Les Fausses Rumeurs de Riz en Plastique Créent une Hystérie Sans Fondement

BAMAKO –  17 Mai 2017 | par Amadou O. Wane –Depuis quelques jours, la presse malienne circule des rumeurs comme quoi du riz plastique se vend sur le marché. Ce « faux news » se propage dans le monde entier depuis un certain temps. Le terme « faux news » désigne une information erronée déguisée en véritables nouvelles avec un objectif spécifique à l’esprit. La prolifération des « faux news » a été amplifiée avec les médias sociaux.Depuis début 2011, les rumeurs sur le riz en plastique en provenance de Chine circulent dans le monde des réseaux sociaux. En février 2011, le magazine Raw Story et The Mary Sue ont publié des articles sur la prétendue controverse. Les deux articles ont conclu que les allégations n’étaient pas vraies. Entre 2011 et 2016, la rumeur apparaissait de temps en temps sur Internet. En octobre 2016, elle est apparue sur Facebook et a inspiré de nouveaux articles de presse.

Economiquement, le riz en plastique n’a pas de sens car il est plus coûteux de faire du riz en plastique que de récolter du riz naturel. Plusieurs vidéos présumées représentant la fabrication de faux riz dans les usines sont partagées sur Internet.

En mai 2015, la rumeur du riz en plastique est devenue virale en Indonésie. Un journal a écrit un article sur l’hystérie. Il a conclu que les tests avaient révélé que la rumeur était fausse. En outre, le gouvernement indonésien a annoncé qu’une série de tests effectués par le ministère du Commerce et le ministère de l’Agriculture n’avaient trouvé aucune substance plastique dans les échantillons de riz soupçonnés d’être importés de Chine.

En octobre 2016, la panique du riz en plastique était toujours forte à l’intérieur et à l’extérieur des États-Unis. Il convient de noter que ce genre de rumeur n’est pas nouveau. Les premières rumeurs remontent jusqu’à la fin des années 1850. Depuis la réapparition des rumeurs de riz en plastique en 2011, il a été impossible de confirmer que quelqu’un a réussi à substituer le riz en plastique pour le riz naturel.

En décembre 2016, CNN et BBC avaient signalé que les importations de riz en plastique étaient saisies par la douane nigériane. Cependant, le 24 décembre 2016, le ministère de la Santé du Nigéria a annoncé que les tests sur le « riz en plastique » avaient révélé que le riz n’était en fait pas en plastique.

Les autorités maliennes doivent informer rapidement le public et dissiper la fausse rumeur de riz en plastique. La propagation de ces fausses rumeurs peut avoir des effets négatifs sur l’économie et la confiance de la population.

Les Tripatouillages Budgétaires de 2010

BAMAKO – 15 Mai 2017 | par  Amadou O. Wane -Le gouvernement malien avait prévu qu’en 2010 les revenues de l’Etat augmenteraient de 9,6% par rapport à 2009 soit 1 101 milliards de F CFA. Cela s’explique en grande partie par les améliorations prévues dans la collecte des impôts et des douanes, y compris la création et la maintenance de bases de données fiscales et douanières informatisées ainsi que la création d’un nouveau bureau pour les moyennes entreprises. En plus de l’augmentation des recettes fiscales, la privatisation en 2009 de la société de télécommunication parastatale SOTELMA et le maintien des engagements de financement des donateurs internationaux ont stimulé les caisses publiques. Les promesses des donateurs qui fournissent un soutien budgétaire direct à l’Etat devraient atteindre 354,73 milliards de F CFA, soit 33% du budget. Selon le représentant du FMI au Mali, l’augmentation des recettes prévue par le GdM est raisonnable en tenant compte du fait que la croissance du PIB en 2010 était prévue à 4,3% et l’inflation à 2,5%. Le représentant nota, cependant, qu’il existait des risques pour ces projections. L’augmentation des revenus dépendrait, en partie, du gouvernement, suite à certains engagements politiquement contentieux. Cela comprend une réduction des subventions gouvernementales pour les produits pétroliers, qui avait atteint un sommet en 2008. Ces subventions avaient pour but de réduire le fardeau de la hausse des prix des aliments et des carburants pour les consommateurs maliens. Le deuxième engagement était une réduction de l’impôt sur le revenu des sociétés. Plutôt que de réduire l’impôt de 35% à 25%, comme le gouvernement l’avait prévu, le FMI a suggéré que le taux devrait être réduit à 30%.

Les allocations de financement du GdM reflètent les objectifs de la stratégie de réduction de la pauvreté et de la croissance économique, traduit dans le programme de Développement Économique et Social (PDES). Le PDES comprenait six objectifs : amélioration des services publics ; augmentation de la production agricole ; soutient au secteur privé ; réduction du taux de chômage chez les jeunes et les femmes ; développement du secteur social et réforme de la société. En 2010, le GdM décida de n’utiliser que 25 milliards de F CFA des 180 milliards reçu de la vente de la SOTELMA. Beaucoup de parlementaires et des donateurs internationaux considérèrent cette décision comme peu orthodoxe. Bien que la vente ait été achevée en 2009, le GdM comptabilisa le revenu de façon fragmentaire. Les fonds non utilisés pour le budget de 2010 furent déposés dans un compte de la BCEAO pour être utilisé en 2011 et 2012.

Afin d’assurer la transparence, le gouvernement envisagea d’allouer le reste des revenues de la SOTELMA dans le budget général. Les partis politiques de l’Opposition aussi bien que la communauté internationale étaient préoccupées du fait que le gouvernement avait réservé la majorité des fonds provenant de la plus grande privatisation du Mali pour l’élection présidentielle de 2012. En plus des inquiétudes concernant la manipulation du budget à des fins politiques, l’argent n’était pas utilisé pour financer des projets pour le développement économique tel que demandé par les donateurs bilatéraux et multilatéraux. En l’absence de subventions externes, de prêts concessionnels et de l’utilisation des recettes de privatisation de la SOTELMA, le déficit budgétaire global en 2010 devrait atteindre 39%. Le Mali manqua certains objectifs macroéconomiques convenus sous le programme de la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance (FRPC) du FMI.

