas, c’est comme cela que ça a été compris par certains. IBK a meme été copieusement insulté; l’immigration n’est pas une blague au Mali.

En tout cas tout a été fait pour passer le message du gouvernement. Selon un interlocuteur d’une radio à Bamako, dès que les ministres se mettent à parler en bambara alors c’est que la situation est grave — selon lui quand ils parlent français c’est fait exprès pour que le peuple ne comprenne pas.

Pourtant le site du ministère des affaires étrangères de la Hollande continue d’exhiber la déclaration qui sème le doute.

https://www.government.nl/ministries/ministry-of-foreign-affairs/news/2016/12/11/koenders-concludes-migrant-return-agreement-with-mali-for-eu

Le document (que je traduit ici) dit ceci:
M. Koenders a signé un communiqué conjoint dans la capitale malienne sur l’approfondissement du partenariat sur la migration entre l’UE et le Mali. C’est la première fois que l’UE a adopté des accords spécifiques avec un pays africain sur le retour des demandeurs d’asile déboutés.

Le document n’est pas précis et franchement mal écrit — il y a même une faute de frappe au début. Mais il ressort clairement que Koenders pense avoir trouvé (au minimum) un accord de principe — qui va au delà de la simple discussion.

Il est possible que deux personnes discutent et sortent avec deux compréhensions différentes. Diop dit qu’il n’y a pas eu d’accord; il faut le croire — il pense simplement avoir eu une discussion (sans plus). Il a peut-être exploré des solutions sans promettre quoi que ce soit.

Mais pour que Koenders pense qu’il y a eu un accord de principe, il y a deux possibilités: ou bien Koenders ment ou bien Diop a manqué de fermeté dans ses discussions. Dans les deux cas, j’espère que les diplomates Maliens auront appris quelque chose.

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A. Karim Sylla


Bonjour Sylla,
Bonjour à tous,
Merci pour le point clair et intelligible sur cet imbroglio diplomatico-honteuse. Juste quelques remarques :

1. Au lieu de se donner tant de peine pour essayer de nous convaincre qu’il n’y a pas eu d’accord (avec une maladresse et des confusions terribles pour des responsables politiques), pourquoi ne pas (en respectant le parallélisme des formes) faire un communiqué commun, une déclaration commune, une apparition publique commune avec des représentants de l’U.E. notamment en la personne de Monsieur Koenders pour nous dire exactement ce qui se passe; et nous dire le cas échéant, qu’il n’y a pas eu d’accord même de principe. Cette démonstration à deux voix mettrait fin aux spéculations et autres procès d’intention. Ce ne doit pas être compliqué à mettre en place , vu l’importance du sujet et la facilité de déplacement de nos dirigeants

2. Par ailleurs, j’ai cru comprendre que Maître Konaté, notre Garde des Sceaux a participé es qualité aux échanges avec l’U.E. Est-ce vrai ? Si oui, tout en étant solidaire du gouvernement, il pourrait nous affranchir. J’accorde encore personnellement crédit à ses propos. Il connaît plus que d’autre le sens, l’importance et le poids des mots.

3. Pour ceux qui ont suivi les précédents épisodes de ce sujet du temps de Sarkozy-Hortefeux/ATT, il y a lieu de se méfier sincèrement. Et d’être exigeant sur la vérité. Ne pas se contenter des incantations inutiles de nos Ministres qui jouent sur les mots : communiqué, accord, accord de principe, avancée… Que le Ministre Diop (ou mieux le Président) nous dise clairement si oui ou non on peut accéder à la demande (bien connue et précise) des pays de l’U.E. En étant clair : que demande l’UE ?, quelle est notre réponse ?. Sinon, c’est le flou. Et quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup.

4. Monsieur Sylla vous dites : “ou bien Koenders ment ou bien Diop a manqué de fermeté dans ses discussions”. On peut dire aussi “ou bien Koenders ment ou bien Diop MENT”. On sait que Monsieur Diop manque de fermeté dans les négociations souvent par impréparation ou incompétence (accords d’Alger entre autres). Si en plus il peut être convaincu de mensonge !!!

Bon courage à tous.

Issa Diawara


Diawara, je pense qu’il serait effectivement utile qu’au lieu de tourner autour du pot le gouvernement malien devrait lever toute équivoque et annoncer clairement/officiellement sa position: LE MALI NE NÉGOCIERA JAMAIS POUR RAPATRIER OU COLLABORER AU RAPATRIEMENT DE QUI QUE CE SOIT.

Si le président le dit aussi clairement (l’occasion la plus proche est son message à la nation dans 10 jours) alors cela lèvera le doute. ATT a été très ferme sur ce sujet; IBK ne doit pas louvoyer.

À mon avis, la discussion doit être centrée sur les départs (comment les éviter); et franchement cela doit être notre problème, pas celui des Européens. Nous devons élaborer clairement une politique dans ce sens. Quand on accepte que des gamins soient dans les rues aux heures d’école alors quelque part il y’a une démission collective.

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Karim Sylla


Bonjour à Tous,

Je propose un autre point de vue sur cette question importante de notre diaspora en Europe et particulièrement en France.

Faut il nécessairement s’opposer à un accord sur cette problématique ?
Je soutiens que NON.

Notre intérêt ne peux pas justifier dans le long terme la multiplication d’illégaux en territoire européen.
D’une part, il n’y a aucune nécessité d’un accord pour les autorités Européennes pour rapatrier/refouler des illégaux actuellement sur leur territoire. Si jusqu’alors, aucune action véritablement massive n’a vu le jour c’est tout autant pour des raisons politiques et des difficultés pratiques.
D’autre part, j’estime que c’est contreproductif car compatriotes régulièrement installées contribuent pour la part la plus importante de ressources collectées et transférées au Mali. Un accord permettant une meilleure intégration de cette diaspora sera de nature à apaiser un climat de stigmatisation que l’on ne peut plus nier.

Je pense qu’il faut anticiper sur cette question et ne pas attendre qu’un changement politique majeur ou un évènement médiatique inattendu, ne conduise les européens (ou autres pays) à une décision de traiter sans ménagement la question des illégaux et de nous faire tomber le ciel sur notre tête.

Mon sentiment est que le Gouvernement du Mali essaie tant bien que mal de traiter la question.
Certes, rien n’a été signé d’irrévocable ou a caractère définitif, mais nous sommes bien inscrit dans le processus de la Valette. Difficile cependant de nos jours d’avancer masqué …

Je reste persuadé que le courage se situe du côté de ceux qui travaillerons au meilleur accord possible entre les parties et pas nécessairement du côté de ceux qui refuseront de “signer” par posture ou fierté.

Bien à vous,

Demba DIALLO
Libreville


Bonjour Monsieur Diallo,
Si vous permettez, ce n’est pas un point de vue sur la question en discussion que vous émettez, mais un autre aspect du problème que vous abordé au début de votre post.
Actuellement, nous voulons simplement savoir si oui ou non le gouvernement malien a signé un accord avec des représentants de l’U.E ou d’un État de l’U.E sur les problèmes que pose l’immigration des maliens. Qu’on réponde d’abord à cette question. Pour l’instant, on ne s’oppose pas à un accord. D’autant plus que justement on ne sait pas si accord il y a eu et on n’en connaît encore moins le contenu.
La réponse certaine, crédible avec preuve à cette question en amènera certainement d’autres : l’objet précis de l’accord, les mesures prises, le contenu, les contreparties et garanties…
Pour intervenir sur d’autres aspects que vous abordez :
“il n’y a aucune nécessité d’un accord pour les autorités Européennes pour rapatrier/refouler des illégaux actuellement sur leur territoire” : si, il faut un accord pour bien gérer ces questions de façon civilisée et digne.
“ceux qui refuseront de “signer” par posture ou fierté.” : on ne refuse pas de signer . Au contraire. Mais on veut d’abord savoir s’il y a eu signature, et ensuite on demandera à savoir ce qui a été signé.
Croyez-moi, cette question est très importante : pour ceux qui vivent dans ces pays, pour les leurs qui vivent au Mali ou ailleurs, pour l’Etat malien et pour notre dignité à tous. Il faut vivre là (en France notamment) pour prendre pleinement conscience de ces aspects et de bien d’autres encore qui y sont liés ou en dépendent.

