Le Mali Se Communautarise

Quand un Etat est incapable d’assurer la sécurité pour tous ses citoyens, cet Etat laisse un vide qu’il faut combler d’une manière ou d’une autre.

C’est ce qui se passe depuis l’avènement de la rébellion touarègue au Nord du Mali.

Nous assistons chaque jour à la création d’une association, d’un mouvement ou d’un groupe d’autodéfense, sous le regard passif des autorités qui ne font qu’acter.

Depuis hier 21 Mai 2017, la communauté de culture Songhay vient ajouter à la longue kyrielle de mouvements communautaires, «Ir Ganda », qui veut dire « Notre terre ».

La naissance de ce énième mouvement, qui ne sera pas le dernier, est diversement interprétée dans l’opinion nationale malienne.

Les populations meurtries, victimes des attaques quasi quotidiennes, voient en « Ir Ganda », un espoir de protection, en l’absence d’un Etat défaillant, qui de toutes les façons ne maitrisent plus son destin avec la présence des forces étrangères sur son sol.

Les autres mouvements communautaires et groupes armés existants, voient en « Ir Ganda », un ennemi déclaré qui viendra rebattre les cartes géopolitiques de la région.

Quant à l’Etat, il est pris entre l’étau et l’enclume. Même incapable d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens dans les zones de conflits, l’Etat ne pourrait applaudir la naissance d’un énième mouvement communautaire. Et comme il n’a jamais levé le petit doigt contre la création des mouvements déjà existants, il ne peut pas combattre aussi la naissance de nouveaux mouvements, comme c’est le cas de « Ir Ganda ».

Aujourd’hui au Mali, il y a toutes sortes de mouvements communautaires et de groupes armés : Nous avons des associations culturelles régionalistes, ethniques au sein de presque toutes les communautés du Mali.

Face à cette communautarisation du Mali, que faire ? Rien, sinon que de constater. Ce qui pourrait nous conduire à une division du Mali en plusieurs morceaux. Si aujourd’hui, les communautés les plus en vue dans cette communautarisation, sont celles des régions du Nord et une partie du centre, demain, ca pourrait toucher les communautés de l’Ouest, du sud. Les communautés ne faisant plus confiance à l’Etat central, n’hésiteront plus à tenter de se prendre en charge, ou de faire pression sur l’Etat.

Nous avons vu, comment les communautés de Kayes avaient fait pression sur l’Etat pour obtenir la construction d’un deuxième pont à Kayes.

L’unique remède contre la communautarisation du pays est selon moi, un Etat fort, fondé sur une justice sociale équitable pour tous, avec des dirigeants intègres et exemplaires. Un état fort se construit dans le temps avec des hommes et femmes convaincus. Le Mali que nous avons connu a cessé d’exister, Il nous faut le refonder pas à pas, mais déjà il urge de rétablir la justice sociale, pierre angulaire de toute coexistence pacifique intercommunautaire.

Difficile de ne pas accepter la naissance de « Ir Ganda », même si, ni «Ir ganda», ni CMA, ni Gatia, j’en passe, ne sont des solutions pérennes à l’existence de l’Etat malien.

L’état malien, doit reprendre sa place laissée aux mouvements communautaires, mais pour ce faire, il lui faut reconstruire une Armée forte et républicaine, car un état sans armée, est un état voué à disparaitre.

Yachim MAIGA


Ce régime a été averti pourtant. On ne peut que se préparer pour l’inévitable.

Des fois il n’y a pas de remède à la stupidité humaine.

Amadou O. Wane


Merci yachim pour ton analyse objective de la situation. Si les gouvernants ne se ressaissent pas, le peuple s’assumera comme d’habitude. Vivement l’operationalisation des communautés de culture Songhoi” Irganda”.

Abdoulwahidou Maiga


“L’unique remède contre la communautarisation du pays est selon moi, un Etat fort, fondé sur une justice sociale équitable pour tous, avec des dirigeants intègres et exemplaires.”__Y. Maiga

That is not going to happen with this man and his mafia in power.

Amadou Wane


Grand merci, “Yachim du Congo”;

Pour cette belle et opportune analyse du fait de la “ganda-isation”
(communautarisation) qui survient bien après l'”azawadisation-gatia
-isation” et autre “narcotrafiquisation mauresque”, la
“clanisation-tribalisation” qui donnerait lieu, si ce phénomène n’est
pas endigué, à la prolifération des gangs qui vont se battre comme
les clans mafieux siciliens et corses pour mettre en lambeaux le Nord
du Mali.

Sincèrement,

M. AG HAMATY


C’est le passage obligé. Le retour aux entités précédant l’arrivée des
colons occidentaux.

Tieman Diarra


Bonjour Yachim

Malilink, au moins, nous est témoin, que l’état, le gouvernement malien ainsi que les maliens ont été informés et mis en garde contre la dangerosité de l’attitude dans laquelle nos propres gouvernements se sont complus. C’est à dire la promotion de la communautarisation du pays au moins dans sa partie nord. Avant 2012, avant la signature de l’accord, lors de la signature de l’accord de 2015 et après.

La vérité c’est que cette promotion à été faite au profil de certaines communautés et au détriment d’autres.

La vérité c’est que l’accord de 2015 a communautarisé le pays. Il est fait au profil des acteurs à qui la force des armes a un droit sur les autres. Le gouvernement malien était censée faire de l’inclusivité la colonne dorsale de la mise en œuvre de l’accord malheureusement, comme nous l’avions prévu dans les années 2012, 2013 et 2014, au résultat les groupes armés ont pu imposer leur position au gouvernement qui a validé leurs choix. Des Choix qui comme tout le monde le sais sont totalement défavorables à certaines communautés et largement favorables à d’autres.

Cette initiative ci, qui est en cours, L’état malien, à travers le gouverneur de la Region de Gao, a tenté de la saboter. Comme en juillet 2016 ou sa responsabilité dans le Cours des événements pourra difficilement être écartée. À mon avis. Il a échoué pour le moment. Pour le moment !

Des représentants des autres communautés locales aussi ont tenté. Pour le moment ils ont aussi échoué.

Je serai comme toi très partisan d’une solution alternative qui nous éloigne de la balkanisation de notre cher pays. Mais alors, C’est quoi l’offre actuellement, face à la détresse des gens ? Face à leurs questionnements justifiés et justes.

Au contraire, chaque fois qu’il y a une décision à prendre, les gens se sentent livrer pieds et mains liés à ceux là qui n’ont d’autre but que de nier note existence et notre appartenance à ce que nous croyons. Bah tout ça !

Encore une fois merci. Ton texte plus simple résume la problématique malienne.

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Bonjour Fahad mon frère

Rien de mieux. Que la loi soit celle de tous les maliens; à égalité.

Mais L’autorité du gouvernement ? Elle est où ? Vous et moi et tous les maliens l’avions attendu depuis 2013.

Je ne l’ai vu s’exercer que contre des citoyens sans armes qui manifestaient pacifiquement. Je ne vois pas le gouvernement et l’état faire respectée la loi. Nulle part que sur les plus faibles. Ceux qui se sentent les plus lésés et qui veulent s’organiser contre l’arbitraire.

Oui donc je souhaite que le gouvernement exerce son autorité. Mais alors de façon impartiale et républicaine.

Dans le cas contraire il ne pourra que créer d’autres mécontents. Peut être qui deviendront aussi violents que les autres. À leur manière.

Pour les personnes qui ont initier (au moins), il y a un besoin très fort de s’organiser autrement que ce qui nous est dicté par le gouvernement malien.

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Salam
voilà qui face à la marginalisation delibéree du gouvernement et CI contre les majorites non armées proposent de soutenir les groupes armés contre l’Etat. A trop coincer une chèvre, elle finira par mordre.

Mohamed Ag Mohamed Elmoctar Balata on met toujours cette histoire de “majorité” sur la table, alors qu’elle ne se pose même pas dans ce contexte. À l’heure actuelle ce sont les plus minoritaires qui dirigent et cela parce qu’ils constituent une force politico-militaire incontestable. Ce qu’on peut faire c’est de trouver un consensus contre l’état pour s’insérer en profitant de cet avantage acquis grâce à cette minorité qui a lutté pour arriver à cela pendant que la majorité condamnait cette révolution.

Salutations meilleures

Balata


Je suis d’accord avec toi, Yachim. Les dirigeants doivent s’affirmer avec plus d’autorite et de justice pour que tous les maliens croient aux valeurs de la republique. Le communautarisme est une illusion qui ne reglera pas grand chose.
Merci.
Fad


To the learned colleagues –

Question de grammaire:

“Ir ganda“. Au Mali, on doit l’écrire “Ir gandaa”.