Sous pression, le gouvernement promis de limiter les emprunts avec les banques nationales et régionales à 1% du PIB afin d’assurer la viabilité de la dette publique. Cette viabilité reposait sur des hypothèses optimistes concernant la production d’or. Une balance des paiements favorable dépendait du prix élevé de l’or sur le marché mondial.

En outre, le Mali reste très vulnérable aux fluctuations des marchés des produits de base, comme en témoigne en 2008 l’augmentation des prix des denrées alimentaires et des carburants. Et en raison du manque de diversification de l’économie, une baisse des envois de fonds et des recettes du tourisme, aurait de forts effets néfastes sur l’économie.

Le Pétrole Malien : Mythe ou Réalité

BAMAKO – le 13 Février 2017 | par  Amadou O. Wane – –Le gouvernement malien a travaillé fébrilement depuis 2004 pour relancer l’exploration pétrolière et rejoindre le club des producteurs de pétrole de l’Afrique de l’Ouest. L’adoption en 2004 d’un nouveau code pétrolier, la délimitation de quelque 700 000 kilomètres carré de territoire à travers le nord, la création d’une société nationale de recherche et d’exploration pétrolières (AUREP) relevant du ministère des Mines, de l’Énergie et de l’eau, ont permis d’accélérer considérablement les activités d’exploration.

Depuis sa création, AUREP a réussi à attirer cinq grands investisseurs pétroliers, notamment le Baraka Petroleum Limited. Les blocs d’exploration mis en place par l’AUREP sont concentrés dans cinq grands domaines ; le plus important étant le bassin de Taoudenni qui se trouve au nord de Tombouctou et couvre une superficie de plusieurs centaines de milliers de kilomètres carrés au long de la frontière mauritanienne. Le leader de la course pour le pétrole malien était Baraka Limited Petroleum. La compagnie australienne fut la première à signer des accords de partage de production avec le gouvernement malien en 2004, ressuscitant la quête d’hydrocarbures à Taoudenni après deux décennies d’abandon.

En 2005, deux autres firmes australiennes, Trans Ocean Securities et Sphere Investments, rejoignirent la liste des prospecteurs de pétrole opérant au Mali. Selon des rapports, les études géologiques et sismiques de Baraka à Taoudenni avaient donné des résultats encourageants. Ces études marquaient les premiers examens complets du bassin de Taoudenni. En 2006 les bassins d’Ahnet et d’Illizi produisaient environ 1,23 million de barils de pétrole brut par jour. Selon les estimations, le Mali pourrait extraire environ 900 millions de barils sur une période de 25 ans à partir du bassin de Taoudenni.

La découverte de plusieurs réserves de pétrole et de gaz a incontestablement le potentiel de transformer l’économie malienne. Le pays dépense chaque année des milliards de FCFA sur l’importation du pétrole, soit environ 20% de toutes les importations. L’ancien directeur de l’AUREP, Simpara et les élus du nord déclaraient haut et fort les avantages potentiels de l’exploitation pétrolière, en particulier pour les pauvres populations de ces régions. De nombreux habitants considéraient la découverte du pétrole non seulement comme une opportunité de relance économique pour tout le pays, mais aussi un moyen de créer des emplois et développer les infrastructures.

Cependant, tout le monde n’est pas aussi optimiste. Selon un haut fonctionnaire de TOTAL Mali, la viabilité économique des extractions de pétrole et de gaz dans les régions géographiquement isolées du nord du Mali est au mieux discutable. Beaucoup considèrent le climat d’investissement comme inhospitalier. De plus, à raison de 2,5 milliards de FCFA par kilomètre de pipeline, ce serait difficile pour le GdM d’attirer des investisseurs disposés à absorber les coûts élevés associés à la construction et à la sécurisation de pipelines s’étendant tout le long des côtes mauritaniennes ou algériennes. L’instabilité politique régionale et les activités terroristes sont également des obstacles importants à l’extraction et au transport du pétrole dans ce qui est déjà l’un des climats les plus inhospitaliers sur terre. Il y’ a aussi le risque qu’un changement de gouvernement pourrait provoquer l’expropriation des biens d’une entreprise ou de toute une industrie. Toute entreprise rentable dépend fortement sur la découverte de nouvelles réserves importantes, des prix élevés du pétrole, et de l’évaluation positive des risques associés à l’investissement dans une région historiquement instable. Dans ces circonstances, il est plausible que le Mali, en fin de compte, se contenterait d’une simple étude géologique à ajouter aux archives de l’AUREP plutôt que d’une vache laitière tant espérée.

En suivant l’histoire des découvertes de pétrole en Afrique, les maliens sont conscients des dangers. Dans les régions politiquement fragiles du nord, la découverte du pétrole a le potentiel d’aider soit à résoudre des inégalités de longue date, soit à les exacerber davantage. Selon un document déclassifié provenant de l’ambassade américaine à Bamako, beaucoup de gens estiment qu’en 2006 les attaques des rebelles Touaregs étaient probablement inspirées, du moins en partie, par le rythme accéléré de la prospection pétrolière dans la région. L’exploration pétrolière et le développement du nord sont inextricablement liés. En l’absence de bénéfices économiques tangibles, peu de gens accepteront la présence des forces de sécurité qui accompagneraient invariablement l’exploitation des réserves des champs pétrolifères.