Bon courage à tous.

Issa Diawara


Bonjour à Tous,

Je propose un autre point de vue sur cette question importante de notre diaspora en Europe et particulièrement en France.

Faut il nécessairement s’opposer à un accord sur cette problématique ?
Je soutiens que NON.

Notre intérêt ne peux pas justifier dans le long terme la multiplication d’illégaux en territoire européen.
D’une part, il n’y a aucune nécessité d’un accord pour les autorités Européennes pour rapatrier/refouler des illégaux actuellement sur leur territoire. Si jusqu’alors, aucune action véritablement massive n’a vu le jour c’est tout autant pour des raisons politiques et des difficultés pratiques.
D’autre part, j’estime que c’est contreproductif car compatriotes régulièrement installées contribuent pour la part la plus importante de ressources collectées et transférées au Mali. Un accord permettant une meilleure intégration de cette diaspora sera de nature à apaiser un climat de stigmatisation que l’on ne peut plus nier.

Je pense qu’il faut anticiper sur cette question et ne pas attendre qu’un changement politique majeur ou un évènement médiatique inattendu, ne conduise les européens (ou autres pays) à une décision de traiter sans ménagement la question des illégaux et de nous faire tomber le ciel sur notre tête.

Mon sentiment est que le Gouvernement du Mali essaie tant bien que mal de traiter la question.
Certes, rien n’a été signé d’irrévocable ou a caractère définitif, mais nous sommes bien inscrit dans le processus de la Valette. Difficile cependant de nos jours d’avancer masqué …

Je reste persuadé que le courage se situe du côté de ceux qui travaillerons au meilleur accord possible entre les parties et pas nécessairement du côté de ceux qui refuseront de “signer” par posture ou fierté.

Bien à vous,

Demba DIALLO
Libreville


Monsieur Demba Diallo.
Les européens ont besoin d’un accord pour pouvoir refouler les illégaux. Tant que la personne n’a pas de pièce pour l’identifier et qu’il y a pas de pays prêt a l’accueillir on ne peut pas le refouler. Je vous raconter l’histoire d’un malien que la police suédoise à amener pratiquement dans tous les pays de l’Afrique de l’Oust. Finalement les suédois ont payé une grande somme à la police française qui lui a amené au Sénégal. Une fois au Sénégal après avoir donné une bouteille de Vicky au patron (surement un musulman) de la police de frontière sénégalaise à l’aéroport de Dakar, le gars est acceptée au Sénégal. Le malien a refusé de quitter l’aéroport.
Tenez-vous bien le malien est resté à l’aéroport pendant 6 mois. Jusqu’au jour ou journaliste d’une radio privé s’est intéresser au gars et lui a demandé que ce qu’il faisait là. Son histoire était tellement intéressant que le journaliste lui a fait passe en directe sur les antennes de la radio. Le patron de la police de l’aéroport de Dakar a fait loge le malien dans son bureau pendant trois jours jusqu’à ce qu’il rencontre les policiers français qui lui avaient donné le malien. Les policiers étaient obliges d’amener le malien et par la suite l’envoyer en Suède.
Le malien a aujourd’hui le séjour et je connais d’autres histoires plus croustillantes sur des Burkinabé, Nigérians. Le policier qui a amené le malien en Guinée, Mali, Cote d’Ivoire et Liberia a fini par devenir le meilleur ami du malien et a présent ils se fréquentent.

Bonne soirée,

/Sénou.


Bonjour karim et tous,

Ca c’est le dialogue des sournois. Le gouvernement du Mali croit pouvoir dribbler l’UE pendant que l’UE croit pouvoir dribbler le gouvernement du Mali. Les deux parties parlent le meme langage dans le communiqué mais n’ont pas un objectif commun. Les gouvernements successifs du Mali depuis belle lurrette exploite cette question pour extriquer quelques miettes a l’EU et/ou aux etats membres de l’UE tout en respectant jusqu’a nos jours le droit naturel, economique et socio-culturel des maliens a la libre circulation.

On peut accorder le benefice du doute a Diop quand il dit que le gouvernement n’engagera jamais la chasse aux sorcieres aux maliens de la diaspora et nous livrer mains menottées a la police des frontieres de l’UE. Mais la confiance n’exclut pas le controle il faut supporter la Resistance!

Merci,

Bako


Explication bien claire de Broda Tounk/Sénou. Avant la carte Nina, il y avait les fameux projets d’état-civil, l’informatisation du fichier électoral, les discours ronflants mais vides sur “la république”, etc. etc. Derrière tous ces gros mots, il y a une réalité plus triste que masquent la paresse et la confusion des soit-disant intellectuels. Voilà pourquoi ceux qui conversent autour du thé à la menthe invitent à l’apprentissage – celui qui se fait en silence étant le plus effectif ! – de cette réalité à voir en face. Pour ceux qui ne l’ont pas suivi, le débat hier à l’Assemblée nationale sur la motion de censure contre le gouvernement sur cette question des migrants, le député Mamadou Hawa Gassama a produit une lettre de l’Ambassade du Mali en Allemagne aux maliens vivant là-bas les avisant précisemment de contrôles par une mission de fin novembre venant de Bko pour l’identification de maliens sans papiers. Les explications du ministre des affaires étrangères jouent simplement sur les mots au lieu de parler du fond d’une question aussi grave et importante pour les maliens qui fuient leur pays pour ne pas mourir de faim. Cela rappelle la réponse d’un fameux politicien à une accusation de corruption dont la défense était qu’il était ministre dans un gouvernement alors dirigé par l’actuel président. Pour la cas présent, le rideau de fumée est qu’on a signé un communiqué conjoint qui n’entraine pas d’obligation internationale. et quoi encore? I te djege fe I te bo koda la !

Diadié Alpha


“Pousse-pousse s’arrête au mur”. L’article est clair et il n’y a aucune ambiguïté.
Pour les Maliens, en general, la question d’immigration est plus importante que la question de souveraineté. C’est l’immigration qui fait nourrir des familles et c’est elle qui fait rouler l’économie Malienne. Le gouvernement doit cesser de mentir. Ce qui est sur le gouvernement a été coopératif sur la question de rapatriement avec l’EU. Comme le communiqué de l’EU le precise, c’est un processus qui a commencé depuis Avril 2016 et il va continuer avec une autre phase d’evaluation en Septembre 2017. Cette fois ci, il faut choisir entre l’argent facile de l’occident et la colère du peuple.
Barou Sam


Cette situation qui se décrit à Malte est similaire au cas de l’Allemagne dénoncé par le député Mamadou Hawa Gassama et que la conversation autour du thé à la menthe a rapporté plus tôt. Mais, le feu dans une case fermée laisse toujours sortir la fumée… L’incompétence et la cupidité ont allumé un feu dans notre case.

Diadié Alpha


Dans un autre fil sur le même sujet notre ami Issa Diawara disait que Diop avait peintre menti. Il semble qu’il avait raison.

La tromperie est en fait d’un niveau incroyable — le gouvernement n’a pas officiellement signé d’accord mais agit comme si il y avait un accord. Koenders avait donc raison. Il y avait au minima un “entendement” même si ce n’était pas un “accord dans le sens diplomatique” comme le dit la déclaration de l’ambassade des Pays-Bas.

Il n’y a pas d’accord “écrit” mais il faut croire qu’il y a eu un accord “verbal”.

