Nuage de Mots du Discours de IBK sur Gao

14 Juillet 2016

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Incidents de Gao : Message à la Nation de SEM Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République, Chef de l’Etat

Mes chers Concitoyens, Mesdames et Messieurs,

Suite aux évènements tragiques intervenus récemment dans plusieurs localités de notre pays, notamment à Gao, j’exprime mon profond regret et je m’incline devant la mémoire des jeunes gens fauchés dans la fleur de l’âge.

En ces douloureuses circonstances, au nom des Institutions de la République et en le mien propre, je présente nos condoléances les plus émues aux familles endeuillées et je souhaite un prompt rétablissement aux blessés.

Ces incidents sont regrettables et auraient pu être évités. Ils sont une illustration manifeste d’une méconnaissance des aspects féconds du contenu de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation nationale. Ils nous commandent d’œuvrer encore davantage pour sa meilleure compréhension et son appropriation par l’ensemble des couches de notre peuple.

Les inquiétudes suscitées par certaines dispositions de l’Accord découlent, de manière évidente, d’interprétations erronées; je suis convaincu qu’elles se dissiperont progressivement, si de bonne foi, nous acceptons collectivement de conjuguer nos efforts, tous acteurs confondus, en ayant pour objectif le devenir d’un Mali stable et prospère, un Mali qui, grâce à la mise en œuvre déterminée et efficace de l’Accord, se positionnera pour être toujours solidaire de celles et de ceux de ses enfants qui sont dans la nécessité.

Pour ma part, et ce depuis toujours, je demeure attentif aux préoccupations du peuple du Mali en général et de la jeunesse en particulier.

Enfin, je voudrais inviter toutes les composantes de notre société à rester sereines et à continuer à cultiver les valeurs de dialogue et de concertation comme des vecteurs objectifs et pertinents de sortie de crise.

La jeunesse résiliente de Gao doit savoir que je ne l’oublierai jamais !

Je vous remercie.

VIVE LE MALI !

Koulouba, le 14 juillet 2016

Ibrahim Boubacar KEITA
Président de la République

Discours de Mahamat Saleh ANNADIF aux Nations-Unis

Discours de Mahamat Saleh ANNADIF, RSSG au Mali et Chef de la MINUSMA, aux Membres du Conseil de sécurité

Le 16 juin 2016
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Je suis particulièrement honoré et heureux d’être parmi vous ce matin. Cette occasion survient 5 mois jour pour jour après ma prise de fonction à la tête de la MINUSMA le 15 janvier 2016. Elle intervient également 3 mois après votre mémorable visite au Mali du 4 au 5 Mars 2016 où vous avez eu l’occasion de visiter notamment Bamako, Mopti et Tombouctou.
C’est donc la première fois que je me présente devant vous pour la présentation du rapport du Secrétaire Général sur la situation au Mali. Je me réjouis de cette occasion qui m’est offerte et vous salue au noms des femmes et des hommes de la MINUSMA qui se dévouent jour et nuit et avec détermination pour s’acquitter de la mission que vous leur avez confiée à travers la résolution 2227 du 29 juin 2015. J’aimerais profiter de cette opportunité pour saluer la présence de la délégation de la République du Mali, conduite par le Premier Ministre, SEM Modibo KEITA et comprenant mon cher Ami Abdoulaye DIOP, le Ministre des Affaires Étrangères, de la Coopération Internationale et de l’Intégration Africaine.

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,
Depuis votre visite de mars dernier au Mali, l’évolution de la situation demeure malheureusement toujours préoccupante. Plusieurs facteurs justifient cette préoccupation. En premier lieu, et comme souligné dans le rapport du Secrétaire général, un an après la signature de l’Accord de paix, force est de constater que ni les signataires, moins encore la médiation internationale, ne sont satisfaits du rythme d’exécution de sa mise en œuvre.Cette lenteur qui est difficilement compréhensible est en train de compromettre tout le processus, notamment la mise en place des patrouilles mixtes.

Alors que l’Accord est un tout, depuis un certain temps, le débat semble le réduire à la mise en place des Administrations intérimaires qui malheureusement tardent à s’opérationnaliser. A ce titre, nous nous félicitons du compromis auquel sont parvenues les parties maliennes il y a deux jours en marge de la neuvième session du Comité de Suivi de l’Accord. La MINUSMA reste pleinement engagée dans ce dossier. Elle fait constamment usage de ses bons offices et autres leviers en sa possession et est prête pour appuyer la mise en œuvre immédiate des autorités intérimaires.

Toutefois, il est évidement clair que c’est aux parties qu’incombe le devoir d’honorer leurs engagements. C’est à elles de faire de l’Accord de Paix et de Réconciliation une réalité. En deuxième lieu, et comme le dit le Secrétaire Général dans son rapport sous examen, la situation sécuritaire s’est notablement dégradée ces dernières semaines.

Certes, il est établi que la MINUSMA, depuis son déploiement en 2013, détient le triste palmarès de la Mission la plus meurtrière des missions des Nations Unies actuellement déployées. Mais ce qui s’est passé ces derniers temps est encore plus grave et doit nous interpeller. En effet, de février à mai 2016 (donc dans une période de 4 mois), 19 casques bleus ont été tués suite à des actions terroristes dont 12 pour le seul mois de mai. Si j’ajoute à cela 7 autres décédés pour d’autres causes (accidents, maladies…), nous atteignons le chiffre de 26. Et le total devient 27 en ajoutant un contractant des Nations Unies, tué aussi le 31 Mai. Les chiffres sont plus affligeants si on y ajoute les pertes de l’opération Barkhane et celles de Forces de Défense et de Sécurité Maliennes et les civils.

Comme j’ai souvent eu à le dire, il est difficile de se prêter à ce décompte macabre, et trop, c’est trop, c’est beaucoup trop. On ne peut continuer à accepter l’insupportable. Il est temps de s’engager dans une profonde introspection accompagnée par des mesures tangibles, car Il est indéniable que certaines pertes auraient pu être évitées si nos contingents étaient mieux formés, mieux équipés, particulièrement en véhicules blindés (APCs). Par ailleurs, l’attaque sur un convoi de la MINUSMA aux environs de Mopti le 29 mai, journée internationale des Casques bleus, illustre tragiquement que les menaces terroristes s’étendent de plus en plus vers le centre et le Sud du pays. Cette tendance est porteuse de germes de contagion et ne doit pas être banalisée.

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,

Depuis les récentes attaques, la MINUSMA a pris un certain nombre de mesures pour être plus proactive et afin de gagner en efficacité et en réactivité. Néanmoins dans ce contexte, je comprends que le scepticisme et la désillusion animent tous les esprits. Cependant, au regard de la situation de 2012, des signes d’espoir existent. Comme souligné dans le rapport du Secrétaire général, le Mali a enregistré des avancées dans le cadre du processus de paix, même si la cadence de la mise en œuvre de l’Accord souffre d’une lenteur qui aurait pu être épargnée. Parmi ces avancées j’en retiens trois :
Le premier est le respect du cessez-le-feu par toutes les parties maliennes signataires de l’Accord pour la Paix et la réconciliation au Mali. Le dialogue continue toujours d’être l’instrument privilégié entre elles.

Le deuxième élément concerne la poursuite des efforts consentis par le Gouvernement malien dans la mise en place d’un cadre juridique et institutionnel solide. A ce titre, le projet de décret du 18 mai 2016 portant création du Conseil national pour la RSS, sous l’autorité du Premier ministre est une avancée significative dans l’optique des forces armées et de sécurité reconstituées. A cela s’ajoute l’adoption des décrets établissant les Commissions DDR et Intégration et la loi sur les administrions intérimaires.

Enfin, en matière de cantonnement, près de 8 sites sont presque achevés. Ceci doit permettre de lancer le processus de DDR. Ce dernier inclut également deux autres dimensions capitales, indispensables au succès d’une telle opération : l’intégration des ex combattants et la gestion de l’extrémisme violent.
Ces éléments, parmi tant d’autres, constituent une base solide pour aller de l’avant. Il est absolument crucial de renforcer la confiance mutuelle entre les parties signataires, car c’est une dimension qui entrave largement la mise en œuvre de l’Accord.

La faiblesse de l’Etat dans le Nord et l’absence d’un contrôle effectif du terrain par les autres parties là où elles sont présentes ont cédé la place à une montée du terrorisme, du crime organisé, du banditisme et des tensions intercommunautaires, etc. Plus on accumule du retard dans la mise en œuvre de l’Accord et la prise en charge réelle de ces défis, plus l’on risque de voir le processus de paix se fragiliser davantage.

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,

Aussi, il serait souhaitable que le prochain mandat de la MINUSMA tienne compte des défis que je viens d’évoquer. Une posture renforcée de la MINUSMA s’impose.

Face à la détermination des ennemis de la paix et l’ampleur des récentes attaques meurtrières, les recommandations de la revue stratégique formulées dans le rapport vont dans le sens de cet objectif. A ce titre, il est nécessaire d’accroître les capacités à la fois de la Force et de la police en termes de personnel, d’équipements et de couverture aérienne. L’absence de ces capacités, pourtant sollicitées à maintes reprises, a cruellement fait défaut et entravé la Mission. Leur mise à disposition sauvera des vies.

Il faudrait, par ailleurs, davantage expliciter que le mandat de la Mission l’autorise à mener des opérations proactives et préventives pour s’acquitter de ses responsabilités en termes de protection des civils et de son personnel.

Cela étant dit, la MINUSMA seule ne peut résoudre l’ensemble des défis sécuritaires du Mali. Elle n’a d’ailleurs jamais été conçue pour accomplir une telle tâche et aucune mission de maintien de la paix ne pourra le faire. Seule une montée en puissance des Forces de Défense et Sécurité maliennes répondra à ces missions régaliennes, d’où l’appui sollicité en termes de soutien au forces maliennes. Le rétablissement de l’autorité de l’Etat en dépend.

Cette problématique doit toutefois s’inscrire dans une stratégie régionale, dans le cadre de laquelle les différentes initiatives— à l’instar du G-5, du processus de Nouakchott et de la CEDEAO—sont appelées à jouer un rôle plus proéminent. La présence de Barkhane renforce ces initiatives.

La situation au Mali affecte la région entière. Les récentes attaques en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso illustrent la fluidité des groupes terroristes et l’interdépendance des pays dans la lutte contre le terrorisme. Face à cette menace régionale, il nous faut nous employer à promouvoir une coordination plus efficace et s’inscrire davantage dans une logique de synergies et de mutualisation des ressources.

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,

Je ne saurais conclure sans vous confier que je demeure optimiste, même si mon optimisme est mesuré, voir prudent.

Il convient, en effet, de souligner qu’il n’y a pas d’alternative à la paix. Le statut quo actuel, de ni guerre, ni paix ne favorise que les ennemis de la paix. La présence d’une forte délégation conduite par le Premier Ministre nous conforte dans l’idée que le plus dur est derrière nous, même si nous ne devrons pas oublier que le temps est notre meilleur ennemi.
Il est clair aujourd’hui que les maliens dans leur ensemble, à commencer par les plus sceptiques, s’approprient de plus en plus de l’Accord. Il y a un an, les populations de Kidal manifestaient contre sa signature. Aujourd’hui les mêmes populations défilent dans les rues de Kidal, Gao et Tombouctou pour exiger sa mise en œuvre avec diligence.