FMI : “Il n’y a pas de production pétrolière au Mali et les perspectives en ce sens sont quasiment absentes dans le futur prévisible (au moins 10 à 15 ans). Cinq bassins sédimentaires ont été identifiés (Taoudéni, Tamesna, Illumeden, Nara et Gao) sur lesquels on compte 29 blocs dont jusqu’à 13 avaient été attribués à un certain moment. Toutefois, seules quatre sociétés ont significativement avancé dans l’exécution de leur programme et une seule (ENI-SONATRACH – Bloc 4, dans le nord malien, près de l’Algérie) s’est rendue au stade de forage exploratoire (sans toutefois avoir commencé aucun programme de forage). Malheureusement, il appert que le partenariat ENI-SONATRACH a souffert de différends importants. Le permis a ainsi été volontairement abandonné par ce partenariat, et ce avant même la récente période de troubles. Un autre bloc (potentiel de gaz et peut-être de pétrole), près de Bamako, serait également au stade de forage, mais les activités sont suspendues pour l’instant11. Il n’y a donc en ce moment aucune activité de recherche pétrolière au Mali et aucun projet d’exploration n’a jamais pu prouver la présence de pétrole (même si la recherche a assez avancée pour identifier des bassins à fort potentiel). Qui plus est, même en cas de découverte, l’acheminement du pétrole/gaz vers l’extérieur pose de nombreux problèmes logistiques12 et financiers et le marché intérieur est fort limité. Finalement, la grande majorité des blocs sont dans des régions où la situation sécuritaire est un enjeu majeur et il est donc peu probable que les travaux ne reprennent à court ou moyen terme. Bref, une production économiquement viable de pétrole malien ne demeure pour l’instant qu’une potentialité.”

Note du FMI – Aout 2013


Comment Obtenir un Titre Foncier au Mali?

PROCÉDURE ET LIEUX DE DÉLIVRANCE :

L’usager dépose un dossier comprenant (voir documents à fournir) : au secrétariat du directeur des Domaines et du Cadastre, ou au bureau des Domaines du Cercle, où le dossier est enregistré et où l’usager reçoit un numéro d’enregistrement.

Le dossier est transmis au chef de la conservation foncière pour être instruit. Celui‐ci adresse une correspondance accompagnée d’une copie du titre de propriété au directeur de l’Urbanisme pour avis en tant que responsable du schéma d’urbanisation.

Quand le chef de la Conservation Foncière reçoit le plan de la parcelle, deux cas de figure peuvent se présenter :

1°) La parcelle est soit sur un terrain non immatriculé

• Établissement du plan de délimitation dressé par le géomètre expert agréé suivant une des échelles mentionnées dans le CDF.

• Dépôt du plan établi dans le registre des formalités préalables à l’immatriculation, registre côté et paraphé par le juge de la circonscription.

• Remplir une réquisition d’immatriculation contenant le numéro chronologique tiré du registre des formalités préalables, rédigée par le chef de bureau (conservateur).

• Élaboration de 2 imprimés intitulés “avis de demande d’ immatriculation”: l’un est publier dans le journal d’annonces légales, l’autre est versé au dossier foncier.

• Transmission de l’extrait suivant bulletin d’envoi d’un placard :

– Au greffier du tribunal du lieu, pour affichage en l’auditoire et au retour du certificat d’affichage ; l’affichage à l’auditoire du tribunal se fait durant 30 jours.
– A la mairie du lieu de la situation du terrain pour affichage à l’attention du public et le 2ème numéro sur l’immeuble à immatriculer.
– Au procureur de la République pour information.

• Conserver le numéro du journal et l’unique copie de l’extrait dans le dossier foncier et y mentionner les jours et dates d’affichage au retour des certificats d’affichage.

• Observer un mois pour recevoir les oppositions. S’il y a opposition, la procédure continue jusqu’au règlement à l’amiable où par la voie judiciaire. Ensuite le géomètre expert est saisi pour fixer la date du bornage contradictoire.

• Un avis est inséré dans un journal d’annonces légales au moins 15 jours avant la date des travaux sur le terrain.

• Information à tous les voisins avec accusée de réception, l’autorité administrative de la localité, le requérant.

• Fixation des bornes par le géomètre.

• Rédaction du PV du bornage par le géomètre et sa signature par tous les participants

• Confection de la copie du TF à créer par le géomètre.

• Dépôt de la copie du TF à la Division Cadastre et Propriété Foncière pour contrôle et vérification.

• Création du titre foncier dans le livre de la circonscription le chef du bureau des Domaines. Le terrain s’appellera désormais par le numéro du titre qui vient d’être créé.

2°) la parcelle se situe sur un terrain déjà immatriculé

  • Procédure pour un morcellement.
  • Dépôt d’une demande de morcellement par le propriétaire du terrain.
  • Le chef de bureau du lieu de situation de l’immeuble fait délivrer une réquisition à un géomètre expert.
  • Le géomètre dresse le plan de délimitation du terrain.
  • Le géomètre dresse le procès verbal du bornage et confectionne la copie du Titre Foncier à créer et la transmet au bureau de la conservation foncière.

DOCUMENTS À FOURNIR :

  1. Demande timbrée à 500 FCFA adressée au Directeur Régional des Domaines et du Cadastre.
  2. Copie de l’acte de propriété de la parcelle.
  3. Copie de la carte d’Identité en cours de validité.
  4. Extrait du plan de situation de la parcelle.
  5. Lettre de réquisition.
  6. Droit de timbre 2 x 4 feuilles x 1.500 FCFA = 12.000 FCFA.
  7. Deux (2) photos d’identité du requérant.

COÛT LÉGAL :

Droit d’enregistrement 15% du prix de la parcelle
Droit de mutation 0,9%

DÉLAI D’OBTENTION :

Maximum 6 mois

RÉFÉRENCES :

Décret 114 et 115 /P‐RM du 06 mars 2006 du Code Domanial et Foncier portant fixation des prix de session et des redevances des terrains urbains et ruraux du domaine privé de l’Etat, à usage commercial, industriel, artisanal, de Bureau, d’Habitation ou autres.

SERVICES À CONTACTER :

Secrétariat du Directeur des Domaines et du Cadastre, ou au Bureau des Domaines du Cercle


Source:http://demarchesadministratives.gouv.ml/demarches/afficher/Titre-foncier

Randgold Veut Garder de Bonnes Relations Avec Le Mali

Bamako – le 8 Novembre 2016 | par  Amadou O. Wane -Randgold Resources Ltd., souhaite améliorer les relations avec le gouvernement malien pour éviter de futurs litiges fiscaux selon un article de Bloomberg News.
“Nous devons travailler pour améliorer notre relation avec le gouvernement du Mali”,  a déclaré Mark Bristow co-fondateur et PDG de Randgold.