C’est grave quand le PR et ses ministres mentent de façon éhontée. Les ministres Diop et Sylla doivent avoir honte. C’est maintenant que je comprend les propos du ministre Sylla qui disait que lui ne ment jamais sauf “quand il faut apaiser des situations difficiles comme des dangers à la nation”. Cela paraissait incongru quand il a dit ça pendant ses “explications” l’autre jour mais ça s’explique mieux maintenant.

Le “pays” est en danger.

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A. Karim Sylla


“L’incompétence et la cupidité ont allumé un feu dans notre case.” Diadie Alpha.

Et voila qu’entre fumee et feu nous nous retrouvons entrain de formuler la priere, “au bout du petit matin”, que Dieu protege la “case sacree” du M******. Et pourtant Dieu lui-meme nous avait prevenus comme quoi il nous fallait/faut constamment veiller…
-Il est clair que depuis tres longtemps l’UE a commence a mettre l’accent sur la recherche de solutions au probleme des migrants dans les pays qui la composent.
-5 points sur les 5 points enumeres dans le document ci-dessous (datant du 11 Decembre 2016) portent sur les questions de migration. Le titre du document est aussi tres clair sur ses motivations.
– Ce document precise dans ses dernieres lignes qu’il y’aura une evaluation du “progres enregistre avant Septembre 2017”. De quel progres s’agirait-il donc s’il n y a pas eu d’accord? Ce serait alors un progres par rapport a quoi qu’on veut evaluer en Septembre 2017? N’oublions pas que le meme document precise que le processus a commence depuis Avril 2016. Dans certaines representations du Mali a l’exterieur (en Allemagne par ex, dont la Chancelliere s’est rendue a Bamako, il n’y a pas tres longtemps), des “notes de service” (ayant circule sur les reseaux sociaux)indiquent deja un certain “recensement” dans le sens de l’identification d’une certaine categorie de nos compatriotes. Il est tres inquietant que nos “diplomates”,se fassent prendre dans une telle naivete (pour ne pas utiliser d’autres mots) malgre tout le contexte et tous les antecedents, etc.
Une chose semble etre sure, le Ministre Diop et le reste du gouvernement pourront bien continuer a nier les faits a travers tantot des fuites en avant, tantot un debat de nomenclature ou de litterature, mais pour l’UE c’est bien un document signe a “haut niveau sur la migration”[voir titre]. Le gouvernement pourra bien pretendre etre en desaccord ou meme demander des explications a l’UE, ou meme l’attaquer en justice, etc; il n’en demeurera pas moins que l’UE aura aussi ses arguments, et celle-ci, a mon avis semble bien avoir la main dessus. Maintenant que ce document est signe, que pourra faire le gouvernement d’un pays comme le Mali qui est sous perfusion internationale ? Pas beaucoup, sauf de continuer a nier les choses. A mon avis, il appartient aux Malien(ne)s residant dans l’espace UE de, tout en respectant les lois de leurs pays d’acceuil, de resister/ de se defendre avec l’aide si possible des hommes et femmes de droits a leur portee. Broda indique deja quelques pistes et strategies…
En attendant, comme dans le cas des arrieres de cotisations des Nations Unies, il faudrait, peut etre, s’attendre au prochain depart d’un pauvre ambassadeur ou conseiller d’ambassade dans une des representations Maliennes en Europe: Il faudra bien en fin de compte, devant la colere et l’incomprehension soulevees, trouver un bouc emissaire ! “God help the child[ren]”.

Talatou


Merci Diadie pour le thé à la menthe. Je suis amateur du thé a la menthe sauf que la plus part du temps je fais le premier et ça prend tellement de temps que c’est le lendemain que soit même ou madame en faisant la vaisselle jette le reste. La menthe je la cultive dans mon salon pendant l’hiver et au balcon pendant l’été comme fleure domestique, ce qui fait qui fait que j’ai de la menthe fraiche toute l’année.

Bonne journée.

/Sénou


Bonjour Sylla,
Bonjour à tous,
Je crois qu’on va clore maintenant ce premier chapitre de “Accord, pas accord, signé, pas signé, écrit, verbal…) pour en ouvrit d’autres. Bien sûr ces amuseurs publics, ces fantoches, ces traitres, ces indignes, ces ridicules que sont nos ministres ne méritent aucune considération. Car pour ceux qui sont habitués à lire les textes officiels ou à décrypter les déclarations diplomatiques, il n’y a aucun doute que l’UE, en la personne de Konders a obtenu du Mali (oralement ou non) ce qu’on lui avait refusé jusque là (notamment l’ancien Président A.T. Touré).
Que le Ministre Diop nous lâche maintenant avec ses propos pédants, sa sémantique parfois incompréhensibles et ses argumentations puériles et imbéciles.
Maintenant attachons-nous à deux choses :
1. savoir ce qui a été précisément accepté par les autorités maliennes. Ce n’est pas le principe d’un accord qui est en cause (Demba Diallo) mais son contenu qui peut heurter la dignité, exprimer un système de vassalisation, insulter les consciences, et in fine, n’être pas acceptable.

2. en fonction de ce contenu, quelles ripostes conséquentes et appropriées (dans le fond et dans la forme) pouvons-nous mettre en place. Les amis de Paris (Cissé et quelques autres) ont commencé. Coordonnons et amplifions ces initiatives et prenons-en d’autres.
Je sais bien que la logique des fils de discussions veut qu’on saute d’un sujet à un autre en fonction de l’actualité ou de l’acuité d’un sujet , mais donnons-nous la peine de rester encore un peu sur celui-là..

Bon courage à tous

Issa Diawara


IBK a transformé les Ambassades du Mali et les agents maliens a la charge du contribuable malien en agents marionnettes de l’EU pour traquer, denoncer et expulser les tounkarankew. Il est incomprehensible de concevoir que le president de la Republqiue souveraine du Mali puisse ordonner aux Ambassades de se desolidariser des tounkarankew enfants du MaliBa a part entiere.

IBK a crée effectivement et efficacement un manque de confiance et un antagonisme entre les tounkarankew et les representations diplomatiques de IBK a l’etranger.

Bako


Quand la Françafrique Devient la Cible de Sarkozy

Bamako – le 12 decembre 2016 | par  Amadou O. Wane -A son arrivée au pouvoir, Sarkozy promit un engagement continu de la France en Afrique, mais ce serait un engagement basé sur un calcul des intérêts plutôt que sur des sentiments, considérés maintenant comme des reliques du passé. Il appela les africains à relever ce défi et à traiter la France et les autres pays sur la même base.

Les grandes lignes de la nouvelle politique de Sarkozy, furent reçues avec plus ou moins d’acceptation. Le discours de Dakar en juillet 2007, comprenait des excuses pour le passé colonial de la France. Mais le président français a également suggéré que les africains devraient reconnaître qu’ils ont aussi tiré des avantages de la période coloniale. Il déclara que les africains devraient être plus autonomes, moins dépendants ; qu’ils devraient prendre en charge leur destinée sans soulever le colonialisme comme obstacle. Certains africains accueillirent favorablement le discours comme une dose nécessaire de réalité, alors que d’autres affirmèrent que son appel à des relations moins paternalistes était livré d’une manière paternaliste et condescendante. Pour faire baisser la tension, le conseiller présidentiel Romain Serman déclara plus tard que le discours de Dakar fut rédigé par Henri Guaino, conseiller spécial de Sarkozy, et n’avait été examiné ni par Jean-David Levitte, conseiller diplomatique, ni par Bruno Joubert, « Mr. Afrique » de Sarkozy. Le ministère des affaires étrangères ne fut consulté non plus. Serman estima que le discours était trop provocateur, pas assez « diplomatique » et aurait dû être révisé.