De même, toutes les populations maliennes attendent avec impatience et beaucoup d’espoir le nouveau mandat que votre Conseil va assigner à la MINUSMA.
Je vous remercie de votre aimable attention.


La situation au Mali affecte la région entière. Les récentes attaques en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso illustrent la fluidité des groupes terroristes et l’interdépendance des pays dans la lutte contre le terrorisme. Face à cette menace régionale, il nous faut nous employer à promouvoir une coordination plus efficace et s’inscrire davantage dans une logique de synergies et de mutualisation des ressources_ Annadif.

le gouvernement n’a qu’a crier son mecontement comme ce fut le cas sur Tiebile.

Salutations meilleures

Ahamadou SAMBEL


Janjo au RSSG Mahamat pour avoir brisé la langue de bois onusienne
La balle est dans le cas des autorités maliennes et du Conseil de sécurité que Préside ce mois de juin la France, nos “ancêtres les gaulois ”

Yachim Maiga


“La faiblesse de l’Etat dans le Nord et l’absence d’un contrôle effectif du terrain par les autres parties là où elles sont présentes ont cédé la place à une montée du terrorisme, du crime organisé, du banditisme et des tensions intercommunautaires, etc.”__Mahamat Saleh ANNADIF

“Une posture renforcée de la MINUSMA s’impose.”__Mahamat Saleh ANNADIF

Amadou O. Wane


Bonsoir chers tous

Monsieur Anadif a dit ceci

” Il y a un an, les populations de Kidal manifestaient contre sa signature. Aujourd’hui les mêmes populations défilent dans les rues de Kidal, Gao et Tombouctou pour exiger sa mise en œuvre avec diligence”.

J’ai du raté des épisodes (probable avec mes déplacements multiples) : quelqu’un peut il me confirmer ou infirmer cette déclaration du RSSG NU (la phrase soulignée), s’agissant des populations de Gao et Tombouctou. À quelles dates ces populations de Gao et Tombouctou ont elle défilé dans les rues pour exiger la mise en œuvre de l’accord avec diligence ?

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Entente sur les Autorités Intérimaires


Reste que, de ma part,

– la partition du pays plane;

– primes aux rébelles: membres des autorité intérimaires = pouvoir d’ influence énorme, car au nord tout est devenu tribaliste/ethniciste, primes financières aussi. D’ autre part le penchant, voir la vassalisation de Harouna Toureh par les groupes touarègues et arabes – il faut le dire comme ça existe réellement – renforcera de plus l’ influence des dirigeants de ces groupes. Donc l’ injustice et la sous-représentation de contre la majorité des populations restent intactes. Conséquences imprévisibles !!!

D’ autres auront certainement des remarques pertinentes autres que les miennes. Attendons la discussion générale.

Une autre grande insuffisance pour ma part: ces parties appelées signataires de l’ Accord, favorisent la main-mise des groupes rébelles illégaux et armés au détriment d’ une Conférence nationale d’ Entente pourtant prévue dans le même Accord et qui serait beaucoup plus représentative de la société malienne. Les parties signataires ne parlent même pas de cette Conférence comme prochaine étappe à venir.

Bien cordialement
M. Diagayété


Bonjour,
Je voudrai avoir des clarifications sur les modalites de mise en oeuvre des autorites interimaires. En effet, la loi votee par l’AN le mois dernier stipule en son Article 153

<< les membres de l'assemblee regionale y compris le president et les vice presidents sont nommes par decret pris en conseil des ministres, sur proposition du ministre en charge des collectivites territoriales>>

.

Or l’entente signee le 14/06 entre le gouvernement `a travers le ministere Konate (ministre de la construction et de developpement du nord etc) et les groupes armes (CMA+Plateforme) definit en sa p.2

<<....Les membres de l’Autorité intérimaire de Région sont désignés de façon consensuelle par le Gouvernement, la Plateforme et la Coordination parmi les agents des services déconcentrés de l’Etat, la société civile et les conseillers sortants.>>

la loi sur les autorites interimaires et l’entente entre les groupes armes et le gouvernement (ministre Konate) sont elles complementaires ou contradictoires? les groupes armes rebelles siegeront ils au conseil des ministres pour debattre de la nomination des membres des autorites interimaires, cela sous tend un remaniement ministeriel avec l’integration des groupes armes?
Cette entente ne viole t elle pas l’esprit et la lettre de la recente loi votee par l’AN en ce qu’elle ne s’applique qu’a une partie du territoire national. Elle a ete signee par un ministre qui n’a pas en charge la gestion des collectivites terrtoriales comme le demande la loi de mai 2016.

Merci.

Balata Sidibé


Bonne analyse Balata.

Je pense que ce gouvernement se fiche pas mal de nos lois. Pour eux, la loi doit se fléchir à leur volonté. La gymnastique législative s’occupera du reste plus tard avec comme chef de peloton, la cour constitutionnelle.

C’est la pagaille à tous les niveaux…aucune rigueur intellectuelle dans nos textes.

Amadou O. Wane


Bonnes questions Balata !

Moi je dirai que la contradiction fondamentale c’ est le Régime d’ IBK et la loi (la Constitution) en vigueur au Mali. Celle-là est tordue ou bafouée à volonté pour satisfaire des criminels qui ne connaissent que la violence et le chantage comme moyens d’ expression.

Une autre aberration: ce sont les pays comme la France qui chantent à plien coeur le respect de la loi et des Droits Humains qui encouragent voire exigent le non-respect de la loi, pourtant si belle

Article 2 de la Constitution du Mali du 27 Février 1992:
Tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur
l’origine sociale, la couleur, la langue, la race, le sexe, la religion et l’opinion politique est prohibée.

Copié/collé de la Constitution Française du 3 juin 1958:

ARTICLE PREMIER. La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.

Oui, presque copié/collé …

Bien cordialement

M. Diagayété


Communiqué Final:49ème Sommet Ordinaire de la CEDEAO

Quelques points du Communiqué:

SUR LA SITUATION AU MALI

53. La Conférence rappelle son attachement au respect de l’unité, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’Etat Malien. Elle exprime sa vive préoccupation, face à la détérioration de la situation sécuritaire au Mali, marqué par la recrudescence des attaques terroristes qui ont visé les forces de défense et de sécurité du Mali, les forces des Nations Unies, la force française Barkhane et les populations civiles. Cette situation constitue une menace pour l’ensemble de la sous-région.
….

55. La Conférence exprime son indignation face à la situation à Kidal où, un an après la
signature de l’Accord, le Gouvernement et les Forces de Défense et de Sécurité du Mali n’ont toujours pas accès pour une sécurisation complète du territoire national et exige que cette situation prenne fin. Elle demande aux mouvements signataires de s’engager de bonne foi pour une application diligente, intégrale et effective de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali.

56. La Conférence réitère sa décision adoptée lors de sa 47ème session tenue à Accra le 19
mai 2015 selon laquelle toutes les forces de défense et de sécurité du Mali disposent du droit et de la légitimité d’occuper toute localité du territoire national, dans le cadre de leur mission régalienne de protection des frontières, des personnes et de leurs biens et que toute occupation par des forces irrégulières non-étatiques est illégale et doit prendre fin. Elle demande, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité des Nations Unies, de l’Union Africaine et de la CEDEAO, que les Forces de Défenses et de Sécurité du Mali soient redéployées le plus immédiatement possible sur tout le territoire de l’Etat malien pour face aux ennemis de la paix et protéger les populations aux frontières.

Doumbia


Merci MLD! C est un message fort de la CEDEAO. J’espère que les actes vont suivre la parole. Je souhaite que régime profite de ce message fort de la CEDEAO pour un faire un forcing diplomatique en vue de la libération totale du pays. Si cette libération doit passer par une guerre, le régime doit y se préparer. Nous sommes déjà en guerre contre les terroristes. L’incapacité du régime d’assurer la libération entrainerait à une guerre civile. Les communautés agressées depuis des décennies n’auront d’autres choix que de s’armer.

Barou Sam


Des occasions pareilles ont tjrs été offertes à IBK et ses gouvernements – même de la part de l’ ONU et de son Conseil de Sécurité.

Mais il n’ y a pas de kounkolo pour les exploiter. Cette fois-.ci serait l’ exception qui ferait la règle.

Quant à la guerre civile, elle constitue un danger très réel, donc un grand danger pour toute la CEDEAO vues les parentés communautaires. Se taire sur ce danger serait de la poudre aux yeux.

Bien cordialement

M. Diagayété


Félicitations à la diplomatie malienne. Tous les points relatifs à la situation au Mali sont des propositions de la délégation malienne. Ce communiqué accorde une base juridique pour le Mali et une légitimité régionale pour plaider en faveur de l’adaptation du mandat de la MINUSMA au contexte sécuritaire actuel du pays.
Cordialement.

NIMAGA


Oui en effet. Mais les elements refletent en grande partie les points soulevés par le PR dans son intervention. J’ai essayé de mieux presenter en objectifs politiques.
Merci en tout cas pour cette appreciation.

Cordialement,
Ministre Abdoulaye Diop


Comité de Suivi de l’Accord Dans la Confusion

Fin de la 8e réunion du comité de suivi de l’accord : Le
gouvernement et groupes armés divisés

http://malijet.com/actualte_dans_les_regions_du_mali/rebellion_au_nord_du_mali/153972-fin-de-la-8e-r%C3%A9union-du-comit%C3%A9-de-suivi-de-l%E2%80%99accord-le-gouvernem.html


“Alors que le premier retient la sécurité comme la première urgence, les seconds font de la mise en place des autorités intérimaires, une priorité absolue.”__Article

Mais bien sur que la priorité de ces malfrats est la mise en place des
autorités intérimaires. C’est la seule façon d’achever ce qu’ils n’ont
pas pu achever par la force.

Ces AI sont un poison pour le Mali. J’espère que le gouvernement
continuera à résister. Il doit aussi y avoir une clause comme quoi les
AI seront dissous automatiquement après x mois sans renouvellement
possible. C’est le meilleur moyen de nous immuniser contre leurs
intensions cachés.

Amadou O. Wane


J’ai suivi le flash info de l’ORTM de 10H TU de tout de suite dans
lequel Hamadoun Konaté, le ministre de la Reconstruction du Nord, a
dit, au micro du journaliste qui a couvert la séance de fermeture du
8ième round du Comité Technique de Suivi de la mise en oeuvre du
“Désaccord”, que, relativement aux Autorités Intérimaires, nouveau
chameau de bataille de la Coalition Mafieuse des Apatrides (CMA), que
la loi votée ne sera pas promulguée par le PR qu’après qu’elle
sortirait des fourches caudines de la Cour Constitutionnelle gardée
par Manassa Dagnoko (serait-elle sur notre forum Malilink?), la
“serbère” de la période post-Révolution du 26 Mars.

Sincèrement,

Mohamed AG HAMATY


Alors que le premier retient la sécurité comme la première urgence, les seconds font de la mise en place des autorités intérimaires, une priorité absolue.”

C’est ce qui se passe lorsqu’on se permet de negocier avec des terroristes quand on est en position de faiblesse. Ces gens n’entendront rien d’autre que la force. Puisque l’ etat malien ne dispose pas de cette force, il ne peut que leur donner ce qu’il veulent comme il l’a toujours fait depuis la deroute de son armee.