Randgold a annoncé qu’elle verserait 15 milliards de FCFA pour résoudre une dispute de trois ans concernant les paiements d’impôts entre 2011 et 2013. En octobre, le gouvernement malien avait fermé les bureaux de la compagnie à Bamako et bloqué ses comptes bancaires pendant 10 jours.

Bristow a rencontré le ministre des finances et de l’économie du Mali, Boubou Cisse, le week-end du 22 octobre pour trouver une solution. Le Mali avait exigé un paiement supplémentaire comme condition de la réouverture des bureaux de Randgold.

Communiqué du Conseil des Ministres du Mercredi 12 Octobre 2016

Comme par hasard, une grande partie de nos infrastructures vitales sont dans les mains de compagnies françaises.

Il faut que les maliens sachent que c’est le prix qu’on paye pour notre mendicité. Quand c’est la France qui comble notre budget chaque année, what do you expect? They got to get something in return.

Chaque fois qu’on tend la main, on donne une part de notre liberté en échange. Pour nos leaders, ca n’a pas d’importance du moment qu’ils reçoivent un confort pour eux et leur famille… the country be damned!

Amadou Wane
—————

AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES :

1. Un projet de décret portant fixation du prix du carnet de passeport et des droits de timbres y afférents et la rémunération de l’entreprise adjudicataire du contrat de concession pour la fourniture d’un système informatisé de production des passeports au Mali :

Dans le cadre de la sécurisation de certains documents nationaux, le Gouvernement de la République du Mali a conclu le 21 octobre 2015 un contrat avec la société OBERTHUR-TECHNOLOGIES-SA pour la fourniture d’un système informatisé de production des passeports au Mali.
Le présent projet de décret est adopté dans ce cadre.

Il fixe le prix unitaire de la délivrance du passeport biométrique à 55 mille francs CFA tous droits et taxes compris.

Il détermine la clé de répartition du prix unitaire du passeport ainsi qu’il suit :

– 6 mille 150 francs CFA pour le prix du carnet de passeport ;

– 12 mille francs CFA pour le montant des droits de timbre ;

– 36 mille 850 francs CFA pour la rémunération du concessionnaire.


D’accord avec toi, mon frere. On ne peut pas parler de dignite dans la dependance.

Kalifa


Bonjour à tous,

Je pensais être le seul à être exaspéré par ce genre de chose. “Chaque fois qu’on tend la main, on donne une part de notre liberté en échange”. Il faudrait que le maximum de maliens comprennent et assimilent cette phrase. Cela m’exaspère d’autant plus que cela limite l’émergence de grandes entreprises “malienne”, donc de création d’emploi en masse. Tant qu’on continuera à fonctionner de cette manière le marché de l’emploi au Mali se résumera toujours à la fonction publique.
En ce qui concerne les domaines du numérique, cela mets plein de blocages aux initiatives des jeunes entrepreneurs malien.
On sait que ce n’est pas une question de compétence qui manque pour réaliser ce genre de projet. Je prend pour exemple les cartes Nina réalisées par Safran. Je connais des ingénieurs maliens qui ont activement participé au projet en tant qu’élément clés de la réussite du projet. Avec des dirigeants engagés on aurait pu (plus difficilement surement) mettre en place un dispositif et faire appel à des équipes mixes extérieurs/malien pour réaliser le projet et préparer un transfert de compétences. Les pays asiatique le font très bien.

Mais bon il faut aussi être réaliste. Celui qui finance un projet est celui qui choisit à qui les donner.

Je me pose une question. Le Mali n’a t-il aucun moyen jusqu’à ne pouvoir financé à 100% aucun projet important pour le pays (Carte Nina, passeport, plateforme de l’université de Bamako….)?

Cdlt.

Cordialement

HAIDARA Badi


Le rapport du vérificateur montre à suffisance que le Mali dispose de ressources pour financer de tels projets (transfert de compétences et création d’emplois). D’accord qu’il nous manque initialement beaucoup de compétences mais faisons en sorte que le premier projet puisse servir de base à la mise en place de compétences nationales pour assurer la continuité de certains projets dont la mise en œuvre ne demande pas un survol de la planète Mars. Depuis l’indépendance nous tournons en rond. Pourquoi investir dans la formation si nous demandons pas à ses techniciens de se décarcasser un peu.
Notre démocratie est-elle devenue un chantier de services de passation de marché? Les produits étiquetés maliens ne bénéficient pas de l’attention de la classe dirigeante. L’exemple pattant est celui de l’usine de montage des tracteurs de Samanko. Dans le cadre de la mécanisation agricole à outrance du pays au lieu d’en faire une bouffée d’oxygène pour l’unité de Samanko mise en place par l’état, ce dernier se permet de passer par d’autres voix pour s’approvisionner en tracteurs. Voila comment agissons-nous les intellectuels et que ferons les autres.

Mariko


Les Causes Profondes de l’Abandon du Franc Malien en 1975

Bamako | le 03 Octobre 2016 | par Amadou O. Wane –En 1975, la situation économique du pays était précaire ; le Mali venait de sortir de 3 ans de sécheresse. Les maliens étaient désespérés et pensaient que les difficultés économiques allaient engendrer une crise politique. L’opposition n’avait pas de moyen de s’exprimer ; le gouvernement avait interdit tout activité politique. La corruption était rampante parmi la classe dirigeante, et le people les abhorrait. L’ancien ministre des finances, Thieoule Konate, était connu pour avoir fait une fortune en détournant les revenues de l’usine d’huile d’arachide, avant d’être renvoyé.

Les entreprises étatiques perdaient beaucoup d’argent à cause du népotisme, des détournements et des problèmes de sureffectif. Les hommes d’affaires libanais de Bamako étaient réticents de s’investir dans les entreprises d’État. L’inflation était le facteur le plus déstabilisant ; le régime militaire fut blâmé pour être responsable des problèmes économiques du pays.