Les discours de Lisbonne et de Cape Town reçurent un examen plus approfondi, et leur ton fut moins agressif, bien que leur contenu fut écrit sur la base des principes énoncés à Dakar. Le discours de Lisbonne, prononcé lors du sommet UE-Afrique, souligna l’importance d’une Europe forte travaillant avec une Afrique forte. La pièce maîtresse du discours de Cape Town fut le changement de la posture militaire de la France en Afrique. Le gouvernement français considère certains Accords de Défense avec huit pays africains comme manifestement absurdes et dépassés. D’après Serman, plusieurs accords donnent à la France des droits monopolistiques exclusifs sur les ressources naturelles des pays africains. « Personne ne fait attention à ça en réalité, donc nous devons nous débarrasser de tout cela et cesser de prétendre », ajouta-t-il.

La politique africaine de Sarkozy reconnut le rôle croissant de nouveaux pays comme la Chine. Elle fut favorable à un engagement accru des Etats-Unis pour faire contrepoids à l’expansion régionale de la Chine. Bien que sceptiques d’abord et sensibles à la protection de leur influence, les français ont peu à peu accepté les activités américaines telles que AFRICOM. Ils les trouvèrent peu menaçants pour leurs intérêts stratégiques. Ces activités montrent d’ailleurs une nouvelle volonté des Etats-Unis de partager les responsabilités, des responsabilités devenues trop lourdes pour la France. Sarkozy fut l’un des rares présidents français à être généralement favorables à l’engagement américain dans son « pré carré ». Cela permit aux États-Unis d’avoir une main plus libre en Afrique, du moins en ce qui concerne les français. Néanmoins, dans la compétition pour les ressources naturelles de l’Afrique, les français restent préoccupés par l’influence grandissante de la Chine et pensent que les Chinois utilisent des méthodes qui ne sont plus pratiquées (du moins pas ouvertement) par la France et l’Occident. Ils expriment leur frustration de voir les chinois opérer si efficacement, et reconnaissent que de nombreux pays africains sont facilement séduits. Mais ils sont également prompts à remarquer une hausse des sentiments antichinois en Afrique. Certains africains pensent que l’expansion de la Chine en Afrique est trop rapide.

Publiquement, l’attitude de Sarkozy fut que la France n’a aucune objection contre la présence de la Chine en Afrique tant que les africains appliquent les mêmes règles aux chinois qu’aux autres pays. Mais en privé le nouveau venant dans le jeu géostratégique n’est pas le bienvenu. Néanmoins, cette nouvelle « bataille pour l’Afrique » offre des opportunités aux africains pour défendre leurs intérêts.

Françafrique : Quand le Changement Devint Inévitable

Bamako – le 5 December 2016 | par  Amadou O. Wane -La Françafrique créa un environnent propice à certaines activités illicites. Des scandales éclataient régulièrement en Afrique impliquant des français : l’affaire Borrel au Djibouti concernant l’assassinat d’un magistrat français, l’affaire Kieffer en Côte d’Ivoire concernant la disparition d’un journaliste franco-canadien, l’Angolagate concernant la vente illicite d’armes à l’Angola. Dans le passé, le gouvernement français aurait toléré tacitement ou ouvertement, voire soutenu certaines de ces activités. Maintenant, avec un média mondialisé où l’information est diffusée instantanément et l’incapacité de la France de garder ces scandales secrets, ils deviennent des problèmes sérieux pour l’image de la France. Avant la fin de l’ère Chirac, comme à l’apogée de la Françafrique, l’armée française avait les mains libres pour répondre militairement aux incursions des rebelles comme au Tchad et en République centrafricaine. Ce n’est plus le cas.

En plaidant pour la bonne gouvernance, la transparence et une presse libre dans le cadre de ses programmes de démocratisation, d’aide étrangère et de défense des droits de l’Homme, la France est en partie devenue sa propre victime. Ces réformes ont permis la découverte de plusieurs scandales. Le gouvernement de Chirac, bien que conscient de la stagnation de la Françafrique, n’a pas voulu introduire des reformes. En 2005, il fut prompt à se lamenter de la mort de son « ami » Eyadema du Togo et à accepter rapidement le processus douteux qui conduisit son fils au pouvoir. Un geste qu’il regretterait plus tard.

La Françafrique fournit des privilèges à la France, mais il apporta aussi une grande attente du côté africain, ce qui devint un fardeau de plus en plus lourd à porter. La Françafrique a parfois été une épée à double tranchant pour la France. Certains veulent qu’elle intervienne avec force quand des problèmes surgissent. Mais quand elle intervient, d’autres l’accusent d’agir unilatéralement ou en tant que « néocolonialiste ». Dans le monde diplomatique, la primauté de la France dans certaines régions de l’Afrique était reconnue et lorsque des problèmes surgissaient, tout le monde disait « les français s’en occuperont. » Pendant longtemps la France joua volontiers son rôle de gendarme en Afrique, mais aujourd’hui, elle n’a plus les moyens.

Les limites de l’influence française commencèrent à se faire sentir. Le 3 novembre 2007, Sarkozy fut obligé de se rendre au Tchad pour négocier la libération des français et autres européens impliqués dans l’affaire de l’Arche de Zoé. Un ancien diplomate français remarqua que « d’habitude un appel téléphonique de l’Élysée aurait réglé cette affaire. Nous sommes arrivés jusqu’à ce que le président lui-même doit y aller et même avec ça, le travail n’est pas achevé. » Les scandales à répétition provoquèrent plusieurs enquêtes judiciaires en France. L’Élysée, invoquant le « privilège exécutif », refusa de remettre les dossiers aux autorités judiciaires chargées d’enquêter sur l’affaire Borrel. Mais Michel de Bonnecorse, le dernier « M. Afrique», subit l’indignité de voir sa maison personnelle et sa maison de vacances fouillées de fond en comble.

Pour la Françafrique, l’élection de Sarkozy fit aussi l’ère du changement. Comme il l’a fait dans d’autres domaines lors de son entrée en fonction en mai 2007, Sarkozy amena un changement dans les relations entre l’Afrique et la France. Il supprima la position de « M. Afrique » au sein de son gouvernement, du moins sur papier. Sa démarche fondamentale consistait à essayer de refaire la Françafrique sur de nouvelles bases. Il voulait se débarrasser des bagages de l’ère coloniale et mener des relations « normales et professionnelles » avec les africains. Il était prompt à attribuer les évènements du passé à ses prédécesseurs, toujours suggérant qu’il représentait une nouvelle ère. Sarkozy utilisa trois discours pour exprimer publiquement la nouvelle orientation que prendrait sa politique africaine : à Dakar le 26 juillet 2007, à Lisbonne lors du Sommet UE-Afrique du 8 décembre 2007 et au Cap le 28 février 2008.

Le thème général de ces discours fut que la France chercherait à moderniser ses relations avec l’Afrique en s’engageant avec les africains sur une base plus commerciale, en évitant de jouer un rôle paternaliste et en optant pour un partenariat d’égal à égal.

Fidel Castro a Réussi la Révolution par l’Engagement Intellectuel

Gracias a todos,

Que cela soit clair :Fidel a réussi la révolution par l’engagement intellectuel
Dans un des derniers essais qu’il acheva avant de mourir, Alejo Carpentier définissait l’intellectuel comme un homme qui quitte souvent l’université pour aller droit en prison. Certains critiques pensent que l’engagement politique des (écrivains, cinéastes, scientifiques, économistes journalistes…) met en danger la qualité de l’œuvre intellectuelle. Cela est absolument faux et lâche, tout le monde sait aujourd’hui que certaines des meilleures œuvres dont nous tirons le plus grand orgueil ont été inspirées par la passion politique, les exemples sont nombreux, de Dante à Beaumarchais, de Victor Hugo à Zola, de Cheick Anta Diop à WOlé Soyinka etc.…

Nombreux sont les exemples d’intellectuels qui ont exercé dans l’histoire leur «métier de citoyen » ; Thomas More fut, Lord Chancelier d’Angleterre, ce qui ne l’empêcha pas d’écrire l’utopie et de maintenir ses critères de manière intransigeante.

