Rapport de la Commission d’Enquête sur Kidal (Mai 2014)

La commission estime que l’Administration publique a été démesurément utilisée à des fins inavouées par un Premier Ministre inexpérimenté. La visite à Kidal, relève plus d’une action préméditée de bravoure, dictée par des intérêts politiques du Premier Ministre Moussa MARA, que de s’enquérir du bon fonctionnement de l’administration dans cette localité, quand lui-même affirme dans sa déclaration que «… la souveraineté à Kidal était partagée…».

En dépit des alertes et mises en garde formelles données à Gao, par le commandement des FAMAS présent à Kidal, par la MINUSMA et SERVAL et les témoins oculaires des éléments précurseurs, le Premier ministre refusa d’annuler sa visite sur Kidal le samedi 17 mai, ni de réduire la taille de la délégation. Il faut en déduire que, ni le Chef d’Etat-major général des armées, Général Mahamane TOURE, ni le Premier ministre n’ont fait preuve de prudence.

Interrogé sur l’opportunité de continuer la visite sur Kidal, suite à l’empêchement de la mission précurseur d’y atterrir, des tirs à l’arme de guerre par les groupes armés et les troubles perpétrés la veille, le Premier ministre a répondu comme suit : « à la fin de la réunion que nous avons eue à Gao, lorsque la décision a été prise de partir à Kidal, j’ai dit aux autres membres de la délégation, que personne n’est obligé de partir à Kidal, celui qui veut peut retourner à Bamako. Tous, à l’unanimité, ont décidé de partir à Kidal. J’ai demandé à Monsieur Soumeylou Boubéye MAIGA qui était souffrant, de retourner à Bamako, compte tenu de son état de santé…»

La question de partir ou de ne pas partir n’est pas moins qu’un baroud d’honneur pour les membres de la délégation, qui au risque de sacrifier la solidarité gouvernementale à peine voilée, n’avaient d’autre choix, ni droit au déshonneur.

En prenant cette décision, le Premier ministre a dénié toutes les règles et procédures normales de prise de décision dans le fonctionnement de l’appareil d’État et de bonne gouvernance, ce qui dénote l’entêtement et l’insouciance qui le caractérisent, son manque de respect et de considération pour les conseillers et leurs avis pertinents.

En effet, il ne fait aucun doute que le Premier ministre, a disposé d’informations et de conseils opportuns, avant de prendre la décision de visiter Kidal, et poursuivre cette visite, en dépit des alertes formelles données à Gao et des évènements ayant précédé à la veille.

Le Premier ministre, Moussa MARA, a par ailleurs affirmé que les trois régions du nord-est (Tombouctou, Gao, et Kidal) sont déclarées zone de guerre, suivant décret N°13-628/ P-RM du 28 juillet 2013 instituant « OPERATION MALIBA ». De ce fait, il n’ignorait pas les difficultés de sa visite dans ces régions, plus particulièrement à Kidal, siège des groupes armés. Son prédécesseur, agissant en homme avisé et prudent, a renoncé à l’accomplissement d’un tel souhait ou instruction du président, quand il a estimé que les conditions sécuritaires n’y étaient pas favorables.

Il s’agit d’une orientation politique, dont le Premier ministre devait se donner les moyens et les conditions de sa mise en œuvre et en assumer les conséquences des actions désastreuses.

Dans son entêtement, le Premier Ministre Moussa MARA engagea alors l’État dans un processus, dont il ne pouvait ignorer le niveau élevé du risque élevé, eu égard à l’intérêt qui s’attachait à une telle visite. Il exposa visiblement l’Etat et ses subordonnés dans l’administration publique (fonctionnaires de l’État, militaires et forces de sécurité en place dont l’effectif soit 256 des FAMAS face à une estimation de 1.500 éléments des groupes armés) à un danger imminent et certain.

L’exercice de haute responsabilité au sommet de l’administration publique, requiert un Homme prudent et avisé, qui, s’appuyant sur des renseignements et conseils pertinents, prend des décisions dans l’intérêt supérieur de la nation, sauvegardant sa vie et celle des autres.

Au cours des auditions, le général Gamou, le capitaine KANIKOMO, le commandant Boubou SISSOKO de la légion de la gendarmerie de Kidal, tous ont déclaré que le Premier ministre a insisté, pour aller tenir sa réunion au gouvernorat. Selon eux, il a été on ne peut plus clair, comme suit : «il faut qu’il aille au Gouvernorat ». Que dire de l’attitude d’une telle personne nantie de l’autorité publique ? Quel qualificatif donner à une telle personne, à ce niveau de responsabilité de l’État ?

Pire, le Premier Ministre Moussa MARA, au cours de son audition a fait des déclarations totalement contradictoires avec celles d’autres personnes auditionnées. Pour en illustrer, le Premier Ministre au cours de son audition déclara : «personne, je dis bien personne ne m’a jamais informé…. ou je n’ai été informé par qui que ce soit d’un risque d’attaque armée » ; le ministre de la Défense et le chef d’Etat-major général des armés et tous les responsables des services de renseignements militaires et sécuritaires, auditionnés ont déclaré le contraire. Tous disent avoir informé leurs supérieurs hiérarchiques, du risque d’attaque par les groupes armés, dont l’effectif était estimé par plusieurs sources entre 1.500 et 3.000 combattants.

Serions-nous en présence d’un mensonge d’État qui ne saurait rester impuni ? Qui en est l’auteur ou en sont les auteurs ? Une enquête judiciaire s’avère nécessaire pour démasquer le ou les auteur(s).

Les déclarations contradictoires à ce niveau hiérarchique dans l’administration dénotent de graves dysfonctionnements dans l’appareil d’Etat, notamment :

– le non-respect des règles et procédures acceptables dans la prise de décision ou leur violation pure et simple;

– la culture de la médiocrité, de l’aliénation gage de promotion dans l’arène de l’administration publique ;

– l’irresponsabilité, encouragée par l’impunité devenue norme de gouvernance;

– l’exécution tous azimuts sans discernement et en connaissance de cause, d’ordres et décisions voués à l’échec, pris par l’autorité hiérarchique au mépris du bon sens, ou normes de gouvernance acceptables ;

Par ailleurs, la visite controversée et chaotique à Kidal, a failli plonger notre pays une grave crise diplomatique, quand le Premier ministre a pointé du doigt la communauté internationale, l’accusant de complaisance avec les groupes armés, et de son refus de coopération, dans sa tentative de justifier le chaos causé par sa visite. Cette communauté fort heureusement, s’est remise à son inexpérience.

Les forces étrangères MINUSMA et SERVAL, ont entre autres pour mission, la protection des populations civiles, et de stimuler les conditions de retour à la paix et la stabilité. Elles n’ont pas vocation à soutenir des Maliens contre des Maliens fussent-ils des groupes armés rebelles, ni à se substituer ou s’aligner avec aux FAMAS, pour combattre des groupes armés qui ne sont de surcroît que des Maliens.

En raison de la situation spécifique qui prévalait à Kidal et dans l’ensemble de la zone, ces régions ne devaient pas être une priorité, dans les visites envisagées par le chef du gouvernement, pour s’enquérir du fonctionnement de l’administration publique, et des services rendus aux administrés.

Quel que soit l’expression de volonté politique, de déclaration sur l’intégrité et l’unité nationale, le statut de Kidal était une exception au sein de la République, en raison :

-de l’accord de cessez-le-feu conclu à Ouagadougou au Burkina Faso, entre l’Etat malien et les groupes armés, en prélude aux élections générales de 2013 ;

-du cantonnement des FAMAS, au même titre que les groupes rebelles armés en application dudit accord et de son respect;

-de la présence de forces internationales étrangères (MINUSMA et SERVAL).

Aussi, faut-il rappeler la justesse de l’application de la politique de ses moyens. En effet, pour la visite à Kidal, le chef du gouvernement comptait sur l’appui des forces internationales sur place, qui ne sont pas obligées, ni sous l’autorité du gouvernement.

Dans l’évaluation de la situation, les FAMAS comptaient s’affronter avec un effectif autour de 400 et 600 éléments des groupes armés, comme consigné dans l’ordre d’opération. Ils se seront rendu compte après, qu’il y avait en réalité un renfort de plus de deux mille (2 000) éléments des forces ennemies qui étaient dans la zone. Comment comprendre une telle négligence, faiblesse et planification chaotique par des officiers supérieurs dont le Chef d’État-major général, alors que tous les renseignements en prélude à la visite, et pendant la visite estimaient l’effectif des groupes armés entre mille cinq cent (1.500) et deux mille (2.000).

Le Premier ministre n’a à aucun moment, exprimé le moindre remords devant la commission parlementaire.