Amadou Niang


Si l’objectif recherché est l’intérêt Général notamment celui des populations la priorité doit être la SÉCURITÉ Elle est la base de tout développement y compris le retour des populations réfugiers.
La priorité de la CMA n’est qu’une lutte pour des places et le pouvoir pour eux seulement.

Harouna


Convention Subsidiaire N. 001

Convention Subsidiaire N. 001 entre Coordination-Plateforme-Gouvernement


Heureusement l’Opposition a attaqué la loi sur les autorités intérimaires devant la Cour Constitutionnelle . Même si on n’est pas en Afrique du Sud, le sens du Devoir et de la Patrie est un atout dont nos Sages sauront se saisir. Que Dieu sauve le Mali!
PPR


Le grand problème c’est que la loi elle même (votée) n’est pas disponible. Les décrets risquent d’être publiés avant la loi !!!!

Qu’est ce qu’il nous fait ce gouvernement.
Ou est la loi ? Est elle disponible ?

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Je vous invite à la grande prudence avant de tirer des conséquences qui n’en sont pas :

– la loi sur les autorités intérimaires est votée et elle est disponible : elle comporte de grosses difficultés en raison de son caractère général qui modifie des dispositions du code des collectivités publiques, de portée nationale alors que les situations appréhendées par cette loi ne concernent essentiellement que les régions nord ou en grande partie elles ;

– le texte qui a été diffusé dit “convention subsidiaire” tout à l’heure n’est pas signé et ne comporte qu’un paraphe et aucune signature, ce qui met en doute l’authenticité de ce document ;

Enfin, même si ce texte n’est pas signé et qu’il est loin d’être authentique, son contenu heurte à bien des égards. Ce contenu est d’ailleurs à l’identique le même que celui contenu dans le projet de décret qui a été « présenté » à l’AN, curieusement en même temps que la loi puisque cela semble avoir été exigé par les députés. Par exemple, il est laissé à la seule CMA et Plateforme le pouvoir de désigner les autorités intérimaires. Ces deux groupes rebelles/armés, en raison de ce qu’ils sont signataires de l’Accord d’Alger partagent cette prérogative avec l’Etat, ce, de façon concomitante et de niveau de pouvoir égal. Ils se partagent la charge de désigner le Président, le 1er et 2ème vice présidents.

La conséquence est que CMA et Plateforme viennent à supplanter les forces politiques classiques, dans des localités où elles ne sont pas présentes ou n’ont jamais été présentes. Le risque est une désorganisation sociale et un déséquilibre politique.

Ibrahima KEBE, le texte le vrai est dans dans le projet de décret.

Pour ma part et pour couper court à toutes les supputations, il serait nettement mieux indiqué que le gouvernement accepta de soumettre le texte complet de l’Accord à la censure de la Cour constitutionnelle. Maintenant que celle-ci est, semble t-il, saisie par des députés de l’opposition, je serais curieux de connaître aussi bien les termes de la saisine que les sujets évoqués et les suites qui seront données. Mais l’on est en plein dans droit de la gestion des crises et du post crise et celui de la gestion et de l’administration des collectivités territoriales. Comme la renaissance d’une IVème république.

Bonne nuit à tous
Maitre Mamadou I. Konaté


Le pire ici c’est que cette situation n’a absolument rien de temporaire; tant que les groupes refuseront les élections, c’est ce temporaire qui va continuer. Vous comprenez alors pourquoi nos parents de Kidal préfèrent garder leur drapeau et fêter leur indépendance.

______________________
A. Karim Sylla


Bonjour Maitre

Le projet de décret et la convention ou projet de convention sont différentes.

Après lecture du mémo de la commission loi sur les écoutes et les amendements au projet de loi, il me semble que la convention est plus proche des amendements proposés que le projet de décret qui lui semble venir en amont de la convention.

Malheureusement comme ce gouvernement travaille dans l’obscurité totale, il est impossible pour les maliens de suivre et de connaitre la vérité sur ce qui nous concerne pourtant.

La loi qui a été votée, n’est pas disponible sur les sites des ministères que j’ai pu visités. Mes recherches se sont arrêtés à cause des pertes de connexion suite aux coupures intempestives de l’alimentation électrique. Il y en a eu une quantité importantes de coupures dans la nuit du 14 au 15/04/2016 dans notre zone. Ce matin encore depuis 6 heures, il y a eu déjà 2 coupures (en 45 minutes).

Je continuerais la recherche dès que les conditions sont meilleures.

Pour revenir à ce qui nous concerne en premier, sur la base des éléments proposées par la commission loi, il me semble que le texte de la convention est plus proche des éléments du rapport de présentation (par exemple exclusion des conseils communaux tant qu’ils marchent normalement) que le projet de décret concernant le nord qui est systématique dans la représentation des “parties à l’accord” y compris dans les communes.

Il me semble donc que contrairement à ce que Maitre Konaté pense (le bon document c’est le projet de décret) la convention subsidiaire partagée par Monsieur Kébé est un document plus récent que le décret et plus conforme à l’esprit du rapport de présentation de la commission loi de l’assemblée nationale.

Cette commission ayant déjà pris connaissance du projet de décret devait aller plus loin en encadrant par d’autres articles les critères d’application de la loi y compris pour les régions discriminées. Ma conclusion les concernant c’est que les honorables députés ont juste fuit la question en supprimant juste l’article 2 du projet de loi proposé à son temps par Ag Erlaf.

Je suis donc de l’avis de Kébé qu’il est temps de se mobiliser. Cet Accord là est en train d’être mis en œuvre de la plus mauvaise manière et sans notre assentiment.

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Un autre point de vue sur le texte voté
Une partie de la classe politique et beaucoup d’entre nous estiment que le texte instituant les autorités intérimaires viole la Constitution notamment en son
article 99 .

1-Que dit cet article ?

Article 99 de la Constitution du 25 février 1992 : « Le Haut Conseil des Collectivités a pour mission d’étudier et de donner un avis motivé sur toute politique de Développement local et régional. Il peut faire des propositions au Gouvernement pour toute question concernant la protection de l’environnement et l’amélioration de la qualité de la vie des citoyens à l’intérieur des collectivités.
Le Gouvernement est tenu de déposer un projet de loi conforme dans les quinze jours de sa saisie sur le bureau de l’Assemblée Nationale.
Le Gouvernement est tenu de saisir pour avis le Haut Conseil des Collectivités pour toutes actions concernant les domaines cités dans le présent article ».

Question 1 : Est-ce que la mise en place des autorités intérimaires peut être considérée comme une politique de développement local ou régional?

Question 2 : Peut-on considérer la mise en place des autorités intérimaires comme une question relative à la protection de l’environnement et l’amélioration de la qualité de la vie ?

La réponse ces deux questions nous permet de nous prononcer sur l’effectivité de la violation de l’article 99 de la Constitution par la loi instituant les autorités intérimaires.

2-Cette loi n’est pas aussi mauvaise qu’elle en a l’air : La loi votée (Article 1 du projet ) , verrouille la possibilité de mettre en place des autorités intérimaires avec des attributions et missions différentes selon qu’on se trouve au nord ou au sud du Mali . Cette éventualité était ouverte si seulement l’article 2 du projet avait été voté.

En effet, l’article 1 voté est d’application nationale . La mise en place, les attributions, les règles de fonctionnement des autorités intérimaires au Mali sont soumises à la même loi . Pas de particularisme. Aucun cas un acte règlementaire ultérieur ne saurait lui être contraire .
En revanche , il faut être vigilant :-(Ne pas installer les autorités intérimaires de manière systématique même au niveau des organes des collectivités qui fonctionnent) –
Aussi, il faut que les maliens se préparent à l’idée que dans la désignation des membres des autorités intérimaires ( là où c’est nécessaire) , il y aura forcement des membres qui seront désignés des groupes armés , nous avons signé cet accord que nous savons tous mauvais et inapplicable en l’état.

En conclusion ,
1-la loi votée ne me parait pas inconstitutionnelle sauf à prouver que la mise en place des autorités intérimaires est une politique de développement local ou régional ou une question relative à la protection de l’environnement et à la qualité de la vie des citoyens.

2-cette loi met le mali à l’abri d’une asymétrie en ce qui concerne la soumission des organes de gestion des collectivités à la même légalité en cas de démission , dissolution ou de non fonctionnalité .

Enfin je suis d’accord sur le fait que le mali a depuis le début de cette histoire du mal à se faire entendre , notre diplomatie n’a pas réussi à déconstruire le mensonge de l’azawad et d’un mali exclusif des Touaregs .

Bon week end

Maitre TOURE Abdourahamane


Il clair que le gouvernement de la république du Mali a fait le choix alors de la confrontation avec l’opposition et les les autres citoyens qui ne partagent pas son point de vue.

Le texte voté :

1. N’a pas été soumis au HCC comme l’exige la constitution du Mali. C’est une violation grave de la constitution ainsi faite par le gouvernement et par l’AN elle même. Parce qu’à mon avis ayant su que le HCC n’a pas été saisi par le gouvernement, les députés auraient dû renvoyer le texte du gouvernement et le gouvernement lui même à se conformer à la loi principale du Mali. Puisqu’on parle de moi là.
L’assemblée en a passé outre et a amendé et voté la loi dont Maitre Konaté (un spécialiste de loi) reconnaît la complexité de la mise en œuvre.

2. La loi elle même, m’apprend on effectivement ne limite en fait la période intérimaire. La formulation trouvée dit-on laisse la possibilité de prolonger indéfiniment la période au delà de la période initiale prévue par l’accord. Ceci est une régression par rapport à l’accord lui même.
Pour qui connaît la roublardise et la mauvaise fois des parties à l’accord, je crois que le gouvernement et l’AN ont offert volontairement (jusqu’aux prochaines élections ?) aux groupes armés la possibilité de se faire valoir aussi longtemps qu’ils le veulent. Il y a tellement de bévue et de déviations par rapport à la mise en œuvre de l’accord commises par l’incompétence et la soumission du gouvernement malien que ce sera extrêmement facile pour ces gens de faire prolonger la durée à leur souhait.
La suite c’est que nous leur avons donné le temps suffisant pour compliquer d’avantage la solution du problème malien;
Tout cela ne contribue pas à réunifier le Mali; je regrette. Ce n’est pas ça.

3. Et de revenir sur une vieille position que je maintiens toujours : nous avons volontairement voulu faire croire à tout le monde (avec l’appui de la France et de sa pression) que nous sommes dans une situation de démocratie normale; que nous devrions tenir des votes pour qu’il y ait un chef qui puisse décider légitiment pour les maliens. En sachant par nous même que rien n’était prêt pour que nous puissions être dans une situation normale d’expression de la démocratie parce que nous étions en guerre. Notre constitution mémé nous l’interdisait d’ailleurs pour ce qui concerne en tout cas l’élection présidentielle.

Je serais extrêmement surpris que de ces mics macs gouvernementaux et parlementaires qui sont en train de pourrir et qui vont pourrir la vie à des citoyens maliens, qu’il n’y ait pas de calculs politiciens derrière. De mon expérience (ma mauvaise expérience) il n’y a que cela qui puisse aveugler des politiques au point où le reste ne les intéresse pas.