François Bacon, tout en étant Chancelier put concevoir la nouvelle Atlantide. Nicolas Machiavel fut Ambassadeur et plus tard Secrétaire de la chancellerie du conseil des dix ; ce qui ne troublera pas son œuvre d’historien et de politologue.

John Milton que beaucoup imaginaient absorber par ses méditations célestes, fut secrétaire du conseil d’état d’Olivier Cromwell. Il écrivit d’innombrables pamphlets politiques où il défendait la cause puritaine révolutionnaire pour l’époque, et fut un éminent théoricien de la science du gouvernement.

Francisco de Queva do fut ministre du trésor du royaume de Naples.
Courber participa activement à la commune de Paris, il fut le président de la fédération des Artistes et celui qui organisa la démolition de la colonne de Vendôme, qui glorifiait le militarisme.

Zola dirigea l’une des plus grandes croisades, morales de tous les temps ; Celle qui démontra l’innocence de l’officier Dreyfus injustement accusé d’espionnage.
Il mit à nu la corruption sévissant dans l’armée française de l’époque et dans l’oligarchie qu’elle servait, son pamphlet j’accuse est devenu de nos jours une pièce classique de la littérature politique.

L’engagement intellectuel a toujours œuvré en faveur des transformations sociales.
La révolution Russe d’octobre reçut l’appui et la participation de Gorki, Lunacharski, Mariakovky, Bloch ; Eisenstein, Tolstoï, Shostakoitch; etc.

En Amérique Latine, elle a eu, depuis le début du siècle dernier, ses héros et ses martyrs, Le médecin Ernesto Che Guevara de la Cerna demeure dans les souvenirs de tous.

En Afrique, les véritables intellectuels se sont toujours manifestés dans le sens du progrès, on pourrait citer entre autre : Cheick Anta Diop, Tiemogo Garan Kouyaté, Yambo Ouelegueme, Bakary Traoré, Wole Soyinka, Chikaya Otamsi … et beaucoup d’autres qui sont dans l’anonymat.
Les principaux intellectuels se sont exprimés en faveur des libérations nationales, ils ont été anticolonialistes ; anti néocolonialistes ; indépendantistes, anti impérialistes, plus tard révolutionnaires et aujourd’hui démocrates.

A Cuba, Fidel et tous les cubains sont orgueilleux d’un exemple extra ordinaire d’intellectuel totalement avec son peuple, leur héros national José Marti. C’est lui qui dit « Si la raison veut être un guide, elle doit monter à cheval ».

Et l’instigateur principal de la dernière étape du long processus révolutionnaire, Fidel Castro Ruz, affirma cette vérité incontestable « Il ne peut y avoir de valeur esthétique sans contenu humain. Il ne peut y avoir de valeur esthétique contre l’homme. Il ne peut y avoir de valeur économique sans justice, il ne peut y avoir de valeur journalistique contre le bien être ni de valeur scientifique contre la libération, contre le bonheur de l’homme. C’est impossible.

Pour moi, parmi nos intellectuels africains le plus honnête est et a été incontestablement Cheick Anta qui n a jamais triché dans ses œuvres, il fut parmi les premiers à faire des apports substantiels quant à l’identité Africaine, à définir la notion « de la scientificité » Africaine et à démontrer de façon irréfutable la non existence d’hiérarchie intellectuelle selon que l’on soit ouolof , bambara, noumou, Malinké, sonrhaï, griot, Bobo, Mianka peulh, égyptien, Aussi nous sommes d’accord quand Mariategui disait que « l’intellectuel est un être réticent à la discipline bourgeoise, possédant une psychologie individualiste chinois européen ou Américain.

et une pensée hétérodoxe, c’est pour cela que parfois les intellectuels se prononcent contre le militantisme politique ».

Dans tous les cas pour nous, l’intellectuel est un homme doté et qui est obligé pour cela de faire de la politique, sans compromission ni alliance avec les pouvoirs rétrogrades qui font du holdup financier dans nos pays dans notre pays. La politique est un travail effectif de la pensée sociale, la politique c’est la vie.

Peuple intellectuel Africain du Mali ne vous leurrez pas, la révolution cubaine malgré ses erreurs a été menée avec dignité et une vision avant-gardiste qui ont permis à leur peuple de lutter contre la désertification mentale et d’être pleinement conscient de que, la vertu morale est plus haute que les avoirs matériels et qu’il ne saurait y avoir de changement judicieux à la dimension de l’attente de nos peuples, si certains continuent à soutenir des dirigeants médiocres, oui médiocres jusqu’à la moelle épinière. Je ne pourrais terminer sans citer cet autre de l’intelligentsia africaine qui disait « La politique est trop noble pour la laisser entre les mains des imbéciles ». A suivre

Ousmane Mohamed Touré,
Ex étudiant, Ex président des étudiants étrangers à l’université de la Habana, Faculté de communication ,initiateur du journal du campus « Cochino Feliz »
Beca, Doce y Malecon , Habana Cuba

La Françafrique: Genèse et Déclin

Bamako – le 28 Novembre 2016 | par  Amadou O. Wane -L’ancien président de la Côte d’Ivoire, Félix Houphouët-Boigny, inventa l’expression « Françafrique » pour décrire un réseau complexe de liens économiques, militaires, politiques, sociaux et culturels entre la France à ses anciennes colonies. Ces liens, tissés pendant des décennies de domination coloniale, ont persisté après l’indépendance des années 1960. Ils furent mutuellement profitables pour les deux parties. Les africains bénéficiant ainsi de la protection française, du soutien militaire, et surtout de l’aide étrangère.

Les systèmes et méthodes gouvernementaux, éducatifs, légaux, militaires, bureaucratiques et administratifs de nombreuses anciennes colonies africaines furent calqués sur les structures françaises, avec le français comme langue officielle. Souvent, les vols aériens entre pays africains ne peuvent se faire qu’en transitant à Paris. Ces facteurs, à eux seuls, ont assuré le maintien de l’influence française dans de nombreuses sociétés africaines après l’indépendance. La Françafrique arrangeait les dirigeants africains. Ils amassèrent des fortunes privées parfois investies dans l’immobilier et autres exploitations en France et ailleurs en Europe. De son côté, la France profita d’un groupe d’États clients, de l’accès facile aux ressources et aux marchés pour ses exportations, et d’une liberté d’action tacitement reconnue. C’est dans cet environnement que le scandale «Angolagate», trafic d’armes en Angola, devint possible.

Les Africains des époques coloniales et indépendantistes étaient profondément imprégnés dans la culture française avec certains atteignant des positions élevées en France. Houphouët-Boigny fut membre du gouvernement français et le président Senghor atteignit le sommet de la société française avec son élection à l’Académie Française. L’élite africaine et leurs enfants étaient souvent scolarisés en France, permettant ainsi à l’hexagone d’étendre son réseau d’influence. Des dizaines de milliers de troupes coloniales africaines se sont battues pour la France pendant les deux guerres mondiales et autres conflits. Certains anciens combattants reçoivent toujours des pensions pour leur service rendu à la France.

La Françafrique fonctionna bien pendant des décennies, sous la tutelle d’une succession de « M. Afrique » à l’Élysée. Le premier « M. Afrique » fut le légendaire et controversé Jacques Foccart qui fut conseiller Afrique de De Gaulle, Pompidou, Mitterrand et Chirac. Pendant de nombreuses années, le conseiller Afrique à l’Élysée n’était pas sous l’autorité du conseiller diplomatique du président, mais relevait directement du président lui-même. Ainsi, il jouissait d’un statut égal ou peut-être même supérieur à celui du conseiller diplomatique qui devait s’inquiéter du reste du monde.