L’inflation eut un impact négatif sur le salaire des plus pauvres. Avec peu de choix, beaucoup trouvèrent des moyens illégaux pour subvenir à leurs besoins. Les intellectuels et les plus aisés commencèrent à demander plus de pouvoir politique. Mais le régime était bien en place. Ni l’armée, ni la police ne montra aucun signe de désaffection, et il n’y avait aucune autre force dans le pays qui pouvait s’opposer à eux. Avec une économie en difficulté, le nombre des crimes violents augmenta ; il était devenu imprudent de se déplacer à Bamako après minuit.

Le problème était si profond que le Mali ne pouvait espérer avoir une autonomie économique pendant très longtemps. Pourtant le gouvernement continuait à dépenser plus que ses revenues. Cette irresponsabilité fiscale causa un grand déficit de la balance des paiements. Seule l’aide étrangère, particulièrement celle de la France, la Communauté Européenne, le Canada, la Chine et l’U.SS. R sauva le Mali d’un effondrement économique. La majorité de l’aide américaine était de nature humanitaire sous forme d’aide alimentaire, et de projets d’amélioration de la production agricole. Cette aide avait peu d’effet sur les finances de l’état.

Un plan de redressement économique fut envisagé. Le Plan de Développement 1974-1978 était très important pour le gouvernement ; mais son mis en œuvre était impraticable. A part les secteurs de l’agriculture et de l’élevage, il y avait peu de planification. La majorité du plan était plutôt une liste de projets que le gouvernement voulait voir financé ; il n’y avait pas de cohérence entre les projets, donc une stratégie nationale était absent. En outre, les pays donateurs n’étaient pas convaincus que le plan allait aider le Mali à sortir de sa crise économique. Le gouvernement voulait que les donateurs financent 85% des projets, les plaçant ainsi en position de force. Chaque donateur choisit les projets qui lui intéressaient et qui étaient en harmonie avec ses propres priorités. En fin de compte, le plan de développement fut un échec.

Le malaise économique devint si sérieux que le 10 juin 1976 le ministre des finances, Amadou Baba Diarra s’envola à Paris pour rencontrer le président français, Valérie Giscard d’Estaing. Selon des sources provenant de l’ambassade française à Bamako, le franc malien s’effondrait petit à petit. En 1975, les réserves d’échange du franc malien étaient en déficit de près de 445 milliards de FCFA, corrigé de l’inflation, à la Banque de France. Pour arrêter l’hémorragie monétaire, la France commença à renforcer les dispositifs bloquants. Pour recevoir l’aide française, le Mali fut obligé d’entamer une restructuration des entreprises d’État et abandonner le franc malien pour le franc CFA comme devise nationale.

Un autre point de discussion entre le ministre et Giscard fut l’énorme déficit budgétaire de 79 milliards de FCFA, corrigé de l’inflation, pour l’année fiscale 1976. Depuis bien longtemps, le Mali n’était plus capable de financer ses projets de développement et le fonctionnement de l’état. Le gouvernement français était la source d’aide la plus importante avec la Communauté Européenne à la seconde place. Avec tant de pouvoir entre les mains de la France, le régime critiquait peu la politique française au Mali et en Afrique ; après tout, seuls les ingrats mordent la main qui les nourrit.

Plus de 40 ans après, le Mali fait encore face aux mêmes problèmes économiques qu’en 1975. L’état continue d’opérer au-dessus de ses moyens. Les nouveaux emprunts contractés chaque année érodent la souveraineté et l’indépendance du pays. Le seul remède pour le Mali est une prescription de discipline budgétaire ; mais ce remède semble trop amer pour l’actuelle classe dirigeante. Par conséquence, les prochaines générations continueront à payer les folies budgétaires du passé et du présent.


Bonjour Mariko,

Moi je pense que l’un des grands problèmes du Mali est notre incapacité d’entreprendre une discipline fiscale.

Chaque gouvernement dépense comme si il n y a pas de demain. La dette nationale est une forme d’esclavage financier. Il y’ a un “je-m’en-foutisme” géneralisé.

Amadou Wane


Bonjour Wane,

Pour asseoir son indépendance économique le Mali s’est forgé une monnaie nationale: le franc malien. La création du franc malien le 1er juillet 1962 en remplacement du franc CFA et l’évacuation des bases militaires françaises du territoire national ont été des signaux forts de rupture avec l’ancienne métropole.Dans la croyance populaire voire chez bon nombre d’intellectuels notre franc était en rupture totale avec le système colonial. Par la suite après le coup d’état il apparait que le lien notamment financière était bien présent. Nous ne sommes pas arriver à réaliser l’indépendance financière. Quelles en sont les raisons profondes. Pouvait-on l’éviter? Est-ce que nous ne saurions plus voler de nos propres ailes? Vous reconnaissez que plus de 40 ans après, le Mali fait encore face aux mêmes problèmes économiques qu’en 1975 après avoir été géré par des démocrates patriotes dit-on par ailleurs.
Merci
Mariko


Cela pourrait faire partie des discussions lors des concertations nationales. Les causes de cet “échec collectif” aussi sur le plan économique (bien que je sois personnellement réservé sur cette vision).
Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


Merci, en résumé l’irresponsabilité et l’insouciance des cadres en sont les causes majeures.
Quels remèdes?
Mariko


Mariko,

Nous connaissons tous la solution: arrêter de nous endetter et vivre selon nos moyens. Comme je l’ai dit dans l’article ce remède est trop amère , en premier lieu pour Koulouba et Bagadadji.

La population vit dans la précarité depuis l’indépendance de tous les façons. Je pense que c’est la classe dirigeante qui est l’obstacle premier.

Amadou O. Wane


Merci pour l’article, Amadou.

Rien n’a changé (ou plutôt peu de choses ont changées) de 1975 à maintenant parce que les revenus n’ont guère changés. En 1975, le Mali vivait des recettes d’exportation du coton et de l’or, c’est également le cas aujourd’hui. Period.