L’imposition éventuelle qu’on pourrait penser de la part de la communauté internationale est relative et peut être contournée facilement. C’est mon avis. Et c’est encore possible.

De plus à cet effet il est facile pour un responsable sérieux et convaincu de ce qu’il fait de dire non à son vis à vis et de défendre la position de son pays. Les gouvernements maliens de l’ère IBK avaient cette possibilité parce que au moment où les discussions se tenaient le régime était largement capable de mobiliser et de trouver une solution moins douloureuse pour le pays que cette chose qui passe très mal. Tout le monde s’en débarrasse actuellement : le gouvernement par calcul probablement sinon je ne comprends pas sa position de boîte noire (sans un style de Modibo KEITA le PM actuel), un style inadapté de gestion du pays qui frise les méthodes dictatoriales d’ailleurs et d’un autre temps que nous avons connu.

Il n’est jamais trop tard pour argumenter et montrer à son partenaire ce qui est incompatible avec la cohésion et la réunification du Mali, avec la paix tout court.

Qu’est ce qui empêcherait notre gouvernement Modibo KEITA de faire ce qui est bon pour les maliens. Parce que je le répète ce qui est en train de se fabriquer autour de cette loi de la période intérimaire est source d’une autre crise éventuelle si on n’y prend garde.

On ne peux pas éternellement manipuler les textes de la république pour les faire convenir à une situation voulue si les citoyens ne sont pas en accord avec les méthodes utilisées et l’objectif final recherché. Il faut une acceptation minimale du citoyen lamda. Sauf pour les pouvoirs qui ne se soucient pas du bonheur de leurs concitoyens.

L’AN vient de faire une grave erreur en votant un texte qui a priori ne devait pas passer chez elle sans que l’avis d’une autre institution de l’Etat ne soit dite. Elle se disqualifie d’avantage aux yeux des maliens avertis et des autres aussi. Elle l’était déjà ayant déjà donné l’impression très négative déjà condamnée par le passé de nos AN qui ne sont que les caisses de résonance pour le pouvoir exécutif en place.

Si le gouvernement est réellement pour le bonheur des maliens il devrait pouvoir trouver d’autres moyens et d’autres voix autres que celles de l’assemblée pour prendre la mesure du pays et connaitre l’avis réel des citoyens dont 66% (2/3), en décembre 2015, ne croient plus tellement à l’assemblée nationale. J’imagine qu’avec les affaires et les déviances qui ont continué à se faire jour depuis cette date le taux doit être plus lamentable encore.

C’est un avis.

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Il est dit dans l’accord que la constitution sera modifiée pour prendre en compte les dispositions de l’accord. Je n’ai pas entendu beaucoup de protestations alors et j’avais ouvert un fil de discussion sur ce thème que Me Konaté avait alimenté.

C’est inconcevable d’écrire (même si on le pense) que la constitution est un texte administratif que l’on peut modifier à sa guise! Ou alors est ce que l’on sous entend que comme nous avons l’habitude de faire passer les constitutions que le pouvoir veut, on a qu’à nous adonner à notre pratique habituelle ?

Une constitution est votée par un referendum et quand passe par les urnes, le respect d’un peuple voudrait que l’on attende de savoir ce que sera sa volonté et pad de dire on li fera adopter cela et cela.

S’il s’agissait uniquement de loi organique à prendre ou a modifier on l’aurait compris. Mais là c’est toute l’architecture d’un pays que l’on chamboule sans demander ce qu’il en pense.
C’est là le problème. Comme nous ne savons pas ce que c’est qu’une république alors valent ses lois ?
Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


Bonsoir Abdourhamane

Je disais dans un de mes mails passés sur le même fil que les députés ont fuit la question de la l’article en la supprimant. En le faisant ils ont motivé leur geste par une redondance par rapport à un article de la loi des collectivités territoriales.

Ayant connu le contenu du projet de décret et ayant écouté tous les ministres concernés et les autres citoyens, ils étaient à même de savoir qu’il y a une nécessité pour eux de cadrer la mise en œuvre de cette loi. Ils ne l’ont pas fait. Je suppose qu’ils ont juste fuites leurs responsabilités en laissant au gouvernement de mettre en œuvre comme bon lui semble la dite loi : la référence à la redondance suffit.

Le gouvernement et les groupes ont festoyé sur l’aubaine et ont décidé qu’ils pouvaient faire une “convention subsidiaire” pour sceller la chose.

Cette convention si vous la lisez prévôt tous les points que vous énumérez relativement à l’article 99 (merci pour le rappel) de la constitution. Vous les trouverez dans le premièrement, le deuxièmement et le troisièmement.

Moi, je sais que le gouvernement a été au courant que le HCC n’est pas content de ne pas avoir été consulté sur cette question d’autorités intérimaires.
Ne pas les inclure dans la loi, ça arrangerait l’AN et le gouvernement aussi. Qui les reprends quand même dans une convention subsidiaire. Ce sont des questions qui relèvent du HCC dont il s’agissait et qui doivent lui être soumises par le gouvernement qui devait les consulter.

En voulant coûte que coûte contourner le HCC parce ceux sont ses démembrements qui sont concernés, on manipule.

En espérant avoir répondu à vos questions de ma manière.

L’autre bonne question qui devrait apparaître dans les marquages en rouge c’est celle là “Le Gouvernement est tenu de saisir pour avis le Haut Conseil des Collectivités pour toutes actions concernant les domaines cités dans le présent article »”.

En dehors de la loi sur les autorités intérimaires, le gouvernement est tenu de … toutes actions … domaines cités”.
Ces domaines existent dans la convention.

Même si la Convention n’avait pas existé le champ d’actions des autorités intérimaires croisera obligatoirement les domaines cités. Ce qui oblige le gouvernement à consulter le HCC.

Il y a eu une volonté manifeste du gouvernement de contourner le HCC dans cette affaire. C’est un fait qui est connu du gouvernement avant d’amener la loi a l’assemblée.

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


“La conséquence est que CMA et Plateforme viennent à supplanter les forces politiques classiques, dans des localités où elles ne sont pas présentes ou n’ont jamais été présentes. Le risque est une désorganisation sociale et un déséquilibre politique.”_ Me Konaté

C’est l’objet de l’inquiétude de Gaoussou Drabo dans son éditorial du mardi 12 avril 2016 dans l’Essor. Malheureusement, il ne faut pas rêver, les nominations se ferons selon la règle des jeux de pouvoir. Autrement il n’y aurait pas lieu de s’inquiéter.

Cordialement.
Amb. Ret. Mamadou Traoré


Bonjour

J’ai cherché cette loi votée par l’assemblée.
Il est introuvable sur les sites gouvernementaux et sur le site de l’assemblée. La recherche à la malienne aussi n’aboutissent même pas à des promesses.

Je suis fatigué; je baisse les bras.
Ce gouvernement est impossible. Il est incompétent. Il ne peux pas gérer le Mali.

Il est souhaitable de le mettre à l’écart au plus vite.

Mais en fait que les politiciens s’occupent de leur affaire. Il y a de l’électricité dans l’air à ce niveau.

Certains partis politiques proches du gouvernement se positionneront bien au sein de ces autorités intérimaires à trois niveaux:

*au compte des représentants du gouvernement ;

*au compte de la Plateforme dont les ténors sont acquis pour le ou les mêmes partis;

* au compte de la CMA dont les ténors dont certains transfuges d’autres partis sont à l’assemblée, eux aussi acquis pour le ou les partis proches du gouvernement ;

Je suis politique, mais je voudrai mettre en garde les uns et les autres (surtout les responsables qui savent précisément de quoi Il s’agit) que si nous ne faisons pas attention, qu’il y a là une autre source de crise dont le pays n’aura pas besoin.

Si le projet de décret déjà connu est appliqué, les conseils de communes, les conseils de cercle, les assemblées régionales seront modifiées pour “chasser” des élus de certains partis et les remplacés par des hommes d’autres partis. J’imagine moi quelle frustration cela peux paraître pour les partis qui subiront l’application de la loi;

Si c’est la convention qui est appliquée ce sera la même chose pour les conseils de cercle et les assemblées régionales. Les communes échapperont (éventuellement seulement) au désordre ainsi provoqué.

Dans certaines localités du nord, il sera aussi extrêmement difficile de faire croire aux habitants qui ont été violentés par ces organisations criminelles anoblies par la république que leur conseils de cercle seront dirigés par leurs bourreaux.

Pour moi ce dernier point est une vraie honte pour la république et pour le Mali. Il déterminera beaucoup de choses par la suite en ce qui concerne l’avenir du Mali actuel.

Par la faute de ce gouvernement nul et incompétent.

C’est cela qu’on a appelé alors “l’accord n’est pas parfait mais il est bon pour le Mali”?

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Bonjour Mr. Traoré,

Vous dîtes:

« Il est dit dans l’accord que la constitution sera modifiée pour prendre en compte les dispositions de l’accord. Je n’ai pas entendu beaucoup de protestations alors et j’avais ouvert un fil de discussion sur ce thème que Me Konaté avait alimenté.
C’est inconcevable d’écrire (même si on le pense) que la constitution est un texte administratif que l’on peut modifier à sa guise! Ou alors est ce que l’on sous entend que comme nous avons l’habitude de faire passer les constitutions que le pouvoir veut, on a qu’à nous adonner à notre pratique habituelle ?
Une constitution est votée par un référendum et quand passe par les urnes, le respect d’un peuple voudrait que l’on attende de savoir ce que sera sa volonté et pas de dire on fera adopter cela et cela.
S’il s’agissait uniquement de loi organique à prendre ou a modifier on l’aurait compris. Mais là c’est toute l’architecture d’un pays que l’on chamboule sans demander ce qu’il en pense.
C’est là le problème. Comme nous ne savons pas ce que c’est qu’une république alors que valent ses lois ? »_Mamadou Traoré

Est-ce de ce fil ci-dessous dont vous parlez ? Vous dîtes:

« Ndack,
Par ce bout de phrase, ce que j’ai voulu poser c’est le caractère très surréaliste de l’acte qui dit voilà ce qui est convenu et si cela ne cadre pas avec les lois et règlements du pays ou sa constitution, alors au gouvernement de changer les lois et règlementations ou la constitution.
Il ne s’agit pas d’un ou deux articles, mais de toute l’architecture! Or il faut un vote populaire que le gouvernement ne maîtrise pas. »

Bien des choses,

Ndack


Merci Ndack d’avoir ressuscité ce fil. Il s’agit bien de celui là.
C’est dommage comment on tourne en rond.
Ce que nous savons maintenant c’est pourquoi la CMA n’avait pas voulu de l’accord d’Alger au départ et avait même dénié à celui qui avait signé l’accord la légitimité de les représenter. Ils voulaient tout de suite des dividendes politiques.
D’où cet accord additif signé celui là à Bamako qui se passe de modifications constititionnels pour obtenir totu de suite ces dividendes politiques : la mise en place des autorités intérimaires. Ce n’est qu’une étape. Ils auront ensuite un quota d’ambassadeurs, de ministères, de postes de la haute administration, leurs milices seront transformées en polices territoriales etc … Tout le monde a appludi au CICB.
N’oubliez pas que selon le dernier Malimètre, 82% des maliens disent ne pas savoir ce qu’il y a dans les accords d’Alger.
Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


Si les textes intérimaires qui circulent sur le net sont retenus, alors la CMA aura tout obtenu; L’intérim peut durer aeternum et puisque ni l’administration ni les forces de sécurité maliennes ne sont présentes dans ces régions alors ce qui se passe est très clair; sauf peut-être pour les députés qui ont voté.