Le nom simple est “ganda“ et le possessif “ir” exige la forme définie.

Et peut-être de sémantique:

Traduire “Ir gandaa” par “Notre terre” n’est ni faux ni exact.

Littéralement, ”Notre terre” serait “Ir laboo” (labu) ou “Ir dawoo” (daw). (En orthographe zarma, “Ir laabo”)

”Ganda” couvre un champ sémantique très large. “Gande”, poitrine/étreinte/port; donc partir de l’intime vers l’extérieur plus ou moins lointain.
Ganda, “espace” dans ce sens souple peut signifier un lopin, un terrain, une propriété (foncière), une zone, région, jusqu’à toute une aire géographique, un imaginaire.

Dans ce sens, le couple binaire “ganda/ganji” (village/brousse; terroir et monde au-delà; chez soi et ailleurs), peut alimenter un riche colloque sur le concept de l’autre et du soi et pourquoi pas le “presque-soi”.

En forme adverbiale, “dessous”, “en bas”. Ganda,” comme dans “Balle à terre!”; comme demandait quelqu’un. On y est.

Pour le reste, on verra ce qu’on verra. Mais, je ne vois pas comment le “foyer amélioré” [Ir kul gandaa] ajoute plus qu’une pincée de nervosité supplémentaire à la chose. Pour dire que la chose et la spéculation fébrile qu’elle alimente en disent long sur l’état de panique morale dans lequel nous nous enfonçons allègrement.

Mohomodou


Salam voilà qui face à la marginalisation delibéree du gouvernement et CI
contre les majorites non armées proposent de soutenir les groupes armés
contre l’Etat. A trop coincer une chèvre, elle finira par mordre.
Mohamed Ag Mohamed Elmoctar Balata onmet toujours cette histoire de
“majorité” sur la table, alors qu’ellene se pose même pas dans ce contexte.
À l’heure actuelle ce sont les plusminoritaires qui dirigent et cela parce
qu’ils constituent une forcepolitico-militaire incontestable. Ce qu’on peut
faire c’est de trouver unconsensus contre l’état pour s’insérer en profitant
de cet avantage acquisgrâce à cette minorité qui a lutté pour arriver à cela
pendant que la majoritécondamnait cette révolution.

Salutations meilleures

Balata


Ce que Mohamed Ag Mohamed Elmoctar dit à Balata, c’est ce que
Moustapha Ould Dahi dit de la création de IR-GANDA pour rien; à savoir
que les Songhoï, qui se tapent la poitrine du simple fait majoritaire
numérique, selon eux, dans la région de Gao, profitent des
acquis-fruits de la guéguerre que des rebelles arabo-touaregs qui ont
“mouillé le maillot” ont généré pour toutes les communautés du Nord du
Mali ont pu arracher au GRM .

Rien moins que de dire que les Songhoï, qui n’ont pas “mouillé le
maillot”, ne reconnaissent pas à leurs voisins le bien être acquis
grâce à leur combat et pis, les Songhoï voudraient même les combattre!

En tout état de cause, je suis d’accord avec les analyses de Moustapha
Ould Dahi et de Mohamed Ag Mohamed Elmoctar que Balta et Chouaïbou
tentent de ne pas devoir comprendre, alors que c’est si simple à
comprendre.

Sincèrement,

M. AG HAMATY


es Songhoï, qui se tapent la poitrine du simple fait majoritaire numérique, selon eux, dans la région de Gao, profitent des
acquis-fruits de la guéguerre que des rebelles arabo-touaregs qui ont “mouillé le maillot” ont généré pour toutes les communautés du Nord du Mali ont pu arracher au GRM_Ag Hamaty

es tu sur que les rebelles arabo touaregs ont mouillé le maillot et ont generé pour toutes les communautés du nord?

Je ne pense pas et je pense que les autres du nord peuvent bien se révolter. On peut aimer quelqu’un plus la personne. Tout ce qui est fait sans l’aval ni son consentement est contre la personne. Les arabes ou touareg ont ils mandat de faire et d’engager une rébellion contre l’Etat ou autre au nom des Somghay sans leur demander ni leur concerter. Sont ils encore des gamins pour ne pas pouvoir reconnaitre ce qu’ils veulent et le reclamer sans le concours? Je trouve ce type de discours comme raciste, humiliant car c’est une infantilisation d’un peuple.

Salutations meilleures

Balata


Racism follows the same pattern everywhere. We beat you, we humiliate you, we enslave you FOR YOUR OWN GOOD. So be grateful!

Amadou Wane


Racism follows the same pattern everywhere. We beat you, we humiliate you, we enslave you FOR YOUR OWN GOOD. So be grateful!_Wane.

Tidit, Gonga, Cumi. le meme refrain, racisme est le meme partout. la forme peut changer mais le fonds reste intact.

Salutations meilleures

Balata


Je crois que dans la même logique (penchée à tomber), les gangsters peuvent décrier l’inconséquence et l’ingratitude des résidents du quartier qui profitent de leurs deals et fusillades quotidiennes qui, même s’ils sèment un peu de pagaille et pourrissent la vie aux gens font entrer pas mal de fric dans le quartier déshérité.

La qualité de la vie ou sa disparition et les rapports abîmés entre les gens qui se regardent en chiens de faïence peuvent passer pour pertes et profits – les profits liquides étant toujours plus précieux que les petits inconforts.

Donc, à chacun sa lecture. Mais il y a une question de fond, d’ordre éthique et moral qu’on ne peut noyer ici par complaisance. La rébellion et ses réincarnations dans le nord malien n’ont rien de révolutionnaire. S’ils profitent, c’est à quelques uns et surtout toujours les mêmes. Il n’y a rien à partager avec la majorité ou les majorités.

Insinuer que les rebelles et autres groupes armés sont les champions de l’émancipaton des gens du nord face au gouvernement reproduit la posture prétentieuse et fallacieusement révisionniste que tiennent les FORES et tous ceux qui assimilent volontiers les populations du nord à des profiteurs passifs du chaos dans lequel ils sont jetés. J’ai entendu pas mal de gens intelligents me dire la même chose à Bamako et même en Europe.

Ce n’est ni historiquement vrai, ni moralement soutenable, si on doit se dire une seule vérité. Sinon les populations ne se seraient pas sacrifiées pour tenir tête aux groupes armés au prix de leurs libertés, intégrité physique ou vies.

Mohomodou


Bonjour ou bonsoir chers forumistes

Je n’ai pas eu la chance de vous suivre dans ce débat qui semble être plus passionnel que passionnant, mais j’ai juste eu le temps de lire en diagonales les réactions des uns et des autres. Je me confesse d’emblées, que je me sens encore plus mal que quand j’écrivais hier cette tribune, qui a servi de prétextes aux échanges.

Je me sens mal, car le mal que nous voulons combattre c’est à dire la communautarisation du pays, donc, la haine, est en train de gagner du terrain au sein même de ce que j’appelle pudiquement: les intellos de Malilink.

Comme Mohomodou, je continue à croire que nous pouvons et devons vivre avec nos différences sans nier l’existence de l’autre.

Je trouve cynique de parler dans ce débat, de “dividendes ” gracieusement offertes par les victorieux d’une rébellion.

Toute la question est de savoir si les victorieux de la rébellion peuvent ou doivent imposer

Leur diktat aux autres communautés qui ne partagent pas leur vision?

Les communautés qui subissent les exactions quotidiennes d’individus armés dans leurs villages, sont condamnées à se défendre, car ils n’ont plus le choix : soit ils se défendent ils meurent, soit ils ne se défendent pas, ils sont tués. Les auteurs des attaques et crimes ne leurs donnent qu’un seul choix : se défendre.

Et comme l’Etat censé, défendre les personnes et leurs biens sur son territoire, est défaillant, elles se tournent vers les milices, les groupes armes et les mouvements communautaires. Ce qui n’est hélas pas la solution.

La seule solution qui vaille et que nous devrions encourager sur ce forum, est la coexistence pacifique. Le vivre cote a cote a défaut du vivre ensemble.

Nous sommes condamnés, car le songhaï d’Ansongo n’a nulle part où se réinstaller, tout comme le Daousahak de Tallataye n’a nulle part où se réinstaller.

Personne ne peut chasser personne nulle part ni au Nord ni au Sud.

Certes, les victorieux de la rébellion ont la possibilité de continuer à vouloir dicter la loi des armes, mais ça n’aboutira a rien et tôt ou tard on finira autour d’une table ou sous un arbre.