On peut également pointer du doigt d’autres maux tels que corruption, mauvaise gestion, népotisme… ou même notre “lâcheté” comme diront certains, LOL. Cela dit, à mon avis ces maux sont plus la conséquence que les causes de l’économie de pénurie dans laquelle nous nous trouvons et qui ne génère pas suffisamment de ressources pour tous les habitants du pays. On peut également citer de lourdes contraintes géographiques pas encore surmontées : enclavement, désert, aridité des sols, sècheresse… etc, qui font que le combat pour le développement est une guerre contre la géographie.

Quoi qu’il en soit, fonder son développement économique sur l’exportation des seules matières premières est une proposition perdante pour une raison très simple : sur le long terme, le prix des matières premières chute inexorablement (hormis celui de certaines ressources stratégiques telles que le pétrole, et même là c’est discutable).

A ce sujet, voir l’évolution du prix des matières premières sur un siècle : http://www.economist.com/node/3651836

20161003-commoditiespriceindex

Voir surtout le cas de la Côte d’Ivoire qui connaissait des taux de croissance à 2 chiffres pendants certaines années de la décennie 70 mais qui a connu un réveil brutal avec l’effondrement des cours du café et du cacao :

Houphouët-Boignycontre les spéculateurs

Sur youtube, on peut toujours voir et entendre cette interview accordée par le Président Houphouët-Boigny à une journaliste européenne : « Le prix de la tasse de café et de la tablette de chocolat grimpe et le prix d’achat de la matière première baisse : c’est de la pure spéculation. Tant que l’esprit de la spéculation présidera aux échanges entre pays du Nord et du Sud, il n’y aura pas de solution à nos problèmes.

Du jour au lendemain, le prix de nos matières premières sur lesquelles nous comptons pour l’amélioration de nos conditions de vie a baissé de moitié. Mais nous, nous sommes obligés d’accepter. On nous répond à chaque fois que c’est la loi du marché… ».

En résumé, lorsque vous exportez des matières premières et importez des produits finis dont le prix ne cesse de croitre (comme c’est le cas de nos économies), vous perdez de l’argent.

Cela, les Pères des Indépendance (certains du moins) l’avaient parfaitement compris, en tout cas mieux que nos contemporains si j’en juge par le fait que tout ceci est totalement absent des débats politiques actuels. Ici au Mali (comme ailleurs), le premier gouvernement avait très bien compris les problématiques qui assaillaient les jeunes états indépendants :

Sous leur formes actuelles, ces états étaient peu viables, d’où l’opposition de certains à la balkanisation des ensembles AOF / AEF et la formulation de divers projets de fédéralisme.

Prise de conscience de la faiblesse des revenus des nouveaux pays indépendants, d’où la nécessité de diversifier et d’industrialiser l’économie afin de ne pas dépendre des seules exportations de matières premières.

Hélas, dans le cas du Mali, les réponses à ces 2 problématiques ont été des échecs :

Il n’y a pas eu de fédération à 2 (Soudan + Sénégal), à plus forte raison à 4 (Soudan + Sénégal + Haute-Volta + Dahomey).

La tentative d’industrialisation sur un modèle socialiste a été rejetée par les maliens.

Depuis, nous avons jeté le bébé avec l’eau du bain : les efforts de fédéralisme ont été abandonnés (le seul “fédéralisme” proposé aujourd’hui renvoie au morcellement des états existants, cf “accords de paix” sur le Nord du Mali).

C’est pourtant pendant ces premières années d’indépendance que nous avons réalisé le plus de progrès comme le rappelle l’économiste Ha-Joon Chang :

Cela dit, je pense que l’Afrique n’a rien gagné de 20 ans d’ajustements structurels. Durant la politique de la substitution des exportations dans les années 60 et 70, le PIB par tête d’habitant a connu une croissance de 1,6% en moyenne par an. Sur les trente dernières années et même en incluant les dix années de boom des matières premières, cet accroissement du PIB/hbt a été de 0,2% par an. Cela veut dire qu’en trente ans, ce ratio ne s’est accru que de 6%, soit ce que fait la Chine en 6 mois. Il est largement prouvé que les leçons de la Banque Mondiale n’ont pas marché en Afrique.

Entretien croiséentre Carlos Lopes et Ha-Joon Chang

D’où la stagnation.

Make no mistake : aussi longtemps que nous resterons dans ce paradigme (morcellement des états + néolibéralisme / ajustement structurel), Il n’y aura ni progrès, ni développement et dans 40 ans, tu pourras réécrire le même article.

Stephane K. Bombote


En 1975 (il y a 40 ans!!!) le Mali avait pour projet de développement économique une liste de projets à financer dont la mise en oeuvre aurait été le tremplin pour le développement. On pourrait bien rire de ça aujourd’hui; mais comme le pointe Amadou, c’est la même chose qu’on fait aujourd’hui. Merci d’avoir traduit cette note de l’ambassade des USA. Le cablegate est une véritable mine d’or.

A. Karim Sylla


“Diesel Sale” au Mali et en Afrique

Le carburant sale qui contient beaucoup de soufre — jusqu’à 5500 parts par million (ppm) alors qu’en Europe les normes sont de 10 ppm. La conséquence est un accroissement des problèmes respiratoires et le cancer des poumons. Même les voitures récentes qui ont des pots d’échappement qui captent les émissions de soufre contribuent à la pollution du fait que le haut taux de soufre détruit les pots. Le Mali semble être le plus affecté. Quelque chose qu’un arrêté ministériel peut changer.

______________________
A. Karim Sylla

_________
Matières premières : comment les traders suisses écoulent du carburant toxique en Afrique
15 Sept 2015 | Le Monde | Simon Piel et Joan Tilouine

Dans l’enquête intitulée « Diesel sale », l’ONG Public Eye (ex-Déclaration de Berne) dévoile les pratiques peu scrupuleuses de traders pétroliers suisses en Afrique. Quatre enquêteurs ont travaillé durant trois ans pour percer les mystères toxiques de l’essence et du diesel distribués sur le continent africain par les géants suisses du négoce de matières premières.