Le Chef d’Etat-major général des Armées et son Adjoint ont affirmé n’avoir pas suivi sur le terrain, le message de paix prononcé à la télévision nationale par le Président de la République Ibrahim Boubacar KEITA lors de son discours à la Nation (avant le 21 mai 2014). À défaut d’avoir accès à l’information publique, il est imaginable que dans cet état d’urgence, en période de guerre sur le territoire national, et pour une décision cruciale à prendre, qu’il n’y est pas de communication entre le chef d’État-major général des armées et le Président de la République. Nous en déduisons une grave décision unilatérale prise par le chef d’État-major général, en violation d’une règle fondamentale du fonctionnement de la république.

Le chef d’Etat-major général des Armées a déclaré « assumé l’entière responsabilité des évènements survenus à Kidal ».

La commission estime que le Premier ministre, Moussa MARA, est responsable du désastre causé par sa visite à Kidal, pour avoir dans son entêtement, et en connaissance de cause, engagé l’Etat dans un risque démesuré.

Le chef d’Etat-major général des armées, Général Mahamane TOURE, en engageant les forces armées dans l’impréparation et la médiocrité totale, est tout aussi responsable de la débâcle de l’armée, de sa déroute humiliante, qu’il avoue à juste titre assumée, sans avoir en tirer les conséquences par une démission volontaire.

L’absence de règle et procédure précises de prise de décision et de définition de champ de responsabilité;

La satisfaction du désir du pouvoir hiérarchique au mépris de la raison d’Etat, de la stabilité, de l’ordre public, de la sécurité et de la vie des agents de l’État (forces de sécurités et fonctionnaires en service dans les localités°.

Les faits et les fautes ont été identifiés, les responsabilités doivent être établies.

Recommandations de la commission d’enquête:

La Commission d’enquête parlementaire recommande ce qui suit :

-l’ouverture d’une enquête judiciaire contre Monsieur Moussa MARA en sa qualité de Premier Ministre chef du gouvernement, dont la décision politico-administrative de visiter Kidal à tout prix, est à l’origine de l’assassinat de fonctionnaires et agents de l’État, de la mort banale des FAMAS et de l’éviction de l’État de Kidal.

-l’ouverture d’une enquête judiciaire contre le chef d’État-major général des armées, Général Mahamane TOURE, pour avoir engagé tous azimuts, les forces armées dans l’impréparation totale, ayant banalement entraîné des pertes en vie humaine d’agents et fonctionnaires de l’État, des FAMAS tués et blessés et la déroute humiliante de l’armée républicaine face aux groupes armés, actes dont il déclare, sans remord, assumé l’entière responsabilité, comme pour narguer l’impunité.

-l’ouverture d’une enquête judiciaire contre le ministre de la Défense d’alors Soumeylou Boubèye MAIGA, si les déclarations qu’il nous a faites s’avèrent fausses, à l’issue d’une confrontation avec le Premier Ministre sur : le ministre de la Défense déclare avoir informé le Premier Ministre du risque élevé d’attaque d’armée ; celui-ci nie catégoriquement en avoir été informé d’une part, et d’autre part sur l’opération militaire programmée pour le 24 mai 2014 révélée par le ministre de la Défense, mais ignorée par le Premier Ministre, et celle du 21 mai 2014 prématurément élaborée et exécutée par le chef d’Etat-major général des armées, surprenant tous les ordres hiérarchiques.

-un audit opérationnel indépendant des FAMAS, notamment le management des ressources humaines et les moyens logistiques ;

-la désignation de députés en qualité de commissaires rapporteurs spéciaux pour le contrôle et le suivi par l’Assemblée nationale, de l’exécution de la loi d’orientation et de programmation militaire (LOPM) ;

-Exiger du gouvernement, le bilan exhaustif des pertes en vies humaines, jusqu’à présent non communiqué par une source officielle.

-la relecture et la codification des affaires militaires et sécuritaires, la définition claire et précise des responsabilités entre le gouvernement et les responsables hiérarchiques militaires et sécuritaires.

-l’engagement du gouvernement à entreprendre des réformes, instituant la transparence dans la gestion du fonds social des armées, pour le mettre à l’abri des prédateurs de la hiérarchie militaire, et améliorer les conditions de vie des officiers, sous-officiers et soldats, des blessés de guerre et des familles des victimes de guerre ;

– une meilleure prise en charge par l’État, des animateurs des FAMAS : leadership, recrutement, etc.

– l’institutionnalisation d’un code d’éthique au sein de l’armée;

– la dépolitisation de l’armée.


Le journal Le Sphynx dans sa dernière parution donne un aperçu sur le rapport de la commission parlementaire qui a enquêté sur les événements de Kidal de Mai 2014. Selon Le Sphynx le rapport a conclu qu’il fallait ouvrir une enquête judiciaire contre l’ex-PM Moussa Mara, le CEMGA Mahamane Touré et l’ex-MinDef Boubeye Maïga.

Le rapport aurait cité Mara comme “responsable du désastre causé par sa visite à Kidal, pour avoir dans son entêtement, et en connaissance de cause, engagé l’Etat dans un risque démesuré”. Le général Touré est lui cité pour avoir engagé “les forces armées dans l’impréparation et la médiocrité totale, est tout aussi responsable de la débâcle de l’armée, de sa déroute humiliante, qu’il avoue à juste titre assumer (sic), sans avoir tiré (sic) les conséquences par une démission volontaire.” Quand à Boubeye, la commission pense qu’il aurait fait des déclarations mensongères.

La commission demande également l’établissement du bilan exhaustif des pertes en vies humaines.

Abdoul K. Sylla


Commission d’ enquête: “Le Premier ministre (Moussa Mara) n’a à aucun moment, exprimé le moindre remords devant la commission parlementaire.”

Reponse: Peut etre le Premier Ministre connait le vrai responsable du desastre de Kidal. Ce vrai responsable se cache derriere un rapport d’amateurs.

Barou Sam


Merci Abdou K pour avoir partagé cet article. Il ya des questions qui restent encore sans reponse.
1. Pourquoi le rapport n’a pas fait cas du donneur d’ordre de l’attaque du 21 Mai?
2. Est ce que le President de République etait au courant de l’attaque du 21 Mai?
3. Est ce que c’est lui, en tant que chef supreme des armées, qui a donné le feu vert de lancer l’offensive?
4. Le rapport dit que les services de renseignements avaient prevenu Moussa Mara de ne pas se rendre à Kidal. Est ce qu’il existe des écrits qui evoquent cet état de fait? Un rapport de renseignement devait exister avant le voyage de Mara et il était supposé prendre connaissance de ce rapport. Cependant, la commission d’enquete n’a jamais evoqué l’existence d’un rapport de renseignement.
5. La commission a fait un travail d’amateur. C’est seulement dommage.

Barou Sam


Pour ce qui est de tes questions 1, 2 et 3 voilà ce que la commission en dit et pense déduire:

“Le Chef d’Etat-major général des Armées et son Adjoint ont affirmé n’avoir pas suivi sur le terrain, le message de paix prononcé à la télévision nationale par le Président de la République Ibrahim Boubacar KEITA lors de son discours à la Nation (avant le 21 mai 2014). À défaut d’avoir accès à l’information publique, il est imaginable que dans cet état d’urgence, en période de guerre sur le territoire national, et pour une décision cruciale à prendre, qu’il n’y est pas de communication entre le chef d’État-major général des armées et le Président de la République. Nous en déduisons une grave décision unilatérale prise par le chef d’État-major général, en violation d’une règle fondamentale du fonctionnement de la république.”

Je trouve ta question 4 pertinente, car des informations pareilles doivent être écrites, surtout qu’ elles devraient résulter d’ une réunion de concertation approfondie sur la situation sur le terrain; d’ où un protocole de réunion au moins qui devrait être communiqué au PM.

M. Diagayété


Merci Karim pour le partage ! Un document a des fins purement politiques qui, au lieu de nous informer sur l’essentiel (entre autres, le nombre de vaillants soldats tombes, les complicites et renforts des terroristes criminels, la part des autres forces en presence, etc), nous revient avec des recommandations politiques basees sur une analyse floue et superficielle qui a deliberemment evite les vraies questions. Si c’est ce genre de document que nos parlementaires appelent “rapport” apres 2 ans ou presque de ‘travail’, il est indeniable que nous avons encore du chemin a faire. En attendant de lire sur la methodologie adoptee par la “commission parlementaire” et ses sources, je me pose la question de savoir Ou est(la part d’)IBK dans tout ca?, lui qui avant le voyage a du PM Mara a Kidal indiquait deja que celui_ci s’y rendrait bientot?
Bonne soiree !