C’est bien pour ça que les accords d’Alger auraient dû se limiter simplement à assurer la cessation des hostilités; une grande messe malienne où tout est remis en cause devrait décider du futur de ce pays.

______________________
A. Karim Sylla


La Conférence Nationale d’Entente est prévue dans l’Accord. Mais IBK et son Gouvernement ont éte incapable de mettre ce point au sommet des priorités. On dirait qu’il ne comprennent pas le Français.

M. Diagayete


“C’est bien pour ça que les accords d’Alger auraient dû se limiter simplement à assurer la cessation des hostilités; une grande messe malienne où tout est remis en cause devrait décider du futur de ce pays. ” _ Karim

Mais Karim, après les accords d’Alger, il y a eu un additif aux accords signé à Bamako que tout le monde semble avoir oublié! Les autorités intérimaires viennent de cet additif à l’accord.
Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


J’agrée Monsieur l’Ambassadeur, ça permet d’avoir de la suite dans les idées et de demeurer serein pour identifier les défis à relever et il n’est pas trop tard encore de réajuster le tir.

Mamadou I. Konaté


Excellence, tu as raison; mais pour moi la deuxième signature n’est que la continuation de la première; ça a également été négocié par les Algériens.

Personnellement je ne suis pas contre une autonomisation des régions au Mali; seulement cela doit s’inscrire dans un cadre national; il ne manque pas d’eau qu’à Kidal et l’école a été sabordé à Kita aussi. C’est la construction même de l’état et de l’administration qu’il faut revoir. Et surtout désargenter ceux qui préfèrent acheter avions et véhicules de luxe au lieu de construire routes et hôpitaux.

Absente cette réforme de fond, le Mali tout entier est dans un danger terrible; tout le monde sait maintenant que pour se faire entendre il faut prendre les armes; on paye même des centaines de millions pour que 3 ou 4 cousins puissent faire une réunion de famille.

______________________
A. Karim Sylla


Karim,

La super domination du pouvoir central d’Etat est quelque chose de mal perçue par les populations, en raison de la profonde aversion des populations vis à vis des dirigeants et hommes politiques, quelqu’ils soient de tous bords. Le processus de décentralisation, même malmené sur le terrain est quelque chose de perçu plutôt positivement par les collectivités. Cette lancée ne peut être ni suspendue ni arrêtée.

En plus de la revendication territoriale et autonomiste de la dernière rébellion, il a été exprimé l’idée d’une prise en main des affaires et de leur libre administration et gestion par les représentants des populations locales. La conclusion de l’Accord de paix d’Alger manquerait de justesse et de cohérence si on ne mettait pas en perspective la réinstallation des pouvoirs locaux. C’est pour cette raison qu’il y avait quasi unanimité pour contraindre le gouvernement à repousser la date des élections locales.

L’autonomisation est un processus à terme.

Mais pour l’heure, il s’agit pour de réintroduire l’Etat et de permettre l’occupation du terrain.

L’Accord quant à lui fixe le cadre général et renvoie pour les détails à la loi et souvent à la loi organique. Le principe de la libre administration est celui fixé par le code des collectivités territoriales et repris dans le texte de l’Accord. On ne déroge à ce texte que par rapport à la situation au nord.

Le sujet majeur qui est traité et qui l’est si mal ou insuffisamment traité par la loi sur les autorités intérimaires, pour Chouaibou, elle est delà votée par l’AN et non promulguée, d’où sa mise en cause par l’opposition devant la CC ; le projet de décret qui circule n’a pour l’instant pas d’effet juridique en l’absence de délibération et de signature par le gouvernement, même si la substance de ce décret semble tirée du texte dit de convention subsidiaire, circulé par Ibrahima KEBE sur le reseau, mais qui n’a aucune valeur juridique parce que non signé par le gouvernement et ses partenaires de la communauté internationale est : comment réinstaller des autorités intérimaires durant la période transitoire pouvant aller de 18 à 24 mois ?

Ces autorités seront réinstallées partout où besoin sera, de manière plus concrète, plus au nord qu’au sud et au nord, de façon distincte puisque la situation n’est pas la même à Douentza qu’à Gossi.

Permettre à la seule CMA et à la Plateforme en plus de l’Etat d’être les seuls “procréateurs ” d’autorités intérimaires pour la période de transition constitue une difficulté que j’ai évoquée dans mon précédent post.

La mise en place de ces autorités dans ces conditions n’est pas sans difficultés.

Tout le temps que l’on mettra pour désigner ces autorités intérimaires sera du temps perdu et source de nouvelles tensions.

Bien d’autres raisons existent.

Mamadou I. Konaté


Bonjour Excellence et chers tous

Pour ma part je crois que la discussion que nous tenons sur l’accord et de ce qu’il a été très mal négocié par notre gouvernement est une question qui a été largement débattue sur malilink.

Ces questions que vous posez aujourd’hui l’avaient déjà été faite à son temps par vous même et par d’autres membres du forum.

Les débats très riches et très (où trop c’est selon) passionnées ont été menés ici tout au long des rounds de négociations.

L’opposition républicaine a elle, proposé sa participation à la négociation.

Une rencontre bâclée (et coatché) de la société civile a été organisée par le gouvernement dans le but de faire valoir “sa stratégie” de négociation.

Disons que le gouvernement a passé outre de nos avis et recommandations et a signé le document que nous avons, c’est à dire l’accord. Ce document prévoit la période intérimaire et l’annexe 1 de l’annexe (que vous trouverez en attache à ce message) détaille les objectifs et la durée de la période intérimaire.

Oui c’est vrai. Jamais cet aspect de règlement du problème par la généralisation forcée (modification des lois et de la constitution) n’ont échappé à la vigilance des malilinkers; cela depuis 2012 d’ailleurs. Comme vous aviez dit par ailleurs nous tournons en rond sur des questions; sur beaucoup de questions.

La meilleure solution pour nous sortir de cette impasse dans laquelle le gouvernement et les partenaires sont en train de nous pousser (il faut le dire excellence; pourquoi ne le dites vous pas assez pour que cela s’entende mieux), c’est de provoquer ces assises que tous nous réclamions depuis 2012. Si en 2012 les partis politiques du FDR refusaient d’y participer à cause du fait qu’ils voyaient là une manière des partis du COPAM proches des putschistes d’usurper le pouvoir, aujourd’hui ce n’est plus le cas. Nous avons une autorité “légale et légitimée” à la suite des élections “forcées” de 2013.

Aujourd’hui ce qui pose problème c’est la mise en œuvre de l’accord. Mon avis (comme toujours) c’est que le gouvernement s’est affaibli et à mis les maliens dans une situation bancale et extrêmement difficile. Le seul commentaire censé que nous avons pu entendre après les négociations très critiquées par les maliens c’est “l’accord n’est pas parfait mais il est bon pour le Mali”.

Nous y voilà et nous avons en premier devant nous le cas des autorités intérimaires. Il y a des décisions à prendre ; des choix à faire.

C’est ensemble, de façon concertée que nous pouvons trouver la meilleure décision acceptable pour le plus grand nombre de maliens.

Allons-y vite. Vite parce que la fracture entre les “nord” et les “sud” est faite et bien malheureusement ne se referme pas. Les événements consécutifs aux méthodes utilisés par le gouvernement malien pour la mise en œuvre de cet Accord contribue à diviser encore d’avantage ces “nord” et ces “sud”. Et ça aussi nous l’avons prédit ici sur ce forum bien avant les négociations, pendant les négociations.

Sur la loi qui vient d’être votée (et qui n’est pas encore disponible malheureusement) j’avais dit que les députés maliens ont fuit leur responsabilité (la caisse de résonance !) en n’ayant pris connaissance du “PROJET DE DÉCRET” accompagnant le “PROJET DE LOI” et éviter d’encadrer l’application de la loi par des articles de la même loi qui donnerait suffisamment de “moyens” au gouvernement pour mieux exécuter. Mais il aurait fallu être convaincu que le défense des intérêts des maliens est différente de celle politicienne qui voudrait que la majorité soutienne le gouvernement même quand elle sait que les lois ainsi prises sont de nature à perturber d’avantage la société et à créer une injustice entre les citoyens.

A propos, comme je l’ai déjà dit dans un de mes mails antérieurs, il y a deux gros problèmes que créera cette loi :
1. La mise à l’écart potentielle (mais vraiment très probable et envisageable) de certains partis politiques pourtant bien représentés dans les structures actuelles des collectivités. Pas seulement au “nord” mais aussi et surtout au “sud”.
2. La frustration de certaines communautés du “nord” à qui on viendra (je dis la loi parce qu’elle n’a pas prévu “d’interdictions” dans ce cadre) imposer ses bourreaux d’hier, d’un jour à l’autre comme ça !

Le gouvernement refuse de mener une vraie concertation sur ces questions importantes. Ils ont préféré passé en force comme on le voit.

Il s’entête à vouloir rester dans un cadre normal de gouvernement alors que la situation actuelle du pays est exceptionnelle. Elle nécessite l’implication de tous le maliens ; de tous les maliens c’est à dire y compris les 2/3 qui n’ont pas confiance aux représentants de la nation qui siègent à l’AN.

Naturellement puisque le terme d’inclusivité a été galvaudé par le gouvernement et les acteurs du processus, il est naturel que l’écrasante majorité des maliens disent ne pas connaitre ce qu’il y a dans l’accord. En fait, il y a connaitre et il y a comprendre et partager/accepter ce qu’il y a dans l’accord.

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


Ah ! Maitre

Je suis (secrètement (rires) toujours à la recherche de la loi votée. Parce que souvent nos affaires se retrouvent plus vite chez “les ancêtres gaulois” de nos parents que chez nous.

Et puis je suis tombé sur ce site qui parle de ces questions.

Alors je reviens à ma question : avez-vous le texte même non signé de la loi ? Est ce possible de l’avoir ?

Parce que pour moi tant que nous n’avons pas la version finale de ce document officiel nous n’avons pas encore les bonnes informations.

Une autre question : l’opposition est-elle habilitée à déposer à la Cours Constitutionnelle ?

Une autre encore : La plainte déposée par l’opposition à la Cours Constitutionnelle est-elle suspensive de la promulgation ? La plainte a t elle été acceptée par la CC ? Quand est ce qu’il y aura jugement ? Quel délai fixe les textes maliens pour cela ?
La CC organise t elle des écoutes d’acteurs dans ce cadre ?

Cordialement
____________________
Chouaibou
Twitter : @chbmaiga


En vue de la mise en place des autorités intérimaires, le gouvernement malien a paraphé, la semaine dernière, une convention subsidiaire avec les groupes armés de la Plateforme et de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA). De cinq pages, le document détaille la composition des autorités intérimaires dans les collectivités territoriales de régions, de cercles et de communes.

Intitulé Convention No001-Coordination-Plateforme-Gouvernement relative à la mise en place des autorités intérimaires et au déploiement/redéploiement des services déconcentrés de l’Etat et des chefs de circonscription administratives dans les régions du Nord, le document indique que l’objectif visé est de préciser les modalités de mise en œuvre des autorités intérimaires, définir leur attribution, fixer le calendrier de mise en place de l’administration de l’Etat et du déploiement/redéploiement des services déconcentrés de l’Etat.