Les résultats de cette enquête publiée jeudi 15 septembre sont sans appel : les carburants écoulés en Afrique ont une teneur en soufre entre 200 et 1 000 fois plus élevée qu’en Europe, mettant gravement en péril la santé de populations exposées aux particules fines et à d’autres substances chimiques cancérigènes.

Des produits toxiques ajoutés aux carburants pour augmenter les profits

Pour augmenter leurs profits, les traders effectuent des mélanges avec des produits toxiques et particulièrement nocifs pour l’environnement et pour la santé. Des opérations souvent risquées qui s’effectuent à quai, notamment à Rotterdam, Amsterdam et Anvers, ou en pleine mer à quelques miles des côtes de Gibraltar ou des ports d’Afrique de l’Ouest.

Les traders ont un nom pour qualifier ces produits pétroliers : « qualité africaine ». Ce carburant toxique est écoulé en Afrique de l’Ouest où les négociants en matières premières profitent de réglementations qui permettent encore l’importation de diesel et d’essence contenant un taux de soufre très élevé. Ils en ont fait un marché parallèle et opaque.

Dans les stations essence de Trafigura, Vitol ou Oryx

Public Eye a effectué des prélèvements dans des stations essence de huit pays africains (Angola, Bénin, Congo-Brazzaville, Ghana, Côte d’ivoire, Mali, Sénégalet Zambie) détenues ou alimentées par ces maîtres du négoce pétrolier, comme Trafigura, Vitol ou Oryx. Plus de deux tiers des échantillons contiennent un taux de soufre supérieur à 1 500 parties par million (ppm). Avec une pointe à 3 780 ppm au Mali. La limite est de 10 ppm en Europe, aux Etats-Unis et même en Chine, à compter de 2017.

Les grandes villes africaines pâtissent déjà d’une qualité de l’air déplorable et d’une urbanisation préoccupante. D’ici 2050, la population urbaine devrait tripler sur le continent. Et le nombre de véhicules devrait considérablement augmenter. Les grands acteurs suisses de ce marché du « diesel sale » disent respecter les normes en vigueur. Et ils insistent sur les efforts fournis par l’Association des raffineurs africains (ARA), une organisation basée… à Genève et dont ils sont membres, pour améliorer la qualité des carburants qu’ils importent, mélangent, revendent et distribuent sur le continent.


Vous trouverez un résumé de 28 pages du rapport de Public Eye en français ici
https://www.publiceye.ch/fileadmin/files/documents/PublicEye/PublicEyeMagazin/PublicEye2016-09_LeMagazine_no1.pdf

Le rapport lui-même (en anglais) peut être téléchargé ici
https://www.publiceye.ch/fileadmin/files/documents/Rohstoffe/DirtyDiesel/PublicEye2016_DirtyDiesel_A-Public-Eye-Investigation.pdf

Ce n’est pas pour rien que les motocyclistes ont des mouchoirs sur le visage quand ils circulent. Et apparemment certains gouvernements en Afrique ont déjà pris des actions.

[…] le Burundi, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda et la Tanzanie ont, dès janvier 2015, abaissé la limite de soufre admise à 50 ppm. Mieux, ils ont prouvé que les autres gouvernements, notamment en Afrique de l’Ouest, souhaitant les imiter ne doivent pas craindre une hausse des prix des carburants à la pompe […]

______________________
A. Karim Sylla


Merci Karim pour ces infos éclairant comme toujours d’ailleurs.
Une autre preuve éloquente que l’Afrique vit du résidu économique et commercial mondial qui fait d’elle la plus grande poubelle du monde.
Fabou


Absolument vrai que l’ Afrique vit du résidu économique et commercial mondial qui fait d’elle la plus grande poubelle du monde.

Mais je ne crois pas qu’ un arrêté ministériel à lui seul suffise pour arrêter ça.

Il faut d’ abord les conditions matérielles, objectives en amont ou commitamment avec l’ arrêté ministériel: infrastructures d’ analyse des échappements et de détection des matières nuisibles et aussi des ressources humaines capables de le faire.

Puis il faut les conditions subjectives: l’ apprêtation mentale à le faire correctement sans magouilles.

Donc il faut une préparation minitieuse de tout ça. Est-ce que la volonté politique existe en dehors des déclarations et du minisme de modernisme ?

Passez en revue la génèse du dernier scandale de VW et autres magnats de l’ automotive aux USA et en Europe.

Bien cordialement

M. Diagayété


Objectivement il faut pouvoir tester pour être sûr que les gens respectent les normes.

Mais un état c’est aussi un gros bâton. Le ministre peut faire aujourd’hui un arrêté qui dit que la nouvelle norme sera de 10 ppm de soufre ou autres composantes — il serait mieux que ce soit au niveau CEDEAO; le Mali n’ayant pas de raffinerie.

Sans même le pouvoir de contrôler — chose qu’on pourra acquérir avec le temps — il est possible de mettre fin à cette situation. Si les contrevenants s’exposent à de lourdes peines de prison et de très fortes amendes, ils auront une raison de respecter la loi. On pourra faire des échantillons à conserver jusqu’à ce qu’on ait le matériel.

________________________
Karim Sylla


A l’ intérieur de l’ UMEAO la RCI seule représente 40% de l’ économie. Le Mali vient dans le meilleur cas en 3ème, sinon 4ème position. Dans la CEDEAO le Mali est encore plus faible du point de vue économique.

Donc il faut effectivement agir à l’ intérieur de la CEDEAO: éveil de conscience puis investissment partagé au début de la chaine, à la production de carburant pauvre en souffre et non au bout de la chaine, à la consommation.

Le Mali est un importateur consommateur. Là un boycott du Mali viendra très rapidement au bout d’ une mesure unilatérale malienne.

Maintenant c’ est à se demander si la RCI, le Sénégal, eventuellement le Nigeria, par où les livraisons viennent au Mali, ont de raffineries en quantités suffisantes pour la livraison vers l’ intérieur – hinterland. Ou bien le Mali crée des raffineries de relais à Sikasso, Mopti, Bamako, etc. pour fournir le marché intérieur en carburant pauvre en Souffre.