Talatou


Bonsoir talatou

La qualite de ce rapport suscite en moi plus d’interrogations. Il est temps de se ressaisir.
Un rapport est different d’un discours. Il est d’abord technique. Il doit retracer froidement le film des evenements, les analyser sereinement, tirer les conclusions, degager le role de chaque acteur, afin d’en tirer les lecons utiles pour que jamais de tels evenements ne se reproduisent, ni ici ni ailleurs. Ainsi avancent les peuples de dieu.
Les echecs deviennent des succes lorsqu’on en tire des lecons pour soi et pour la posterite.
Les lynchages n’ont jamais fait avancer un peuple. C’est un signe de faiblesse au contraire. C’est lui qui a tort j’ai raison. C’est lui le mechant, c’est moi le messie C’est un jeu pueril, enfantin.
Oh

Mon dieu eloigne de cette espece a eradiquer pour que je prie. Car elle est plus a plaindre qu’a condamner.
Seigneur mon beau pays merite t il ca.
Adam thiam a dit ” tout le monde a le mali sur le bout des levres, personne n’a le mali dans le coeur”.
(A corriger au besoin.)
Mon dieu eloigne nous de ces derniers. Ne leur confie pas la destinee de mon pays.

Chers parlementaires, l’honneur du pays est au dessus de vous et moi. L’histoire est implacable. Tot ou tard chacun repondra de ses faits et propos.C’est un point de vue tout ca.
A bon entendeur bonne nuit

Amadou Sankare


Si c’est vraiment un rapport écrit de la commission, ce n’est rien d’autre qu’un lynchage politique.

Mara est maintenant l’ennemi numéro un du RPM à abattre coûte que coûte avant 2018.

Amadou O. Wane


Structure, Permanence et Ruptures

Kidal n’est-ele pas dans les faits la première réserve touareg dont nous parlions en 2013? Le mot cantonnement que je proposais par euphémisme est désormais au quotidien.

En tout cas, le fédéralisme de Mr Soukouna semble reporté aux calendes grecques.
Lire le fil de la discussion plus loin.

Sabu Nyuman

Date: Mon, 11 Nov 2013 00:08:08 -0800
From: sabu_nyuman
Subject: [malilink] Réserves indiennes, réserves touarègues
To: malilink@malilink.net
Et si la solution à ces inlassables rebellions touarègues était de créer des réserves touarègues à l’image des réserves indiennes en Amérique du Nord?
Les réserves indiennes sont gérées par les indiens selon leurs appartenances et modèles de gestions tribales. Mais aucun indien n’est interdit de quitter les réserves pour s’installer où il veut sur l’ensemble du territoire américain. Mais alors il se soumet à l’autorité américaine au même titre que tout autre américain.
Les réserves indiennes occupent 2,3% de l’ensemble de la superficie des Etats-Unis(http://en.wikipedia.org/wiki/Indian_reservations)

Peut-être est-ce là un exemple de solution pour créer un pot d’échappement pour velléités séparatistes irréductibles, opposées à toute intégration sociale avec les peuples du Sud?

Just saying.

Sabu Nyuman


Sabu,

Même trois ans après, le mot reserve ne me semble pas approprié. Kidal est le réceptacle des problèmes non résolus et mal résolus de la question touareg malien d’une part et des options prises pour régler le sujet et les questions encore en suspens !

Mamadou I. Konaté
Juriste


C’est vrai, Mr Konaté que “réserve” est péjoratif de nos jours et ne passera jamais. Disons alors que Kidal est un cantonnement touareg. D’autres vont devoir suivre puisque la rebellion est composée de groupes hétérogènes.
Ce n’est peut-être pas une solution finale mais il faudra s’y faire.

Sabu Nyuman


“Solution finale” !!! Mon Dieu 🙁

Stephane Kader Bombote


Reserve et solution finale…y a t-il une idée noire perceptible Sabu ?

Mamadou I. Konaté


Pourquoi idée “noire” ? 🙂 C’est juste pour dire, ne jouons pas avec les mots.

Je pense que Sabu veut juste parler de solution définitive à la crise que traverse le pays. Dans un message précédent en date de 2013 (voir ci-dessous), il a dit:

« En cinquante ans d’indépendance, il y a eu trop de sang versé dans ce conflit. L’usage de la force et de la répression a été déjà été essayé plusieurs fois. Et si peu de gens au Sud réalisent l’ampleur de l’atrocité des guerres menées par Modibo Kéita puis pat GMT, pour certaines victimes au Nord nous sommes arrivés à un point de non-retour. AOK a- en fait- crée de façon tacite, des réserves non réglementées. Cela a permis la création d’un no-man-land surarmé que ATT a hérité et exploité pour asseoir son pouvoir. Le résultat fut la prolifération de trafics de tous genres et l’infestation par des vermines islamo-dhihadistes de tous bords.

Alors devons-nous retourner à la méthode Modibo-Moussa qui créa des héros infâmes comme Dibi Sillas Diarra ?
Peut-être est-il temps de chercher d’autres
solutions. »_Sabu

D’autres solutions donc que la guerre.

Bien des choses,

Ndack


L’espace occupé par le Mali actuel, a derrière lui un temps historique suffisamment long pour que se dégage une structure dans l’interaction des groupements humains qui le peuplent.

Malgré les antagonismes (entre ceux qui, au Nord comme au Sud, sont prêts à accepter une autorité centrale pour la prospérité qu’elle apporte à la société par la minimisation des coûts de transaction et ceux qui, également au Nord comme au Sud, ne trouvent la prospérité que dans le désordre d’une société sans état central fort), cette structure qui canalise les énergies des groupements humains du système, l’a fait évoluer dans le temps et l’a fait prospérer malgré une récurrence de périodes de troubles qui est permanence.

Peut-on traiter une de ces périodes de troubles en ignorant la structure du système de relations tissées à travers les âges notamment la permanence que l’on y observe ?

Peut-être mais, pas sans provoquer une rupture dans le système. Si cette rupture n’est pas ce qui est recherchée, alors il faut rechercher l’évolution du système selon les règles révélées par sa structure : la permanence, la loi organique qui y est inscrite.

La période de trouble que connait le Mali actuellement, s’inscrit dans une permanence de l’histoire de cet espace. Cette permanence veut qu’à chaque fois que l’état central s’effondre, une période de trouble s’installe de façon aigue dans le nord.

Le retour à un espace policé ne reviendra qu’avec l’avènement d’un état central capable de minimiser les coûts de transaction dans la société.

Cordialement
Amb. Ret. Mamadou Traoré


Bien vu Ndack! Certaines expressions ont été réservées par la LICRA. C’est d’autres du même genre continuent de n’éveiller aucunes sensibilités même chez les plus concernés. J’ai dans un premier reflexe voulu changer solution finale en solution définitive ou permanente. Mais je me suis ravisé, histoire de liberté de pensée, je ne dis pas d’expression puisque là c’est bien de liberté de pensée. Je ne voulais pas exprimer quelque chose de particulier et j’avoue que je n’avais pas fait le rapport avec la situation.
Cette française qui disait que “certains nègres américains supportaient l’esclavage” ne s’est jamais inquiétée. Mais ce laboristes anglais qui rapporta le fait historique qu’Hitler était le premier à proposer une terre aux juifs en a fait les frais.
Idées noires, c’est banal. Solution finale? Mon Dieu !!!!

Sabu Nyuman


Merci Monsieur Traoré pour cette analyse réconfortante dont la perspective est beaucoup plus large. Nous espérons tous que le Mali surviendra aux difficultés actuelles et peut-être en sortira plus fort.
Merci également d’avoir créé un autre thread parce que le premier devient une controverse( de Sion?).

Sabu Nyuman


“Structure, permanence et ruptures” de Mamadou Traoré VS *minorité
irréductible* de Sabu Nyuman!

J’ai bien apprécié l’idée formulée par Sabu Nyuman, je le cite: “Mon
idée voudrait aller dans le sens de la satisfaction de la *minorité
irréductible* … Il s’agit de trouver une solution qui ne laisse pas
toute une population (touarègue, NDLR) à la merci d’idéologues armés
(touaregs, NDLR) qui resteront racistes et ne voudront jamais vivre
avec les Noirs qu’ils n’acceptent toujours que comme des esclaves….
Cela me parait beaucoup plus pro-touareg qu’anti-touareg”. De mon
point de vue de nationaliste malien, spécifiquement identitaire
touareg, il faut traiter la minorité touarègue “VISIBLE” avec des
actions aussi “VISIBLES” que les touaregs le sont dans l’espace de 60%
qu’ils occupent dans le Mali; rien moins que ça!

Je répondrais aux questionnements de Mamadou Traoré par les
propositions suivantes:

1) la “question touarègue”, récurrente depuis 50 ans, doit être
traitée en n’ignorant pas “la structure du système de relations
tissées à travers les âges”, notamment la permanence du système de vie
nomade des touaregs à la périphérie des populations sédentaires
agricoles;

2) adapter la structure politique territoriale des régions habitées
en “majorité géographique” par les touaregs selon les règles que
révèle l’Accord de Paix (la loi organique qui y est inscrite) pour la
permanence de la gouvernance “autonome ” des affaires locales des
régions “touarègues” par des élus touaregs; je pense aux régions de
Kidal-Tamasna, Azawak-Ménaka, Assahra-Taoudéni et Gourma.