A la fin du XXe siècle, la Françafrique, en tant que modèle, commença à avoir des difficultés à s’adapter à un paysage globalisé et en mutation. En bref, la Françafrique commença à être victime des effets de la mondialisation. Pour la France, le coût du maintien de la Françafrique devenait de moins en moins rentable politiquement et économiquement. En 2001, la France passa à une armée entièrement faites de volontaires ; ce qui a immédiatement augmenté le coût du maintien d’une présence militaire en dehors de l’hexagone. Les exigences de l’Union Européenne limitent les dépenses déficitaires. Le filet de sécurité sociale traditionnellement généreux de la France et le vieillissement de sa population pèsent sur la viabilité de ses finances publiques. La compétition avec les économies en plein essor et assoiffées de ressources, élèvent le coût des transactions commerciales, menaçant ainsi le privilège des français en Afrique.

La réduction des dépenses budgétaires est devenue une priorité pour le gouvernement français. Le maintien de la Françafrique devint alors de plus en plus difficile financièrement. Politiquement, certaines crises sont plus difficiles et plus coûteuses à maîtriser. Les Français sont très amers sur la situation en Côte d’Ivoire, autrefois considérée comme un joyau de la couronne de la Françafrique. Le pays sombra dans le chaos après la mort d’un des plus grands défenseurs et bénéficiaires de la Françafrique, Houphouët-Boigny. La crise atteignit son nadir en novembre 2004 avec le bombardement des forces françaises à Bouaké par l’aviation ivoirienne. L’Opération Licorne, peut-être la dernière intervention militaire unilatérale de la France, lui a coûté environ 250 millions d’euros par an soit environ 164 milliards de FCFA. Le coût total de l’Opération revint à plus d’un milliard d’euros, soit 656 milliards de FCFA, sans pour autant donner de résultats décisifs. C’est dans ce contexte que la France se rendit compte que le changement est inévitable vis-à-vis de la Françafrique.

Le Futur de la France en Afrique Subsaharienne – (3ème Partie et fin)

Bamako – le 21 Novembre 2016 | par  Amadou O. Wane — Chirac fut un obstacle à la politique française de « mutualisation ». Il incarna la « vieille école », attachée au modèle traditionnel franco-africain. Ce modèle considérait l’Afrique comme un jeu à somme nulle où toute avancée des « anglo-saxons », dans ce que la France considère comme son sphère d’influence, était une perte pour le prestige et l’influence de la France. Bien que Paris fût consciente de la nécessité d’une coopération, en particulier avec Londres et Washington, Chirac demeura l’ultime responsable de la politique africaine. Il essaya, autant que possible, de continuer à opérer sur l’ancien modèle basé sur le rôle historique de la France en Afrique.

Dans un environnement de plus en plus défavorable aux intérêts français, Chirac devint réceptif à l’idée que la démocratie était un luxe pour l’Afrique, comme en témoignent les réponses muettes de la France aux efforts des dirigeants africains de changer la Constitution de leurs pays afin de prolonger leur emprise sur le pouvoir. À Paris, la stabilité reste le mot d’ordre. Ainsi, les dirigeants africains, tel que Idriss Deby du Tchad, étaient confiants qu’ils n’ont pas à craindre la réaction française. En effet, le ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, avait exprimé son soutien au président Deby lors de sa visite au Tchad en juillet 2005.

Chirac aimait se présenter comme le champion du monde en développement. Il voyait aussi ses liens avec les dirigeants africains comme un moyen d’obtenir un soutien international pour les positions françaises sans rapport avec l’Afrique. Durant le sommet France-Afrique de 2003, il avait réussi à convaincre les dirigeants africains de faire une déclaration contre l’action militaire américaine en Irak.

Dans le cadre de sa préférence pour la stabilité, la France continue à faire des déclarations critiquant les coups d’Etat militaires et les assassinats. Mais de telles déclarations sont souvent « pro forma » dans les cas où un semblant de stabilité vint remplacer une situation chaotique. Ou, lorsque des dirigeants peu fiables sont remplacés par des successeurs plus disposés à collaborer avec Paris. Ce fut le cas en République centrafricaine lorsque François Bozizé a renversé le gouvernement de Ange Felix Patassé en 2003.

La France ne peut pas s’attendre à une aide de ses alliés en Afrique et en même temps, espérer conserver une position de primauté. Les Français comprennent l’importance des initiatives américaines telles que le «Millenium challenge » de Georges W Bush ou « Initiative Trans-sahélienne contre le terrorisme » qui contribuent à la stabilité de l’Afrique. Mais, les français ressentent en même temps « l’empiétement anglo-saxon » que représentent ces activités. Malgré les considérations culturelles et géopolitiques, les français n’ont jusqu’ici pas ouvertement résisté à l’expansion de ces programmes. Peut-être qu’ils considèrent plus important leur besoin d’assistance internationale. Cependant, cette posture peut changer s’ils voient leur influence s’éroder au-delà d’une limite acceptable.

Selon l’analyse du diplomate américain Karl Hoffmann, l’influence grandissante des Etats-Unis en Afrique, aux dépens de la France, n’est pas nécessairement une cause pour Washington de se réjouir. Bien que la position américaine et française divergent souvent concernant plusieurs questions africaines, les intérêts fondamentaux des deux pays restent similaires, expliquait-il. Avec leur longue expérience en Afrique, leurs liens uniques avec le continent et leur savoir-faire, les français ont assumé pendant de nombreuses années une part importante des coûts associés à l’aide au continent. C’est dans l’intérêt des États-Unis d’engager la France en tant que principal acteur régional, même si l’influence américaine continue de s’accroître, concluait-il.

D’après Hoffmann, les Etats-Unis doivent au moins consulter les français sur les questions touchant l’Afrique en général et l’Afrique francophone en particulier.

Quand Chirac quitta la scène politique, les américains virent une opportunité de travailler avec la prochaine génération de décideurs français pour avancer leur programme démocratique et aider l’Afrique à surmonter ses problèmes.

Le Futur de la France en Afrique Subsaharienne – (2ème Partie)

Bamako – le 14 Novembre 2016 | par  Amadou O. Wane -Avec la globalisation, un nombre croissant de décideurs français reconnaissent que les défis de l’Afrique subsaharienne nécessitent une coopération accrue avec des partenaires, en particulier les européens et les américains.

Les problèmes postcoloniaux de l’Afrique s’accroissent rapidement dans les domaines comme la dégradation de l’environnement, les graves pressions démographiques, le manque de soins médicaux, l’urbanisation incontrôlée, les drogues illicites, la criminalité internationale et le terrorisme.

Ce ne sont plus des problèmes qui peuvent être résolus si facilement entre un président français et un homologue africain francophone. Avec la complexité du monde actuel, les problèmes de l’Afrique ne sont pas uniques, d’autres régions du monde ont aussi besoin d’attention.

L’ancien conseiller diplomatique de Chirac, Gourdault-Montagne, se confia à un diplomate américain. D’après lui, l’Afrique reste importante pour la France en termes de « rhétorique qu’en réalité ». La France est beaucoup plus préoccupée par le Moyen-Orient et le Maghreb, dit-il.

En 1999, la France annonça qu’elle ne conduirait plus une politique de « aller seule » en Afrique. La nouvelle politique sera basée sur ce que Michel Barnier, ancien ministre des Affaires étrangères, appelle la « mutualisation ». Les responsabilités seront partagées en particulier avec les partenaires de l’Union Européenne (UE), mais aussi avec les partenaires non-européens, tels que les États-Unis.