Nous qui avons la chance d’utiliser l’arme qu’est la plume, ou du moins le clavier, sacrifions nous a utiliser l’arme de la raison. Recollons les morceaux au lieu de les casser en petits morceaux.

Sortons le débat des caniveaux et proposons des solutions qui nous éloigneraient des armes et des morts bêtes et évitables. Les montants exorbitants que nous engloutissons dans les achats des armes, utilisons ces montants pour donner de l’eau potable à tous.

L’arme qu’est la plume peut être plus dangereuse et meurtrière que la kalachnikov et autres roquettes.

Si nous sur Malilink ne parvenons pas à nous comprendre comment voulez-vous que le berger de Ras-El mas et le pécheur de Isaber puissent se comprendre.

Toutes les communautés du Nord comme du Sud n’aspirent qu’à vivre en paix.

Même le détenteur de l’arme ne peut dormir sur ses deux oreilles sachant qu’il y a son voisin « soumis » qui lui en veut.

Alors il n’y a et n’y aura aucune solution autre que la coexistence pacifique qui passe par le respect mutuel et l’acceptation de l’autre dans sa différence.

Yachim MAIGA
Kinshasa, République Démocratique du Congo


Bilan des Realisations du Ministere de l’Economie Numerique

J’ai été nommé ministre de l’Economie Numérique et de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, par Décret n°2016-0510/P-RM du 07 juillet 2016portant nomination des membres du Gouvernement. J’ai occupé ce poste jusqu’au 11 avril 2017, date du dernier remaniement ministériel. Conformément à l’article 18 du Décret n°2016-0844/P-RM du 03 novembre 2016 fixant les attributions spécifiques des membres du Gouvernement, j’ai préparé et mis en œuvre la politique nationale dans les domaines des Technologies de l’Information, de la Communication ainsi que dans les domaines de la Poste, des Télécommunications, de la publicité et de la Communication du Gouvernement.

La présente note porte sur les réalisations dans ces différents domaines sur la période concernée.

I. AU TITRE DU RENFORCEMENT DU DIALOGUE SOCIAL

Dans le but d’instaurer un climat social apaisé tous les syndicats relevant du département ont soit été reçus soit reçu la visite du ministre.

Les difficultés rencontrées ont pu ainsi être gérées au fur et à mesure. Il est évident que tous les problèmes ne peuvent être définitivement réglés. Mais ceux susceptibles d’engendrer des conflits sociaux ont été traités dans un esprit partenarial et de responsabilité. C’est ainsi que :

1- A ce jour aucune grève n’a été observée ni aucun préavis de grèvedéposé ;

2- Il existe un climat social apaisé voire convivial avec les divers syndicats ;

3- La satisfaction de la doléance du syndicat de l’AMAP sur l’intégrité du siège de l’Agence est une réalité ;

4- Les revendications salariales du syndicat de la SOTELMA ont été satisfaites ;

5- L’établissement des titres d’actionnaires au profit des travailleurs est en cours ;

6- Une avance sur les dividendes du premier semestre 2015 a été versée aux travailleurs ;

7- Les doléances du Syndicat de l’ORTM ont été réalisées ou sont en cours de réalisation avec des délais convenus d’accord parties ;

8- Les problèmes salariaux posés par le syndicat de LA POSTE ont été résolus ;

Des problèmes demeurent bien évidemment. Mais force est de saluer l’esprit de responsabilité des leaders syndicaux et des travailleurs du département.

II. AU TITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES ADOPTES OU DANS LE CIRCUIT D’ADOPTION

Une intense activité législative et règlementaire a permis l’adoption ou la transmission dans le circuit d’adoption d’une vingtaine de textes en neuf (9) mois.

Ainsi :

1. Au titre des Technologies de l’Information et de la Communication :

En vue de doter le Mali d’un cadre juridique adapté aux réalités et aux mutations du secteur aux plans national, sous régional, régional et international, les projets de loi ci-après ont été adoptés par le Conseil des ministres :

– le projet de loi sur la Société de l’Information ;

– le projet de loi sur la cybercriminalité.

2. Au titre des Télécommunications :

– le décret déterminant les conditions d’application de l’itinérance nationale ;

– le décret déterminant la procédure d’octroi, de retrait et de transfert de licence ainsi que les dispositions relatives à leur durée et à leur modification ;

– le décret sur la procédure pour l’octroi, le retrait et de modification relative à l’Autorisation générale ;

– le décret sur la procédure à suivre pour déclarer les services soumis à déclaration ;

– le décret relatif à l’interconnexion et à l’accès des réseaux et services de télécommunications/TIC ouverts au public ;

– le décret déterminant les profils et la procédure de sélection des membres du conseil de l’AMRTP.

3. Au titre de la Poste :

– le projet de loi postale a été adopté par le Conseil des ministres du 30 novembre 2016 après près de deux décennies d’attente;

– la communication écrite relative à la relance de la Poste a été examinée par le Conseil des ministres du 17 février 2017 ;

4. Au titre de l’ANCD :

L’adoption de la Politique Nationale de la Communication pour le Développement (PNCD) qui était en attente depuis 1993.

5- Au titre de médias

– le projet de décret portant institution de la carte de presse a été transmis au Secrétariat Général du Gouvernement ;

– le projet de loi instituant la redevance pour le développement de l’audiovisuel et du numérique a également été transmis au Secrétariat Général du Gouvernement ;

– le projet de loi portant régime de la presse et délit de presse a été transmis au Ministère de la Justice pour observations. Ce texte dépénalise les délits de presse ;

– la création de la Direction Nationale de l’Economie numérique est en attente de vote de l’Assemblée Nationale ;

– la relecture des textes de création de l’AGETIC est achevée. Elle est prête pour transmission au Secrétariat Général du Gouvernement ;

– L’adoption du projet de loi fixant le régime de la publicité qui était également longuement attendue a été vivement saluée par la profession.

III. AUTRES MESURES ET ACTIONS CONCRETES :

1. Le lancement du processus de l’attribution de la 4èmeLicence de téléphonie ;

Le Conseil de Cabinet du 23 mars 2017 a autorisé le ministre chargé de l’Economie numérique à lancer le processus d’attribution de la 4ème licence. Le Conseil des ministres doit valider cette décision.

2. Le début de la Relance effective de la Poste est visible sur le terrain.

3. Le lancement effectif de l’itinérance gratuite (Free roaming) :

Depuis le 11 avril 2017 le processus a effectivement commencé entre les pays suivants : le Burkina, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Sénégal et le Togo. L’itinérance gratuite permettra aux Maliens et aux ressortissants de tous ces pays en déplacement dans l’un de ces pays, de recevoir gratuitement les appels et sms et d’effectuer les appels aux tarifs locaux. D’autres pays seront très prochainement concernés.

4. L’Opérationnalisation de la SMTD :

La Société Malienne de Transmission et de Diffusion a été effectivement créée et a entamé ses activités. Les organes de gouvernance se mettent progressivement en place. Dans le cadre de la restructuration de l’Office de Radiodiffusion Télévision du Mali (Ex-ORTM), deux entités existent désormais : l’Office de Radio et Télévision du Mali (ORTM) et la Société Malienne de Transmission et de Diffusion (SMTD-SA). La séparation des patrimoines et le processus de mise en place des organes d’administration et de gestion des deux entités sont achevés.

5. La Nouvelle grille de l’ORTM:

La nouvelle grille des programmes de l’ORTM adoptée par le Conseil d’Administration du 14 mars 2017 est devenue une réalité. Entre autres innovations majeures il peut être constaté :

– L’allongement des heures d’émission de la Télévision nationale ;

– L’instauration de débats contradictoires y compris avec l’opposition politique et la société civile ;

– La réduction du temps du Journal Télévisé de 20 Heures ramenés à 40 minutes maximum ;

– Une stricte ponctualité en respect des auditeurs et téléspectateurs ;

– L’utilisation des Ecritels pour coller à l’actualité nationale brûlante avec comme objectif de faire de l’ORTM la première source d’information sur le Mali ;

– Introduction du langage des malentendants pour les principales émissions ;

– Des changements de décors pour certaines émissions ;

– L’introduction d’émissions en anglais et en arabe et le renforcement des émissions en langues nationales….

6.L’accroissement de l’aide publique à la Presse :

Le montant de l’aide publique à la presse a connu une augmentation allant du simple au triple (300%).