Sincèrement,

Mohamed AG HAMATY


“la “question touarègue”, récurrente depuis 50 ans,”_Ag Hamaty

“La question touareg” n’est pas apparue depuis seulement cinquante ans.

“la permanence du système de vie nomade des touaregs à la périphérie des populations sédentaires agricoles;” _ Ag Hamaty

Ce système de vie nomade des touaregs a toujours eu une composante de razzia et d’incursions sanglantes aux fins de dépossession sur ces populations sédentaires agricoles. Cela a toujours été un problème qui ne date pas de cinquante années.
C’est à chaque fois qu’il n’y a plus d’autorité centrale capable de garantir la sécurité collective (minimiser les coûts de transaction permet d’englober l’ensemble des problèmes de sécurité dans la société) que le problème de cohabitation des deux modes de vie devient un problème.
Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


Bonjour

D’accord ave Traore que le mode de vie Touareg et/ou nomade a toujours existe depuis‎ des millenaires: razia, vol de betaille, d enfants dans les filles sedentaires, bagarres recurentes… poussant même des villages a se replacer plusieurs fois au cours des siecles.

C‎e qui a changer ce sont les armes, la definition et l’elargissement du territoire, la victimisation de l’aggresseur, la politisation et l’implication en terme geopolitique/ finance/armement/lobby des pays coloniaux.

Ousmane D. Haidara


Cher Ousmane Haïdara,

Ce n’est pas ce que j’ai lu des posts de Mr. Traoré. Personnellement (je parle donc pour moi), je trouve que votre commentaire ici n’engage que vous.

Bien à vous,

Ndack


Bonjour Cher Mohamed Ag Hamaty,

Voici comment le texte de Mr. Traoré a commencé:

« L’espace occupé par le Mali actuel, a derrière lui un temps historique suffisamment long pour que se dégage une structure dans l’interaction des groupements humains qui le peuplent.
Malgré les antagonismes (entre ceux qui, au Nord comme au Sud, sont prêts à accepter une autorité centrale pour la prospérité qu’elle apporte à la société par la minimisation des coûts de transaction et ceux qui, également au Nord comme au Sud, ne trouvent la prospérité que dans le désordre d’une société sans état central fort), cette structure qui canalise les énergies des groupements humains du système, l’a fait évoluer dans le temps et l’a fait prospérer malgré une récurrence de périodes de troubles qui est permanence. »

Je n’y ai donc pas vu de stigmatisation particulière.

Dans un échange sur Malilink, il expliquait un jour également que nos sociétés ne sont pas (encore) des sociétés de liberté. Et là il parlait pas seulement du Nord du Mali, ni que du Mali, ni même que de l’Afrique, mais de plusieurs civilisations qui peuplent ce monde, et qui ont subi la colonisation occidentale avant d’avoir vécu leurs révolutions sociales. C’est dire que la violence décrite ici n’est pas réservé aux seuls Touaregs ni même aux seuls rebelles Touraregs qui attaquent également leurs propres communautés. C’est une violence commune aux sociétés qui ne sont pas encore des sociétés de liberté.

Le mot “razzia” a une connotation et je disais hier, ne jouons pas avec les mots, ils ont leur sens propre. Quand il y a du trafic d’enfants puis de la prostitution d’enfants talibés au Sénégal sur les côtes touristiques, c’est quoi sinon une nouvelle forme de nos razzias d’antan ? Et il n’est pourtant pas question de rebellions touaregs … La différence entre les deux pays (Sénégal/Mali), c’est la superficie et le désert.

Je pense que ce fil de discussion “Structure, permanence et ruptures” est une invitation à laisser nos loupes, prendre du recul pour mieux voir le tableau avant de revenir à la loupe sur cette crise.

Bien à vous,

Ndack


Ndack,
Je crois qu’il faut sortir du politiquement correct ne serait ce que de temps en temps autrement on va falsifier l’histoire que nous avons vécue.
Un ami Touareg pour me faire comprendre certains comportements m’a dit un jour.

“A Kidal un instituteur propose à ses élèves une rédaction. Le sujet de la rédaction: le champ.
Il me raconta l’extrait de la rédaction d’un élève Touareg : ” Le Champ.
Chaque matin, je vais avec mon père au champ. Après toute une journée passée à labourer, semer, désherber, Ha le soir, quelle belle récolte!”

Il faut arrêter ce chantage à la stigmatisation.

Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


Je lis toujours avec beaucoup d’intérêt les posts de Mohamed Ag Hamaty. J’apprends beaucoup sur sa communauté à travers ses posts.
Qu’il souffre aussi d’apprendre des autres. La cohabitation entre les Touaregs et la population sédentaire n’a jamais été confiante. Ce n’est pas une stigmatisation c’est un fait vu du côté des agriculteurs. Si Ag Hamaty ne le savait pas, qu’il souffre de l’apprendre.

Ceci dit je pense que l’insécurité réside aussi bien au Nord qu’au Sud du Mali et le Combat d’un Bathily pour la sécurité foncière est de la même importance que de ramener la sécurité au Nord. C’est pour cela que je dit bien tout ce qui au Nord comme au Sud ne trouve le ……….
Pour ce qui est de l’histoire c’est un fait que chaque fois que l’Etat central s’affaiblit, on a une insécurité qui culmine au Nord avec la prise de Tombouctou.

Les Tengueriguifs, de la Confédération des Tademekket, ont toujours considéré Tombouctou comme leur chose. A chaque occupation Touareg, la ville leur payait un impôt annuel. Les tribus dans la campagne autour de la ville et les villages leur versaient un dixième de leurs récoltes ou des troupeaux. Ils percevaient un droit de passage sur le trafic sur le fleuve Niger de Kabara à la Pointe de Safay. Tombouctou est pour eux ce que l’Adrar est aux Ifoghas, une rente.

Ce fut le cas en 1433 quand l’Empire du Mali n’avait plus d’emprise hors de son noyau originel. Les Touareg occupèrent Tombouctou de 1433 à 1468 quand Soni Ali Ber après s’être échappé de la cour du Roi du Mali où il était otage, prendra le pouvoir à Gao et libèrera Tombouctou en faisant subir les pires exactions à ses érudits.

Ce fut le cas en 1780 quand le Maroc n’assurait plus aucune autorité sur cet espace. Les Touarègues occupèrent Tombouctou de 1780 à 1826 quand les Bambaras de Ségou, alliés aux Peulhs par la suite, libérèrent la ville,

De même en 1863 quand les Toucouleurs après avoir battu les Bambaras en 1862 se retireront de la ville. Tombouctou sera alors occupée de 1863 à 1893 par une coalition de Kounta et de Tamasheq qui écriront au Roi du Maroc à l’arrivée des Français en 1893 pour demander la conduite à tenir. En 1893, Tombouctou se voulait sous suzeraineté marocaine.

Ce sera le cas en 2012 quand la République du Mali, après cinquante-deux années de délitement de la gouvernance républicaine, s’effondrera, et laissera la zone aux mains d’une coalition de combattants touarègues, arabes, de combattant du MUJAO réputés pour leurs liens avec les trafiquants de drogue et de djihadistes venus du monde entier expérimenter une utopie islamiste. Cette fois ce sont les arabes qui pilleront la ville. Certains diront qu’ils ont sécurisé leurs marchandises en les entreposant en Mauritanie et au Burkina Faso.

Je fais l’impasse sur ce qui c’est passé de l’indépendance du Mali à 2012 parce que je reviendrai dessus.

Je crois que le politiquement correct ne doit pas travestir les faits.

Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


Je pense que l’ami touareg de Kidal de Mamadou Traoré qui lui dit
cela ne lui pas spécifié que l’élève qui a répondu, je cite: “Chaque
matin, je vais avec mon père au champ. Après toute une journée passée
à labourer, semer, désherber, Ha le soir, quelle belle récolte!” est
un enfant du Sud, fils d’un militaire bobo ou sénoufo ou bambara que
son père a amené à Kidal, où les écoliers bambaras des années 1960 de
“l’occupation malienne de l’Adrar des Ifoghas à la Dibi Sylas Diarra”
étaient trois fois plus nombreux que les écoliers touaregs; l’hymne
national étant chanté en bambara.

Amo Diallo, un promotionnaire du Lycée de Badala, en 1968, de mère
touarègue et de père militaire peulh, qui ne connait que Kidal où sa
brave femme de mère l’a élevé dans la culture de Kidal, a abandonné le
Lycée en 10ième, parce qu’il n’a pas supporté les railleries de nos
camarades du Sud – moi je suis de Goundam – qui nous rappelaient ce
que leurs parents militaires ont fait de nos parents rebelles qu’ils
ont tués après avoir empoisonné les puits et gazés les chamelles.