Au niveau des collectivités territoriales des régions, l’Autorité intérimaire est composée de douze membres, selon le document, dont quatre pour chaque partie (Gouvernement-Plateforme-CMA). La convention précise qu’une présidence de région, trois premières vice-présidences et une 2ème vice-présidence reviendront au gouvernement. Du côté de la plateforme et de la CMA, chaque groupe armé aura deux présidences de régions, une vice-présidence et deux 2èmes vice-présidences.

Au niveau des Collectivités territoriales des cercles, le gouvernement est mieux représenté que les groupes armés. Il assurera neuf présidences de cercle, huit premières vice-présidences et huit deuxièmes vice-présidences. La Plateforme aura huit présidences de cercle, neuf 1ères vice-présidences et huit 2èmes vice-présidences. La CMA a quasiment le même quota sauf au niveau des vice-présidences où elle en a huit et des 2èmes vice-présidences où elle a un de plus que la Plateforme.
Selon toujours le document, dont maliweb.net a reçu une copie, les autorités intérimaires ne sont mises en place que dans les communes « nouvellement créées ». Cependant, il pourra être procédé à la mise en place d’une autorité intérimaire dans toute commune où l’État ou les groupes armés remarqueront « un cas de non fonctionnalité avérée ».

Des conseillers spéciaux à la charge du budget auprès du représentant de l’État

L’État sera représenté, avant le 30 avril, dans les cinq régions du nord par un représentant qui sera appuyé par deux conseillers spéciaux des groupes armés de la Plateforme et de la CMA. Les conseillers spéciaux, désignés par les groupes armés et nommés par le gouvernement, auront pour rôle d’appuyer le représentant de l’État dans « la gestion des questions de sécurité et de DDR en rapport avec la commission nationale ». Aussi, selon cette convention, le traitement et les avantages des conseillers spéciaux des groupes armés sont à la charge du budget de l’État.
Quant au représentant de l’État, qui sera installé simultanément aux autorités intérimaires, son rôle sera de veiller à « l’intérêt général », relayer la politique du gouvernement sur les grands projets et de « faciliter les politiques de développement économique et social et celles d’aménagement du territoire ». Il exercera aussi le contrôle de légalité à posteriori des actes administratifs des collectivités territoriales. Selon les lignes de la Convention, « les chefs des circonscriptions administratives cercle et arrondissement, les Forces armées et de Sécurité, les services régionaux et subrégionaux du Trésor, du Budget, des Impôts, des Douanes, du Contrôle financier et des marchés publics et des délégations des services publics » seront aussi sous ses ordres. Cependant, la justice reste indépendante.

Quels services seront concernés par les autorités intérimaires ?

Au total, c’est neuf services techniques déconcentrés qui seront gérés par les autorités intérimaires. Il s’agit notamment de l’Education (l’enseignement préscolaire, primaire, secondaire, technique et professionnel), de la Santé (CSCOM, CSREF et hôpitaux régionaux), l’hydraulique rurale et urbaine,, l’industrie et le commerce, l’artisanat, le tourisme, l’environnement, l’agriculture, le développement social. S’y ajoutent aussi la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille et l’élevage et la pêche.
Par ailleurs, elles auront aussi la charge de faire fonctionner les services sociaux de base, de participer à la révision des listes électorales, de participer et organiser les élections et le référendum, faciliter le retour et l’insertion des déplacés et d’apporter son appui l’opérationnalisation du Mécanisme opérationnel de Sécurité (MOC) prévu dans l’accord de paix.
Leurs délibérations étant exécutoires dès publication ou transmission au représentant de l’Etat, les autorités intérimaires ont aussi les « ressources du budget 2016 des collectivités territoriales intégrant les ressources liées aux compétences transférées, les dons, les legs et les ressources diverses ». A noter que, selon la Convention subsidiaire, le président de chaque autorité intérimaire est « ordonnateur du budget de la Collectivité concernée » et à chaque collectivité territoriale est affecté un délégué du contrôle financier de l’État.

Ne s’appuyant sur aucune base législative, certains observateurs pensent déjà que cette convention est en violation avec la loi votée à l’Assemblée nationale sur la mise en place des autorités intérimaires.

Source: maliweb.net


“Ne s’appuyant sur aucune base législative, certains observateurs pensent déjà que cette convention est en violation avec la loi votée à l’Assemblée nationale sur la mise en place des autorités intérimaires.”

Oui effectivement, dans la loi ou son projet où la composition et la nomination des membres des autorités intérimaires ne sont pas amendés, ces deux caractéristiques (composition et nomination) sont différentes.

Dans la loi il y avait une différenciation selon le nombre des membres des autorités intérimaires et les autorités traditionnelles devaient nommer 2 membres chaque fois.

Alors, qu’ est ce qui sera appliqué: la loi votée ou la Convention convenue en marge de la loi?

Alors, Mara qu’ est ce qui est de la loi qui est votée pour un élément non majeur ? Pourquoi il un élément non majeur a l’ honneur d’ avoir une loi à lui dédié expressement?

Non vraiment ce Prés et ce gouvernement ne savent que confondre.

Ay ya ya ya !!!
M. Diagayété


Bonjour Mr DIAGAYETE

L’essence même de mon article porte sur vos questions

Nous sommes entrain de faire d’un élément accessoire et éventuel de l’accord une pièce centrale de sa mise en œuvre, suivant en cela les desiderata des groupes armés

Ces derniers voient aux autorités intérimaires l’illustration du partage du pouvoir alors qu’elles ne sont que des organes de transition vers la fonctionnalisation de certaines collectivités et des élections à y organiser. Et si on les suit aveuglement, on risque de rendre permanente une disposition transitoire et créer le lit à des conflits, des frustrations et des confrontations et finalement à une situation de chaos qui nous éloignerait des vraies questions posées par l’accord de paix

Faisons attention à ce que la forme ne tue pas le fond

Bien à vous

Moussa Mara


“Ces derniers voient aux autorités intérimaires l’illustration du partage du pouvoir alors qu’elles ne sont que des organes de transition vers la fonctionnalisation de certaines collectivités et des élections à y organiser.”__Moussa Mara

C’est ma grande crainte; mais le gouvernement ne semble pas être soucier de ce danger. Nous connaissons bien le modus operandi de ces bandits.

Amadou O. Wane


“Ces derniers voient aux autorités intérimaires l’illustration du partage du pouvoir alors qu’elles ne sont que des organes de transition vers la fonctionnalisation de certaines collectivités et des élections à y organiser. Et si on les suit aveuglement, on risque de rendre permanente une disposition transitoire et créer le lit à des conflits, des frustrations et des confrontations et finalement à une situation de chaos qui nous éloignerait des vraies questions posées par l’accord de paix” _ Mara

Mr Mara,
Je crois qu’il faut voir dans cette levée de boucliers que l’on a plus confiance aux groupes armées pour ce qui est de l’atteinte de leurs objectifs qu’à l’Etat malien. On ne risque pas de rendre permanente une disposition transitoire mais on s’inquiète de ce qu’une disposition transitoire pourrait, dans leurs mains, constituer un levier pour l’atteinte des objectifs des groupes armées. Une fois que tout ce qui représente le Mali aura été balayé (transitoirement) comment le Mali va y revenir avec l’exemple de Kidal sous les yeux?
C’est une incitation à la prudence: ne pas se laisser encore surprendre. Moi je l’ai compris ainsi.
Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


Okay, d’ accord M. Mara ! Je m’ en rejouis franchement.

Seulement il y a encore une chose. Vous dites: “Nous sommes entrain de faire d’un élément accessoire et éventuel de l’accord une pièce centrale de sa mise en œuvre, suivant en cela les desiderata des groupes armés”.

Là, je dirais que nous sommes obligés de prendre ça au sérieux, ne reste que du fait qu’ il soit une loi et à côté une “Convention subsidiaire” que vous estimez contenir des dangers. Vous continuez: “Le « NOUS » employé veut dire le Mali et particulièrement l’État malien et non les membres de Malilink”. Donc il fallait dire, pour éviter les malentendus, le Mali et particulièrement l’ État malien a donné une très grande importance à un élément non majeur. Cela veut dire critiquer ouvertement le gouvernement malien et le Prés puisque ce sont eux les acteurs directs. Les Maliens lambda comme nous autres ne font que commenter et essayer de faire pression pour que les choses ne tournent pas contre les intérêts maliens – à défaut nous sommes obligés de subir.

C’ est peut-être trop vous demander, de critiquer ouvertement le gouvernement et le Prés, superviseur de la politique du gouvernement. En tout cas, ça aurait écarter les malentendus.

Bien cordialement

M. Diagayété


Cette façon de voir les choses réduit considérablement l’impact du sujet discuté et ses effets quant à la suite.

La mauvaise perception de ce point va déterminer la manière dont on va le traiter et l’incidence sera aussi malheureuse et négative comme toutes les fois où on a manqué de tacts, de largeur de vue et d’esprit et de vivacité d’actions pour apporter les bonnes solutions aux très mauvaises questions politiques.

La désignation des autorités intérimaires est loin d’être banale. Elle l’est d’autant moins que ces autorités sont mises en place par l’Etat et la représentation des groupes armés, rebelles qui ne doivent cet immense pouvoir qu’à la force qu’ils ont déployés, aussi bien par ceux qui étaient opposés au gouvernement que ceux qui y étaient proches.

La désignation des autorités intérimaires est d’autant plus importante que les pouvoirs classiques des dirigeants des collectivités locales et territoriales se trouvent être renforcées, notamment en matière électorale.

Même si cette désignation ne ressemble pas au partage du pouvoir, elle y a néanmoins des traits et laisse penser à un effet d’ascenseur si on n’y prend gare.

Ce préalable est la vraie question et il constitue le fond et la forme sans lesquels il n’y a pas d’accord !!!

Mamadou I. Konaté
Juriste


Les Autorités Intérimaires:Une Crise se Profile à l’Horizon

Article un peu long discutant des autorités intérimaires et d’avenir… Pêle-mêle, deux passages.
– Les balises posées par la loi permettent en outre d’éviter que la mise en œuvre tourne, dans les collectivités concernées, à un grand désordre provoqué par l’intronisation de personnalités amenées dans les fourgons des mouvements et sans attaches avec les populations. Mais elles ne préviennent pas le scénario d’un choix d’autochtones sans envergure sociale, ni respectabilité reconnue. Donc, d’emblée contestables.
– Or le Septentrion renferme, à notre avis, en son sein suffisamment de bonnes volontés, disposant d’une solide assise sociale, capables de dévouement désintéressé et susceptibles d’aider à gérer avec intelligence la période intérimaire. Ce seraient elles en tant que porteuses de solutions qu’il faudrait détecter et valoriser.

L’avenir politique au Mali : Revoir et repenser par L’Essor 12 Avr 2016

L’avenir politique au Mali : Revoir et repenser

Diadié Alpha


Le danger est de voir les autorités intérimaires refuser de partir à l’heure venue ou saboter l’élection des autorités permanentes.

Une fois qu’on sirote le liqueur du pouvoir, c’est difficile de s’en débarrasser, surtout sous les tropiques.