7. La création de la Cellule d’Information et de Communication :

Le ministre porte-parole du Gouvernement ne disposait que d’un chargé de communication pour assumer sa difficile et délicate mission. Par Décret N° 2017-030/P-RM du 29 mars 2017la Cellule d’Information et de Communication a été créée. Le porte-parole du Gouvernement dispose désormais d’un outil pour la communication gouvernementale

8. Identification des abonnés :

Le processus d’identification des abonnés des deux (2) opérateurs téléphoniques a été mené à son terme. Une ultime prorogation allant jusqu’au 10 décembre 2016 a été accordée aux opérateurs par Arrêté n°2016- 3349/MENC-SG du 20 septembre 2016. Le rapport final de mise en œuvre de l’identification est disponible.

9. L’acquisition d’une nouvelle imprimerie par l’AMAPP :

Une nouvelle imprimerie et ses accessoires sont acquis sur financement du budget national. Le bâtiment devant l’abriter est achevé.

Le Journal l’ESSOR sera complètement relooké.

10. Lancement du site Internet de l’Agence de Presse du Mali

en lieu et place du vieux papier journal qui existait.

11. La couverture médiatique et internet du Sommet Afrique – France :

Les structures relevant du ministère de l’Economie numérique, qui n’ont reçu aucun soutien à cet effet ont brillamment tenu leur rôle lors de ce grand challenge pour notre pays. L’ORTM en tant que télédiffuseur hôte a fait un sans-faute. L’ESSOR a assuré une excellente couverture.

L’AGETIC a sorti « le grand jeu » avec internet gratuit sur différents sites du sommet et dans la zone ACI.

Orange Mali, Malitel et Huawei ont parfaitement tenu leur rôle.

12. La couverture internet de la Conférence d’entente nationale par l’AGETIC

et la mise à disposition d’une salle de presse équipée tout au long des travaux.

13. La transition vers le numérique est engagée et avancée.

De nombreuses propositions financières et techniques, da qualités diverses sont disponibles. Certaines incluent la construction du nouveau siège de l’ORTM qui doit accueillir de nombreux matériels. Il reste à faire un choix conforme aux intérêts nationaux dans le respect de la souveraineté de notre pays.

14. La fin des travaux du Centre des données :

La sensibilité de ce centre n’autorise aucun commentaire.

15. Le Porte-parole :

Mon équipe et moi-même avons veillé à restituer et à valoriser l’action gouvernementale sans jamais tomber dans la dithyrambe, l’invective inutile ou le « one man show ».

Sans être exhaustif, nous avons tenu dans un esprit républicain et de redevabilité à faire le point de ce que nous avons pu réaliser dans le cadre de la mission que les plus hautes autorités ont bien voulu nous confier.

Ces résultats, quel que soit l’appréciation que l’on puisse en faire, sont le fruit du travail d’une équipe que je tiens à remercier et à saluer : gardiens, techniciens de surface, plantons et coursiers, chauffeurs, reprographes, secrétaires, agents du Secrétariat général et de la DFM, Directeurs et assimilés des différents services, Secrétariat particuliers, agents de sécurité, Haut Fonctionnaire de Défense, Attaché de Cabinets, Chargés de missions, Conseillers Techniques et assimilés et enfin Chef de Cabinet et Secrétaire Général.

Que tous reçoivent ici l’expression de mon infinie gratitude !

Mes remerciements vont à Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement sortant Modibo Keïta et à Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat Ibrahim Boubacar KEÏTA dont la confiance m’ont permis de travailler sur le devenir de mon pays à travers le développement du numérique et sur l’image du Mali.

J’ai bénéficié du respect, de la considération et de la solidarité de tous les ministres : ma reconnaissance à eux tous !

Bonne chance à la nouvelle équipe gouvernementale !

Puisse Allah SWT étendre sa miséricorde sur notre cher Mali !

Bamako, le 23 avril 2017

Ancien Ministre de l’Economie Numérique

et de la Communication, Porte-parole du Gouvernement,

Me Mountaga TALL


“1- A ce jour aucune grève n’a été observée ni aucun préavis de grève déposé ;
2- Il existe un climat social apaisé voire convivial avec les divers syndicats ;”__Communiqué

Tout est rose in IBKLand. Donc les 70 jours de gréves des enseignants au nord ne compte pas?

Faty, ils vous ont oublié 🙂

Amadou Wane


Oui, me Tall parle de son département. SInon hunnnnnnn….

Tieman Diarra


Cher Wane,

Au ReCAM, nous ne considerons point ces responsables de l’echec du mouvemement democratique. Mountaga est l’un de ces responsables qui doivent du compte au peuple malien.

Quoi qu’il fasse de bon ne vaut absolument rien par rapport a ce que lui et ses amis brigands, voleurs, menteurs, malhonnetes, ….ont donne comme coups de tete a la republique de Modibo. Par leurs jeux d’interets et de connivence, ils ont transforme ce pays, jadis grand de valeurs, en un objet de pitie et meconnaissable a tous les niveaux, sur tous les plans,..

Ils sont tous sur le banc des accuses de l’histoire. C’est juste une question de temps avant qu’ils ne soient juges et enfermes pour haute trahison a commencer par Alpha Oumar Konare, Mountaga Tall, Boubeye Maiga, Pr Ali Nouhoum Diallo, Ousmane Sy, Mme Sy Kadiatou Sow,..

Youssouf Maiga du ReCAM depuis Dar-el-Salam Bamako.


L’analphabétisme ne doit plus selon moi exprimer notre retard, d’autant plus qu’on peut ne pas être à l’école et être conscient. C’est cette ignorance caractérisée qui nous met en retard. Bien aussi à savoir que ces intellos qui se servent de ce qu’il y’a dans leur crâne pour nuire le pays sont des ignorants caractérisés. Leur connaissance manque de bonne moralité._Moussa Sangare du Mouvement des Jeunes Leaders du Mali

Sidy Danioko


Bonsoir à toutes et à tous,

Je suis resté sur ma fin en lisant le bilan du Ministre Me TALL.

Rien n’est dit sur la couverture nationale en termes de téléphonie et d’internet alors qu’on sait même à quelques pas de Bamako, certaines localités de moyenne à grande taille n’ont pas accès à ces service. La situation est pire à l’intérieur du pays où certains chef-lieu de commune n’ont ni réseau téléphonique ni internet en ce 21° sèche.

Quelles dispositions l’Etat du Mali envisage prendre avec les opérateurs de téléphonie mobile pour corriger cette grave lacune?

Si des chefs-lieux de commune n’ont pas de réseau téléphonique, que dira-t-on des milliers de villages, fractions et hameaux isolés du reste du pays du point téléphonie mobile et internet?

Bonne suite de semaine à toutes et à tous.

Youssouf SANOGO


Chers tous,

En lisant le bilan, je note plusieurs avancées potentielles, notamment concernant l’ORTM [III*5]

1. “L’instauration de débats contradictoires y compris avec l’opposition politique et la société civile”
2. “Introduction du langage des malentendants pour les principales émissions”
3. “L’introduction d’émissions en anglais et en arabe et le renforcement des émissions en langues nationales….”
4. “Le lancement effectif de l’itinérance gratuite (Free roaming)”, comprenant le Burkina, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Sénégal et le Togo [III*3]

Pour le reste, mes questionnements:

1. La Poste [II*1]: ayant raté la transition du mandat aux services bancaires modernes, partant sa transition numérique, quel avenir a encore cette institution? Si oui, quel effort peut-on consentir pour la relancer, par ex, lancer une banque postale? D’autres services postaux (transport local et régional, communications, transfert de fonds et gestion de patrimoine, prestations publicitaires, philatélie numérique sur demande*) sous d’autres cieux, lorsque la Poste a dû se trouver une nouvelle mission ou périr?

Si non, il n’en reste qu’une coquille vide qui n’a d’ailleurs plus aucune fonction sur une grande partie du territoire. Les cars privés transportent même le colis et courrier moyennant compensation. Les enfants de là-bas ne connaissent pas un timbre postal malien.

2. Technologies de l’information et de la communication
C’est étonnant que le Plan Mali numérique 2020 n’est même pas mentionné. Le programme national date de 2011. Il représente l’articulation la plus cohérente d’une vision de progrès dans le domaine pour notre pays. On peut comprendre qu’il a été malmené par l’éclatement de la rébellion de 2012 et la mise en veille de programmes comme le maillage du territoire par fibre optique.

Mais le ministre Mahamadou Camara l’a ressuscité et après un atelier préparatoire important, le MN2020 est adopté en fin novembre 2014. Autour de la conférence de la Journée nationale du Sommet mondial sur la société de l’information, le 17 mai 2015, le successeur de M. Camara, Choguel Kokalla Maïga, a parlé de l’adoption imminente du programme national par le gouvernement. Ce qui serait effectif au Conseil de ministres suivant (publié le 21 mai 2015).