Il faut donc arrêter la DIABOLISATION DES TOUAREGS qui, dans leur
majorité, ne se souviennent pas des temps des razzias que Mamadou
Traoré et Ousmane D. Haïdara nous rabâchent ici dans le dessein de
nous culpabiliser à la place des rebelles touaregs azawadiens qui se
foutent plus de nous les touaregs maliens que des “autres” maliens
qu’ils multiplient par zéro.

Sincèrement,

Mohamed AG HAMATY


Je respecte votre sensibilité et ne cherche à diaboliser personne.
Lisez bien mon post. Je parle de tous ceux qui au Nord comme au Sud ne trouvent leur bonheur que dans l’absence d’un Etat fort.
Ceci étant dit il ne faut pas travestir l’histoire. Si des faits que nos contemporains ont vécu ne peuvent être rapportés de notre vivant alors qu’apprendront les enfants demain?
Les enfants sont souvent “cruels”, que croyez-vous que subissaient les enfants maliens dans les écoles au Burkina ou en Côte d’Ivoire ? “Attention les terroristes arrivent!”. Y’en a qui se battaient tous les jours. C’était passé, il parait que ça revient …
Ne pas accepter qu’il y avait razzias et enlèvements d’enfants et de bétail dans l’histoire de la tumultueuse cohabitation des populations dans les deux Sahels (oriental et occidental), c’est ne pas respecter les populations sédentaires.
Ceci étant dit, pour moi cet incident est clos.
Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


Je respecte votre sensibilité et ne cherche à diaboliser personne.
Lisez bien mon post. Je parle de tous ceux qui au Nord comme au Sud ne trouvent leur bonheur que dans l’absence d’un Etat fort.
Ceci étant dit il ne faut pas travestir l’histoire. Si des faits que nos contemporains ont vécu ne peuvent être rapportés de notre vivant alors qu’apprendront les enfants demain?
Les enfants sont souvent “cruels”, que croyez-vous que subissaient les enfants maliens dans les écoles au Burkina ou en Côte d’Ivoire ? “Attention les terroristes arrivent!”. Y’en a qui se battaient tous les jours. C’était passé, il parait que ça revient …
Ne pas accepter qu’il y avait razzias et enlèvements d’enfants et de bétail dans l’histoire de la tumultueuse cohabitation des populations dans les deux Sahels (oriental et occidental), c’est ne pas respecter les populations sédentaires.
Ceci étant dit, pour moi cet incident est clos.
Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


Bonsoir chers tous

“Je crois que le politiquement correct ne doit pas travestir les faits”_Excellence Mamadou Traoré.

Les politiciens et théoriciens partisans de la division (il ne s’agit de Med ag Hamaty je préviens) ont réussi à réécrire l’histoire en la falsifiant. Par exemple en donnant l’impression au monde occidental (dans les années 2011, 2012 surtout) que le nord du Mali est peuplé uniquement que de “touaregs” qui seraient persécutés (tous) par les bambaras du sud.

Ce qui est faux. Et que les maliens savent.

Une preuve de ce que cela est faux réside en ce que les assaillants de Tombouctou et de Gao ont razzié, pillé, violenté, humilié les noirs qui vivent en majorité écrasante dans ces villes de la zone du fleuve. Je rappelle que les assaillants de Tombouctou et de Gao n’ont daigné faire à Kidal ce qu’ils ont fait à ceux de Gao et de Tombouctou. Parce que là-bas ils considèrent que les citoyens sont de la même communauté que eux.

Ils ont recherché, parqué dans des camions des noirs résidants à Kidal et les ont acheminé à Gao; là où ils considèrent que ces noirs sont originaires.

Le mensonge (qui signifie la même chose que travestir les faits) érigé en argument par ces razzieurs, l’auto-victimisation très souvent fausse pour ce qui concerne les bambaras qui persécutent les gens du nord qui seraient tous touaregs, selon les dires des politiciens et théoriciens de la séparation, soutenus par des puissances hostiles au Mali, existent encore.

Mon avis est que le texte de l’accord est basé sur de tels arguties non fondées ; mais qui ont été acceptées par la communauté internationale influencée par les mêmes puissances hostiles au Mali actuel.

Je viens de regarder la télévision malienne et j’entends les représentants des chefs traditionnels de Bamako dire que l’accord est une chance pour le Mali; qu’il faudra le soutenir (en ayant bien fait une différence entre ce que l’intéressé Monsieur Simpara dit et ce que la transcription ORTM écrit); peut être que je comprends moins bien le bamanakan que les spécialistes de l’ORTM.

Monsizur Simpara demande aussi à ce que les maliens se rassemble pour faire en sorte que l’accord soit mis en œuvre de la façon la plus correcte possible. J’adhère à cette demande parce que nous y sommes obligé maintenant que le document est signé, mais pas au constat fait par l’intéressé comme quoi l’accord est une chance pour le Mali.

Quelle chance lorsque des maliens contestent la façon même dont on le met en œuvre concernant les autorités intérimaires ?
Quelle est la proposition de l’autorité coutumière bamakoise pour mettre correctement en œuvre l’accord pour que la quiétude réclamée par Monsieur Simpara revienne et soit l’aboutissement d’un processus bien compris des citoyens, accepté en grande partie par les citoyens ; et donc “appropriable” par la majorité.

Le problème principal qui divise les maliens dans cet Accord c’est le problème de sécurité pour chacun et pour tous. Il est traité très défavorablement par l’accord pour certaines communautés qui ont désormais peur de se retrouvée dans la même situation que 2012 et 2013.

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Je souhaite que Sabu intègre dans son analyse l’influence des forces extérieurs ( voisins ,puissances étrangères et NU ) L’ accord d’ Alger qui est la solutions trouvée par la médiation internationale n’est pas le résultat dans processus interne et inclusif. Il est plus proche d’une solution imposée que d’une solution issue d’un dialogue interne dans lequel toutes les parties ont clarifié leurs préoccupations avant de parvenir à une solution juste , équitable et conforme à l’esprit de la république, de la démocratie et des droits de l’homme.
Sans appropriation par les populations, la solution retenue par les politiques et la communauté internationale ne sera qu’un autre fossé( ou fracture) creusé entre les Maliens ( comme au moyen orient ou en Corée etc…..)

Harouna


Forum de Kidal: Repartition des 400 millions

Mali : « Voici la repartition des 400 millions offertent à la CMA pour l’organisation du forum de Kidal » Almou Ag Mohamed, Porte-Parole
http://maliactu.net/mali-voici-la-repartition-des-400-millions-offertent-a-la-cma-pour-lorganisation-du-forum-de-kidal-almou-ag-mohamed-porte-parole/

Nous (CMA et Plateforme) avions fait un budget de 400 millions de Franc CFA, le gouvernement nous a donné une avance de 200 millions (100 Millions pour la CMA et 100 millions pour la Plateforme).

La CMA a réparti ces fonds comme suit : 20 millions pour chaque mouvement membre de la Coordination des Mouvements de l’Azawad qui sont au nombre de trois et le reste des 40 millions ont été utilisés dans l’organisation matérielle du forum avec d’autres fonds propres.

Almou Ag Mohamed, Porte-Parole de la Coordination des Mouvements de l’Azawad. »

Malick KONATE, journaliste


Ayyiwa, maintenant le gouvernement ne pourra meme plus nier !
Bonne soiree a tous !

Talatou


Oui!
Quelle bizarrerie que ce forum de Kidal.
Ces groupes armés et leurs “fidèles” citoyens qui ne veulent pas sentir le #Mali , mais prennent des centaines de millions pour se pavaner , appeler leurs adeptes de la diaspora et ensuite cracher dans la soupe…
La haine est une maladie qui n’a point de remède. .. Les maliens le savent. Ces gens de Kidal egalement!
Il faut juste les suivre sur Facebook pour s’en rendre compte!

” Le sens de ma déclaration est très clair même si le journaliste en question a mal interprété mon intervention en insinuant que nos mouvements se sont partagés 60 millions.
Il y a cette rumeur qui circule dans la presse malienne depuis plus d’une semaine, rumeur selon laquelle la CMA aurait reçu 400 millions de francs CFA de la part du gouvernement pour l’organisation du forum de Kidal, ce qui est totalement FAUX!
A ceux qui veulent prendre la bonne information:
J’insiste et je persiste, la CMA n’a pas reçu 400 millions de la part du gouvernement malien mais précisément 100 millions de Fcfa qui ont été utilisés comme suit:

-Chaque représentation régionale à Kidal(MNLA, MAA et HCUA) à reçu 20 millions destinés à la prise en charge de l’accueil des participants (hébergement et restauration), il faut rappeler qu’ils étaient plus de 2000 invités venus de partout pour prendre part à ce grand rendez-vous de la paux.