Amadou O. Wane
amadouWane.ml


Oui le danger est réel et même prévisible. Ces gens-là ont bu plus que la liqueur, avec les mois d’hôtel à Alger puis à Bko puis 514 millions Fcfa à Kidal, mais au fond, ils ne sont capables que de s’intoxiquer sans l’aide de leur maître qui tire les ficelles… Et celui-ci les tient aussi bien que Bko.

Diadié Alpha


Merci Diadie pour le partage !
Precedee de pourcentages interessants et utiles a lire [pourcentages eux-memes tires d’un sondage de Decembre 2015 de la Fondation Friedrich Ebert], cette conclusion de G. Drabo me semble tres bien a propos. Elle resume bien toutes nos inquietudes exprimees ici, de part et d’autre:

“Il y a donc chez nos concitoyens la conscience très nette que le retour de la normalité ne peut pas se comprendre comme le rétablissement d’un statu quo ante dont presque personne ne veut plus. Les Maliens acceptent aussi le fait que le dit retour passe par une prise de risques pour bâtir une autre manière d’être et de faire. Mais ils attendent certainement que les changements à apporter symbolisent clairement la volonté de rupture d’avec le plus négatif de ce que nous avons vécu. En ce sens, il est impérieux que ce qui se passera dans les collectivités au Nord de notre pays constitue l’amorce d’une véritable solution, et non le traitement tactique d’une vraie difficulté.”

Il reste a voir si les autorites maliennes refuseront le retour a ce “statu quo ante”, prendront “les risques pour batir une autre maniere d’etre et de faire”, ou encore afficheront leur volonte de rompre “d’avec le plus negatif que nous avons vecu.”
Bonne nuit/journee a tou(te)s !

Talatou


Commentaires bien utiles sur ce douloureux problème de ‘l’accord d’Alger’. Il faudrait retenir la légèreté des autorités maliennes dont des symptômes indicateurs, observés sur beaucoup de points de l’accord ou par ex. lors du vote de la loi sur les autorités intérimaires, ont consisté à ne pas bien saisir leur portée en termes de survie même du pays. D’où la tentation des autorités de vouloir contourner la révision constitutionnelle par un accord parallèle (voir les incohérences et caches sur projet de loi, loi votée, ou accord subsidiaire) ou de faillir à l’avis préalable du Haut Conseil des Collectivités (HCC) ou sans doute dans le futur de vouloir évader éventuellement la Cour Suprême (CS). Mais ces tentations sont au pire juste des violations formelles des lois, qui permettront à certains politiciens de crier et se faire voir, sans que le fond réel des intérêts des populations soit servi. Car même si les démarches institutionnelles avaient été faites, les autorités n’encourent que la publicité de choses qu’elles auraient voulu cacher puisque HCC ou CS ne produiront que des timbres pour la délivrance de la lettre gouvernementale à ses destinataires des groupes armés. Mais il faut bien accepter de sentir l’odeur du thé à la menthe que la jeunesse malienne est en marche, comme attestée par la qualité des échanges de cette conference de la diaspora. Elle comprend bien l’absence totale du sens de responsabilité gouvernementale quant à ses obligations de représentation des populations, aussi bien au niveau des formes de conformité légale qu’au niveau du fond de la préservation de l’intérêt général.

Diadié Alpha


Mali: Reconsidérer le Consensus

Trois ans après l’intervention militaire française au Mali et le déploiement massif des organisations sous régionales, régionales et internationales, personne n’est en mesure aujourd’hui, de prédire l’avenir du Mali. D’ailleurs la véritable question qui se pose actuellement, au niveau de la communauté internationale, est de savoir comment se retirer sans que l’ensemble de l’édifice ne s’effondre.

L’absence de stratégies pour la mise en œuvre d’un véritable processus de sortie de crise, de la part des autorités maliennes, a eu et continue d’avoir un impact désastreux sur l’action des soutiens internationaux.

A quoi bon de former des Groupe d’Autodéfense Touareg et Alliés (GATIA) si ces derniers ne disposent d’aucune doctrine pour le long terme? A quoi ça a servi de négocier la paix pendant près de deux ans (Transition), pour ensuite aller vers un affrontement armé, comme ce fut le cas en mai 2014 à Kidal?

A ce jour, une grande partie du Mali aurait due être une zone complètement sécurisée, mais les crimes de droit commun, tout comme la justice populaire, y ont atteint des proportions inquiétantes. En plus de ces situations qui semblent ne gêner personne, les déclarations des autorités, appelant la population « à s’habituer au terrorisme », démontrent clairement une posture de résignation.

La communauté internationale ne pourra pas faire grand-chose, si l’Etat ne propose que peu.

Dans l’histoire des Opérations de Maintien de la Paix, aucun Etat n’a eu accès à autant de soutiens, en même temps, comme ce fut le cas pour le Mali. A ce sujet, un diplomate a parlé de soutien planétaire. Le Mali doit porter des initiatives crédibles et régulariser le processus de paix.

Il est important d’avoir à l’esprit que la communauté internationale, au regard des urgences à travers le monde, ne restera pas éternellement au Mali et que jamais notre pays ne pourrait se relever en cas d’une grave rechute.

Devant l’urgence de la situation, Le président doit s’engager davantage pour mettre fin à cette crise qui n’a que trop duré. Il doit y avoir une meilleure implication du chef de l’état afin de mettre fin à la souffrance des maliens, qui sont plus de 400 000 déplacés et réfugiés.

Fin de citation.
———————

La gestion solitaire des crise ayant montré ses limites depuis les années quatre vingt dix, sans une certaine concertation au niveau national comment peut on arriver à cette stratégie nationale de sortie de crise. Ce n’est pas au cours d’un forum national que l’on élabore une stratégie mais dans des comités restreints ayant pouvoir de décision. Comment envisager un tel processus sans une certaine centralité ? Où s’élabore une stratégie nationale ?
Le dernier remaniement nous a démontré que même en Conseil de Ministres cette centralité n’est pas une évidence.
Si nous avons expérimenté le consensus basé sur le consultation, n’est il pas opportun d’envisager le consensus basé sur la concertation, notamment autour de la construction nationale ?
Il y a une grande différence entre la consultation et la concertation. Ce n’est pas un jeu de style.
Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


Cette analyse du centre 4s mérite davantage de réflexions de notre part.
A mon avis l’actuel locataire de Koulouba est le premier responsable de cette situation. Pour son honneur et l’honneur de tout un peuple, il doit respecter les engagements pour lesquels les maliens l’ont élu à la magistrature suprême.
Ceux qui l’ont précédé aussi ont leur part de responsabilité et doivent rendre compte au peuple. Tant que toutes les vérités ne seront pas dites au peuple sur la gestion de toutes ces crises de Moussa Traore à IBK en passant par ATT et Alpha, il n’y aura pas de solutions durables. Pour soigner un mal il faut bien faire le diagnostic.
Si ATT est vraiment ce patriote dont on parle tant il doit revenir au pays et dire ses vérités sur cette crise.
Je pense qu’à son âge, il n’a rien à perdre s’il fait ce choix. J’ai comme l’impression que ce club d’anciens présidents ont signé un pacte avec l’actuel pour que cette vérité n’éclate jamais au grand jour. Sinon comment comprendre le silence coupable de AOK pendant tant d’années, la réhabilitation de GMT par IBk , l’exil doré de ATT au Sénégal et enfin la passivité actuelle de IBK.
Au delà de la bande de ces quatre tous les leaders de la classe politique actuelle qui les ont accompagné durant leur mandat sont aussi complices.
Les responsabilités doivent être situées et que justice soit faite si on veut avancer et prétendre à un avenir meilleur.

Warda Belem


Cher Monsieur Traoré, chers tous:

Le texte se lit comme une annonce, disons un coup de semonce. Vu la surabondance des analyses détaillées sur la crise malienne (histoires récente et immédiate), on est peut-être soulagé de tomber sur une bouchée ou gorgée digeste. D’autre part, le risque est que même la surface ne soit écorchée – et pour dire le moindre, rien de nouveau sur un seul point du sujet. Donc, une interpellation, une injonction qui vient s’ajouter à tant d’autres – une mélodie pour non- ou mal-entendants.

Ceci étant dit, je suis attentivement votre propos sur l’appel incessant à “forumiser” à nouveau au Mali. Termes récurrents en dispute: “forum”, “convention”, “concertation”, “consultation”, etc. Le problème n’est jamais le mot, mais la bouche d’où il sort. Ceux qui ont claironné de façon brouillonne la nécessité d’une convention nationale ou souveraine sous la coupe des putschistes de mars 2012 se rappellent à notre bon souvenir – et pourquoi pas notre amnésie bienveillante – en nous rappelant l’appel que nous avons ignoré (fatalement) pour nous rassembler et reprendre notre destin en main. Bien sûr, en mars 2016, bien d’eau a coulé sous le Pont des Martyrs, les cartes se sont considérablement brouillées à force d’être rebattues, mais cela n’empêche: les bêtises du moment ne corrigent pas les sottises (en fait criminelles) de 2012. Si les gens impliqués dans la surenchère qui a mené au tabassage du président par intérim Dioncounda Traoré en mai 2012 et à l’effondrement le plus tragique de l’image internationale du Mali n’ont pas eu le courage de se mettre en question, d’admettre la plus petite faute, ils n’ont aucune raison de chercher des aveux auprès des autres. Ils ont seulement porté à son paroxysme le gangstérisme politique qu’ils décrient. Car c’était au nom d’une convention nationale que tant de violence absurde a été infligée au pays et à beaucoup de ses citoyens.

Au Mali, nous n’avons pas fait le moindre examen de conscience, d’un côté ou de l’autre. Chaque parti indexe l’autre, ce qui pourrait être de bonne guerre, mais qui ne témoigne pas de l’indispensable maturité de la pensée publique, qui nous élèverait au-dessus du parterre de la politique – c’est à dire, la politicaillerie dans sa superbe vénalité et ultime futilité. C’est un éternel jeu de positionnement qui ne nous avance en rien, sauf pour montrer les parures de l’acteur sur scène. Chaque jour, chaque nuit, son personnage et ses masques.

Je veux dire que le malaise actuel est certainement profond, inquiétant, potentiellement paralysant, mais nous ne pourrons y faire face avec les postures manichéennes qui se manifestent de tous les côtés, sur ce forum aussi. Nous sommes dans des états de paniques alternantes: sécuritaire, politique, morale. Ils sont stimulés et entretenus par les agissements de nos dirigeants actuels qu’on ne peut accuser de cohérence ou de transparence dans leur action et communication.

Peut-être qu’il faut prendre le temps de la réflexion sur la méthode. D’abord sortir de la posture défensive/réactive qui nous enfonce chaque jour dans la psychose et la dépression collectives. Bien vrai qu’il est utile de rapporter sur et commenter au quotidien les actes des gouvernants et groupes armés, même des partis politiques, mais pourquoi ne pas inverser la tendance? Si souhaitable, comment le faire, c’est à dire prendre les devants, faire en sorte que les gouvernants, groupes armés et partis réagissent à nos idées et propositions? Pourrons-nous travailler sur le long terme pour présenter des idées différentes sur les questions de l’heure? Je ne dis pas que personne n’essaie, mais dans l’ensemble, nous en faisons peu et en faisons trop au rebond sur les propos et actes de ces “acteurs”. Nous semblons parfois complexés face à leur ingéniosité maléfique. Ou est-ce que je me trompe?