Depuis on parle d’un décret qui doit finaliser la mise en place de MN2020. Vous voyez que de 2011 à 2017, nous avons passé 6 ans de passage à vide, quels que soient les obstacles rencontrés. Dans le domaine du numérique, c’est une époque entière ratée. Pas de surprise si le Mali n’est pas dans le peloton de tête des pays compétitifs dans ce domaine.

L’absence de référence à Mali numérique 2020 doit nous interpeller dans la mesure où les changements multiples à la tête de ce département stratégique a fait perdre le fil au sommet. MN2020 est devenu quoi alors?

Donc, c’est peut-être là que le nouveau ministre est attendu. Même s’il est difficile de voir un scénario miracle. Il est le 4e chef du département depuis 2014. Le nom de ministère a changé plusieurs fois (Communications et Nouvelles technologies, Communication, Information et Economie numérique, Communication et Economie numérique). Mais, au fond, nous avons encore à faire à un ministère de la Communication, avec l’AMAP au cœur du dispositif. Sans MN2020, le versant économie numérique reste décoratif pour le moment. Vraiment dommage.

3. Télescopage: l’annonce de l’adoption de l’Agence de gestion du Fonds d’accès universel (AGEFAU) est intéressante. Il existe déjà un département Service universel au niveau de l’AMRTP, une agence dont l’administration reste sujette à confusion et polémique.

Quel sera le lien entre ces deux? S’agit-il de structures parallèles ou de la substitution de l’une par l’autre?

En tout cas, le premier bénéfice pour le citoyen ordinaire en termes d’accès universel (aux ressources numériques) reste la qualité de la téléphonie et de la connexion internet. Celle-ci s’est largement dégradée, au point que dans certaines zones autrefois occupées, on annonce une qualité de réception plus dégradée les deux dernières années. Celui qui appelle régulièrement vers ces zones le sait.

Donc, le risque est grand qu’on continue à multiplier des structures initiées sous un ministre qui passe la main dans quelques mois et celles-ci finiront par végéter après son départ. C’est ainsi que j’appréhende le désastre du Plan Mali numérique depuis le départ de M. Camara.

Je l’ai dit sur de programmes similaires, c’est plutôt une agence spécialisée avec une administration autonome qui est indiquée pour un tel programme. Tant qu’il reste dans les couloirs d’un département dont l’occupant a des priorités et prérogatives politiques avant tout, il ne sortira pas de l’ornière.

Voilà, dit à chaud, mais les bonnes surprises ne nous déplairont certainement pas.

Bonne suite dans les idées et un weekend agréable à tous.

Mohomodou Houssouba
* ex: https://postcardsfromtimbuktu.com/


Démocratie 3

Notre pays vit la crise la plus profonde de son existence dont les causes remontent au 19 Novembre 1968 lorsque le régime populaire du Président Modibo Keita, qui voulait le bonheur de tous les maliens, a été renversé par un groupe de sous-officiers. 45 ans plus tard, beaucoup de maliens se posent les questions suivantes : que serait le Mali d’aujourd’hui s’il n’y avait pas eu le 19 novembre 1968 ? L’autre question est : quelle différence l’avènement de la démocratie a-t-elle apportée au quotidien du Malien ?
Si les motifs du coup d’état de 1968 tels que les ont présentés les auteurs, ont changé au fil des ans, les évènements qui ont conduit au 26 Mars sont les conséquences directes des déviations et des dérapages qui ont suivi l’acte du 19 Novembre 1968. De même, la crise profonde que nous vivons aujourd’hui et qui menace l’existence même du Mali en tant que nation, n’est que la conséquence directe des déviations et des dérapages qui ont suivi l’acte du 26 Mars 1991. Et le pire reste à venir si nous n’y prenons garde.

Nous proposons un changement paisible (par le vote), mais radical par rapport à tous ce que le Mali a connu depuis l’indépendance. Ce changement est nécessaire pour éviter un autre 26 Mars en plus grand et 100 fois plus sanglant. Car le moment venu, Malien lambda ne fera pas la différence entre la dictature de Moussa Traoré et la démocratie d’Alpha Konaré. Ce changement est nécessaire pour éviter l’implosion de la nation malienne.
Le changement proposé ne peut aboutir que si nous changeons notre manière de choisir et d’élire le président de la république. La méthode classique consiste à suivre le candidat qu’on espère, pourra résoudre nos problèmes personnels du moment, qui va signer notre entrée dans le clan, dans la classe, dans le grin ou dans la famille. C’est tout ce que le Mali a connu comme mode de gestion depuis la chute de la Première République le 19 Novembre 1968.

Par la même occasion, nous voulons nous départir de l’attitude de presque tous les maliens à vouloir et pouvoir résoudre l’ensemble des problèmes du pays à partir de leur salon, du grin ou à l’ombre de l’arbre au coin de la rue. Pour ce faire, nous demandons au peuple malien de se joindre à nous afin qu’ensemble nous puissions écrire l’histoire de notre pays.

Il ne s’agit pas de visées subversives ni d’incitation à la violence. Le but est de prévenir l’orage qui pointe à l’horizon et qui n’est pas porteur d’espoir pour le peuple malien. Nos dirigeants actuels devront comprendre que lorsque nous aurons atteint le seuil du tolérable, les chauffeurs de tricycles, de pousse-pousse, les diplômés sans emplois et autres qui, faute de mieux, n’ont plus que le thé comme occupation principale, les « retraités » sans emplois, les orpailleurs qui ne peuvent plus répondre aux appels désespérés de la famille, ceux dont le quotidien dépend de leurs camelotes qui ne rapportent plus, n’hésiteront pas puisqu’ils n’auront plus rien à perdre. Les conséquences iront au-delà de tout ce qu’on peut imaginer aujourd’hui.

Ce document porte sur la création d’un parti politique de type nouveau, une autre manière de choisir un projet de société, de choisir un président de la république et les membres de son gouvernement. Par ailleurs, le document propose des changements structurels dont certains douteront de l’utilité, mais dont nous sommes sûrs de l’efficacité pour assainir les rapports entre nos institutions, entre les hommes politiques, dans l’administration et entre le peuple et les gouvernants.

Cependant, toute entreprise humaine compte ses soutiens et ses opposants. Dans le cas présent, entre un simple opposant et un ennemi mortel, il n’y aucun pas à franchir. Les ennemis de notre entreprise ne manqueront pas d’occasion pour mener des campagnes de dénigrement ou de nous prêter des intentions égoïstes. Il n’est rien. Ce que nous voulons pour le peuple malien est un tout qui est là, clair et net ! Comme vous le constaterez par vous-mêmes, aucun parti politique, aucun homme politique ayant réussi son ascension jusqu’à la tête d’un parti politique, n’offrira au peuple malien ce que nous lui proposons et nous sommes convaincus que chaque malien trouvera dans notre offre une ou plusieurs propositions qui le pousseront irrésistiblement à soutenir notre programme, pourvu qu’il soit convaincu que « On ne peut pas » n’est plus une option pour le Mali, mais comment y arriver ? » («An ti sé ! Mali tèmèna o yoro kan, an bà a da goun chogo di?!»).

Cependant, nous demandons une seule chose au peuple, une fois que vous aurez décidé de vous approprier ce qui vous est proposé, que rien ne vous fasse changer d’avis, ni la corruption, ni l’argent facile et immédiat, ni la démagogie. Mieux, si les dirigeants de l’organisation sont les cibles d’intimidations, de brutalités ou même d’assassinats politiques, accrochez-vous à votre bulletin de vote. Si, compte tenu des enjeux, une guerre civile éclate, ce n’est pas souhaitable, mettez vos bulletins de vote entre les dents. Car au final, c’est lui et lui seul qui vous assurera la victoire. Seul votre bulletin de vote vous donnera ce que vous voulez et tout ce que vous voulez, rien d’autre.
Dans notre programme, nous demandons aux maliens de déplacer la colline de Koulouba et tous ses fondements et soutiens, rien qu’avec le bulletin de vote. Si le maliens se montrent incapables de faire l’unanimité ou la majorité autour de cette idée, alors nous en ferons notre testament et l’histoire sera notre témoin.

Le Prochain chapitre traite de ce que le peuple ne veut pas et ce que nous voulons pour le peuple. La version finale de ce chapitre constituera l’essentiel de notre Projet de Société et des critères du choix du candidat aux élections.