-Les 40 millions restant ont été utilisés au niveau de la logistique et de la sécurisation du forum qui ont nécessité le déploiement de moyens humains et matériels conséquents.

Dans ces conditions même la personne la plus novice en matière d’organisation de tels événements comprendra que ce montant était très loin de couvrir la totalité des dépenses du forum.
Je précise que les organisateurs ont dû mobiliser d’autre ressources pour couvrir un déficit conséquent.

Almou Ag Mohamed.
Chargé de communication,
Porte-parole de la CMA.”

Fatouma Harber
Chroniqueuse


Pour preuve :

” #AZAWAD: COMMÉMORATION POPULAIRE DE LA DATE DU 06 AVRIL pour dire à qui de droit que:

– Cette déclaration unilatérale d’indépendance n’est pas fortuite comme peuvent l’imaginer certains. Elle est pleine de sens et matérialise éternellement l’accent sur les “limites physiques et naturelles entre l’#Azawad et le reste du #Mali”;

-C’était surtout pour confirmer que c’est prochainement un projet de société en puissance. L’option de la “scission” prend prochainement place dans les carnets des hypothèses aux solutions définitives du conflit historique. A l’ONU, il est prochainement noté que l’Azawad fait partie des Etats déclarés indépendants, mais non reconnus;

-C’était pour dire au monde que malgré nos forces militaires, nous n’irons pas au delà de la limite de ce que nous réclamons comme espace azawadien. Voir plus précédement la déclaration de cessez-le-feu unilatérale du 4 Avril 2012.

Nous commémorerons encore et encore le 06 Avril pour rappeler au monde et particulièrement à Bamako:

– Qu’au delà d’un compromis consensuel à l’amiable conformément aux principes déterminés avec la communauté Internationale dans les résolutions 2085 et 2100 du Conseil de Sécurité de l’ONU, rien et rien n’est encore exclut;
– Qu’à défaut d’une volonté réciproque de faire une paix confiant aux populations de cet espace leur dignité et leur destin au sein de l’enclos territorial maliens, l’Azawad assumera unilatéralement son alternative initiale.

Vive les causes de tous les peuples et vive la paix dans le respect réciproque des uns et des autres.

Attaye Ag Mohamed.”

Fatouma Harber
Chroniqueuse


C’est l’ invitataion aux communautés majoritaires et leurs alliés qui n’ ont rien à voir avec la CMA resp. le MNLA de renforcer leur armement d’ une manière ou d’ une autre.

“La prochaine fois, feu!” (James Balwin). Les alliès ci-dessus passerons de l’ observation (debut des années 1990), l’ autodéfense attentiste (mi-années 1990), défense active (2012 – 2016) à l’ attaque sans merci. On verra alors où la crise s’ arrêtera. Le Mali serait certainement très serré.

Mais voyons avant ce scénario catastrophique: IBK et le Gouvernement doivent tirer les conséquences de cette déclaration du représentant du MNLA, Mohamed Ag Attaye. Au moins demander des explications à la CMA dont il est membre, placer le cas auprès de la fameuse communauté internationale. Ah ! Certainement aucune réaction – mais des tremblements de peur et vite vite des compromissions encore.

Bien cordialement

M. Diagayété


Tres vrai soeur Harber, Je n arrive pas a comprendre comment ce groupuscule d’hommes est arrive a faire noyer tout un pays, avec autant de leaders politiques qui ne cessent de reclamer comment ils aiment le pays, avec autant d’intellos qui ne cessent de se vanter de leurs diplomes, avec autant de radios libres et de jourmaux qui ne cessent de nous faire avaler qu’ils sont la pour rendre service au pays et a la democratie, avec autant de jeunes qui ne finissent de dire inquiets de leur avenir et du devenir du pays, avec autant d’hommes qui ne cessent de marginaliser leur femme(s) dans nos familles.

Ou sont les hommes? Devons-nous tendre la main aux femmes pour venir sauver le pays?
Comment un peuple peut venir des grands battants comme Damonzon Diarra, Biton Coulibaly, Soni Ali Ber, Bambougoutji, Damanguile Diawara, Soundiata Keita, …..pour etre aussi asservi de la sorte?

Sommes-nous vraiment pas en position aujourd’hui de demander si reellement les eloges faites sur ces grands sont vraies? ou s’ils etaient reellement maliens?

Ou va vraiment ce pays? si ce n’est autre que vers sa fin.

Si ces eloges s’averaient vraies, ces grands Hommes doivent etre entrain de pleurer la ou ils sont ….

Ousmane Bah du reCAM depuis Faladje Sema


Citoyens maliens bonsoir

Les responsables et supporteurs ne payeront rien. Ceux sont des caméléons. Des poltrons. Ils s’enfuiront sous d’autres cieux pour se mettre à l’abri de ce qu’ils ont concocté.

Ceux qui payeront cash ceux sont les maliens citoyens lambda. Ceux sont ceux que les tenants actuels du pouvoir refusent d’écouter ; ceux qu’ils refusent d’inclure dans le processus de l’accord pour qu’ils disent ce qui ne va pas.

Nous sommes face à des hommes liges qui ont discuté l’accord, signé l’accord, sont en train de mettre en œuvre l’accord à leur manière. Comme bon leur semble. Du malheur des autres maliens ils s’en fichent éperdument. Je vous le dis.

Retenez qu’à plusieurs occasion importantes à Alger, ils n’ont pas été capables de défendre le Mali; ils ne parlaient même pas. Ceux les mouvements noirs et ceux de la Plateforme qui parlaient pour le Mali.

C’était pathétique nous ont rapporté les quelques délégués (minoritaires malgré qu’ils soient issus de la majorité, la suprématie des armes obligé) de nos communautés qui y étaient.

Six personnes du gouvernement malien sont les fossoyeurs de notre pays à travers cet Accord : le PR lui même, le PM et surtout ex-représentant du chef de l’état Monsieur le Grand commis de l’état Modibo KEITA, Hamadoun Konaté le ministre de la Revonstruction du Nord dit-on, Zahabi Ould ministre, Monsieur Ouane Ministre des AE, Ag Erlaf ministre de la décentralisation.

Les responsables au niveau politique ceux sont eux. Le fameux projet de décret de la honte c’est de AG Erlaf. Le projet de loi aussi c’est de lui.

Les autres y compris le PM n’ont pas eu (comme d’habitude) le courage de lui faire modifier ces textes mortels pour le Mali.

Aux dernières nouvelles j’entend que le projet de loi aurait été fortement amendé par les députés de la majorité à l’assemblée. Ce devrait être une cause de démission pour le ministre AG Erlaf qui a concocté un texte aussi grave pour le Mali. C’est irresponsable et ca affaiblit l’équipe gouvernementale devant l’assemblée (si tant est que ces ministres se soucient de honte).

Si le projet de loi a été amendé, le combat n’est pas fini pour autant puisque le projet de décret remis aux honorables lui n’a pas été touché parce qu’il releve de l’exécutif.

À mon avis les députés devraient achever leur travail en encadrant les articles du projet de décret qui sont mauvais pour le pays. Mais peut être qu’ils l’ont fait. J’attend le texte final de cette loi pour connaître réellement ce qui est dedans.

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Merci Chouaibou pour les infos!

Tu veux certainement dire: M. Diop, Ministre des AE (voir en bas en rouge) ou bien?

Bien cordialement!


Oui Mlobbo je parle de Abdoulaye DIOP.

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Forum de Kidal:l’Incertitude

Bonjour,
Je suis a la recherche des termes de reference relatifs au Forum de Kidal prevu dans une dizaine de jours.> Merci.

Fad


Bonjour Fad

On les a cherché depuis que l’événement a été annoncé sans jamais pouvoir mettre la main dessus.

Il faut regarder du côté des ministères de Hamadoun Konaté, de Zahabi et à la promettre. Peut être que vous aurez la chance de les avoir.

Cordialement
____________________
Chouaibou


Merci Bero,
Je suis certain qu’il y a des personnes sur ce reseau qui peuvent nous les trouver. Un tel document doit etre public. A defaut, il ne doit pas avoir de problemes pour un citoyen de l’obtenir, d’autant plus que cela nous concerne et nous engage tous.
Merci.
Fad


Fad Seydou: ” Un tel document doit etre public.”. J’ ai éclaté de rires.

L’ Accord de Paix, etc., le Traité de coopération militaire avec la France, tous touchant la substance du Mali, ont été signés et mis en oeuvre sans le respect des articles 90, 114 et 115 de la Constitution, sans même des discussions préalables à l’ Assemblée Nationale.

Alors organisation d’ un Forum (une foire de grands boubous et turbans en bazin + quelques costumes 3-pièces) à Kidal – peanut !!!

Je ne sais pas si ces articles sont applicables dans les cas de figure. Mais une discussion à l’ Assemblée nationale avant ratification et mise en ouevre s’ impose. D’ aillaurs avait été promis par le Président IBK.