Une autre alternative serait une technologie ou on traite le carburant directement avant vanat la livraison au consommateur. Existe-t-elle ?

En tout état de cause, il ne faut pas commencer par punir les consommateurs ou les pauvres intermédiaires que sont les propriétaires de stations. La lutte contre la pollution est une lutte de longue durée. Elle doit etre bien planifiée pour avoir un succès durable.

Le Mali n’ est pas comme les USA, l’ Allemagne ou meme pas comme la Chine. Si possible de procéder par étapes il faut le faire. Parmi ces étapes il y a aussi la sensiblisation des consommateurs et des fournisseurs.

Il y a aussi l’ etat des véhicules sur lequel il faut avoir un oeil …

Le tout dépendra de la volonté politique et du pouvoir d’ imagination.

Bien cordialement
M. Diagayété


Validé Malobbo!
Le rôle de tout Etat, que dis je, de Tout Etat responsable est de créer l’environnement politique, économique et social nécessaire à l’épanouissement des individus et des collectivités. Cette mission régalienne ne semble point fait partir des préoccupations des Etats Africains en général et du notre en particulier.
Il y a donc encore beaucoup d’espace pour LE TRAVAIL BIEN FAIT
Bien à vous
Fabou


Le DG de l’ONAP confirme de fait que le taux de soufre est élevé dans l’essence au Mali — il ne semble pas se rendre compte que c’est justement ce que l’ONG reproche au Mali et aux pays voisins; 0,5% (qu’il évoque) équivaut à 5000 ppm; ce taux est de 0,0010% en Europe, 0,0015% aux USA et 0,0050% au Rwanda.

Si 0,5% est la norme au Mali, alors il faut changer cela.

_______
http://malijet.com/a_la_une_du_mali/165997-zoumana-m-coulibaly-dg-de-l-onap-notre-carburant-est-tres-bien-c.html

Sur la polémique du carburant toxique, le directeur général de l’Onap, Zoumana Mory Coulibaly, rassure les consommateurs maliens. Interrogé par l’ORTM, M. Coulibaly fera remarquer que le Mali respecte les normes internationales. “Le taux de soufre est de 0.5 % qu’on nous dise si ce taux n’est pas dans les normes”, s’est-il exclamé.

Si l’on s’en tient aux explications du DG de l’Onap, le carburant malien est contrôlé à tous les niveaux jusqu’à la pompe. Pour corroborer sa thèse, il a laissé entendre que “même les pays voisins achètent du carburant au Mali, alors si c’était une mauvaise qualité…”

______________________
A. Karim Sylla


Une Direction Nationale de l’ Economie Numérique

AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE NUMERIQUE ET DE LA COMMUNICATION :

Sur le rapport du ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, le Conseil des Ministres a adopté des projets de textes relatifs à la création, à l’organisation, aux modalités de fonctionnement et au cadre organique de la Direction nationale de l’Economie numérique.

Les présents projets de texte créent une direction nationale de l’économie numérique pour assurer l’élaboration des éléments de la politique nationale des télécommunications, des technologies de l’information et de la communication (TIC) et des postes et d’assurer sa mise en œuvre.

La direction est organisée en cinq divisions en ligne et deux services en staff, avec une prévision d’effectif d’environ une soixantaine d’agents.

La création de la Direction nationale de l’Economie numérique contribuera au développement de l’économie numérique, en particulier la mise en œuvre des actions de la Politique nationale de Développement de l’Economie numérique, adoptée par le Gouvernement en février 2016.

Communiqué du Conseil des Ministres du 31 août 2016


Enfin le gouvernement commence à comprendre qaue l’ èconomie Numérique n’a rien à voir avec le griotisme pour le Gouvernement (= Porte-parole du Gouvernement).

Il faut complètement séparer ces deux ressorts. Une petit premier pas est fait en créant une Direction Nationale de l’ Economie Numérique.

Pour un pays comme le Mali, il faut un ministère de l’ Économie Numérique.

Faty


Espérons que l’animation de cette direction soit à hauteur de souhait.
Il y a des structures qui sont dans la léthargie depuis plus de dix (10) ans.

Bonne rentrée aux uns
Bonne journée à tous

Mamadou Diarra


Je crois qu’il ne serait pas inutile de déterminer ce à quoi correspond l’“économie numérique” au Mali. Quel type d’activité économique a lieu dans ce secteur? Quel apport à l’économie nationale? Quel rôle jouent ou joueront les différentes structures (AGETIC, AMRTP, Plan Mali numérique 2020, etc.)?

Par exemple, Mali numérique 2020 était en discussion sur ce réseau il y a deux ans. Atelier de validation en fin novembre 2014, adoption en conseil de ministre en fin mai 2015, apparemment encore en attente d’autres permis… Pour un programme conçu en 2011, c’est à deux doigts de la date de péremption.

La nouvelle direction semble afficher un agenda “analogue“ – et un pressentiment peu réjouissant.

Mohomodou


Mohomodou,

Au Mali on aime mettre la charrue avant les bœufs. Sinon, la priorité doit être l’infrastructure numérique.

C’est comme essayer de construire une industrie automobile dans un pays sans route.

Le problème de connexion doit être résolu d’abord.

Amadou O. Wane


C’ est toujours la même chose: c’ est la mimique de modernisme. Tout le monde en parle, parlons en.

Pour être pédant: sans infrastructure (base matérielle) aucune superstructure (organisation, utilisation, gestion de la même base, etc.) ne peut fonctionner. Il faut que ça ca rentre dans les têtes une fois pour toutes.

M. Diagayété


Dans la même veine, j’aimerais que quelqu’un parle un peu de ce que l’Agetic a réalisé.
Je peut affirmer, de ce que je sais, que l’Administration n’est pas connectée; quand elle l’est ça fonctionne cahin-caha…
Le Mali, de façon générale est mal connecté: quand le Sénégal est déjà à la 4G, notre 3G ne fait que nous tourmenter.
Qui pour nous sortir de cet autre trou, car nous savons qu’il y’en a plusieurs…

Salihou GUIRO, consultant
Commerce, Logistique et Transport