D’ici là, nous vous invitons à réfléchir sur cette citation de Modibo Keita. Nous y reviendrons largement : « Lorsque les vrais propriétaires deviennent des spectateurs, c’est le festival des brigands ». En Bambara nous dirons : «ni ko tigiw yèrè kèra tègèrè fo law yé, binkannikèlaw dé ka sugu bè diya »

Mama Makéu Traoré
co-auteur


Ne soyons pas l’esclave du passé. Le régime de Modibo a déjà porté des résultats à hauteur de souhait, d’où la grogne chez certaines catégorie socioprofessionnelles. Dans l’ouvrage de capitaine soungalo, il décrivait un mauvais traitement chez les militaires. Ils étaient mal habillés, mal considéré comparé aux milices. Les témoins du régime de Modibo peuvent. Je me dis que le mali était mal parti depuis l’échec de la fédération du Mali, avec la complicité des représentants de Gaulle et ses affidés chez nos voisins immediats, Senghor et Houphouët-Boigny. Rappelons de la phrase de Houphouët-Boigny (pauvre+pauvre =/= riche) et que la rci ne sera pas la vache à lait de notre zone.
On aurait du chercher à fédérer avec la guinée de Sekou Touré, la bête du raciste de Gaulle (héros français mais qui doit il pour nous francophones d’Afrique, n’est pas t il à la base de notre morcellement en refusant le maintien de l’Empire français comme étant indépendant par exple). L’éducation coloniale qui consistait à mépriser nos valeurs, notre culture locale au profit de la française. Regardez juste la différence entre deux frères dont est parti à l’école coloniale, l’autre resté à la maison ou à l’école arabe. Vous vous demandez si ce sont des frères tout les oppose. Le colonisé mental a une sorte de mépris pour son frère, sa culture et est comme un étranger à sa culture de naissance. Rien ne semble les lire en dehors de la couleur, ses amis d’enfance non scolarisés seront oublies car ne partageant plus rien avec eux, ce qui n’est pas le cas chez l’arabisant.
L’école coloniale africaine nous rend étrangère à nous mêmes. Je suis étonné souvent quand un vieux souvent même lettré en arabe tu demande quelque chose, il ne se gène pas à te dire qu’on ne sait rien, on vous écoute. L’homme colonisé n’a plus confiance en lui. Il est agi pour paraphraser fanon.
Si Modibo était resté aussi longtemps, le système impérialiste allait trouver d’autres moyens pour lui ’empecher d’atteindre ses objectifs en asphyxiant l’économie malienne. Et comme les maliens vivent de paix et de riz, ils se soulèveront pour faire bouillir la marmite et améliorer leur qualité de vie.
Souvent, je me demande si les assassins de Modibo, olympio, Lumumba, sankara, bref tous les réels patriotes et nationalistes post 1960, ne leur ont rendu service en évitant une révolte populaire contre eux. Ils ont anticipé ces plausible révoltes en les martyrisant voire mystifier. La France de Gaulle avait compris qu’une Afrique indépendante avec des patriotes et nationalistes conduirai à une réduction de sa puissance. En 1945, que valait la France sans ses colonies? Que seraient total, areva et toute son industrie exportation sans les pays africain francophones ? L’indépendance des colonies n’arrangeait pas de Gaulle qui s’est rendu héros en semant les graines du désordre dans les pays qui lui ont aidé à conquérir son autonomie face à l’Allemagne nazie. Nous africains francophone, notre Hitler c’est de Gaulle et ses amis complices dont Houphouët-Boigny.
Il nous faut une décolonisation mentale et un ressourcement à nos valeurs positives africaines avec ouverture sur le monde. Ainsi, je pense que l’élection de le pen pourra être une catastrophe pour la France mais une chance et une opportunité d’émancipation de nos états francophones d’Afrique vis à vis de l’impérialisme français. Marine va chasser les étrangers qui seront obliges de rentrer au pays et le développer politiquement, économiquement ainsi va debuter notre développement.

Cordialement,
Balata Ahamadou


Mon cher Balata,

Humm, je vois que vous passé à côté de l’essentiel ou peut-être vous devez beaucoup vous renseigner, et très certainement en profondeur. Je ne dis pas que Modibo n’a pas fait d’erreur car même en cherchant d’atteindre le bien de son peuple par une voie, et quelle que soit la voie, on peut faire des erreurs. Le système Communiste Chinois, (que Modibo avait choisi pour son peuple) et à l’opposé le système capitaliste Américain, tous les deux systèmes ont fait leurs victimes ou même continue d’en faire. Si on demande l’avis de ces victimes, certaines que ce ne serait pas les mêmes que ceux qui sont les mieux logés du système. Toute la question serait alors la majorité de qui ? Mao a conduit sa Chine dans la limite de ses moyens et de ses idées avec des hauts et des bas, y compris des exécutions, des limitations de naissance, des préférences sociales pour le bébé sexe masculin (élimination de bébé de sexe féminin), etc, etc pour qu’enfin il y’ait cette Chine aujourd’hui. et les chinois qui l’ont succédé, ont compris quand le système était arrivé à sa limite et ils l’ont corrigé sans chercher à mettre Mao dans la poubelle. La même chose n’était pas arrivé à DeGaule de la France en 1968 ! C’est ce “transcendage” que malheureusement, les africains n’arrivent pas à effectuer et passer de l’avant, et se laissent manipuler par tout ce qui est écrit.

Premièrement, Modibo ne voulais pas la mort du Mali ou un Mali ridiculisé parmi les autres pays. Il voulait juste un système de fonctionnement pour son pays auquel son peuple croit et y adhère et qui n’est pas très loin ou différent du fonctionnement social de ce même peuple. C’était toute la problématique et assez simple, surtout juste après l’indépendance. Et ce système pour lui était le Communisme, à tords ou à raisons. Il s’est dit si cela est entrain de marcher en Chine à l’époque, pourquoi pas au Mali ?

Qui a parlé du militaire mal payé par Modibo ? n’était-il pas un militaire, ce Capitaine Soungalo ? En homme avisé d’analyse, même sans le motif salarial, on peut bien comprendre que les militaires ne pouvaient pas apprécié ou accepté l’apparition d’un autre corps paramilitaire, c’est-à-dire la Milice populaire. Et ça, il faut le comprendre. Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est avec cette milice populaire qu’on arrivait plus à maltraiter les femmes dans la société. Les hommes n’arrivaient plus à maltraiter leurs femmes, ou les femmes de façon générale dans les foyers, bien sûr avec souvent des dérapages. Il y’avait une autre image de la femme malienne qui émergeait. Sinon quel était le salaire du malien, d’un député de l’époque comparé à la sous-région. Tous les militaires ne vivaient-ils pas dans les casernes ou camps militaires ? et le Mali n’avait-il pas sa monnaie ? Modibo n’était pas resté dans la zone francs pour la stabilité de la monnaie malienne ? Comme on aime bien le dire chez nous, la meilleur place pour garder en sécurité les biens, n’est-elle pas chez le voleur lui-même ?

Deuxièmement, et pour information, Modibo a bien essayer la fédération avec la Guinée et le Ghana et cela s’appelait Ghana, Guinée, Mali ou Ghana, Mali, Sénégal. Mais Nkrumah a trahi à la dernière minute malgré tout ce qu’on veut faire croire à son panafricanisme, et Sékou Touré aussi. Pourquoi, Dieu seul sait ainsi que les acteurs eux-mêmes. C’est ensuite que Modibo se tourna vers le Sénégal, avec des amis Sénégalais comme Mamadou Dia, de fervents panafricanistes, que Senghor a mis en prison quelques mois après l’éclatement de la fédération du Mali et ne l’a libéré qu’en 1974. Mais malgré l’éclatement de la fédération du Mali, les 2 pays ont laissé deux symboles aux générations futures : les mêmes couleurs nationales (le Vert, le Jaune, le Rouge) et la devise nationale (Un Peuple, Un but Une foi).

L’engouement pour le socialisme et le communisme a aidé le Mali de Modibo a passé d’un taux d’alphabétisé de moins de 10% aux environs de 60% seulement en quelques, et ainsi dépassé tous les pays de sous-région. L’instruction du peuple au centre en mettant l’accent sur les mathématiques et les sciences. C’est ainsi que l’Ecole Normale Supérieure a vu le jour avec le retour des premiers mathématiciens formés en Europe. Oui, le système des Nations Unies a félicité les progrès du Mali réalisé en un si laps de temps, mais qui ne pouvait pas être apprécié par la France vu la situation en retard dans ses protectorats comme au Sénégal et en Côte d’Ivoire, voisins du Mali. Pensez-vous que la France pouvait facilement accepter que le Mali en quelques années seulement s’était doté d’infrastructures industrielles aussi importantes que variées, et avec des créations d’emplois, que des pays comme le Sénégal ou la Côte d’Ivoire ne pouvaient pas avoir à l’époque ?