A propos Articles 90, 114, 115 de la Constitution (d’ après Claude Besençon):

Article 90: Les engagements internationaux prévus aux articles 114 à 116 doivent être déférés avant leur ratification à la Cour Constitutionnelle, soit par le Président de la République, soit par le Premier Ministre, soit par le Président de l’Assemblée Nationale ou par un dixième des députés, soit par le Président du Haut Conseil des Collectivités ou par un dixième des Conseillers Nationaux. La Cour Constitutionnelle vérifie, dans un délai d’un mois si ces engagements comportent une clause contraire à la constitution. Toutefois, à la demande du Gouvernement, s’il y a urgence, ce délai est ramené à huit jours. Dans l’affirmative ces engagements ne peuvent être ratifiés.

Article 114: Le Président de la République négocie et ratifie les traités. Il est informé de toute négociation tendant à la conclusion d’un accord international non soumis à ratification.

Article 115 : Les traités de paix, de commerce, les traités ou accords relatifs aux organisations internationales ceux qui engagent les finances de l’Etat, ceux qui sont relatifs à l’état des personnes, ceux qui comportent cession, échange ou adjonction de territoire, ne peuvent être approuvés ou ratifiés qu’en vertu de la loi. Ils ne prennent effet qu’après avoir été approuvés ou ratifiés. Nulle cession, nul échange, nulle adjonction de territoire n’est valable sans le consentement du peuple.

M. Diagayété


Le problème au Mali c’est qu’il n’ y a pas d’institution indépendante pour forcer le respect des lois. Tous les organes de la républiques sont contrôlés par Koulouba.

Nous avons vraiment un président impérial. He does what he wants with no checks and balances.

La presse qui doit jouer un rôle important dans une démocratie est muselée soit par l’argent ou par intimidation.

PEO_0701_separation-powers
Amadou Wane


Ce côté impérial est amusant mais il est simplement la conséquence paresseuse de gens rendus muets par la logique alimentaire. Les institutions qui sont mues par des gens qui vivent du système ne bougent que dans le sens où le veut le système. Dans l’affaire du Biprem des contrepouvoirs sont apparus comme par enchantement… Je suis sûr que les conversations sont très animées autour du thé à la menthe.

Diadié Alpha


Bonjour M. Diagayete,
On ne peut quand meme pas croire que le gouvernement s’engage dans un forum avec les groupes armees, impliquant les ressources du contribuable, sans elabororation et publication des termes de reference dudit forum, indiquant clairement, entre autre, la description du travail a faire, les objectifs, les résultats attendus, les participants, les ressources engagees et la methodologie utilisee.
Bien cordialement.

Fad


Bonjour à tous,

Ayant également raté beaucoup de sessions de thé à la menthe, je me réjouis de prendre mon verre de ce service, sans manquer de noter que le thé à la menthe et son esprit continuent à subir des récidives d’agressions gratuites elles-mêmes incompréhensibles. Face à celles-ci, les amateurs et inconditionnels du thé à la menthe et de son esprit pourraient, si nécessaire , se réserver le droit de regarder du cote des Congolais ‘démocratiques’ et user de la vertu de Ilunga. Mais, même l’esprit Ilunga serait en conflit avec celui du thé à la menthe. Et les agressions gratuites également , quelles qu’elles soient, ne sont pas répréhensibles dans son esprit.

Ceci dit, plus sérieusement, je voudrais également ajouter un commentaire au message de Amadou Wane qui analyse que :

” Le problème au Mali c’est qu’il n’ y a pas d’institution indépendante pour forcer le respect des lois. Tous les organes de la république sont contrôlés par Koulouba.”_AW

En apparence, oui. Mais sur papier, ce n’est pas le cas, car la constitution en vigueur en son article 81 stipule clairement l’indépendance du judiciaire des deux autres. Et il y a eu des cas au Mali ou cette “indépendance” s’était manifestée, mais certainement pas des cas de très hautes portées pour le “citoyen lambda”. Et les autres pouvoirs également sont balancés, certainement pas encore très significatif comme dans le système ghanéen par exemple.

Mais nous savons aussi que dans les démocraties “tropicales” (pour rester dans les limites), c’est moins une question de “lettre” que de “pratique”. Sinon, rien que le Préambule aurait suffi, en principe.

C’est l’occasion également, à la veille du vote référendaire au Sénégal voisin sur la réforme des institutions proposées par la CNRI dont Ndack avait posté le rapport, d’ajouter des commentaires à ceux envoyés par M Diagayété.

Sur l’avant-projet de constitution au Sénégal, de mon ‘institut de sondage’, une des question évoquées et qui est en principe déjà acquise et tranchée, remporte la majorité des critiques et réserves sur les motivations de ce referendum qui est devenu un “masque” pour reformer ce qui n’a pas toujours montré ses limites.

En référence à mon commentaire sur le message de Amadou plus haut, la CNRI note aussi dans son rapport que “bon nombre de préoccupations récurrentes exprimées par les citoyens ne découlent pas toujours d’une absence de réglementation mais parfois d’un défaut d’application du cadre juridique qui existe.”

La CNRI inscrit la question déjà tranchée dans l’article 57 de l’avant-projet sans commentaires dessus dans son rapport.

Ceci n’empêche de voir et analyser les reformes proposées sur d’autres aspects qui sont souvent débattus ici, elles peuvent être cas d’école autant dans les démarches que les propositions chez les voisins, sachant qu’il y a ici, corrélation entre voisinage géographique et de “pratique”.

1 – La question du type de régime proposé et surtout des pouvoirs de “L’Empereur” élu :

Cette question attire attention à travers l’analyse en général largement partagée par beaucoup de citoyens des “démocraties tropicales” (pour rester encore dans les limites) , et son fond n’est pas plus qu’il y ait un “Empereur” ou “Empereur élu” que très généralement, ils ont l’impression que le “monarque élu” a tendance à produire peu de rendements significatifs que le lot de couts infligés ( de son élection à double tour à la fin du mandat renouvelé, les caisses multicolores de traitement, trafics, etc….).

Deux arguments se confrontent généralement sur la nature du régime à adopter sous les tropiques :

· les “présidentialistes” estimant que le président étant élu pour la fonction, a droit à toutes ses prérogatives afin de pouvoir être pleinement comptable de son mandat généralement renouvellé.

· les “équilibristes” estimant que le pouvoir doit être collégial, participatif et balancé entre tous ses acteurs, afin de limiter surtout les dérives du Président dans un environnement ou le culte de la personnalité est presque naturel .

Le système proposé par la CNRI, n’est pas dans les termes ni un régime “présidentiel” , “parlementaire” ou autres.

La CNRI, certainement pour éviter que les détails ne l’emportent sur l’essentiel ou plus pour accommoder les différents bords, a choisi de se désolidariser des terminologies de classification quant au type de régime qu’il propose:

“Tout au long de ses travaux, la CNRI a tenu à s’écarter du débat quelque peu simpliste sur la nature parlementaire ou semi-parlementaire, présidentielle ou semi-présidentielle du régime à instaurer. La conviction largement partagée de ses membres a été d’adopter une démarche pragmatique fondée sur la prise en compte des préoccupations largement partagées par les citoyens à savoir : garantir la séparation et l’équilibre des Pouvoirs, l’exercice démocratique du pouvoir, l’inviolabilité de la dignité humaine et la promotion du bien-être de tous mais aussi le renforcement de la justice sociale et de la solidarité.”

Ce qui se traduit c’est que la CNRI a “retiré” un peu des pouvoirs de l’Empereur et le balancer avec d’autres pouvoirs, y compris le “citoyen lambda” qui aura désormais un certain nombre de pouvoirs ‘cadrés’, de droit de saisine (Art94 &101).

On peut dire que le système propose est plus un peu de tout, bien que dans la pratique , de par les reformes proposées, c’est d’abord la coloration de la “majorité parlementaire” qui établira qui déterminera la politique de la Nation.

La CNRI a opté à pousser la réflexion plus loin et à prévenir des blocages non prévus dans les textes. Si la coloration est la même que celle du Président élu, c’est au Président élu de déterminer la politique de la Nation (Art66) qui sera conduite par un premier ministre de son groupe . Dans le cas contraire, si la coloration de la majorité parlementaire n’est pas la même que celle du Président élu, c’est au premier ministre proposé par la majorité parlementaire qui détermine et conduit à la fois la politique de la Nation (Article 75). Le Président gardera ses autres prérogatives de nominations et de signatures , y compris son joker de pouvoirs exceptionnels (Art 123).

En cas de “cohabitation” ou non, il y a une cogestion entre exécutif et législatif, sous la surveillance du judiciaire dont l’indépendance des deux autres est réaffirmée et régi par un Conseil de Magistrature dont le Président de la République ne sera plus membre ni avoir une grande influence dans la sélection des membres.