En effet, il y a près d’un an, l’un des co-fondateurs (avec Abdoul Karim Sylla) du réseau Malinet/Malilink, Pierre Sibiry Traoré lançait un appel à célébrer autrement le vingtième anniversaire de cet espace qui continue de nous réunir même – et surtout – dans la divergence, parfois radicale – de nos idées, positions politiques et sensibilités d’ordre moral ou éthique. L’appel n’est pas tombé dans le vide mais l’écho n’a pas encore été retentissant.

C’est vrai qu’en écoutant ce matin Jacques Attali (dont je ne suis pas un discipline), je me dis qu’il nous faut aussi nous plonger davantage dans notre quotidien national tout en résistant à son emprise. Pour ce faire, encore une fois, il nous faudrait être clair avec nous-mêmes. Nous aurons à définir les termes du débat au préalable. Convention nationale, mais sur quelle base? Consensus mais quelle déclinaison? Il y a celle de l’ère ATT dont très peu de gens voudront entendre un mot, mais à laquelle même ses dénonciateurs les plus virulents, le SADI pour ne pas citer ce parti de l’éternelle posture et imposture, avaient une fois gaiement participé. Ce qui ne nous empêche pas de parler de consensus, de chercher le consensus comme mode de regroupement dans un contexte de fragmentation, de fragilité , d’urgence, ou même d’“extrême urgence“. Et la centralité, s’il faut chercher le centre qui ne tiendrait plus (Yeats: “Le monde s’effondre, le centre ne peut plus tenir.”). Elle ne serait pas illogique ou illégitime, cette quête, mais où devrait-elle débuter ou nous mener? Où aller: Ce qui me rappelle Gertrude Stein sur la ville de son enfance, Oakland, Californie: “There is no there there.” (Pas de là-bas là-bas.) Ou Robert Frost dans “Death of the Hired Man”: “Home is the place where, when you have to go there, / They have to take you in.’“ Chez soi, là où on a le droit de revenir pour mourir, au moins. Nous sommes dans les récits de mourants et de revenants. Ce n’est guère trop loin de notre condition collective actuellement, même s’il faut continuer à se battre bec et ongles contre la morosité et morbidité ambiantes.

Quel sens donner au “consensus”, à la “centralité”, demande Chouaibou. Je retourne au propos de Monsieur Traoré: ”reconsidérer“ ces termes et, partant, les termes du débat.

Bon début de semaine à tout le monde.
Mohomodou Houssouba

Things fall apart; the centre cannot hold;
Mere anarchy is loosed upon the world…

William Butler Yeats (1865-1939)
“The Second Coming” (1919)


Mohomodou:

“Peut-être qu’il faut prendre le temps de la réflexion sur la méthode. D’abord sortir de la posture défensive/réactive qui nous enfonce chaque jour dans la psychose et la dépression collectives. Bien vrai qu’il est utile de rapporter sur et commenter au quotidien les actes des gouvernants et groupes armés, même des partis politiques, mais pourquoi ne pas inverser la tendance? Si souhaitable, comment le faire, c’est à dire prendre les devants, faire en sorte que les gouvernants, groupes armés et partis réagissent à nos idées et propositions? Pourrons-nous travailler sur le long terme pour présenter des idées différentes sur les questions de l’heure? Je ne dis pas que personne n’essaie, mais dans l’ensemble, nous en faisons peu et en faisons trop au rebond sur les propos et actes de ces “acteurs”. Nous semblons parfois complexés face à leur ingéniosité maléfique. Ou est-ce que je me trompe?”

Oui mon cher, tu te trompes – au moins un peu, car les enjeux et les dangers écrasent les yeux tellement ils sont super-actuels et les décisions (y compris les consentements sans aucun mot) se passent á la seconde. Nous les critiques et qui veulent prendre du temps pour la réflexion profonde ne déterminons pas malheureusement le cours des décisions. Mêmes l’ opposition parlementaire n’ est pas incluse dans le processus. Le COREN, les Jeunes Patrouilleurs de Gao (qui ont donné leur âme et coeur au Mali) ainsi que ceux, fidèles au Mali, en armes dont qui donnent leur vie au pays) ne sont convenablement pas inclus dans le processus.

A voir ceci et l’ urgence extrême de la situation, on est tenté à acquiécer totalement le RECAM dans sa perspective de la chose, mais c’ est une perspective qui engendre encore plus de dangers.

Reste alors á tous ceux qui se soucient du Mali de circonscrire les dégats par quelque action que ça soit et chacun selon ses moyens. J’ en accordent les plus efficaces et efficients aux FAMas, puis aux groupes armés de la Plateforme qui sont fidèles au Mali .

Bien cordialement

M. Diagayété


“Oui mon cher, tu te trompes – au moins un peu, car les enjeux et les dangers écrasent les yeux tellement ils sont super-actuels et les décisions (y compris les consentements sans aucun mot) se passent á la seconde.”_Malobbo

Tout le monde ne peut être convié à la table de l’élaboration d’une stratégie. Seuls ceux qui ne se laissent pas écraser par quoique ce soit y ont une place.
Cordialement.

Amb. Ret. Mamadou Traoré


Ceux que j’ ai cités ne constitue pas tout le monde. “Tout le monde” aussi vague qu’ impossible. Ceux dont je parle ont des adresses claires:

– L’ opposition parlementaire

– Le COREN, les Jeunes Patrouilleurs de Gao, qui ont des Coordinateurs et d’ organes dirigeants.

– Les 2 syndicats ont leurs présidents et leurs organes dirigeants.

– L’ Association des Droits de l’ Homme du Mali aussi.

Si ces acteurs de la société étaient franchement et effectivementz associés aux négociations personne n’ aurait créé à l’ exclusion.

Où est “la République” ???

Bien cordialement

M. Diagayété


A Propos des Accords de Paix

Coumba et chers tous,
Le problème de ces messieurs partisans de l’autonomie c’est qu’ils parlent au nom de tout le monde.
L’auteur de ce texte fait exprès en essayant de tromper ceux qui peuvent encore l’être en assimilant son “Azachose” comme étant l’expression de toutes les populations du nord du Mali.
Ce qui est une insulte à la raison. C’est faux de dire que cette chose est l’aspiration de tous. Qu’elle est la proportion de citoyens de cet espace, qu’il réclame bien comme étant définie par les trois régions du nord, qui sont d’accord avec ses thèses ?
Qu’il parle en son nom, cela pourrait se comprendre, mais il n’est pas sincère en voulant demander un droit que la majorité des maliens de cette zone ne reconnaît pas, ni dans le nom même qu’il veut attribuer à son espace imaginaire à lui ni dans la forme de partage du territoire ou des responsabilités de sa gestion.
Comment peut-on encore trouver des solutions à des gens qui ne veulent qu’une chose que ce qu’il réclame soit accepter comme tel au mépris de la position des autres (les plus silencieux) comme s’ils n’existaient pas.
En tout cas en tant que citoyen (comme lui j’espère) je ne me retrouve pas dans la solution qu’il propose. Je ne la partage pas ni dans la forme ni dans le fond.
Arguer de l’épouvantail du déversement de ceux qui ne seront pas contents dans la guerre islamiste contre tout le monde n’effrayera que ceux qui n’ont pas encore compris ou accepté que la rébellion de 2012 est en parfaite fusion avec les djihadistes jusqu’à nos jours. Cette connivence ne finira pas quelque soit les solutions qu’on trouvera au problème du nord du pays. Le fond de ce djihadisme au Mali et dans l’espace sahélien n’est autre qu’un problème économique (trafic de drogue et de cigarettes, trafic d’êtres humains) et une certaine gestion des problèmes de sécurité de certaines puissances.
Attribuer une république même indépendante à ces “bandits” ne terminera pas ce trafic. Tout le monde (auquel l’auteur s’adresse) le sait y compris les leaders maliens.
Mais enfin qu’est ce qui empêche les autres le contraire. C’est à dire si on leur donnait satisfaction que les mécontents de cette éventuelle situation se retrouvent eux aussi chez les djihadistes. Ou bien pense-t-on que le monopole de cette capacité ne peut être détenu que par les premiers.
Arguer que le problème des touaregs pour lequel ils se battent depuis toujours n’est pas résolu aussi est une position qui n’est pas partager par tous les touaregs même, si on convenait même que les trois régions dont il parle ne sont peuplées que par des touaregs, ce qui est de toute évidence archi faux. Il y a bien des touaregs nombreux, y compris à Kidal qui sont totalement contre la position de ce monsieur. Pour preuve (et puisque c’est l’argument le plus prisé par les médiateurs internationaux) des groupes armés touaregs et arabes tuent à coup de dizaines des touaregs qui revendiquent une scission. Comme ces derniers ont fait des armes leur moyen de coercition préféré pour faire valoir leur désir.
Tertio, Coumba, je ne crois pas un seul instant qu’il faut satisfaire une minorité d’individus contre une majorité d’autres individus alors que les avis des deux entités sont totalement divergentes sur la question centrale qui les opposent, c’est à dire la façon de gérer les terroirs. Il en aurait été toute autre chose si les deux entités ne se disputent pas la même chose. Mais là on comprends bien.
Ma proposition que le rappelle encore une fois pour cette affaire c’est celle là :
Que la solution définitive de cette affaire ne se trouve pas à Alger, ni ailleurs, ni même à l’ONU. La question doit être amener devant tous les citoyens maliens qui pourront discuter sans tabou des problèmes de ce pays, y compris cette affaire. Il revient à eux seuls de décider de l’avenir de ce pays que des messieurs veulent nous concocter à Alger avec une baguette magique peut-être.
Je dis cela parce que ce n’est même pas sûre que d’autres maliens autres que la partie “fâchée” ne soient de leur avis. Il se peut aussi que les maliens disent non. Que sait-on ?
Le problème c’est de vouloir en imposer par les armes et par la terreur à tous les autres. Imposer des points de vue qu’on ne comprend pas ou dont on ne maîtrise ni les tenants ni les aboutissants.
Sinon Coumba, je suis presque sûre que personne n’est contre de trouver une solution à cette affaire. On achoppe sur la solution. Quelle solution peut-on trouver qui puisse tenir compte des intérêts des uns et des autres. Pas seulement d’un côté.
Ceci dit, je pense sincèrement que le texte proposé par la médiation et partagé sur les foras, donne énormément de pouvoir aux régions. Je n’ai personnellement pas compris la position de Monsieur le MAE malien qui faisait presque l’apologie de ce document en disant qu’il ne contient ni le fédéralisme ni l’autonomie.
Je propose que ce texte soit analysé et vous verrez que les entités proposées ont le pouvoir presque de disposer de la façon de gérer les ressources naturelles, de lier des relations avec des états étrangers, de se regrouper en entité unique et de gérer cette entité, un clin d’œil de la médiation pour dire leur Azachose.
Voilà un peu Coumba, comme tu sais ce problème est presque une “obsession” pour moi. Je suis convaincu qu’il a toujours été résolu de manière injuste et est en train de l’être encore de manière injuste. Tout simplement parce que les armes sont plus convaincantes que le silence des sans voix. De l’injustice et de la barbarie.
En espérant que mes propos n’ont pas vexé des lecteurs.
Chouaibou

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Chouaibou