C’est vrai, il faut le reconnaitre, la survie dans le Communisme est très dure et demande beaucoup de sacrifices individuelles et collectives ; et cela qui fait que la Chine est là elle est aujourd’hui. Mais, c’est cela qu’on continue de reprocher à Modibo, d’avoir fait souffrir son peuple dans le but de leur apprendre à bâtir un avenir meilleur pour eux-mêmes. Mais sans oublier qu’à l’opposé aussi, la survie dans l’Amérique Capitaliste, n’était pas un cadeau offert sur un plateau d’argent. Cela a demandé aussi des sacrifices individuelles et collectives pour que l’Amérique soit où ils sont aujourd’hui.

Cordialement,

Soumaila

Le Premier Parti Musulman du Mali et Ses Difficultés

BAMAKO – 24 Avril 2017 | par  Amadou O. Wane -Sans élus et presque sans ressources, l’Union Nationale Pour la Renaissance (UNPR) aurait été indiscernable d’une centaine d’autres partis au Mali si ce n’était son président, Modibo Sangaré connu pour son franc-parler. En 2002, Sangaré était l’un des 24 candidats présidentiels qui cherchaient à remplacer l’ancien président Alpha Oumar Konaré. Bien qu’il n’ait gagné que 11 600 des 1,5 million de voix, il a fait mieux que d’autres avec plus de ressources. Il tenta de se présenter aux élections présidentielles de 2007, mais il n’a pu rassembler la caution de 15 millions FCFA.

En 2007 et 2008, Sangaré aida à organiser des manifestations par des groupes musulmans contre l’effort du président Amadou Toumani Touré d’abolir la peine de mort et de réviser le Code de la famille afin de donner plus de droits aux femmes. En novembre 2008, les forces de sécurité utilisèrent des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants de l’UNPR. En plus de son opposition à l’abolition de la peine de mort, au droit d’héritage pour les femmes, et à l’interdiction de la pratique de l’excision, Sangaré préconisait ouvertement de transformer l’État malien laïque en une république islamique. Il voulait aussi l’incorporation de certains aspects de la charia dans la société.

Les idées de Sangaré sur la laïcité et la charia le distinguèrent de manière significative des autres dirigeants sunnites comme Mahmoud Dicko, le président du Haut Conseil Islamique du Mali. Bien que Dicko et d’autres dirigeants musulmans, souhaitaient voir plus d’instruction religieuse dans les écoles maliennes, ils n’avaient aucun intérêt à modifier la nature laïque de l’État ou du système juridique malien.

L’opposition de l’UNPR à la nature laïque de l’Etat malien semblait également placer le parti et Sangaré du mauvais côté de la Constitution qui oblige les partis politiques à respecter les principes de la souveraineté nationale, de la démocratie, de l’intégrité territoriale, de l’unité nationale et de la laïcité. Une loi de 2005 interdit tout parti politique fondé sur une base religieuse.

Sangaré déclara, « si cela dépendait de moi, le Mali serait un pays islamique, mais ouvert à l’Ouest ». Il préconisait la création d’une république islamique et démocratique, qui serait régie par la charia tout en respectant les droits de l’Homme tels qu’indiqués par les Nations Unies. « La base de chacun de ces droits se trouve également dans le Coran » ajouta-t-il. Il soutint son argument en affirmant que le Mali a essayé le socialisme de 1960 à 1968, une économie planifiée et la dictature militaire de 1968 à 1991, et la démocratie de 1991 à ce jour, tous sans succès. Son plan de transformation du Mali en République islamique semblait donc être en partie dû à l’élimination des autres méthodes de gouvernance déjà essayées, et un peu de conviction religieuse.

Le manque manifeste de représentation de l’UNPR à tous les niveaux de l’Etat, pourrait expliquer pourquoi les responsables maliens n’ont pas poursuivi Sangaré et l’UNPR pour avoir violé la loi sur la laïcité des partis politiques. La poursuite de l’UNPR pour ses péchés politiques aurait pu hausser la cote de popularité de Sangaré. Le parti n’avait pas d’argent pour s’organiser ou soutenir des campagnes politiques. Selon Sangaré, l’UNPR a reçu 2 millions de FCFA du gouvernement pour les campagnes présidentielles et législatives de 2007 et il a dépensé 1,5 million de FCFA provenant des contributions des membres du parti.

Concernant les relations internationales, Sangaré pensait que les États-Unis méritaient des éloges pour son respect des libertés religieuses, et pour avoir des lois contrôlant la consommation d’alcool en public. Il déclara qu’il croyait que les États-Unis défendaient les droits des musulmans plus que tout autre pays. « Les Américains », dit Sangaré, « sont des gens tolérants, un peuple qui respecte l’islam ». En comparant les États-Unis à la France, il nota que les femmes musulmanes aux États-Unis pouvaient se voiler sans crainte de harcèlement ou de rétribution. Néanmoins, il pensait que certains aspects de la politique américaine au Moyen-Orient, était un peu « schizophrénique ».

A propos d’AQMI, il déclara qu’il rejetait toutes les formes de terrorisme. La forme du salafisme pratiquée par AQMI selon lui, était contraire à la culture, aux traditions, à la tolérance et aux valeurs maliennes. Sangaré a également parlé de ses interminables querelles avec le Haut Conseil Islamique du Mali (HCIM) et son président, Imam Mahmoud Dicko. En 2008 il refusa d’accepter l’élection de celui-ci, affirmant que Dicko et d’autres membres de HCIM avaient violé les règlements de l’institution. La poursuite judiciaire entamée par Sangaré et son refus de reconnaître Dicko comme président du HCIM, contribua à la division entre son groupe et le reste de la communauté musulmane du Mali.

Bien que Sangaré s’opposait au Code de la famille, supportait l’excision et voulait une République islamique, il vénérait le respect traditionnel des maliens pour la tolérance et la modération. La forme tempérée de l’islam politique de Sangaré, et le peu de popularité de l’UNPR, indiquèrent que ni son parti politique, ni lui-même ne menaçaient ces traditions maliennes.

Que Fait le PR Quand Il ne Voyage Pas?

Depuis son retour de France le 2 Février dernier, le PR n’a pas encore voyagé; plus de 2 mois — en fait 67 jours; une aubaine pour le budget national. De quoi se réjouir?

Février est en fait le mois des visites médicales du PR; et quand il revient, il passe 5-6 semaines au bercail avent de prendre son bâton de pèlerin. En 2016, il était en France — fin Janvier à début Février; son voyage suivant était le 18 Mars (en Namibie). En 2015, il était en Turquie pour une visite d’état (que certains ont appelé “visite d’état médicalisée”) — le voyage suivant était le 10 Mars à Conakry. Mais cette fois-ci, la régularité n’a pas été respectée et nos prévisions (de dépenses) sont faussées. C’est quand même une bonne chose, étant donné qu’il y a beaucoup de problèmes à régler au pays.

Mais malgré sa présence, aucun des problèmes sociaux n’a été encore réglé — en fait, ça s’empire. Les enseignants au Nord sont en grève depuis 3 mois; ceux du supérieur viennent de les rejoindre. La grève de la santé dure depuis plus d’un mois.

Avec tout se qui se passe au Nord et au Centre, on peut comprendre que le PR a d’autres chats à fouetter, plutôt que de s’occuper de grèves. Seulement même ces chats ne sont pas fouettés. Tout au plus, ils sont caressés avec des centaines de millions de CFA pour assister à une réunion bidon qui aura coûté elle aussi des centaines de millions — l’équivalent de ce que le PR aurait dépensé pour 2 ou 3 visites en Europe.

Ce que le Trésor national a économisé en visites, on l’a dépensé pour une réunion de chats. Finalement, n’est-il pas mieux que le PR soit en voyage tout le temps? Peut-être que la République de l’Azawad (Azawadie?) l’invitera pour une visite de très longue durée; la nuitée du Crillon de Kidal ou celle du George V d’Abeibara coûtent beaucoup moins cher que leurs équivalents à Paris. Et on dit que l’air sec du désert soigne les rhumatismes.

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A. Karim Sylla

Communiqué du Conseil des Ministres du 30 Mars 2017

Communiqué du Conseil des Ministres du jeudi 30 mars 2017

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le jeudi 30 mars 2017 dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence du Président de la République, Monsieur Ibrahim Boubacar KEÏTA.

Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a :

– adopté des projets de texte ;

– procédé à des nominations ;

– et entendu une communication.

AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES :

AU TITRE DU MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE, DE LA DECENTRALISATION ET DE LA REFORME DE L’ETAT :

Sur le rapport du ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Réforme de l’Etat, le Conseil des Ministres a adopté des projets de texte déclarant l’état d’urgence sur le territoire national.