Cette réorientation de la politique africaine fut en partie le résultat de la cohabitation, où le premier ministre Lionel Jospin a réussi à imposer une politique africaine basée sur la non-ingérence. Cependant, cette réorientation fut aussi une reconnaissance tacite que l’ancienne politique africaine de la France avait ses limites.

Par conséquent, la France commença à recevoir à bras ouverts l’implication d’autres pays dans les problèmes africains qu’elle a pensé auparavant pouvoir gérer seule.
Dans un premier temps, la France se tourna vers ses partenaires européens. En septembre 2003, la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie salua la réussite de l’ « Opération Artémis » par les forces de l’Union Européenne dirigée par la France en République Démocratique du Congo (RDC). Elle affirma que la participation de l’Europe dans l’opération faisait partie d’une évolution de la politique européenne de sécurité collective.

Cependant, la « mutualisation » n’est pas sans problèmes, surtout quand il s’agit du Royaume-Uni ou des États-Unis. Bien que de nombreux français familiers avec l’Afrique conviendraient que l’approche globale, multilatérale suggérée par le Premier ministre britannique Tony Blair, est une façon appropriée de traiter des problèmes de l’Afrique, ils ressentent à un certain degré le leadership britannique dans une région longtemps considérée comme leur pré-carré.
En termes de coopération, la France continue de montrer une préférence pour l’UE ou l’ONU plutôt que pour l’OTAN, comme elle l’a démontré dans ses efforts de bloquer la participation de l’OTAN dans la crise du Darfour.

Pour la France, l’Afrique semble être un terrain d’essai potentiel pour les capacités militaires naissantes de la Politique de Sécurité et de Défense Commune (PSDC) de l’UE. La PSDC est essentiellement un instrument de l’UE pour faire face aux nouvelles menaces de sécurité non conventionnelles. Elle permet à l’UE de mener des missions et des opérations militaires et civiles pour le maintien de la paix, la prévention des conflits et le renforcement de la sécurité internationale. Dans ce contexte, il est probable que la France tentera de limiter l’implication de l’OTAN dans une future crise africaine nécessitant une intervention.

L’approche de la France à l’égard de la démocratie et de la bonne gouvernance en Afrique s’éloigna de l’agenda annoncé par le président François Mitterrand le 20 juin 1990, quand il conditionna l’assistance française à la réforme démocratique dans les pays récipiendaires. Mais souvent, la réalité sur le terrain pousse l’idéalisme vers le pragmatisme.
À suivre…

Peut-on Encore Sauver « le soldat IBK »?

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/29/peut-on-encore-sauver-le-soldat-ibk-au-mali_5005356_3212.html


Bonjour Mr Fofana,

Je sais le titre de votre mail est tiré du journal le monde. Mais doit-on se poser cette question au Mali d’aujourd’hui. Pourquoi sauver IBK ? Le pays part en miette, ses enfants sont tués tous les jours et le chef vague à travers le monde comme si tout va bien. Est-il utile pour les maliens ?
Mais IBK n’est pas le seul dans ce cas. Il est comme la plus part des maliens en ce moment, chacun pour soi. Presque personne n’est solidaire de ceux qui vivent la terreur. Tous les joueurs des concitoyens sont tués, personne ne lève le petit doit et tout le monde se contente des communiqués désespérants et délirants des “autorités”. Des pauvres “soldats” sont massacrés et enterrés à la va vite sans aucun honneur officiel ne leur soit rendu, sans que leur famille en soit informée, sans respect pour leur dernière volonté et sans respect de leur famille. Qui s’est manifesté contre ses comportements plus que criminels, personne. Tant que ce n’est pas chez moi ça va alors que tout le monde a la bouche le Mali est un et indivisible. Nous avons perdu notre sens de la solidarité. C’est une mentalité qui va finir par détruire complètement le Mali.
Merci à vous
M’Paly


Bonjour Diaby,

Si c’était moi qui avais écrit l’article, j’aurais donné comme titre: “Doit-on encore sauver le soldat IBK?”

Bonne journée,

Moussa


Eh bien la “chose ” qui dit beaucoup. Le gouvernement français se prépare à déstabiliser le Mali a commencer par éliminer le GATIA et à baptiser l’Azawad! C’est bien Le Drian qui a annoncé des les premières interventions françaises que Serval a empêché un carnage à Kidal- une expression codée pour exprimer son soutien au MNLA. Malheureusement le Président Hollande ne manque pas d’occasion de répéter en refrain cette position du gouvernement français pour défendre son ingerence à la souveraineté du Mali.

N’est ce pas clair que le GTIA est devenu le récent cible du gouvernement français qui semble avoir coopté l’ambassadeur américain au Mali pour l’exécution d’un plan sournois au Mali. L’opposition malienne devrait décrier ces maneuvres.
Keita


Tous les joueurs des concitoyens sont tués, personne ne lève le petit doit et tout le monde se contente des communiqués désespérants et délirants des “autorités”. Des pauvres “soldats” sont massacrés et enterrés à la va vite sans aucun honneur officiel ne leur soit rendu, sans que leur famille en soit informée, sans respect pour leur dernière volonté et sans respect de leur famille. Qui s’est manifesté contre ses comportements plus que criminels, personne. Tant que ce n’est pas chez moi ça va alors que tout le monde a la bouche le Mali est un et indivisible. Nous avons perdu notre sens de la solidarité. C’est une mentalité qui va finir par détruire complètement le Mali.

Diaby


“Tous les joueurs des concitoyens sont tués, personne ne lève le petit doit et tout le monde se contente des communiqués désespérants et délirants des “autorités”. Des pauvres “soldats” sont massacrés et enterrés à la va vite sans aucun honneur officiel ne leur soit rendu, sans que leur famille en soit informée, sans respect pour leur dernière volonté et sans respect de leur famille. Qui s’est manifesté contre ses comportements plus que criminels ? personne. “Tant que ce n’est pas chez moi ça va”, alors que tout le monde a à la bouche “le Mali est un et indivisible”. Nous avons perdu notre sens de la solidarité. C’est une mentalité qui va finir par détruire complètement le Mali”_M’Paly Diaby.

Sans commentaire cher compatriote !

Cordialement
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Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Depuis ce matin, je lis ceci dans certains foras. je n’ai pu trouver le lien
Le député UMP Alain Marsaud considère qu’il n’y a pas “un Mali, mais au moins deux” et qu’une partition de ce pays est “inévitable”.

Dans un communiqué, l’élu de la 10e circonscription des Français établis hors de France, comprenant une large partie de l’Afrique, écrit aujourd’hui: “L’opération Serval est sans doute une réussite, et maintenant quoi faire ? Nous escomptions le retrait de nos troupes, à la suite d’un scrutin présidentiel présenté comme un succès démocratique. Il n’y avait plus qu’à attendre et espérer que le Mali découvre la démocratie, voire la paix. Or, on est loin de tout ça”.
“Les groupes et ethnies du nord, d’origines arabe, berbère et autres, contrôlés par les Touareg, n’ont aucune envie de vivre un destin commun avec le sud de Bamako, et les menées séparatistes, indépendantistes et autres ne pourront être contenues qu’artificiellement”, prédit cet ancien juge antiterroriste.

“Il n’existe pas un Mali, mais au minimum deux. Nous avons, avec Serval, protégé le premier, celui du sud, au détriment du second, celui du nord. Nous sommes tous solidaires de cette erreur mais il convient d’en prendre conscience et de la réparer”, poursuit l’élu d’opposition.”La paix dans cette région essentielle de l’Afrique passe par une partition, forcément douloureuse mais il n’est pas d’autres solutions y compris pour nous, Français, engagés militairement sur zone”, selon Marsaud.

Source: Le Figaro

Balata


Well…ces gens là n’ont pas fini de jouer les pyromanes et nous, nous sommes incapables de protéger notre case.