Dans les mesures de cadrage des fonctions de Président, sur le contrôle ou limite de l’influence de sa famille directe, la CNRI , comme son homologue tunisien après Ben Ali, a pris des mesures (art58) sur sa succession.

2- La question de la gestion des partis politiques et des élus à l’assemblée:

Cette question est souvent évoquée ici dans le ‘brainstorming’ de Mamadou Diarra. La CNRI est partie du constat que ” Le système des partis politiques est caractérisé par un foisonnement inquiétant, la multiplication de partis aux idéologies et objectifs souvent peu crédibles… et un clientélisme. La « transhumance », pratique opportuniste et immorale, et la mal-gouvernance sont notées dans le champ politique…”

Elle a adressé la question par l’approche suivante : Comment réduire considérablement le nombre de partis sans nuire à la liberté d’association et au libre choix des citoyens? Quelles sont les règles et les conditions qui doivent régir la création et le fonctionnement des partis politiques ?

Cette question s’explique aussi par le fait que ni la CNRI ni le ministère de l’intérieur qui lui a fourni une liste ne semblent connaitre avec précision le nombre de partis au Sénégal: ” Sur plus de deux cents (200) partis invités2, quatre vingt sept (87) ont pris part à la rencontre. Sur les invitations envoyées, soixante dix huit (78) ont été retournées au siège de la CNRI avec la mention « inconnu à l’adresse indiquée ».”

Des mesures “draconiennes” avaient été proposées dans les consultations mais la CNRI a opté pour plus de régulations dont certaines:

· Un député ne peut exercer plus de trois mandats successifs (art80)

· Un député qui démissionne du parti l’ayant investi perd son siège et si un député est exclu par son parti , il conserve son siège comme “non-inscrit”; de même, un parti politique qui se désaffilie du groupe l’ayant porté à l’Assemblée nationale ne peut pour le reste de la législature constituer un groupe parlementaire. (art82). Ainsi, seuls les indépendants pourront échapper à la mesure “anti-transhumance”.

3 – La question de la 2eme chambre:

On se rappelle que dans les reformes établies et proposées par le CARI (Comité d’Appui aux Réformes Institutionnelles) au Mali, et ayant conduit à la constitution baptisée “Daba-ATT” qui fut adoptée par l’Assemblée Nationale après “correction” et qui n’a pu atteindre la phase de referendum à cause de l’accélération des évènements en cours, la principale “innovation” et qui avec ses articles affiliés avait remporté la grande majorité des reformes (gonflant ainsi le nombre de modifications) , était la création d’un Senat.

Encore ici la CNRI, pour le cas du Sénégal, a été catégorique

” La CNRI recommande que le Sénat ne soit pas ressuscité dans un avenir proche. Cette chambre créée deux fois et dissoute deux fois en moins de douze (12) ans6, cristallise tous les rejets nés des rancœurs et des frustrations des populations mais aussi d’une partie de la classe politique. Il ne doit pas être envisagé son retour sans qu’auparavant un consensus fort n’ait été construit autour d’un format débarrassé des turpitudes passés qui l’ont, tant dans sa composition à dominante clientéliste que dans son fonctionnement gabégique, dénué de toute valeur ajoutée démocratique.”

Merci / Bonne journée

Abdoul Seydou


Bonjour,

Merci , Ibrahim.

Pour poursuivre, dans l’esprit du thé à la menthe, à priori, ce n’est pas le type de “système” emprunté ou utilisé qui garantira les performances et résultats attendus, mais surtout comment il est appliqué ou plutôt comment il est amené à être appliqué.

Néanmoins, de par mes ‘recherches’ , un “système” donné peut conduire à créer les conditions de certaines situations pouvant être favorables ou défavorables, ou corriger des problèmes s’ils sont clairement définis et ciblés. Mes notions sont très vagues sur le système de “checks & balances” aux USA décrit ou abordé par Amadou Wane. Mais j’ai tendance à trouver du sens dans cette idée sur les cas africains en général , de mettre le Président de la République plus à contribution en le faisant porter en plus de son ancien rôle, celui devenu redondant du Premier Ministre , et être directement responsable devant ses autres collègues élus du gouvernement qu’il/elle conduit.

Il y aura effectivement peu de place pour un “bicéphalisme” et quand ça ne va pas, il ne s’agira plus simplement de renvoyer un PM et son gouvernement qui porteront les “blâmes”.

Le Président Mandela, en son temps, pour le gouvernement d’union nationale a la sortie de l’Apartheid en était un des principaux défenseurs, qu’il lui est incompréhensible que le Chef de l’Etat dans un Pays ne puisse paraitre et entendu si nécessaire là où le destin du peuple est discuté et amendé. Il sera plus près des élus et électeurs lui ayant permis d’être à sa place.

Pour ce qui est de la question de deux chambres dans le système de “checks & balances” et sa valeur ajoutée réelle ‘sous les tropiques’, cela fait émettre des réserves, telles que ressorties dans les travaux de la CNRI au Sénégal.

Ramené strictement ‘sous les tropiques’ , tout cela peut ramener au “système” actuel au pays de Amazing Ghana par exemple, fort de sa longue expérience variée de multipartisme avorté au cours de son histoire :

§ Le Président est élu au suffrage universel a la majorité absolue avec un Vice-Président sur son ticket de campagne . Il nomme après approbation de l’assemblée ses ministres en majorité parmi les députés ou ceux qualifies à être membre du parlement et les renvoie à sa discrétion.

§ Le pouvoir judiciaire garanti par la constitution qui aborde également les directives de gestion des Finances, est censé être très indépendant des autres ayant chacun ses prérogatives et est géré par un conseil supérieur de magistrature composé de personnes qualifiées.

§ Le pays est divisé en circonscriptions électorales en fonctions de la population qui dans leur cas est presqu’uniformément repartie, et pour chaque circonscription, un seul candidat est élu au parlement monocaméral , celui qui remporte le plus grand nombre de voix. Pas de deuxième tour.

Selon les analystes en sciences politiques, ce système électoral au Ghana, est celui qui aurait conduit le Ghana également vers un bipartisme.

Deux partis s’alternent au pouvoir et dans le contrôle de la majorité au Parlement : le NDC (National Democratic Congress) et le NPP ( New Patriotic Party). Les “petits” partis ne totalisent pas plus de 10 élus au total depuis le démarrage en 1992.

Au cours des mandats de John J Rawlings ( 1992 -2000) , son NDC a conservé la majorité au parlement qu’ils avaient totalement dominé à la première législature.

Pour le second mandat renouvelé (2000-2008) de John Kufuor (NPP), c’est le NPP qui monopolisait la majorité au parlement , talonné par le NDC.

A la fin du double mandat de John Kufuor, en 2008 , le NDC a repris le commandement à la présidence avec feu John A Mills et au parlement.

Aux élections ‘controversées’ de 2012, John D Mahama conservé le pouvoir pour le NDC qui a la majorité au Parlement.

Depuis la première législature 1992-1996 ou le NDC avait presque tout raflé à l’assemblée, l’equilibre est maintenu entre NDC et NPP.

Il faut ajouter que certains politiciens et analystes ghanéens se plaignent et s’inquiètent de leur bipartisme et pensent que le système électoral doit incorporer la proportionnelle afin que certains ne disparaissent ou pour diversifier les tendances et expressions démocratiques.

Dans tous les, chaque système doit être inspire de ses réalités comme noté dans les analyses précédentes de Diadié. Et de manière générale, Amazing Ghana est fier de son système qui se performe et dispose de rares ressources pour le conduire, malgré les potentiels tensions entre entités ethniques.

C’est ce que je vois sur la question depuis le pied de l’arbre du thé à la menthe.

Merci & Bonne journée.

Seydou Abdoul


Abdoul: “Il faut ajouter que certains politiciens et analystes ghanéens se plaignent et s’inquiètent de leur bipartisme et pensent que le système électoral doit incorporer la proportionnelle afin que certains ne disparaissent ou pour diversifier les tendances et expressions démocratiques.”

Oui, cette proportionnelle sur la base de D’hont peut effectivement préserver la disparition de la diversité. C’ est l’ expérience en Allemagne. Toute fois il y a un autre correctif en Allemagne à savoir “la barre” de 5% des souffrages que chaque parti doit avoir pour envoyer des députés aux parlements fédéral et des États fédérés (=parlements régionaux).

En tout cas, il faut que le président soit responsable devant le parlement, rende compte là-bas et puisse être déposé en cas de manque de confiance. Il faut éviter a) le bicéphlaisme inéffcient et budgétivore (Président/PM) et b) éviter la pratique de changer seulement le PM alors que le Pré est tout puissant et détermine en fait tout, absolument tout. C’ est moins qu’ une façade, cette démocrartie-là !

Bien cordialement

M. Diagayété