L’état d’urgence, déclaré sur le territoire national par le décret du 20 juillet 2016, a été prorogé de six (06) mois par la loi du 30 juillet 2016.

Cette prorogation a permis aux autorités compétentes de renforcer davantage les dispositifs de prévention et de lutte contre le terrorisme et d’accroitre les capacités opérationnelles et les actions de contrôle des forces armées et de sécurité sur le territoire national.

Elle a également permis d’assurer la mise en œuvre diligente des procédures juridictionnelles liées aux actes et aux menaces terroristes.

En dépit des efforts fournis et des mesures arrêtées, l’évaluation de la situation sécuritaire révèle la persistance de la menace terroriste au Mali et dans la sous-région ainsi que des risques d’atteinte à la sécurité des personnes et de leurs biens.

L’état d’urgence, ayant expiré le 29 mars 2017, il est apparu nécessaire de le déclarer à nouveau pour une durée de 10 jours à compter du vendredi 31 mars 2017 à minuit sur toute l’étendue du territoire national.

Sa prorogation interviendra si l’évaluation de la situation sécuritaire le justifie.

La déclaration de l’état d’urgence permettra aux autorités compétentes de poursuivre les efforts de prévention et de lutte contre les menaces terroristes et toutes les formes d’atteinte à la sécurité des personnes et de leurs biens.

AU TITRE DU MINISTERE DES MINES :

Sur le rapport du ministre des Mines, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant approbation du contrat type de partage de production pour la recherche, l’exploitation et le transport des hydrocarbures.

Le présent projet de décret est adopté en application des dispositions de la loi du 16 juillet 2015 portant organisation de la recherche, de l’exploitation et du transport des hydrocarbures.

Il définit le type de contrat, les obligations de la société pétrolière contractante, notamment, en matière de recherche, de développement des opérations et d’exploitation du gisement à l’intérieur d’une zone déterminée.

Il définit également les modalités de partage, entre l’Etat et la société pétrolière contractante, de la production issue du gisement découvert.

Il détermine aussi les conditions relatives à la délivrance d’une ou plusieurs autorisations de transport et à la conclusion d’une ou plusieurs conventions de transport entre la société de transport et l’Etat.

Le projet de contrat type prévoit les modalités de règlement des différends nés de la mise en œuvre du contrat de partage de production pour la recherche, l’exploitation et le transport des hydrocarbures.

Le projet de décret adopté conditionne l’octroi aux sociétés pétrolières des autorisations d’exploitation à l’élaboration et à la mise en œuvre de plans de développement communautaire.

AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES :

Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant approbation du marché relatif à la réalisation des travaux de réhabilitation de 1 745 hectares dépendant du partiteur M2 dans le casier de Molodo, Zone Office du Niger.

Le marché relatif à la réalisation des travaux de réhabilitation de 1 745 hectares dépendant du partiteur M2 dans le casier de Molodo, Zone Office du Niger est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et le Groupement d’Entreprise EGK/EAD pour un montant de 4 milliards 363 millions 485 mille 520 francs CFA hors taxes et un délai d’exécution de 16 mois.

Les travaux consistent à la construction d’infrastructures d’irrigation, de drainage et de développement socio-économique, en particulier la réalisation de travaux de terrassement et d’ouvrages de génie civil.

La réalisation de ces travaux contribuera à la sécurité alimentaire à travers l’augmentation de la production et de la productivité des terres aménagées.

Elle permettra surtout à l’Office du Niger de poursuivre son programme de réhabilitation des terres dans le delta central du fleuve Niger.

Le financement du marché est assuré par les Affaires mondiales Canada dans le cadre de la coopération bilatérale.

AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE :

Sur le rapport du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant approbation de la politique nationale de la science, de la technologie et de l’innovation et le plan d’actions

2017-2025.

La politique nationale de la science, de la technologie et de l’innovation a été examinée par le Conseil des Ministres en sa séance du 3 février 2017.

La mise en œuvre des actions préconisées par cette politique contribuera, notamment, à la croissance de l’économie nationale, à l’amélioration de la qualité de vie et au bien-être des populations.

Le projet de décret adopté ouvre la voie à la mise en œuvre des actions de la politique nationale de la science, de la technologie et de l’innovation.

AU TITRE DU MINISTERE DE LA PROMOTION DE LA FEMME, DE L’ENFANT ET DE LA FAMILLE :

Sur le rapport du ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant approbation du

« Programme d’Appui à l’Autonomisation des Femmes dans la Chaine de Valeur Karité

au Mali ».

Le Programme d’Appui à l’Autonomisation des Femmes dans la Chaine de Valeur Karité au Mali » a été examiné par le Conseil des Ministres en sa séance du 19 octobre 2016.

La mise en œuvre des actions préconisées par ce programme contribuera, notamment, à l’amélioration des conditions économiques et sociales des femmes rurales des régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et Mopti à l’horizon 2021.

L’adoption du projet de décret consacre l’approbation définitive du Programme d’Appui à l’Autonomisation des Femmes dans la Chaine de Valeur Karité au Mali.

AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes :

AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES :

– Inspecteur à l’Inspection des Finances :

Monsieur Moussa KONE, Inspecteur du Trésor.

AU TITRE DU MINISTERE DES MALIENS DE L’EXTERIEUR :

– Conseiller technique :

Madame Fatoumata dite Fatim DIAKITE, Administrateur civil.

AU TITRE DU MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE :

– Recteur de l’Université des Sciences Juridiques et Politiques de Bamako :

Monsieur Moussa DJIRE, Professeur.

AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS ECRITES :

AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE NUMERIQUE ET DE LA COMMUNICATION :

Sur le rapport du ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Porte-parole du Gouvernement, le Conseil des Ministres a pris acte d’une communication écrite relative à la politique nationale de communication pour le développement et le plan d’actions 2016-2020.

La Politique nationale de communication pour le développement constitue un enjeu majeur de la démocratie, de la gouvernance et du développement durable.

Elle vise à promouvoir l’écoute, le dialogue et la concertation entre les acteurs du développement.

Elle vise aussi à promouvoir le débat démocratique et à renforcer la participation des populations à l’analyse des questions de développement, à la prise de décisions, à la mobilisation des ressources et à la gestion des actions de développement.

La Politique nationale de communication pour le développement prévoit également la mise en place d’un mécanisme de coordination entre les différents intervenants en matière de communication et d’un système de suivi-évaluation de sa mise en œuvre.

Elle constitue un cadre de référence où les institutions, les communautés et les familles établissent un dialogue en vue d’accroître l’impact des politiques et programmes sectoriels de développement.

La Politique nationale de communication pour le développement est articulée autour des axes stratégiques ci-après : le renforcement de l’ancrage institutionnel et des mécanismes de coordination, la recherche, la formation des acteurs, la mise en œuvre d’interventions inclusives et participatives, la production et la diffusion et le suivi-évaluation.

Elle est assortie d’un plan d’actions 2016-2020 dont le financement sera assuré par l’Etat et les partenaires techniques et financiers.

Bamako, le 30 mars 2017

Le Secrétaire général du Gouvernement,

Madame SANOGO Aminata MALLE

Chevalier de l’Ordre national

Repartition du Budget


“Au regard des montants alloués par tête, l’objectif de péréquation apparaît plus clairement mais pourrait être amélioré (cf. tableau 6). La région de Kidal mobilise 0,69% des ressources propres totales (à l’exclusion de Bamako) et reçoit 74% des transferts d’investissement par tête de l’ANICT. Au contraire, Kayes qui comptabilise plus de 30% des ressources locales propres reçoit moins de 3% des transferts par tête. Tombouctou ne semble pas néanmoins faire l’objet d’une péréquation suffisante. avec 4% des ressources locales propres nationales, elle reçoit moins de 6% du montant total des subventions par tête.” __Page 60

Wow! Je vois maintenant le point de Sidy en chiffre.

Amadou Wane


Le problème à Kidal, Taoudeni, Gao et Tombouctou, c’est qu’il faut être plus imaginatif que le scénario classique d’impôts contre services; le transfert au Mali (prendre de l’argent d’un côté pauvre du Mali pour l’envoyer dans un côté encore plus pauvre) n’est pas la solution; personne ne s’en sort. Toute la région de Kidal et celle de Taoudeni ont moins d’habitants que le plus petit quartier de Bamako. C’est tout le schéma qu’il faut revoir, vu la faible densité de la population.

Mais on peut faire confiance en la CMA; un no man’s land avec l’absence de l’état est la parfaite combinaison qu’il faut, mis à part bien sûr l’insécurité.

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A. Karim Sylla