Amadou O. Wane


La signification profonde du “soldat Ibk” est en référence à ses commanditaires, il est en effet président du Mali mais soldat de la France. Le parcours leur est rassurant mais decevant. De la Feanf au mirroir de la Sorbonne et à la cavalerie sur les Champs Elysées, de la corruption au service du goût du luxe et les voyages incessants et inutiles qui dilapident les finances d’un pays vidé de son sang, de la fraternité Tomi aux combines avec des rénégats touaregs via un faux accord de paix. Le “soldat Ibk” a échoué dans son rôle de trompe-l’oeil. Toutes les communautés y compris les nomades dans toutes leurs composantes le savent désormais. C’est le moment pour un remplaçant tout comme mais sentant moins mauvais, et la classe politique en est pleine.

Tout ceci au moment où les attaques contre l’armée sont de fait devenues des opérations de ravitaillement pour les attaquants, et ce voyage en Guinée équatoriale continue la tradition par volonté d’évasion et de loisir au mépris des problèmes d’un pays livré à la dérive. Non seulement le président est abonné absent mais l’abonnement est basé sur une organisation fictive. L’administration reste vautrée dans le mode de la corruption et de l’incompétence pour rendre plus soutenable la situation de crise financière d’un pays à la merci du train de vie dispendieux à sa tête.

On essaie de maquiller cette situation de crise aiguë par des opérations de diversion du genre fermeture de Rangold pour évasion fiscale, tiraillements entre ministères, hier entre finances et président de l’Assemblée pour son budget de souveraineté, pour faire croire à une rigueur impossible alors que tout le monde sait que le mal ronge Bamako. Enfin, on sait pouvoir toujours manipuler la fibre nationaliste… On essaie de masquer la déconfiture par la comédie d’un conseil de defense, etc.

Quand un pays se réduit en république bananière de la sorte, qu’il institue deux modes parallèles d’administration, élections municipales dans le sud, et autorités intérimaires dans le nord juste pour faire croire à l’illusion d’un accord “de paix”, il faut comprendre qu’il est aux orders. Il faut d’autant plus s’inquiéter quand le ministre français de la défense presse Bamako de prendre des initiatives politiques dans le nord du Mali (voir l’article ci-dessous). Parachever la décision formelle de partition du pays? C’est tout ce qui reste à faire. Car dans les faits les autorités intérimaires sont un moyen pour asservir la majorité de sédentaires par une infime partie de la minorité nomade par ailleurs ex-criminels pour beaucoup, qui se voient attribuer la majorité sinon 100% des sièges comme butin de guerre. Alors que tous savent que l’écrasante majorité de la minorité nomade ne prend pas part à cette comédie et n’aspire qu’à vivre en symbiose avec leurs frères séculaires. Oui vous entendrez de plus en plus les trompettes de la partition sonner, c’est la suite logique des soudaines attaques djihadistes dans le Mali profound. Les attaques djihadistes, les tribulations des rénégats touaregs du Cma et autres, les déclarations du député Ump Alain Marsaud (voir article ci-dessous), etc. montrent ce à quoi s’attendre quand les dirigeants à Bamako cessent d’incarner et répondre aux aspirations des peuples. C’est le résultat obtenu avec l’équipe faible de Hollande en attendant ce qu’on imagine de Juppé ou Sarkozy. À méditer autour du thé à la menthe.

Diadié Alpha

http://www.afriqueexpansion.com/fil-de-presse/3310-paris-appelle-bamako-a-prendre-des-initiatives-politiques-dans-le-nord-du-pays.html

http://malijet.com/actualite-politique-au-mali/flash-info/85680-le-depute-ump-alain-marsaud-il-y-a-au-moins-2-mali.html

Le Futur de la France en Afrique Subsaharienne – (1ière partie)

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Bamako – le 7 Novembre 2016 | par  Amadou O. Wane – Pendant des décennies, la France fut le leader traditionnel parmi ses anciennes colonies et d’autres pays francophones d’Afrique. Mais, ce leadership se confronte à plusieurs défis. Selon un document confidentiel de l’Ambassade américaine à Paris, les États-Unis prévoit une baisse progressive de l’influence française en Afrique. Cette analyse est basée sur plusieurs facteurs : une nouvelle génération d’africains émerge, les africains commencent à regarder au-delà de la France pour répondre à leurs besoins et la capacité de la France de consacrer des ressources à l’Afrique se heurte à d’autres priorités de l’hexagone.

Après une longue présence coloniale, qui a officiellement pris fin il y a à peine deux générations, la France reste engagée en Afrique francophone, où elle tente de maintenir son influence politique, économique et culturelle. En 2005, elle avait cinq bases militaires permanentes au Tchad, en Côte d’Ivoire, au Djibouti, au Gabon et au Sénégal. En outre, d’autres unités servent avec les forces multinationales dans plusieurs pays africains. Environ 11 000 troupes françaises sont stationnées en permanence ou en déploiement temporaire en Afrique, soit 63% de toutes les forces françaises situées hors de la France métropolitaine.

Sur le plan politique, la France organise des Sommets biannuels, en alternance entre la France et l’Afrique, auxquels beaucoup de dirigeants africains assistent.

Culturellement, la France dirige l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), un groupe qui comprend les pays de l’Afrique francophone et sert à renforcer l’influence de la France. Les pays africains francophones participent à cette organisation plus pour des raisons pragmatiques que sentimentales. La “Francophonie” reste un concept important dans certains pays africains, mais son rôle en Afrique semble être en déclin comme le cas de l’ancienne Indochine française.

Du point de vue africain, certains éléments du modèle français restent importants et difficiles à changer. Le système éducatif, les structures gouvernementales et bureaucratiques, et les moyens de conduire les affaires sont encore ancrés chez beaucoup d’anciennes colonies. La langue française reste une force unificatrice et neutre dans certains pays où plusieurs langues locales cherchent à être la langue dominante. Puis, savoir lire et écrire dans une langue occidentale est encore considérée comme essentielle. L’Afrique continue de jouir d’un statut unique au sein de la politique étrangère française.

Bien que les dispositions décrites ci-dessus restent en place et continuent à fonctionner, il n’est pas clair si elles vont permettre à la France d’influencer l’Afrique francophone comme elle l’a si bien fait au cours de la période postcoloniale.

D’autres forces générationnelles, démographiques et politiques font qu’il devient de plus en plus difficile pour la France de maintenir son influence presque hégémonique en Afrique francophone.

Comme ses prédécesseurs, le président Jacques Chirac cultiva des relations étroites avec les dirigeants africains pendant des décennies. Il considérait beaucoup d’entre eux, tels que Bongo du Gabon, Deby du Tchad et Sassou du Congo, comme des amis intimes. Ces relations et amitiés ont été un élément important de la politique africaine de la France pendant des années. Cependant, Chirac fut peut-être le dernier d’une lignée de dirigeants français capables de maintenir de tels liens.

Le changement générationnel et démographique en cours en Afrique est en train d’affaiblir les liens entre l’Afrique et la France. Fini le temps où un bon nombre de première génération de dirigeants francophones étaient membres des établissements français, comme Senghor et Houphouët-Boigny. Les dirigeants africains francophones d’aujourd’hui semblent moins enclins à se plier si facilement aux volontés du gouvernement français. Ceci est le résultat d’un déclin général du profil international de la France et aussi du fait que les Africains sont de plus en plus exposés à d’autres sociétés, comme les États-Unis. Certains dirigeants africains, tels que Laurent Gbagbo de la Cote d’Ivoire, Abdoulaye Wade du Sénégal et Ismail Guelleh de Djibouti, n’étaient pas si accommodants comme leurs prédécesseurs.

Alors que les Africains, en dehors de la domination française, assument plus de leadership dans les affaires du continent, le déclin de l’influence française est susceptible de s’accélérer. A suivre…

Publié dans InfoSept